Bientôt un mois que les N’Djamenois remuent ciel et terre pour s’approvisionner en gazole. Les automobilistes, les grandes et petites entreprises ne sont pas à quel saint se vouer. Les autorités en charge du pétrole de sa distribution et de sa vente ne s’expliquent pas sur la question. Les conséquences sociales et économiques sont palpables.
Le gazole a-t-il disparu de la mini-raffinerie de Djarmaya ? C’est la question que se posent les N’Djamenois ces derniers jours. Qui doit donc répondre à cette question ? Bien évidemment, c’est le gouvernement. Mais pourquoi est-il resté muet jusqu’aujourd’hui ? Les raisons ne sont pas toujours évoquées. Difficile à cerner cette situation qui sème le désarroi. Les particuliers et les entreprises privées ne savent pas quoi faire. Chaque jour, les consommateurs font le tour des stations-service sans être satisfaits. Certaines stations-service de la place affirment n’avoir pas le gazole depuis des semaines. Pour confirmer leur propos, les pompes numériques sont purement et simplement bâchées.
Les agences de voyages dépassées par la situation ont prévu fermer leurs portes. Certaines petites et moyennes entreprises essaient de trouver du gazole auprès des détaillants dans les quartiers. Mais cela pour combien de temps à partir du moment où mêmes, les stations-service sont vides ? Mauvaise nouvelle, ces détaillants spéculent et vendent le litre à 750 FCFA. Dans les usines de fabrique de glace, les chefs d’usine notent le délestage intempestif du courant par la société Nationale d’Électricité (SNE). Une situation très embarrassante qui les contraint à l’utilisation de grands groupes électrogènes. Ils tombent d’emblée dans de grosses dépenses et tournent en perte, car le fut du gazole est vendu à 150 000 FCFA.
Cette pénurie n’est pas sans conséquence. Par exemple, certains petits entrepreneurs risquent de fermer leurs portes. Parce qu’ils ne peuvent pas supporter les charges de dépense en carburant. Dans le domaine social, le prix de glace par exemple va croissant en cette période de canicule en plein ramadan. L’usine ne fabrique pas en quantité faute d’énergie électrique. Certains employés de petites et moyennes entreprises sont menacés de chômages techniques. Les Tchadiens n’ont-ils pas droit à un éclairage de la part du gouvernement ou des conseillers nationaux sur des questions touchant à leur bien-être ? Cette rareté impacte négativement sur la vie des Tchadiens. Il est temps que les autorités de la transition règlent ce problème au plus sacrant.
Moyalbaye Nadjasna
Le Président du Parti Convention tchadienne pour la paix et le développement (CTPD), Laoukein Kourayo a été désigné par consensus maire de la commune de Moundou, capitale de la province du Logone Occidental. C’est au terme d’une session extraordinaire sur le thème « Paix et réconciliation à la commune de Moundou » qu’il a été désigné en présence du gouverneur de la Province du Logone Occidental. Reportage.
L’opposant Laoukein Kourayo reprend la gestion de la commune de Moundou après 4 ans d’absence. Le président du CTPD était expulsé et envoyé en prison pour une malversation financière. Mais il a toujours clamé son innocence. Au terme d’une session extraordinaire organisée le 22 avril à Moundou sur le thème « paix et réconciliation à la commune de Moundou », que l’ancien maire a été désigné par consensus. Le retour de l’homme politique est le fruit d’un besoin exprimé par les populations du Logone occidental au président du conseil militaire de la transition (PCMT), en visite à Moundou le mois dernier. Les ressortissants de la province du Logone occidental avaient demandé au PCMT d’intervenir pour résoudre le conflit qui oppose les conseillers de cette commune. Le gouverneur de la province, Bachar Ali Souleymane, chargé de conduire des négociations a multiplié des rencontres avec toutes les forces vives de la commune pour trouver un consensus devant permettre de mettre en place une nouvelle exécutive. Il a réconcilié tous les conseillers municipaux et a réhabilité ceux qui étaient suspendus.
