dimanche 25 septembre 2022

Reportage

Reportage (1066)

Le syndicat des Enseignants du Tchad (SET) sonne le glas. Il alerte le gouvernement sur ses revendications relatives aux indemnités, des effets financiers des actes administratifs, mais également la sécurité des enseignants déployés dans les centres d'examens du baccalauréat. Ialtchad pour vérifier de plus près l'information, a visité, jeudi 14 juillet, le SET mais aussi le jury du baccalauréat session 2022. Reportage.

Le secrétaire Général national du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), Mbairiss Ngartoidé Blaise dénonce l’insécurité et les conditions dans lesquelles travaillent le corps enseignant. Il estime incompréhensible que les enseignants, formateurs des autorités et de l'homme, soient traités de la manière la plus ignoble. Pour lui, l'État a la charge d'éduquer la nation et cela passe par les enseignants. A son avis les enseignants sont en insécurités partout dans leur mission d'État. On les tue, on les renvoie et même on les traite comme des esclaves dans certaines localités, affirme-t-il. « On note une attitude complice de l'État, en l'occurrence les autorités locales. Les tueries, les menaces à mort des enseignants à l'extrême nord, dans le Wadifira, Fada et autres, les enlèvements, récemment à Mbaïbokoum, se passent sous les regards impuissants des autorités locales », dit amer M. Ngartoidé Blaise. Le SG du SET regrette que l'éducation soit reléguée au second rang dans notre pays. Il estime que les enseignants n'ont pas une garantie sécuritaire pour assurer leurs responsabilités d'éduquer.

« Le cas ignoble est celui d'un candidat libre au Baccalauréat à Bol qui avait tiré à bout portant sur le président du centre d'examen et qu'on ne retrouve pas. Cela démontre que la police n'existe pas dans notre pays », dit le syndicaliste. Il estime que c'est inadmissible qu'on ne retrouve pas ce tireur qui est candidat avec une adresse au complet. Il doigte le flou dans cette affaire. Selon lui, ils ont appris que, même le Président du Conseil Militaire de Transition (PCMT) a donné des instructions pour que ce dernier soit arrêté.  « Si la décision du PCMT n’est pas encore respectée, qu'allons-nous devenir nous enseignants sur le terrain? Quelle est notre protection ? Qui doit garantir notre sécurité ? Nous attendons de pied ferme que ce garçon soit arrêté et traduit devant la justice », déclare le SG du SET.  D'après lui, avoir une arme en main ne doit pas nous donner la liberté de faire tout ce qu'on veut. Il faut que ces choses cessent et qu'on ait de la considération pour l'être humain, car la vie humaine est sacrée, s'insurge-t-il. Pour Ngartoidé Blaise, prendre de disposition dans ce pays, c'est se tromper largement. « Je pense qu'il faut tirer les choses au clair avant d'engager les gens dans la seconde série de baccalauréats. Au cas contraire, on ne peut pas livrer les enseignants ainsi dans une insécurité totale », confie-t-il.

Du point de vue du président du jury du baccalauréat Dr Andjaffa Djaldi Simon, tous les acteurs: le gouvernement, les candidats et parents d'élèves, ceux impliqués de près ou de loin dans l'organisation de cet examen doivent se mobiliser. Pour, dit-il, que des incidents, comme ceux de Bol, ne se reproduisent plus. « Nous souhaitons que les choses à l’avenir se passent dans les règles de respect de l'art. il n'y a pas lieu d'attenter à la vie d'un homme et surtout d'un père éducateur envoyé dans un centre pour assurer le bon déroulement d'un examen. Nous disons avec le SET que cet examen qui se pointe à l'horizon puisse se dérouler bien », affirme M. Andjaffa Djaldi. D'ordinaire, dit-il, les forces de sécurité sont mobilisées pour la protection dans différents centres. Ce qui s'était passé à Bol, ce qu’il y a eu des failles et des manquements à cause de la journée perturbée, assure le président du jury. Mais ils estiment que l'équipe compte toujours sur les agents de sécurité pour le bon déroulement des examens à venir. « Concernant l'arrestation du tireur de Bol, je ne peux ni confirmer ni infirmer cela ».

Le gouvernement doit satisfaire à nos revendications...

Le SET demande au gouvernement de se préparer à répondre à un certain nombre d'exigences des revendications non satisfaites. « D'un côté des individus cachent des sacs d'argent, des milliards dans leurs maisons, cela veut dire qu'il y a de l'argent où les gens se partagent allègrement en appauvrissant le Trésor public, rendant l'État incapable à tenir à ses engagements. Face à une telle situation, on ne peut pas continuer à observer le silence », lance Ngartoidé Blaise. Pour lui, même si les examens de fin d'année sont organisés, une autre année scolaire va bientôt commencer. Si le gouvernement ne bouge pas pour régler certains points de nos revendications, il nous rencontrera sur son chemin, avertit le SG du SET.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale procède au lancement officiel de la campagne nationale de la vaccination contre la Covid-19. Le lancement officiel a lieu à Mongo, la capitale de la province du Guera, dans le centre du pays. A N’Djamena, plusieurs hôpitaux et centres de santé sont désignés pour la vaccination contre la pandémie. Mais la campagne démarre timidement. Reportage. 

