dimanche 2 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Depuis un bon moment, l’appareil judiciaire au Tchad est en panne. Mais, qu’est-ce qui se passe ? La réponse est simple : les magistrats et les greffiers sont en grève. Ils revendiquent l’amélioration des conditions de travail. Les syndicats des magistrats poursuivent leurs négociations avec le gouvernement. Cette grève a d’importantes incidences sur les activités des professions libérales d’après le bâtonnier Me Laguerre Djerandi Dionro. Reportage.

Le vice-président du syndicat autonome des magistrats du Tchad, le procureur Taoka Bruno dans un échange téléphonique affirme que les négociations sont en cours avec le gouvernement. Pour le Bâtonnier Me Dionro Laguerre, la justice tchadienne est très malade. Ce qui n’est pas un secret de polichinelle, dit-il. Selon lui, cette justice est à l’image de la gouvernance du pays. « Ses tares sont bien connues, mais on ne fait pas d’efforts conséquents pour y remédier. Il en va de soi que c’est la justice qui est la mesure, le baromètre de l’État de droit », dit l’avocat. Le défenseur des droits humains la grève des magistrats et des greffiers marque encore une fois, le peu d’intérêt que les autorités accordent à la justice. Est-ce que c’est de façon délibérée qu’on agit ainsi parce que la justice en bon état de fonctionnement n’arrange pas, s’interroge-t-il ? Cette grève qui n’émeut pas les autorités suscite des interrogations sur les intentions réelles des gouvernants, affirme Me Laguerre.

Concernant l’impact de cet arrêt de travail des magistrats et greffiers, le Bâtonnier soutient qu’eux avocats en tant qu’acteurs judiciaires sont aussi affectés autant que leurs concitoyens. « Si nos gouvernants sont vraiment dans un État de droit, ils doivent se pencher le plus rapidement sur cette situation. Ensemble avec les syndicats des magistrats et des greffiers, des solutions idoines peuvent être trouvées », conclut l’avocat.

Lors de la présentation de la synthèse du rapport de la commission 2 sur la thématique « Réforme de l’Etat, constitution et réformes institutionnelles et processus électoral », il ressort pour la justice plusieurs recommandations. Il s’agit de poursuivre l’exécution de la politique sectorielle de la justice au Tchad. Améliorer les conditions de vie et de travail de l’ensemble du corps judiciaire. Assurer la sécurité des structures judiciaire, accélérer la réforme judiciaire par rapport à l’exercice des professions judiciaires libérales : avocats, huissier, notaires afin de les rendre accessibles à tous les citoyens. Recruter les magistrats dans le cadre d’un processus transparent basé sur le mérite et la compétence ainsi que les prédispositions à exercer cette carrière. Trouver la solution à la situation des magistrats non juristes, reformer la Cour Suprême. Créer une structure qui va juger les crimes économiques, lutter contre la corruption en milieu judiciaire. Accorder suffisamment les moyens à la justice dans le cadre du projet œil de justice (accès à distance à la justice grâce au système de modernisation en cours avec l’appui de PNUD), faciliter l’accès aux services de justice à tous les citoyens.

Moyalbaye Nadjasna

La rentrée scolaire 2022-2023 prévue pour le 3 octobre prochain se rapproche. Dans certains lycées de la capitale tchadienne, une présence militaire est constatée depuis plusieurs semaines empêchant ainsi certains parents d'élèves d'y rapprocher l'administration afin de finaliser l'inscription de leurs enfants. L'équipe d'Ialtchad a fait un constat au lycée technique commercial (LTC). Reportage.

