mercredi 7 décembre 2022

Reportage

Reportage (1150)

Chaque année, la rentrée administrative est fixée pour le 15 septembre au Tchad. Mais cette année, elle semble trainer les pas. La rédaction d’Ialtchad a parcouru quelques établissements publics pour constater. Reportage

Il est 10 heures, nous sommes au lycée de Gassi, dans le 7éme arrondissement de la ville de N’Djamena. L’on constate çà et là les herbes et eaux stagnantes dans la cour du lycée. Dans les salles de classes couvertes de poussière, on voit des tables bancs cassés, des persiennes endommagées et des tableaux méconnaissables. Aucun signe montre que la rentrée est prête, alors qu’il reste moins de 10 jours pour la rentrée scolaire.  

Neldé Mbaiwossem Patrice, Directeur du Collège d’Enseignement Général d’Atrone explique que la rentrée administrative permet de mettre à jour les emplois du temps, de préparer les salles de classes afin d’accueillir les élèves.  Il précise que le frais d’inscription des anciens élèves est fixé à 4000f et 5000f pour les nouveaux. Pour les nouveaux élèves le prix est fixé à 5000f plus 500f pour le logo de la tenue.

 Parlant de la gratuité de l’école, plusieurs parents se plaignent que celle-ci existe que sur les documents. Pour le directeur, l’État a pris la décision mais les responsables des écoles publiques n’ont rien reçu comme appuie concernant les matériels didactiques. « Nous achetons les craies, les tables bancs chaque année et nous réfectionnons à des millions de nos francs », explique-t-il. Selon lui, si seulement l’État prenait tout en charge, ils ne vont pas demander aux parents de payer les frais de scolarité.

 S’exprimant dans le même sens, Beakba Debgaroua, proviseur du lycée scientifique de Gassi ajoute que la rentrée administrative est effective dans son département.

Ousmane Mahamat Abakar, Directeur Administratif de CEG de Gassi souligne pour sa part que des enseignants passent chaque jour pour prendre les attestations et certificats effectifs afin de matérialiser la rentrée administrative. Il souligne qu’il y a aussi une équipe technique qui est chargée de revoir l’emploi du temps avant la rentrée pédagogique.  Concernant la gratuité de l’école, il soutient que l’État seul ne peut pas couvrir les besoins, donc il faut la contribution des parents d’élèves, des enseignants y compris l’État pour l’éducation des enfants. C’est les frais de scolarité qui permettent de préparer l’année scolaire. « L’État met des moyens à notre disposition mais ceci ne peut pas couvrir tous les besoins. Nous sommes en carences de beaucoup de choses, tel que le manque criard du personnel d’encadrement sur le terrain », dit-il.

Djénom Josiane

Le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République/ Renouveau (CCMSR-R) a fait face aux médias nationaux ce dimanche 18 septembre 2022 à l'hôtel Radisson Blu. Une conférence de presse au cours de laquelle, le Président de ce mouvement s'est expliqué sur son engagement dans la politique, son retour au pays dans le cadre du DNIS, les mobiles de sa scission avec sa base à Doha et l'avenir de son mouvement. Reportage.

Au cours d'une conférence de presse animée ce matin, l'un de plus jeunes leaders des mouvements armés rentrés au bercail à la suite de l'accord de Doha, Gassim Cherif, Président du CCMSR-R a tenu à clarifier que son engagement politique qui, selon lui, débute bien avant l'intégration de la rébellion. Il affirme qu'il a toujours dénoncé ce qui est injuste et cet engagement est né dans une association dénommée « Survie » en France, pour dénoncer l'ingérence de la France en Afrique.

