DT

DT

La rentrée scolaire 2021-2022 est à la porte des parents et des élèves. Certains établissements publics de la capitale tchadienne, N’Djamena, s’apprêtent pour la reprise. Un tour dans quelques écoles a permis à la rédaction de faire le constat. Reportage

Première destination : le Lycée de N’Djari. Les herbes ont envahi la cour. Les portes des salles de classe sont en majorité cabossées. Les intempéries ont dégradé les peintures des bâtiments, des tables-bancs cassés sont entassés aux coins de murs, oubliés. Assis dans son bureau, le censeur M. Mounane Mahamat attend les élèves retardataires qui viennent retirer leurs bulletins de notes. Rien ne semble prêt pour la rentrée. Le censeur souligne que son administration attend le ministère de tutelle pour annoncer le retour des classes. Ce serait le moment pour les inscriptions. 

Deuxième destination : le Lycée d’Abena, dans le 7e arrondissement. Ici aussi la cour est semblable à celle du lycée de N’Djari. Les herbes sont partout. L’Administration est à pied d’œuvre, quelques enseignants sont en train de confectionner les emplois du temps. Une autre équipe fait l’inventaire des tables-bancs pour les remplacer éventuellement. Le directeur des études, Omalta Blagué indique que, comparativement à l’année dernière, il n’y pas vraiment de problème cette année. Selon lui, la ville de N’Djamena n’a pas enregistré une forte pluviométrie. Et cela a été bénéfique pour son établissement. Au sujet de la salubrité, les responsables de ces deux lycées affirment qu’ils vont décréter une journée de nettoyage des cours une semaine après les reprises.

Au lycée d’Abena, à part les préparatifs, les apprenants s’apprêtent à recevoir une nouvelle bibliothèque. Ce cadre de culture destiné aux élèves du second cycle a été offert par le Projet d’Appui aux Réformes du Système Éducatif Tchadien (PARSEC II).

Kouladoum Mireille Modestine

Le Premier ministre de la Transition (PMT), Pahimi Padacké Albert, après 4 mois de transition rencontre la presse ce 9 septembre 2021. À travers cet échange avec les journalistes, il a d’abord rappelé le contexte socioéconomique et politique difficile que le Tchad a traversé. Ensuite, il a présenté les 5 axes : le mandat de la transition, les réalisations des autorités de transition, les perspectives à venir et le défi du financement du processus transitoire.

Le 3 mai passé était la date du démarrage effectif de la Transition a précisé le Chef du Gouvernement de transition, Pahimi Padacké Albert, ce 9 septembre lors de la conférence de presse. Le Premier ministre (PM) affirme que, son gouvernement, sous le président du Conseil Militaire de Transition (CMT) travaille d’arrache-pied pour assurer la sécurité et la paix aux Tchadiens. Selon M. Pahimi Padacké Albert (PPA), toutes les sensibilités ont été consultées dans cette démarche transitoire. Le but, dit-il, est de parvenir à un résultat dans l’intérêt commun pour la sauvegarde de la Nation tchadienne. Pour le Premier ministre, Dieu aime le Tchad et le peuple tchadien est un peuple qui croit à son destin. « Le Tchad ne doit plus être une exception. La vie de notre nation ne doit plus être rythmée par des accidents et des incidents de nature à compromettre notre commun désir de vivre ensemble », déclare-t-il. Cette Transition doit être la dernière, ajoute-t-il. Le PM affirme que les Tchadiens doivent se battre pour dessiner cet avenir rayonnant de liberté et de prospérité.

Au sujet des 5 axes, le PM explique. Pour le contexte socioéconomique et politique difficile traversé par le Tchad, il dit que dans la vie d’une nation, il y a des évènements heureux et malheureux. Il cite, la baisse des cours mondiaux de prix de baril de pétrole, la covid-19 et la disparition brutale de feu Idriss Deby Itno, President de la République. PPA relève que, les plus pessimistes avaient prédit le chaos, mais c’était sans compter avec la maturité et la capacité de résilience des Tchadiens qui, dans leur écrasante majorité, ont choisi la voie de la paix.

Au propos du mandat de la transition, il souligne que c’est un vaste son champ limité dans le temps. « Je l’ai dit aux partenaires techniques et financiers du Tchad. Notre mandat c’est de travailler pour que ce qui nous est arrivé ne se reproduise plus jamais ». D’après lui, il faudrait qu’à l’issue des 18 mois, les Tchadiens s’accordent à reconnaître que les seuls moyens pour accéder au pouvoir seront dorénavant les urnes. « Pour parvenir à cet objectif, nous sommes appelés à conduire une Transition apaisée dans le délai imparti de 18 mois au terme duquel, nous devons organiser des élections libres, transparentes et inclusives ».