Il est 10h23mn quand l'équipe d'Ialtchad a débarqué dans l'enceinte de LTC. Dès l'entrée, l'on peut voir des voitures militaires stationnées un partout dans la cour. Des treillis étalés sur le séchoir et certains militaires sont couchés sous les ombres des grands arbres en train de jouer à la carte, de converser ou se reposer sur des lits picots. Pire, certains allument la chicha ou fument  la cigarette. L'on peut confondre la cour de LTC à une caserne militaire. De l'autre côté, quelques parents d'élèves s'approchent du bureau de l'Intendant du lycée afin d'inscrire leur enfant pour la nouvelle rentrée scolaire.

Pour Abakar Mahamat Sultan, tuteur venu inscrire son cadet, dit, qu'avec les charges familiales en plus de la lourde pluviométrie enregistrée cette année ce n'est pas du tout facile. Toutefois, il souhaite que cette année soit une année avec zéro grève et un succès pour tous les élèves ainsi que les enseignants qui ne ménagent aucun effort pour la formation des futurs cadres et aussi au gouvernement tchadien. Si le premier tuteur a affiché un sentiment d'optimisme, le second était au nerf, « ce lycée est transformé en un camp militaire, j'ai demandé à ma fille de rentrée », exclame-t-il les yeux rougis. Il ajoute, « je suis terrorisé par la présence des militaires dans ce lieu qui doit en principe être sécurisé et non occupé par des hommes en treillis », déclare une personne qui a requis l'anonymat.

Pour Mahamat Djibrine Saleh, délégué provincial de l'Éducation nationale pour la commune de N'Djamena, son équipe travaille d'arrache-pied pour que la rentrée scolaire eu lieu à la date prévue malgré que certains lycées sont inondés et d'autres occupés par les sinistrés à l'instar de lycée de Walia. Il souligne que des dispositifs seront pris pour régler ce problème afin de démarrer l'année au jour dit. Toutefois, le délégué justifie une lenteur au niveau des inscriptions, « contrairement aux années précédentes, il y a un faible taux d'élèves inscrits à cause de la forte pluviométrie de cette année », dit-il. Le Délégué dit être optimiste quant au démarrage, « l'Éducation nationale est une très lourde machine, nous allons faire le nécessaire pour que les choses démarrent dans de très bonnes conditions », a-t-il martelé. Au sujet de la présence des militaires dans différents lycées de la citée capitale, M. Mahamat Djibrine affirme qu'il s'agit d'un dispositif sécuritaire déployé dans le cadre du dialogue national inclusif et souverain qui se tient à N'Djamena. Il souligne que toutes les dispositions sont en train d'être prises pour que d'ici 72h ces derniers (militaires) se retirent des lycées, a-t-il conclu.

Abderamane Moussa Amadaye

Les sinistrés installés au lycée de Walia dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena vont être réinstallés à Nguéli dans le même arrondissement. Pour permettre aux élève de ce lycée public de reprendre les cours, la commune du 9e arrondissement avec l’appui du gouvernement et ses partenaires sont en train d’aménager un autre camp propice pour réinstaller ces sinistrés qui ont fui leurs maisons à cause des eaux des pluies. Reportage.

Ouf de soulagement pour les responsables du lycée public de Walia. Ce lycée situé dans le 9e arrondissement de la commune de N’Djamena a été occupé depuis plus de 2 mois par les sinistrés qui ont fui les intempéries. Ces sinistrés composés essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées se sont réfugiés dans cet établissement public pour fuir leurs maisons inondées par les eaux des pluies. Avec la rentrée scolaire 2022-2023 qui pointe son nez, les responsables de ce lycée ne savent que faire. Mais pour soulager leur angoisse, les autorités communales avec l’appui de l’État et ses partenaires sont en train d’aménager un terrain vide à Nguéli dans le même arrondissement pour reloger les sinistrés.

