samedi 24 septembre 2022

Reportage

Reportage (1066)

Les étudiants de l’université de N’Djamena continuent toujours à contester le logiciel utilisé pour relever des notes. Ils estiment que ce logiciel omet souvent les notes. Ils demandent au service de la scolarité de revoir ce système. Reportage.

Pour permettre traiter les notes des étudiants de l’université de N’Djamena, les autorités universitaires ont décidé de mettre en place un nouveau système avec un logiciel qui minimise les erreurs. Mais ce nouveau logiciel semble contenir beaucoup de lacunes et les étudiants boudent. Ils demandent au service de la scolarité de changer la méthode.

Pour Dr Guirayo Jérémie, président du syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS), ce qui pose le problème, c’est un nouveau logiciel qu’on est en train d’expérimenter à l’université de N’Djamena. Ce logiciel permet de traiter les notes de contrôles continus et de sessions tout en validant les acquis des étudiants. Selon lui, la latitude a été laissée aux enseignants selon leurs unités d’enseignement de saisir les notes du contrôle continu.

Concernant les notes des sessions, le responsable du SYNECS souligne que c’est le jury qui traite ces notes. Il ajoute qu’en fonction de la note de la session et des notes du contrôle continu, le logiciel valide. « Il semblerait qu’il y’a des étudiants qui ont des acquis qu’il faut prendre en compte pour que l’étudiant puisse avoir une moyenne exacte dans un module pour qu’il valide ce module », explique l’enseignant chercheur. Dr Guirayo Jérémie affirme que certains étudiants ont constaté que leurs acquis n’ont pas été pris en compte, il faudrait essayer de rouvrir le système pour permettre au jury de revoir le problème des acquis des étudiants et traiter le problème. Le chercheur croit savoir que dès que le logiciel est fermé, c’est fini et on ne peut plus rouvrir en compte les acquis de ces étudiants et c’est ce qui pose problème pour le moment avec les perturbations des cours dans les amphithéâtres. Selon lui, les perturbations ont commencé depuis longtemps. Le syndicaliste soutient qu’il serait important que les responsables de la scolarité résolvent ce problème pour éviter les perturbations de cours. Il estime qu’il est urgent de résoudre ce problème pour que les choses entrent dans l’ordre. Il suggère que les doyens et les chefs des départements mais aussi les membres de jury se réunissent pour ouvrir le logiciel pour une semaine pour traiter les acquis.

Les étudiants rencontrés à l’université d’ardepdjoumbal préfèrent s’exprimer sous couvert d’anonymat, ce n’est pas sérieux de parler du logiciel qui ne prend en compte les notes, disent-ils. Selon eux, si c’est une question de logiciel, il y a des informaticiens pour s’en occuper. Ils estiment que c’est juste un manque de volonté des autorités universitaires, c’est un désordre organisé au sein de l’administration.  Les étudiants qui se sont abstenus de présenter chargent l’administration, affirmant que les responsables du service de la scolarité sont incompétents et devraient être remplacés par une autre équipe compétente qui pourrait mettre fin à ce désordre. Ils souhaitent aussi une réforme universitaire qui puisse permettre à l’université de N’Djamena de bien fonctionner.

Jules Doukoundjé
Francine Sangnoudji

Cela fait presque 3 mois déjà que les vendeurs et vendeuses, de l’espace encerclé du marché de Dembé appelé communément (côté antenne), sont déguerpis du marché. L’opération vise à démanteler un nid des brigands. Mais à l’heure où nous publions cet article, rien ne s’améliore, les choses semblent s’empirer.

Joint au téléphone le Maire de la commune du 7e arrondissement Abbas Mahamat Ateib laisse affirme que « c’est la mairie centrale qui s’occupe du marché. Mais concernant l’espace déguerpi, le propriétaire du terrain aurait engagé les poursuites judiciaires et aurait gagné le procès ». C’est ainsi que, selon M. Abbas, les autorités ont renvoyé ces vendeuses, vendeurs de cet endroit. Aujourd’hui ces commerçants n’ont pas d’endroit. Ils occupent la voie bitumée et vendent leurs articles. Ce qui n’est pas du tout normal. Pour lui, il faut arranger un peu la situation du marché. « Nous avons adressé une correspondance à la Mairie centrale afin de trouver une solution pour ces vendeuses. C’est-à-dire leurs trouvés une autre espace pour leurs activités lucratives et libérées la voie bitumée qu’elles occupent. Mais à l’heure où je vous parle la Mairie n’a pas encore donné gain de cause ». Toujours selon M. Abbass, si la mairie centrale ne trouve pas de solution dans les jours à venir. Et comme le marché est dans leur espace, ils vont, dit-il, trouver une solution. Une fois terminé, les travaux de nivelage des rues et trouver une espace pour ces vendeurs et vendeuses, explique-t-il.

Rencontré aussi à ce sujet le 2e maire adjoint de la commune de 7e arrondissement Mengar Mbaiodel Gédéon « effectivement, j’ai appris la nouvelle par le billais des autres. Mais je ne suis au courant de rien concernant cet espace de Dembé déguerpi. Je ne suis pas impliqué et ne sais rien à ce sujet. Franchement, allez-y vers le maire titulaire, j’espère qu’il vous donnera des explications ».