Pour le chargé des affaires financières communales du Parti CTPD, Bélemdara Miskine, après 6 mois en prison, le président Laoukein et maire de la commune de Moundou a été arrêté de façon arbitraire et après enquête, il a été innocenté. Il souligne que le retour de l’ancien maire est le fruit d’une tractation dans le but de rétablir le maire dans ses droits, mais aussi ce retour exprime la main tendue et le pardon entre les ressortissants de province pour construire ensemble leur commune. Le chargé des affaires financières estime que la ville de Moundou, après 4 ans d’absence de Laoukein Kourayo, a beaucoup souffert. Pour lui, cette réconciliation est bien tombée. Elle permettra de relancer l’économie de Moundou.
Au sujet de la visite du PCMT à Moundou, Bélemdara Miskine précise que cette visite est inscrite dans la logique de la recherche du dialogue national inclusif (DNI). Selon lui le PCMT est accueilli en tant que président de la transition et non un président appartenant à un parti politique. Il explique que M. Laoukein est clair, son parti va participer au prochain dialogue, mais à une seule condition. Il faut un dialogue franc et inclusif, en vue de redéfinir un Tchad nouveau, sans cela, il claquera la porte. Concernant le soutien de son parti au PCMT, il précise qu’on est en période de transition et la préoccupation majeure de son parti, c’est l’organisation d’un dialogue réussi et accepté par tous les Tchadiens. Pour le moment, dit-il, la CTPD continue son chemin qui est celui de libérer les Tchadiens du joug de la misère et n’entend pas tendre la main aux autorités de la transition. « Nous sommes pour le dialogue et nous participerons au dialogue pour trouver une solution pour sortir définitivement notre pays du spiral des guerres répétitives et de la misère », ajoute M. Miskine.
La cérémonie de réinstallation de Laoukein Kourayo à la tête de la commune de Moundou aura lieu le lundi prochain.
Jules Doukoundjé
La ville de N’Djamena connaît une pénurie du gasoil qui persiste depuis plus d’un mois. Cette situation a obligé toutes les agences de voyages en partance pour les provinces à garer leurs véhicules hier vendredi 22 avril. Dans l’après-midi d’hier un compromis a été trouvé entre les autorités et les chefs des agences. Elles ont promis de fournir aux agences de voyages une quantité suffisante de gasoil pour le fonctionnement des leurs flottes de véhicules. Nous nous sommes rendus ce matin dans les agences de voyages pour constater. Reportage.
Toutes les agences de voyages aux alentours du marché de Dembé ont repris leurs trajets ce samedi après une journée d’arrêt de travail. Les guichets des agences Sud Voyage, Abou Hamama, STTL, et Abou Salam sont ouverts ce samedi pour le bonheur des voyageurs.
Abderahim Hassane est le chef d’agence d’Abou Salam. Il donne des précisions par rapport à la journée du 22 avril. Pour lui, les chefs des agences ont décidé unanimement de mettre les bus aux arrêts parce qu’ils sont dépassés par la pénurie du gasoil. Cet arrêt de travail fait également suite aux correspondances que le syndicat des transports interurbains a envoyé à leur ministère de tutelle, le ministère du Transport et celui du pétrole. Des correspondances restées lettre morte jusqu’aujourd’hui. Il déclare que les agences travaillent pour deux jours en attendant qu’une solution soit trouvée. « Aujourd’hui, nous avons décidé unanimement de faire voyager nos clients avec le peu de gasoil qu’on a à notre disposition. Mais jusqu’à lundi si rien n’est fait on va simplement envoyer les véhicules au garage », a-t-il affirmé. M. Abderahim d’ajouter que les autorités leur ont fait une promesse qu’une quantité suffisante de gasoil leur sera fournit. Mais ils n’ont pas encore reçu une goutte de gazole. « Je ne comprends pas pourquoi les autorités ne ravitaillent pas directement les stations-service s’ils ont le gasoil à leur disposition », s’interroge-t-il.
