Reportage

Reportage (1389)

A l'occasion de la journée mondiale de la liberté de presse (JMLP), un match d'exhibition a opposé cet après-midi 2 mai  l'équipe des journalistes aux artistes tchadiens au terrain du Collège Royal derrière le Lycée Technique Commercial (LTC) à Sabangali dans la commune du 3e arrondissement de la capitale tchadienne. Reportage.

C’est dans un climat joyeux et à la fois électrique que les deux équipes se sont affrontées 40 minutes en tout. Lors des premières minutes de la première période, les artistes ont dominé la rencontre en  poussant haut leurs adversaires. Il fallut 15 minutes plus tard pour que les journalistes reviennent dans le jeu. C'est sur une erreur défensive des rouges (artistes) que Djamal Moussa Adam, capitaine des tenants de l’équipe des journalistes au dossard 10 ouvre le score. C'est sur le score de 1 but à 0 que l'arbitre fédéral de la ligue 1 de N'Djamena, Hassan Kana renvoie les deux sélections aux vestiaires.

Au retour de la pause, le match devient intense. Une rude bataille s'est livrée au milieu du terrain entre les deux adversaires. Il a failli tourner au vinaigre suite à l'exclusion d'un artiste après une altercation avec l'arbitre. Quelques minutes plus tard, les journalistes ont obtenu un penalty. Il a été repoussé par le gardien adverse. C'est sous le score d'un 1-0 à zéro que l'arbitre a mis fin à la rencontre.

Pour Nesta Yamgoto, joueur, de l’équipe de la presse, indique que son équipe a fait une très belle prestation en marquant un but lors du temps réglementaire. «Nous sommes contents de gagner en cette journée qui marque notre journée. Cette victoire est dédiée aux journalistes d'une manière générale et à Narcisse Oredjé fauché le 20 octobre », a-t-il confié. Si la victoire est célébrée avec allégresse par les tenants les journalistes, les artistes disent déçu par la qualité de l'arbitrage. C'est le cas de l'artiste humoriste, Pircolossou Abeyre alias DJA-FAT. « L'arbitre central a joué à notre défaveur. On dirait qu'on l'a monnayé. Il n'a pas respecté les règles de jeu», dit-il. DJA-FAT ajoute que l'arbitre a distribué gratuitement et sans raison des cartons à son équipe. Au-delà de cette défaite, qu'il a du mal à digérer, l'artiste a tenu à remercier les journalistes. « Ils nous ont honorés. Nous tenons à les remercier pour cette considération et souhaitons courage pour le travail impeccable qu'ils font pour nous informer à temps réel », a-t-il déclaré. Pour l'artiste le gouvernement doit faire des efforts pour garantir la sécurité des journalistes qu'il estime lui, sont en danger permanent, dit-il.

Abderamane Moussa Amadaye

A l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le comité d'organisation a lancé solennellement les activités de la 33e édition au cours d’un point de presse ce 1er mai 2023 à la maison de média du Tchad située au quartier Moursal dans le 6e arrondissement de N’Djamena. Reportage.

Prévu à 10h, le point de presse a démarré avec un léger retard de 10 min. Une minute de silence a été observée à l'honneur des tous les journalistes morts naturellement ou assassinés dans le cadre de leur métier. Djibrine Mahamat Adam, Président du comité d'organisation (CO), par ailleurs inspecteur général du ministère de la Communication a affirmé que cette journée sera célébrée le 3 mai prochain. Il poursuit qu'elle est une occasion pour les tenants du 4e pouvoir de tracer les portraits de la liberté de presse, de défendre son indépendance face au politique, au système judiciaire et aussi de se souvenir des journalistes censurés, emprisonnés ou assassinés et rendre hommage à ceux décédés dans l'exercice de leur métier, dit-il.

