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L’allaitement maternel exclusif présente de nombreux avantages pour la santé de l’enfant comme pour celle de la maman. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif des enfants jusque 6 mois. Au Tchad comme partout en Afrique, les mères ne semblent pas disposées à mettre en pratique cette méthode, pourtant bénéfique pour leurs nouveau-nés et pour elles-mêmes. Reportage.

L’allaitement maternel exclusif consiste à donner au nourrisson rien que le lait maternel jusqu’à l’âge de 6 mois. Après quoi, la maman pourra associer le lait maternel avec la bouillie, les fruits et légumes et autres aliments bons pour la croissance et le bien-être de l’enfant. L’allaitement maternel exclusif n’a aucun inconvénient pour l’enfant et présente des avantages pour le nourrisson. L’enfant allaité exclusivement au lait maternel est toujours en bonne santé, il grandit aussi très vite. L’allaitement maternel exclusif permet d’être en communion avec son enfant, lui donner de l’affection, car l’enfant se sent en sécurité que dans les bras de sa mère. Pour le médecin-chef du Centre de santé Blabline, dans le 4e arrondissement de la ville de N’Djamena, Bitangui Joseph Laurent, si les mères peuvent allaiter exclusivement les enfants au lait maternel et respectent le calendrier vaccinal, on aura moins de cas de maladies diarrhéiques, et celles liées à l’eau. Il affirme que la plupart des mamans adoptent l’allaitement maternel et respectent les consignes aussi quelquefois.

« Il faut dire que maintenant les mamans vont au travail et elles laissent les enfants aux nourrices, baby-sitter ou un parent qui s’occupent de les nourrir et quelques fois les consignes les échappent », dit Dr Bitangui. Le médecin qui tente de comprendre le phénomène explique « c’est ce qui fait que les enfants tombent malades souvent. Sinon le lait maternel porte en lui beaucoup d’eau et les éléments nutritionnels pour le bien-être de l’enfant ». Selon lui, il est donc conseillé aux mères allaitantes de bien se nourrir parce que tout ce que la maman mange vient dans le lait de l’enfant. Le médecin-chef affirme qu’il est proscrit aux femmes enceintes et allaitantes de prendre de l’alcool, car il ne contient aucun élément nutritif pour le fœtus ou l’enfant. Au sujet de mères qui donnent du lait maternisé par les firmes pharmaceutiques, Dr Bitangui Joseph Laurent soutient que parfois certains laits maternisés sont bons, mais il faut être vigilant, car il y en a aussi ceux qui créent des effets secondaires. Il conseille aux femmes d’allaiter leurs enfants au lait maternel et d’une manière exclusive jusque 6 mois. 

Pour les encourager à adopter la méthode de l’allaitement maternel exclusif pendant 6 mois, le médecin-chef du Centre de santé de Blabline souligne qu’il y a les zones qui sont accessibles où le personnel de la santé peut conseiller et orienter sur l’importance d’allaiter son enfant pendant 6 mois. Et que certaines zones qu’on ne peut pas accéder, les mamans gardent leurs habitudes et coutumes.  

Le lait maternel est constitué à 88 % d’eau, contient tous les nutriments et anticorps. Il est indispensable à la santé et au développement du nourrisson. Même si l’allaitement maternel exclusif a toujours occupé une place privilégiée dans l’alimentation d’un nourrisson et du jeune enfant au Tchad, sa pratique est jugée confidentielle. Selon OMS et UNICEF, en Afrique, seuls 4 nouveau-nés sur 10 sont mis au sein dans l’heure suivant la naissance et seuls 3 bébés sur 10 sont exclusivement nourris du lait maternel jusqu’à l’âge de 6 mois.

Jules Doukoundjé avec Hassanié et Hermine

L’association des femmes vendeuses de poissons du Tchad ne supporte plus les agissements d’une tierce personne qui réclame depuis 3 ans la propriété de là où est construit ce marché. Agacée, elle traduit l’affaire devant les juridictions compétentes.