Pour lutter efficacement contre la Covid-19, le gouvernement par le biais du ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale a mis l’accent sur la campagne de vaccination volontaire de toute la population. C’est dans cette optique que le ministère a organisé plusieurs fois des campagnes de vaccination dans plusieurs provinces du pays.

Pour éviter la propagation de la contamination, une nouvelle campagne d’une semaine, du 14 au 21 juillet vient être lancée officiellement ce matin à Mongo, dans la province du Guéra. Cette campagne de vaccination va durer une semaine dans tout le pays. Selon les autorités sanitaires, la nouvelle campagne concerne plus les provinces du Guéra, dans le centre, Batha, Ouaddaï, Wadi Fira, Barh Elgazel, le Lac, le Borkou, l’Ennedi-Est et Ouest, le Tibesti et N’Djamena.

Pour ce qui concerne la province de N’Djamena, la campagne démarre timidement. Plusieurs hôpitaux et centres de santé sont désignés pour cette campagne.

La rédaction Ialtchad presse a visité quelques hôpitaux et centres de santé pour constater l’évolution de la vaccination.

Au centre hospitalier universitaire Mère et Enfant (CHUME), qui a commencé la vaccination contre la pandémie de la Covid-19 depuis plus d’un an, la campagne démarre mollement. Dans la salle de vaccination, les 3 infirmières chargées de vacciner, attendent avec patience les éventuels candidats à la vaccination. Une glacière bleue contenant les vaccins est posée devant elles. Les infirmières expliquent que depuis le matin, elles n’ont vacciné que 5 personnes, dont 2 femmes et 3 garçons. Dans ce CHUME, il y a deux variétés de vaccins : l’anglais Johnson and Johnson et l’américain Fizher.

Pour le responsable de l’unité de vaccination contre la Covid-19 au CHUME, Dr Yaya Saka Aziber, depuis le lancement de la campagne de vaccination en juin  2021, 7360 personnes sont vaccinées, tous vaccins confondus, c’est-à-dire sinopharm, Fizheir et Johnson and Johnson.  Selon Dr Aziber, les statistiques montrent que c’est beaucoup plus les hommes qui sont vaccinés à l’hôpital Mère et Enfants que les femmes.

Au sujet de la campagne de la vaccination, il précise qu’au départ, le CHUME enregistre beaucoup de candidats pour la vaccination et surtout un nombre important pendant le pèlerinage à la Mecque comme le certificat est obligatoire pour les pèlerins. Le responsable de l’unité de vaccination affirme que pendant cette période, 1025 personnes sont vaccinées. Il constate malheureusement que la situation est en baisse depuis la fin du pèlerinage. Il explique que l’unité n’enregistre qu’une dizaine de vaccinés par jour. Dr Yaya Saka Aziber exhorte les populations qui ne sont pas encore vaccinées à se faire vacciner pour se protéger contre la pandémie de coronavirus.

À propos de certaines mesures barrières qui sont levées, le responsable de l’unité de vaccination contre la covid19 du CHUME, se demande pourquoi les autorités sanitaires du pays ont-elles fait sauter certains verrous ? Pour c’est encore trop tôt de lever les mesures barrières. Surtout, d’après lui, avec l’ouverture au monde et ses déplacements dans certains pays occidentaux. Ces recommencent avec des nouvelles vagues de la covid19.

Jules Doukoundjé    

Les travaux sur la correction des copies des examens de première épreuve du baccalauréat 2022 avancent bien. Mais dire que tout est fin prêt pour proclamer les résultats il est encore très tôt. La rédaction de Ialtchad presse s’est rendu à l’Office national des examens et concours du supérieur (Onecs) s’enquérir de la situation. Reportage.

Les enseignants, président de jury des centres de composition du Baccalauréat travaillent encore sur les copies des candidats à l’Office Nationale des Examens et Concours du Supérieur (Onecs) que se déroule les travaux.