Le Président du CO soutient que cette édition revêt un caractère particulier, « elle marque le 30e anniversaire de son institutionnalisation ». Le thème retenu pour cette journée est, « Façonner un avenir des droits : la liberté d'expression, clé voûte des droits humains ». Il ajoute, « pour contextualiser ce thème retenu par l'UNESCO, le Tchad a placé le sien sous: « responsabilités sociales des journalistes en période de transition : cas du Tchad », a-t-il affirmé. Selon lui, pour décortiquer ce thème, il a été décliné en 6 thématiques à savoir, la liberté d'expression : clé de voûte des droits humains au Tchad, journalistes épanouis : acteur de développement (indépendance économique et sociale de la presse), accès à l'information : mythe ou réalité, le rôle des médias électroniques en période de transition : cas du Tchad, la protection du journaliste au Tchad et enfin le journaliste et la prévention de la paix.

Aussi, il affirme que cette journée est une occasion pour les hommes et femmes de la presse de jeter un regard rétrospectif dans la gestion de la liberté de la presse et du pluralisme médiatique afin d'apprécier le chemin parcouru et de tirer les leçons en interpellant le pouvoir public face à sa responsabilité : la protection des journalistes et la promotion des médias ainsi que leur indépendance économique, dit-il. Il signale que l'évènement va s'étaler sur 3 jours, « du 1er au 3 mai. Nous venons d'entamer avec ce point de presse suivra une série de conférences-débats et d'un match de foot pour la journée du 02 et enfin la cérémonie d'ouverture aura lieu le 3 mai à l'hôtel Radisson Blu sous le Haut Patronage du Président de Transition, des conférences-débats et le tout clôturé par un banquet dans les beaux jardins de l'ONAMA », a précisé M. Djibrine Mahamat Adam.

Abderamane Moussa Amadaye

La Ligue provinciale de Football de N'Djamena (LPFN) continue. C'est la 21e journée, il ne reste que 5 matchs pour ce championnat finisse. Le classement reste encore très serré entre les 4 premières équipes du championnat. Reportage.

Renaissance Football Club (RFC) est en tête du classement avec 3 points d'avance sur son rival Foullah Édifice. Contrairement aux années précédentes, le championnat de N'Djamena de cette année s'annonce bouillant . Les équipes jouent leurs matchs respectifs sur les trois terrains retenus pour ce tournoi notamment l'Académie de Farcha, Stade de Diguel ou celui de Paris-Congo. Les équipes donnent le meilleur d'eux-mêmes pour être remporter le championnat ou bien espérer leur qualification au championnat national.

Amane Adoum, entraîneur principal de club RFC, qui occupe le premier rang justifie que la magie du football c'est le travail. Il s'appuie sur des joueurs qui suivent ses conseils ainsi que les cadres. À noter qu'ils doivent uniquement gagné les 5 matchs restants sans défaut pour être champion, il ajoute que le match se joue par détails et en cas d'une défaite, son équipe va chuter en 5 ou 6e place sans être qualifié au championnat.Pour lui, même si ce n'est pas fini cela reste un sentiment de joie, car le match n'est pas encore fini et ils vont attendre jusqu'à la fin de la journée pour confirmer leur première place. Le coach a été sanctionné pour 2 matchs suite à une incompréhension avec le coach adverse. Pour lui, c'est juste une erreur arbitrale et les arbitres doivent revoir leur décision.

Coach Abakar Tchatcha entraîneur de l'équipe de EMAT (équipe d'armée de terre) évoque la question de terrain limité et que les équipes n'ont pas le temps de faire 90 minutes . La position de son équipe est l'avant-dernier, car il joue la relégation et espère gagner les 5 matchs pour se maintenir en première division. Il vient d'être suspendu par le comité d'arbitrage pour 2 matchs parce qu'il motivait ses joueurs, ce qui a provoqué une incompréhension entre lui et son collègue. Il rejette cette décision parce que le comité d'arbitrage n'a pas du tout raison.  Il n'a pas été suspendu depuis qu'il est entraîneur en 2000.

