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Les coupures intempestives de l’électricité par la Société nationale d’Électricité (SNE) reprennent de plus belle. Qu’est-ce qui peut être à l’origine de cette impasse opérationnelle?

Pourtant, lors d’un point de presse fait, le 3 avril passé, à la Direction de la production à Farcha, son Directeur Général M. Mahamat Adoum Ismaël, s’est excusé pour les manquements et désagréments causés aux clients. Il l’avait si bien signifié en affirmant que « l’électricité est un important levier de développement d’un État qu’on ne peut au 21e siècle, s’en passer. », par la même occasion, il informait la presse que, la SNE a réceptionné un nouveau moteur MBH en provenance d’Allemagne d’une puissance de production de 4MW.

De plus un autre générateur était commandé et devait être fourni. Ces acquisitions devraient, en principe, permettre d’avoir une puissance disponible de 80 MW, supérieure à celle annoncée en septembre 2020, qui était de 70MW. Les abonnés avaient cru à ces déclarations comme des paroles d’évangile. Et voilà que la SNE renoue avec ses vieilles vilaines habitudes. Dans les « causeries N’Djamenoises », on entend les mêmes refrains enduits de grande lassitude, «  la SNE nous fatigue, cette société ne vaut rien du tout. Il faut, peut-être, de la concurrence qui la forcera à améliorer ses services. Les clients souffrent ». Surtout les petites et moyennes entreprises (PME) comme les commerçants, les tenanciers des ateliers de soudure, etc.

La ville a repris avec la saga des groupes électrogènes. Ils rythment le pool de la ville de leurs sons inconfortables à l’oreille et de leurs odeurs de carburant qui picotent les narines. Récemment, une vaste opération de contrôle des abonnés a été effectuée. Pour quel résultat s’interrogent les N'Djamenois ? Certains disent qu’ils font des abonnements des chaînes de télévision qui s’épuisent sans qu'ils en profiter. Souvent c’est à 1h ou 2h du matin que certains foyers sont ré-alimentés en électricité. D’autres recours aux petits lampadaires pour s’éclairer. Ce qui engendre d’autres dépenses hors budget. Pendant la période de chaleur intense, la SNE, justifie ses délestages par la température élevée, œuvre de Dame Nature. «  La température ambiante est de 45°C en période de chaleur et cela monte jusqu’ à même à 70°C dans la salle des machines. Cela impacte fortement le rendement des moteurs», avait expliqué le DG de la SNE le 04 avril dernier à Farcha. Mais nous sommes actuellement en saison de pluie et la température oscille entre 25°C à 30°C. Et les délestages ont repris à un rythme effarant.

Un autre problème à la Une des causeries, c’est la baisse de tension électrique. L’électricité de la SNE est toujours de très faible tension. On a beau fait recours aux stabilisateurs, ils n’indiquent jamais 220 voltes. Les lampes ampoules s’allument et s’éteignent toutes seules. Autre problème, c’est la question des factures. Certains ménages qui utilisent les comptoirs mécaniques disent qu’ils reçoivent des factures arbitraires qui ne reflètent pas à leur vraie consommation. Le 04 avril dernier, M. Mahamat Adoum Ismaël, disait à la presse que la baisse de tension dans certains quartiers est due à la fraude. « Plus d’un tiers de personnes s’alimentent au mépris des règles élémentaires établies par la SNE. Cette délinquance prive la société de ses ressources pour garantir sa pérennité », avait-il précisé.

A la même date, le DG de la SNE dévoilait sa stratégie d’électrification à court, moyen et long terme adopté par le gouvernement à travers le Plan d’Urgence d’Accès à l’Électricité(PUAE) 2021-2023. Le taux d’électrification devrait passer de 6,4% à 38,12%. Pour l’instant, disent certains clients de la SNE, c’est le concret qui les intéresse et non les projections. La preuve, chaque jour ils sont plongés dans le noir. « La SNE doit nous satisfaire. Nous ne sommes pas contents de sa prestation. Ces coupures intempestives détruisent quelquefois nos appareils. Sous d’autres cieux, les gens porteraient plainte pour de tels désagréments. Nous sommes très gentils au Tchad. Il faut que cela change », lance tout furieux M. Rongarti Banyo, un habitant de Moursal, dans le 6e arrondissement de N'Djaména. Espérons que les « dieux africains » de l’électricité entendent ces plaintes.

