Reportage

Reportage (1389)

Le Directeur de la compagnie artistique Mandargué Issakha Digadimbaye a animé un point de presse ce samedi, 23 décembre 2023 à la maison de la culture Baba Moustapha. Point de presse au cours duquel, il a annoncé le lancement des préparatifs à 72h des arts et de la culture tchadienne prévue à Paris en 2024. Reportage.

Le point de presse s'est déroulé en présence des plusieurs journalistes de différents médias ainsi que des artistes comédiens. Pour le Directeur de la compagnie artistique Mandargué Issakha Digadimbaye, cette grande messe culturelle a pour objectif de relancer la culture tchadienne au-delà des frontières nationales notamment en Europe et plus précisément en France. La compagnie artistique Mandargué a pris son bâton de pèlerin pour se rendre deux fois de suite en France à la recherche des ouvertures de promotion et de diffusion ; en vue de faire connaitre les artistes tchadiens et leurs permettre de faire un échange culturel pour le bénéfice de la pratique artistique dans notre pays, a souligné M. Issakha Digadimbaye.

La compagnie artistique a affirmé que la tenue de cette semaine culturelle à Paris est le fruit de multiples voyages de la compagnie artistique Mandargué et des rencontres faites avec l'ambassadeur du Tchad à Paris, Ahmat Makaïllah et des promoteurs culturels de cette ville. « Dans cette rencontre est née l'idée d'organiser du 09 au 11 Mai 2024, les 72H des arts et de la culture tchadienne en France avec six disciplines notamment le théâtre, la danse traditionnelle, le cinéma dont la peinture et l'art culinaire, a indiqué M. Digadimbaye.

La compagnie artistique a prévu d'organiser un casting préparatoire sur le roman de Baba Moustapha qui a été édité à titre posthume en France. Il s'agit du « Souffle de l’Harmattan » qui sera joué dans les deux langues officielles (Français et Arabe) », dit-il. M. Digadimbaye alias Mandargué relève que ce roman soulève la question du pardon, qui est la condition première pour une paix durable au Tchad. Et une tournée sera faite dans 15 villes du pays avant sa participation à cet événement à Paris, a-t-il indiqué. Enfin, il invite l'État et les partenaires à se joindre à eux pour donner une couleur positive à la culture tchadienne.

Noël Adoum

A Travers le traditionnel message de Noël comme à l'accoutumée, les évêques, membres de la Conférence Épiscopale du Tchad ont publié le 15 décembre dernier leur message de Noël 2023 sur le thème, « Marchons ensemble dans la justice ». Cette marche exige aussi une culture de l’égalité pour tous et du respect des droits humains. Reportage.

Souhaitant joyeuses fêtes à tous les tchadiens, les évêques du Tchad ont relevé que, la paix véritable ne peut pas se construire sans la justice, la vérité, l’amour et la liberté. « La justice marche avec la paix. Elle est en relation constante et dynamique avec elle ». Dans le cas contraire, les injustices engendreront la violence, le non-respect des droits humains, la haine, le mépris et la révolte, ont-ils précisé.

Selon eux, sur le plan social dans notre pays, une grande majorité de concitoyens vivent dans la pauvreté. « Cette situation est en grande partie causée par des injustices au niveau de l’éducation, de la santé et de la sécurité ». Ils relèvent dans le domaine de l’éducation, plusieurs enfants n’ont pas accès à l’instruction scolaire. Certains enseignants ne regagnent pas leurs postes d’affectation, les grèves paralysent d’année en année notre système éducatif. Comme conséquences, certains enfants sont réduits à être des bouviers ou des domestiques. Des milliers de jeunes sont exposés au marché de la traite humaine ou constituent des proies pour les extrémismes, ont-ils déploré.