D’après le président du jury Andjaffa Djaldi Jimon les travaux sur les résultats du baccalauréat sont avancés, mais dire que tout est déjà fin prés ce trop tôt, précise-t-il. Pour lui si tout est prêt c’est que les organisateurs du baccalauréat se réfèrent à la proclamation des résultats. Selon lui, il n’y a pas lieu de pronostiquer que d’ici le lendemain les résultats seront disponibles. Il poursuit plus loin qu’il n'y a pas trop de difficultés qui pourrait empêcher de proclamer les résultats d’ici 20 jours. D’après lui, il y a des difficultés, mais elles sont minimes. Car selon lui ce n’est pas évident de traiter 97 000 candidats en 2 ou 3 semaines, explique-t-il. Les défis qui sont à relever sont là. Ces difficultés sont essentiellement liées à la nature d’examen. Le sujet relatif à la composition des secondes épreuves écrites du Baccalauréat, Andjaffa Djaldi Jimon explique que : « ce qui préoccupe plus les jurys à l’heure actuelle c’est la proclamation des résultats des premières épreuves. C’est une fois terminé que nous allons nous pencher sur les deuxièmes séries », martèle-t-il.

Il poursuit en soutenant qu’à l’heure actuelle les esprits sont plus mobilisés pour les résultats. Concernant les statistiques selon le président du jury, ils sont pronostiqués quand ils sauront les nombres exacts d’admis. Mais rien n’est encore sûr. Ils sont donc encore très loin de données les statistiques, car c’est partant des résultats qu’il y aura statistique précise-t-il. Suite aux agressions des surveillants, des présidents des jurys lors de compositions des épreuves passées, Andjaffa Djaldi Jimon comme le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) lance un appel au gouvernement,  aux candidats et aux parents d’élèves de s’impliquer personnellement pour le bon déroulement des secondes épreuves du baccalauréat afin d’éviter que les incidents comme celui de Bol ne se reproduisent, dit-il.

Djénom Josiane       

Les agents de l’Agence National d’Appui au Développement Rural (ANADER) renouvellent leur grève pour 6 jours qui va du 14 au 21 juillet 2022. Ils revendiquent leurs arriérés des frais de transport et de salaire des années 2016, 2017 et 2018 pour les frais de transport. Et 2019, 2021 et 2022 pour les arriérés de salaire. La décision de la prorogation de la grève est prise lors d’une Assemblée Générale (AG) du personnel tenu le 13 juillet dernier au sein de l’ANADER. Reportage.

Les ex-agents des institutions étatiques fusionnées à savoir Office National pour le Développement Rural, (ONDR), la Société pour le Développement du Lac  (SODELAC) et le Programme National pour la Sécurité Alimentaire (PNSA) revendiquent plus de 2 milliards 300 millions à l’État tchadien. Cette somme consiste à régulariser les arriérés des frais de transport des années 2016, 2017 et 2018, et les arriérés de salaire de 2019, 2021 et 2022. Lassés d’attendre la Direction Générale de l’ANADER qui ne fournit pas des informations claires sur la question, ils entrent en grève d’avertissement, renouvelée pour 6 jours.

Dans un communiqué de presse, le personnel demande à la direction de trouver une solution au problème, sinon les agents de la direction générale et ceux des antennes vont observer une grève sèche et d’autres éventuelles actions pourront être envisagées. Pour le chargé de revendication Bagaou Ndikwé Badinga, c’est une discrimination faite à l’égard des agents de l’ANADER. Sinon, comment comprendre que les revendications de certains agents des institutions fusionnées contenus dans le pacte social triennal sont réglées et celles des autres traînent. « Pourquoi on doit payer les ex-agents de manière sélective dans une même institution. Nous avons constaté le laxisme au niveau de la direction générale dans le traitement du dossier relatif à nos arriérés, nous refusons cela. Pendant les négociations avec la direction, une délégation est envoyée au Trésor public et il se trouve que notre dossier n’est même pas suivi.  Cette information a irrité les agents et les a poussés à la grève », a-t-il confié.

Le chargé de revendication ajoute également que ce n’est pas la première grève ni la première revendication des ex-agents des trois institutions depuis qu’elles sont fusionnées. Mais les responsables refusent de trouver de solution à leur problème. Sinon, l’inspecteur du Travail a saisi le délégué du personnel de l’ANADER Manemon Mapouki pour une rencontre ce 14 juillet. Malheureusement elle est avortée compte tenu de l’agenda chargé de l’inspecteur. Entre-temps, le personnel continue sa grève et tient pour responsable l’administration de l’ANADER des préjudices que les activités de la campagne agricole en cours pourront causer. Le Directeur Général de l’ANADER refuse de nous donner des explications au sujet de  la gestion de cette affaire.

Kouladoum Mireille Modestine

Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain Bob Menendez a exigé le 11 juillet dernier au sénat que la transition actuelle au Tchad découle sur une vraie démocratie. Le président a réagi au bond sur cette proposition de résolution du sénateur américain. Certains approuvent la résolution, d’autres qualifient d’ingérence aux affaires internes du pays. Reportage.

