La cérémonie du lancement de la 6ème édition du mois livre et de la lecture a eu lieu ce mercredi 02 novembre 2022 à la bibliothèque nationale du Tchad dans le 5ème arrondissement sous le thème « Tous, lisons pour transcender nos différences ». Reportage.
C'est par des pas de danse traditionnelle que le ballet national a accueilli les invités venus nombreux pour la cérémonie d'ouverture du mois du livre. Plusieurs expositions de livres de différents auteurs ont également marqué les temps forts de cette cérémonie. Quelques participants ont livré leurs impressions sur l'importance de la lecture à la fin de cérémonie.
Ahmat Taboye dit c'est un tremplin de rencontre de tous les êtres humains, de pouvoir s'approprier de livres, c'est le seul véhicule qui autorise de partir de « chez toi à chez moi », même si je ne te connais pas, mais avec mon histoire, je voyage dans ton cœur, tu peux aimer ou détester. Donc le livre est le seul moyen de nous rassembler dans le cadre du vivre ensemble. Il relève que les diversités culturelles que nous avons ne sont pas une maladie, tous les êtres humains de tous les pays sont créés de la même manière, quel que soit l'endroit. À partir de là, le livre nous permet dans notre diversité de nous comprendre. Il conclut qu’en lisant on s'enrichit. « Ce que toi tu as dans la tête je ne l'ai pas, mais je trouverais ça dans la lecture ».
Selon les deux grandes participantes à la cérémonie Mme Mekaïye Kemdou et Mme Achta, la lecture est très importante. Elle permet de découvrir le monde, les nouveaux mots et se cultiver. Elles ajoutent qu’il faut consacrer un moment pour la lecture.
Ensuite Mme Dakouma affirme « je ne lis pas beaucoup sans mentir, parfois même pas ». Mais elle reconnaît l'importance de la lecture qui permet selon elle de voyager à travers le livre. Elle termine en conseillant à tous de lire.
Enfin, l'écrivain ATTIE Abdelnabi se réjouit du lancement du mois du livre, avant de lancer un appel à faire davantage des activités pour la lecture et le livre. Il conclut que le but est d’inciter les gens à la lecture afin de donner une place au livre.
Ousmane Bello Daoudou
Donatienne Rakindang
Après la montée des eaux du fleuve Chari et du Logone au début du mois d'octobre qui ont fait d'énormes dégâts matériels dans certains quartiers de la ville de N'Djamena, le fleuve chari replie lentement dans son lit. La rédaction était sur place ce 1er novembre pour constater les faits. Reportage.
Dans le 9e arrondissement de la ville de N'Djamena au quartier Gassi, les eaux du fleuve chari commencent à régresser. Par contre pour celles du fleuve Logone, le volume ne cesse d'augmenter mettant les habitants de cette localité dans l'inquiétude.
Au quartier Gassi, certains habitants se réjouissent de la diminution de l'eau. Issakha Mahamat Yacoub est l’un deux. Il affirme que, le lit du fleuve avait débordé le vase il y a quelques semaines mais il y a 5 jours, ça commencé à diminuer lentement. Selon lui, l'eau qui était intacte et claire a non seulement changé de couleur et attirer les moustiques, mais également commence à dégager une odeur nauséabonde qui provoque la maladie aux enfants. Il demande à l'État de leur venir en aide afin de trouver une solution à cette situation.
Adama Akoïna, elle à l'espoir que l'eau va descendre d'ici quelques jours, elle précise qu'en moins d'une semaine, l'eau régresse lentement. Et ajoute « il y a un grand changement » ces derniers jours.
Dans le quartier Walia, Digangali, Kabé en passant par le campus de Toukra, les eaux du fleuve Logone continuent toujours d'augmenter. Les ruelles sont devenues inaccessibles. Alladoum Charly, habitant de Walia Digangali déclare que le niveau d’eau est intacte. Elle cherche même à déborder sur la voie bitumée du grand axe entre Nguéli et Walia. Il explique que l'eau a fait 4 jours sans faire de mouvement. Il signale qu’il fait froid au petit matin et le paludisme fait des ravages.
Noël Adoum
Le ministre de la Santé en partenariat avec la ligue tchadienne de lutte contre le cancer a lancé officiellement le « novembre bleu» mois dédié pour la lutte contre le cancer de prostate ce mardi 1er novembre 2022. Reportage.
Après octobre rose, mois de la lutte contre le cancer féminin vient le tour de novembre bleu dédié à la lutte contre le Cancer de prostate.
Dr Manikasse Palouma président de la Ligue tchadienne de lutte contre le cancer souligne que novembre Bleu est un mois dédié à la sensibilisation contre le cancer de la prostate dans le monde.« Le cancer de la prostate est le premier cancer masculin qui se développe à partir de 40 ans chez les hommes » plus on avance en âge, plus le cancer de la prostate se développe, dit-il.