Dans le domaine de la santé, les évêques du Tchad ont relevé la création de certains districts sans une structure adéquate et sans personnel qualifié. Touchant la sécurité, les évêques estiment que les paysans de certaines parties du pays continuent à être victimes des enlèvements contre rançon, des vols de bétail, des massacres et des intimidations. « Ces injustices sont parfois commises au vu et au su de ceux qui ont la charge de veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens », disent-ils.

Toujours selon les évêques, le système économique du Tchad crée des richesses pour une minorité et appauvrit davantage la majorité. Ils ont évoqué l'augmentation du prix des denrées de première nécessité dont celui du carburant et le chômage des jeunes.

Les évêques du Tchad estiment que certains leaders politiques qui osent s’organiser et s’exprimer autrement sur la situation politique sont muselés, traités de rebelles, poussés à l’exil et menacés de mort. Et d’autres, par peur de représailles et par manque de moyens de survie, sont obligés de se compromettre. Après avoir dénoncé l'exclusion des compétences sur l’administration, les évêques ont ajouté que la justice devient parfois un cauchemar tant pour les justiciables que pour le corps judiciaire. En plus de ces dysfonctionnements, la grève des magistrats paralyse l’appareil judiciaire et pénalise les personnes dont les dossiers sont en instance d’évacuation.

Enfin, les évêques du Tchad invitent les autorités à respecter l’indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Surtout, leurs compétences respectives, afin que les institutions de l’État ne soient pas seulement des instruments pour « éviter les mauvaises pratiques, mais pour encourager les bonnes pratiques, pour stimuler la créativité qui cherche de nouvelles voies et pour faciliter des initiatives personnelles et collectives ».

Noël Adoum

La 3e édition du colloque international sur les humanités en hommage au Pr. Khalil Alio a été clôturé ce Mardi 19 décembre 2023 dans la grande salle du musée national du Tchad dans la commune municipale du 5e arrondissement de la capitale tchadienne. Reportage.

Ce colloque a été organisé en hommage au regretté Pr.Khalil Alio qui était le président du comité scientifique de la 2e édition l'année dernière. Cette 3ème édition est placée sous le thème, « Transdisciplinarité et développement dans le bassin tchadien : enjeux et défis ». Cette assise scientifique a réuni plusieurs enseignants chercheurs nationaux et internationaux, des participants des sciences humaines notamment de l'Histoire, la Géographie, la Sociologie, l'Anthropologie, etc.

Pour Mariam Issa Nassour doctorante au département d'Histoire à l'Université de N’Djamena participante, explique que le colloque des humanités est axé sur le développement du bassin tchadien particulièrement sur la pluridisciplinarité. Elle se dit satisfaite de ce colloque avec l'intervention des enseignants chercheurs des universités du Tchad et d'ailleurs dont du Sénégal, du Cameroun etc. « La thématique la plus importante est la langue qui est un marqueur et facteur pour le développement et la cohésion sociale », dit-elle. Elle déclare avoir découvert la valeur des différentes langues tchadiennes et leur instrumentalisation dans ce colloque sans oublié les langues officiels, l'arabe et le français importées d'ailleurs mais qui peuvent bien animer la cohésion sociale entre les tchadiens. Car « la langue est un moteur et un instrument de tolérance entre les tchadiens et les africains d'une manière générale ». 

Yaya Abianga Richard, doctorant au département d'histoire à l'université de N’Gaoundéré déclare que le colloque a pour objectif de faire rayonner la science. Car lorsque les universitaires se réunissent, c'est pour se mettre à table et discuter sur les idées scientifiques. « Ces derniers ne peuvent être écoutés que lorsqu'il y a des pareils événements ». Ils sont venus dans l'optique d'apprendre pour sortir édifier et clarifier sur certains éléments scientifiques. Il relève que 3 axes ont été présentés notamment les questions linguistiques et littéraires, qui selon lui, « les uns ont abordé la langue comme le socle du développement, les autres comme un aspect de développement et les derniers ont parlé de la cohésion de l'importance de la langue qui est le marqueur le plus important du patrimoine, de l'identité ». Car pour décrire une communauté, un individu, il faut parler la langue.

