Reportage

Reportage (1389)

À quatre jours de la fête du ramadan, clients et vendeurs se bousculent dans nos marchés pour les préparatifs du grand jour. La rédaction était ce lundi 17 avril aux deux plus grands marchés de la capitale, N’Djamena. Reportage.

Les deux marchés étaient bondés de monde, même dans les allées les gens étaient serrés comme des sardines, les mégaphones des vendeurs à la criée égrainaient les prix des articles. Khadidja Moussa est vendeuse de « Kake », « j'ai des biscuits, du kiréba, du Kake nayeb, etc ». Le petit seau est à 2500 F CFA, le moyen à 5000 F CFA. Selon elle, cette année les ventes sont timides contrairement aux années précédentes, la montée des prix de la farine n’a pas aidé, mais nos prix n'ont pas changé pour maintenir nos clients, dit-elle.

Elle affirme acheter un sac de farine à 30 000 F CFA, elle fabrique les différentes variétés et fait un bénéfice de 5 000 F CFA. Elle souligne que l'argent ne circule pas, les clients n'ont pas d'argent donc «

Aicha Hassane à 8 ans de métier dans ce business.  « Alhamdoulillah pour cette année par rapport aux années antérieures ». Elle a différentes quantités, celle de 3 500 en passant par 5000 et le gros à 10 000 F. Elle soutient qu'il y a engouement, les clients viennent prendre après avoir faire un tour du marché. Cette année le marché est acceptable malgré l'augmentation du prix de la farine, confirme- t-elle.

Ousmane Bello Daoudou

Le mois de jeûne musulman est une période pendant laquelle les fruits sont consommés en grande quantité par les jeûneurs. Les vendeurs tirent leur épingle du jeu dans les rues de la capitale tchadienne. La rédaction est allée à la rencontre de ces vendeurs de fruits. Reportage.

Les étals de vente de fruits dans les artères de la ville de N'Djamena se sont multipliés depuis le début du mois de ramadan. De Dinguessou en passant par N'Djari, Amriguebé, Rue de 40 m, Diguel, Farcha ou encore Chagoua des tables juxtaposées sous forme d'armoire servent aux vendeurs un lieu confortable d'exposition des fruits de toute nature.

Remadji Dénis diplômé en électromécanique, vendeur de fruits sur le boulevard Maréchal Idriss Deby Itno dans le 6e arrondissement de N’Djamena. Il dit se lancer dans ce business depuis bientôt 2 ans. Il indique que la vente des fruits est rentable durant la canicule et plus encore lors de ce mois de ramadan. Remadji relève qu'après la fin de ses études supérieures, il n'a pas eu une chance d'intégrer le marché de l'emploi, « alors j'ai décidé de me lancer dans la vente de fruits », dit-il. Il précise tout de même que malgré les difficultés et l'importation qui revient cher, en cette période de carême sèche, la vente est viable. « Nous vendons plus de 50.000 FCFA par jour. On ne se plaint pas.  Dieu merci », confie Denis. Au sujet des ventes de fruits, il a précisé que le prix varie d'un produit à un autre, de sa qualité et de son d'acheminement. « La mangue du Tchad est vendue à 100 FCFA la pièce, la mandarine importée du Cameroun est vendue 3 à 1000 FCFA, l'ananas à 1500 FCFA, la pomme de France à 1000 FCFA la pièce gros calibre, 500 FCFA le moyen et 3 à 500 FCFA le plus petit », a-t-il expliqué.

Mbodou Ali, lui aussi vendeur à proximité du rond-point Adoum Tchéré dans le 4e arrondissement. Il s'est livré à notre micro. Pour lui, la vente de fruits est rentable malgré les tracasseries des agents municipaux, dit-il. M. Mbodou souligne que la plupart des fruits viennent de l'Afrique du Sud, du Cameroun ou encore de l'Italie. « Ça nous vient à un coup un peu élevé, mais nous essayons toujours de nous adapter en fonction des clients ». Il ajoute, « ici le marché est bien. Nous pouvons vendre entre 100.000 FCFA à 150.000 FCFA voir plus par jour », a-t-il glissé d'une base voix.