Pour son engagement au sein du CCMSR, M. Gassim dit, « notre pays depuis des années traverse des crises successives, étant jeune, je pensais qu'il fallait intégrer le CCMSR pour pouvoir apporter ma contribution dans le changement de notre pays », dit-il. Au sujet de la scission du CCMSR à Doha, il clarifie que deux groupes sont nés, l'un veut quitter la table de négociations et « nous, nous pensons à l'époque qu'il fallait continuer dans le processus de Doha et les raisons évoquées par l'autre groupe n'étaient pas très claires ni évidentes moins encore sérieuses », a-t-il martelé. C'est cette raison qui les a poussés à continuer les pourparlers et en tant que chef de délégation, il a signé l'accord de paix. Il poursuit que cette discorde a occasionné la scission du mouvement en deux, l'un le CCMSR Renouveau qui a regagné le bercail et l'autre toujours actif sur le front, a-t-il confié. Pour le Président Gassim, le plus important c'est d'avoir accepté la main tendue du Président du conseil militaire de transition (PCMT) qui a l'idée d'organiser le dialogue à la suite du décès du Maréchal Idriss Deby Itno. Pour lui, les assises de N'Djamena est une chance pour tourner la page sombre de l'histoire du Tchad et d'en ouvrir une nouvelle.

A la question d'un journaliste  sur la transformation du CCMSR-R à un parti politique, M. Gassim affirme qu'à l'état actuel, ils sont pris par les échanges du DNIS qu'ils n'ont pas réfléchi à ce sujet, « c'est une question qui nous traverse l'esprit et on va jauger la situation, peser le pour et le contre et le moment venu on va voir s'il faut s'engager en politique ou rejoindre une mouvance qui est déjà dans le jeu politique, ce sont des questions qui vont être élucidées dans les semaines avenirs », dit-il.  Au sujet de l'éligibilité du PCMT, il affirme que cette question ne sera pas tranchée pas le CCMSR-R, mais plutôt au DNIS. « Il n'appartient pas au CCMSR-R de décider ou de répondre à cette question », a-t-il lâché.

Sur la présence ou l'ingérence de la France dans les affaires internes et son départ exigé par des milliers des Tchadiens, le Président Gassim relève qu'il est vrai que le pays de Gaulle s'immisce dans les affaires qui ne le concernent pas, mais demander son départ n'est pas commode. « Notre pays est géographiquement situé dans une zone bien sensible en termes de géopolitique, d'équilibre économique, social...on ne peut pas demander dans l'état actuel des choses à la France de quitter le Tchad », a-t-il lancé. Il poursuit, « c'est irresponsable, ça c'est quelque chose qui va être décidé, pas de manière passionnée. C'est quelque chose qu'il faut discuter. Il y a un certain point positif sur la présence de la France. En matière de coopération militaire, du développement à travers l'AFD...sa présence est d'une importance capitale » explique-t-il à un journaliste.

Abderamane Moussa Amadaye

Tom Erdimi a été accueilli en grande pompe ce vendredi, 16 septembre 2022 à l’aéroport International Hassan Djamous de N’Djamena, Tchad. Un retour suite à la grâce accordée par le président égyptien et la diplomatie du président tchadien de la transition, dit plusieurs sources. Tom Erdimi, le jumeau de Timane Erdimi a été incarcéré durant 3 ans en Égypte. Reportage.

Il était 11 heures passées lorsque l’avion transportant  Tom Erdimi s’est immobilisé à l’aéroport Hassan Djamous de N’Djamena, capitale tchadienne. Dès 9heures, plusieurs personnes se sont mobilisées pour accueillir l’un des chefs de l’Union des forces de la résistance (UFR). Les jeunes filles habillées en tenue traditionnelle, les femmes en voiles bleus et jaunes sur lesquels est floqué à l’image de Tom Erdimi. L’émotion était à son comble, certains avaient les larmes, d’autres sautaient de joie. C’est un père, un oncle, un frère, un collègue, un ami qui rentre au bercail. Désormais l’exil n’est qu’un souvenir lointain. 