De passage sur cet axe les bruits de moteurs d’engins, celle des micros, des personnes retentissent de partout. Un vrai casse-tête chinois pour traverser ce tronçon que ça soit à pied, ou bien en engin. La voie bitumée est complètement prise d’assaut par les vendeurs et vendeuses qui par terre, en plein milieu du goudron, plateau sur la tête, présente leurs articles aux passants où parfois tentent de convaincre les clients à se procurer leurs articles. Malgré les klaxons des taxis, motocyclistes certains d’entre eux continuent à vendre leurs articles comme si de rien n’était. Les ménages qui viennent se procurer les marchandises se disputent le passage avec ces commerçants qui à la moindre erreur finissent en bagarre avec les clients. Chaussures, poissons, des sacs d’arachides, des sacs de poids de terre, les marmites, les bassines, les oignons, ails dans des brouettes, les produits cosmétiques, des savons brefs tas d’autres marchandises sont étalées partout.

Dans un passé récent le marché était bien ordonné les vendeuses de poissons fumés sur une même ligne, les vendeuses de poisson frais eux aussi sur un même alignement, les boutiquiers quant à eux disposent quelque articles devant l’entrée de leurs boutiques. Mêmes choses du côté des vendeuses de légumes. Mais depuis que vendeurs et vendeuses sont renvoyés du marché, ils se sont rués sur la voie bitumée, occupent les espaces libres devant les boutiques. Interrogé certains d’entre eux, soutiennent que c’est avec la vente de leurs articles qu’elles parviennent à joindre les deux bouts. Mais sans les avertir, elles ont été renvoyées comme des malpropres. Alors, disent-elles, elles payent les taxes tous les jours et par mois aux agents municipaux, « nous n’avons pas d’autre solution que d’occuper les espaces n’importe où pour vendre nos produits ».

Djénom Josiane

Chaque année en saison de pluie, les centres des santés, les districts sanitaires et les grands hôpitaux enregistrent des cas de pathologie (maladie) liée au changement de saison. La rédaction de Ialtchad Presse s’est rendue dans quelques structures sanitaires s’entretenir avec les soignants. Reportage.

Il est 10h, nous sillonnons quelques hôpitaux et centres de santés de N’Djamena pour s’entretenir avec les médecins sur les cas de maladie saisonnière. Interrogé sur ce sujet certains corps soignants refuse de répondre. Au district sanitaire Sultan Khachalla Kasser dans le 3e arrondissement de la capitale, le Médecin Chef nous a mis en contact avec un médecin généraliste qui devrait répondre à nos questionnaires. Mais ce dernier a sèchement répondu qu’il ne nous répondra pas. 

Dr Housoubé Patalet médecin généraliste au Centre Hospitalière Universitaire de la mère et de l’Enfant (CHU-ME Ndjamena) au service de néonatalogie interrogé sur la question explique que les virus de l’hiver sont chaque année à l’origine d’épidémies de grippe, de gastro-entérite et de bronchiolite qui touche les enfants de 2 ans.  D’après lui ce virus est très fréquent et très contagieux. Les bronchioles s’attaquent plus aux petits enfants qu’aux adultes. Il poursuit que les nourrissons attrapent facilement ce virus et le gonflement de ses bronchioles empêche l’air de passer.

Pour lui durant les mois de l’hivernage les maladies saisonnières refont surface. Pour lui les grippe, gastro-entérite et bronchiolite affectent des millions de personnes chaque année et impactent fortement les structures de soins au cours de l’hiver. Pour Dr Housoubé Patalet l’un des enjeux pour la santé publique du Tchad est de réduire le risque contamination. Il poursuit plus loin que les virus respiratoires sont des rhumes, des rhinopharyngites.

Pour Dr Housoubé Patalé les transmissions se font le plus par les gouttelettes chargées du virus émis lors de toux, des éternuements (qui restent en suspension dans l’air) ou par les postillons et la salive de personnes infectées par un virus respiratoire.  Il poursuit plus loin que le contact direct des mains d’une personne infectée à une autre personne est très contagieux. Chacune de ces infections à ses propres symptômes. « La grippe apparaît brutalement sous forme d’une forte fièvre, des courbatures, des maux de tête, de la fatigue intense, d’un malaise général et des symptômes respiratoires (toux sèche, nez qui coule) », dit-il.

Toujours selon lui, la maladie dure environ une semaine parfois plus et une toux sèche peut persister durant 2 semaines. Il fait comprendre que le la grippe est malheureusement souvent considérée comme une maladie peu dangereuse quand elle touche des jeunes patients. Mais peut être grave, voire mortelle, chez des personnes âgées, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes souffrant de l’obésité ou encore chez les nourrissons. Dans ce cas des complications comme des infections pulmonaires graves (pneumonie virale ou bactérienne), aggravation d’une maladie chronique existante (diabète, broncho-pneumopathie chronique obstructive, insuffisance cardiaque, maladie rénale chronique, mucoviscidose, etc.) apparaît. Il soutient que la maladie gastro-entérite est une inflammation de tube digestif, le plus souvent due à des virus appelés « rotavirus » et « norovirus ». Elle entraîne des nausées, un vomissement, des crampes abdominales, des diarrhées importantes (selles molle ou liquide qui se fait trois fois par jour ou plus), de la déshydratation, de la fièvre, une grande fatigue et de maux de tête. Pour lui, ces virus sont très contagieux et atteignent les enfants de moins de 5 ans. Les nourrissons aussi sont très sensibles à la gastro-entérite.