La réaction la plus chaude 24h à 48h plus tard est venue du Président du Conseil Militaire de Transition Mahamat Deby Itno aux propos du sénateur américain Bob Menendez en disant que ce n’est pas un sénateur américain qui n’arriverait pas à situer le pays sur la carte qui va donner de leçons et des orientations aux chefs d’États africains. Le PCMT précise que ce temps est révolu et précise que le Tchad est un État souverain.

La proposition d’une résolution au Sénat américain suggérée par le président de la commission des affaires étrangères une résolution en faveur de la démocratie au Tchad et demande au président du conseil militaire de la transition d’organiser les élections présidentielles à la fin de la transition, c’est-à-dire d’ici la fin d’année, conformément au calendrier approuvé par l’union africaine. Il demande aussi aux militaires au pouvoir de respecter leur engagement de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle.

Cette proposition de résolution a fait réagir d’autres acteurs de la politique tchadienne.

Pour le président du parti « Les transformateurs », parti d’opposition, Dr Succès Masra, personne ne dirigera le Tchad en voulant confisquer le pouvoir de manière non démocratique, sinon il y’aura plusieurs Tchad à diriger. Le jeune opposant souligne que le sénateur Bob Menendez a répété ce que le secrétaire aux affaires étrangères a dit au PCMT et qui a été réitéré par la chargée des affaires étrangères de l’ambassade des États-Unis (USA) au Tchad. Selon lui, les Américains dans leur ensemble sont en train de dire quelque chose sur laquelle le conseil militaire de la transition (CMT) s’est engagé. Il rappelle que le CMT avait réuni tous les diplomates accrédités au Tchad et leur a promis de remettre le pouvoir à un gouvernement à la fin de la transition par une élection présidentielle démocratique. Dr Succès Masra ajoute que le CMT a fait la même promesse aux partenaires tels que la France, les USA et l’UA. Le président du parti Les Transformateurs estime que ceux qui assurent actuellement la transition ne peuvent pas être juges et parties. Il soutient que les promesses et les engagements ont été les seules raisons pour lesquelles les américains, les Français et autres partenaires ont continué à soutenir le CMT sur les plans militaires et financiers. Il affirme que si maintenant le CMT se dédit, sa parole n’aura plus de valeur, la confiance aura disparu et on ne sera pas en train de s’acheminer vers la démocratie. Dr Succès Masra affirme que le sénateur Bob Menendez a pris une résolution qui est une première dans l’histoire qui montre que les Américains observent de près ce qui se passe au Tchad. Il ajoute que ce sénateur connaît notre pays et qu’il a eu l’occasion de le rencontrer au Sénat américain en 2019. L’opposant soutient aussi que le gouvernement américain a beaucoup investi pour la transition et a le droit de demander le respect des engagements aux autorités de la transition en organisant les élections transparentes et démocratiques.

Le PCMT a réagi en disant que ce n’est pas un sénateur américain qui n’arriverait pas à situer le pays sur la carte qui va donner de leçons et des orientations aux chefs d’États africains. Le PCMT précise que ce temps est révolu et précise que le Tchad est un État souverain.

Jules Doukoundjé

Le Chef de l'État nigérien Bazoum Mohamed séjourne depuis hier au Tchad. Selon plusieurs sources, la cause de la venue du Président nigérien, reçu par son homologue tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno, Président du conseil militaire de transition (CMT) serait l’urgence sécuritaire dans le Sahel. Mais des questions économiques pour les deux pays producteurs de pétrole pourraient être aussi être abordées. Ialtchad Presse a donné la parole à quelques leaders politiques, ce mercredi 13 juillet pour avoir leurs avis sur ce qu'augure cette visite. Reportage.

La République du Niger et celle du Tchad partagent une frontière commune. Les deux pays font partie des G5 Sahel. C'est la deuxième visite de Banzoum Mohamed. Cette visite serait inscrite dans un cadre de l’urgence sécuritaire au Sahel entre l’engagement tchadien dans le fuseau central et dans la lutte contre Boko Haram. Et les questions économiques pour les deux pays producteurs de pétrole ne sauraient être occultées.

Professeur Avocksouma Djona Atchénemou, président du parti « Les Démocrates » estime que cette visite est inscrite dans un cadre de coopération entre les deux pays. Il soutient aussi que le président tchadien du Conseil militaire de transition (PCMT) s’est rendu plus de deux fois au Niger. À son avis, au-delà du cadre de courtoisie, les deux chefs de l'État vont certainement plancher sur les questions sécuritaires suite aux menaces des terroristes dans la bande du sahel.

