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Par une conférence presse animée au siège social de son parti, le PSF (Parti Socialiste Sans Frontières), Yaya Dillo Djérou Betchi invite les Tchadiens d’ici et de la diaspora à sortir massivement le 20 octobre prochain pour dire non à la confiscation du pouvoir par les militaires et à la communauté internationale de durcir les sanctions contre la transition. Reportage.

Connu pour son opposition à la junte, Yaya Dillo n’a changé d’un iota, même après la fin des travaux du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS). Il a refusé de prendre part à ses assisses dont les conclusions sont entre autres, la prorogation de la transition pour 2 ans supplémentaires et l’éligibilité des membres du CMT, notamment du désormais président de transition. 

M. Dillo a animé ce 13 octobre une conférence durant laquelle, il affirme que le Tchad traverse une situation politique de haut risque du fait de la volonté de la junte de se maintenir au pouvoir, estime-t-il. Il souligne que le dialogue qui s’est tenu n'est qu'un monologue qui a réussi à berner tout le monde, « la preuve est que nous venons de vivre des assises aux couleurs monologues où plusieurs diktats suivis d’aucune approche démocratique ont permis de formuler des résolutions et des recommandations conformes aux desiderata de la junte », a-t-il martelé. Selon lui, l’éligibilité du Chef de la junte a confirmé la violation flagrante de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, notamment les dispositifs de l’article 25, aliéna 4 qui précisent que, « les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur État », a-t-il appuyé. De même le Président Yaya Dillo félicite la communauté internationale, notamment l’UA, l’UE, le Canada, etc. pour leur prise de position conforme aux principes énoncés par la charte africaine de la démocratie.

Pour lui, cette prise de position n’est pas suffisante, il faut la traduire en acte avec des sanctions rigoureuses et efficaces. Il estime que seules les sanctions peuvent forcer la junte à changer de trajectoire. Sa formation politique, le PSF formule 7 formes de sanctions, qu’elle pense être un catalyseur de changement démocratique au Tchad. L’interdiction de voyage des dignitaires civiles et  militaires de la junte, la saisie des avoirs des personnalités clés, l’arrêt de toutes les aides publiques et privées à l'exception des aides humanitaires, l’embargo sur l’achat des armes, a-t-il proposé. M. Dillo appelle les Tchadiens où qu’ils se trouvent à sortir massivement le 20 octobre prochain pour dire non à la confiscation de son pouvoir par un petit groupe. Dillo n’a pas oublié d’aborder la question sociale de l’ère, l’inondation de ces derniers jours suite au débordement du fleuve Chari et Logone. Il invite les autorités publiques à prendre leurs responsabilités et les personnes de bonne volonté d’être bienveillant avec sinistrées.

A la question d’un journaliste sur la nomination de Saleh Kebzabo à la tête du Gouvernement d’Union Nationale, M. Dillo répond qu’il n’y a rien de rassurant. Il ne croit pas à un changement malgré le respect et l’estime qu’il a pour Saleh Kebzabo, ancien opposant à Deby père. Il affirme que tous les pouvoirs sont détenus par le Général Mahamat Idriss Deby Itno et c’est lui seul qui va décider de tout.

Abderamane Moussa Amadaye

Le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable en partenariat avec le secrétariat de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et l’association des peuples autochtones ont organisé une rencontre birégionale Afrique-Asie des peuples autochtones ce jeudi 13 octobre à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, capitale tchadienne. Reportage.

Organisée pour la première fois au Tchad cette conférence bi régional  qui a pour objectif de réunir les autochtones  de deux continents Afrique-Asie pour échanger sur les savoirs et connaissances traditionnels sur le changement climatique, a débuté avec une danse traditionnelle accompagnée de musique folklorique. 