Les préventions

Pour éviter de contracter ces maladies en saison de pluie il est recommandé de porter les masques jetables en présence des personnes qui ont des maladies chroniques. Se laver les mains au savon pendant les 30 secondes, après avoir rendu visite à un malade, avant de préparer le repas ou de manger, après s’être mouché, toussé ou éternué. L’usage des solutions hydroalcooliques est efficace pour éliminer les microbes.

Il a aussi évoqué que les maladies comme le paludisme qui d’après ses explications est aussi une maladie saisonnière, parasitaire humaine et potentiellement mortelle causée par des parasites que transmettent les piqûres de moustiques du genre anophèle femelle infectées. Il s’agit d’une maladie évitable et dont on peut guérir. Afin d’éviter le paludisme la lutte anti vectorielle et la chimiothérapie préventive (chimio prévention) sont nécessaire.

La lutte anti vectorielle est une composante essentielle des stratégies visant à combattre et éliminer le paludisme, car elle s’avère extrêmement efficace pour prévenir l’infection et réduire la transmission. Les deux interventions principales sont l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation domiciliaire à effet rémanent.

La chimio prévention est l’utilisation de médicaments ou d’associations médicamenteuses visant à prévenir l’infection palustre et ses conséquences. Elle comprend la chimio prophylaxie, le traitement préventif intermittent du nourrisson et de la femme enceinte, la chimio prévention saisonnière et l’administration massive de médicaments.

Pour Docteur Housoubé Patalé c’est des stratégies sûres et économiques qui visent à compléter les activités de lutte antipaludique en cours, y compris les mesures de lutte anti vectorielle, le diagnostic rapide des cas suspects et le traitement des cas confirmés au moyen d’antipaludiques.  

Djénom Josiane

Le Plastique fait partie du quotidien des Tchadiens. Sa composition et sa production de masse sont de plus en plus néfastes pour l’environnement. Dans la ville de N’Djamena, de nombreux déchets plastiques jonchent les dépôts d’ordures, les rigoles, les rues, mais aussi dans les cours d’eaux. Cette accumulation de déchets plastiques a des conséquences sur l’environnement. Reportage.

Sachets et bouteilles plastiques prennent en otage le lit de nombreux cours d’eau et même les lieux publics tels que les marchés et les rues. Ces rebuts finissent par les étouffer en créant des inondations. Situation qui est remarquable dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, elle est une illustration parfaite des conséquences des déchets plastiques déversés dans la nature. Le Tchad produit des milliers de déchets plastiques par an, les rigoles, rues et marchés sont obstrués par les bouteilles et sachets qui provoquent des inondations au moment des fortes pluies. Ils proviennent des magasins de commerce où ils servent à emballer toute sorte de biens y compris les aliments.

Bien que toxiques, les matières plastiques s’imposent davantage dans les marchés. Les citoyens se souviennent de l’arrêté municipal portant interdiction des emballages plastiques, mais quelques années plus tard les plastiques courent toujours les rues. Madame Zenaba Ngagoubou, résidente autour du marché d’Abena, exprime son mécontentement à l’endroit de la police municipale. Pour elle, la mairie est la cause principale de ce désagrément, car c’est elle qui permet à ces personnes de venir jeter les poubelles dans les rues et de surcroît devant la devanture des habitants de ce quartier. « Ce n’est pas du tout bien que ces déchets plastiques soient déposés devant nos portes. C’est la mairie qui les ordonne de venir les déposer dans cet endroit alors qu’il y a une caisse à poubelles juste à côté. La mairie devrait leur interdire en disant que cela est néfaste pour la santé de ceux qui habitent tout autour, mais hélas ».

La preuve scientifique ne fait plus de doute que c’est la prolifération de ces produits dans l’environnement qui est à l’origine de la pollution qui aujourd’hui, menace les terres tchadiennes. Les cours d’eaux et rigoles sont les plus sensibles à la pollution plastique. Lorsque le plastique se décompose, il est encore plus difficile de le retirer de ces cours d’eau. En bouchant les égouts et en fournissant des airs de reproduction, les déchets plastiques peuvent augmenter la transmission des maladies à contagion vectorielle comme le paludisme. « Pendant cette période de pluie, c’est vraiment une catastrophe avec ces déchets qui sont versés devant chez nous. Quand il pleut, ma cour est remplie de plastiques sales, j’ai des enfants qui sont exposés aux maladies telles que le paludisme. Pour le cas des moustiques, n’en parlons même pas », s’inquiète Madame Allaramadji Solange.

M. Maskidabaye, couturier qui a son atelier non loin, renchérit que ce n’est pas du tout facile de travailler dans cet endroit. Pour lui, il faudrait que les responsables prennent une décision et que la population elle-même prenne conscience « Je travaille ici jusqu’à la nuit et c’est difficile de travailler avec les moustiques. Pour dire vrai, c’est horrible. Il faut que l’État pense vraiment à ce problème, qu’il prenne de mesures nécessaires », dit-il. 