Pour Oumar Mahamat Souara, petit frère de Tom, c’est un soulagement pour la famille un ouf de soulagement. « Écoutez bien, cela fait presque trois ans que mon grand frère a été incarcéré en Égypte. C’est pour nous une grande joie de le voir de retour parmi nous. Nous remercions le président tchadien de la transition et le Président égyptien qui nous a fait cette faveur », s’impressionne-t-il. Il signifie aussi que les Tchadiens doivent désormais fédérer leurs efforts pour le développement. À son avis, Tom est rentré pour construire ensemble un Tchad prospère. Pour son neveu Mahamat Saleh Moussa Ali, la grande famille est satisfaite. Il souhaite que les autres politico-militaires qui sont encore septiques de rentrer au pays. Un autre proche Tom Ali Tom c’est le baobab de la famille qui est rentré. Il plaide aussi à ce que les autres politico-militaires fassent de même, car nous avons beaucoup de choses à faire ensemble au pays. Aussi souhaite-t-il que le gouvernement et les Transformateurs trouvent un terrain d’entente. En politique on ne peut pas gagner à 100 %, exprime-t-il. Selon lui, les assises sont la seule voie pour les Tchadiens de faire sortir notre pays de tous ses maux.

Dr Tom Erdimi parle à la presse et dit : J’éprouve un grand sentiment pour les parents, collègues de longue date, les amis et les sympathisants qui se sont mobilisés pour m’accueillir. Il apprécie la dynamique de la paix enclenchée par le Tchad. D’après lui, sans la paix rien ne peut se faire. La paix est précieuse, il faut la consolider. Tom Erdimi remercie la relation diplomatique entre le Tchad et l’Égypte sans laquelle, il ne sera pas libre. Il remercie le président de l’Égypte qui l’a gracié, mais également la volonté manifeste du président de la transition Mahamat Idriss Deby. Tom Erdimi appelle à la réconciliation et demande aux Tchadiens de transcender les clivages pour un Tchad meilleur.

Moyalbaye Nadjasna

Emprisonné au Caire en Égypte presque deux ans, Dr Tom Erdimi est libéré mercredi dernier. L’ancien collaborateur et proche parent du défunt président Idriss Deby Itno est rentré ce vendredi au Pays après plusieurs années d’exil. Plusieurs membres de sa famille et les hautes autorités de la transition et ses amis sont sortis massivement pour l’accueillir à l’aéroport international Hassan Djamous de N’Djamena. Reportage.

Le retour au bercail de Tom Erdimi a ému plusieurs hautes autorités de la transition, ses amis et surtout ses proches parents. Arrêté il y’a presque deux ans en Égypte, l’ancien collaborateur et proche parent du défunt président Idriss Deby Itno, avant de s’opposer à son régime, a été libéré mercredi dernier et est rentré ce vendredi vers 11h45 min. Sa rentrée est un soulagement, mais aussi comme un signe de réconciliation qui pourrait permettre de tourner la page noire du pays.

Pour le ministre d’État, ministre chargé du dialogue social et de la réconciliation nationale Acheikh Ibni Oumar, ce n’est pas le ministre qui parle, mais son ami de jeunesse. Le ministre dit avoir éprouvé l’émotion que tous les amis et les parents éprouvent aussi. Le ministre pense que cette émotion était la hauteur du désespoir par lequel ils étaient dans la mesure où on ne savait pas s’il était en vie ou non. Il souligne qu’il a l’impression de voir un survivant.

Abondant dans le même sens, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mahamat Ahmat Alhabbo, Tom Erdimi est un ami, un frère qu’ils ont parcouru un long chemin ensemble depuis le lycée et ont obtenu le bac C en 1974 avant de s’envoler en Union soviétique où ils ont passé 10 ans ensemble. Selon lui, son arrestation l’a profondément marqué et aujourd’hui son retour au pays est un grand soulagement. Le ministre remercie toutes les personnes qui ont contribué à sa libération. Il ajoute que le président du Conseil militaire de la transition Mahamat Idriss Deby Itno a beaucoup œuvré pour sa libération.