Hindou Oumarou coordinatrice de l’association des femmes peules au Tchad révèle que les communautés vivent depuis longtemps avec leur environnement. « On a développé les savoirs traditionnels en observant la nature. Par exemple si ma grande mère te dit qu’il va pleuvoir dans il 2h il va aussi pleuvoir. Elle peut juste observer la nature et dire que l’année prochaine va être très bonne année de pluies », confie-t-elle. Elle ajoute que les peuples autochtones à travers le monde détiennent des savoirs qui ne sont pas enseignés à l’école. « Raison pour laquelle nous avons jugé utile de donner notre apport afin de pallier aux impacts du changement climatique » a-t-elle martelée. Hindou Oumarou ajoute  que cette Union a été décidée dans l’accord  de Paris dans  la décision 135  qui a créé la plateforme d’échange  de connaissances et de savoirs traditionnels.

Oualbadet Magomna secrétaire général au ministère de l’Environnement  se dit satisfait des partenaires organisateurs de cet événement tout en souhaitant la bienvenue aux participants du Tchad et d’ailleurs. Il souligne que le Tchad à l’instar  des autres pays du monde, a signé la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique de 1992 et l’a ratifié en 1994.

« Conscient des enjeux et de l’ampleur  des changements climatiques, les autorités tchadiennes fidèles à la démarche politique qui consiste à traduire dans les actions les instruments juridiques internationaux que le Tchad à ratifiés , ont trouvé dans », affirme-t-il. « Je ne peux me réjouir des efforts accomplis par le Tchad dans la lutte contre les changements climatiques dans la mesure où la menace qu’ils constituent n’est pas orientée vers un seul pays, mais affecte notre planète, et interpelle l’humanité . Notre époque est tristement décrite par les visages des sinistrés de changement climatique», dit-il.

Il martel que 80% des Tchadiens sont constitués de communautés rurales d’où l’agriculture, l’élève et la pêche est leurs sources principales de production économique, le pasteur nomade ou semi-nomade et l’agriculteur ou l’agro- pêcheur sont contraints d’inscrire  leur mode de vie dans l’harmonie  environnementale, dans la faune ou dans la flore. 

Cette rencontre birégionale a vu la présence des 64 personnes venues du monde entier. Asie, Allemagne, un représentant de l’ONU, le directeur général de l’UNESCO, États-Unis, de la France et de l’Afrique.

Haoua Adoum Ibeth

Les activités marquant la 2e édition du salon de carrières sont lancées ce mardi 11 octobre  à l’hôtel Radisson Blu. Le thème abordé  est la technologie de forage de CNPCIC société nationale chinoise du pétrole. Reportage.

Ecolemadji Ngarta assistant drilling engineer, opération département lors de sa prestation dit que le forage est un processus qui consiste a foré un puits au sous-sol dans le but d’exploiter une zone de pétrole ou des hydrocarbures. Il ajoute que pour réaliser un forage il faut un appareil de forage, cet appareil est classé par sa capacité à forer.« Dans cette classification nous avons un appareil léger qui peut forer de 1500 à 2000 mètres,  l’appareil moyen peut foré de 2000 à 3500 mètres, l’appareil  lourd peut foré de 3500 à 6000 mètres et l’appareil  super lourd peut forer au-delà  de 6000 mètres de profondeur ».

Cet appareil peut être classé par son mode d’entraînement : appareil mécanique et aléthique. Il peut aussi être classé selon la zone moyenne et son mode d’utilisation, dit-il. Ecolemadji d’ajouter que cet appareil de forage est composé d’un système d’alimentation en énergie, un système de rotation, un système de circulation et un système web contrôle. « En ce qui concerne le système d’alimentation,  nous avons les générateurs et c’est ce système d’alimentation  qui nous fournis l’énergie nécessaire pour bien faire tourner notre appareil de forage et nous permet de bien mener notre opération de forage», explique-t-il. Il affirme que le système de rotation de transfert fournis l’énergie aux garnitures de forage pour le faire tourner, ce mouvement de rotation permet à l’outil qui se trouve au fond de forer dit-il. « Le système de rotation comprend la tête de l’injection, la table de rotation et la tige carrée », martèle-t-il.

Haoua Adoum Ibeth

Dans la nuit du vendredi au samedi dernier, les eaux des fleuves Logone et Chari ont débordé la digue de Walia Ngoumna dans la commune du 9e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. Une partie du quartier a été inondée, des maisons écroulées, des personnes déplacées et plusieurs autres dégâts matériels et financiers enregistrés. L’équipe d’Ialtchad s’est rendue pour constater. Reportage.