Le Secrétaire général de la ligue de Football de N'Djamena Rahma Zakaria Rahma est ravi pour l'organisation qu'il dirige. Il affirme qu'ils sont à la 21e journée de championnat de N'Djamena qui a au total 26 journées, car jusqu'à maintenant rien n'est encore décidé ni à la tête ni à la queue, car tout est encore jouable, le classement est très serré il n'y a pas un grand écart des points. M. Rahma affirme que le calendrier est encore en vigueur et le dernier match va se jouer le 24 mai, qui est la date finale sauf catastrophes naturelles, a-t-il dit.

Noël Adoum

Après le rapatriement de deux vagues de 200 tchadiens résidant au Soudan, le gouvernement tchadien a rapatrié ce samedi la 3eme vague environ 131 ressortissants tchadiens. Ils ont été accueillis au bas de la passerelle de l'aéroport international Hassan Djamouss de N'Djamena par les membres du comité de crise. Reportage.

Ce samedi matin à 23h 57 minutes que le troisième vol de rapatriement est arrivé cette nuit à l'aéroport international Hassan Djamous de N'Djamena comprenant 130 ressortissants tchadiens bloqués au Soudan dont 15 enfants, 5 malades, 34 personnes âgées et des étudiants.

Le Secrétaire Permanent de la Commission Nationale d'Accueil de Réinsertion des Réfugiés (CNARR) Idriss Mahamat Ali Abdallah Nassour accompagné de son Staff se sont fortement mobilisés sous l’égide du ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et de la Bonne gouvernance pour accueillir les Tchadiens Rapatriées du Soudan. La CNARR conjointement avec le ministère de l’Action sociale, de la santé et avec l’appui de l’OIM, ont apporté les soins de première urgence aux rapatriées. Par la suite, des bus déployés par la CNARR et l’action sociale ont permis de ramener les nouveaux arrivés auprès de leurs familles respectives. Le secrétaire permanent, « c'est une fierté d'avoir accueilli les trois premières vagues et nous continuerons d'accueillir d'autres tchadiens rapatriés du Soudan jusqu'à la fin », a-t-il dit. Il ajoute, « nous demandons aux partenaires et à d'autres organisations de venir en aide pour accueillir leurs frères tchadiens ».

Adam Abakar, parti au Soudan dans le cadre de soins affirme avoir rencontré plusieurs difficultés, la guerre a commencé au premier rendez-vous avec le médecin. Il a vu un carnage dans son quartier notamment plusieurs personnes mortes. « On a ramené à l'université africaine où il n'y avait ni nourriture, ni l'eau ni l’électricité » et ensuite nous étions dans le bus jusqu'au port Soudan avant de monter l'avion. « Nous remercions Dieu qui nous a sauvé ainsi que la force de la diplomatie tchadienne sans oublier les autorités de la transition », a-t-il dit.

Moussa Ahmat est allé depuis le 25 février, témoigne qu'ils ont parcouru 850 km avant de venir au port Soudan, ils sont au nombre de 132 dont quelques étudiants. « Cela n'a pas été facile pour nous, nous sommes tirés de ce pétrin grâce à l'ambassade du Tchad au Soudan qui nous a sauvé la vie ».

Abdel Nassir Brahim Ahmat, le DRH du ministère du genre affirme, que la première vague compte 131 personnes, la deuxième vague 87 personnes et la troisième vague 137. Il relève que tous les passagers sont enregistrés et qu'ils ne laisseront personne passer la nuit dehors. Pour lui, leur responsabilité c'est de prendre en charge les Tchadiens rapatriés du Soudan en les logeant dans des hôtels, plus de 4 ambulances s'occupent des malades. Il confirme que le ministère du genre va toujours continuer à accueillir les autres qui viendront dans les jours à venir.

Noël Adoum

L'Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissène Habré (AVCRHH) a commémoré la journée qui marque la fin de la procédure judiciaire enclenchée par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) où Hissène Habré fut condamné à perpétuité le 27 avril 2017. Cette cérémonie a vu la présence de Conseiller aux Droits Humains, M. Makaila Nguebla représentant le président de transition. La commémoration s'est déroulée à « la plaine des morts » au quartier Goudji Hamral Goz dans la commune de 1er Arrondissement de la capitale tchadienne. Reportage.