Toujours selon M. Richard, ces 3 thématiques ont mis en exergue les différentes langues parlées dans la province du Guera. Sur d'autres axes, « les thématiques étaient variées sur la migration et les conflits. Car toutes les langues sont importantes et il est important de valoriser nos langues locales afin de sortir des éléments sémantiques et morphologiques », a-t-il conclu.

Noël Adoum

Le vote référendaire pour déterminer la forme de l'État au Tchad a commencé. Il n’a pas suscité une affluence devant  les bureaux de vote de la capitale tchadienne, N’Djamena. Pas d'engouement en province aussi selon plusieurs sources . La rédaction a sillonné plusieurs arrondissements cet après-midi pour constater les faits. Reportage.

De Djambal-bahr dans le 2e arrondissement, en passant par Sabangali dans le 3e arrondissement, Moursal dans le 6e, Chaouga, Abena respectivement dans le 7e arrondissement ou encore Walia dans le 9e arrondissement de N'Djamena, pas des électeurs alignés, il n’y a que les agents de bureau de vote avec quelques observateurs et la sécurité entourant les urnes et les bulletins. Un ou deux électeurs traînant les pas viennent voter. Il est pourtant 16h, « le vote est timide », affirme un agent au bureau. Il explique, « sur 439 électeurs inscrits, il n'y a qu'une trentaine de votants ».

C'est aussi le cas d'un bureau à côté. Le taux de participation est en dessous des attentes. Le constat est le même à Sabangali dans le 3e arrondissement. Au bureau de vote numéro 1, carrée 4, pas d'engouement non plus. Sur 438 électeurs, une cinquantaine de votants enregistrés à 17h. «Les électeurs boudent, ils viennent très peu », affirme un agent de bureau de vote fatigué d’attendre.

À Moursal, c’est pareil. Il faut attendre une demi-heure ou plus pour voir un électeur se présenter. Au 7e et 9e arrondissement, le vote était sous haute sécurité, mais pas d’électeurs. Aux quartiers Chagoua, Habbena, Walia, les voitures de policiers sont visibles, souvent des grosses voitures blindées antiémeutes. Dans ces quartiers populaires, pas de file qui se forme pour voter, disent les agents.

Il est 17h au bureau 2, carré 3 d’un quartier du sud de la ville, 470 inscrits, 89 ont voté. « Ce taux de participation est très inquiétant », dit un agent sous de sceau de l’anonymat. À l'école Fdar, plusieurs minibus ont fait déplacer des électeurs. Interrogé, ils affirment qu'on leur est promis une récompense en échange de ce vote. À Walia, dans le 9e arrondissement, bien qu'il soit sous haute sécurité, la participation les électeurs étaient absents. Un autre bureau de vote, carré 13 de Walia Ngomna, les votants se comptent au bout de doigts. «L'ambiance est timide. Sur 477 inscrits, il n'y a pas plus de 60 votants», dit un agent. 

Enfin, notre équipe de journalistes a clôturé sa tournée au bureau que vote de Chagoua où le président du parti Les Transformateurs a voté. L'heure du dépouillement sonne, les membres du bureau de vote s’organisent. Les scrutateurs lancent à haute voix, « bureau de vote numéro 2, 500 électeurs inscrits, 46 votants, 18 pour le non et 28 pour le oui, soit une participation de -10% ».

Abderamane Moussa Amadaye

La pénurie de carburant a touché durablement la ville de Mongo, capitale de la province du Guera depuis quelques jours, le litre d'essence est vendu à 2500 Fr mais la situation continue de s'empirer dans cette localité, l'essence est devenue une denrée rare. L'inquiétude plane chez de nombreux citoyens mongolais. La rédaction d'Ialtchad Presse a interrogé quelques habitants de cette ville. Reportage.