Pendant que certains préparaient la cérémonie de clôture du Dialogue National Inclusif et souverain, la population de Walia Ngoumna s’est réveillée sous l’eau. Elle provient des débordements des fleuves Logone et Chari. La digue construite par les Chinois n’aurait pas tenu face à la pression des eaux et s’est cassée. C’était dans la nuit du vendredi 7 au samedi 9 octobre 2022 que cette catastrophe a eu lieu. Si la population est sortie indemne, les dégâts matériels sont énorme

Walé Viviane, une sinistrée raconte que vers 2h du matin, la digue a commencé à déborder et l’eau déversait du côté des habitations. Aussitôt, ils avaient avisé les voisins, mais ils n’ont pas voulu écouter cette alerte, « ils nous ont dit qu’ils sont fatigués, ils ne peuvent pas travailler ». Elle ajoute, « c’est à 4h du matin que les eaux a débordé pour des vraies ». Mme Viviane passionnée de l’aviculture, dispose d’une munie ferme chez elle. Elle déplore la perte de plusieurs poules pigeons, canards, emportés par les eaux. Elle indique aussi l’écroulement des toutes les chambres de leur concession. « Aucune chambre ne peut-être habitable, elles ont écroulé, actuellement nous logeons chez ma tante », a-t-il affirmé.

À quelques mètres habite Bouba Moussa. Jeune robuste qui d’arrache-pied sous une petite quantité d’eau, la manche de son pantalon pliée. À l’aide de ses deux muni motopompe, il déverse le peu d’eau stagnante de l’autre côté de la digue. Interrogé, il confie, « nous sommes en train d’aider la population de notre quartier volontiers sans un rond en retour et avec nos motopompes », dit-il. M. Bouba ajoute, nous avons déposé une demande auprès de la mairie afin de nous appuyer avec des matériels, mais jusqu’ici, ils sont restés sans suite. Il relève qu’ils ont reçu d’un appui financier du prêtre de l’église catholique de Walia Ngoumna qui s’élève à 50 000 F. Pour lui, cette somme leur aiderait à mettre du carburant pour le fonctionnement de la motopompe. Bouba a signifié également qu’ils sont au nombre de 32 à aider volontiers la population depuis le début de cette catastrophe.

Pour Gamdéré John, ces eaux ont durablement touché. Sa boutique a été à moitié détruite et la concession famille est presque à terre. Il interpelle le gouvernement à leur venir en aide. Pour lui la solution n'est pas la mise des sacs de terre, mais plutôt la construction des canaux d’eau et des vannes pour empêcher le débordement. Selon lui cette solution est idoine afin de sauver la population, dit-il.

Signalons que depuis le débordement de ses eaux dont l’origine reste l’affaiblissement d’une partie de la digue, la mairie en collaboration avec la population a travaillé pour le refermer.

Abderamane Moussa Amadaye

Le ministère de l’Enseignement supérieur de la recherche scientifique et de l’innovation en accord avec le ministère de l’Éducation nationale et de la promotion civique ont organisé une cérémonie de remise de prix aux meilleurs bacheliers  2022 16 édition ce mardi 11 octobre  à l’amphithéâtre de l’Université de N’Djaména faculté de médecine au quartier Gardolé dans la commune du 2e arrondissement . Reportage.

Au total 100 meilleurs Bacheliers de toutes séries confondues dont 29 filles parmi lesquels trois meilleurs qui sont Mahamat Issa Abakar du lycée de Dinguessou sérié A4 avec une moyenne de 16,89 mentions très bien, Adoum Ouangnamou Emmanuel du lycée Élite de Pala avec une moyenne de 16,75 mention très bien et Ouneissa  Mahamat Abakar du lycée koweïtien de N’Djaména avec une moyenne de 16,56 mention très bien ont été primés ce matin. C’était  dans une ambiance grandiose que ces trois meilleurs lauréats accompagné de leurs parents, amis ont reçus leurs attestations de satisfecit, ordinateurs portable et des bourses d’études à l’extérieur du pays.