L’opposant Yaya Dillo se réjouit que les parents rentrent un à un et c’est le comble de la joie du point de vue familial. Sur le plan politique, dit-il, il faut remercier le PCMT dans sa dynamique de ramener les uns les autres et espère que cela ne va s’arrêter uniquement au célèbre prisonnier Tom Erdimi, mais doit aller au-delà et vers les compatriotes qui n’ont pas signé l’accord de Doha et même les prisonniers de l’intérieur. Il souhaite que cette politique de la main tendue soit aussi vers tous les autres prisonniers d’opinion s’il en existe.

Pour Saleh Kebzabo, l’un des négociateurs des accords de Doha, c’est une grande émotion de revoir un ami. Selon lui, c’est plus de 10 ans qu’ils ne se sont pas vus avec Tom Erdimi. Il affirme que la plupart des gens ne pensaient pas revoir Tom Erdimi. A son avis, Tom Erdimi a disparu et dans ce régime, quand quelqu’un disparaît, ce n’est pas évident, mais grâce à Dieu, il est entre les siens. Il soutient aussi que son retour pendant la période de dialogue est un bon signe à la tolérance, à la clémence et à l’entente et surtout à l’unité nationale.

Jules Doukoundjé

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale tchadienne ont engendré beaucoup de victimes. Certains sinistrés ont trouvé refuge au lycée de Walia. Ils appellent les autorités à leur venir en l’aide. Reportage  

Le lycée de Walia ressemble à un camp de réfugiés. Plusieurs milliers de personnes se sont réfugiées depuis plus d’un mois. La majorité de ces sinistrées constituées des femmes, des enfants et des personnes âgées viennent des quartiers du 9ème arrondissement de la commune de N’Djamena. La cour du lycée ressemble à un véritable camp, avec ses brouhahas et les cris des enfants. A moins d’un mois de la rentrée scolaire, la présence de ces sinistrés inquiète les responsables de ce lycée public.

Pour le proviseur littéraire du lycée de Walia, Rouané Abel, c’est depuis plus de trois semaines qu’il gère ces sinistrés. Selon lui, habituellement il reçoit les sinistrés sous l’autorité de la mairie, mais, cette année, les réfugiés ont défoncé la porte de l’établissement pour s’installer d’eux-mêmes. Le proviseur souhaite que les chefs hiérarchiques trouvent une solution le plutôt que possible pour libérer le lycée vers le 15 septembre pour la rentrée administrative, faute de quoi il serait difficile d’organiser la rentrée scolaire.

Helimita Mahamat Abdelkader, victime des inondations, âgée de plus 70 ans qui s’exprime avec beaucoup d’émotion, soutient qu’elle est contrainte d’abandonner sa maison à Walia Ngonmba pour s’installer au lycée. Elle explique que si elle ne quittait pas sa maison, elle allait mourir, car sa maison s’est écroulée après qu’elle ait quitté. La vieille dame installée à l’air libre dans la cours du lycée ajoute que la situation est insupportable car il continue de pleuvoir et les victimes ne savent quoi faire.  Abondant dans le même sens, Souleymane Mahamat, lui aussi sinistré, a dû quitter sa maison avec ses 8 enfants et deux femmes pour se réfugier au lycée de Walia. Ce père de famille exhorte les autorités à leur venir en aide pour reconstruire leurs maisons après le retrait des eaux des pluies. Il souligne aussi que ce n’est pas par la gaité du cœur qu’il se réfugie au lycée avec sa famille. Selon lui, depuis l’arrivée des sinistrés il y’a un mois au lycée, les enfants, les femmes et les personnes âgées sont exposés à différentes maladies, surtout au paludisme à cause des moustiques.

Parmi les sinistrés installés au lycée, deux femmes ont accouché et ont besoin d’assistance.

Pour Dénédouba Adeline, c’est depuis des années qu’elle vit avec ses 5 enfants dans l’eau. Cette veuve explique que cette année, la situation s’est aggravée car les deux chambres qu’elle partage avec ses 5 enfants sont écroulées sous l’effet de la pluie. Elle confie qu’elle est obligée d’abandonner ses enfants dans la cour du lycée pour aller se débrouiller au marché pour leur trouver de quoi à manger. Elle interpelle les autorités de la transition à se pencher sur leur sort.