Pour la nutritionniste, Heloua Jean-Baptiste, en ce mois de carême sèche, aucun fruit n'est défendu. Cependant, elle conseille de privilégier la consommation des fruits riches en eaux pour favoriser une réserve en eau et limiter la déshydratation sévère pendant la journée. « Pendant cette période, il est préférable de limiter la consommation des fruits séchés, car ceux-ci sont pauvres en eau et concentrés en micronutriments », dit-elle. Au sujet de l'hygiène, elle indique que la plupart des fruits vendus sur le marché sont défavorables. « Ils sont exposés », a-t-elle souligné. Elle ajoute, « les fruits vendus sur nos marchés ont une hygiène douteuse alors pour assurer une meilleure hygiène de nos aliments, je conseille tout d'abord aux consommateurs de bien laver les fruits avec une eau potable avec de la javel avant toute consommation ». Selon la nutritionniste, il est aussi indispensable aux vendeurs de laver et couvrir les fruits vendus avec un léger tissu pour limiter les contaminations. « En appliquant ce conseil, ils vont préserver non seulement la santé du consommateur, mais aussi celle de leur entourage et éventuellement leur propre santé », conclut-elle.

Abderamane Moussa Amadaye

Ce jeudi 13 avril, les chauffeurs de minibus commerciaux interurbains de l’axe Walia-Ngueli dans la commune de 9e arrondissement de la ville de N'Djamena ont décidé faire grève jusqu'à nouvel ordre pour manque de stationnement pour garer leurs bus et les tracasseries policières. La rédaction s'est rendue sur les lieux pour faire le constat. Reportage.

À l’entrée du pont à doubles voies, le stationnement des minibus en bordure de la voie est strictement interdit par la police. Mécontents, les conducteurs de munis bus ont décidé de déclencher la grève laissant les clients désemparés. Du pont en passant par Walia hadjaraï, Walia Djigangali jusqu'à Nguéli, les usagers sont amers. Il y a moins des bus qui circulent sur l'axe Walia-Ngueli. Des chauffeurs de minibus qui entrent et sortent de Walia sont verbalisés et les clients sommés de vider les bus. À Midi, les chauffeurs se sont réunis dans sous un manguier à Walia Djigangali pour décider d’aller en grève.

Le porte-parole des chauffeurs des munis bus Goni Abderamane Adam affirme que la décision leur interdisant de se garer sur les abords du pont est arbitraire et infondée, car il n'y a aucun papier qui le prouve. Pour lui, les autorités se sont entendues avec les syndicats pour leur interdire les lieux.

« Si un chauffeur prend deux clients, le syndicat des chauffeurs lui donne une amande de 3.000 FCFA ». Il poursuit quant à la police, « à chaque fois qu'un chauffeur se fixe au bout de rond-point à doubles voies, il reçoit une amande de 6.000 FCFA au cas où le chauffeur demande l'amende fixe (AF), directement il reçoit des intimidations sous peine de confisquer sa voiture et le conduire à la commission ». Toujours selon M. Goni le syndicat de transport exige que les conducteurs soient régularisés, mais par manque d'espace, ils préfèrent ramasser les clients en « MPLT » a-t-il dit. Le rond-point double voie ne peut pas être desservi à la queue, « ils sont plus de 100 bus. La grève doit continuer jusqu'à nouvel ordre ».

Abakar Allamine Mahamat Chauffeur depuis 2010 sur l'axe Walia-Ngueli, affirme que le syndicat de transport est allé remonter la police contre eux les transporteurs les mini bus. « La dalle est construite pour que les voitures se garent, mais la police refuse qu’on se stationne pour prendre les clients ». Les chauffeurs dénoncent les policiers de Commissariat CA9 qu’ils accusent d’avoir arrêté 4 de leurs collègues au rond-point Walia barrière. Il s’agit, disent-ils, des MM. Ali Oumar, Haroun Mahamat, Adam Mahamat et Asra. « Nous demandons leur libération sans condition car ils n'ont rien fait du mal ».

