dimanche 25 septembre 2022

Reportage

Reportage (1066)

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de N’Djamena ont fait des dégâts dans certains quartiers. Les habitants du quartier Walia Ngonmba sont inondés et appellent les bonnes volontés et les autorités du 9e arrondissement à leur venir en aide. Reportage.

Le quartier Ngonmba situé dans le 9e arrondissement, à la sortie sud de la ville de N’Djamena est sous les eaux. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville mardi soir ont mis les habitants de ce quartier dans une situation difficile. Ils ne savent pas à quel saint se vouer. Coupés de la grande voie principale et des rues secondaires, les habitants s’organisent pour évacuer les eaux de pluie. Pour accéder à la voie du dégagement sud, ils ont cotisé de l’argent pour acheter du remblaie, mais avec la pluie d’hier, ils se retrouvent tous dans l’eau.

Pour Sékema Jérémie, agent communautaire à Walia Ngonmba, le quartier est inondé, l’accès est difficile et pour sortir il faut porter les bottes. Il juge difficile la situation dans laquelle les habitants de ce quartier vivent. Il interpelle les autorités et les ONG de leur venir en aide, car les habitants seuls ne peuvent pas trouver de solutions. Selon lui, ce sont les populations elles-mêmes qui s’organisent pour acheter la terre pour aménager les routes. L’agent communautaire souligne que chaque année les gens de Ngonmba vivent la même situation, mais les autorités de l’arrondissement ne cherchent pas à leur trouver de solutions pérennes. Dans la même veine, Mme Rolande ajoute que le quartier a un manque cruel de canaux d’évacuation d’eau pluviale. Et c’est ce qui est à l’origine des inondations persistantes. Elle évoque aussi l’effort fourni par les habitants du quartier, mais trouve que ces efforts ne suffisent pas, il faut un appui du gouvernement. Elle explique que la principale voie qui permet d’accéder dans le quartier est impraticable et les habitants sont coupés du reste de la ville. Rolande ajoute aussi qu’elle élève seule ses 3 enfants et avec les inondations, elle peine à trouver de médicaments pour les soigner s’ils tombent malades.

Une autre personne âgée en botte, confie qu’au moment où il pleuvait, sa fille était en travail et le conducteur de moto taxi a refusé de les conduire à l’hôpital à cause de l’état de la route. Ce vieux gardien affirme que l’année dernière, pendant la même période, sa maison s’est écroulée et a blessé sa fille qui porte encore les séquelles. Une autre victime, un jeune technicien supérieur en pharmacie, Pafing Ignané Tchindebé soutient que chaque année, ce sont les mêmes doléances, mais les autorités font la sourde d’oreille. Le jeune pharmacien note qu’à Ngonmba, la population est abandonnée à son triste sort et les autorités de la commune du 9e arrondissement ne jouent pas leur rôle. Il soutient que ces inondations sont à l’origine du taux élevé du paludisme chez les enfants dans le quartier. Père de deux enfants, Tchindebé dit que c’est depuis deux ans qu’il habite dans le quartier, mais rien n’a changé. Selon lui, les habitants font de leur mieux, mais la situation les dépasse. Il affirme que cette nuit, il n’a pas pu dormir à cause de l’eau qui est entrée dans les chambres.

En attendant l’intervention des autorités, les habitants de Walia ngonmba s’échinent à se frayer de chemins, mais les eaux de pluie résistent en envahissant les habitations.

Jules Doukoundjé

Dans le cadre du projet 3M Mes droits, Ma santé, et Mon avenir, l’association tchadienne pour le bien-être familial, organise une formation à l’endroit des jeunes du mouvement d’action des jeunes de l’ASTBEF. La formation porte sur la pair-éducation et la planification familiale en milieu jeune. Les travaux se déroulent au sein de l’ASTBEF sis au quartier Abena. Reportage.