Le marché de poisson de Chagoua est construit depuis 2013 par la Banque Africaine de Développement BAD au bénéfice des femmes vendeuses de poissons. C’était pour répondre aux demandes des femmes vendeuses de poissons de Dembé qui avaient subi une inondation après une forte pluviométrie en 2012. Depuis la réception du marché, les bénéficiaires exercent tranquillement leurs activités jusqu’à ce jour 30 août 2019 quand M. Djérambété François débarque pour réclamer la propriété de ce marché. Selon ses propos, le local où est implanté le marché appartenait à son père et veut le récupérer.

L’affaire est traduite devant le juge de paix du 7e arrondissement. L’association des femmes avait gagné. Mais un an après, précisément le 30 août 2020, M. Djérambété revient à la charge avec les mêmes revendications. À la dernière tentative est celle du 30 août passé, il dit être déterminé à avoir gain de cause. Il entend diviser le marché et en être le superviseur. Très remontées, les femmes vendeuses de poissons se sont concertées pour informer la presse avant de lui interdire de mettre pied au marché.

Pour la présidente de l’association des femmes vendeuses de poissons du Tchad Fihil Agoï, les femmes exigent que Djérambété François ne revienne plus les perturber. Selon elle, les vendeuses de poissons ne reconnaissent pas l’autorité de ce dernier et qu’il n’est pas membre de leur association, moins encore de la faîtière. Pour elle, le marché est construit pour l’autonomisation financière des femmes. Il ne peut en aucun cas devenir un champ de bataille pour des intérêts personnels d’un individu. « Ce type n’a jamais été élu président de la faîtière. Nous voulons la paix pour faire nos affaires », lance-t-elle. Remontées, elles se sont mobilisées pour faire recours à la justice afin de trancher définitivement le problème.

Le président de l’Union des coopératives des pisciculteurs et vendeurs de poissons du Tchad, Haroun Kadre souligne que M. Djérambété et son fils sont exclus de l’association depuis 2015. Selon lui, le plaignant a fabriqué des faux documents administratifs qui attestent que le terrain où le marché est implanté lui appartient. « Personne ne l’a élu président de l’union des coopératives, tout ce qu’il fait, n’engage que lui », note-t-il.  L’affaire est désormais devant les tribunaux. La Justice tranchera. En attendant un éventuel procès, les vendeuses continuent leurs activités.

Kouladoum Mireille Modestine

Le président d’honneur de la Ligue Tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Dobian Asngar réagit par rapport à sa nomination par décret le 30 août dernier par le Conseil Militaire de Transition au comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI), pour représenter l’association.  Il met en garde les autorités du CMT de la bonne organisation du dialogue, gage de sa participation, sinon il jetterait l’éponge.

Après sa nomination par décret le 30 août dernier pour représenter la LTDH au dialogue national inclusif (DNI), prévu en novembre prochain, le président d’honneur Dobian Asngar exige des autorités du CMT de la tenue d’un dialogue sincère et inclusif sans ambiguïté, qui est un gage de sa participation. Il estime que sans un dialogue sincère, ouvert à toutes les forces vives de la nation, il ne voit pas l’intérêt de participer à une rencontre qui va accoucher probablement d’une souris. L’ancien président de la LTDH précise qu’il ira au DNI au nom de la LTDH, mais ira à une condition : la bonne organisation du dialogue. Dobian Asngar souligne qu’il est désigné pour aller défendre les valeurs de la liberté et les valeurs humaines. « Je ne pars pas pour faire des compromissions, il faut que le CMT et le gouvernement de transition comprennent. S’ils ne vont pas parler de vrais problèmes, je n’hésiterai pas à claquer la porte », déclare-t-il.