Pour le Secrétaire Général de Fédération Nationale des Syndicats des Transports Urbains et Interurbains du Tchad Ramadan Hisseine, la police a interdit les chauffeurs de bus parce qu'ils ne respectaient pas l'ordre qui a été donné, et qu'ils dépassent toujours la ligne indiquée. Il ajoute que l'État va leur trouver un autre endroit et que seul le dialogue libère au lieu de se révolter. M. Ramadan, souligne qu'il fera de son mieux afin que la solution idoine soit trouvée dans les jours à venir.

Noël Adoum

Ce mardi 11 avril, les membres provinciaux de la Commission Nationale chargée de l'Organisation du Référendum constitutionnel (CONOREC) pour la ville de N'Djamena ont été officiellement installés. La cérémonie s'est déroulée dans la salle du palais des Arts et de la Culture en présence du ministre de la Communication Aziz Mahamat Saleh et celle du ministre de la Justice garde Sceaux chargé des droits humains Mahamat Ahmat Alhabo. Reportage.

La déléguée générale du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena, Mme Amina KODJIANA et présidente de la CONOREC affirme que les consultations ont été à la hauteur des attentes « nous avons travaillé dans la transparence ». Elle ajoute qu’un engagement solennel a été pris devant l'assistance pour cette mission, a-t-elle martelé. Elle souligne qu'il y a 23 partis politiques pour 33 places des représentants, sur les 30 associations de la société civile, il y a 33 places des représentants. « Il y a un bureau qui a été mis en place et que le poste de vice-président est représenté par les partis politiques ».

Le ministre Aziz Mahamat Saleh soutient que les provinces ont 13 membres et les arrondissements ont 15 membres chacun, le gouverneur est le président avec 6 membres de service déconcentrés, dont 3 partis politiques, et 3 viennent de la société civile. Pour les 10 arrondissements composés de 15 membres, le délégué d'arrondissement est le président, ils ont 7 membres déconcentrés, 4 partis politiques et 3 associations de la société civile, a-t-il déclaré.

Mahamat Saleh Moussa, président du groupe parlementaire de la société civile affirme avoir constaté que l'implication de la société civile dans tous les arrondissements. Pour lui, la société civile est déjà impliquée, mais pas à 100%. Il se dit satisfait du résultat et ajoute que les leaders de la société civile sont partout dans la composition du bureau de N'Djamena.

Après l'installation des membres, d'autres composantes ont contesté notamment ceux de bloc fédéral. M.Abakar Yerima affirme, « nous étions alliés de MPS depuis la nuit des temps avec le feu, président fondateur Idriss Deby Itno, mais lorsque la transition a commencé l’alliance avec le de MPS s’est brisée » a-t-il souligné. Il soutient qu'ils sont devenus un parti fédéraliste, et veulent l'autonomie de toutes les régions du Tchad et l'autonomie de la gestion de la chose publique au niveau local. Il ajoute, « notre intérêt est un intérêt national, il n’est ni égoïste ni familial ».

Selon lui, depuis 32 ans, la liberté de s’exprimer du peuple tchadien sur cette question du fédéralisme est brimée. Il explique que la fédération n'est pas la division du Tchad, mais un autre mode de gestion qui laisse la l’attitude aux provinces de développer les régions. Il appelle les autres à respecter la parité et poursuit « je lutte et lutterai pour l'intérêt national de tous les Tchadiens de l'est à l'ouest, du Sud au Nord », a-t-il conclu.

Noël Adoum

Après 40 jours de jeûne, de pénitence et de prière, les chrétiens catholiques du monde et particulièrement ceux du Tchad célèbrent ce dimanche, 9 avril 2023, la solennité de la Pâques qui marque la résurrection de Jésus-Christ le troisième jour après sa mort sur la croix. L'équipe d'ialtchad s'est rendu à la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak, l'unique paroisse bilingue dans la ville de N'Djamena pour faire le constat. Reportage.

Cette fête chrétienne catholique vieille de 2 000 ans célèbre la résurrection de Jésus-Christ et l'arrivée symbolique du printemps. Enracinée dans plus de 2000 ans de rituels et de rites, Pâques commémore l'événement central de la foi chrétienne notamment la résurrection de Jésus-Christ, que les chrétiens considèrent comme l'accomplissement de la prophétie biblique d'un messie ressuscité d'entre les morts offrant à ses disciples la vie éternelle.