Pour le nouveau proviseur du lycée littéraire de Walia, Saï-Allah Adda, l’organisation matérielle est déjà faite, les salles de classes sont balayées, les tableaux sont réfectionnés, les emplois du temps sont établis et il ne reste qu’à convoquer un conseil de professeurs pour une prise de contact. Selon lui, le problème des sinistrés n’est pas à leur niveau. Ils n’ont pas la possibilité de les déloger. Il annonce qu’ils vont faire recours aux autorités pour pouvoir les amener à libérer les classes. Il exhorte les autorités de la commune du 9e arrondissement à tout faire pour reloger ces réfugiés climatiques afin de libérer les salles de classes car les cours reprendront le lundi prochain. Le proviseur du lycée littéraire de Walia souhaite que la cour soit libérée afin de la nettoyer pour reprendre la nouvelle année.

Le secrétaire général adjoint de la commune du 9e, Yamadji Sotinan, rassure les responsables du lycée de Walia que la commune et ses partenaires sont en train d’aménager une place pour les réinstaller et libérer les salles de classe. Selon lui, concernant les sinistrés, c’est le ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale qui a la charge de la prise en charge de ses sinistrés. Il ajoute que le ministère de la Santé publique et les autorités de la commune de Walia ont déjà fait un travail d’identification. « Nous avons retenu un site qui dans un premier temps a été abandonné au profit d’un autre qui se trouve en face du petit marché de Nguéli où la mairie a envoyé les niveleuses qui sont en train de nettoyer ce site », explique Yamadji Sotinan. Il soutient que le ministère de la Santé et la mairie de Walia sont à pied d’œuvre pour qu’au plus tard le 29 septembre, tous les sinistrés soient réinstallés dans le nouveau site.

Jules Doukoundjé

Une cérémonie de présentation de pièce théâtrale intitulée « la marche du Tchad, de la colonisation à l'avènement de la Démocratie », a eu lieu ce 25 septembre au ministère des affaires étrangères. Elle a été organisée par l'Association d'Échanges Culturels Kadja-Kossi (AECKK), qui a vu la présence de plusieurs personnalités publiques notamment la ministre de la culture et de la promotion de la diversité Ndougonna Mbakassé Riradjim. Reportage.

Il est 14h passée, public et invités commencent à affluer dans la salle du ministère des affaires étrangères pour un spectacle préparé par l'AECKK à sa tête l'une de plus anciennes promotrice de la culture tchadienne, Mme Mayoumbila Mariam. La salle était à moitié remplie de monde quand la mise en place est terminée. Une scène théâtrale a été livrée aux spectateurs présents. Passionnément, la scène a évoqué la décolonisation du Tchad, les différents régimes qui se sont succédés au pays jusqu'à la mise en place du CMT. Plus d'une vingtaine d'artistes ont joué le rôle des différents personnages dans une production culturelle réussie. Une véritable scène d'enseignement de l'histoire post-coloniale du Tchad a été démontrée par les artistes.

Youssouf Azolo, spectateur non-voyant s’est exprimé à notre micro à la fin du show. Il confie qu'il est un historien de formation et ravie de ce spectacle qui leurs a été offert. « C'est l'histoire du Tchad qui a été retracée depuis la colonisation jusqu'à l'ère actuelle ». Il poursuit, « c'est le Tchad en miniature qui a été retracée. Nous devons nous en sentir fier et encourager pour que cela puisse être produit un peu partout au Tchad et bien au-delà », dit-il. Minganodji Carine, artiste comédienne, affirme que ce spectacle n'a pas été facile mais avec le force et le courage ils ont pu arriver le réaliser. Elle ajoute, « je suis très émue parce que grâce à ce spectacle j'ai eu à acquérir encore plus de connaissances sur le passé de notre pays et compléter ce qu'on nous a été enseigné sur le banc de l’école », a-t-elle expliqué.