Pour les réalisations, il liste, la Charte de transition promulguée par le CMT, le gouvernement de Transition de large consensus, la création d’un ministère exclusivement dédié au Dialogue et la Réconciliation. Il rajoute le Comité du Dialogue national inclusif, le Comité technique spécial pour dialoguer avec les politico-militaires, la Feuille de Route de transition, le maintien de la mission régalienne de l’État dans les secteurs de l’éducation, la santé, la diplomatie et le payement régulier des salaires du personnel civil et militaire. Pour les perspectives, PPA signale que le gouvernement va poursuivre l’Agenda de la feuille de route de transition. Les consultations avec les acteurs civils et militaires vont continuer en vue afin de conférer à ce dialogue son caractère inclusif. « Les résolutions issues du Dialogue National Inclusif, serviront à la réforme du corps juridique de l’État afin qu’il soit capable d’organiser des élections générales libres, démocratiques et transparentes, pour inscrire définitivement notre pays dans une trajectoire de paix et de stabilité », promet-il.

Enfin, les Finances, les nerfs de la transition. Le Chef de gouvernement soutient que les autorités font de leur mieux. « Nous continuons d’avoir une série de discussions avec nos partenaires qui font montre d’une volonté manifeste de nous accompagner dans cette période particulière et si délicate de notre histoire ».

Moyalbaye Nadjasna

Exclu par quelques partis politiques membres de l’Alliance Front nouveau pour le Changement (FNC), pour avoir empêché la plateforme de participer au dialogue national inclusif (DNI). Le président du Parti socialiste sans Frontière (PSF) et coordonnateur de cette plateforme politique, Yaya Dillo Djerou Betchi minimise la situation et qualifie ses détracteurs de nomades politiques sans des programmes fixes. Reportage

Le président du parti socialiste sans Frontière (PSF) Yaya Dillo Djerou n’est pas passé par le dos de la culière pour répondre à quelques partis qui ont décidé de l’exclure de l’Alliance Front Nouveau pour le changement (FNC) dont il est lui-même le coordonnateur. Yaya Dillo qui répondait aux questions de la rédaction estime que « c’est un non-évènement, parce que ceux disent m’exclure ne représente pas grand-chose dans le FNC ». Selon lui l’alliance Front nouveau pour le changement regroupe plus de 20 partis et ce ne sont pas les 8 partis qui vont décider de l’exclure de la plateforme.  « L’alliance, elle-même est née par rapport à ma candidature. Elle est intimement liée à ma candidature. Il me revient de droit de décider de quoi que ce soit. C’est écrit dans nos textes », explique-t-il. Pour lui, ceux qui ne veulent pas le soutenir doivent se retirer, mais ils n’ont pas le droit de l’exclure.

M. Dillo révèle que ces camarades de l’alliance étaient venus le voir au bureau pour lui dire leur intention de déposer leur candidature pour le Conseil national de transition (CNT), mais il s’est opposé à cette idée. « Nous avons décidé d’une manière unanime que le FNC ne va pas cautionner la junte au pouvoir. Être dans l’un des organes de la junte est synonyme de caution pour leur donner la légitimité», affirme le président du PSF. A son avis, ceux qui étaient venus le voir sont manipulés et qu’ils ont même été reçus par le président du CMT pour détruire l’alliance depuis 3 mois. Yaya Dillo ironise « s’ils veulent aller à la mangeoire, c’est normal, quand les hommes ont des visions personnelles, à côté de la vision de l’intérêt général du pays, c’est tout à fait normal qu’ils décident de rejoindre tel ou tel camp ». Il rappelle que cette manière de faire la politique au Tchad ne le surprend pas. L’opposant soutient que le point de l’échec de l’action politique au Tchad est que beaucoup de personnes pensent que tous les acteurs politiques sont les mêmes. Tous pourris parce qu’il est vrai que beaucoup des hommes et femmes politiques fondent leurs partis en les gérant comme des boutiques et ils se retrouvent dans toutes les assiettes.