Pour le curé de la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak Nandimangar René, la célébration a lieu à la fin du Carême, une saison de jeûne et de repentance de quarante jours en référence aux quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. La période maigre culmine avec la semaine sainte et une commémoration des événements bibliques entourant la persécution, la crucifixion et la mort de Jésus.

 Il relève que la semaine sainte comprend ainsi le dimanche des Rameaux dans lequel le peuple acclame Dieu « Hosana au plus haut des cieux » et ce même peuple va dire « tuez-le, crucifiez le » malgré tout ce qu'ils ont fait, le seigneur va leur pardonner et les aimer. Il ajoute que le triduum Pascal comprend, le jeudi saint qui marque le jour de l'institution de l' eucharistie, une journée d'adoration avec le seigneur le soir, le vendredi saint c'est l'unique jour dans l'église catholique où il n'y a pas la messe, c'est le jour de deuil et ça se termine avec le grand chemin de croix de l'année et la vénération du croix, quant au samedi saint c'est la veillée pascale marquée par la bénédiction de la flamme et de l'eau, durant ce moment on célébré la messe selon laquelle le Christ est ressuscité et enfin la Pâques, «c'est la fête de résurrection de notre seigneur Jésus Christ qui est ressuscité d'entre les morts, notre foi chrétienne est fondée aussi sur la croyance en Christ», a-t-il dit .

Selon lui, « nous ne sommes que les enfants du monde, quand on nous baptise au nom du père, du fils et de Saint-Esprit, il y a déjà en nous les germes de la résurrection éternelle, c'est ce que nous attendons le dernier jour et cette fête est fondamentale pour notre foi catholique ».

 La fête pascale a débuté avant tout par le chant de la rentrée, la liturgie à la parole dans laquelle le curé René a présenté l'évangile selon Saint Jean chapitre 20, versets 1-9. Selon lui, ce passage indique le jour où les femmes sont parties au tombeau et ce sont rendus compte que le Christ n'est pas là, Marie Madeleine va aller avec joie pour annoncer aux apôtres que le Christ est ressuscité, il y a également la liturgie baptismale et la liturgie eucharistique. Il s’en est suivi le sacrement de baptême pour les 9 candidats et un sacrement de mariage. Comme chaque année, à la paroisse Saint-Joseph, la messe est dite en souvenir de la résurrection de Jésus-Christ.

Rappelons que la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak est une église catholique universelle bilingue (français et arabe).

Noël Adoum

C'était au cours d'une conférence de presse animée ce 8 avril au Centre d'Études pour la Formation et le Développement (CEFOD) que l'artiste Nguëta Alhasko Alfred alias N2A Teguil a plaidé auprès des autorités de transition pour le retour des exilés des tristes évènements du 20 octobre qui trouvent refuge en Afrique de l’Ouest ou ailleurs. Reportage.

 C’est avec l’appui de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) que l'artiste a échangé avec la presse sur ses intentions comme porte-voix du peuple et défenseur des droits humains, dit-il. Il affirme que depuis les évènements du 20 octobre, certaines personnes ont été contraints à l'exil. Il soutient qu’ils méritent mieux et ont droit comme tout autre citoyen de rentrer chez eux et vaquer normalement à leurs occupations. Pour N2A, la solution aux problèmes tchadiens demeure le dialogue, « cela n'est possible qu’avec le retour au bercail de ses exilés », a-t-il confié à la presse. Selon lui, on ne peut pas renvoyer un enfant de la concession parce qu’il a commis une gaffe, « on le conseille ou on le corrige, mais jamais le renvoyer », a-t-il expliqué.

L'artiste N2A affirme que rien ne peut justifier l'exil forcé de certains à cause de leurs opinions politiques. « On est en sécurité chez soi. On doit régler nos différends entre nous et l’État doit favoriser le retour de ces derniers sans condition pour ne pas masquer sa volonté de réconciliation nationale et de la paix définitive, quelle que soit l’agitation de ton fils, il reste toujours ton enfant », a-t-il laissé entendre. Au sujet des autres exilés en dehors du 20 octobre, l'artiste dit ignorer les raisons de leur départ. Donc, il ne sera pas leur porte-voix.