Il est 8h quand les victimes de Hissène Habré se sont mobilisées pour venir dans un espace vaste baptisé « la plaine des morts », lieu où plusieurs victimes ont été enterrées durant les 8 ans de règne de Habré, déclare le Président de L'AVCRHH Adoumbaye Dam Pierre. Arrivée sur le lieu, l'on constate plusieurs banderoles accrochées sur lesquelles, il est écrit, « Union Africaine, gouvernement de transition, arrêtez l'hémorragie, 6 ans après, 500 décès plus de 300 malades couchées », sur la deuxième banderole, « nous victimes veuves et orphelins exigeons la mise en place du fond judiciaire dès le mois de mai », « les victimes veuves et orphelins exigent l'édification de Ex-DDS en musée ». Les orphelins ont tous attaché une écharpe de couleur rouge sur leurs têtes et se sont levés, les mains sur la tête pour exprimer leurs mécontentements. D'autres victimes et orphelins ont porté des t-shirts à l'effigie de cris scandant, « orphelins debout pour vos droits », « la DDS a tué mon père et ma mère, indemnisez les orphelins », « 5 ans après le procès de Dakar, la honte de l'Afrique entière » pour exprimer leurs mécontentements.

La représentante des veuves affirme que « ça fait 39 ans que nous pleurons, nous versons des larmes chaudes, la marmite de la veuve est vide, le panier est également vide ». Elle ajoute, « pendant 39 longues années, les orphelins ne sont pas allés à l'école par faute de moyens ». Elle interpelle le gouvernement de regarder la marmite et le panier de la veuve et appelle le président de transition qui est leurs fils à penser pour elles afin d'arracher la bénédiction des veuves pour gouverner plus longtemps le pays, a-t-elle dit.

Le représentant des orphelins, lui, a demandé à tout le monde d'observer une minute de silence en mémoire des disparus afin de faire l'estimation. La cellule de N'Djamena comptabilise 1632, celle de province compte 2872 dont 1428 désespérés. « Les orphelins sont abandonnés à leur triste sort parmi lesquels figurent des diplômés sans emplois, plusieurs décédés et plus de 78 couchés malades sans oublier des locataires orphelins expulsés de leurs maisons » a-t-il souligné.

Pour le président de l'AVCRHH Adoumbaye Dam Pierre, les principes de normes et de droit international font partie de l'obligation de l'État afin de prévenir les violations des droits de l'homme et d'enquêter sur ces violations puis de prendre des mesures contre les auteurs de ces violations afin d'assurer la réparation des victimes. Selon lui, le Haut-Commissariat des Nations unies au Droit de l'homme a souligné que, « la mort de l’ex-président ne constitue en aucun cas un obstacle à la mise, du fond du jugement et de réparation à la chambre extraordinaire africaine ». Pour lui, la question de l'indemnisation qui sous-tend les décisions judiciaires est restée lettre morte, car la commission de l'Union Africaine est entrée dans une somnolence pathologique, a-t-il dit. Il poursuit, « si demain, nous ne recevons pas de réponse appropriée à notre sommation, les victimes veuves et orphelins seront dans l'obligation de mener des actions citoyennes et la responsabilité sera imputé au gouvernement et à la commission de l'Union Africaine ». Il ajoute que le ministre des Droits humains a fait la pose de pierre sur le lieu depuis 2011, il n'y avait pas encore des habitations, aujourd'hui cet espace donné par le gouvernement, les gens ont morcelé et ont vendu. Il affirme qu'ils vont récupérer leur espace qui leur revient de droit. Enfin, il relève qu'ils continueront toujours avec la lutte jusqu'à la satisfaction totale.

Noël Adoum

C'est à bord de la compagnie soudanaise Tarco Aviation que 131 tchadiens résidant au Soudan ont été rapatriés la nuit du 27 avril à N'Djamena, capitale tchadienne. L'accueil fut chaleureux, mais dans un grand désordre Reportage.