Si d’un côté les stations-service peinent à avoir un litre de gasoil, de l’autre coté chez les détaillants à l’avenue Ngarta Tombalbaye, le gazole ne manque pas. Les fûts et les bidons sont bien remplis. Adoum Ahmat vend du gazole sur cet axe depuis plus de 40 ans déjà. Il est un client fidèle des stations-service qui lui fournissent le carburant même en cas de pénurie. Selon Adoum, dès que le gazole arrive dans les stations-service, on lui réserve sa part. « Le gazole qu’on vend ne provient pas d’ailleurs, c’est la raffinerie de Djarmaya qui fournit les stations-service qui nous ravitaillent à leur tour. Avant la pénurie, on achète le fût à un bon prix. Mais maintenant on nous vend le fût à 110.000 FCFA et on revend à 750f le litre », dit-il. Dans toute chose quand il y a rareté, le prix augmente. C’est pourquoi on a augmenté le prix du litre pour augmenter nos marges de bénéfices, a-t-il affirmé. Les détaillants eux aussi confirment n’avoir reçu aucune information de la part de la raffinerie relatif à la pénurie du gazole. Selon Adoum Hassane, le pays n’a connu aucune pénurie quand le Nigéria lui fournissait du carburant. Mais maintenant avec la raffinerie de Djarmaya on parle encore de pénurie, c’est lamentable, conclut-il.
Kouladoum Mireille Modestine
Haoua Adoum Ibeth
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en collaboration avec le gouvernement tchadien lance le programme Youth Connect Tchad. La cérémonie a eu lieu ce 22 avril à l’hôtel Radisson Blue. Le programme en question vise à renforcer les capacités des jeunes et les connecter à diverses opportunités socio-économiques, civiques et politiques. Reportage
Le Programme Youth Connect Tchad est conçu afin d’offrir de multiples opportunités à la jeunesse tchadienne qui représente aujourd’hui plus de 50% de la population tchadienne. Ainsi, la cible du programme que sont les jeunes seront informés sur le Programme, ses composantes et ses opportunités. Aussi, le programme offre une tribune de libre expression sur les thématiques liées à l’épanouissement des jeunes. Le point focal de Youth Connect Tchad Outhman Abderahman Hamdane a présenté l’historique du programme.
Pour lui, Youth Connect est une initiative lancée en 2012 par le gouvernement rwandais et le PNUD et se développe aujourd’hui dans beaucoup de pays africains. « Le Programme est un dispositif qui contribue aux nombreuses stratégies pour apporter des solutions aux préoccupations et aux attentes de la jeunesse notamment, les questions de l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la promotion de l’entrepreneuriat, à la responsabilité citoyenne, à l’égalité de chance, à l’innovation technologique et au dialogue intergénérationnel », a-t-il affirmé.
Prenant la parole à son tour, le président du Conseil National de la Jeunesse du Tchad CNJT Abakar Allamine Dangaya s’attaque à la question du chômage des jeunes et jette la responsabilité aux autorités. Pour lui, la jeunesse tchadienne contribue pour une transition réussie, mais avec une résilience inégale, elle se retrouve sur tous les fronts. « L’épineuse question de l’emploi pousse les jeunes par moment à descendre dans la rue pour réclamer leurs droits. Mais le gouvernement est loin de trouver une formule idéale bien qu’il serait un rêve illusoire de penser à une formule magique. Les jeunes ne demandent pas de faveur quand ils disent non à un concours d’entrée à la fonction publique, mais il s’agit de leur droit de citoyen », a-t-il déclaré. Le président du CNJT observe également que la raréfaction des financements en faveur des initiatives des jeunes en dépit de leur inexistence, a rendu incompréhensible le devenir de ces derniers.
Le Représentant résidant du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD Kamil Kamaluddeen souligne pour sa part que le programme permet de porter plus haut la voix des jeunes dans les décisions qui les concernent et qui concerne leur communauté pays. « Youth Connect est donc parfaitement aligné avec la stratégie des Nations Unies pour la jeunesse qui vise à accroître l’efficacité et la portée de l’action menée au niveau mondial, régional et national pour répondre aux besoins des jeunes. J’invite les jeunes à s’approprier cette initiative qui est une fenêtre d’opportunité sur le monde pour de rencontre et de partage d’expériences », précise-t-il. Le représentant annonce en même temps l’intention de son institution à faciliter l’emploi de 1000 jeunes au cours de la première année de mise en œuvre du programme.