Pour rappel les exilés dont l’artiste plaide le sort, sont ceux qui ont quitté le Tchad au lendemain des événements du 20 octobre qui ont fait plus de 100 morts selon le rapport de la CNDH, des milliers de personnes arrêtées et des disparus.

Abderamane Moussa Amadaye

Dans un communiqué publié mardi 4 avril 2023, le 1er vice-président chargé des relations extérieures et de la communication, porte-parole du Parti Union Nationale de la Démocratie et le Renouveau (UNDR) Célestin Topona Mocna dénonce le comportement des militants du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) qui met le bureau de la Commission Nationale Chargé de l'Organisation du Référendum constitutionnel (CONOREC). Le porte-parole du parti MPS Jean Bernard Padaré n'a pas tardé à se justifier dans un communiqué publié hier. Reportage.

Pour Célestin Topona, depuis plusieurs semaines déjà, le MPS envoie des délégations sillonner les provinces pour mettre en place les bureaux de la CONOREC composée presque exclusivement de ses militants sans attitude de consensus entre les acteurs de la transition. Il affirme qu'une telle pratique qu'on croyait révolue risque d'entraîner des conséquences dommageables sur la suite du processus électoral. Notamment le référendum constitutionnel en préparation, a-t-il dit. Il poursuit, l'UNDR estime que les consultations référendaires constituent le premier acte qui sera posé par les autorités de la transition pour confirmer l'application des décisions du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS). Il sera fâcheux qu'un des éléments principaux de cette phase charnière de recherche de la paix ne puisse pas être en phase avec l'esprit de la transparence. La refondation du pays est un acte de nationalisme qui doit engager toutes les forces sociopolitiques, a-t-il souligné.

Il poursuit, en conséquence de quoi le bureau exécutif de l'UNDR prend à témoin l'opinion nationale et les partenaires qui ont encouragé les Tchadiens a enterré la hache de de guerre, que quelque chose de malsain se trame et risque de ressusciter les pratiques qui ont plongé le Tchad dans les ténèbres. Par sa voix, l'UNDR demande aux autorités de transition de prendre urgemment des mesures pour que la sérénité s'impose dans le pays entre organisations politiques et la société civile pour le succès de la transition.

Le Secrétaire de Mouvement Patriotique du Salut (MPS) Jean-Bernard Padaré exprime son étonnement et son incompréhension à la suite de la publication du communiqué de presse publié par UNDR relatif au processus de mise en place de démembrement de la Conorec, dans les provinces. Pour lui, le MPS ne se livre à aucune action frauduleuse ou contraire à l'esprit des directives du gouvernement de transition. Il ajoute que le MPS comme toute formation politique organisée et travaillant avec méthode et efficience accomplit simplement sa mission en optant pour la formation et la sensibilisation de ses militantes et militants eu égard aux directives liées à l'organisation et à la composition des structures provinciales de la CONOREC, a-t-il martelé.

Il est prévu des places pour des partis politiques dans la composition des démembrements de la Conorec  dans les provinces et les départements. Il a illustré la commission provinciale composée de 13 membres, dont 6 membres désignés parmi les chefs de service déconcentrés de l'État. Il y a 3 représentants des partis politiques et 3 représentants de la société civile. Suivant la proposition du gouverneur qui est président de la Conorec départemental, a-t-il souligné.

Au niveau départemental, la Conorec est composée de 11 membres, dont 7 membres désignés parmi les chefs de service déconcentré, de l'État (suivant proposition du préfet) 4 représentants des partis politiques et 3 représentants de la société civile dont la présidence est assurée par le préfet, a-t-il dit.

Quant au niveau sous-préfectoral, la commission est composée de 11 membres et présidée par le sous-préfet et comprend en outre 10 membres choisis parmi les fonctionnaires de l'État.

Le secrétaire général de MPS se dit surpris par l'attitude incompréhensible de L'UNDR qui pouvait également faire monter d'anticipation et de responsabilité en menant la même action sur le terrain. Il souligne que L'UNDR comme le MPS sont pour l'État unitaire décentralisé. Il invite L'UNDR a plus de retenue et de sagesse, a-t-il conclu.