Prévu à 16h, l'atterrissage a été prorogé jusqu'à 19h. Pas de lampadaire à l'aéroport International Hassan Djamouss, plus précisément là où devraient être accueillis les rapatriés. Aucune disposition n'a été prise à cet effet. Malgré la présence massive de la sécurité, un désordre s'est installé lorsque les ministres étaient au bas du tarmac.

D'abord, la presse a été mal traitée tiraillée par ci, bloquée par-là, jusqu'à l'intervention personnelle du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Aziz Mahamat Saleh. L'attitude des agents de la sécurité surtout ceux de l'Agence Nationale de Sécurité (ANS) a été fortement critiquée par l'entourage de membres du gouvernement, « ils exagèrent », lança un membre du gouvernement. Il a fallu aussi l'intervention et l'insistance du ministre de la Sécurité publique, pour que la situation soit débloquée. Lorsque la délégation gouvernementale se rend au pied de l'avion, une bonne partie des rapatriés a déjà évacué l'avion.

Sur place, les rapatriés sont émus, fatigués, mais heureux d’être enfin au pays. Ce premier vol est composé majoritairement de femmes, d'enfants et des personnes malades, a constaté la rédaction. Interrogé, Abdelkerim Harran Hamid, un soixantenaire a l'air fatigué indique. Il est parti au Soudan, précisément à Khartoum récemment pour des soins et conflit a éclaté. « Heureusement que notre ambassadeur a pris des dispositions nécessaires pour notre sécurité pour faciliter notre retour », dit-il. M. Harran, ajoute également que la facilitation a été d'abord faite par leur voyage de Khartoum en bus jusqu'au Bor Soudan (Port Soudan). « Et c'est de là que nous avons embarqué dans l'avion pour N'Djamena », a-t-il précisé, fatigué, mais souriant. Il a ensuite remercié les autorités de transition pour cette marque de considération en leur faveur, « nous sommes reconnaissants et le demeurons éternellement ».

C'est aussi le cas de Madame Nodjingar Korite. Elle était au Soudan aussi pour des soins médicaux. « J'étais parti il y a 2 semaines pour des traitements malheureusement, je n'ai pas pu le finir », dit-elle. Mme Nodjingar affirme être contente de regagner son pays d'origine. « Nous devons être fiers et sauvegarder jalousement cette paix. La paix n'a pas de prix », dit-elle. « Les Tchadiens ont beaucoup fait la guerre, aujourd'hui nous sommes en paix et nous sommes une référence. Continuons de la garder jalousement. C'est que j'ai vu au Soudan, mon Dieu, c'est cruel », s'est-elle indignée.

Le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration, Gal. Mahamat Charfadine Margui a échangé avec la presse. Il rassure les Tchadiens que toutes les dispositions sont prises par le gouvernement pour le retour de tous les Tchadiens résidents au Soudan.

Abderamane Moussa Amadaye

Le Tchad a célébré ce mardi 25 avril 2023, la journée mondiale de lutte contre le paludisme placée sous le thème, «il est temps de parvenir à zéro cas de paludisme : investir, innover mettre œuvre ». La cérémonie commémorative a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé publique et de la prévention à l'hôtel de Radisson Blu. Reportage

La commémoration a été présidée par le secrétaire général de la santé publique et la prévention Dabsou Guidaoussou, a vu la présence des représentants des partenaires techniques et financiers, les cadres du ministère et les responsables des organisations de la société civile ainsi que plusieurs étudiants venus des différentes écoles de santé.

Le paludisme constitue un fléau mondial. Selon la statistique de l’Organisation mondiale de la Santé de 2021, on estimait à 247 millions le nombre de cas de paludisme dont 619 000 décès, 95% des cas et 96% de décès étaient recensés en Afrique Subsaharien. Les enfants de moins de 5 ans en paient le plus lourd tribut avec 80% environ des décès dû au paludisme. Au Tchad, selon les données du programme national de lutte contre le paludisme en 2022, les formations sanitaires ont notifié 1 028 800 cas de paludisme, dont 192 928 cas graves. Le nombre de décès toutes causes confondues dans les formations sanitaires est 8880 dont 2692 dus au paludisme soit 30,32%. La prévalence du paludisme dans la population générale du Tchad est de 40,9% selon l’enquête nationale de 2017.