Pour Mme Mayoumbila Mariam, c'est un grand rêve de pouvoir réaliser cette pièce théâtrale qu'elle a porté avec son regrettée mari. Elle souligne qu'en son mémoire que cette pièce a été jouée. Mme Mayoumbila relève qu'elle a monté cette œuvre avec son défunt mari mais elle a tenu grâce à son fils Djas, son unique enfant. Elle signale que c'est la somme des expériences vécues qu'elle veut transmette à la nouvelle et futur génération pour qu'elle puissent mieux cerner le passé, corrigé les erreurs au présent et bâtir un avenir à travers les imperfections et les erreurs, dit-elle. Mme Mayoumbila a rappelé aussi que la présentation du spectacle n'a reçu aucun financement public et plaide à ce que le gouvernement appui des telles initiatives. Ndougonna Mbakassé Riradjim, ministre de la culture et de la promotion culturelle a tenu à féliciter les artistes et Mme Mayoumbila Mariam. Elle a déclaré que la paix n'a pas de prix et il n'y a pas mieux que les artistes pour promouvoir la paix.  

Abderamane Moussa Amadaye

Chaque année, la rentrée administrative est fixée pour le 15 septembre au Tchad. Mais cette année, elle semble trainer les pas. La rédaction d’Ialtchad a parcouru quelques établissements publics pour constater. Reportage

Il est 10 heures, nous sommes au lycée de Gassi, dans le 7éme arrondissement de la ville de N’Djamena. L’on constate çà et là les herbes et eaux stagnantes dans la cour du lycée. Dans les salles de classes couvertes de poussière, on voit des tables bancs cassés, des persiennes endommagées et des tableaux méconnaissables. Aucun signe montre que la rentrée est prête, alors qu’il reste moins de 10 jours pour la rentrée scolaire.  

Neldé Mbaiwossem Patrice, Directeur du Collège d’Enseignement Général d’Atrone explique que la rentrée administrative permet de mettre à jour les emplois du temps, de préparer les salles de classes afin d’accueillir les élèves.  Il précise que le frais d’inscription des anciens élèves est fixé à 4000f et 5000f pour les nouveaux. Pour les nouveaux élèves le prix est fixé à 5000f plus 500f pour le logo de la tenue.

 Parlant de la gratuité de l’école, plusieurs parents se plaignent que celle-ci existe que sur les documents. Pour le directeur, l’État a pris la décision mais les responsables des écoles publiques n’ont rien reçu comme appuie concernant les matériels didactiques. « Nous achetons les craies, les tables bancs chaque année et nous réfectionnons à des millions de nos francs », explique-t-il. Selon lui, si seulement l’État prenait tout en charge, ils ne vont pas demander aux parents de payer les frais de scolarité.

 S’exprimant dans le même sens, Beakba Debgaroua, proviseur du lycée scientifique de Gassi ajoute que la rentrée administrative est effective dans son département.

Ousmane Mahamat Abakar, Directeur Administratif de CEG de Gassi souligne pour sa part que des enseignants passent chaque jour pour prendre les attestations et certificats effectifs afin de matérialiser la rentrée administrative. Il souligne qu’il y a aussi une équipe technique qui est chargée de revoir l’emploi du temps avant la rentrée pédagogique.  Concernant la gratuité de l’école, il soutient que l’État seul ne peut pas couvrir les besoins, donc il faut la contribution des parents d’élèves, des enseignants y compris l’État pour l’éducation des enfants. C’est les frais de scolarité qui permettent de préparer l’année scolaire. « L’État met des moyens à notre disposition mais ceci ne peut pas couvrir tous les besoins. Nous sommes en carences de beaucoup de choses, tel que le manque criard du personnel d’encadrement sur le terrain », dit-il.

Djénom Josiane

Le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République/ Renouveau (CCMSR-R) a fait face aux médias nationaux ce dimanche 18 septembre 2022 à l'hôtel Radisson Blu. Une conférence de presse au cours de laquelle, le Président de ce mouvement s'est expliqué sur son engagement dans la politique, son retour au pays dans le cadre du DNIS, les mobiles de sa scission avec sa base à Doha et l'avenir de son mouvement. Reportage.