Moyalbaye Nadjasna

Depuis quelques mois, les Tchadiens sont confrontés à des problèmes de circulation des pièces de monnaie et des petites coupures des billets de banque.  Les billets de 2000 francs, 5000  CFA ont quasiment disparu sur le marché.  Un véritable casse-tête pour les détenteurs de gros billets surtout, les usagers de billets de 10.000 FCFA. Reportage.

Les petits billets de banque deviennent de plus en plus rares sur les  marchés, les boutiques voire les stations d’essence de la capitale tchadienne, N’Djamena. Ce manque pose des difficultés dans les échanges commerciaux et la vente en détail. Les pièces rares sont celles de 25F, 50F et 100F. Les petites coupures de 500f, 1000F, 2000 francs et 5000 CFA sont de plus en plus introuvables. Même si on en trouve, la qualité n’est pas. Il se trouve que même certaines pièces sont dégradées et rejetées faute des numéros lisibles.

Il est difficile d’effectuer des achats d’articles et divers produits lorsqu’on a de gros billets. Les commerçants posent d’avance le problème de reliquat. Ce qui oblige les clients à dépenser plus que leur budget prévu pour les courses. M. Ngarassem René est comptable dans une station de la place. Selon lui c’est un problème délicat qui joue sur les relations clients-vendeurs. « On a souvent de  la difficulté de rendre la monnaie aux clients à chaque fois qu’ils arrivent à la pompe. Pour certains clients impatients, nous nous donnons beaucoup de mal pour les désintéresser, d’autres nous comprennent et repassent plus tard chercher leurs reliquats », dit-il. Il ajoute qu’il leur arrive de demander aux clients s’ils ont le montant exact avant de les servir, ce qui n’est pas bien pour les affaires. Un client, sous couvert de l’anonymat, déclare que cette situation commence par être agaçante. Pour lui, certains  pompistes disposent bien de la monnaie, mais c’est une manière d’amener les clients à acheter plus. C’est devenu une stratégie marketing. Un autre pompiste, Ali Mahamat, lance un cri d’alerte auprès des banques.  «  Nous rencontrons beaucoup de problèmes concernant les pièces de monnaie et les petites coupures des billets. Nous demandons aux banques de faciliter la circulation des petits billets», dit-il.

Pour Mahamat Al-Hassan, vendeur de piment et autres produits au grand marché, il y a un sérieux problème de monnaies. « Si les clients achètent les articles ou produits de 250 et 300 FCFA, même avec un billet de  500 FCFA, on a souvent de la difficulté pour lui rendre sa monnaie. C’est pareil pour les billets de  2000F et 5000 F, qui sont rares ». La rareté des pièces de monnaie et de billets de petites coupures font déambuler les femmes dans les marchés durant des heures.

Pour une caissière d’une banque de la place, les pièces et les petites coupures des billets qui servent de monnaie sont rares à cause de leurs états piteux. « La Banque centrale se serait trouvée dans l’obligation de les récupérer. Ces billets piteux en état sont parfois remplacés ou purement et simplement détruits. Voilà pourquoi, les banques n’arrivent pas à ravitailler en monnaies », explique-t-elle.

Des marchés, des centres commerciaux en passant dans les petites boutiques des quartiers, les agences de voyages, le constant est le même. Tout le monde se plaint, clients,  commerçants ou vendeurs. Certains grossistes et même les détaillants estiment que c’est un manque à gagner pour l’économie du pays.