Tout à commencer avec un jeu appeler brise-glace qui consiste à faire la connaissance des autres à travers la première lettre de son prénom et sa passion. Ces 15 jeunes vont s’approprier de ces outils qui sont nécessaires à utiliser dans les séances de pair-éducation avec la base. Aussi, les amener à créer leurs propres outils en tant qu’animateur pendant les séances. Pour Christine Manget, formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive et du planning familial a abordé avec les jeunes dans un premier temps la question de la planification familiale. Pour elle, les jeunes qui sont confrontés à l’expérience de la sexualité sont confrontés à des problèmes d’accès au planning familial pour mieux gérer cette étape de la vie. « Les jeunes tchadiens font face à des barrières socioculturelles qui les empêchent d’avoir accès au planning familial. Il y a nécessité d’informer les jeunes sur le planning familial pour qu’ils en bénéficient parce qu’ils en ont le droit », dit-elle. Pour elle, la loi 006 portant promotion de la santé de la reproduction n’est pas claire et certains l’interprète comme ils veulent et mettent de côté les droits des jeunes à avoir accès au planning familial.

Christine Manget a également abordé avec les jeunes la question sur les rapports sociaux inégalitaires, les violences basées sur le genre (VBG). Il estime qu’il fallait faire un test sur le tabou et la sexualité en milieu jeune pour briser le tabou et les barrières. « Les adultes ne donnent pas beaucoup la parole aux jeunes sur la sexualité. Très souvent, ils ont souvent des messages formatés aux jeunes. Ces messages sont éloignés de la réalité des jeunes, mais représentent ce que les adultes pensent. Cette forme de communication révolue à l’heure actuelle », a-t-elle affirmé. La formatrice s’est également appuyée sur les statistiques de l’utilisation des méthodes contraceptives modernes par les femmes tchadiennes, le taux de fécondité et le taux de mortalité au Tchad pour étayer sa thèse. L’occasion pour la formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive et du planning familial Christine Manget de rappeler les jeunes l’importance de célébrer certaines journées internationales comme la journée internationale de la contraception célébrée tous les 26 septembre et la journée internationale sur la dépénalisation de l’avortement célébré tous les 28 septembre.

Kouladoum Mireille Modestine
Djénom Josiane

L'Office national pour la sécurité alimentaire (ONASA) vient de déballer son stock mardi, 19 juillet à N'Djamena capitale tchadienne. Pour soulager un tant soit peu les ménages démunis, des ventes subventionnées des céréales sont organisées dans les dix (10) arrondissements. Reportage.

11heure vient de sonner ici à l'école officielle au quartier Repos dans le 4ème arrondissement de N'Djamena, capitale tchadienne. C'est aussi là que la cérémonie du lancement s'est tenue. Une foule majoritairement féminine a pris d'assaut la cour de l'école. Chaque père de famille attend impatiemment d'acheter un sac pour sa maisonnée.

Haroun Adef Djibrine est le tout premier bénéficiaire à acheter un sac de mais à 10 000 f. « C'est un soulagement pour moi et ma maisonnée. Je suis fier des autorités qui ont enfin pris une bonne décision pour aider les tchadiens les plus démunis », dit-il d'un air jovial. Fatimé Bitchéré assise dans la foule est venue dès le matin. L'attente va être longue mais je dois rentrer absolument avec un sac pour mes enfants, affirme-t-elle. Au marché, soutient Fatimé,  le sac de mais se vend à 30 000f. « Je suis veuve avec beaucoup d'enfants. Je crois que si j'arrive à avoir 2 sacs de céréales, nous allons  traverser cette période difficile du mois d'aout. S'ils nous font cette faveur chaque trois mois, on aura moins de problème de ration. Pour un ménage, s'il y a le céréale à la maison même avec un 1000 F CFA on peut préparer du gombo aux enfants ».

Le maire de la commune du 4ème arrondissement Haroun Ramad Mahamat, est ravis par le choix porté par l'ONASA sur sa circonscription pour le lancement officiel de la vente subventionnée des céréales. C'est un acte salutaire, dit-il. A son avis dans les marché de N'Djamena, les commerçants augmentent chaque jour le prix des denrées alimentaires. « On a toujours demandé qu'ils soient justes mais en vain. Aujourd’hui, cette vente est la vraie solution. Ce contre-poids de l'État tombe bien. Le sac de 50 kilo du riz se vend à 12500 Fcfa et les sacs de céréales à 10 000 Fcfa », dit le maire. Il précise que les bénéficiaires sont d'abord des démunis, ensuite les pères de famille qui ne peuvent pas acheter un sac de mil aujourd'hui sur nos marchés.