Nadège Hountinto

Dans le cadre de la deuxième journée du championnat national qui se déroule depuis le week-end dernier dans la capitale tchadienne, Foullah Édifice a affronté Boule d'Or de Pala ce 8 juillet au stade de Diguel. Les deux équipes se sont départagées sur un score de 2 buts à 0 en faveur de Foullah. Reportage.

C'est dans un stade avec peu rempli, les gradins pratiquement vide que le coup d'envoi a été donné au stade de Diguel, cet après-midi. A l'entame du match, les 11 joueurs de Foullah ont bien gardé leur philosophie de jeu : le pressing, exploiter le terrain avec des passes longues surtout avec les deux couloirs. Foullah Édifice a dominé la première partie sur presque tous les plans du match. À la 14mn,  Mahamat Abakar a ouvert le score au compte de son équipe,  Foullah. Faible dans la lecture de jeu, Boule d'Or n'a créé que deux occasions durant la première période de ce match.  Foullah quant à lui a menacé plusieurs fois son adverse, mais le portier de Boule d'or a tenu bon jusqu'au coup de sifflet de l'arbitre pour la mi-temps. De retour de la pause, le rythme de Foullah Édifice est resté inchangé. Boule d'or a été mis en danger. Le gardien de Pala a repoussé plus de 2 tirs.

A la 60 mn, l'entraîneur de Foullah fait entrer le chouchou des supports, Toto et l'attaquant Kerim. 5mn plus tard, Toto fait une passe à Kerim qui met la balle au fond du filet. A 10 min de la fin du match, une grosse pluie s'est abattue sur le stade poussant le peu de public à vider les gradins et les staffs techniques et quelques agents de la sûreté à se cacher sous les tribunes.

M. Tawa supporteur de Boul d'Or qui a suivi le match du début à la fin, tout mouillé et frustré, se confie « même si nous n'avons pas gagné le match, notre qualification au championnat national est une fierté ». Il ajoute, « le chemin pour une qualification pour la finale est déjà sombre et quasi impossible, mais nous avons des joueurs capables de représenter Pala à la sélection nationale », dit-il. Jonathan Dircap, gardien de but de Boule d'Or affirme que son équipe n'a pas été au rendez-vous aujourd'hui, « nous n'avons pas fait ce qu'il fallait faire, l'équipe adverse était supérieure », lance-t-il. Toutefois, le gardien de Boule d'Or dit être confiant pour le reste du championnat.

Pour AbdelAziz Issa alias Romario, latéral de Foullah Édifice, « nous sommes content de cette victoire, mais pas du score. On aurait dû gagner avec plus de but mais dommage », a-t-il déclaré. Il se dit toutefois confiant pour le reste de match et leur qualification à la finale, « le prochain match contre As Santé d'Abéché sera décisif et nous comptons bien l'emporter et prendre la tête de notre poule et viser la finale », conclut-il.

Il faut le rappeler, la victoire de Foullah Édifice cet après-midi a permis à l’équipe d'empocher trois points supplémentaires et de se rapprocher du leader, As Santé d'Abéché avec quelques détails. Le chemin est encore long pour ses deux rivaux jusqu'à là imbattables et incontestables.

Abderamane Moussa Amadaye

Pour immortaliser certaines personnalités qui ont marqué la vie tchadienne, les autorités municipales ont baptisé quelques rues de la capitale en leurs noms, le 7 juillet dernier. C'était dans le cadre du projet « N'Djamena, ville de la paix ». Il s'agit de Lol Mahamat Choua, Général Mamari Djimet Ngakinar, Général Massoud Dressa, Mme Bintou Malloum, Général Routouang Yoma Golom, et le Sultan Chérif Kachallah Kasser. Ialtchad est allé plus loin sur le sujet, vendredi, 8 juillet avec l'enseignant-chercheur Sali Bakary, docteur en Histoire. Reportage.

Dr Sali Bakary, Enseignant-chercheur, docteur en Histoire, rappelle que le baptême des rues n'est pas un phénomène récent. Cela remonte à l'époque coloniale quand les forces coloniales étaient arrivées ici au Tchad, explique-t-il. Il précise que pour certains soldats français tombés sur le sol tchadien, des rues et villes ont été baptisées en leurs noms. Fort-Lamy, Fort Archambault par exemple, sont des anciennes appellations de N'Djamena et Sarh dit-il. Il renseigne que les Commandants, Lamy et Chambault étaient à la tête des forces françaises en conquête au Tchad.

Seulement, l'enseignant-chercheur indique qu'ici au Tchad, on n'a pas une très bonne politique dans ce sens. Normalement poursuit-il, le baptême des rues doit prendre en compte les personnes de différentes sensibilités sinon l'élite tchadienne dans sa globalité. Il s'agit selon lui, des chercheurs, des producteurs d'idées, des cadres civiles ou militaires. « Malheureusement, on fait seulement la part belle aux militaires comme ils sont toujours devant la scène politique, ils dictent ainsi les choses », affirme l'historien. Heureusement constate Dr Sali Bakary, on trouve les noms de Lol Mahamat Choua, le Sultan Chérif Kachallah Kasser, Bintou Malloum et autres civiles. Sinon il fait constater qu'il suffit de circuler dans la ville de N'Djamena pour se rendre compte que les rues ne portent que les noms des militaires.