Selon Masra Succès, Président du parti "Les Transformateurs", tout va dépendre du contenu et de ce qui en ressortira de cette visite. D'après lui, le Président Bazoum Mohamed les a reçus en 2021 lorsqu'il est venu pour le décès du président Idriss Deby. Il rappelle qu'ils ont eu l'occasion d'échanger sur la suite de la transition et sur ce à quoi cela doit aboutir. Succès Masra affirme que récemment dans une interview accordée par le Président Bazoum à France 24, il a rappelé les principes sur lesquels ils ont eu déjà collectivement à discuter. « Ce sont des principes sur les bases selon lesquelles, le CMT s'était engagé à ne pas être juge et parti. Et qu'à la fin de la transition, laisser le pouvoir à l'équipe qui serait élue démocratiquement par les Tchadiens à diriger, mais ils pourraient s'associer à travailler sur le plan sécuritaire. Au cas contraire, les sanctions de l'Union Africaines vont s'imposer », affirme Succès Masra. Le président du parti Les Transformateurs estime que pour cette unième visite, des questions sécuritaires vont être certainement au rendez-vous. Il signifie qu'il attend de voir comme tout le peuple tchadien ce qui va sortir de cette visite.

Succès Masra, note en plus que le président Bazoum est un démocrate, il était élu parce qu'il y a la démocratie chez lui. « Je n'ose pas croire qu'il s'en passera des enjeux démocratiques dans un pays comme le nôtre. C'est à l’aune de tout cela que le peuple observe. Il en va de même pour le Sahel qui en même temps cumule les défis sécuritaires et du développement. ce sont les deux jambes sur lesquelles nous devons nous atteler pour progresser », déclare le leader politique.

Tous les êtres humains ont le même temps : 24 heures...

Parlant de la possible prorogation de la transition qui s'achève, Succès Masra n'y voit pas d'intérêt. Pour lui ce qui compte, c'est l'évaluation de la méthode, du rythme et de l'équipe avec laquelle cette transition a été gérée qui serait opportun. « On ne peut pas demander à la même personne de continuer avec la même chose. Vous pouvez dormir 30 ans dans une bibliothèque et vous n'en sortiez pas cultiver tant que vous ne lisez pas. Tous les êtres humains dans le monde ont le même temps 24 heures, la valeur du temps dépend de ce que vous faites », assure M. Masra.

À son avis, la question ce n'est pas la prorogation ou la durée. Ce serait absurde de répéter la même chose, selon lui. « Les américains disent poubelles à l'entrée, poubelles à la sortie. La preuve, on a nommé des pilleurs de la république à des postes de responsabilité et le pillage à continuer. Les caciques de l'ancien système sont revenus et le système se perpétue », affirme le politique. Il souligne que ceux qui raisonneraient en termes de durée se seraient trompés. Cette durée n'est qu'une conséquence d'une feuille de route avec des équipes qui vont avec, dit-il. D'après lui, ils ont vu venir ces manquements. Mais si ceux qui se sont auto-désignés et ont nommés tout le monde par un décret unilatéral : CMT, CNT, gouvernement de transition, arrive à constater leurs failles, ils doivent se remettre en question. Les 18 mois, dit-il, ne sont pas respectés et en plus, aucune justification claire n'a été donnée à cet effet. « Autrement, il va falloir redéfinir tout et le cadre approprié c'est le dialogue national inclusif. Prendre des mesures d'objectivité entre ceux qui ont soutenu la transition et ceux qui en sont restés sceptiques, il va falloir sortir un comité paritaire qui doit valider les thèmes du dialogue, les personnes qui vont participer à ce dialogue, considérant les dimensions socio-politiques des uns des autres », propose Succès Masra.

À en croire Succès, c'est la seule façon d'éviter que les mêmes cousins à la présidence donnent la parole au même patronyme puis dire que, les Tchadiens réunis ont décidé qu’« on ne veut plus entendre cela. Lorsqu'on parle de dialogue, il y a deux camps qui doivent s'asseoir et discuter pour trouver un consensus. Nous sommes en réalité dans une période pré-transitoire, la véritable transition ne va commencer qu'au dialogue », confie le président des Transformateurs.

Moyalbaye Nadjasna

Pour le compte de la quatrième journée du championnat national, Tout Puissant Élect Sport a affronté Espoir de Guéra ce 13 juillet au stade de Paris-Congo dans la commune du 6e arrondissement de la capitale tchadienne. Un match soldé par la victoire de TP Élect Sport. Reportage.