Mahamat Kao, Hermine et Hassanié

Les épreuves écrites de la 2e session du baccalauréat ont commencé ce 4 septembre 2021. 22.739 candidats admissibles, toutes séries confondues, composent sur toute l’étendue du territoire national. 2532 candidats composent à N’Djamena dans 3 centres retenus. Tout se passe bien nonobstant quelques cas de retard des candidats, des fraudes, des maladies, et d’accouchement. Reportage.

Il était 11 heures lorsque nous arrivons à un des centres, le Lycée Sacré-Cœur. Les 800 candidats toutes séries confondues signalés par M. Ndolebreu Nadion Jean-Blaise, président de ce centre, sont en salle. Dans quelques salles visitées, les candidats sont concentrés. En série A4, ils composent l’épreuve des mathématiques après les épreuves de français ou philosophie en option entamées aux premières heures. Selon le président du centre, ils ont accusé un retard de presque 1 heure avant de commencer les épreuves. Les causes : beaucoup de candidats ne sont pas venus à la veille pour identifier leurs numéros et leurs salles de composition. « Cela a eu des répercussions négatives sur le déroulement des épreuves. Parce qu’il fallait mobiliser tout le personnel enseignant pour orienter les candidats », dit-il. Il signale de nombreux cas de maladies surtout des filles, avant de déplorer qu’un service de secours sanitaire n’a pas été prévu pour cette seconde série. Les candidats malades sont conduits aux hôpitaux par les parents, affirme-t-il. Trois candidats sont renvoyés pour cause de retard excessif, déclare M. Ndoleubreu Nadion.

Cap au centre du Lycée évangélique où composent 900 candidats. La présidente du centre Mme Nekarmbaye Hélène signale le problème des candidats qui sont des homonymes. Il a fallu appeler à l’ONECS pour vérifier qui des deux candidats est appelé à composer la seconde série. En plus de cela, « une candidate enceinte était en travail en pleine composition et conduite à l’hôpital », informe la présidente du centre. Sur le cas de la candidate en travail (accouchement), elle affirme que seul le jury peut décider de son sort.  La particularité de ce centre, c’est la présence de 11 candidats sourds (malentendants) qui composent en série A4, conclut-elle.

Au Lycée féminin, 3e centre d’examen, la dernière étape de notre visite terrain. Quelques élèves rencontrés à la sortie des salles se disent satisfaits des épreuves. « Les sujets sont abordables. Nous sommes confiants et croyons à notre réussite cette fois-ci », disent-ils.

La présidente du centre du lycée féminin, Mme Gotoum Nadjinangar, soutient que tout se passe bien sans aucun incident majeur. Elle signale tout de même, quelques cas de fraude et d’absences constatés.

Kouladoum Mireille Modestine

Bientôt les parlementaires Tchadiens vont céder la place au Conseil national de transition(CNT). Mais bien avant cela, ils donnent leur avis sur la situation du pays. Ils font des suggestions au gouvernement de transition. La rédaction de Ialtchad Presse s’est intéressée pour vous à leurs remarques et suggestions.

« La santé avant tout », et l’Assemblée nationale a décidé d’y mettre un accent particulier. Les députés notent que la covid-19 dans sa nouvelle variante « Delta » est plus mortelle. Ils soulignent que l’introduction du vaccin au Tchad par le gouvernement est une bonne chose. Le président de l’AN Dr Haroun Kabadi demande que le gouvernement délivre des carnets de vaccination afin de faciliter la circulation des personnes. Il demande également que les dispositifs de surveillance sanitaire soient renforcés. Selon la Représentation nationale, d’ici le 11 septembre, l’état d’urgence sanitaire se termine, le gouvernement doit envisager des réponses idoines. « Je lance un appel à la population tchadienne de bien vouloir se faire vacciner, car il n’y a pas d’autres remèdes contre ce virus », souhaite le président de l’AN.

Toujours en santé, les élus du peuple désignent le paludisme comme ennemi public numéro 1. Il fait beaucoup des victimes au Tchad. Il demande au gouvernement d’être veillant. Le gouvernement, disent-ils, doit prendre des mesures contre cette maladie afin de préserver la vie de la population. Les couches vulnérables telles que, les enfants, les personnes de 3e âge et les femmes enceintes sont les plus exposées.