Le professeur Reounoudji Frédéric, président du comité d’organisation  dans son mot d’ouverture dit que cette cérémonie est rééditée chaque année depuis exactement 16 ans. Il a souhaité la bienvenue à l’ensemble des personnalités présentes à cette  cérémonie qui couronne l’excellence  scolaire tchadienne. Il a aussi remercié ceux qui malgré leur calendrier chargé ont accepté d’y prendre part. Il ajoute que les critères de sélection ont pris en compte la politique du gouvernement en matière du genre l’excellence  féminine et aussi l’orientation  scientifique dans les formations universitaires.

Selon M. Mog-Nan Djimounta, ministre de l’Éducation nationale et de la promotion civique, cette cérémonie de remise de prix aux meilleurs bacheliers perpétue la tradition instituée depuis 2008 en vue de promouvoir l’excellence. Pour lui, l’excellence doit constituer une valeur de référence sans cesse exaltée. Il affirme, « les lauréats qui sont à l’honneur aujourd’hui représentent les citoyens du Tchad qui même dans  des moments difficiles se distinguent », a-t-il martelé. Tout de même, il relève, comparativement aux années précédentes, cette année le succès est de taille, qui avoisine les 60%. Il souligne que cela n’a été possible que grâce aux plus hautes autorités , a-t-il confié.

En effet, selon Ali Weïdou, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, représentant le Président de la Transition, les enseignants et les parents sont les véritables sources de réussite de leur progéniture, « ils sont les meilleurs lauréats, car la réussite des élèves dépend de leur contribution à tous les niveaux », a-t-il signifié.

Par la même occasion, M. Ali Weïdou invite les meilleurs lauréats à doubler d’efforts pour les études supérieures et de maintenir le cap. Il estime que le Tchad à besoin de chacun d’eux pour son développement.

Cette cérémonie a vu la présence des membres du gouvernement, les présidents des grandes institutions de la République, les ambassadeurs membres du corps diplomatique accrédité au Tchad, les représentants des organisations internationales accrédités au Tchad, les conseillers nationaux de transition, Mme la déléguée du gouvernement auprès de la ville, le Maire de la ville de N’Djaména,  M. le recteur d’académie, les secrétaires généraux des départements ministériels les parents amis des lauréats et lauréates et bien d’autres  invités de marque.

Haoua Adoum Ibeth

De PCMT à PT

Avr 04, 2025

Après 18 mois à la tête du pays comme Président du Conseil militaire de transition le Général Mahamat Idriss Deby Itno vient d’entrer dans la deuxième phase de la transition avec le titre du Président de Transition (PT). La cérémonie d’investiture et la prestation de serment ont eu lieu ce lundi 10 octobre dans la grande salle du palais de 15 janvier. Ialtchad Presse était présent et a recueilli l’impression de quelques Tchadiens.

Diamra Betolngar se dit très contente du fait que la cérémonie s’est  déroulée dans le calme et la sérénité. « On vient d’assister à la phase la plus importante de l’histoire  de la transition au Tchad, espérons que durant dans ces 24 mois le PT nous apporte la paix, la sécurité et la cohésion sociale dans notre pays» dit-elle. Pour elle la phase qui vient de démarrer marque le début de la transition civile « la première phase est terminée alors pour cette nouvelle phase travaillons ensemble main dans la main pour faire avancer ce pays ».

Maide Hassane Djimrangar affirme que les Tchadiens ont placé leur confiance au président de transition alors il faut qu’il regarde l’intérêt des Tchadiens en général et non celle de sa famille. Il ajoute que le PT est jeune, mais il a le bâton de commandement avec cette bonne initiative s’il  prend le contrôle, il va réussir sa transition, dit-il. « Il faut qu’il descende au terrain pour découvrir la réalité et voir le vrai problème des Tchadiens. Que ceux qui l’entourent lui laissent les mains libres pour servir les Tchadiens pendant ces 24 mois», ajoute-t-il.