Au sujet de la contestation de sa nomination au DNI, par Me Max Loalngar, il fait savoir que l’ancien président est suspendu. Et qu’il n’a pas le pouvoir de contester une décision prise par le COC. Le président suspendu, balaye du revers de la main les arguments avancés par le président d’honneur, Dobian Asngar. Selon M. Loalngar, aucune instance de la LTDH n’a procédé à cette nomination et le président d’honneur ne pourrait y figurer qu’en son propre nom. Il explique que suivant les dispositions des statuts et règlements intérieurs de la LTDH, une telle décision ne pourrait être actée que par le COC ou encore par le président élu qui est habilité à représenter l’association à tous les échelons de la vie publique. Ce dernier rappelle que loin de refuser le dialogue, l’abstention ou le refus d’un dialogue sincère est aussi un mode d’expression pour la défense des populations et ne sauraient faire l’objet de marchandage.

Jules Doukoundjé

L’Assemblée Nationale (AN) du Tchad reprend ses activités. Une cérémonie officielle ce 1er septembre 2021, a été dirigée par son président Dr Harou Kabadi. C’est la 2e session ordinaire, dite budgétaire qui a lieu à Gassi, dans le 7e arrondissement de N’Djamena, en présence du Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert et des représentants des grandes institutions. Reportage.

9h 00. Les invités prennent place. Ensuite, c’est le Président de l’Assemblée Nationale (PAN) Haroun Kabadi, puis le Chef du gouvernement de transition Pahimi Padacké Albert. L’hymne retenti, exécuté par la fanfare nationale marque solennellement le début de la cérémonie officielle d’ouverture de la 2e session ordinaire de l’AN.  Les députés conviés à cette ouverture sont, les députés non-inscrits, les présidents, les vice-présidents des groupes parlementaires, et les membres du Bureau concernés par les plénières. Pour le PAN Kabadi, cette 2e session ordinaire, vise à examiner la loi de Finances 2022 et une proposition de loi portant réglementation de l’activité de transfert de fonds par les sociétés de transfert de fonds en République du Tchad. Aussi, mentionne-t-il, les députés vont se pencher sur deux projets d’Ordonnance. La première portant statut général des militaires des Forces de Défense et de la Sécurité. La 2e, portant notification d’un accord de crédit entre le gouvernement et le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), puis un autre projet portant ratification des prêts relatifs au financement d’un projet d’irrigation dans les provinces du lac Tchad et de Bahr El Gazal.

Après l’hymne national, le PAN présente ses condoléances au président du Conseil Militaire de Transition (CMT) Gal Mahamat Idriss Deby et aux peuples tchadiens au nom de tous les autres députés. Il précise, 26 soldats tchadiens morts, le 05 août dernier à Tchoukou Tallia, province du Lac et, 24 autres Tchadiens morts de suite de conflit intercommunautaire à Moïto, province de Hadjar-Lamis. Selon lui, la 2e session ordinaire de l’AN s’ouvre à une période charnière de la vie politique du Tchad. Sur le plan politique, Dr Haroun Kabadi note positivement la mise sur pied de la Feuille de Route de la Transition, avant d’indiquer que les différents axes stratégiques sont catalyseurs. Il ajoute que cette feuille de route présage que des referendums constitutionnels, des élections présidentielles, législatives et locales démocratiques, libres, transparentes et apaisées et acceptables par tous seront organisés à la fin de la transition.

Le Président de l’AN appelle à la solidarité internationale des pays amis et partenaires financiers d’accompagner le Tchad à réussir le Dialogue national inclusif (DNI). Il insiste sur la question de la consolidation de la paix, de l’unité nationale, de la sécurité et de la cohésion sociale. Ce sont des maillons essentiels pour sortir le pays de cette période de transition.