En économie, l’AN demande au gouvernement de définir de mécanismes de résiliences. La 3e législature dit apprécier la reprise de la croissance économique dans la zone CEMAC cette année. Les députés approuvent le retour de la Banque africaine de Développement (BAD), avec le financement de la phase II du projet Régional d’Appui au Pastoralisme dans le Sahel (PRAPS II). Ce financement va permettre d’améliorer la santé animale, affirme la Représentation nationale. Pour joindre l’utile à l’agréable, les députés soutiennent qu’il y eut cette année une mauvaise répartition pluviométrique au pays. Ils craignent les risques d’inondation des récoltes et éventuellement de la sécheresse. L’AN suggère au gouvernement d’envisager si possible, un plan d’urgence. Le président de l’AN informe qu’un sommet mondial sur les systèmes alimentaires va se tenir en septembre. Il indique que, le Réseau de l’Alliance parlementaire pour la santé alimentaire et nutritionnelle de l’AN, en collaboration avec la Coordination nationale des concertations sur les systèmes alimentaires et la FAO avait abordé la question les 25 et 26 août passé. « L’objectif de cette concertation c’est de permettre aux élus d’explorer de manière concrète les défis et les options pour transformer les systèmes alimentaires de notre pays. Ce, à travers des pistes d’actions bien prédéfinies, qui reposent sur la vision que propose le sommet à venir. Ce sommet se veut un avenir équitable, sain pour tous ceux qui contribuent au progrès du droit à l’alimentation », dit le PAN Haroun Kabadi. Les parlementaires tchadiens se disent surpris par la hausse des prix des denrées alimentaires de première nécessité. Ils encouragent le gouvernement à réguler le marché et discipliner les commerçants véreux.

Un progrès dans l’éducation de la jeune fille

Les députés sont satisfaits de l’effort fourni par le gouvernement à organiser les examens de fin d’année scolaire 2021. Ils estiment qu’il y a du progrès dans l’éducation de la jeune fille. Sur les 106 988 candidats au Brevet de l’Enseignement Fondamental (BEF), il y a 36 940 candidates filles. L’AN note tout de même le taux de réussite faible au baccalauréat avec 23 725 admis d’office et 22 739 admissibles sur 97022 candidats au 1er tour sur l’ensemble du territoire national. Les parlementaires appellent à une bonne préparation de la nouvelle rentrée scolaire académique. Ils réitèrent leur suggestion au gouvernement d’adopter, un protocole sanitaire capable de préserver la santé des élèves et des étudiants ainsi que celle du personnel administratif et d’encadrement.

Moyalbaye Nadjasna

Baccalauréat session d’aout 2021, la seconde série d’épreuves écrites est prévue, ce 04 septembre 2021 sur l’ensemble du territoire national. Ils sont au total, 22.739 candidats séries confondues pour tout le Tchad. Dans la capitale tchadienne, N’Djamena, 3 centres de compositions sont retenus (le Lycée du Sacré-Cœur, le Lycée évangélique et le Lycée féminin). Les centres de composition et les candidats sont-ils prêts pour demain ? Reportage.

22.739 candidats sont appelés à composer le 04 septembre 2021, la seconde série des épreuves écrites du baccalauréat. Trois centres de compositions sont retenus. Il s’agit des centres du lycée du Sacré-Cœur, du Lycée évangélique et du Lycée féminin. Ce matin au Lycée du Sacré-Cœur, la cour de l’école est déserte, aucune présence des candidats. Mais dans la salle de réunion, les surveillants de la seconde série reçoivent les dernières consignes données par la proviseure. Ces surveillants sont majoritairement issus du Lycée du Sacré-Cœur.  Dans les salles de composition, les table-bancs portent les numéros de série de chaque candidat.