Mahamat Macki Adam coordonnateur du collectif des  associations et mouvements des jeunes du Tchad, « il y a très longtemps qu’on  a plaidé pour qu’il ait le dialogue national inclusif et souverain et Dieu merci on a eu ce dialogue. Il a accouché des résolutions qui nous ont conduits à la deuxième phase de la transition. Cette fois-ci, c’est  la vraie transition qui inclut tous les Tchadiens. Et le  président de transition vient de dire qu’il  y aura un gouvernement d’union  nationale qui va prendre en compte les préoccupations de tous les Tchadiens durant ces 2 ans. Je pense qu’ils  feront de leur mieux pour que le Tchad soit un Tchad où tous les Tchadiens doivent s’y reconnaître ». Il ajoute que le fait que la jeunesse soit au centre de la transition est un défi à relever.

Madiba Kadidja se réjouit de voir les Tchadiens réunis pour la refondation d’un Tchad nouveau. « La joie se lit dans le visage de tous les Tchadiens, ils sont témoin  ce serment marque un nouveau départ », souligne-t-elle.

Haoua Adoum Ibeth

24h après la clôture officielle des travaux du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS) couplé de la révision de la charte de transition, Mahamat Idriss Deby est à nouveau couronné homme fort du pays. Il a été investi ce 10 octobre 2022, Président de la Transition, Président de la République, Chef de l'État au Palais du 15 janvier. Une cérémonie qui a vu la présence de plusieurs personnalités publiques, traditionnelles,  diplomates, d'un seul Chef d'État africain et sans le représentant d'un membre de l'Union Africaine (UA). Reportage.

Il est 11h passé quand le nouveau Chef de la Transition a foulée est entré dans la grande salle du palais de 15 janvier. Une salle bondée de monde, de toutes les convergences et provenances. Après l'entrée du Président de Transition (PT), celui de la Cour Constitutionnelle, Samir Adam Annour a ouvert la séance. Il a inventé le Général Mahamat Idriss Deby à se lever et à se rapprocher du pupitre afin de lever la main droite et de lire la formule de serment conformément établi par la charte de transition révisée. Accompagné d'une grande ovation, le nouvel homme fort du Tchad s'est levé et a lu, « Nous, Général Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la Transition, Président de la République, Chef de l'État, selon les lois de la République, jurons solennellement devant le peuple tchadien et sur l'honneur, de préserver, respecter faire respecter défendre la charte de la transition et les lois. Remplir avec loyauté le haut fonction que la nation nous a confié... ».

Après cette lecture, le Président de la Cour Constitutionnelle l'a déclaré investi dans ses fonctions de Président de Transition, Président de la République du Tchad, Chef de l'État et le renvoie à l'exercice de ses fonctions. Il a ensuite invité le Grand Chancelier, général  Oki Dagache à remettre au Chef de l'État l'insigne de dignité et des grands-croix du Tchad. Une fois chose faite, la grande salle s'est levée et a ovationné le Général Mahamat Idriss Deby Itno.

Par la suite, le nouveau dirigeant de la transition a tenu un discours de plus 25 minutes.

Il tout d'abord félicité et remercié les Tchadiens de tous les bords. Ensuite, il a cité les différents invités qui ont pris part à cette investiture à leur tête le Président de la République Fédérale du Nigéria, M. Muhamadu Buhari. Il a relevé que la première phase de la transition a permis d'assurer la continuité de l'État, à garantir la paix, la quiétude et à sauvegarder la souveraineté internationale de la République du Tchad. Il souligne que cette étape a permis l'organisation du DNIS avec la participation des politico-militaires, de la diaspora, etc. qui a ouvert une deuxième phase de 24 mois. Selon le désormais ancien PCMT, cette phase a été pleinement accomplie. Le Général Mahamat Idriss Deby Itno assure que la deuxième phase sera conduite dans un esprit de consensus et de dialogue. Il poursuit que cette phase sera pleinement consacrée à la mise en œuvre des conclusions du DNIS et à la mise en place d'un gouvernement d'Union Nationale.