« La statistique montre que le cancer de la prostate est un problème de santé publique pour les personnes âgées. Plus de 70% des hommes auront le cancer de la prostate et si on ne détecte pas très tôt, le traitement devient difficile au prix d’un sacrifice très lourd » révèle-t-il. C’est pour cette raison que la communauté internationale fait des manifestations pour sensibiliser les hommes sur les facteurs des risques d’apparition du cancer, a-t-il confié.
Selon Dr Manikasse, les facteurs de risques sont plus souvent des problèmes héréditaires. « Si l’un de vos parents a le cancer de la prostate, l’enfant garçon de la famille est exposé. Il peut développer le cancer de la prostate avec le temps », affirme-t-il. Lorsqu’une personne fume la cigarette qui contient des substances cancéreuses, l’alcoolisme, l’obésité, la sédentarité sont aussi des facteurs de risques, ajoute-t-il. Dr Manikasse dit « beaucoup d’études montre que la pratique du rapport sexuel fréquente réduit le risque d’avoir le cancer. Pour lui le rapport est un exercice physique terrible, car chaque éjaculation vaut une marche de 7kilometre à pied ».
Les signes de cancer de prostate ne sont pas visibles au début. « Quand l’homme commence à sentir la douleur ce que le cancer a déjà évolué depuis plus de 10 ans. Le cancer de la prostate bloque la sortie de l’urine c’est qui entraîne que l’homme urine avec du sang à partir de 40 ans. Il y a donc une forte probabilité du cancer de prostate » explique-t-il. Il ajoute que cette maladie n’est pas contagieuse.
Afin d’éviter le cancer le Dr, conseil aux hommes de manger beaucoup fruits, légumes. Éviter la viande rouge, pratiquer le sport afin d’élimer les graisses. « Les hommes de 40 ans doivent se faire diagnostiquer régulièrement pour détecter et soigner à temps le cancer de la prostate », conclut-il.
Haoua Adoum Ibeth
Donatienne Rakindang
Comme chaque année, Abéché, la capitale de l'Est du tchadien continue à souffrir du manque d'eau potable. Cette fois-ci pourrait être le pire. Quelques semaines après la saison pluvieuse, les robinets sont secs et le prix de pousse-pousse d’eau flambe. Une situation qui laisse la population en détresse. Ialtchad Presse a contacté quelques habitants pour le constater. Reportage.
Malgré le lancement du projet « Biteha 2 » en juin 2019 par feu Maréchal Idriss Deby Itno pour la construction du grand château d’eau qui devrait ravitailler la population d'Abéché, le manque d’eau reste qu'un cauchemar pour de nombreux abéchois. Trois ans plus tard, la population vit toujours le calvaire, le manque cruel d'eau potable. La particularité de cette fois-ci ce que le problème c’est la précocité de cette rareté d’eau quelques semaines après la fin de la saison pluvieuse. Une situation confuse pour la population de cette ville presque à l'abandon.
Monsieur Bilal Abdelrahim, habitant au quartier Ahmat Albadawi affirme qu'il y a presque 3 semaines qu'il voit rarement l'eau coulée de son robinet. « Ce dernier temps, notre robinet coule une seule fois par semaine », a-t-il affirmé. Face à ce déficit, M. Bilal souligne qu'ils sont obligés d'acheter chez les pousse-pousse. « Depuis quelques semaines, nous sommes obligés d’acheter 10 bidons de 20 litres à 1.000F et pour une famille comme la mienne, il faut 20 bidons. C'est tout un budget », a-t-il confié. Il estime que le problème d'eau est créé par le gouvernement. « Les autorités savent très bien le fond du problème, mais ils ne veulent pas résoudre », a-t-il lâché.
Chantal Pahimi, étudiante depuis bientôt 3 ans et résidante au quartier Salamat, derrière le stade municipal de la ville d'Abéché, explique qu'elle n'a pas de robinet chez elle, mais elle achète de l’eau chez les pousse-pousse. Elle affirme, « le prix a connu une flambée depuis 2 semaines et il est difficile d'en trouver ». Elle interpelle les autorités à prendre leur responsabilité. « L'accès à l'eau est un droit de chaque citoyen. Ça ne doit pas être un luxe. Il est du devoir des gouvernants de faciliter l'accès », a-t-elle dit. Selon Hassan Moussa, citoyen résidant au quartier Chitiyé, à l'Est de la ville, l'eau potable est quasi inexistante. Elle est acheminée par les tricycles. Il soutient que depuis les deux dernières semaines, celle qui était vendue au paravent à 750 ou 1000 F chez eux a augmenté de 50 à 100%. « A l'heure actuelle, l'équivalent de pousse-pousse est vendu ici à 1500F et cela risquerait d'augmenter si jamais le problème n'est pas résolu », a-t-il martelé.