« La 3e législature cédera bientôt la place au Conseil national de transition »

M. Kabadi annonce que, conformément aux dispositions de la Charte de Transition, la 3e législature va faire place au Conseil National de Transition (CNT). Le CNT est un nouvel organe législatif qui sera composé de 97 membres, dit-il. Il soutient que le processus de sélection de ces membres est déjà à sa phase finale. « Le CNT est appelé à jouer un rôle fondamental et déterminant dans la définition des grandes réformes institutionnelles. Il va jeter les bases juridiques du processus électoral à venir. Il va adopter la nouvelle constitution par voie référendaire, adopter le nouveau code électoral, mettre en place la CENI et la nouvelle structure de coordination des partis politiques », explique le président de l’AN.

Selon Dr Kabadi, le rapport bilan de la 3e législature  a été déjà finalisé et des dispositions pratiques sont prises pour assurer un passage de relais dans des meilleures conditions au CNT. D’après lui, des fonctionnaires parlementaires ont reçu des formations voire bénéficié des expériences sur la bonne manière de recevoir les nouveaux parlementaires. Le président de l’AN souligne qu’il prend acte de la dissolution du Cadre national du Dialogue politique, avant de suggérer au CMT, de concevoir et mettre en place un cadre permettant aux politiques de se concerter.

Dr Haroun Kabadi félicite ses collègues députés pour leur dévouement dans l’exercice de leurs missions parlementaires passé à l’hémicycle. Pour  certains députés qui auront le privilège de revenir comme membre du CNT, il leur souhaite bonne continuation avant de remercier tout le personnel administratif.

Moyalbaye Nadjasna

Pour encourager les parents à faire vacciner leurs enfants, le médecin consultant de l’OMS au Tchad Dr Issa Kane, sensibilise les chefs de carrés du quartier Blabline, dans le 4e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. Ces derniers devraient à leur tour jouer le rôle de relais pour la sensibilisation.

Il a été constaté que les parents refusent d’amener les enfants dans les Centres de santé pour recevoir leurs doses de vaccin (gratuits), malgré le fait que le service vaccination prend toujours l’initiative d’appeler les parents à chaque rendez-vous. Le médecin consultant de l’Organisation Mondiale (OMS) de la Santé est parti de ce constat pour rencontrer les chefs de carrés du quartier Blabline dans le 4e arrondissement de la ville de N’Djamena. Il est question au cours de cette rencontre d’amener, les chefs de carré,  à faire une sensibilisation à la base avant la campagne de vaccination contre la poliomyélite qui commencera bientôt. Le centre de « santé place nord », situé au quartier Blabline compte une population de 13.601 âmes parmi lesquels 601 enfants. Selon les statistiques de ce Centre, 50 enfants devraient être vaccinés chaque mois, soit un pourcentage de 1,6 enfant par jour. Mais force est de constater que durant tout le mois, le service de vaccination peine à vacciner 20 enfants.

Pour le chef de service de vaccination, Haroun Abdelkader, la population de ce quartier sollicite beaucoup plus d’autres services que la vaccination. Selon le médecin consultant de l’OMS Dr ISSA KANE, il existe des maladies comme la variole qui sont éradiquées grâce à la mobilisation de la communauté internationale. Alors il sollicite la collaboration et l’implication des chefs de carré pour toucher le plus grand nombre. Il souligne en outre qu’il faut intégrer les services si les parents ne veulent pas se présenter avec les enfants pour la vaccination. « C’est-à-dire vacciner les enfants et faire la consultation prénatale pour aboutir à la distribution des moustiquaires », propose ce dernier.

Cette rencontre a été une occasion pour les chefs de carré de donner des raisons de leur réticence, de leur doute, de leur hésitation et de stéréotypes des parents. Toutefois, ils ont accepté de s’impliquer davantage dans la sensibilisation de leurs administrés. Le chef de service  Haroun Abdelkader relève quelques difficultés de son service qui se résume aux chaînes de froid. Il ne dispose pas depuis 2 ans de frigidaires. À la fin de la rencontre, les chefs de carré et le consultant de l’OMS se sont entendus pour élaborer une stratégie de communication avec un calendrier précis pour la sensibilisation de la campagne de vaccination. Il sera disponible la semaine prochaine. Mais avant cela, une petite formation sera organisée à l’intention des chefs de carrés pour leur donner les messages clés sur la santé maternelle. Cette rencontre de concertation va se poursuivre dans tous les centres de santé afin de s'informer des réalités et des problèmes avant de lancer la campagne de vaccination.

