Après trois jours des travaux au cours du forum national sur les droits de l’homme sur le thème « intégrer la dimension des droits de l’homme dans le processus de transition ». Les participants qui sont composés de 8 groupes thématiques ont formulé des recommandations. Celles-ci s’adressent au gouvernement de transition, à la commission nationale des droits de l’homme, aux organisations de la société civile, et au haut-commissariat des droits de l’homme des Nations unies, mais aussi aux partenaires techniques et financiers. Reportage.
Le Tchad est l’un des pays où la violation des droits humains est une monnaie courante. Pour trouver des voies et moyens pour mettre fin à ces violations, le ministère de la justice, garde des Sceaux, chargé des droits humains, avec l’appui de ses partenaires, a organisé le deuxième forum national sur les droits de l’homme au Tchad. Plusieurs organisations de défenseurs des droits humains, de la société civile et les partenaires ont épluché de fond en comble 8 thèmes sur les sujets de la violation de ces droits au Tchad. Ils ont proposé des recommandations. Le rapporteur de ce forum a présenté les principaux axes de recommandations qui sont :
D’abord au gouvernement de la transition, les participants suggèrent d’adopter une politique nationale en matière des droits de l’homme, rédiger, finaliser et fournir les ressources suffisantes pour mettre en œuvre un plan d’action nationale pour les droits de l’homme. Il est aussi demandé d’une manière particulière de mettre en place un mécanisme national du gouvernement, des organisations de la société civile et des partenaires, des suivis de mis en œuvre des recommandations sur les droits de l’homme. Les participants ont aussi demandé de mettre en place un comité de relecture de la loi portant réglementation de l’exercice du droit de grève dans les services publics au Tchad. Le rapporteur de ce forum a présenté les recommandations des huit groupes qui ont fait des propositions que le ministre de la justice, garde des Sceaux, chargé des droits humains a promis de transmettre à qui de droit.
Lors de la cérémonie de clôture, M. Ahmat Mahamat Alhabo affirme qu’il est satisfait des résultats issus des travaux. Il s’engage à transmettre les recommandations aux autorités de la transition, mais aussi de faire le suivi afin qu’elles soient prises en considération pour faire l’objet de débat au dialogue national. M. Alhabo précise que la différence entre le premier forum et celui-ci réside dans la mise en place d’un comité chargé de suivi et évaluation des recommandations. Selon lui, c’est un mécanisme important, une sorte de plus-value dans la quête permanente du respect des libertés fondamentales. Il promet d’œuvrer pour l’amélioration des droits de l’homme au Tchad.
Jules Doukoundjé
Le marché Taradona situé à Abena dans la commune du 7e arrondissement accueille les camions de mangues en cette période. Ces véhicules sont garés un peu partout là et rendant ainsi difficile la circulation et gênent les riverains du marché. Ces derniers dénoncent les vendeurs, mais personne ne les écoute. Ialtchad s’est rendu au marché des mangues parler avec les protagonistes. Reportage.
Des dizaines de véhicules gros porteurs stationnés en file indienne nous accueillent à l’entrée du marché. Ces véhicules sont garés devant les domiciles des particuliers rendant infernal le déplacement du voisinage. Aucun passage n’est cédé pour les habitants des alentours du marché, surtout pas à ceux qui ont des voitures. Ils sont obligés de garer leurs engins en dehors de la maison. Cette situation de blocage frappe aussi les mototaxis, appelés, « clando » qui exercent dans ce marché comme en témoigne Seïd Ramat clandoman. Pour lui, cette manière anarchique d’occuper les passages avec les véhicules remplis de mangues est un sérieux problème. « Nous ne pouvons pas circuler librement pour chercher de clients. Tous les passages sont obstrués et personne ne songe à libérer un peu pour l’autre. Vraiment, il faut que les autorités pensent à nous trouver une solution sinon nos activités tournent au ralenti », a-t-il affirmé.