Lançant officiellement le programme, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’entreprenariat Mahamout Ali Seïd déclare que les jeunes figurent en bonne place dans l’agenda du gouvernement de la transition qui prend en compte leur implication dans les instances de prise de décisions dans toutes les institutions de la République. Il rappelle que le gouvernement continue de fournir des efforts afin de chercher des solutions à l’assiette des préoccupations que les jeunes expriment. Il rassure que son département prendra toutes les dispositions pour que ce programme puisse contribuer à l’amélioration des conditions de vie des jeunes. Le ministre de la Jeunesse invite alors les jeunes à travers leur organe faîtier qu’est le CNJT, à renforcer les capacités de communication entre les institutions dans l’intérêt de la jeunesse tout entier.
Kouladoum Mireille Modestine
Après deux jours d’échange sur les principales thématiques, surtout sur la fondation et la forme de l’Etat qui seront débattues au dialogue national inclusif (DNI) le 10 mai, les acteurs non conviés aux deux pré-dialogues demandent aux autorités de la transition d’organiser un vrai dialogue inclusif qui permettra de redéfinir une nouvelle base pour un Tchad nouveau. Ils préviennent que si ce dialogue n’est pas transparent et inclusif, ils descendront dans la rue pour exiger la tenue d’un vrai dialogue. Reportage.
Rien ne serait comme avant, préviennent certains leaders de la société civile qui étaient réunis pendant deux jours sur la thématique de la refondation et la forme de l’État qui seront discutées au futur dialogue.
Pour l’ancien ministre et représentant le Groupe de Réflexion de l’Appel du 1er juin (GRA), Hassaballah Soubiane, aux termes de deux jours d’échanges sur les critères de participation, la refondation et la forme de l’Etat ont permis de comprendre les enjeux du dialogue. Selon lui, chaque acteur a pu s’approprier des principales thématiques sans lesquelles le dialogue national inclusif, souverain et apaisé que les Tchadiens attendent de plain-pied ne sera qu’une comédie sans lendemain et de façon imagée comme certains l’ont décrit. Il affirme que le niveau du débat permet de dire que l’ objectif du séminaire est atteint et revient à chacun de s’approprier les pertinentes analyses et recommandations formulées. Hassaballah Soubiane ajoute que cette rencontre est le signe de l’existence d’un large front pour un vrai dialogue qui a le mérite de faire bouger les lignes. « Ce front se dessine progressivement, il inclut plusieurs personnalités ressources », précise l’ancien ministre. Il espère que l’initiative des acteurs de la société civile et de certains partis d’opposition va imposer au dialogue du 10 mai un riche débat contradictoire sincère et apaisé à la recherche d’un nouveau consensus solide et durable jetant les bases d’un Tchad nouveau.
Hassaballah Soubiane prévient au président du CMT qu’en cas d’exclusion du dialogue national, ce front lancera un appel à une vaste mobilisation citoyenne sans égal sur le territoire national pour se faire entendre. « Pacifiquement et avec détermination, nous allons vaincre », ajoute-t-il.
Concernant les pourparlers de Doha au Qatar, il souligne que les forces vives de l’intérieur qui aspirent à un changement tiennent au caractère inclusif du dialogue. L’ancien ministre affirme que la participation des politico-militaires au dialogue est pour ces forces une condition vitale. Il signale que la tenue de deux dialogues concomitamment est une idée incongrue.
Dans la même foulée, le Dr Gali Gata interpelle les autorités de la transition en disant que le pays ne peut plus être gouverné par une équipe, il faut le gouverner avec les propositions de tout le monde. Selon lui, les gouvernants ont tendance à ne pas écouter ce qui se dit et note qu’on ne peut pas gouverner contre l’opinion du peuple.
Pour Dr Sitack Yombatina, il faut un vrai dialogue entre les Tchadiens. L’opposant ajoute que le dialogue entre amis, c’est terminé. Il faut un agenda clair et une représentativité au dialogue et non les gens ramassés. Selon lui, si les 17 millions des Tchadiens ne sont pas représentés, il n’y aura pas le dialogue. « On ne badine plus, où on organise un vrai dialogue ou le Tchad sera sectionné en petit morceau », prévient-il. Dr Sitack estime que les partenaires devraient comprendre qu’il faut un vrai dialogue pour redéfinir le pays ou alors il n’y aura pas de dialogue et on décidera de ce qui va se passer pour la suite.
Jules Doukoundjé
Le défenseur des droits humains l’avocat, Me Maxe Loalngar au cours d’une déclaration faite, ce 22 avril au Centre d’Étude et de Formation pour le Développement (CEFOD) de N’Djamena, évoque la détention arbitraire du policier Mekila Élysée Asngar aux renseignements généraux. Selon lui, sa garde à vue est cinq fois au-delà de la prescription légale.