Noël Adoum

Happy Child Hood association a organisé ce 5 avril à la Maison de la femme située à N'Djari dans la commune du 8e arrondissement de N'Djamena une conférence et une formation sur le thème «vision de l'espoir ». Reportage.

Calvin Renodji, Coordonateur de l'association affirme que cette conférence se déroule dans le cadre de la vision de l'espoir qui s'inscrit dans le cadre de l'ONU Femmes. Selon lui, il s'agit d'une conférence qui durera 4 jours, elle est  couplée d'une formation dans la lutte contre les violences basée sur les genres (VBG). « Seulement dans les différents arrondissements de N'Djamena, on compte 300 participants et 200 autres venants de 10 provinces choisies du Tchad. Au toit nous aurons 500 participants », a-t-il indiqué. Le Coordonateur souligne que de plus en plus les VBG se multiplient dans le pays. Pour y remédier il estime qu'il est indispensable d'impliquer la jeunesse dans ce. « Étant jeunes, si nous nous battons contre les VGB, je crois qu'arriver à un moment nous pourrons être des relais communautaires afin de conscientiser la masse pour éviter cette violence », dit-il. Il ajoute, «c'est pourquoi nous avons choisi de jeunes venants de provinces associés à ceux de N'Djamena pour cette formation » .

Au sujet de l'objectif, M. Calvin précise qu'il est indispensable de se ranger au côté du gouvernement pour matérialiser la politique contre les VGB, d'outiller les jeunes à travers des thématiques et d’impliquer directement cette jeunesse qui des fois est une victime, dit-il. Il assure que plusieurs thématiques seront abordées durant ces 4 jours, « d'abord nous allons échanger sur les concepts et les types de violences, ensuite la stratégie de communication et de dénonciation et enfin l'assistance et la prise en charge des victimes de VGB », a-t-il déclaré. Pour finir, le Coordonateur a annoncé qu'une visite guidée sera faite à l'endroit des participants chez les victimes de VGB afin d'échanger avec eux.

Signalons que cette conférence-formation durera 4 jours et regroupe les participants venant des 11 provinces du pays. Les débats vont s'accentuer sur la question de l'implication des jeunes dans la lutte contre les VBG avec des thématiques bien précises.

Abderamane Moussa Amadaye

La glace en barre est trop consommée en cette période de canicule sans tenir compte des conditions d'hygiène. Fabriquée à la base de formol pour servir de rafraîchissant des boissons et à la conservation de certains produits, la glace en barre est aussi consommée directement dans les verres d’eau. La consommation de la glace en barre et des boissons en poudre ont des effets secondaires dans l'organisme selon la nutritionniste Heloua Jean-Baptiste. Reportage.

Dans certaines fabriques de glace en barre dans la ville de N'Djamena, les conditions d'hygiène sont déplorables. Selon nos sources, la glace en barre est fabriquée à la base de formol. Appelé aussi le formaldéhyde avec pour formule chimique (CH2O) méthanal ou aldéhyde formique est un liquide au goût sucré utilisé pour conserver les spécimens en étude dans les laboratoires ou pour embaumer des cadavres sont hautement toxiques et cancérigènes.

Selon la nutritionniste Heloua Jean-Baptiste, toute chose qui provient de l’industrie chimique est nocive pour l'organisme que ce soit pendant le mois du ramadan ou pas. « La glace fabriquée à la base du formol est très dangereuse pour l'organisme humain. Le formol est un composé utilisé pour la conservation des cadavres et quelques fois, pour la conservation des tissus animaux ou végétaux. Il est aussi utilisé dans la production des produits chimiques » a-t-elle martelé.

Il y a aussi la poudre pour boisson très prisée pendant le mois de ramadan, ces boissons en poudre communément appelée « Asira » sont source de plusieurs problèmes de santé. Ces boissons sont importées de Dubaï, de Turquie et d’autres pays d’Asie sont très abondantes sur les marchés et boutiques de la ville de N'Djamena. Vendues entre 50 à 200 FCFA le sachet, elles sont utilisées dans plusieurs familles modestes à la rupture du jeûne.