Kouladoum Mireille Modestine

À quelques semaines de la rentrée scolaire 2021-2022, certains parents modestes peinent à acheter les fournitures scolaires pour leurs enfants. Ils sont entre le marteau et l’enclume, car il faut inscrire les enfants et acheter les fournitures. C’est aussi la période faste pour les vendeurs. Reportage 

Des cahiers, des livres et des sacs à dos étalés çà et là par les vendeurs en attendant des clients qui se font rares en cette période de préparatif de l’année scolaire 2021-2022. Pour permettre aux parents de préparer la rentrée de leurs enfants, certains vendeurs, aux étals et d’autres à la sauvette, proposent les fournitures de différentes qualités à la bourse de tous. Du riche, au plus modeste. Malgré les différentes stratégies de vente des marchands, les parents d’élève ne semblent pas intéressés pour le moment. Pour certains commerçants installés sur les grandes artères de la ville de N’Djamena, les clients viennent à compte goûte. Pour expliquer le manque d’engouement et ce qui préoccupe les parents, il faut noter que c’est d’abord les inscriptions et les réinscriptions.

Mbaïhodoum Herman, vendeur de livres, estime que les clients viennent, mais pas comme certaines périodes où ils sont débordés. Selon lui, en ce moment, ce sont les inscriptions des enfants qui sont leurs principales préoccupations, et qu’après les inscriptions et les réinscriptions, il est sûr qu’ils viendront acheter les fournitures scolaires. Il affirme que c’est depuis longtemps qu’il vend des fournitures scolaires, il a appris à comprendre les habitudes des parents. « Je vends des livres, des cahiers et autres gammes de matériels didactiques pour les élèves. Je suis convaincu qu’après les inscriptions et les réinscriptions, les parents viendront acheter. Il faut être patient », souligne le jeune vendeur. M. Mbaïhodoum Herman indique qu’en tant que bachelier et bouquiniste, il sait que ces dernières années, certains parents achètent, mais avec un léger retard. Il révèle que, parfois, il reçoit plus de 50 parents qui viennent acheter les livres et que les livres les plus demandés sont ceux de matières scientifiques, tels que les livres de sciences physiques et de mathématiques. À propos des prix des livres, le vendeur explique que pour le collège, les livres de matières scientifiques, les prix varient entre 3000 et 4000 F CFA et le lycée, c’est entre 4000 et 5000 F CFA. Même son de cloche pour Michel Kane, vendeur de cahiers et de sacs. Pour lui, c’est la période faste où les vendeurs de fournitures scolaires se frottent les mains. Il reconnaît que pour le moment, les parents s’occupent des inscriptions de leurs enfants. Il est confiant qu’ils reviendront acheter les fournitures.

Malgré la pression liée aux inscriptions et aux réinscriptions, certains parents estiment que c’est le moment de se sacrifier pour acheter les fournitures, avant que les commerçants n’augmentent les prix, surtout quand la demande sera élevée. Selon M. Kagdjim Soukom, militaire et père de 2 enfants, il faut se préparer en achetant certaines fournitures, avant que les vendeurs ne doublent les prix. Le soldat souligne qu’avec son maigre salaire, il est obligé d’acheter tôt. « Je viens chercher les fournitures scolaires pour mes deux enfants. Je ne peux pas attendre, sinon après les prix seront revus à la hausse. Je m’apprête petit à petit pour être prêt le jour J », dit-il. À quelques mètres de là, un autre client, un retraité d’une soixantaine d’années vient demander les prix. Il affirme qu’en tant retraité et responsable de la scolarité de ses petits-enfants, et en attendant la pension de retraite, il faut planifier.