La maison de Mme Taryanouba Jeanne est située en face du marché. Elle n’arrive pas à sortir le matin surtout quand les détaillants arrivent au marché pour se procurer des mangues. « Les vendeurs de mangues nous ont confisqué la route, on ne peut même pas sortir de la maison. Ce qui me fait mal dans tout cela est qu’ils mettent les pourritures de mangues derrière la maison. On nettoie et demain, ils reprennent de plus belle. Parfois ils viennent jusqu’à cogner nos murs et nos portails avec le véhicule », dit-elle. Elle ajoute que cette situation met mal à l’aise tous les riverains. Et c’est la même chose chaque année. Mme Jeanne demande au Maire de chercher un autre endroit pour abriter le marché des mangues. Les vendeurs, eux, refusent de dégager les mangues pourries qui obstruent les canalisations. Conséquences, « l’eau envahit nos maisons pendant la saison des pluies », conclut-elle.
Djikoloum Tchang Erick est le Pasteur de l’Église Évangélique au Tchad, les fidèles de son église n’arrivent pas à se rendre à leur lieu de culte les dimanches à cause des rues et ruelles occupés par les vendeurs de mangues. Le 26 avril dernier, les véhicules de mangues sont allés jusqu’à casser la dalle de l’église qui permet aux fidèles de traverser. Heureusement, le chauffeur du véhicule a reconstruit la dalle. Pour le pasteur, tout cela ne serait pas arriver si la Mairie faisait normalement son travail. « C’est depuis 2020 que le Maire nous a informés que ce marché sera délocalisé. Il a fait savoir que les véhicules de mangues qui viennent du Sud vont se garer à Toukra et ceux du lac à Lamadji, mais rien n’est fait. C’était juste des belles paroles. Nous ne sommes pas contre le marché. Nous sommes plutôt contre la gestion de l’espace du marché», a-t-il souligné. Pasteur Djikoloum craint lui aussi l’inondation pendant la saison des pluies.
Kouladoum Mireille Modestine
Café d’échange et d’écoute entre le ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Entrepreneuriat Mahamoud Ali Seid et les leaders des Organisations des Jeunes a eu lieu ce vendredi 29 avril à Radisson Blu. Reportage.
Dès l’entame de son discours, le ministre Mahamoud Ali Seid affirme que les jeunes doivent soutenir massivement le Dialogue National Inclusif (DNI) en préparation qui tiendra le 10 mai prochain. « Le DNI est une lueur d’espoir », dit le ministre. C’est en prélude à ce DNI que cette rencontre de ce matin est organisée pour permettre aux jeunes de communiquer sur leurs réalités. Pour le ministre, les organisations des jeunes doivent apporter votre contribution à l’édification du pays. « Par votre énergie, votre ingéniosité, votre courage, votre détermination et surtout votre abnégation et loyauté vis-à-vis de votre pays » a-t-il ajouté
Le ministre Mahamoud Ali Seid a rappelé le projet de 50 000 emplois initiés par le président de la transition qui sera lancé dans les semaines à venir pour répondre aux défis liés aux chômages massifs des jeunes. « La généralisation de ces activités de formation sera concrétisée par une opération nationale dénommée détection-section des jeunes talents dans toutes disciplines et dans les 23 provinces du pays », a dit le ministre.
Ahmat Haroun Larry représentant des organisations des jeunes a demandé au ministre de s’impliquer pour la participation massive des jeunes au DNI et de revoir les politiques d’insertion des jeunes dans la vie active. En contrepartie, il demande aux jeunes de l’attachement aux valeurs républicaines.
Mahamoud Ali Seid dit être disponible à participer aux différentes activités dans le cadre des initiatives citoyennes et entrepreneuriales qui touchent à l’avenir de la jeunesse.
Ousmane Bello Daoudou
Après un mois de jeûne pour le ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, les musulmans tchadiens à l’instar d’autres à travers le monde vont fêter. En prélude à cette célébration, Ialtchad Presse s’est entretenu ce 28 avril avec Cheikh Abdadayim Abdoulaye, SG du Conseil supérieur des Affaires islamiques du Tchad (CSAI), sur plusieurs sujets. Entrevue.