La plupart des sinistrés du lycée de Walia disent avoir occupé les salles de classes malgré eux et souhaitent que les autorités agissent promptement en leur faveur à fin qu’ils libèrent le lycée. Ce souhait est aussi partagé par le proviseur qui affirme que la rentrée est proche et il faudrait que les sinistrés libèrent les salles de classes.

Jules Doukoundjé

Convoqué par le procureur général auprès du tribunal des grandes instances de N'Djamena, le Président du parti Les Transformateurs a été accompagné par une foule innombrable ce matin 9 septembre 2022. Le bouclier humain formé par ses partisans a été aussitôt dispersé par le gaz lacrymogène jusqu'au siège du parti. Reportage.

Sommé à se présenter ce matin 9 septembre par le procureur, le Président du parti Les Transformateurs a répondu favorablement à la convocation. Des partisans ont escorté pour l'accompagnement de leur leader à la justice. Un monde incalculable dans le cortège. Dès 7h, la voiture transportant Marsa a quitté le QG afin de rejoindre le tribunal. Un bouclier humain a été fait pour l’escorte. Arrivé devant le commissariat de police du 7e arrondissement, des policiers ont dispersé la foule à coup de matraque et de gaz lacrymogène.

Plus tard, retranchés au siège et éparpillés, la police anti-émeute et la gendarmerie foncent sur eux dans le quartier et lance de gaz lacrymogène sur les militants. Le siège des Transformateurs comme les maisons dans les environs n’ont pas été épargnés. Ceux qui étaient sur place couraient dans tous les sens. L'on note plusieurs personnes blessées, asphyxiées etc. Les vitres du balcon de l’espoir ont été saccagées par les douilles de lacrymogènes. Des jeunes se réclamant transformateurs se sont organisés avec des caillasses pour s'opposer à la police mais sans succès.

Aux alentours de 12h, les nerfs se sont calmés entre les deux camps. Une équipe d'avocats a fait son entrée au siège du parti avant de ressortir et d'échanger avec quelques responsables de la police stationnés. Allaramadji Dordé Timone, militant du parti Les Transformateurs a donné quelques chiffres par rapport aux engins à deux roues saisies par les forces de l’ordre. Il affirme, « provisoirement, nous avons enregistré 23 motos qui ont été raflées » dit-il. Pour Dr Kranzou Saleh qui administre aux blessés les premiers soins, il déclare que 2 femmes enceintes essoufflées par le gaz lacrymogène, plus de 150 personnes ont été touchées et 2 personnes fracturés et évacuées dans une clinique de la place.

Abderamane Moussa Amadaye

Les instituteurs bacheliers contractuels ont organisé ce jeudi tôt dans la matinée une marche devant le ministère des Finances et du budget pour réclamer 11 mois d’arriérés de salaire. Ils exigent aussi leur intégration à la fonction publique. Reportage.

Les maitres communautaires ne supportent plus qu’on les trainent dans la boue. Ils ont manifesté ce matin devant le ministère des Finances et du budget pour réclamer 11 mois de salaires impayés. Après la manifestation, ils se sont rendus à la bourse du travail pour évaluer et peaufiner d’autres plans de luttes. Les instituteurs bacheliers appelés communément maitres communautaires exigent aussi leur reversement à la fonction publique. Ils estiment qu’ils sont abandonnés par les autorités de la transition.