M. Bakari affirme qu'on n'a un problème de mémoire avec notre histoire. À son avis, il faut se poser une question honnête : pourquoi il n'y a pas une rue ou un monument portant le nom de Rabah ? Et pourtant justifie-t-il, c'est un grand résistant aux conquérants français. « Il n'y a rien sur lui mais beaucoup sur ceux qui l'ont tué. Il faut que les tchadiens se réapproprient leur histoire et se réconcilie avec leur mémoire », Dr Sali Bakary. Les critères sont simples d'après lui, il faut des gens qui ont marqué l'histoire du pays et non ceux qui n’ont rien fait pour la population. Il ne s'agit pas de ceux qui ont contribué seulement à la consolidation de leurs ethnies, clans ou communautés au détriment du peuple tchadien. Le baptême ne doit concerner que des gens qui ont réellement édifié le pays, souligne le chercheur. Au Tchad, le peuple est pris en otage par l'armée, dit l'historien. « Lorsqu'on connait plusieurs années de guerres, l'État devrait être reconstruit. La guerre n'a pas seulement une fonction destructive. Une guerre placée sous le sceau de l'Etat doit construire. Bien dommages, nos guerres sont ethniques et claniques donc elles détruisent l'État et construisent les communautés et les familles", déplore Dr Bakary. Le chercheur insiste en disant que les baptêmes des rues doivent imposer des valeurs au travers lesquelles, les gens se reconnaissent en induisant leur histoire.

Pour la journée d'hier, ce sont les personnalités suivantes qui ont étét immortalisées. Il s'agit de, Lol Mahamat Choua (rue 3.632 au quartier Klémat, 2ème arrondissement), Général Mamari Djimet Ngakinar (voie de Contournement Farcha, 1er arrondissement), Général Massoud Dressa ( rues 1.516, 1.716, Farcha 1er arrondissement), Mme Bintou Malloum (rue 2.136, Ambassatna 3ème arrondissement), Général Routouang Yoma Golom ( rue Corniche, Sabangali 3ème arrondissement), et le Sultan Chérif Kachallah Kasser ( rue Corniche 3ème arrondissement). C'était en prélude au Dialogue National Inclusif que ces avenues ont été baptisées selon les autorités communale et gouvernorale.

Au total, 34 personnalités qui ont marqué positivement l'histoire de notre pays qui vont être immortalisées, dit le maire de N'Djamena Ali Haroun. Tout s'était déroulé en présence du Délégué Général du Gouvernement auprès de la Commune de N'Djamena, Général Brahim Seid Mahamat ainsi que des maires des Communes d'Arrondissement.

Moyalbaye Nadjasna

Pour le compte de la deuxième journée du championnat national qui se déroule à N'Djamena, la populaire équipe de la capitale Renaissance FC a été battue par As Santé d'Abéché ce matin 8 juillet au stade de Paris-Congo. Reportage.

L'une des meilleures équipes du championnat national a été pour la deuxième fois désagréablement surprise. Après sa défaite en début de semaine face à sa rivale, Foullah Édifice sur un score de 2 à 1, Renaissance FC est une fois de plus battue, cette fois-ci par As Santé d'Abéché.

Le public du football d'une manière générale et celui d'As santé d'Abéché a été au rendez-vous pour apporter leur soutien à leur équipe de cœur. Dès l'entame du match, les abechois ont su maîtriser l'adversaire. Pressing, récupération et passes longues ont fait la particularité de As Santé. Sur deux occasions trouvées, les abechois ont ouvert le score à la 40e mn par Amadou Djibi, qui compte désormais deux buts dans cette compétition. Du côté de RFC, le jeu était laborieux, les attaquants n'ont eu qu'une seule occasion, mais ils l’ont raté.

À la seconde période, le match est devenu vif entre les deux équipes. La tension montait de partout jusqu'aux gradins. Renaissance FC a été largement dominé par les abechois. N'eût été l'endurance et les parades du gardien de but Triomphe, trois occasions de buts allaient faire trembler le filet de RFC. Il a été précis et intelligent face aux attaquants, ce qui lui a permis de repousser le face-à-face. Agressifs et nerveux quand ils perdent la balle, les joueurs de As Santé ont écopé 2 cartons jaunes en cette deuxième phase de la rencontre. Dans les 10 dernières minutes, les 11  de As Santé d'Abéché ont failli baissé la garde, ils étaient quasiment tous fatigués après leur démonstration phénoménale, mais Renaissance FC n'a pas pu profiter de cette faiblesse pour égaliser ou remporter la rencontre. Le match est fini sur le score de 1 but à 0 en faveur de As Santé d'Abéché.