Au sujet du social, Cheik Abdadayim Abdoulaye, SG du CSAI estime que le contexte social actuel est marqué par la cherté de vie que l’année dernière. Il confirme la vie est cher, mais le contextualise par rapport à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Selon le leader religieux, ce conflit entre ces deux nations impacte le monde entier. Ces pays, dit-il, exportent plus de 60% de produits alimentaires à travers le monde. « Je loue le courage et la patience des fidèles musulmans tchadiens qui ont observé ce moment de ramadan dans ces difficultés. Vous voyez aux alentours de la grande mosquée les personnes vulnérables la plupart, des femmes demandent des aides. Dieu le créateur est capable de nourrir sa créature », dit le SG du CSAI. À son avis, le jeûne tend vers la fin, les fidèles ont beaucoup prié afin qu’Allah nous facilite la vie. Il considère l’arrivée précoce de la pluie comme une réponse à des pétitions adressées à Dieu par les fidèles. D’après Cheik Abdadayim Abdoulaye, la chaleur accablante a diminué ces dernières heures, c’est la clémence d’Allah. Au Tchad poursuit-il, la température vacillait entre 45 et 46 degrés et dans certains pays, les gens sont obligés de rompre le jeûne.
Sur la transition au Tchad, le SG du CSAI appelle les Tchadiens à l’unité. Il souligne que c’est un temps particulier qui demande la contribution de tous. Il constate que beaucoup de pays dans le monde ont échoué dans la période de transition. 99% des Tchadiens sont des croyants donc je leur demande de prier. « Musulmans et chrétiens doivent plaider le sort de notre nation devant Dieu Le Tout puissant. L’unité des Tchadiens, la réussite de la transition et du dialogue national inclusif ne dépendront que de Dieu. C’est à travers le dialogue que la paix vient et on met fin à la guerre », dit Cheikh Abdadayim Abdoulaye. Le leader religieux rappelle les 60 ans de guerre qui ont détruit le Tchad. Selon lui, les armes n’ont jamais développé un pays et les Tchadiens doivent y prendre conscience. « Nous remercions Allah, car les gens ne croyaient pas à un Tchad calme, mais la miséricorde de Dieu nous a comblés. Je crois que c’est grâce aux prières des musulmans et chrétiens que Dieu confond chaque jour les mauvaises prétentions », confie-t-il.
Pour donner de conseils relatifs à la fête qui s’annonce, Cheik Abdadayim Abdoulaye affirme le caractère sacré du ramadan. Il invite les musulmans à demeurer toujours dans la dynamique de pureté et non retourner vers le mal. Le SG du CSAI souligne que la période de ramadan est un moment où le croyant se sent plus près d’Allah. Il cite les Oulémas qui disent que le ramadan c’est un entraînement dans les prières, l’adoration et la lecture du Saint Coran. C’est un exercice spirituel qui doit se perpétuer même après le ramadan, déclare le SG. « Si on plie le saint Coran et le petit tapis pour dire c’est fini. On va se voir avec vous : le saint Coran, le petit tapis, la mosquée, la prière en commun l’année prochaine, êtes-vous sur d’atteindre l’année prochaine », s’interroge-t-il ?
Aux jeunes musulmans, le SG conseille la prudence, car la vie humaine est sacrée. Ce contact avec Allah doit continuer, alerte-t-il. À l’attention des musulmans qui se préparent à la fin de ramadan pour la vie de débauche dans les bars, les auberges et autres lieux inconnus, il leur dit attention. Il estime que ce n’est pas digne qu’on dise que c’est les croyants musulmans qui boivent beaucoup. À son avis, certaines sources rapportent que maintenant les bars se préparent pour la fête, c’est dangereux. « Lorsqu’on a laissé toutes ses bêtises pendant le mois saint, on y revient plus. Surtout coucher à la veille de la fête avec une femme dans une auberge annule tout. Vous avez lavé votre boubou propre pour le replonger dans la boue. Votre gain c’est la faim et la soif au lieu d’être béni », insiste-t-il dans sa conclusion.