A Mongo chef-lieu de la province du Guera, le carburant ne cesse d'augmenter de jour en jour. Certains habitants de cette ville ont garé leurs engins roulant. D'autres planent dans l'inquiétude entre grincement de dents, lamentations, patience, etc. Pour le citoyen défenseur des Droits Humains Ahmat Taglo Awana, les citernes d'essence quitte depuis N’Djamena et d'autres viennent depuis Ati pour arriver à Mongo mais à la grande surprise, c'est les vendeurs à la sauvette qui s'occupent de ces citernes pour les caserner à la maison, a-t-il dit. Il relève que l'augmentation du prix du carburant est due aux vendeurs à la sauvette qui jouent leurs cartes d'intérêts pour s'enrichir, car ces derniers stockent le carburant à la maison par fraude en vendant à un prix exorbitant sans toutefois payer les impôts.

Daoud Ousmane Djabir estime que le prix du carburant augmente selon les heures à Mongo, « j’ai acheté un litre à 2000 Fr le matin mais à mon retour le litre d'essence s'est vu augmenté à 2500 Fr », la carence de carburant est un grand problème pour tout le monde dans cette ville. M. Djabir appelle les vendeurs d'essence à penser à leurs pauvres frères et demande aux autorités de trouver une solution à cette pénurie.

Idriss Mahamat quant à lui souligne que la pénurie du carburant est devenue un malheur pour les uns et un véritable business pour les autres qui ne cessent de profiter dans des telles situations pour s'enrichir. « Un tangui c'est-à-dire un litre demi coûte 3250 Fr, certains moto-taximans n'ont pas eu d'autres choix que de garer leurs engins parce que dans cette ville, les clients n'ont pas le moyen pour payer le double du prix de clando », a témoigné M.Idriss

« C’est un cauchemar terrible », témoigne un moto-taximan qui requiert l'anonymat. Il ajoute, « presque toutes les stations sont fermées et le prix du carburant dehors est exorbitant, donc je préfère garer mon engin et me reposer en attendant que la situation s’arrange ».

Notons que la pénurie d'essence dans la ville de Mongo a affecté négativement les activités des moto-taximans qui, désormais, sont obligés de garer leurs engins.

Noël Adoum

Le bureau départemental de la Commission National Chargée de l'Organisation du Référendum Constitutionnel (CONOREC) section du Guera a publié la liste de membres des bureaux de vote pour le référendum le 1er décembre dernier. La liste fait polémique suite au recrutement de plusieurs fonctionnaires de la localité. Reportage.

Au total 400 personnes ont été recrutées par le Bureau de la CONOREC section départementale du Guera pour superviser les bureaux de vote de cette région pour le référendum constitutionnel du 17 décembre. Les jeunes de cette localité se sentent exclus de la liste après avoir constaté l'absence de leurs noms sur la liste finale qui selon eux, ont été remplacés par des fonctionnaires d'Etat. La rédaction a interrogé le président de l'Association des Diplômes Sans Emplois section Guera (ADSEG) Mahamat Abdoulaye et le Coordinateur de l'Association des Jeunes du Guera ( AJEG) Bichara Abdoulaye Adoum.

Le président de l'association des diplômés sans-emplois section Guera Mahamat Abdoulaye souligne que les membres de la CONOREC du Guera ont fait cette magouille pour la 2e fois déjà. Il relève que les jeunes diplômés sans emplois qui ont inscrit leurs noms ont été purement et simplement remplacés par les fonctionnaires d'Etat qui sont entre autre, des parents et amis des membres du bureau de la CONOREC, a-t-il laissé entendre. Il poursuit, ces jeunes fonctionnaires ont bloqué les opportunités de la jeunesse au profit de leur propre intérêt individuel. Par ailleurs, M. Mahamat Abdoulaye demande purement et simplement le retrait de ces fonctionnaires salariés qui ont remplacé ces jeunes innocents.