Le coordonnateur adjoint du programme national de lutte contre le paludisme Dr.Kodbessé Boulotigam Moise a lancé un vibrant appel aux dirigeants et aux décideurs de s’engager de toutes leurs forces dans la lutte contre le paludisme. Leur action a pour seul but de réduire le taux de mortalité due au paludisme et contribuer au développement de notre pays qui est aussi l’objectif premier du secteur du privé, a-t-il martelé.

Le Représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé au Tchad, Dr.Jean Bosco Ndihokuwayo quant à lui a souligné que le Tchad a souscrit à la vaccination contre le paludisme, une intervention complémentaire à haut impact qui pourrait aider à parvenir à zéro cas de paludisme. Il a rassuré les responsables de la santé que son institution continuera d’appuyer le gouvernement du Tchad dans ses efforts inlassables à lutter contre le paludisme.

Pour le secrétaire général du ministère de la Santé publique et de la prévention Dabsou Guidaoussou, la journée mondiale de lutte contre le paludisme est une occasion pour sensibiliser les dirigeants et les décideurs dans les pays touchés par le paludisme quant à la nécessité impérieuse d’atteindre les populations marginalisées au moyen des outils et des stratégies, a-t-il déclaré. Il poursuit, c’est aussi une opportunité de souligner la nécessité d’investissements continus et d’un engagement politique durable en faveur de la prévention de la lutte contre cette maladie.

M.Dabsou Guidaoussou interpelle la population tchadienne sur la nécessité de se rendre dans une formation sanitaire dès qu’elle a une fièvre, cela afin de bénéficier des traitements adéquats. Selon lui, la population doit éviter l’automédication qui fait le lit de la résistance aux antipaludiques. Il invite tous les acteurs à prédisposer les kits de traitement dans toutes les formations sanitaires des provinces à risque. Toutes les dispositions doivent être prises pour que les couches les plus vulnérables notamment les populations d’accès difficile, insulaires, nomades, déplacées et réfugiées puissent être touchées par les stratégies de lutte contre le paludisme, a-t-il conclu.

Noël Adoum

Ce lundi 24 avril 2023, le secrétaire permanent de la Commission Nationale d'Accueil de Réinsertion des Réfugiés et des Rapatriés (CNARR) Idriss Mahamat Ali Abdallah Nassour a fait une déclaration dans son bureau au siège du CNARR situé au quartier Sanbangali dans la commune de 3e arrondissement de la ville de N'Djamena. Une déclaration axée sur la prise en charge des personnes réfugiés du Soudan vers le Tchad par la CNARR et ses partenaires. Reportage

Le conflit qui se passe actuellement au soudan voisin inquiète la Commission Nationale d'Accueil de Réinsertion des Réfugiés (CNARR). Les affrontements ont entrainé un déplacement massif des réfugiés soudanais vers le Tchad. C'est dans ce contexte que le secrétaire permanent Idriss Mahamat Ali Abdallah Nassour a lancé l’alerte lors d’une communication à l’adresse de l'opinion nationale et international. Pour le SP de la CNARR, la situation qui prévaut actuellement au Soudan reste délicate. Elle a entrainé un nombre important de personnes fuyant les atrocités généralisées sur le territoire soudanais pour demander asile en République du Tchad.

C’est près de 20 000 personnes qui sont accueillies à présent à l'Est du Tchad dans les deux provinces notamment la province du Ouaddaï et celle de Sila, a précisé le SP de la CNARR. Il poursuit, l'équipe de la CNARR conjointement avec celle du Haut-Commissariat des Réfugiés (HCR) et les autres partenaires humanitaires notamment le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), l'UNICEF sont à pieds d'œuvre à la frontière Est du Tchad pour le monitoring et la planification des actions à mener, a déclaré le secrétaire particulier Idriss Mahamat Ali Abdallah Nassour.