Si le début du championnat a été rose pour les jaunes du Guéra, la suite de l'aventure se complique. Cet après-midi, il a croisé le fer contre l'une des meilleures équipes du Tchad, TP Élect Sport au Stade de Paris-Congo. C'est dans un stade rempli à craquer que l'arbitre central Adoum Abdramane a donné le coup d'envoi du match. Dès l'entame du match, chacune de deux équipes essayent de mettre la pression afin de garder au maximum le contrôle de la balle. Le match était équilibré. À la 23 min, le numéro 18 de TP Élect Sport, Béadoum Moundé a ouvert le score. 2 min plus tard soit à la 25 min Ahmat Djimet marqua le deuxième but pour son équipe. Après le deuxième but, le match était plus vif pour les deux adversaires. À la 38 min, Abdoulaye Yacoub a mis la balle au fond du filet, c’est le troisième but. C'est sous le score de 3 buts à 0 que l'arbitre centrale renvoie les deux formations à la pause.

De retour des vestiaires, Espoir de Guéra revient à la charge. Il multiplie des occasions, mais sans succès. Il faut attendre la 80 min pour que TP Élect Sport se remet dans le jeu. L'entrée de Walé et Maitchari a fait craquer l'équipe adverse. À la 88 min, Maitchari fait une double clique entre trois joueurs et envoi le ballon au deuxième poteau qui trouve seul l'attaquant Amos. Il signe le quatrième but à son équipe. À la 90 min, Maitchari reste inarrêtable face aux défenseurs adversaire. Il fait une seconde passe décisive, cette fois-ci à Béadoum Moundé qui pousse la balle dans la cage des mongolais. C’est 5 buts à 0 en faveur de TP Élect Sport que l'arbitre met terme à cette rencontre.

Abdelkader Abderaman Koko, Conseiller National présent à cette rencontre affirme, « ce match a été engagé et les deux équipes ont tenté de construire », dit-il. Il ajoute, « au football il y a toujours une équipe qui gagne. Et il y a un niveau nettement supérieur du côté de Élect Sport face à Espoir de Guéra. Je pense que cela servira de leçon à l'équipe perdante ». M. Abdelkader n'a pas oublié de souhaiter une bonne chance à Élect Sport pour la finale. Pour Ahmat Mahamat Ali, latérale gauche de Espoir de Guéra, l'équipe adversaire était supérieure physiquement et techniquement, « au départ nous avons fait un bon jeu, mais nos joueurs ont lâché prise à moment donné, ce qui a donné l'occasion à nos adversaires de mettre des buts » a-t-il confié. Maïtchari joueur de TP Élect Sport déclare, « nous sommes bien organisés et disciplinés du début jusqu'à la fin du match et le résultat ne peut-être que positif. Nous en réjouissons », a-t-il martelé. Son entraîneur, Djamal Abderamane, « Avant de jouer le match, nous savons que nous avons un adversaire de taille et nous sommes préparé en conséquence. Aujourd'hui nous avons remporté le match et nous sommes déjà en finale », a-t-il lancé.

Signalons qu'après cette large victoire, Élect Sport prend officiellement la tête de sa poule et est en finale qui se jouera le 17 juillet prochain à Diguel. Le prochain match de Foullah Édifice contre As Santé d'Amdjarass déterminera le prochain adversaire de Élect Sport.

Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou

Tous les centres de santé du district Nord de la ville de N’Djamena sont en grève depuis le lundi 11 juillet 2022. C’est suite à l’arrestation d’un corps soignant du centre de santé de Hillé Houdjaj  dans la commune du 1er arrondissement. Une infirmière est accusée d’avoir donné la mort à une patiente qui n’a pas reçu un acte médical. Le Syndicat National des Travailleurs des Affaires Sociales et de la Santé au Tchad. SYNTASST dénonce cette arrestation et exige la libération de l’infirmière La rédaction de Ialtchad presse est allé vérifier cette affaire au centre de santé de Hillé Houdjadj et au district de l’hôpital de la paix. Reportage.

La cour de l’hôpital de la paix de Farcha est déserte ce matin. Pas d’ambiance, la grève est observée à 100% par le personnel.  Le bureau du médecin, les salles d’hospitalisation, la maternité, la pédiatrie, les salles de soins et la pharmacie sont fermés à clé. Il existe un service minimum d’urgence. Mais d’après nos sources, ce service ne prend en charge aucun patient tant qu’ils n’auront pas eu gain de cause à leurs revendications, lance une des infirmières interrogées qui demande l’anonymat. Même son de cloche du côté du centre de santé Hillé Houd hadj. Pas de corps soignants. Un véhicule militaire est garé dans la cour pour assurer la sécurité du centre de santé.

Selon les explications du président du SYNTASST Younouss Mahadjir, tout est parti de la prise en charge médicale d’une patiente qui s’est présenté au centre de santé Hillé Houdjadj pour des soins ventre creux. L’infirmière l’aurait demandé d’aller manger quelque chose avant de revenir prendre ses médicaments. La patiente est allée prendre une bouteille de jus et une bouteille d’eau consommées à moitié. Arrivée dans la salle de soins, elle commençait à vomir. Et n’a pas eu le temps de prendre ses soins parce qu’elle serait morte. Les parents de la victime ont accusé l’infirmière d’être à l’origine de la mort de la patiente. Du coup, l’infirmière et le boutiquier qui a vendu à la patiente le jus et la bouteille d’eau sont mis aux arrêts.