L’exclusion de Yaya Dillo Djerou Betchi a été annoncée par le rapporteur général de l’alliance Front nouveau pour le changement Djimdou Yanlomtoloum, le 7 sept septembre dernier. Une exclusion non reconnue par le coordonnateur de l’alliance FNC est liée au refus de ce dernier d’aller au dialogue national inclusif (DNI). Et de faire partie du Conseil national de la transition (CNT), dit l’intéressé.

Jules Doukoundjé

La consommation du pain vendu à la sauvette n’est pas sans conséquence sanitaire. Pour boucler, ce mini dossier, Ialtchad Presse, a rencontré un spécialiste de la santé. Reportage.

Les pains sont exposés à l’air libre sans être couverts comme pour attirer la clientèle. Les consommateurs achètent ces pains tout en ignorant quelquefois les conséquences que cela peut avoir sur leur santé. En consommant ces pains exposés à l’air libre, ils avalent en même temps une bonne dose d’amibes selon Dr Nadjingar Doumdé Freddy médecin généraliste à la clinique la Providence. Le Médecin relève que, le fait qu’une mouche vienne se poser sur les pains et peut-être qu’elle était sur les selles quelque part, laisse des bactéries et des parasites. Pour lui, la défécation à l’air libre est l’un des vecteurs, « le pain est un aliment prêt à consommer et si nous le mangeons comme tel, automatiquement on peut faire la diarrhée qui se manifestent par des douleurs abdominales et autres », explique Dr Nadjingar Doumdé Freddy.

Il souligne en outre que la fièvre typhoïde et les infections parasitaires sont monnaie courante à N’Djamena à cause des aliments exposés à la merci des mouches. « Les mains touchent à tout. Et les vendeurs en servant les clients, ne se lavent pas les mains. Comme on ne peut pas voir les bactéries à l’œil nu, elles se déposent sur les pains. Tout cela cause un problème de santé aux consommateurs », dit Dr Freddy.

Il conseille les vendeurs d’acheter les kiosques en vitre pour conserver le pain au bénéfice de tous.

Aux consommateurs, le Médecin leur demande de veiller à leur santé. La santé dit un adage, n’a pas de prix. Pour le médecin, la moindre négligence peut entraîner des dépenses colossales pour la prise en charge sanitaire.

Kouladoum Mireille Modestine

Le secrétaire d’État à l’Économie, Dr Abderahim Younous Ali vient de lancer  ce, 8 septembre 2021 dans un hôtel de la place la campagne « Stronger Together ou Plus Fort Ensemble ».

Le projet SWEDD (projet pour l’Autonomisation des femmes et le Dividende Démographique au Sahel ) est un instrument de promotion de la femme et de la scolarisation de la jeune fille. Le lancement de la 2e édition de la campagne dénommée « Stronger Together ou Plus Fort Ensemble » est placé sous le thème, « Éducation des filles et leadership féminin ». Les cibles de ce projet regroupé en trois catégories sont, la cible primaire, secondaire et tertiaire.

La cible primaire concerne les adolescents, les jeunes filles et les femmes, la cible secondaire vise les parents, les époux, les jeunes garçons, les leaders religieux et traditionnels, les micros financés, les journalistes et animateurs communautaires, etc. La cible tertiaire touche, les autorités administratives, les chefs d’entreprise, les banques, les ministères, les partenaires techniques et financiers, les organisations internationales.

Ce projet ambitionne à éveiller un changement de comportement des différents acteurs impliqués afin de favoriser l’éducation des filles et le leadership féminin mis à mal ces derniers temps par l’avènement de la Covid-19. Pour le Coordonnateur national du projet, M. Younous Awaré Neissa, l’objectif de cette campagne est de maintenir les filles à l’école, leur accorder l’accès à l’emploi, aux opportunités économiques et aux instances de décisions, au service et produit de la santé de reproduction, à l’hygiène menstruelle et à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et les pratiques néfastes.

Quatre zones d’intervention sont ciblées par la 2e phase de ce projet. Il s’agit des provinces, du Lac Tchad, de Hadjer Lamis, du Kanem et du Salamat. La sensibilisation va prendre fin le 31 décembre 2021. Un projet financé entièrement par la Banque Mondiale.

Moyalbaye Nadjasna

C’est depuis plus de 20 ans que le Tchad se penche sur un avant-projet de loi prévoyant un code laïc de la famille. Depuis le temps est passé. Et le pays peine à mettre en place ce code tant attendu. Ce retard serait lié aux divergences des points de vue entre les communautés chrétienne et musulmane. Reportage.