Moyalbaye Nadjasna
La fête marquant la fin du mois de ramadan s’approche à grands pas. Les différents marchés de la capitale sont bondés de monde qui fait les achats de différents produits alimentaires et non alimentaires indispensables à la fête. Les fidèles musulmans s’activent dans les moindres détails pour rendre la fête belle. Nous nous sommes rendus au marché à mil situé dans la commune du 2e arrondissement. Reportage
Le marché à mil a changé de visage. Ce changement est dû à l’occupation provisoire des alentours et des allées du marché par les marchands qui vendent certains produits utiles pour la fête. L’occupation de ces allées a rendu difficile la circulation sur cet axe qui quitte la bourse du travail vers la grande mosquée. Les vendeurs, acheteurs, motocyclistes et automobilistes se disputent le passage. Sur les étals on trouve du tout : des bonbons, de petites assiettes, de petits plateaux des lunettes, les boucles d’oreilles et les bracelets, etc. Bref, tout ce qui constitue les petits cadeaux à offrir aux petits garçons et filles. Les vendeurs ambulants et ceux assis, hélant les passants avec quelques mots gentils pour attirer leur attention.
Parmi ces vendeurs se trouve Mme Dada Geneviève. Elle est coiffeuse de formation. Elle est devenue vendeuse de bijoux par circonstance. Pour elle, c’est le moment où jamais de se faire un peu d’argent malgré que les affaires ne tournent pas comme elle le voudrait. « On trouve de la clientèle, mais elle veut qu’on lui vende des articles à bas prix. Cela ne peut pas nous arranger si c’est le cas. Nous voulons faire de bénéfice nous aussi », a-t-elle lancé. Abakar Souleymane lui, vend les voiles pour les filles. Il trouve son compte dans cette affaire et espère encore plus dans les jours qui restent. Je peux vendre 15 à 20 voiles par jour depuis que je me suis installé dans les allées du marché, c’est mieux que rien, a-t-il ajouté.
D’un côté les vendeurs parlent des acheteurs qui veulent les articles à moindre coût, de l’autre côté les acheteurs se plaignent du prix des articles qu’ils trouvent exorbitant. Madame Fatimé Haroun est venue chercher les habits pour ses trois enfants. Elle trouve les prix des habits des filles plus chers que celui des garçons. Mais comme tous les membres de la famille doivent se faire beaux et présentables le jour de la fête, madame Fatimé se grouille pour assurer le nécessaire. « Je dois faire de cadeaux à mes enfants, mais là suis coincé par le prix des habits qui a grimpé. Je suis tout de même obligé de m’arranger pour que tous les enfants soient satisfaits le jour de la fête», a-t-elle confié. Tellement il y a une foule dans les marchés, que les voleurs se fondent dans cette affluence pour les téléphones et les portes-monnaies des femmes. Une femme a été victime de vol de son porte-monnaie contenant son téléphone et son argent.
Kouladoum Mireille Modestine
Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des jeunes filles dans le secteur TIC, House of Africa et Action pour l’Éducation et la promotion de la femme (AEPFT) ont organisé une causerie débat ce matin 28 avril 2022 au lycée Thilam Thilam. Reportage
placé sous le thème « défis d’une exploitation sécurisée des réseaux sociaux et de l’internet par la jeune fille pour des carrières durables dans le secteur TIC ».
En plantant le décor, Mme Gabdibé introduit la causerie organisée par House of Africa et Action pour l’Éducation et la promotion de la femme. La vidéo-conférence co-animé par Engela de la Côte-d’Ivoire et Me Aimé Manga du Cameroun partage leur expérience avec les filles Tchadiennes, en discutant avec elles des côtés positifs des réseaux sociaux (RS). Un bon usage des RS c’est, disent-ils, en faisant des recherches sur le Google, en privilégiant les volets études pour une bonne orientation dans le secteur TIC, etc.