Les mois d’août et septembre sont souvent considérés comme les mois les plus difficiles pour certains parents au revenu modeste. Toutes les dépenses arrivent en même temps : les inscriptions, les réinscriptions et l’achat des fournitures scolaires.

Jules Doukoundjé

La pluie du lundi, 30 août 2021 a presque envahi les boutiques aux abords du marché champ des fils. La voie bitumée entre les deux ailes du marché menant vers un poste de contrôle de la police est une marre d’eau, rendant la circulation difficile. Reportage.

C’était spectaculaire ce 30 août au quartier Amriguébé, dans le 5e arrondissement de N’Djamena, la capitale tchadienne. Les eaux de la pluie ont envahi les devantures des concessions et des boutiques aux abords de la voie goudronnée séparant le marché champ de fils appelé aussi marché de pièces de rechange des véhicules et les résidences. Véhicules, motocyclettes et piétons se disputent âprement le passage. Difficile de circuler avec tous les risques possibles. Voitures et engins à deux roues sont garés dans les eaux. Les boutiquiers et les résidents sont impuissants, les regards lointains dans le vide, chacun semble méditer sur la solution.

Certains boutiquiers disposent des sacs de sable pour leur servir de petit pont de fortune pour les permettre de passager. D’autres utilisent des véhicules usés pour rejoindre leurs échoppes ou la terre ferme. Une scène cocasse au centre de la capitale. Cette inondation est la conséquence de non-curage des caniveaux par la ville.

Les résidents et les boutiquiers aux abords soutiennent que cette situation qui se répète chaque année en saison pluvieuse est déplorable. Ils demandent à la Mairie de prendre ses responsabilités. Au-delà de la responsabilité de la Mairie, l’incivisme de la population n’est pas à écarter, lance un autre habitant sous le sceau de l’anonymat. Pour Abdoulaye Seïd, riverain, « La Mairie de la ville de N’Djamena fournit certes des efforts dans les curages des caniveaux, mais la plupart des canalisations des voies publiques ne valent rien du tout. Elles ne sont pas profondes. Elles sont aussi mal construites.»  Selon lui, la Mairie devrait donner des amendes aux résidents et aux commerçants qui jettent des ordures dans les caniveaux, c’est une pratique qui fait reculer tout le monde.

« Voyez c’est lamentable, on est entouré d’eau. Je suis sans mots. Si une autre grosse pluie tombe encore, quel sera notre sort », affirme en colère un boutiquier du marché.

Moyalbaye Nadjasna

Bientôt c’est la rentrée scolaire 2022. A N’Djamena, la capitale tchadienne, certains établissements scolaires privés amorcent le processus déjà des inscriptions et des réinscriptions. Mais l’ambiance est morose. Le cœur n’y est pas. C’est du moins le constat fait par nos reporters sur le terrain dans quelques lycées et collèges privés des quartiers nord et sud de la ville. Reportage.

Après une pluie de quelques millimètres tombée ce matin du 30 août 2021 à N’Djamena, le climat était doux. Il était 10h lorsque la rédaction a sillonné quelques établissements scolaires privés de la capitale tchadienne pour s’enquérir des préparations de la prochaine année scolaire.