Selon M. Haroun Ramad Mahamat, les stocks peuvent suffirent, rien n'est à craindre. D'après le gestionnaire du 4ème arrondissement, une personne démunie ne se cache pas, on peut facilement l'identifier. « Nous avons fait un travail en amont avec nos agents pour les identifier avec des listes. Nous redoublons la vigilance afin que les commerçants véreux ne viennent pas s'infiltrer », prévient le maire. Il fait observer que s'ils trouvent un sac d'ONASA sur le marché, ce serait zéro tolérance. Haroun Ramad confirme que les sacs ne sont pas estampés mais des services de renseignements vont mener des investigations pour desceller les travers.

Moyalbaye Nadjasna

L’association tchadienne pour le bien-être familial (ASTBEF) forme depuis le 18 juillet des agents pour le plaidoyer en matière de santé sexuelle et reproductive. Cette formation est rendue possible par expertise France à travers le programme TISSER. Les participants à cette formation vont désormais travailler pour sensibiliser sur la santé de la reproduction (SR) et ses composantes à travers la ville de N’Djamena. Reportage

10 agents issus des cellules de plaidoyer de l’ASTBEF suivent une formation sur l’élaboration d’une stratégie de plaidoyer, les modes d’action et d’outils de plaidoyer et comment mesurer l’efficacité et la visibilité de son plaidoyer. C’est pour répondre au besoin en matière de sensibilisation pour l’appropriation des questions relatives à la santé sexuelle et reproductive de toutes les couches sociales. La responsable plaidoyer international Sharlen Sezester affirme que la présente formation vise à renforcer les capacités de l’association, de l’aider à structurer davantage ses stratégies de plaidoyer. Pour elle, il faut que la population soit bien informée sur les droits en matière de la santé de la reproduction. « Tout commence par la loi, si la loi en matière de SR est garantie, il y a des directives pour le mettre en œuvre. Et c’est en ce moment que les associations comme l’ASTBEF sont en droit d’aller demander et réclamer la mise en place des dispositifs, le financement des structures, et l’accès à des méthodes diversifiées de planification familiale auprès de l’État et les partenaires », dit-elle. Elle ajoute que son institution travaille sur comment obtenir un changement de cadre et de norme afin que ce changement soit favorable aux droits des femmes pour les permettre d’avoir véritablement accès à la planification familiale.

De son côté, Christine Manget, formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive souligne pour sa part que leur but est de faire le partage d’expérience et de compétence avec les acteurs qui œuvrent dans le domaine du planning familial et d’impulser la dynamique de collaboration. Pour elle, l’importance est de pouvoir renforcer et accompagner leurs partenaires sur les aspects de plaidoyer dans la mesure où il faut avoir un certain nombre d’expériences dans le domaine.

Les participants après la formation vont faire le travail de plaidoyer à travers la ville en mettant en place des stratégies pour informer toutes les couches sociales, a fait remarquer le président de l’antenne ASTBEF de N’Djamena Nadjingar Gollaou. « Ces 10 participants seront désormais comme des ambassadeurs de l’ASTBEF. Ils vont communiquer avec la population sur les objectifs, la mission et la vision de l’ASTBEF, les droits en matière de SR, la planification familiale et surtout la loi 006 portant promotion de la santé sexuelle et reproductive au Tchad », a-t-il expliqué.

Le programme Tous Impliquer pour la Santé Sexuelle et Reproductive TISSER, couvre deux zones du Tchad : le Ouaddaï et Moyen-Chari.

Kouladoum Mireille Modestine

Suite à l’arrestation d’un des leurs du Centre de santé de Hillé Houd hadj dans la commune du 10e arrondissement, le Syndicat National des Travailleurs des Affaires Sociales et de la Santé au Tchad (SYNTASST) dénonce cette arrestation et exige la libération de l’agente technique de santé. Ils ont tenu une Assemblée Générale (AG) à l’issue de laquelle le SYNTASSAT décide d’observer une grève d’avertissement de 3 jours à partir du 20 juillet. Reportage.