Signalons que le problème d'eau potable à Abéché pays n'est pas nouveau. La population en souffre chaque année. Cela s'explique aussi par le boom démographique de la ville. La demande en approvisionnement d’eau reste un défi et le manque de volonté politique aussi, disent les Abéchois. Des multiples actions sont annoncées chaque fois, mais avec zéro résultat sur le terrain.
Abderamane Moussa Amadaye
Le ministre de la santé publique et de la prévention, Dr Abdel Madjid Abdelrahim Mahamat, accompagné des techniciens de la santé de son département dans un vol spécial est arrivé a Moundou, en vue de faire l’état de lieu des blessés qui nécessitent une évacuation pour la prise en charge dans des structures sanitaires adéquates. De l’hôpital provincial de Moundou à l’hôpital Adventiste, le ministre s’est arrêté au chevet de chaque malade pour poser des questions aux personnels de santés pour avoir l’état de l’évolution de santé de chaque blessé.
Après constat de la situation sanitaire des blessées, 4 blessés graves nécessitent une prise en charge de haut niveau et sont évacués à l’hôpital de la Renaissance de N’Djamena, capitale tchadienne. Ensuite, le ministre a instruit le délégué sanitaire du Logone ainsi que le directeur de l’hôpital central d’assurer la prise en charge de tous les blessés.
Le Gouverneur de la province du Logone occidental Ibrahim Ibn Oumar Mahamat Saleh a saisi l’opportunité pour lancer un appel à tous les blessés cachés dans les quartiers par peur de se faire arrêter de venir à l’hôpital pour une prise en charge sans inquiétude. Il a aussi demandé à la population de vaquer à leurs préoccupations. Et aux acteurs du système éducatif de reprendre avec les cours. « Nous allons prendre toutes les dispositions pour le retour au calme. Pour que la paix soit une réalité, il faut nécessairement qu’il y ait une cohésion entre la population et les forces de défense et de sécurité et l’administration publique. Nous voulons mettre sur pied une administration de proximité à visage humain pour le bien-être social, économique et pour le bien-être de tous », a conclu le Gouverneur.
Mbaiwanodji Adrien
Le maire de la ville de Moundou 1er adjoint, Netoloum Julien a tenu un point de presse ce 2 novembre dans la salle de réunion de la mairie. La communication était relative à une persistante spéculation sur une éventuelle nomination d’un conseiller en remplacement du maire Laoukein Kourayo Médard nommé ministre d’État à l’Agriculture. L’autre spéculation annonce la dissolution du Conseil municipal comme M. Laoukein Kourayo Médard est nommé à un poste ministériel.
Dans l’ordonnance 36 régissant les collectivités territoriales décentralisées, en son article 130 affirme in extenso « en cas décès, de révocation, de suspension, de démission, d’absence ou tout autre empêchement constaté par le représentant de l’État dans la commune, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par un adjoint dans l’ordre d’élection ou à défaut par un conseiller le plus âgé. Toutefois en cas de décès, de révocation ou de démission , elle doit être traité par l’intérimaire dans un délai de 30 jours, ou a défaut par le représentant de l’État dans la commune pour procéder à son remplacement dans des conditions prévues par la présente ordonnance ».
Au regard de la loi susmentionné, le supposé désormais maire de la commune de la ville de Moundou, Netoloum Julien dit, « la mairie ne peut pas fonctionner sans maire, c’est pourquoi, poursuit-il j’assume l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau maire ». Il en appelle aux chefs de service, aux délégués des arrondissements, aux chefs de quartier de travailler en synergie pour le développement de la commune.
Mbaiwanodji Adrien
Instauré au lendemain des évènements du 20 octobre dernier qui ont occasionné la mort de plusieurs et blessés dans la ville de Ndjamena et dans d'autres provinces du Tchad, le deuil national a expiré mardi 1er novembre 2022. Ialtchad Presse a fait réagir quelques citoyens au lendemain de la levée du deuil national. Vox pop.
Pour M. Sylvestre après la manifestation, il y a avait des cas d'arrestations voire même des enlèvements, en tant que citoyen ce processus l'inquiète. Il félicite l'acte du président de transition, car c'est son devoir. Il ajoute, « même un seul individu contribue au développement socio-économique de la nation ». Pour lui, ce deuil n'est pas mauvais, car il y avait eu plusieurs pertes de vies humaines, c'est un manque à gagner pour le pays. Il estime que le deuil national décrété durant une semaine est tout à fait logique et de bon sens.