Juste à côté sur l’autre avenue, l’avenue Mobutu, c’est le Lycée Évangélique, un autre centre de composition. Dans la cour, on ne voit que les élèves des classes de 6e  et de 3venus passer le test des nouveaux recrus pour la rentrée scolaire prochaine. Le personnel de ce centre de composition du baccalauréat estime qu’il n’y a pas de problèmes. « Nous ne sommes pas pressés pour demain, même à 18h, on peut numéroter les salles de composition », lancent-ils.

Quartier Amriguebé, 5e arrondissement, au Lycée féminin. C’est le dernier centre de composition visité. Quelques candidats viennent vérifier leurs noms sur la liste. D’autres sont concentrés, jettent un clin d’œil sur leurs notes comme pour vaincre le stress. Certains candidats se disent prêts pour affronter la seconde manche du baccalauréat. Adjidjé Oudatallah est  une candidate en série A4, elle révise sa leçon d’histoire-géographie. « Je suis prête pour la composition de demain. J’espère que je serais admise cette fois-ci. Cette seconde série est une occasion pour moi de se saisir cette chance », confie-t-elle.

Les candidats des séries littéraires et scientifiques ont trois matières à composer pour la seule journée du 4 septembre. Les candidats de la série A4 auront à choisir, entre les matières de français ou de philosophie. «  Seuls les lycées parapublics abritent la composition des épreuves écrites de la seconde série. Exception faite cette année au lycée féminin au détriment du lycée Ibnou Cina », dit un surveillant.

Kouladoum Mireille Modestine

Lancée depuis janvier 2020, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANATS) peine à délivrer dans un délai court la carte d’identité nationale. Les demandeurs éprouvent d’énormes difficultés pour accéder à ce document. Reportage.

Chaque jour des centaines de Tchadiens, de tous les âges et de sexes, se lèvent tôt pour se rendre au gouvernorat de la ville de Ndjamena, située dans le 6e arrondissement de la capitale tchadienne. Objectif du déplacement, l’obtention de la carte nationale d’identité (CIN). Mais, bon nombre éprouvent d’énormes difficultés pour obtenir le précieux sésame. Certaines personnes rencontrées dans la cour du gouvernorat expliquent leurs calvaires pour avoir la fiche permettant de se faire filmer. Pour avoir la fiche, les autorités en charge exigent aux demandeurs d’aller verser une somme dans une banque partenaire et de présenter le reçu. Sans le reçu, il est quasi-impossible d’obtenir la fiche individuelle de renseignement. « Ils ont demandé d’aller d’abord verser l’argent à la banque et ensuite tu viens te mettre en rang. Tu peux passer toute la journée au gouvernorat pour avoir une simple fiche. C’est vraiment triste », rouspète Aladin Mbaïlaï.

Ce jeune explique que c’est depuis plus de 3 semaines qu’il a versé de l’argent dans le compte de l’institution publique, mais qu’il peine à se faire enrôler. Beaucoup sont dans la même situation qu’Aladin Mbaïlaï. Certains quittent tôt la maison pour occuper une place plus avantageuse dans les rangs. Mais là encore, peine perdue. « On vient à 5 heures du matin, espérant occuper une bonne place dans le rang, mais il y a toujours beaucoup de gens avant toi. D’autres par contre sont privilégiés. Ils peuvent avoir la fiche et se faire filmer le même jour », se plaint Chaïbou Boulayngar Bémadji. Assis sous un arbre et visiblement fatigué, Mbaïhougadodé Richard, souligne que ce n’est pas admissible de traîner plus d’un mois pour avoir une juste pièce nationale d’identité. Selon lui, il y a un véritable manque d’organisation pour faire fonctionner normalement l’administration publique. « Je suis venu de loin, j’ai laissé ma femme et mes enfants. Maintenant j’ai fait un mois sans rien obtenir », dit-il. 

La lenteur dans la délivrance de la CIN, pousse certains citoyens à s’interroger sur la compétence des agents chargés de faire les enrôlements. Ils estiment que ces agents seraient recrutés sur la base de clientélisme et non sur leur compétence. D’autres, en revanche, affirment que c’est le sous-effectif du personnel qui serait la cause de la lenteur. Ils proposent aux autorités de l’ANATS de recruter davantage du personnel qualifié et compétent pour alléger le travail et soulager les citoyens demandeurs.