Les membres du SYNTASST se sont réunis le 18 juillet dernier en AG à la bourse du travail afin d’analyser l’évolution de l’incident survenu au centre de santé Hillé Houdjadj le 23 juin passé. Après analyse du préavis de grève lancé le 11 juillet, suivi d’une entrevue avec le ministre de la Santé publique, l’Assemblé constate qu’aucune solution n’a été trouvée suite à leurs revendications. Ils revendiquent la libération de leur camarade Falmata Oumar Moumine et la présence des agents de sécurité dans les structures sanitaires concernées. N’ayant pas obtenu gain de cause, l’AG décide d’observer une grève d’avertissement et de solidarité pour 3 jours du mercredi 20 au vendredi 22 juillet avec un service minimum sur toute l’étendue du territoire. Le SYNTASSA demande à toutes les cellules, les sections, sous sections de respecter ce mot d’ordre de grève et de se préparer pour d’autres actions.

L’affaire remonte au 23 juin dernier lors de la prise en charge médicale d’une patiente qui s’est présenté au centre de santé Hillé Houdjadj pour prendre des soins ventre creux. L’infirmière lui aurait demandé d’aller manger quelque chose avant de prendre ses médications. La patiente est allée prendre une bouteille de jus et une bouteille d’eau qu’elle a prise à moitié. Arrivé dans la salle de soins, elle commençait à vomir et n’a même pas eu le temps de prendre ses soins et a fini est décédé. Les parents de la victime ont accusé l’infirmière d’être à l’origine de la mort de la patiente. L’infirmière et le boutiquier qui a vendu à la patiente le jus et la bouteille d’eau sont mis aux arrêts explique Younouss Mahadir Président Syntasst. Au sujet de l’autopsie qui serait établie pour lequel Mme Falmata Oumar Moumine serait mise aux est rejeté par Younouss Mahadir. Pour lui le problème de l’autopsie est douteux, même l’ordre des médecins a indiqué que l’autopsie, on ne le fait pas de cette manière. « Il y a des procédures qu’il faut respecter. C’est un staff qui doit le faire et non un individu. L’ordre des médecins a donné son rapport donc j’irais vers le ministre pour en parler. Si le rapport indique que l’agent n’est pas coupable, alors il n’est pas question de la garder. Pour l’instant nous observons une grève d’avertissement, mais au cas où le gouvernement refuse de nous entendre, nous allons passer à une vitesse supérieure », souligne Younouss Mahadir.

Djénom Josiane

Les retraités et les ayants droit continuent toujours de contester l’enrôlement biométrique lancé par les autorités de la caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT). Après avoir contesté la biométrie, ils continuent de contester cette fois l’imposition de la nouvelle carte nationale d’identité, seule garante de la fiabilité pour s’enrôler avant de percevoir les arriérés de pensions et de coupons. Reportage. 

Le bras de fer entre les retraités, les ayants droit composés de veuves et les orphelins et les autorités de la CNRT continuent de faire couler l’ancre. Ils se sont opposés à l’enrôlement biométrique imposé par les autorités de la CNRT avant de percevoir les arriérés de pension et de coupons. Après plus de 2 semaines d’enrôlement, la CNRT a découvert beaucoup de faux documents avec certains retraités et les ayants et a exigé que désormais ces derniers doivent être munis de la nouvelle carte nationale d’identité contenant le numéro national d’identification (NNI) avant de se faire enrôler. Mais cette suggestion est aussi dénoncée par les retraités.

Pour Tamtangar Abdoulaye, retraité, l’ancienne carte d’identité nationale, même si elle est valable, les autorités de la CNRT rejettent. Le retraité explique qu’entre temps il gagnait avec l’ancienne carte, même si elle est expirée, mais avec l’enrôlement biométrique, tout a changé et il faut la nouvelle carte d’identité nationale avec le numéro NNI pour être recensé. M. Tamtangar Abdoulaye dénonce la lenteur pour l’enrôlement biométrique et la paie des arriérés de pension et de coupons. Le retraité souhaite qu’on revienne à l’ancienne méthode pour payer les retraités, car la nouvelle méthode fatigue les retraités et montre déjà ses limites.

Dans le même élan, Nadjimbang Michel, ajoute que l’ancienne carte est rejetée par la CNRT et il faut une carte contenant le NNI, sans cela il est inutile de se présenter à la CNRT pour se faire enrôler. Il souligne que la CNRT demande pour ceux qui n’ont pas la nouvelle carte d’identité d’apporter la copie de leur extrait de naissance et deux photos d’identité pour leur établir un numéro national d’identification (NNI). Le retraité explique la procédure est longue et fatigante. Il suggère que la CNRT trouve un compromis pour soulager les retraités et les ayants droit.  