Selon lui, il est anormal que l' État qui est garant de la sécurité des biens et des personnes enlève la nuit des paisibles citoyens. « Ce n'est pas un acte responsable », peste-t-il. Il ajoute qu’il faut que l'État prenne conscience de la situation actuelle. Qu'il cesse d'enlever les gens et qu'il libère les détenus. Il affirme que le Tchad avait a trop des problèmes au lendemain de la sortie du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS), il faudrait que la réconciliation soit continuelle. Selon M. Sylvestre, la lutte est déjà suffisante, car ceux qui sont tombés ont déjà envoyé un message : le désir du changement. Il faudrait une prise de conscience nationale. « La liberté de manifester est le maillon de la démocratie. C'est aussi un moment de dénonciation, de contestation de ce qui ne marche pas » a-t-il conclu.
Ensuite, pour M. Singam Brahim. Cette manifestation réprimée a fait mal. Le Tchad a perdu plusieurs êtres humains, ceux sur qui on a tiré, ceux qu’on a noyés dans le fleuve et ceux qui sont arrêtés. M. Singam est à la recherche de son cadet arrêté par les forces de l'ordre qu'il n'a pas trouvé jusqu'à maintenant. Pour lui, il faut que l'État libère ces jeunes arrêtés parmi lesquels figurent des mineurs. Il ajoute que la manifestation était catastrophique, c'est pour la première fois qu'il voit ça. Il appelle, les manifestants à cesser avec les marches qui coûtent des vies humaines.
Enfin, M. Allasra Gédéon dit être content que les manifestants aient exprimé leur ras-le-bol de l'injustice, de l'inégalité et de la succession dynastique du pouvoir. Il ajoute que le deuil national est bien mérité et plus qu'obligatoire pour le respect des martyrs qui sont morts en marchant pour la justice et l'égalité. Pour lui, l'être humain n'a pas de prix. Il est plus cher que les objets matériels dont s'exclament les hommes politiques. Selon lui, « la lutte pour la justice et l'égalité est le seul moyen pour que le Tchad soit un pays de justice et pour qu'il n'y ait pas une dévolution monarchique du pouvoir sinon il trouveront le peuple à la croisée du chemin ».
Noël Adoum
Au Tchad en général et à Moundou en particulier, le chômage est devenu un phénomène social. La solution à cela n’est pas pour lendemain. À Moundou gagner son pain quotidien est un parcours de combattant. Les plus désœuvrés s’adonnent à toutes les activités génératrices de revenus.
Au marché central de Moundou, ils sont des milliers à braver les intempéries, le froid, la poussière, la soif à s’investir pour chercher de quoi subsister. Parmi ces jeunes désœuvrés, il y a les vendeurs ambulants des friperies, les vendeurs de sachets d’eau, les cireurs, les transporteurs ou dockers, etc.
Mbaississem Bruno connu sous le nom de Toc-toc est cordonnier. Il a environ 27 ans. Il est marié et père d’un enfant assis devant sa table sur laquelle sont étalés des chaussures, des cirages, des files et des brosses. Faute de soutien M’baississem Bruno a quitté tôt les bancs de l’école en classe de CM2 pour se lancer dans cette activité qu’il exerce depuis plus de 15 ans. En plus de la cordonnerie M. Mbaississem Bruno nettoie la place réserver aux étales, transporte les bagages, « si l’occasion se présente je deviens même blanchisseur . À la tombée de la nuit, je gagne un revenu journalier entre 1500 à 2000 Fr », a-t-il ajouté.
Retombées
« L’argent que je gagne quotidiennement me permet d’assurer mes besoins de première nécessité, s’occuper de mon enfant et assurer les frais de mon loyer », dit-il. Il poursuit en disant que grâce à cette activité il est indépendant. Pour lui les jeunes doivent combattre la honte qui les empêche d’exercer certaines activités. « Pour n’avoir pas pousser loin mes études, je me retrouve au marché ou tout le monde pensent interprète mon activité, mais j’ai la conscience tranquille ». Il lance un appel aux jeunes qui dépendent de leurs parents de ne plus croiser les bras et attendre les parents. Même les diplômés sans emploi doivent se battre, il n’y a pas un sot un métier pourvu que ça rapporte, car le diplôme n’a jamais rendu un homme heureux, seul le travail rend heureux, dit-il. Certains jeunes se lance dans l’alcoolisme par manque d’emploi, Mbaississem Bruno Alias Toctoc soutient indiqué l’alcool n’est pas la solution.
« Je demande à tous les jeunes de mon âge qui sont soutenus par leurs proches de bien étudier pour ne pas le regretter comme moi. Si j’ai un diplôme, je ne me retrouverai pas dans cette situation », déplore-t-il.
Au Gouvernement M. Mbaississem demande de soutenir les jeunes désœuvrés en les appuyant avec de différents ateliers de formations pour les rendre professionnelles, leur offrir un métier, afin de soulager leur souffrance.
Mbaiwanodji Adrien