Quant au Coordonnateur de l'Association des Jeunes du Guera (AJEG) Bichara Abdoulaye Adoum constate avec amertume un nombre important des fonctionnaires d'État recrutés sur les listes de différents bureaux de vote au détriment des jeunes diplômés sans emplois pour les échéances référendaires du 17 décembre. Il poursuit, « ces fonctionnaires ne cessent de bloquer les opportunités des jeunes diplômés sans emplois dans chaque circonstance sans vergogne. C'est un comportement mesquin et irresponsable », a-t-il déploré. Enfin le coordonnateur conclu, « nous voulons tout simplement que nos frères fonctionnaires changent leurs attitudes en vers leurs cadets dans de telle circonstance ».

Noël Adoum

Les jeunes de la capitale tchadienne, N’Djamena, sont de plus en plus tentés de quitter le pays. Ils sont prêts à payer des fortes sommes d’argent aux passeurs pour rejoindre l'Europe ou l'Amérique (États-Unis ou le Canada) pour réaliser leur rêve. Ialtchad Presse a échangé avec plusieurs jeunes. 8 sur 10 veulent immigrer. Un échange non scientifique, mais qui marque une lourde tendance. Reportage.

Certains sont encore au banc du lycée, d’autres sont à l'université ou ont déjà leurs diplômes en poche. Tous rêvent de quitter le pays. « Je suis navré de le dire, il n'y a pas de perspective au Tchad. C'est une vérité absolue. Il n'est secret pour personne que l'injustice existe à tous les niveaux rendant impossible la réalisation de nos rêves. Il faut toujours avoir quelqu'un derrière pour avoir de l'emploi, du financement de projets, etc. Nous vivons comme des étrangers dans notre propre pays, pas d'eau potable ni d'électricité. De surcroît un pays pétrolier où il y a toujours des pénuries », se désole Mahamat Ibni Mahamat, étudiant en biomédical dans un institut de la place. Il préférait aller ailleurs, par exemple au Canada, payant 3 millions de FCFA plutôt que de vivre cette vie désolante et humiliante dans son pays, dit-il. « Ce n’est pas de mon gré, ce sont les conditions qui me poussent à rêver de partir, mais je reviendrai une fois que j'aurai fait un peu d’argent », explique-t-il.

Ali Adam, son ami assis à ses côtés partage son avis, mais lui veut partir pour faire des études. « Ici, les conditions ne sont pas réunies pour faire de bonnes études et avoir une très belle formation. Je préfère aller aux États-Unis un jour pour bien me former, travailler et retourner si Dieu le permet. Inchallah ».

Gérard Ndinguenan Gérard, chômeur diplômé en socio-anthropologie depuis plus de 2 ans rêve aussi de quitter le pays si rien ne change. Il estime qu'il y a trop d'injustice sur le marché de l'emploi, « il est difficile de joindre les deux bouts ou de subvenir à ses besoins malgré les efforts pour se trouver un emploi. En Europe ou en Amérique, c’est facile. Je compte partir, mais revenir », dit-il.

Si la majorité ambitionne d’immigrer,  une minorité de jeunes estime qu'il est souhaitable de  rester au pays, de se battre pour gagner sa vie et faire bouger les choses. C'est le cas de Al-Béchir Ousmane Abakar, étudiant, la vingtaine révolue. « On a besoin des jeunes pour construire ce pays. Si nous tous quittons le pays qui le reconstruira à notre place?», s'interroge-t-il. Le jeune Abakar poursuit que ce pays a besoin de ceux qui croient que tout est possible. Que tout peut changer un jour, mais pas changer d’un coup de baguette magique, « il changera par le travail, l'honnêteté, l'audace et la résilience ».

Abderamane Moussa Amadaye

Depuis quelques mois, la pièce de 500 francs n'est plus acceptée dans la capitale tchadienne, N'Djamena. Elle a subitement disparue. La rédaction est allée interroger les commerçants et les clients. Reportage.