Pour lui, ce gouvernement travaillera pour le retour à l'ordre constitutionnel et au développement humain. Il promet qu'il veillerait à la mise en œuvre du cahier de charges de cette phase. Au sujet de la question du référendum et des élections, le Général Mahamat Idriss Deby Itno dit qu'elle doit être tranchée dans un meilleur délai et dans une transparence totale. Au sujet de l'emploi des jeunes, il affirme, « je veillerai à ce que le gouvernement accélère la mise en œuvre de la politique nationale de l'emploi et de Jeunesse », dit-il. Le Président de la Transition n'a pas oublié d’aborder la question d'accès à l'eau et à l'électricité. Il déclare, « le Gouvernement d'Union Nationale mettra tout en œuvre pour que les conditions d'accès à l'eau potable et à l'énergie soient améliorées ». Il promet d'ici 2023, les capacités de production énergétique seront triplées dans la ville de N'Djamena. Le Chef de l'État n'a pas aussi occulté la Femme dans son discours. « L'État s'emploiera à créer les conditions optimales pour vous permettre de mieux exprimer votre potentiel » a-t-il dit. Il conclut, « nous ne sommes pas détournés et nous n'avons pas faibli.  L'espoir est permis. Ensemble, nous relèverons les défis ».

Abderamane Moussa Amadaye

Je me suis couché tôt pour arriver tôt ce samedi au palais du 15. C’est la fin de plus d’un mois de dialogue.

7h 35 min. Je tente d’accéder au palais. C’est un embouteillage monstre causé par la fouille. Policiers, militaires organisent un beau désordre aidé en cela par des automobilistes qui ne respectent aucune règle.

8h 5 min. Deuxième fouille sur la terrasse de l’esplanade avant de franchir les cabines chargées de désinfecter les invités. On ne s’amuse pas avec la santé du jeune président de transition (PT).

8h 15 min. Enfin je m’assois dans la grande salle où on a palabré dure durant 45 jours. Les dispositions ont changé. Les travées aux couleurs du drapeau national ont cédé la place à une couleur unique, le bleu de nuit. Sur une grande banderole en fond de scène on peut lire « cérémonie officielle de clôture du DNIS". 13 chaises sont disposées. Celle du PT est reconnaissable par les signes distinctifs des armoiries de la République. Techniciens, agents de sécurité, agents de renseignements, proches collaborateurs du président s’affairent, vérifient et revérifient micros, pupitres, etc.


9h 30 min. La salle est pleine, les bruits des salamalecs et des causeries l'enrobent. Certains invités en retard ont de la misère à se trouver une place assise. Ils sont debout, guettant la moindre chaise libre.

9h 40 min. Le spectacle des danses traditionnelles commence. C’est le Tchad culturel en miniature qui étale toute sa belle diversité. J’étais captivé par les différentes danses. Je reconnais quelques danses, mais ma connaissance était limitée. Mon ignorance me gênait, je me suis résolu à demander à ma voisine de devant à chaque fois qu’une danse est exécutée. La danse « baguirmienne » me semble la plus élégante.

10h 25 min. Arrivée du désormais président de la transition (PT). Il scintillait de joie. Il a tout obtenu. Tous les pouvoirs. Il est seul maître à bord du compliqué navire Tchad. À son âge, c’est un coup de maître.

10h 35 min. Le président du présidium Gali et son rapporteur sont conduits par le protocole à leur siège avant de leur demander de descendre de la strate pour suivre probablement la Tchadienne.

10h 40 min. L’hymne militaire retentit. Le chef du protocole tel un chef d’orchestre ordonne à la salle de se lever. Le PT Mahamat Idriss Deby Itno fait son entrée, baguette de général 5 étoiles à la main, treillis bien taillé, béret militaire bien ajusté, lunette fixée sur un visage presque juvénile, il est désormais légitimé par cette cérémonie. Il rejoint en bas les Gali et les autres. L’hymne national est entonné.

10h 55 min. Une pièce est jouée. Elle est intitulée la chaise unique. Une idée de Nocky Ndjédanoum et de l’ex-ministre et journaliste Hassan Sylla Bakari. Les acteurs se battent pour s’asseoir sur la chaise. Ils sont nombreux, mais il n’y a qu’une chaise. Et il n’y aura qu’une personne pour l’occuper. L’idée à travers cette pièce est d'appeler les uns et les autres à l’entente pour le bien du pays.