Balangnagué Jonathan secrétaire général du syndicat dit « nous n'acceptons pas d’être manipulés à chaque fois, nous réclamons nos 11 mois d’arriérés sans condition, nous sommes fatigués de leurs promesses mensongères qui n'aboutissent à rien. S’il faut se sacrifier nous le ferons ». Pour ces éducateurs, travailler pendant 11 mois sans salaire n'est pas chose aisée, car un sac vide ne peut pas se tenir debout. « Nos enfants meurent de faim, les camarades tombent, pendant cette période où le paludisme fait rage nous manquons de moyens pour nous faire soigner et le gouvernement nous met en frigo. Alors nous sommes fatigués d’attendre. Nous allons manifester tous les jeudis jusqu’à satisfaction totale », fustige- t-il. Le porte-parole des instituteurs bacheliers ajoute qu’il y a de l'argent pour régler leurs arriérés mais ils les font souffrir. Pour avoir leurs salaire, l’Etat exige que ces derniers fassent le recensement biométrique qui permettrait de connaitre leur nombre exact avant de déclencher la paie.

Sangnoudji Francine
Haoua Adoum Ibeth

La grève sèche déclenchée par l’Union des Syndicats du Tchad (UST) est suivie par les syndicats affiliés à cette grande centrale syndicale. La rédaction ialtchad Presse a fait un tour dans les hôpitaux de la capitale pour constater si elle est respectée ? C’est le cas. Reportage.

L’UST a plusieurs fois entamé les grèves d’avertissement de 3 jours, selon la loi prévue par le droit de travail. Excédée, la centrale syndicale a opté pour une grève sèche et illimitée sans un service minimum dans tout le pays.

A l’hôpital Sultan Kasser, tristesse et désolation se lisent sur les visages des patients et gardes malades. Les corps soignants observent la grève sèche. Les malades se retrouvent dans un état déplorable. Le service administratif est hermétiquement fermé. Et les malades hospitalisés sont abandonnés dans leurs lits d’hospitalisation.

Abdoulaye Ahmat patient affirme, « depuis le matin, les malades attendent impatiemment un médecin pour la consultation, mais rien même les infirmiers ont déserté l’hôpital ».

Un autre patient, John Wadane lui aussi hospitalisé depuis 10 jours souffre de l’érysipèle se plaint. « À part le premier soin, je n’ai pas reçu d’autres soins, pourtant je devrais suivre le reste de mes traitements avec le médecin, mais ils sont en grève », nous explique ce patient désemparé. Selon lui, il faut que les autorités de la transition aient pitié de leur population et règlent le problème avec l’UST pour mettre fin à cette grève sèche qui traumatise les malades et leurs familles. Au centre hospitalier universitaire de référence nationale et l’hôpital de la Mère et de l’Enfant, la grève sèche n’a pas été trop suivie.

Sangnoudji Francine
Anass Abdoulaye Adam

Les femmes vendeuses de poisson au marché de poissons de chagoua dans le 7ème arrondissement de la ville de N’Djamena boudent ce marché. Elles préfèrent vendre leurs poissons aux abords de l’avenue jacques Nadjingar que de s’installer dans les étals du marché. Entrevue avec la présidente de l’union des organisations des vendeuses de poissons du Tchad.

Le marché de poissons de Chagoua a été construite il y a environ 5 ans. Mais, chose curieuse, ce marché se vide au fur et à mesure par les femmes vendeuses de poissons. La raison de la déserte du joyau reste encore inconnue. Elles préfèrent proposer leurs poissons à la sauvette en hélant les clients qui passent sur l’avenue Jacques Nadjingar. Cette vente à la sauvette est parfois source d’accident parce qu’elles ne respectent pas le code de la route. Ces vendeuses de poissons, occupent les trottoirs et parfois envahissent l’avenue pour proposer leurs produits aux passants, parfois à pied, en moto et en voiture, abandonnant les étals construits pour les installer.

Pour la présidente de l’union des organisations des vendeuses des poissons du Tchad,  Fihil Agoi,  « lorsqu’on veut construire un marché de ce genre, il faut que les vendeuses soient concertées ». Selon elle, ce marché est construit sans l’orientation des vendeuses. La présidente des femmes vendeuses de poissons estiment que les autorités ont construit le marché sans consulter les concernées. A son avis,  la construction de ce marché ne répond pas aux normes voulues par ces braves dames. Mme Fihil Agoi estime qu’il y’ a des vendeuses grossistes qui vendent plus de dix sacs de poissons par jours.