Selon le SP de la CNARR, le Tchad bien que sa frontière avec le Soudan a été fermée ces derniers temps, des couloirs humanitaires restent ouverts comme l'a souligné le Président de Transition Mahamat Idriss Déby Itno qui a lancé un appel à la population de l'Est et aux humanitaires, afin d'accueillir les personnes fuyant les atrocités au Soudan.

Le Secrétaire Permanent Idriss Mahamat Ali Abdallah Nassour signale que, « le Tchad fait face à la problématique des réfugiés soudanais depuis 20 années déjà, mais fidèle à ses engagements internationaux, il continuera à accueillir toute personne qui demande asile sur son territoire ».

La Commission Nationale d'Accueil de Réinsertion des Réfugiés lance un appel à tous les partenaires et donateurs, de soutenir davantage le Tchad pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire, a-t-il conclu.

Noël Adoum

L'augmentation du prix de gazole aux pompes le 17 avril dernier a eu des conséquences sur les bus de transport interurbain en commun dans la ville de N'Djamena qui ont déclenché la hausse de prix de transport à 50F sur chaque trajet à cause de la rareté de gazoile. La rédaction a fait réagir les chauffeurs de bus et les usagers. Reportage.

Depuis hier matin en pleine fête de l'Eïd Al Fitr, l'on constate le grogne de la population sur l'augmentation du prix de 50F sur plusieurs axes notamment l'axe Dembé-marché à Mil, l'axe Dembé-Ront point Hamama, le prix passe de 100F à 150F sans discussion.

Adam Nassour Adam chauffeur de muni-bus depuis 18 ans déclare que certains stations vendent 1 litre de gazole à 750 FCFA au lieu de 700F. M. Adam relève qu'il n'a pas travaillé pendant 4 jours à défaut du gazole, il affirme, «ma voiture est à sec, je ne peux pas la déplacer pour aller chercher le gazole, car les pompistes des stations refusent de servir du gazole dans des bidons». Il ajoute, «je suis père de 4 enfants et c'est grâce à ce métier j'essaie de joindre les deux bouts pour prendre soin de ma famille». Selon lui, la cherté de gazole à un impact sur les clients, car c'est difficile de trouver dans des stations-service, car ces dernières vendent à d'autres personnes dans des futs, et ces personnes augmentent le prix en liquidant à 1000 FCFA pour 1 litre. C'est la raison pour laquelle ils ont augmenté le prix du bus sur l'axe Marché à mil- Farcha Djougoulié à 350 FCFA, pourtant avant c'était à 250 FCFA. Il appelle le gouvernement à penser à eux, car le pétrole appartient au Tchad et le peuple en tant que consommateur à le plein droit de revendiquer la baisse de prix qui pèse sur lui, a-t-il martelé.

Abdelaziz Ramadan chauffeur sur l'axe Dembé-Habena-Hamama depuis 2010, relève qu' un litre de gazole coûte 700 FCFA à la station et 1000 FCFA chez les marchands ambulants, il affirme que c'est difficile de trouver du gazoil car parfois il faut faire la queue avant d'être servi, «on me sert seulement 10 litres alors que j'en ai besoin plus, defois le gazole finit en cours», a-t-il dit. Il poursuit, la somme pour ramener les gens est à 150 FCFA pour 3 personnes par siège et maintenant ils ont augmenté le nombre de personnes 4 par siège. Il ajoute que s'ils prennent trois personnes, le prix sera à 200F/personne. Il interpelle le gouvernement de transition à baisser le prix du gazole.

Tahir Wouloumi, client trouve que c'est inadmissible que les propriétaires de muni bus augmente le prix de transport, le carburant est disponible partout, a-t-il affirmé. Selon lui, les tchadiens aiment faire autrement, attroupement sur une seule station pompe, faisant croire l'accès au carburant est difficile, alors que les services en charge de cammande et de distribution de carburant travaillent nuit et jour pour qu'il n'y ait pas ce genre de comportement, a-t-il dit.