Au cours d'une conférence de presse animée ce matin, l'un de plus jeunes leaders des mouvements armés rentrés au bercail à la suite de l'accord de Doha, Gassim Cherif, Président du CCMSR-R a tenu à clarifier que son engagement politique qui, selon lui, débute bien avant l'intégration de la rébellion. Il affirme qu'il a toujours dénoncé ce qui est injuste et cet engagement est né dans une association dénommée « Survie » en France, pour dénoncer l'ingérence de la France en Afrique.

Pour son engagement au sein du CCMSR, M. Gassim dit, « notre pays depuis des années traverse des crises successives, étant jeune, je pensais qu'il fallait intégrer le CCMSR pour pouvoir apporter ma contribution dans le changement de notre pays », dit-il. Au sujet de la scission du CCMSR à Doha, il clarifie que deux groupes sont nés, l'un veut quitter la table de négociations et « nous, nous pensons à l'époque qu'il fallait continuer dans le processus de Doha et les raisons évoquées par l'autre groupe n'étaient pas très claires ni évidentes moins encore sérieuses », a-t-il martelé. C'est cette raison qui les a poussés à continuer les pourparlers et en tant que chef de délégation, il a signé l'accord de paix. Il poursuit que cette discorde a occasionné la scission du mouvement en deux, l'un le CCMSR Renouveau qui a regagné le bercail et l'autre toujours actif sur le front, a-t-il confié. Pour le Président Gassim, le plus important c'est d'avoir accepté la main tendue du Président du conseil militaire de transition (PCMT) qui a l'idée d'organiser le dialogue à la suite du décès du Maréchal Idriss Deby Itno. Pour lui, les assises de N'Djamena est une chance pour tourner la page sombre de l'histoire du Tchad et d'en ouvrir une nouvelle.

A la question d'un journaliste  sur la transformation du CCMSR-R à un parti politique, M. Gassim affirme qu'à l'état actuel, ils sont pris par les échanges du DNIS qu'ils n'ont pas réfléchi à ce sujet, « c'est une question qui nous traverse l'esprit et on va jauger la situation, peser le pour et le contre et le moment venu on va voir s'il faut s'engager en politique ou rejoindre une mouvance qui est déjà dans le jeu politique, ce sont des questions qui vont être élucidées dans les semaines avenirs », dit-il.  Au sujet de l'éligibilité du PCMT, il affirme que cette question ne sera pas tranchée pas le CCMSR-R, mais plutôt au DNIS. « Il n'appartient pas au CCMSR-R de décider ou de répondre à cette question », a-t-il lâché.

Sur la présence ou l'ingérence de la France dans les affaires internes et son départ exigé par des milliers des Tchadiens, le Président Gassim relève qu'il est vrai que le pays de Gaulle s'immisce dans les affaires qui ne le concernent pas, mais demander son départ n'est pas commode. « Notre pays est géographiquement situé dans une zone bien sensible en termes de géopolitique, d'équilibre économique, social...on ne peut pas demander dans l'état actuel des choses à la France de quitter le Tchad », a-t-il lancé. Il poursuit, « c'est irresponsable, ça c'est quelque chose qui va être décidé, pas de manière passionnée. C'est quelque chose qu'il faut discuter. Il y a un certain point positif sur la présence de la France. En matière de coopération militaire, du développement à travers l'AFD...sa présence est d'une importance capitale » explique-t-il à un journaliste.

Abderamane Moussa Amadaye

Tom Erdimi a été accueilli en grande pompe ce vendredi, 16 septembre 2022 à l’aéroport International Hassan Djamous de N’Djamena, Tchad. Un retour suite à la grâce accordée par le président égyptien et la diplomatie du président tchadien de la transition, dit plusieurs sources. Tom Erdimi, le jumeau de Timane Erdimi a été incarcéré durant 3 ans en Égypte. Reportage.