Cette deuxième défaite de suite fait réagir les supporteurs et joueurs de RFC. Kali Abicho un de plus ancien supporteurs de ce club confie qu' As Santé est une équipe engagée, mais son club, RFC était au-dessus de la moyenne. Pour lui, cette compétition est déjà terminée, « il n'y a plus aucun espoir de voir Renaissance qualifié pour la finale », dit-il. À quelques mètres se trouve Ousmane Hassan. Il est aussi supporteur de RFC. Il accuse l'entraîneur de son équipe d'être à l'origine de cette défaite, « depuis 6 matchs, Renaissance n'a enregistré aucune victoire. Il ne s'est pas préparé en avant. Notre équipe n'a ni un bon attaquant, moins encore des défenseurs centraux, gardiens et milieux de terrain aptes à défendre les couleurs de notre maillot ». Il rajoute, « Coach Amane doit partir », lance-t-il. Triomphe, gardien de but de RFC dit que l'équipe adverse était de haut niveau, « As Santé a fait un beau jeu et le "dieu de foot" n'était pas de notre côté ». Toutefois, il relève que son équipe reste confiante pour la suite du tournoi malgré ces deux défaites.

Contrairement à RFC, le public et joueurs de As Santé d'Abéché sont enthousiasmés par cette belle victoire qui leur donne de l'avance dans leur poule. Pour Dahab Abdoulaye, cette victoire est méritée, mais le score devrait être plus qu'un seul but. Il affirme, « le championnat est encore long et mon équipe pourra arriver jusqu'au bout du tunnel », a-t-il martelé. Alfadil Mahamat Moustapha alias Alpha, milieu de terrain d'As Santé d'Abéché soutient que cette victoire a été capitale pour eux. Il insiste, « cette victoire nous a permis d'empocher trois points supplémentaires et d’être provisoirement premier. L'objectif suivant sera de battre Foullah Édifice et de viser la finale. Depuis 2002, Abéché n'a pas gagné un titre national, cette fois-ci nous sommes venus pour écrire une nouvelle page de l'histoire » a-t-il conclut.

Rappelons qu'après cette victoire, As Santé d'Abéché prend provisoirement la tête de la poule « B ».

Abderamane Moussa Amadaye

Les employés de la Maison nationale de la Femme tchadienne n’ont pas gagné leurs salaires depuis plus de 5 mois. Cette maison sous la tutelle du ministère de la femme peine à fonctionner à cause du manque de moyens financiers dû à de la mauvaise gestion. Cette situation met les employés dans de situations sociales difficiles. Reportage.

La maison nationale de la femme tchadienne de N’Djamena a deux catégories d’employés. Les contractuels et le personnel que le ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de la petite enfance a envoyés. Les contractuels ont un salaire et le personnel envoyé par le ministère bénéficie de primes. Mais depuis 5 mois, ils peinent à entrer dans leur droit.

Pour le secrétaire général (SG) de la cellule syndicale du syndicat national des travailleurs, des affaires sociales et de la santé du Tchad (SYNTASST) Landam Laoungou, la maison fonctionne grâce à l’aide de l’État et c’est le retard de cette aide qui serait à l’origine des arriérés de salaires. Il souligne que la situation sociale des employés est déplorable si rien n’est fait pour éponger les arriérés de salaires. Selon le SG de la cellule du SYNTASST, les premiers concernés sont les contractuels, parce qu’ils dépendent exclusivement de la maison nationale de la femme. Il ajoute que les agents envoyés par le ministère ont leur salaire qui passe et ce sont les primes qu’ils réclament. Landam Laoungou souligne que l’administration leur a dit que les choses vont rentrer en ordre, mais rien n’est concrètement prêt et les employés ne savent plus quoi faire. Pour le SG, la patience est de trop et que la cellule syndicale de la maison de la femme va bientôt se réunir pour prendre de décision pour entrer dans leur droit. Le SG qui s’exprime au nom des agents envoyés par le ministère de la femme ajoute les deux syndicats, c’est-à-dire les représentants des contractuels et les agents envoyés par le ministère doivent se mettre ensemble pour réclamer les arriérés de prime pour les uns et les arriérés de salaire pour les autres.

Pour le secrétaire général national du SYNTASST, Younous Mahadjir, ce n’est pas normal de rester 5 mois sans salaire. Il dit ne pas comprendre que la cellule de la Maison de la femme ne puisse agir pour que le bureau national intervienne. « Cette situation devrait être évoqué par les travailleurs eux-mêmes et par la cellule », dit le SG national Younous Mahadjir qui exhorte ses camarades à se réunir le plus tôt que possible pour prendre de décisions qu’il faut. 

Il conseille la cellule du SYNTASST de la Maison de la Femme à se préparer et à écrire au bureau national qu’il dirige afin de les aider à entrer dans leur droit.

Les arriérés de salaires ont aussi impacté sur le fonctionnement de la radio la voix de la femme qui est logée et gérée par cette même organisation. Les confrères de cette radio pilotée par la directrice de la maison nationale de la femme tchadienne broient du noir, c’est depuis 5 mois qu’ils n’ont pas perçu leur salaire.

Pour avoir plus d’information, la rédaction Ialtchad presse a rencontré la directrice générale de la maison nationale de la femme, mais, elle a refusé de se prononcer sur la question. Plusieurs sources affirment que l’ancienne directrice aurait détourné à son seul profit des millions de francs CFA. Interrogé sur cette affaire, aucun cadre ni employé n’a voulu répondre à nos questions.