Du côté des autorités de la CNRT, il y’a juste un problème de mauvaise foi de la part de certains retraités. L’administration de la CNRT justifie que l’imposition de la nouvelle carte d’identité nationale contenant le NNI qui est unique chaque personne avec ses empreintes et sa photo et permet de sécuriser les bases de données.

Pour le président du conseil d’administration (PCA) de la CNRT et vice-président de la commission de paie des arriérés, Mahamat Saleh Yaya, les gens se plaignent et ce n’est pas nouveau, au début, la plainte c’était qu’on ne voulait pas la biométrie, et qu’on ne peut pas justifier cela. Selon lui, quelqu’un qui est dans les règles à qui on lui demande de faire un contrôle ne devrait pas poser problème. Le PCA souligne que le NNI permet de détecter le double emploi, des gens qui émargent à la solde et qui sont aussi déclarés de retraités. Il confie que la CNRT a un nombre important des personnes qui à travers le NNI, ont été identifiées pour doubles emplois et sont des retraités. Mahamat Saleh Yaya ajoute qu’il y’a de faux retraités qui ne peuvent pas passer à travers la biométrie et cela ne peut être arrêté que par le NNI.

Au sujet de payement des arriérés des passions, le PCA soutient que depuis le début du recensement biométrique, jusqu’aujourd’hui, 1464 retraités ont été payés pour un montant total d’un milliard 116 millions 378.538 de F CFA. Pour ceux qui n’ont pas des arriérés et qui ont perçu seulement leur pension, 3107 retraités sont servis pour un montant de 500 millions475.084 F CFA. Il précise que la CNRT ne fait pas du surplace.

Pour permettre aux retraités et surtout, ceux qui sont malades d’entrer rapidement dans leur droit, la CNRT a mis en place une stratégie permettant de les recenser tout le long de week-end tel que le samedi et le dimanche.

Jules Doukoundjé   

Le 20 août prochain, une autre date pour le dialogue national inclusif (DNI) au Tchad. L'Enseignant-Chercheur le Professeur Avocksouma Djona, président du parti « Les Démocrates » estime que cela n'a pas été toujours  fait dans les règles de l'art. Pour un dialogue plus inclusif et souverain, il faut selon lui, une Commission paritaire pour définir la méthodologie de participation.

 L'Enseignant-chercheur, prof Avocksouma Djona lors d'un entretien lundi 18  juillet, observe que c'est exactement quinze (15) mois et rien n'a été fait. À son avis, le Conseil Militaire de la Transition (CMT) n'a pas été efficace. Pour lui, un dialogue ne peut être souverain que si les deux parties décident ensemble de son Agenda. « Aujourd'hui, il se passe qu'ils veulent fixer de façon unilatérale, toutes les dates. Ils n'ont consulté personne pour arrêter la date du 20 août 2022. Par deux fois ils ont fixé des dates qu'ils n'ont pas pu respecter et cette fois encore, ils décident seuls. Comment les gens vont les prendre au sérieux », affirme Avocksouma Djona. Le président du parti « Les Démocrates », estime que les propositions qu'ils ont faites au CMT n'ont pas été prises en compte.

Prof Avocksouma rappelle qu'ils ont suggéré la mise en place d'une commission paritaire entre CMT et eux. Ensemble, dit-il, ils pouvaient s’asseoir et monter l'Agenda du DNI. Selon l'Enseignant-chercheur, on ne peut pas aller au Dialogue sans savoir ce à quoi on va parler. « C'est exactement ce qui s'était passé à Doha à Qatar. Il faut nécessairement un préalable à travers une commission paritaire pour définir la méthodologie, voir à charge et à décharge les conditions sereines de travail. Une telle démarche va aboutir à des critères crédibles pour la participation au dialogue », signifie le leader politique. Le chef du parti Les Démocrates renseigne que dans deux jours, le gouvernement va fixer la liste des gens qui vont prendre part au DNI. Voilà tout se fait toujours de façon unilatérale, regrette-t-il. Avocksouma Djona se demande quelles vont être les garanties pour le bon déroulement de ce dialogue.