Il était 11 heures passées lorsque l’avion transportant  Tom Erdimi s’est immobilisé à l’aéroport Hassan Djamous de N’Djamena, capitale tchadienne. Dès 9heures, plusieurs personnes se sont mobilisées pour accueillir l’un des chefs de l’Union des forces de la résistance (UFR). Les jeunes filles habillées en tenue traditionnelle, les femmes en voiles bleus et jaunes sur lesquels est floqué à l’image de Tom Erdimi. L’émotion était à son comble, certains avaient les larmes, d’autres sautaient de joie. C’est un père, un oncle, un frère, un collègue, un ami qui rentre au bercail. Désormais l’exil n’est qu’un souvenir lointain. 

Pour Oumar Mahamat Souara, petit frère de Tom, c’est un soulagement pour la famille un ouf de soulagement. « Écoutez bien, cela fait presque trois ans que mon grand frère a été incarcéré en Égypte. C’est pour nous une grande joie de le voir de retour parmi nous. Nous remercions le président tchadien de la transition et le Président égyptien qui nous a fait cette faveur », s’impressionne-t-il. Il signifie aussi que les Tchadiens doivent désormais fédérer leurs efforts pour le développement. À son avis, Tom est rentré pour construire ensemble un Tchad prospère. Pour son neveu Mahamat Saleh Moussa Ali, la grande famille est satisfaite. Il souhaite que les autres politico-militaires qui sont encore septiques de rentrer au pays. Un autre proche Tom Ali Tom c’est le baobab de la famille qui est rentré. Il plaide aussi à ce que les autres politico-militaires fassent de même, car nous avons beaucoup de choses à faire ensemble au pays. Aussi souhaite-t-il que le gouvernement et les Transformateurs trouvent un terrain d’entente. En politique on ne peut pas gagner à 100 %, exprime-t-il. Selon lui, les assises sont la seule voie pour les Tchadiens de faire sortir notre pays de tous ses maux.

Dr Tom Erdimi parle à la presse et dit : J’éprouve un grand sentiment pour les parents, collègues de longue date, les amis et les sympathisants qui se sont mobilisés pour m’accueillir. Il apprécie la dynamique de la paix enclenchée par le Tchad. D’après lui, sans la paix rien ne peut se faire. La paix est précieuse, il faut la consolider. Tom Erdimi remercie la relation diplomatique entre le Tchad et l’Égypte sans laquelle, il ne sera pas libre. Il remercie le président de l’Égypte qui l’a gracié, mais également la volonté manifeste du président de la transition Mahamat Idriss Deby. Tom Erdimi appelle à la réconciliation et demande aux Tchadiens de transcender les clivages pour un Tchad meilleur.

Moyalbaye Nadjasna

Emprisonné au Caire en Égypte presque deux ans, Dr Tom Erdimi est libéré mercredi dernier. L’ancien collaborateur et proche parent du défunt président Idriss Deby Itno est rentré ce vendredi au Pays après plusieurs années d’exil. Plusieurs membres de sa famille et les hautes autorités de la transition et ses amis sont sortis massivement pour l’accueillir à l’aéroport international Hassan Djamous de N’Djamena. Reportage.

Le retour au bercail de Tom Erdimi a ému plusieurs hautes autorités de la transition, ses amis et surtout ses proches parents. Arrêté il y’a presque deux ans en Égypte, l’ancien collaborateur et proche parent du défunt président Idriss Deby Itno, avant de s’opposer à son régime, a été libéré mercredi dernier et est rentré ce vendredi vers 11h45 min. Sa rentrée est un soulagement, mais aussi comme un signe de réconciliation qui pourrait permettre de tourner la page noire du pays.