Informé de la situation, le Syndicat National des Travailleurs des Affaires Sociales et de la Santé au Tchad SYNTASST à travers son secrétaire général dénonce cette arrestation et exige la libération de leur camarade. Saisi de l’affaire, le ministre de la Santé publique a tenu une rencontre avec les responsables du SYNTASST hier 12 juillet au sein du ministère. Il a signifié que pour des raisons de sécurité du corps soignant, il préfère qu’elle soit toujours en détention en attendant que les tensions baissent.

Selon le président du SYNTASST Younouss Mahadjir, cette suggestion n’est pas du gout du syndicat et donne un préavis de grève de 6 jours qui prendra fin le 18 juillet prochain. Le syndicat exige la libération de leur camarade. « Dans les principes du SYNTASST, dès que vous êtes menacés, vous cessez de travailler. Nous allons tenir une Assemblée Générale Extraordinaire le 18 juillet pour demander à la base si elle est d’accord ou pas avec la proposition du ministre de la Santé qui consiste à maintenir la camarade en prison pour des raisons de sécurité. Ensuite nous allons décider de lancer la grève ou pas », a-t-il déclaré. Pour Younouss Mahadjir, c’est une magouille des parents sinon l’infirmière qui est détenue n’a pas encore posé un acte médical sur la patiente qui peut la conduire en prison.

Approché, la responsable du centre de santé de Hillé Houdjaj a décliné notre invitation pour donner la version des faits de l’établissement.

Kouladoum Mireille Modestine
Djénom Josiane

Dans le cadre de la 4e journée du championnat national, As Santé d'Amdjarass a affronté ce 12 juillet 2022, l'un des plus grands clubs de la capitale, Foullah Édifice au Stade de Paris-Congo dans le 6e arrondissement de la capitale tchadienne. Les N'Djamenois ont gagné le match sur un score large de 7 buts à 0. Reportage.

Après trois défaites de suite, soit 18 buts encaissés, As Santé d'Amdjarass n'a pas retenu la leçon. Au stade de Paris-Congo, devant un public venu en masse que l'arbitre Philippe a donné le coup d'envoi du match. A l'entame, As Santé d'Amdjarass avait pris légèrement le dessus, mais la ténacité et l'expérience de l'équipe adverse a joué en leur défaveur. Il n'a fallu que 16 min pour que Foullah revienne au match et inscrive son premier but grâce à son attaquant Kerim Yaya. Si tout semble parfait pour les joueurs d'Amdjarass, la donne a changé après le premier but. Foullah est revenu dans la danse. Il contrôlait le jeu. A la 31 min, Kerim Yaya inscrit le deuxième but à son équipe. Dominé sur les angles de jeu, les défenseurs d'As Santé d'Amdjarass commettent une faute grave à l'intérieur de la surface de réparation et l'arbitre siffle un penalty. Il sera transformé par Mahamat Haroun. A trois minutes de la pause, Foullah a marqué, mais l'arbitre de touche à signaler une faute. C'est sous le score de 3-0 en faveur de Foullah Édifice que l'arbitre renvoie les deux formations à la pause de 15mn (mi-temps).

De retour des vestiaires, Foullah Édifice prend le dessus et crée des occasions en or. Il a fallu 12 min plus tard soit à 57min du match que Kerim Yaya marque à nouveau et refroidit toute l'équipe adverse. Deux minutes plus tard le numéro 10 de Foullah Édifice, Bakhit Djibrine met un autre but au fond de filet. As Santé d'Amdjarass est revenu avec une occasion en or, mais le gardien adverse a bloqué sa cage. Le jeune attaquant Hassan Hissein de Foullah entré à la seconde période a inscrit 2 buts, avec un écart de 3 min. L'un a marqué à la 79 et l'autre à la 82 min. C'est sous le score de 7 buts à 0 que l'arbitre départage les deux équipes.

Mansour Charfadine, supporteur d'Amdjarass soutient que son équipe est à sa première participation, « il faut laisser le temps au temps. As Santé d'Amdjarass sera meilleure équipe. Même si nous sommes disqualifiés, l'équipe va se préparer pour la prochaine », dit-il. Pour Jean Claude supporteur de Foullah Édifice cette victoire est capitale pour leur. Il relève, « je suis émerveillé par cette victoire et le beau jeu par notre équipe », déclare-t-il. Jean Claude ajoute aussi que le prochain adversaire As Santé d'Abéché a des potentialités, sauf la concentration et un bon travail pourra faire gagner son équipe.