Le politique relate qu'un gouvernement de la transition ne peut pas être juge et partie. D'après lui, les autorités de transition doivent être au-dessus de la mêlée. « Tel que c'est parti, on va se retrouver face à des gens qui n'ont pas de profils nécessaires qui vont venir dialoguer des choses qu'ils ne connaissent pas. Pour n’aboutir à rien sinon exactement à ce qui est arrivé à Doha d'où les gens qui n'avaient pas de qualificatifs sont allés pour brouiller les cartes », s'inquiète-t-il.  Le président du parti les Démocrates rappelle qu'il ne coûte pas au gouvernement de transition de mettre cette commission paritaire sur pied. Wakit Tamma, l'UST, le Groupe de Réflexion d'Appel du 1er juin, les cadres d'une Nation pour tous, les cadres du parti les Démocrates constituent une majorité civile signifie le politique. Selon Avocksouma Djona, si le gouvernement ne veut pas la paix, il va seulement récolter ce qu'il sème. Il souligne qu'on ne peut qu'avoir dans la tête que tout peut s'obtenir que par les armes. On aurait tort, dit-il, de le penser ainsi. Le peuple soutient-il, a son mot à dire et ils sont avec ce peuple. « S'ils n'arrivent pas à faire de telle sorte que les politico-militaires viennent, autrement c'est de les renvoyer  encore à la guerre. Or nous ne voulons plus la guerre. Les gens qui ont doubles nationalités vont peut-être partir, mais nous autres, c'est notre pays, nous n'allons nulle part », confie l'Enseignant-chercheur. Il y a encore du temps à rectifier le tir, déclare Avocksouma Djona. À en croire l'homme politique, ils sont disposés à répondre à toutes les sollicitations du gouvernement même à cette fourchette du temps. Car rajoute le politique, ils ont a priori, toutes les propositions requises pour un bon DNIS. « Nous les attendons, s'ils sont prêts, nous allons travailler avec eux, s'ils ne le veulent pas, nous allons travailler pour le Tchad d'une autre façon », indique le président du parti les Démocrates.

Moyalbaye Nadjasna

Les bouillons culinaires ou épices sont incontournables dans la plupart de plats tchadiens, mais sa consommation ou sa surconsommation pose problème de santé à l’organisme. Malgré les sensibilisations et les études qui ont montré le côté néfaste du bouillon chimique, le choix de ce produit va croissant. Le bouillon comme les grains de nérés (dawdawa) semblent revenir en force dans le panier de la ménagère, grâce à la sensibilisation des vendeuses de ces grains. Reportage.

Les grains de Nérés sont des matières organiques d’origine végétales parfumées et piquantes qui relèvent le goût des aliments ou d’une sauce. Pour se passer du cube Maggi, certains consommateurs portent leur choix sur le « dawdawa » et le sel naturels. Ces grains sont aussi utilisés pour des soins pour soulager le rhumatisme, selon les vendeuses sur la place du marché.

Selon Marte Dénémadji, les grains de nérés appelés dawdawa sont des bouillons utilisés et consommés par ses grands-parents jadis quand il n’y avait pas encore de produit chimique comme les cubes magies. Et ils ne se plaignaient guère. Ils cultivaient eux-mêmes ces plantes pour en consommer, c’est avec le temps qu’ils ont commencé à le commercialiser. « Les grains de nérés peuvent aussi remplacer la viande ou les poissons dans la marmite. Si je n’ai pas de pattes d’arachide, je m’en sers de ce grain comme la patte et j’obtiens à peu près la sauce que je voudrais. Depuis que j’ai commencé à consommer le cube Maggi, je commence à sentir les maux au niveau de jambes, je sais que c’est nuisible pour la santé, mais je consomme quand même. Cela fait 20 ans que je consomme le cube Maggi et les grains de nérés en même temps, j’ai voulu cesser, mais les enfants refusent de manger sans le cube donc j’étais obligé d’utiliser les deux ingrédients. À 50 FCFA tu as de l’arôme naturel sain et de qualité », explique-t-elle.

Les grains de nérés après leur cueillette sont bouillis et séchés avant d’être utilisés comme bouillon. La plante de ces grains pousse généralement au sud du Tchad, c’est une plante qui a beaucoup de vertus.