Selon l’avocat Me Maxe Loalngar, il dénonce de la manière la plus énergétique possible la détention arbitraire de sieur Mekila Élysée Asngar. Il rappelle que M. Mekila gardé à vue depuis le mercredi 13 avril, est un agent de la police nationale qui travaille aux renseignements généraux. Pour le praticien du droit, ce dernier est père d’une petite famille de deux enfants. Pour rafraîchir la mémoire, il affirme que M. Mekila est allé au boulot depuis la date susvisée n’est plus revenu chez lui depuis bientôt dix (10) jours. Pour le défenseur des droits humains, c’est une garde à vue au-delà de la prescription légale de la République.
Le comble, dit-il, ce que le malheureux policier ne sait pas la raison de son arrestation. Selon Me Maxe et suivant les investigations menées, il aurait été détenu parce qu’il aurait échangé avec le chef du parti Les Transformateurs, Succès Masra. Pour le défenseur des droits de l’homme, il semblerait que ce dernier et M. Succès Masra ont grandi ensemble et seraient d’un même village. « Alors si échanger avec quelqu’un est une infraction, on devrait au moins le déférer au parquet qu’il soit jugé convenablement et conformément aux textes de la République. Ce n’est pas le cas », dit-il. D’après Me Maxe, il a échangé avec certaines autorités, mais on évoque une mesure administrative. Il trouve inadmissible qu’on considère un membre des forces de défense et de la sécurité comme un ennemi de la nation parce qu’il échange avec un leader politique.
Les policiers, insiste-t-il, qui qu’ils soient doivent être défendus. « Nous lançons un appel solennel aux autorités à l’effet qu’il soit libéré purement et simplement. Le délai de la garde à vue serait dépassé de très loin. Sinon, qu’il soit déféré au parquet et seul le procureur de la République pourra prendre de mesure qu’il y convient », plaide le défenseur des droits de l’homme. L’avocat précise que c’est les dispositions de l’article 282 du code de procédure pénale qui devaient retenues. Selon lui, le délai de la garde à vue n’est de dix jours. « S’il vous plaît, ne donnons pas l’image à ce pays-là à une dictature. Nous vivons une dictature la plus abjecte. On ne peut pas dans un contexte où on parle de dialogue aboutissant à la réconciliation des Tchadiens et arrêter un père de famille et le priver ainsi de l’affection de ses enfants », lance-t-il. Il signe que, la mère larmoyante ne sait comment convaincre les enfants de l’absence injustifiée de leur père.
Me Maxe est aussi le porte-parole du mouvement Wakit Tama. Il rappelle que lorsqu’ils étaient reçus il y a quelques mois par le Président du conseil militaire de la transition (PCMT), il lui avait fait un aveu de lui revenir quand il le faudrait. Ainsi, le juriste signe son plaidoyer à l’intention du PCMT afin que ce père de famille soit libéré pour retrouver l’affection de sa famille.
Moyalbaye Nadjasna
Cela fait 1 an que le Conseil Militaire de Transition (CMT) dirige le pays. Ialtchad Presse a demandé à 2 personnalités publiques et un citoyen ordinaire de se prononcer sur le bilan du CMT. Voici leurs réponses in extenso.