Pour le ministre d’État, ministre chargé du dialogue social et de la réconciliation nationale Acheikh Ibni Oumar, ce n’est pas le ministre qui parle, mais son ami de jeunesse. Le ministre dit avoir éprouvé l’émotion que tous les amis et les parents éprouvent aussi. Le ministre pense que cette émotion était la hauteur du désespoir par lequel ils étaient dans la mesure où on ne savait pas s’il était en vie ou non. Il souligne qu’il a l’impression de voir un survivant.

Abondant dans le même sens, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mahamat Ahmat Alhabbo, Tom Erdimi est un ami, un frère qu’ils ont parcouru un long chemin ensemble depuis le lycée et ont obtenu le bac C en 1974 avant de s’envoler en Union soviétique où ils ont passé 10 ans ensemble. Selon lui, son arrestation l’a profondément marqué et aujourd’hui son retour au pays est un grand soulagement. Le ministre remercie toutes les personnes qui ont contribué à sa libération. Il ajoute que le président du Conseil militaire de la transition Mahamat Idriss Deby Itno a beaucoup œuvré pour sa libération.

L’opposant Yaya Dillo se réjouit que les parents rentrent un à un et c’est le comble de la joie du point de vue familial. Sur le plan politique, dit-il, il faut remercier le PCMT dans sa dynamique de ramener les uns les autres et espère que cela ne va s’arrêter uniquement au célèbre prisonnier Tom Erdimi, mais doit aller au-delà et vers les compatriotes qui n’ont pas signé l’accord de Doha et même les prisonniers de l’intérieur. Il souhaite que cette politique de la main tendue soit aussi vers tous les autres prisonniers d’opinion s’il en existe.

Pour Saleh Kebzabo, l’un des négociateurs des accords de Doha, c’est une grande émotion de revoir un ami. Selon lui, c’est plus de 10 ans qu’ils ne se sont pas vus avec Tom Erdimi. Il affirme que la plupart des gens ne pensaient pas revoir Tom Erdimi. A son avis, Tom Erdimi a disparu et dans ce régime, quand quelqu’un disparaît, ce n’est pas évident, mais grâce à Dieu, il est entre les siens. Il soutient aussi que son retour pendant la période de dialogue est un bon signe à la tolérance, à la clémence et à l’entente et surtout à l’unité nationale.

Jules Doukoundjé

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale tchadienne ont engendré beaucoup de victimes. Certains sinistrés ont trouvé refuge au lycée de Walia. Ils appellent les autorités à leur venir en l’aide. Reportage  

Le lycée de Walia ressemble à un camp de réfugiés. Plusieurs milliers de personnes se sont réfugiées depuis plus d’un mois. La majorité de ces sinistrées constituées des femmes, des enfants et des personnes âgées viennent des quartiers du 9ème arrondissement de la commune de N’Djamena. La cour du lycée ressemble à un véritable camp, avec ses brouhahas et les cris des enfants. A moins d’un mois de la rentrée scolaire, la présence de ces sinistrés inquiète les responsables de ce lycée public.

Pour le proviseur littéraire du lycée de Walia, Rouané Abel, c’est depuis plus de trois semaines qu’il gère ces sinistrés. Selon lui, habituellement il reçoit les sinistrés sous l’autorité de la mairie, mais, cette année, les réfugiés ont défoncé la porte de l’établissement pour s’installer d’eux-mêmes. Le proviseur souhaite que les chefs hiérarchiques trouvent une solution le plutôt que possible pour libérer le lycée vers le 15 septembre pour la rentrée administrative, faute de quoi il serait difficile d’organiser la rentrée scolaire.