Pour Solmem Marine Baysegoum, vendeuse et consommatrice de grains de nérés, il faut une sensibilisation de masse pour que les femmes connaissent l’importance du « dawdawa », certaines femmes pensent ce produit naturel n’est pas un bon ingrédient à cause de son odeur désagréable. « La majorité de femmes N’Djamenoises ne savent pas l’utiliser. Mais pour le bon fonctionnement de mon commerce, j’étais obligé d’adapter une stratégie de communication, donc j’ai commencé à demander toute cliente qui vient acheter chez moi du poisson sec ou fumé quelle sauce elle voudrait préparer? Si elle me répond, je lui propose de prendre un sachet de « dawdawa » gratuitement, parfois elles refusent de prendre, mais j’insiste pour qu’elles prennent pour goûter. Ensuite, je leur explique et leur montre son utilisation. Au fur et à mesure que je donnais, elles reviennent prochainement acheter et y’ a même certaines qui me remercient pour mon conseil », dit-elle.

À côté il y a l’étale de Mme Yolande vendeuse, elle aussi, de poissons fumés affirme,  « je mettais 3 à 5 cubes dans ma cuisson, mais heureusement j’ai eu la chance d’avoir une voisine infirmière retraitée qui m’a éveillé avec ses conseils sur les dangers du cube Maggi. Elle  m’a donné l’exemple de sa sœur qui est morte de cancer dû à la consommation du cube Maggi. Grâce à elle j’ai diminué ma consommation ».

Selon plusieurs spécialistes, pour une bonne santé, épanouie, le choix de consommer des produits locaux et naturels est sage.

Maryam Mahamat Abakar

Il s'est tenu ce matin 18 juillet 2022 un atelier de formation sur l'analyse de la situation sur la sécurité alimentaire au Centre d’Étude et de Formation en Développement (CEFOD). L'atelier est organisé pour le Système d'information sur la sécurité alimentaire et alerte précoce (SISAAP) avec l'appui technique et financier d'Oxfam, CILS, Save the children, etc. Reportage.

Lancé officiellement ce matin au CEFOD, l'atelier de formation des membres de la cellule nationale d'analyse sur la version 2.0 du cadre harmonisé certifiant niveau I va durer 5 jours. Pour Mounira Abdoulaye Affadine, technicienne de cette organisation indique que le Système d'information sur la sécurité alimentaire et d'alerte précoce (SISAAP) est une institution sous tutelle du ministère de l'Agriculture. Elle souligne que le cadre harmonisé est un outil fédérateur qui permet d'analyser la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages. Madina affirme que cette organisation a été adoptée par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Elle regroupe plusieurs États de l'Afrique de l'Ouest, Centrale, de l'Est, notamment le Tchad. Madina Abdoulaye Affadine relève que la formation des membres de la cellule nationale d'analyse sur la version 2.0 du cadre harmonisé certifiant niveau I a pour objectif de renforcer la cellule des rôles de pôles des experts analystes au niveau national. « Les participants seront dotés des outils d'analyse et seront évalués afin d'être certifié niveau I », a-t-elle dit.

Par rapport à la situation d'insécurité alimentaire au Tchad, elle fait savoir que le SISAAP effectue deux fois par an des analyses. L'un fait à la période post agricole soit le mois de novembre et une seconde au mois de mars qui consiste à réévaluer la situation, a-t-elle martelé. La technicienne confie que cette année, ils ont alerté le gouvernement depuis le mois de novembre dernier. « Avec le dérèglement climatique comparativement à l'année dernière, il est enregistré une faible pluviométrie. Il est aussi constaté une baisse de production céréalière et également la faible disponibilité de pâturage pour les animaux », dit-elle. Les autorités tchadiennes ont été alertées que la situation de la sécurité alimentaire allait de mal en pire a-t-elle relevé. Elle ajoute que rien n'a été fait du côté de décideur. « En mars dernier, nous avons confirmé qu'il y a plus de 1.000.700 personnes sont en insécurité alimentaire et si rien n'est fait sur le terrain, surtout pendant la période de soudure (juin, juillet et août), la situation allait être préoccupante », a-t-elle déclaré. Madina ajoute qu'au mois de mars dernier, la situation s'est encore empirée. Au vu des analyses fournies par le SISAAP, le gouvernement de transition a décrété une urgence alimentaire et fait appel aux partenaires afin de venir en aide aux personnes en situation d'insécurité alimentaire et nutritionnelle dans l'ensemble du territoire national, a-t-elle conclut.