La pièce de 500 FCFA communément appelée, « Dragon » ou « Mia hadid » ont mystérieusement disparu de la capitale. Le motif de cette disparition est confus. Selon plusieurs témoignages recueillis des habitants, la pièce est rejetée par les commerçants aux marchés publics, chez les boutiquiers dans certains quartiers, aux carrefours de vente voire même des cabarets et les agences de voyages. Ce refus des commerçants au marché et des vendeurs ambulants interroge. Pourquoi la pièce de 500 Fr n’est plus acceptée?

Ismaïl Aboubakar est commerçant grossiste, il affirme, «nous utilisons bel et bien cette monnaie dans les provinces notamment à Abéché, Mongo, Bokoro, etc. Mais je ne comprends pas pourquoi, les commerçants de N’Djamena rejettent ces pièces de 500 Fr qui sont valables et utilisables dans tous les pays de la zone de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)? », Il poursuit en soutenant que les Tchadiens doivent prendre conscience afin de ne pas rendre la vie encore difficile à leurs prochains.

Moussa Béchir, client au marché de Habena estime que «les pièces de 500 Fr ne sont pas un problème tant que c'est  fonctionnelles, ils doivent circuler dans les marchés voire même ailleurs tout comme les billets et d'autres pièces de monnaie». Il appelle les commerçants de N’Djamena à se ressaisir et à respecter les autorités. Il demande au gouvernement de sanctionner ceux qui rejettent cette pièce de monnaie.

Hassana Anguini, chauffeur de mini bus sur l'axe Walia-Ngueli avance ses raisons, « je n'accepte pas de les prendre si on me remet, car je ne peux pas les échanger chez d'autres commerçants étant donné que tout le monde n'a pas besoin de ces pièces ».

Un boutiquier témoigne dans l'anonymat, il affirme que les clients utilisent les pièces de 500 Fr, il les a collectés jusqu’à 20 000 francs en quelques mois. Et sa grande surprise les mêmes clients refusent catégoriquement de prendre ces pièces comme monnaie de change, « j'étais obligé d'aller acheter de la marchandise avec, à Kousserie, au Cameroun» s'est-il plaint .

Après la mise en circulation des nouvelles coupures de billets de banque dans la zone CEMAC en décembre dernier, les pièces de 500 francs sont toujours valables et doivent être utilisées comme d'autres pièces de monnaie a indiqué la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) lors d'une conférence de presse en décembre 2022.

Noël Adoum

Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) et la Plateforme Républicaine ont animé un point de presse ce 30 novembre 2023 dans les locaux de la radio FM Liberté. Cette déclaration est axée sur l'appel à la conscience des Chefs religieux face au danger que court le Tchad. Reportage.

Par la voix du président du parti les démocrates Avoksouma Djona Atchenemou, cette lettre a été adressée aux leaders religieux. Elle affirme que l'influence spirituelle s'étend bien au-delà des frontières de lieux de culte, et leur parole a un impact significatif sur la vie de la nation.

La déclaration relève que la nation est confrontée à un défi critique qui risque d'anéantir les minuscules progrès démocratiques réalisés au cours des six dernières décennies. « Nous sommes confrontés aux élections à venir, qui ont soulevé de graves préoccupations quant à leur équité et à leur légitimité », dit-il. Le GCAP et plateforme Républicaine ont appris que le gouvernement actuel favorise activement un environnement qui est très loin d'être démocratique. Car « Il existe en effet de fortes indications de fraudes électorales en préparation et notre crainte est que le pays ne sombre définitivement dans la dictature », a déclaré Avoksouma Djona.

Le GCAP et la Plateforme Républicaine estiment que les voix des religieux portent, et leurs positions sur les questions d'éthique et de morale peuvent avoir un impact profond sur la société. « Il est essentiel que nous préservions l'intégrité de nos processus démocratiques et que nous défendions les valeurs de justice et de transparence pour refuser toutes tentatives de manipulation des élections à venir ».