Pour faciliter le travail, les autorités ont ouvert plusieurs guichets dans les provinces du pays. Mais pour répondre aux besoins pressants des citoyens, celles-ci devraient s’évertuer à trouver des solutions satisfaisantes et durables.

Jules Doukoundjé

Dans son discours à l’ouverture de la seconde Session 2021, le Président de l’Assemblée nationale (PAN) Haroun Kabadi, souhaite un Dialogue National Inclusif (DNI) qui incarne l’égalité, la justice et renforce les capacités des forces de sécurité. Décryptage.

Selon Dr Haroun Kabadi, Président de l’Assemblée Nationale, le processus de l’organisation d’un prochain Dialogue national inclusif (DNI), est encourageant. Le DNI constitue, selon lui, l’une des mesures fortes prises par le Conseil militaire de transition (CMT). Il appelle de son vœu que, cette assise nationale n’occulte aucune thématique, mais qu’elle puisse être une occasion pour les filles et fils du Tchad de laver leurs linges sales en famille et d’en sortir grand pour un Tchad heureux. Il note la création d’un ministère spécialement chargé de la Réconciliation nationale et de Dialogue et en fait une preuve de la bonne volonté des autorités de transition. Pour lui, le fait de se concerter au préalable avec toutes les sensibilités et les différentes forces vives est une bonne démarche appréciée par tous les Tchadiens. La création d’un comité technique spécialisé afin de préparer la participation des politico-militaires à ce dialogue témoigne, pour une seconde fois, de la bonne volonté du CMT dans la recherche de la paix et de la stabilité au Tchad.

Le président de l’AN affirme qu’au cours de ce dialogue, les participants n’auront pas les mêmes points de vue. Les débats seront démocratiques, avant de signifier que, la Représentation Nationale est convaincue de la maturité du peuple Tchadien de trouver des solutions aux maux qui minent leur pays. « L’AN appelle à l’esprit d’ouverture et de consensus, du sens élevé du devoir et de responsabilité de tous les acteurs concernés. Ils doivent faire de ces assises un espace public d’incarnation de l’égalité et de la justice, de la fraternité et de la solidarité, de l’unité et de la cohésion nationale », déclare-t-il. Le PAN soutient aussi que, la représentation de l’Union Africaine (UA) auprès du Tchad montre combien le continent suit avec attention ce processus de transition. Il précise que cette présence vise le bon déroulement de la période de transition au Tchad, mais les Tchadiens doivent prouver également leur maturité vis-à-vis de la communauté internationale.

Sécurité

Dr Kabadi propose que les capacités de surveillance des forces de Défenses et de sécurité soient renforcées pour mieux contrôler les porosités des frontières du pays. Il relève que la décision de la conférence de Berlin intimant l’ordre aux groupes armés de quitter la Libye demeure une préoccupation des élus du peuple. La Représentation nationale déplore le manque de plan d’organisation de ces groupes armés qui doivent regagner leurs pays respectifs. Selon lui, ce départ désordonné peut constituer un risque de déstabilisation pour les pays frontaliers, surtout pour le Tchad.

Au sujet des conflits intercommunautaires survenus récemment à Moïto dans la province de Hadjar-Lamis, les élus saluent la réaction prompte du gouvernement qui a diligenté une enquête qui a limité les dégâts. « La tenue de réunions hebdomadaires et mensuelles sur la sécurité est idéale. Ces rencontres permettent au gouvernement d’assurer la sécurité des Tchadiens », estime Dr Haroun Kabadi.

Moyalbaye Nadjasna

Le samedi 28 août dernier, le ministère du Travail a convoqué les délégués des employés de la compagnie pétrolière au Tchad. Objectif: leur signifier la proposition de l’employeur qui consiste à verser 2 mois de salaires. Les employés ont rejeté l’offre. Reportage.  