Clément Abaifouta, président National de l’association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré dit, « le président du CMT a dit que tout n’est pas rose. Il y a des ratés et lorsque vous écoutez les citoyens lambda beaucoup estiment que le CMT n’a pas satisfait les attentes. Vous prenez la sécurité on peut se dire que, à nos frontières, les rebelles ne sont pas de retour, pas de catastrophe. Mais en interne, les gens continuent à être tués, à être braqués. Les personnes qui ont commis ces crimes sont dehors. Ils continuent à assassiner. Il y a des braquages, de la violence, etc. Donc tout cela je me dis que le CMT a échoué et la justice est complètement par terre. Dans un pays, c’est la justice qui élève la nation. Ici, les magistrats se sont molestés, ils sont interpellés. Un commissaire se permet de vouloir mettre sous verrou un avocat ? Je me dis que nous sommes dans une jungle. C’est le chef de race qui remplace la justice, mais on est où la ? Dans un pays respectueux de droit de l’homme, dans un pays qui se dit démocratique, mais ce n’est pas les chefs de race qui font office de justice, il faudrait que le CMT corrige tout ça. Les chefs de race s’autoproclament juges. Ce n’est pas normal cela créé les conflits intercommunautaires. Lorsque du lundi au samedi les gens crient famine. Ils disent « je ne peux pas inscrire mes enfants », les retraités se plainent. Le feu Maréchal, paix à son âme, a voulu intégrer 20 000 jeunes et la mort l’a emporté. Il faut que le CMT se réveille et dise non à ces gens qui le déroutent. À ce que je sache le Tchad est le seul pays où la parole du chef d’État ne vaut pas l’acte, mais en droit on dit la parole d’un chef d’État fait l’acte. Il faudrait que le CMT arrive à nous convaincre que le Tchad appartient aux Tchadiens, le musulman est le frère du chrétien. Que le CMT arrête de faire des promesses. Les Tchadiens veulent des actes. Le un an du CMT est à refaire et à retravailler. Nous avons intérêt que le Tchad décolle. Mais en tout état de cause je souhaite bon vent et beaucoup de courage au CMT ».
Selon Ngolembaye Ambroisse un des membres du collectif de lauréat de l’Éducation affirme: « le bilan du CMT ? Deux choses positives du CMT : autorisation de fonctionnement des transformateurs et l’autorisation des marches. Ces deux choses sont à saluer, mais le reste le CMT crée les zizanies politiques, la terreur, la peur . Regardez ce qui s’est passé à Abéché, à Faya et à Sandana. Chaque jour les confits éleveurs contre agriculteurs, etc. Pourtant le CMT s’est préoccupé de la question sécuritaire Le Tchad Est exceptionnelle, ils ont formé ce CMT pour la sécurité, mais en réalité on n’est pas en sécurité. C’est plutôt l’insécurité qui est à son paroxysme. Il faut que le CMT revoie sa manière de gérer les choses. Voyez le nombre des généraux, chacun sort avec sa décision unilatérale. Les généraux fragilisent le système. Ensuite, le problème de l’Éducation et le nombre pléthorique des élèves qui s’assoient à même le sol pour prendre notent. Le CMT a promis d’intégrer 5000 jeunes. Où en sommes-nous ? »
Haroun Moussa est vendeur au marché Dembé. Il soutient, « j’ai salué la mise en place du CMT après la mort tragique du feu Marechal. Cela nous a permis d’être en paix parce que le CMT a pris ses responsabilités en sécurisant le pays pour que nous vaquions à nos occupations en tant vendeur au marché, mais le CMT est conforté à plusieurs problèmes. Nous demandons au PCMT de prendre ses responsabilités en baissant les prix de denrées de premières nécessités puis que la vie est cher. Nous lui souhaitons beaucoup de courage ».
Propos recueillis par Ousmane Bello Daoudou
Haoua Adoum Ibeth
Le Tchad et l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance électorale internationale au Tchad IDEA ont signé un accord de partenariat pour l’organisation du dialogue national inclusif (DNI). La cérémonie de la signature s’est déroulée ce vendredi 22 avril au ministère des Affaires étrangères de l’intégration africaine et de la coopération internationale.
La signature de cet accord intervient à quelques semaines de la tenue du dialogue national inclusif. Le partenariat a été signé côté gouvernement par le secrétaire d’État Oumar Ibni Daoud et le Directeur général d’IDEA Dr Roba Sharamo.
L’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance électorale internationale travaille d’un commun accord avec l’Union européenne (UE) et est engagé à travailler aussi avec le gouvernement tchadien pour promouvoir la réconciliation nationale. IDEA demande le support des médias et de la diaspora pour mener à bien sa mission. Le directeur d’IDEA Dr Roba Sharamo se réjouit de cette nouvelle collaboration et espère que le dialogue doit être consistant et contribuera à l’unité nationale et à la cohésion sociale. Le Directeur général de l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance électorale internationale affirme que la signature de cet accord vise à promouvoir la démocratie au Tchad. Il suggère un dialogue national véritablement inclusif pour l’unité des fils et filles du Tchad.