Jules Doukoundjé
Mariam Mahamat Abakar

Dans le cadre de la deuxième journée du championnat national qui se tient à N'Djamena du 3 au 17 juillet, l'équipe des hommes en treillis, As Psi a affronté ce matin Espoir de Guéra au stade de Paris-Congo dans le 6e arrondissement de la capitale tchadienne. Les provinciaux ont été battus 2 buts à 0. Le match s’est terminé par une tentative d’agression des arbitres. Reportage.  

Le match entre Espoir de Guéra et As Psi est fini par le score de 2 buts à 0. Visiblement en courroux après le coup de sifflet final de l'arbitre, les supporters de Espoir ont tenté d’agresser les arbitres. Ils les accusaient d'avoir arbitré en faveur de l'équipe adverse. La police municipale débordée a tiré deux balles de gaz lacrymogènes sur le terrain afin de dissuader le public.

Noël Adoum supporteur de Espoir de Guéra présent à cette rencontre, dit « les règles de football sont ainsi, il y a un perdant, un gagnant ou match nul. J'encourage les joueurs a gardé le moral haut, rien n'est perdu ». Il ajoute « je suis confiant que mon équipe ira loin si elle rectifie ses erreurs et se donne à fond pour la suite du tournoi » dit-il. Mahamat Yaya Arim, supporteur du football tchadien qui a effectué le déplacement de N'Djari dans le 8e arrondissement pour le stade Paris-Congo déclare « c'est un beau match et la meilleure équipe a gagné ». Sur les altercations qui ont eu lieu à la fin du match, Mahamat Yaya appelle les supporteurs et les équipes en compétition à la retenue, « dans un match de football, il y a un perdant et un gagnant. Il faut accepter cela et avoir l'esprit de fairplay, sinon ça risque de créer des problèmes graves tant pour les joueurs que les équipes en compétition », a-t-il dit.

Hamid Youssouf Djabir, joueur d’Espoir de Mongo affirme que son équipe a fait de son mieux, mais l'arbitrage était biaisé. Il souligne que malgré cela, son équipe pourra se qualifier et gagner la coupe, « c'est notre ultime objectif », a-t-il déclaré. Masra Yannick attaquant de As Psi, buteur de son équipe et du championnat national soutient que l'adversaire a été plus vif, mais son équipe a su gérer la situation et marqué le premier but avant la fin de la période et boucler la rencontre avec un score de 2 à 0, « nous avons marqué 2 buts et avons ramassé 3 points. Nous avons besoin de ces points pour avancer. Notre objectif est d'aller jusqu'au bout pour nos supporteurs et jouer la Ligue de Champion Africaine », soutient-il. Pour AbdelMadjid Hamad, Président du club Espoir de Guéra qui a écopé un carton jaune se confie à notre micro que l'arbitre du match n'a pas été impartial et a sifflet en faveur de l'adversaire au détriment de son équipe, « c'est inadmissible » dit-il.

Et pourtant tout avait bien commencé…

Il était 7h00 min le coup d'envoi a été donné au stade de Paris-Congo en présence d'un public matinal et très actif dans les gradins. Le public de Espoir de Guéra a une fois de plus répondu présent à ce rendez-vous et en masse. Il sifflait et criait pour galvaniser les 11 joueurs entrants pour cette belle affiche. Si tout semble rose le match passé pour Espoir de Guéra, pour celui-ci la tendance a changé face à As Psi qui est plus technique, vif dans la lecture de jeu, conversation et pressing. Après des fébrilités défensives commises par les défenseurs d'As PSI, les mongolais ont raté deux occasions grâce à la vigilance de gardien de but de l'adversaire. As Psi a gardé son calme et avait le contrôle de jeu grâce à leur milieu Issa Hassaballah qui conservait, contrôlait et orientait le jeu de son équipe.  A la 45 min, Ahmat Mahamat Ali alias Goukouny perse le filet de Espoir de Guéra et l'arbitre centrale siffle la fin de la première période. As Psi 1, Espoir de Guéra 0.

De retour de vestiaires, le rythme de jeu reste intact dans leur style de jeu presseur et conservateur de balle. Les mongolais dépassés par la qualité de jeu de leur adversaire, montent en attaque et commettent de fautes. Au banc des remplaçants le staff technique de Espoir de Guéra conteste les décisions de l'arbitre central. AbdelMadjid Hamid, Président de ce club assis avec le staff technique a écopé un carton jaune. A la 64 min, Masra Yannick le chouchou de public alias « El pistelero » marque le 2e but de son équipe. Il a en même temps augmenté son compteur de buteur de ce tournoi à 3 buts. Malgré le score et le rythme des mongolais moins actif et plus agressif, ils ont écopé 5 cartons jaunes. A 5 min de la fin de la rencontre, Espoir de Guéra ont tenté de rattraper le match avec des tirs, mais le gardien adverse a répondu présent. Le match a fini par le score de 2 buts à 0 en faveur de As Psi. Après le coup de sifflet final de l'arbitre, certains publics ont failli agresser les arbitres qu'ils accusaient d'avoir arbitré en faveur de l'équipe adverse. La police municipale débordée a tiré deux balles de gaz lacrymogènes sur le terrain afin de dissuader le public.