Selon Mme Dahasseal Dekoundou, porte-parole de la délégation - Esso Chad, une assemblée générale a été tenue le lundi 30 août dernier. Cette rencontre visait à faire le point sur leurs différentes revendications en rapport au départ de leur employeur Esso Tchad. Plusieurs rencontres d’après elle ont eu lieu avec les autorités tchadiennes. Le samedi, 28 août dit-elle, le ministre du Travail a convoqué les délégués des employés nationaux d’Exxon Mobil. Mme Dahasseal Dekoundou affirme que le ministre les a informés que leur employeur leur propose 2 mois de salaires comme prime de séparation à l’amiable, assortis  des conditions. La porte-parole de la délégation des employés cite les conditions, « prendre les 2 mois de salaires et renoncer à discuter sur ce point, en cas de refus, Esso retire son offre, l’acceptation vaut permission de la visite de Savannah Energy sur le site de Komé pour valider la vente et mettre fin à la violence sur le site. »

Pour la déléguée, s’il fallait faire une évaluation de tout ce dont Esso va bénéficier après la vente, ce qu’on leur propose ne représente que 2 %. Le 29 août dernier, l’AG  a rejeté unanimement cette proposition, note-t-elle. La prime de bonne séparation explique-t-elle, c’est une pratique. Pour la déléguée, Esso et ses employés se sont accordés sur un certain nombre de mois concernant la prime de bonne séparation en fonction de l’ancienneté. Pour Esso, dit-elle, c’est un transfert et il n’y a pas de raison pour que la compagnie paye cette prime. La PDG d’Esso d’après la déléguée affirme qu’Esso n’est pas en train de partir, mais change juste de nom. « Ce qui est faux, parce que les actionnaires de Esso c’est EXXON MOBIL. Lorsqu’Exxon Mobil se retire, cela veut dire que cette entreprise meurt au profit d’une nouvelle entreprise qui est Savannah Energy. Savannah Energy n’est pas affiliée à Exxon Mobil, c’est là le dilemme », dit Mme Dahasseal Dekoundou.

La déléguée du personnel national a signifié qu’à travers leurs revendications, 6 points sont capitaux. Il s’agit du plan Épargne de retraite, « l’argent des employés cotisés chez Esso pour les retirer  au moment donné, qui ne devrait pas faire l’objet de discussion », ensuite, le plan médical pour les retraités, « si Esso s’en va sans une moindre garantie, ce serait une manière d’abandonner les employés à leur triste sort ». Autre point, le plan médical pour les employés actifs, « beaucoup sont malades à cause des pressions et produits chimiques dangereux », il y a aussi le remboursement des crédits immobiliers, « Esso doit verser 20% et 25 %, si elle part sans aucune garantie, les banques risquent de saisir les biens de certains employés sous crédits », un autre point, c’est le versement de solde de tout compte des employés avant tout départ. Et enfin, la prime de bonne séparation.

Mme Dahasseal Dekoundou, rappelle que le lundi surpassé, les délégués voudraient rencontrer la Directrice générale d’Esso Chad, mais elle avait déclaré qu’elle était occupée. Or, elle multipliait les visites et rencontres ailleurs dans les ministères et autres, souligne la déléguée.  Elle ajoute que, la PDG d’Esso Tchad voulait organiser la visite sur le site de Komé avec la représentation de la société Savannah Energy, le 24 août. «  Les employés mis au parfum ont occupés la piste d’atterrissage. Elle a appelé le ministre de travail et le ministre lui avait répondu de ne pas forcer la visite », mentionne la déléguée. Depuis lors souligne-t-elle, les négociations sont suspendues, arrêtées ou terminées, personne ne sait. Mme Dahasseal Dekoundou soutient que la Direction générale d’Esso Tchad veut forcer cette visite pour valider sa vente.

Le porte-parole conclut qu’ils vont continuer la revendication de leurs droits. Elle précise qu’ils ont de nombreuses stratégies qui sont leurs armes de guerre.

Moyalbaye Nadjasna

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