Helimita Mahamat Abdelkader, victime des inondations, âgée de plus 70 ans qui s’exprime avec beaucoup d’émotion, soutient qu’elle est contrainte d’abandonner sa maison à Walia Ngonmba pour s’installer au lycée. Elle explique que si elle ne quittait pas sa maison, elle allait mourir, car sa maison s’est écroulée après qu’elle ait quitté. La vieille dame installée à l’air libre dans la cours du lycée ajoute que la situation est insupportable car il continue de pleuvoir et les victimes ne savent quoi faire.  Abondant dans le même sens, Souleymane Mahamat, lui aussi sinistré, a dû quitter sa maison avec ses 8 enfants et deux femmes pour se réfugier au lycée de Walia. Ce père de famille exhorte les autorités à leur venir en aide pour reconstruire leurs maisons après le retrait des eaux des pluies. Il souligne aussi que ce n’est pas par la gaité du cœur qu’il se réfugie au lycée avec sa famille. Selon lui, depuis l’arrivée des sinistrés il y’a un mois au lycée, les enfants, les femmes et les personnes âgées sont exposés à différentes maladies, surtout au paludisme à cause des moustiques.

Parmi les sinistrés installés au lycée, deux femmes ont accouché et ont besoin d’assistance.

Pour Dénédouba Adeline, c’est depuis des années qu’elle vit avec ses 5 enfants dans l’eau. Cette veuve explique que cette année, la situation s’est aggravée car les deux chambres qu’elle partage avec ses 5 enfants sont écroulées sous l’effet de la pluie. Elle confie qu’elle est obligée d’abandonner ses enfants dans la cour du lycée pour aller se débrouiller au marché pour leur trouver de quoi à manger. Elle interpelle les autorités de la transition à se pencher sur leur sort.

La plupart des sinistrés du lycée de Walia disent avoir occupé les salles de classes malgré eux et souhaitent que les autorités agissent promptement en leur faveur à fin qu’ils libèrent le lycée. Ce souhait est aussi partagé par le proviseur qui affirme que la rentrée est proche et il faudrait que les sinistrés libèrent les salles de classes.

Jules Doukoundjé

Convoqué par le procureur général auprès du tribunal des grandes instances de N'Djamena, le Président du parti Les Transformateurs a été accompagné par une foule innombrable ce matin 9 septembre 2022. Le bouclier humain formé par ses partisans a été aussitôt dispersé par le gaz lacrymogène jusqu'au siège du parti. Reportage.

Sommé à se présenter ce matin 9 septembre par le procureur, le Président du parti Les Transformateurs a répondu favorablement à la convocation. Des partisans ont escorté pour l'accompagnement de leur leader à la justice. Un monde incalculable dans le cortège. Dès 7h, la voiture transportant Marsa a quitté le QG afin de rejoindre le tribunal. Un bouclier humain a été fait pour l’escorte. Arrivé devant le commissariat de police du 7e arrondissement, des policiers ont dispersé la foule à coup de matraque et de gaz lacrymogène.

Plus tard, retranchés au siège et éparpillés, la police anti-émeute et la gendarmerie foncent sur eux dans le quartier et lance de gaz lacrymogène sur les militants. Le siège des Transformateurs comme les maisons dans les environs n’ont pas été épargnés. Ceux qui étaient sur place couraient dans tous les sens. L'on note plusieurs personnes blessées, asphyxiées etc. Les vitres du balcon de l’espoir ont été saccagées par les douilles de lacrymogènes. Des jeunes se réclamant transformateurs se sont organisés avec des caillasses pour s'opposer à la police mais sans succès.

Aux alentours de 12h, les nerfs se sont calmés entre les deux camps. Une équipe d'avocats a fait son entrée au siège du parti avant de ressortir et d'échanger avec quelques responsables de la police stationnés. Allaramadji Dordé Timone, militant du parti Les Transformateurs a donné quelques chiffres par rapport aux engins à deux roues saisies par les forces de l’ordre. Il affirme, « provisoirement, nous avons enregistré 23 motos qui ont été raflées » dit-il. Pour Dr Kranzou Saleh qui administre aux blessés les premiers soins, il déclare que 2 femmes enceintes essoufflées par le gaz lacrymogène, plus de 150 personnes ont été touchées et 2 personnes fracturés et évacuées dans une clinique de la place.

Abderamane Moussa Amadaye

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