Rappelons qu'après cette victoire, As Psi prend provisoirement la tête de sa poule avec 4 points, 4 buts inscrits et 2 buts encaissés. Dans la même poule, deux équipes vont croiser le fer cet après-midi. Expérience de Bongor affrontera Tout Puissant Elect Sport de N'Djamena au stade de Diguel et Olympique de Mao fera face à Gazelle FC de Sahr au stade de Paris. Tous les matchs vont être joué à la même heure, 15h30 très précise.

Abderamane Moussa Amadaye

Le comité de pilotage de la plateforme interconfessionnelle pour l'appui au processus de la transition politique en cours au Tchad prépare activement les leaders religieux et de la société civile pour une transition apaisée et un dialogue réellement inclusif. Suite à un atelier qui se poursuit jusqu'au vendredi, 8 juillet, Ialtchad a échangé ce jeudi, avec le président de cette plateforme et les participants sur les enjeux de cette formation. Reportage.

Dr Mahamat Zène Abakar, représente de l'Union des cadres musulmans du Tchad. Il affirme que la formation se déroule à merveille pour l'instant et souhaite la même ardeur pour la fin des modules programmés. La manche d'hier, dit-il, était enrichissant avec un bon niveau de débats. « Ce sont des débats logiques avec beaucoup de respect les uns pour les autres. Les leaders religieux jouent un rôle majeur dans le processus de la transition. Notre vocation c'est de sensibiliser nos fidèles musulmans et chrétiens à cultiver dans leur rapports quotidiens la paix et le vivre-ensemble », soutient Mahamat Zène. De plus, il souligne que ce pays nous appartient tous et c'est dans la culture de la paix que nous pouvons espérer le reconstruire. Il recommande aux chrétiens et musulmans de prier et demander continuellement la faveur d'Allah Tout-puissant, sa miséricorde pour notre nation.

Allahtara Fortunan, président du comité de pilotage de la plateforme interconfessionnelle plante le décor en affirmant que la plateforme qu'il dirige dispose d'un plan d'action. C'est à cela que les actions de renforcements des capacités et les techniques de sensibilisation en matière de culture de la paix et de la cohabitation pacifique y sont inscrites. M. Allahtara soutient que la plateforme forme en ce moment, 65 participants provenant de l'Église Catholique, de l'Église protestante et du Conseil supérieur des affaires islamiques (CSAI). 4 modules, dit-il, constituent 4 ateliers dans cette formation. « Le premier module c'est la culture et la consolidation de la paix, le deuxième c'est les enjeux et les défis de la cohabitation pacifique au Tchad de 1960 à nos jours, le 3ème c’est le rôle que doivent jouer les organisations confessionnelles et la société civile pour une transition apaisée. Le 4ème module est transversale. Il considère les questions de gestion, résolution et prévention des conflits ainsi que le problème de l'extrémisme violent pour les jeunes », dit le président de la plateforme. Ce sont des participants de tout sexe et âge, notamment, les femmes, les hommes et les jeunes, précise-t-il.

L'objectif principal d'après Allahtara Fortuna, c'est d'outiller les leaders religieux et les responsables de la société civile en technique de sensibilisation sur la paix et la cohabitation pacifique. L'enjeu poursuit le président, c'est d'œuvrer pour une transition apaisée. Il estime que le Tchad depuis un an et plus est dans une période d'exception. Ce qui induit des réformes institutionnelles. A son avis, après le décès du Maréchal du Tchad, il y a eu rupture de légalité et pour y retourner, il va falloir outiller ces acteurs dans ce domaine. « La question de la révision de la Charte de transition qui fait jusque-là l'objet de polémique au sein de la société civile et l'ensemble des forces vives. c'est l'occasion de dire à ces responsables religieux et de la société civile c'est quoi une transition, qu'est-ce qui se passe au sein d'une transition et les lois qu'il faut adopter. l'enjeu réel c'est de les préparer au dialogue national inclusif en cours de préparation », raconte M. Allahtara. Autre intérêt, assure-t-il, c'est de préparer les délégués de ces corporations qui vont prendre part à ces assises afin que le dialogue soit réellement inclusif. Le même niveau d'information sera donné à ceux des provinces cités ci-haut afin que cela soit répertorié sur toute l'étendue du territoire, informe-t-il.

Le président de la plateforme interconfessionnelle explique qu’hier, avec le module sur la culture et la cohabitation pacifique, les gens sont sortis très satisfaits. La stratégie adoptée selon lui, est participative et interactive, ainsi le niveau des débats était intéressant. M. Allahtara signale que des questions telles que, les conflits intercommunautaires et agrosylvopastoraux qui peinent à trouver de solutions malgré ce que les gens font, ont été posées et abordées avec beaucoup de réalisme par les participants. L'inclusivité du dialogue est tributaire de sa réussite, dit le président.

La dynamique qui a commencé à N'Djamena, indique-t-il, va se poursuivre à Moundou, Abéché et Mongo. Elle est rendue possible grâce à l'appui du Bureau de liaison de l'Union Africaine.

Moyalbaye Nadjasna

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