Premier arrêt : Lycée et collège Fort-Lamy, cet établissement scolaire est situé sur la rue de 40 m, Avenue N’garta Tombalbaye, dans le 3e arrondissement.  M. Ibrahim Mahamat Iguémir en est le Proviseur. Il nous reçoit amicalement. Après les chaudes poignées de mains, nous déroulons l’objet de notre visite : « nous venons nous enquérir des préparatifs de la rentrée scolaire 2022. » Selon lui, son établissement se conforme toujours au calendrier scolaire du ministère de l’Éducation nationale. « Nous avons prévu le début des réinscriptions, le 1 septembre 2021. Pour les nouveaux élèves, leur admission dans notre établissement se fait par voie de tests. Nous avons reçu déjà plus de 200 dossiers pour le recrutement des nouveaux élèves. Le test concerne le 1er et le 2d cycle avec quelques matières qui vont être affichées à la veille », explique-t-il. Le proviseur affirme que son école fait la politique de l’excellence prônée par les autorités. Pour lui, seuls ceux qui méritent et définitivement admis au test qui seront inscrits. M. Ibrahim Mahamat Iguémir souligne que les parents d’élèves sont leurs partenaires privilégiés. « Nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour assurer un meilleur encadrement de nos élèves pour ne pas décevoir les parents qui nous font confiance. Après le test et une fois le résultat affiché, nous ne prendrons aucun enfant. Nous délivrons une liste des matières au programme aux parents afin de leur permettre d’acheter les fournitures de leurs enfants », soutient-il. Il informe que mêmes les chargés de cours sont recrutés par voie de test, sous l’autorité du Conseil des sages. Il ajoute que son établissement travaille avec le programme réactualisé et déroulé par le ministère de tutelle. « Par exemple cette année nous avons présenté 355 candidats de toutes séries confondues au baccalauréat . 245 sont déclarés admis d’office, soit 70,49% de taux de réussite ».

Deuxième arrêt : Lycée et Collège Baba Lagré, situé à gauche de la rue de 40 m. Nous rencontrons le fondateur, M. Lagré Moussa Allamine. Il déclare que, c’est peut-être prématuré de parler de la prochaine rentrée, avant de préciser qu’ils ont plutôt, opter pour l’instant à une remise de niveau de leurs candidats admissibles à la seconde session du Baccalauréat. « Nous voulons organiser des petites séances des travaux dirigés en faveur de nos candidats admissibles au baccalauréat. Cela va leur permettre d’être prêts pour aborder la seconde session fixée le, 4 septembre 2021 par l’ONECS », indique-t-il. Il soutient que son administration a convoqué quelques enseignants, surtout pour les matières de base pour voir ensemble ce qu’il y a lieu de faire. Ils entendent maximiser la chance de ces jeunes pour leur admission définitive à cette seconde session. « Après cette phase, nous allons nous consacrer totalement aux réinscriptions et inscriptions. D’ailleurs nous détenons des fiches avec tous les renseignements inhérents aux inscriptions et réinscriptions que nous mettons à la disposition des parents d’élèves. Sinon c’est timide comme vous le remarquez », dit-il.

Troisième et dernier arrêt : Lycée et collège des Assemblées chrétiennes au Tchad, situé au quartier Ardep-djoumal, dans le 3e arrondissement. Le censeur M. Mbermbaye John attend la rédaction avec aplomb. Il est l’homme clé qui détient toutes les informations scolaires de son établissement. « Une année se termine, une autre année commence automatiquement. Nous avons déjà fait la planification pour les inscriptions et réinscriptions pour démarrer, le 2 août, mais il y avait une coïncidence avec le déroulement du baccalauréat », affirme-t-il. Selon lui, son établissement a bel et bien lancé les inscriptions et les réinscriptions, mais c’est difficile. Ce mois, dit-il, est un mois difficile, les parents d’élèves disent que leurs finances sont mal en point. « Nous disons aux parents de réserver les places de leurs enfants et s’acquitter plus tard des frais d’inscription, mais ils semblent ne pas comprendre », dit-il. M. Mbermbaye John affirme qu’il n’y a pas d’engouement, cela posera des problèmes d’encombrement plus tard.

Entre temps dans les établissements privés l’ambiance en ce qui concerne les couturiers est tout à fait différente. Ils  travaillent d’arrache-pied pour confectionner les tenues scolaires dans chaque établissement qui les recrute. Dans les établissements publics par contre, rien à signaler sauf les administrations qui s’activent pour la seconde phase des épreuves du baccalauréat 2021.

Moyalbaye Nadjasna

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