Fatimé Soukaya est en classe de première S, elle explique « si je me connecte sur les réseaux sociaux je me mets à faire des recherches sur Google, Whatsapp, Youtube, pour enrichir mes connaissances. Salma, qui ambitionne de devenir pilote est du même avis. Marada Hassan en classe de seconde S « je deviendrai médecin. Et les RS sont pour moi un outil de travail et de recherche extraordinaire ».
Pour conclure, Mme Engela donne des conseils aux filles pour faire bon usage des réseaux sociaux. Elle a demandé aux parents de laisser les filles réalisées leurs rêves.
Ousmane Bello Daoudou
A quelques jours de la fête du ramadan marquant la fin du jeûne musulman, les marchés de la capitale tchadienne sont bondés de monde. Au marché central, surtout aux alentours de la grande mosquée, les vendeurs de tissus et les couturiers se frottent les mains. Reportage.
Les bouchons par ci, les clacksons des voitures et de motos par-là, le marché central est bondé de monde, à quelques jours seulement de la fête de ramadan. Les fidèles qui préparent la fête, marquant la fin d’un jeûne qui a duré un mois, ont pris d’assaut les marchés de la capitale. Malgré la canicule, ces fidèles s’activent pour préparer une bonne fête de ramadan. C’est aussi une période faste pour les commerçants, surtout les vendeurs de tissus et des couturiers. Aux alentours de la grande mosquée Roi Fayçal de N’Djamena, les boutiques de vente de tissus appelés communément « Kaptani » sont prises d’assaut par les clients. Chaque client discute le prix selon sa bourse. Certains parents viennent avec leurs enfants pour choisir les tissus. Les prix de tissus varient de 2000 francs CFA à 10 000 francs le mètre. Les prix varient selon la qualité et la marque du tissu et sont accessibles à toutes les bourses. Malgré la bousculade de clients, certains commerçants pensent que c’était beaucoup mieux l’an dernier que cette année.
Ali Abakar, vendeur de tissus au grand marché, affirme que cette année, il n’a pas beaucoup de clients comparés à l’année dernière. Le commerçant estime que la baisse de la clientèle devant les boutiques est due à la hausse du prix des tissus. Selon lui, la montée des prix est un phénomène mondial cette année. Mais, il soutient que l’augmentation de prix de tissus n’empêche pas aux gens de venir acheter. Un autre commerçant du nom Champo ajoute que cette année, il ne se plaint pas, car il reçoit par jour 20 à 30 clients. Concernant le prix de tissus, il dit que ça varie selon la marque et la qualité. Champo souligne aussi qu’il prend de tissus de qualité moyenne en gros à 30.000 francs et revend entre 33 et 35.000 francs CFA.
Selon Mahamat Nour, client, cette année les prix de tissus sont exorbitants. Il explique que le même tissu qu’il a acheté l’année dernière à 50.000, cette année, c’est à 60.000 sans compter les frais de couture. Il exhorte les autorités de la transition à faire la pression sur les commerçants afin de baisser les prix, surtout à l’approche de grandes fêtes comme la fête de ramadan, la fête de Tabaski, mais aussi les fêtes chrétiennes. Aché Mahamat Saleh est venue avec ses trois enfants, elle laisse la latitude à ses filles jumelles de 12 ans de faire le choix de tissus qu’elles souhaitent. Selon elle, chaque année, elle amène ses enfants au marché pour qu’elles choisissent elles-mêmes la couleur qu’elles aiment. Aché Mahamat Saleh souligne que la fête de ramadan est un moment important pour un croyant musulman et que s’il y a les moyens, elle ne lésine pas de fêter normalement.