Du côté de l'entraîneur de As Santé d'Amdjarass, Maxime, c'est la désolation qu'on peut lire dans yeux. Il déclare, « Foullah est une grande équipe dans cette compétition ». Il ajoute « Nous avons fait ce qu'on peut. Pour avoir un résultat, il faut un temps », a-t-il affirmé. Pour A. Topoul, le portier de but de Foullah Édifice souligne que l'objectif a été atteint pour ce match. Il confie, « nous avons joué et imposé notre rythme, le prochain contre Abéché sera décisif », a-t-il dit.

Rappelons que par cette large victoire, Foullah Édifice prend la tête de la poule « B » avec le même points qu’As Santé d'Abéché, mais avec un légère différence de buts marqués. Le prochain match qui opposera Foullah Édifice contre As Santé d'Abéché sera décisif pour déterminer le finaliste du championnat national.

Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou

Depuis quelques semaines déjà, les consommateurs des boissons alcoolisées et non alcoolisées des brasseries du Tchad (BDT) ont du mal à se procurer de ces boissons. Les buvettes, les alimentations, les bars, voir les dépôts ont de la peine à satisfaire leur clientèle. Cette situation a fait que les affaires des personnes qui mènent ces activités tournent au ralenti. Ialtchad Presse a sillonné quelques bars et points de ventes pour vous. Reportage

Moursal, un quartier reconnu par le nombre croissant des points de ventes des bières a perdu un peu de son ambiance d’alors. Les clients se font rares dans les bars. La raréfaction des boissons alcoolisées et non alcoolisées est la principale cause. Les stocks dans les bars sont épuisés et les consommateurs vont de plus en plus espérant trouver leur gout de bière.

Dorimbaye Célestin est assis dans un café nommé « Café Céleste ». Il sirote une bouteille de Guinness même si ce n’est pas son gout. Le prix de la Guinness a augmenté et cela l’a conduit à diminuer aussi la quantité de sa consommation journalière. « Je ne sais pas si c’est une manière pour nous empêcher de consommer la bière que la brasserie a fait cela. De toutes les façons, ce sont les consommateurs qui ramassent les peaux cassées. Les détenteurs des bars font beaucoup de navettes. Ils partent jusqu’à Kousseri pour trouver les boissons alors le prix a grimpé», dit-il. Pour lui, les BDT font les choses à leur tête parce qu’elles sont seules sur le marché. Elles sont sans concurrents. Sinon, dans un pays où il existe de la concurrence, elles ne peuvent pas faire cela sans donner des explications aux consommateurs, a-t-il expliqué.

Dans le même café, Mme Mafrigui Gisèle prépare les boyaux de bœufs aux clients qui arrivent. Cette pénurie a des effets directs sur ses activités. Ses affaires ne marchent plus comme avant nous a-t-elle confiée. Pour elle, les consommateurs achètent ses plats quand ils ont de la bière et surtout une bière à leur goût. « Les clients viennent et repartent sans rien acheter. Ils cherchent les coins où ils peuvent trouver leur gout pour y rester et nous les perdons comme ca. Ce n’est pas facile de trouver toutes les qualités de bière dans une alimentation depuis qu’elle se fait rare. Alors je rentre avec les boyaux pour préparer aux enfants parce que je ne peux pas vendre ce qui est pourri à mes clients », explique-telle. Elle affirme également que c’est difficile de récupéré l’argent investit puisque les acheteurs ne sont pas au rendez-vous. Elle demande aux BDT de trouver une solution urgente à cette pénurie car les affaires tournent au ralenti.

Au café le festival, le propriétaire Mbaïdadjé Mathias a fait la queue dans un dépôt de la place depuis 4h du matin. Il  a eu la chance de rentrer avec cinq casiers de sucreries et cinq casiers de la bière Castel. Il affirme que c’est vraiment de la m.. dans les dépôts mais il ne veut pas fermer son café, alors il est obliger de se soumettre. « Les dépôts nous obligent à payer les boissons alcoolisées et non alcoolisées au même prix. Sinon le prix des boissons dans les dépôts restent le même. Seulement que c’est difficile de s’en procurer. Les brasseries ne nous donnent pas les raisons de cette rareté donc nous ne sommes pas à mesure de vous dire quoi que ce soit à propos », a-t-il déclaré. Il souligne également que les dépôts ne leur donnent pas plus de deux qualités de bière. C'est-à-dire qu’ils ne peuvent pas servir Castel, Guinness et 33 Export en même temps. Cette situation a amené certains détenteurs de points de vente de boissons à fermer.

Kouladoum Mireille Modestine
Mariam Mahamat Abakar

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