Il interpelle le service de la sécurité à prendre sa responsabilité pour barricader ce comportement mercantile des détenteurs de muni bus, car il n'y a aucune raison d'imposer un autre prix sur les usagers, a-t-il conclu.

Rappelons que les usagers n'ont guère le choix et sont contraints de s'adapter à cette nouvelle tarification imposée par les chauffeurs.

Noël Adoum

A l'instar des autres pays du monde, le Tchad a célébré hier 21 avril la fête du ramadan appelé aussi «l'Eid-el-fitr» en arabe. 24h après le spectre de la fête de la fin de ramadan est encore visible à N’Djamena, capitale du Tchad. Cet après-midi, 22 avril 2023, un tour de la ville a permis à l’équipe d’Ialtchad de faire le constat. Reportage.

Au lendemain de la fête l'ambiance est toujours festive. la fête continue. Les boutiques en face des artères de la ville, de l'avenue Tombalbaye en passant par Général Maldoum, Tcheré jusqu'à l'avenue Charles de Gaulle sont quasiment fermées. Le constat est pareil dans les marchés. Du marché de Diguel en passant par Dembé, marché à mil et le grand marché, ils sont déserts. Pas assez d'engouement. On ne peut apercevoir que des enfants vêtus en neuf, rares sont accompagnés de leur famille pour des visites familiales.

Au parc d'attractions situé à Mardjandafak sur la place de la nation, l'engouement est de taille. Une partie du terrain de foot située à proximité de la place est occupée par des apprentis de moto et voiture. Le symbole de l'esclave déchaîné est grimpé par des enfants curieux, d'autres pour prendre des photos de souvenirs. L'ambiance est euphorique au parc d'attractions. Les enfants jouent sur la glissade malgré la température élevée. C'est aussi l'occasion pour certains vendeurs. Ils se sont installés sur le coin pour vendre des bonbons, de l'eau fraîche, de sucrerie et aussi des jeux d'enfants. C'est le cas d’Achat Moussa. Elle vend de l'eau glacée, du jus d'oseille et de la mangue. Elle relève que ce deuxième jour de fête est une aubaine à saisir. « C’est le seul moment qu'on peut bien et mieux vendre. Il fait chaud, les enfants ont besoin de l'eau ou du jus d'oseille pour se rafraîchir ou de la mangue pour manger. Alors, nous tirons bénéfices », a-t-elle confié. Adam Hamid Moussa dit Hemeti, une dizaine révolue, vendeur de bonbons et de cigarette indique aussi que ce jour, communément appelé « deuxième Eid » est un véritable jour où il liquide plus de leur produit. « Il y a plus de vente de bonbons et la cigarette est encore plus », dit-il. Demandé sur la nuisance et la dangerosité de la cigarette, il affirme, «je n'ai pas le choix. Ça me permet de survivre et d’aider ma famille », dit-il. Au sujet de ses clients, Hemeti a souligné qu'il y a même des mineurs, « même ceux qui ont 12 ans achètent la cigarette pour fumer ici à la place de la nation au vu et au su de tout le monde, sans s’inquiéter », a-t-il déclaré. Si la fête semble tirer profit et du sourire à certains, d'autres affichent plutôt un visage un crypté. C'est le cas de Mahdi Harir. « Si pour certains cette fête fut belle et joyeuse pour moi, je dirai non », dit-il. Il ajoute, « je suis militaire en faction depuis hier. Je n'ai rien profité. A l'heure où je te parle, je ne suis pas allé à la maison. », a-t-il relevé, les yeux pleins de sommeil.

Signalons que l'Eid-el-fitr marque la fin de 29 ou 30 jours de carême sec musulman. Selon la tradition musulmane, elle est fêtée jusqu'à trois jours. Contrairement à la tradition musulmane, le Tchad, État laïque accorde une journée à cette fête.

Abderamane Moussa Amadaye

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

-Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

  1. Divertissement
  2. Sports
  3. Mon Pays