Elle souligne que celles qui vendent aux détails sont nombreuses alors que étals construits ne sont pas suffisants.  

Au sujet des « vendeuses ambulantes » de poissons sur la voie bitumée, la présidente dit qu’elles ne sont pas membres de l’association. Mais selon la présidente, les membres de l’association se réuniront bientôt pour se pencher sur ce cas.

Au sujet de la chambre froide construite pour la conservation des poissons, la présidente relate que depuis le lancement et l’ouverture du marché, la chambre froide n’a jamais fonctionné.  « Normalement c’est un générateur de 250 kw qui va l’alimenter. Mais c’est un générateur d’une capacité de 110 Kw qui est installé. La chambre froide ne peut pas fonctionner. Une correspondance a été envoyée au Conseil Nationale de Concertation du Monde Rurale (CNCMR) pour un financement afin de nous aider pour installer un autre générateur qui alimentera la chambre froide. Mais jusqu’à là, nous n’avons pas eu des financements ».

 Djénom Josiane

Les ex-travailleurs de TCC ont tenu une Assemblée générale ce 6 septembre 2022 à la bourse du travail. Plusieurs points sont inscrits à l’ordre du jour dont la mise sur pied d’un comité de crise, la collecte de l’argent pour faire le suivi des dossiers pendants à la justice et la nécessité de créer une coordination nationale des démobilisés. Ils annoncé la nouvelle par rapport à la grosse aux ex-travailleurs. Reportage.

L’Assemblée a commencé par la bonne nouvelle, celle que les ex-travailleurs attendaient depuis presque deux décennies. Une grosse somme de 10.995.000.000 de FCFA relatif aux droits sociaux des ex-travailleurs de TCC est virée par Esso au compte de Me Hisseine Ngaro, leur huissier en chef. Il reste cependant une somme de 850.000.000 que Esso doit virer en ajout pour permettre à l’huissier d’entamer la paye des ex-travailleurs. Cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup de sourire et des émotions. Des éclaircissements sur les modalités pratiques de la paye ont été donnés. Pour Signabé Jérémie représentant des ex-travailleurs, les 4013 personnes bénéficiaires qui sont composées des ex-travailleurs, veuves et orphelins, percevront chacun un chèque de 3.000.000.

Cependant, une somme de 300.000 sera déduite sur le chèque de chacun d’eux pour permettre de payer les honoraires de l’avocat et la Taxe de Valeur ajoutée TVA à l’État. Mais ils ont refusé la dernière proposition. Pour les ex-travailleurs, les honoraires de l’avocat et la TVA sont à la charge de Esso. En attendant que Esso vire les 850.000.000 qui restent, Me Hissein Ngaro a saisi l’immeuble de Esso en guise de garantie. Signabé précise que la saisie sera levée le jour ou l’argent sera viré. Il ajoute également que le procureur général a rassuré les représentants des ex-travailleurs de son soutien et demande à Esso de verser le reste de l’argent en urgence afin d’éviter toute manifestation des ex-travailleurs. Ils aussi mis sur pied un nouveau comité de crise devant gérer les affaires courantes en attendant la mise en place d’une coordination nationale avec des textes pour mettre fin aux multiples petits bureaux. « Ce comité va gérer les affaires des ex-travailleurs sur le plan national. Tous les dossiers, les démarches au niveau de la justice, avec les avocats et autres seront désormais confiés à ce comité. Ceci nous permettra d’avoir les mêmes informations à tous les niveaux. Le comité de crise sera dissous quand la coordination nationale sera mise en place », explique-t-il.

Concernant la collecte de fonds pour la gestion des dossiers des ex-travailleurs, l’Assemblée est d’accord pour que le fonds soit déposé au compte de leur conseiller juridique Me Alain Kagonbé. Ce dernier sera assisté du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Mahamat Nour Ahmat Ibedou.

Kouladoum Mireille Modestine

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