Signalons que cette formation consiste à outiller les participants à élaborer des analyses et proposer des solutions pour lutter efficacement contre l'insécurité alimentaire au Tchad.

Abderamane Moussa Amadaye

La finale du championnat national s’est joué ce jour 17 juillet 2022 au stade de Diguel dans la commune du 8e arrondissement de la capitale tchadienne. Un match qui a opposé TP Élect Sport contre As Santé d'Abéché. La fin de la rencontre a tourné au vinaigre entre la police et les supporteurs. Reportage.

Le match de finale opposant Élect Sport à As Santé d'Abéché s'est soldé par la victoire des électriciens (Élect Sport) aux tirs au but. Alors que tout semble rose au coup de sifflet final de l'arbitre, le public joyeux, l'émotion est lisible dans les yeux de tous ceux qui étaient venus pour la circonstance. La remise de trophée a tourné au vinaigre entre les forces de l'ordre (police GMIP), la police municipale et le public présent sur le lieu. Empêchée de se rapprocher du podium de remise de trophée, une partie du public a commencé à lancer des pierres sur la police municipale et autres agents de sécurité. Pour mettre de l'ordre, ces derniers ont fait usage de gaz lacrymogène alors que la cérémonie de remise de trophée est encore. C'était la débandade totale. Tous ceux qui étaient au stade couraient dans tous les sens. Supporteurs, journalistes, autorités, etc. ont pris la poudre d'escampette afin de se mettre à l'abri. Les cailloux tombaient de partout comme la pluie sur la police. Un jeune supporteur et un policier municipal ont été blessés.

Et pourtant tout avait bien commencé...

Dans un stade bondé de monde que le coup d'envoi de la finale opposant As Santé d'Abéché contre Élect Sport a été donnée. Dès l'entame du match, les deux équipes ont été vives. Chacune essaye de jouer le pressing, de récupérer, de conserver et de se créer des occasions. Plusieurs occasions ont été créées par les deux équipes, mais il manquait des bons finisseurs. A la première partie, les deux portiers ont aussi tenu à leur pari en empêchant les attaquants de marquer le moindre but. L'arbitre envoie les deux formations à la mi-temps sous le score de 0 but partout.

De retour de vestiaires, Alkhali Torbo le numéro 25 d'As Santé d'Abéché, désigné meilleur joueur de cette compétition entre en jeu. Il met la défense d'Elect Sport en difficulté. Il multiplie des courses et des frappes, la défense et le gardien d'Élect Sport ont répondu présents et l'ont empêché de marquer. A 10 min de la fin de rencontre, TP Élect Sport a multiplé des contre-attaques, conserve la balle et crée des occasions, mais devant lui se trouve un portier au sommet de sa forme, le meilleur gardien de ce tournoi, Abou Oubeïda Hassan. Le score reste vierge jusqu'au coup de sifflet du temps réglementaire de la rencontre. Sans jouer les prolongations, faute de la lumière dans les tribunes, les deux équipes vont se départager aux tirs au but. La séance des tirs au but a pris une vingtaine de minutes. 9 penalties ont été tirés par les deux formations. Élect Sport a marqué 7 et raté 1. Par contre, As Santé d'Abéché a raté 3 et marqué 6 buts. Ainsi, Élect Sport devient officiellement champion du Tchad et se qualifie automatiquement pour la Champions League Africaine et As Santé d'Abéché, finaliste de qualifie pour la Coupe de Confédération Africaine.

Il faut le rappeler, Élect Sport champion de ce tournoi empoche une somme de 15 millions de FCFA et le finaliste As Santé d'Abéché une somme de 10 millions de FCFA. Il a été aussi remis les trophées individuels lors de la remise du trophée à l'équipe gagnante de cette compétition. Djamal Mahamat a été récompensé meilleur buteur du tournoi avec 6 buts, une somme 600.000 FCFA lui a été remis. Deux joueurs d'Abéché ont été récompensés du titre du meilleur joueur et gardien. Il s'agit de l'attaquant Torbo et du gardien Abou Oubeïda Hassan, chacun a reçu une somme de 300.000 FCFA. Enfin l'équipe de Mao, OM (Olympique de Mao) a été désignée équipe fair-play de ce championnat. Elle a empoché la somme de 2.000.000FCFA.

Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou

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