La nutritionniste Heloua Jean-Baptiste explique que sa consommation, pendant le ramadan, accentue le risque de développer le diabète. C’est un produit très riche en sucre simple et augmente très rapidement le taux de glycémie dans le sang. Elle ajoute, « cela provoque d'autres maladies comme l’asthme, allergie cutanée, inflammation de gorge, migraines, diarrhée, fatigue de rein ». Toujours selon elle, ces boissons sont cancérigènes et peuvent provoquer des troubles de concentration et des retards de croissance chez les tout petits.

Mlle Heloua Jean-Baptiste donne quelques solutions au sujet de la consommation de glace en barre, « pour les personnes qui n'ont pas les moyens de s'acheter un réfrigérateur, il est préférable d'acheter les jarres traditionnels pour obtenir de l'eau fraîche ou soit acheter de la glace, mais la mettre dans un plastique avant de l'introduire dans l'aliment ».

Pour la consommation des boissons en poudre, elle conseille d'opter pour les jus naturels notamment le jus de mangue, d'oseille, de bissap, de tamarin, de baobab, etc. Ces produits sont riches en fibres et micronutriments et offrent une multitude de bienfaits pour l’organisme.

Mlle Heloua Jean-Baptiste demande au gouvernement de mettre en place une législation qui interdira la fabrication et la vente de la glace à base du formol pour éviter les risques liés à la consommation de formol et elle appelle le public à ne pas consommer excessivement les boissons en poudre qui ont des effets secondaires, a-t-elle conclu.

Noël Adoum et Narhinguem Anastasie

Le Centre d'application et de prévision climatologique en Afrique a organisé le 17e forum de prévision climatique saisonnière de l'Afrique centrale ce lundi 3 avril, sous le thème « service climatique pour l'alerte précoce et pour une action rapide ». Reportage.

Le ministre de l'aviation civile et de la météorologie nationale Hissène Tahir Souguimi, dit, « l’objectif de ce forum est d'élaborer et de diffuser la prévision saisonnière objective des paramètres météorologiques pertinents notamment les précipitations, températures écoulements hydrologiques, et d'évaluer les impacts potentiels des phénomènes prévus sur les activités humaines et économiques de la région pour la saison de pluie ».

Aussi, il affirme qu’au cours de ses assises, les experts feront une analyse poussée des conditions météorologiques et climatiques afin de prévoir les variabilités pour des besoins de planification, d'adaptation aux changements climatiques et de prise de décisions opérationnelles et politiques. Il rajoute que les changements et la variabilité climatique constituent un risque majeur et permanent sur le développement durable, a-t-il déploré.

Selon lui, l'Afrique subsaharienne et particulièrement l'Afrique centrale est considérée comme l'une des régions du monde la plus vulnérable aux effets du changement climatique. Pour lui, le thème du forum révèle une importance capitale. « Cette rencontre permettra aux membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEEAC) de prendre des mesures d'atténuation, à l'effet de réduire les risques des catastrophes de planifier la gestion de ressources en eau, de l'agriculture et de sécurité alimentaire, de la santé de l'énergie et de l'urbanisation », a-t-il souligné.

Il rappelle que le Tchad a été confronté l'année dernière à des inondations catastrophiques sans précédent, qui ont engendré des dégâts considérables. Le ministre se réjouit que le forum consolide le renforcement des capacités des services météorologiques et hydrologiques nationaux.

Il déclare, « pour diverses raisons, nos services météorologiques et hydrologiques nationaux sont moins reconnus par le public pour ce qui concerne leur contribution au développement socioéconomique national ». Or le développement de nos pays est basé essentiellement de l'exploitation des ressources naturelles locales, est tributaire du climat, a-t-il affirmé.

Il invite les experts des services météorologiques et hydrologiques nationaux et de la sous-région à faire preuve d'assiduité dans la diffusion du résultat de la prévention consensuelle en temps réel par des canaux appropriés en vue de répondre aux attentes des acteurs de développement.

Rappelons que le 17e forum de prévision climatique saisonnière de l'Afrique centrale qui a débuté aujourd'hui prendra fin le 5 avril 2023.

Noël Adoum

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