Selon GCAP, les tchadiens ont perdu toute possibilité de revendiquer leurs droits. Il estime que, « celui qui se trouve à la tête de l'Etat, utilise toutes les ressources publiques disponibles pour acheter les consciences s'il ne se sert pas de la violence pour réprimer toute dissidence ou revendication. Mieux, il fait fi de tout cadre juridique existant en imposant des règles injustes aux populations qui devraient en principe espérer bénéficier de sa protection ».

Pour eux, depuis le début de la transition, « les dirigeants de la transition ignorent toutes les règles d'honnêteté et de transparence. Ils refusent toute possibilité de consensus qui devrait régir un tel processus de retour tant attendu à l'ordre constitutionnel. Car la nouvelle Constitution et l'organisation du référendum écarte la question du choix de la forme de l'Etat le 17 décembre prochain sont bien la preuve que le retour à l'ordre constitutionnel risque fort de se faire sans l'inclusion souhaitée ».

La GCAP compte s'opposer à la poursuite de ces pratiques d'exclusion. « Nous devons surtout faire en sorte que notre pays ne soit détruit par quelques mains qui n'ont aucune capacité à prendre en considération l'intérêt national ou l'intérêt du peuple ».

Noël Adoum

4 Tchadiens sur 5 ne mangent pas de fruits au quotidien comme recommandé par les spécialistes de santé. La rédaction a échangé avec la nutritionniste Haloua Jean-Baptiste sur le sujet. Reportage.

M. Saleh Ibrahim est étudiant à la faculté de Droit de l'Université de N'Djamena, il avoue avoir consommé la dernière fois un fruit, il y a une semaine. « Les fruits sont chers, une banane coûte 150 à 200 F, alors qu'avec cette somme je pourrais m'offrir un bon plat de ris à la sauce tomate au campus », dit-il. Un autre à côté affirme, « je préfère la quantité pour me rassasier, les fruits sont destinés aux personnes aisées ». Si certains clament la quantité, d'autres connaissent l'importance du fruit pour le corps humain. « Je préfère la qualité pour ma santé et faciliter la digestion », rétorque Papou Soumaïne, assis non loin d'eux.

Haloua Jean-Baptiste, nutritionniste de formation, dit que le corps humain a besoin de fruits, « ils sont riches en vitamines, en fibres, en micronutriments et en antioxydants ». Ils permettent à l'organisme humain de bien fonctionner en facilitant dans la digestion des aliments ingérés, à fabriquer des anticorps et à désintoxiquer l'organisme, dit-elle, « les fruits  représentent d’excellentes sources de vitamines et de minéraux essentiels à un système immunitaire solide », rajoute la nutritionniste.

En réponse à ceux qui estiment que les fruits sont chers, Mlle Haloua propose une alternative, « le corps humain a besoin des micronutriments et vitamines surtout hydrosolubles qu'on trouve spécifiquement dans les fruits et aussi dans les légumes. Alors, ces personnes qui ne mangent pas de fruits chaque jour peuvent consommer des légumes de saison du terroir disponibles à moindre prix ».

Au sujet des conséquences de l’abandon ou de défaut de consommation de fruits, la nutritionniste dit, « les conséquences se manifestent par des carences en vitamines et micronutriments essentiels pour celui qui ne mangent ni fruits, ni de légumes. Pour les personnes qui mangent de légumes, les carences sont moins nombreuses. En revanche, si la personne ne mange pas des oranges qui sont riches en vitamines C, mais mange en retour de la laitue, celui-ci va satisfaire ses besoins de vitamine C contenus dans la laitue. Donc les fruits et légumes sont complémentaires, le danger c’est lorsqu'on ne mange aucun des deux légumes ».

Abderamane Moussa Amadaye

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