11h 28 min. Le rapporteur général Limane Mahamat prend la parole. Il rappelle le processus qui a mené au DNIS tout en faisant un peu de l’histoire avec la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1993. Suivra la traduction en arabe.

11h 55 min. Au tour du rapporteur général adjoint d’intervenir. Il parle de la promulgation de la nouvelle charte, loi fondamentale du pays. Ensuite, les résolutions se succèdent les unes après les autres lue par des personnalités.

13h 00. La fatigue commence à gagner tout le monde lorsque le comédien Razalo fait irruption et donne une bouffée d’oxygène à l’assistance par son humour corrosif imitant à la perfection le président du présidium Gali dans ses œuvres « c’est non », « micro baladeur », « travée jaune », « les journalistes dehors », etc. La salle est morte de rire, Gali aussi, le PT également. L’ambiance s’est détendue…

13h 4 min. Gali est appelé à prononcer son discours. Il se lève, domine le pupitre, mais oublie son discours derrière lui avant de le reprendre et de revenir. Je le sentais heureux, il salue tout le monde, s’excuse de ne pas respecter les codes d’une cérémonie aussi exceptionnelle. Et dit, « je vais le faire dans mon style propre, non conforme, mais sortie profondément de mon cœur ». Il ironise un peu avec ses expressions «  rendez le micro », «  micro baladeur ». Il remercie tout le monde. On le sentait ému et sincère en lançant aux participants « je vous aime tous ». Il retient  4 points importants à son avis. Un, l’ accord de Doha. Deux, la gouvernance politique. Trois, le besoin de parler des Tchadiens, de parler librement. Il se tourne vers le président de transition et dit « quelle injustice! Il faut une correction totale ». Quatre, le peuple tchadien est un peuple arc en ciel. Les Tchadiens ne veulent plus de la violence politique, ils sont fatigués du statu quo. Le peuple tchadien attend la refondation. M. le président Justice et Liberté. Il lance, « l’électricité là, il faudra s’en occuper… », « ne dit-on pas que les actions concrètes parlent plus haut que les mots ». Il remercie les participants. Gali est un affectif, un sentimental, un attachant, un émotif. Les 45 jours l’ont attaché aux participants, il semble avoir de la misère à s’en détacher, mais quand c’est fini, c’est fini.

13h 25 min. La parole est au PT. Il commence, je m’attendais à une grosse annonce qui fera bouger la planète politique tchadienne. Rien de cela. Il s’est engagé à rendre exécutoires les résolutions et les recommandations. Il affirme donner sa parole de soldat. Il appelle les acteurs politiques qui ont refusé de participer au DNIS d’animer la vie politique. Et aux politico-militaires d’entendre raison, de se détourner de la conquête du pouvoir par les armes. Une aventure sans lendemain, dit-il.  Et annonce « je me tiens devant vous et devant Dieu de libérer les prisonniers de guerre », la salle applaudit.

Le discours est traduit en arabe. C’est lourd. C’est long. Certains participants tentent d’aller se soulager la vessie. Ils sont refoulés.

14h 00. La cérémonie prend fin. Les invités sont appelés dehors. Ils s’alignent pour avoir la chance de serrer la main du jeune prince. Le spectacle du « pousse-toi de là que je m’y mette » est renversant. Je vois mon voisin qui a réussi à se glisser au premier rang VIP. On en rit avec mon confrère. Le président sort, mais sa garde rapprochée l’empêche de saluer correctement les invités alignés comme des petits garçons qui attendent l’aumône. Et prendre une petite part de la baraka qui s’est abattue sur le jeune président pour les 24 prochains mois. Il s’engouffre dans sa V8 et reapparaître sur le toit agitant son bâton de commandement sous les « youyous » pour disparaître sur le chemin menant à son palais en compagnie de toute une armada signe que ce pays est encore loin d’une véritable paix. Et d’une vraie démocratie.

Bello Bakary Mana    

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