Les couturiers aussi se frottent les mains
Les couturiers aussi sont débordés. Dans les ateliers de couture situés aux alentours de la grande mosquée Roi Fayçal, les couturiers sont à pied d’œuvre. Certains racontent qu’ils se privent de sommeil pour satisfaire leurs clients. Pour El hadji Mahamat Ramadan, couturier, c’est pareil comme les années précédentes. Il affirme que dans le passé, il recevait plus de clients que cette année. Le vieux couturier explique que la cherté de la vie a fait que les parents avaient la tête ailleurs, au lieu de confectionner des habits pour leurs familles. Mais, ajoute-t-il, c’est mieux que rien au lieu de rester sans rien faire. Il affirme qu’il reçoit au moins 3 à 4 clients par jour, alors que les années précédentes, il refusait de prendre de tissus de clients à la veille de la fête, car il était débordé. Moussa Dougouss ne se plaint pas non plus, mais son problème, c’est les coupures intempestives d’électricité qui l’empêchent d’honorer ses engagements. « Je reçois beaucoup de clients par jour, mais la SNE refuse de nous donner l’électricité. Nous sommes obligés d’utiliser les groupes électrogènes pour travailler », se plaint-il. Le jeune couturier soutient que les dépenses pour acheter du carburant sont un coup supplémentaire pour eux. Partout, les couturiers démarrent leurs groupes pour combler le vide laissé par la SNE. En attendant, l’arrivée hypothétique de l’électricité, les couturiers de la grande mosquée se débrouillent avec les moyens du bord pour satisfaire leurs clients.
Jules Doukoundjé
A quelques jours de la fête du ramadan, les abords des marchés grouillent de monde. Au quartier Mardjandaffack dans la commune du 2e arrondissement de la ville de N’Djamena, les devantures des domiciles et des entreprises sont transformées en marchés de fortune. Des jeunes gens assis à même le sol vendent des chaussures et autres articles utiles pour la fête. Nous avons fait un tour dans ces marchés de circonstance. Reportage.
Des chaussures pour hommes, femmes, enfants et les bonbons sont placés un peu partout sur l’avenue Maldoum Bada Abbas, toujours appelé par les N’Djamenois avenue El-Nimery. C’est la même chose derrière la grande mosquée roi Fayçal. Ces étales obstruent les passages aux usagers de la voie publique. Ces marchés improvisés vendent la plupart du temps des chaussures. Ils ont apparu au 20e jour du ramadan et disparaîtront au lendemain de la fête du ramadan comme en témoignent les vendeurs. Ces détaillants de chaussures prennent en gros au marché à mil, au marché de Dembé ou dans les boutiques détenues par des immigrants chinois pour les revendre.
Mme Nodjissané Chantal est rodée dans ce business et sur cette avenue. Pour elle, en affaire, c’est la circonstance qui produit des bénéfices. « Les gens veulent sortir tous habiller en neuf le jour de la fête. Nous leur vendons nos articles. On faisait une bonne marge de bénéfice par le passé. Mais cette année c’est un peu difficile. Les clients viennent à compte-gouttes. On fait difficilement 30.000FCFA de marché par jour », se lamente-t-elle. Mais Mme Chantal espère que les quelques jours qui restent lui seront florissants.
Tout comme Mme Chantal, M. Ousmane Ramadan vend des chaussures dans cet endroit depuis plus de 12 ans déjà. Il affirme que le marché n’est pas bon cette année. Il dit n’avoir vendu aucune paire de chaussures depuis le passage de notre équipe. « On est obligé de causer seulement entre nous. Les acheteurs demandent seulement le prix et s’en vont. Ils disent que les chaussures coûtent cher et qu’ils n’ont pas d’argent. C’est aussi cela le marché, comme nous sommes habitués nous nous peinons pour venir tous les jours. Ce n’est pas intéressant », il ajoute qu’il est obligé quelquefois de s’endetter pour se nourrir.
Un autre vendeur Modjingar Roger se plaint du comportement des agents de la mairie centrale qui les arnaque tous les jours malgré la morosité du marché. « Les agents de la mairie centrale étaient passés hier nous faire payer 3.000FCFA par vendeur. Si tu ne paies pas, on ramasse tes marchandises. Ce sont les boutiques qui déboursent 3.000F comme taxe annuelle. Mais on est dans la rue pour trois semaines seulement, on nous demande de payer cette somme. Vraiment je ne comprends pas la Mairie », a-t-il déploré.
Kouladoum Mireille Modestine