Le code laïc de la famille tchadienne, tant souhaité par l’ancien président Idriss Deby Itno, peine à voir le jour. Beaucoup de Tchadiens souhaitent enfin voir ce Code de la famille. Il devrait, selon les spécialistes, permettre aux citoyens de vivre ensemble sans une discrimination pour les femmes et surtout pour les enfants naturels et les enfants adultérins. Pour le sociologue Mbété Félix, le pays n’a toujours pas réussi à se doter d’un texte définissant le statut de la femme et de l’enfant, en raison des divergences entre les communautés chrétienne et musulmane. Selon lui, certains cadres chrétiens seraient d’accord pour le code judéo-chrétien, mais certains cadres musulmans trouveraient certaines dispositions contraires à l’islam.

Au sujet de la laïcité du code de la famille, le sociologue explique qu’il serait nécessaire d’avoir un code laïque, car il pourrait aider à préserver le vivre ensemble. Toutefois, il précise qu’il serait aussi important de faire un travail de fond avec les communautés avant de décider de promulguer une quelconque loi sur le code de la famille au pays. Pour ce dernier, cette situation difficile serait liée à la position des autorités qui sont à la fois membres des communautés et prendre de telles décisions, demanderait un travail minutieux et consensuel entre les deux communautés. Au sujet de divergences, l’analyste estime qu’il est clair qu’un des principaux irritants est l’âge de mariage de la jeune fille. A son avis, lorsque les gens ne s’entendent pas sur une loi, il n’est pas sage de la promulguer. « L’esprit des lois doit précéder les lois. Or, en ce moment, les gens contestent le code. Il va falloir s’asseoir pour convaincre les sceptiques et avoir un code qui rassemble et ressemble à tous les Tchadiens », explique-t-il.

En raison de l’absence d’un code commun, les chrétiens utilisent le Code civil français daté des années 1958. En revanche, les musulmans, ce sont les pratiques musulmanes, inspirés de la religion, qui prédominent. Il propose que les autorités politiques s’attellent sur l’éducation qui est une clé de voûte, sans cela, forcer la promulgation serait une erreur grave qui réveillerait encore les vieux démons. Le sociologue estime qu’après une bonne éducation, il faut dialoguer, surtout avec la communauté musulmane pour trouver un terrain d’entente. Mbété Félix affirme qu’au Tchad, les choses évoluent au rythme de nos civilisations, nos us et coutumes. Mais à bien des égards, les gens ne semblent pas trouver de compromis entre la religion et la laïcité.

Pourtant, les Tchadiens de toutes les confessions religieuses sont appelés à partager la vie civile, politique et confessionnelle telle que prônée par les textes de loi. Le projet de loi sur le Code de la famille se présente dès maintenant comme un test avant le Dialogue national inclusif prévu pour les mois à venir.

Jules Doukoundjé

Après la sortie médiatique du président du Comité ad hoc de sélection des candidatures au Conseil National de Transition (CNT) et vice-président du CMT, le Général Djimadoum Tiraïna sur l’état d’avancement des travaux, l’un des porte-parole de Wakit Tama Mahamat Nour Ibédou a réagi taxant le CMT de prendre les choses à la légère. Reportage

La plateforme de la société civile, Wakit Tama persiste et signe en soutenant qu’il n’est pas nécessaire de désigner les membres du CNT avant l’organisation du Dialogue national inclusif (DNI) digne qui devrait permettre aux Tchadiens de mettre sur la table tous les problèmes qui gangrènent le pays. La plateforme estime que ce serait mettre la charrue avant les bœufs, si on nomme dès maintenant les membres du CNT avant la tenue de cette rencontre. Wakit Tama souhaite que le comité ad hoc, chargé de sélectionner les candidatures, sursoie à la procédure et attend le DNI qui doit décider de la mise en place du CNT.

Pour l’un des porte-parole de Wakit Tama, Mahamat Nour Ibédou, le CNT doit être l’émanation du DNI. « C’est dommage, nous regrettons qu’ils soient nommés de façon unilatérale et arbitraire », regrette-t-il. Selon lui, ce n’est pas la bonne manière de procéder. Le CMT est pressé et prend de décisions sans consulter les forces vives de la nation.  Il estime que la junte serait en train de commettre les mêmes erreurs que l’ancien système. M. Ibédou affirme que c’est lors de ce forum que participants décideront lesquels doivent être membres de cet organe, parce qu’il est ici question de la vie d’une nation. Mahamat Nour Ibédou précise que ce serait le CNT qui jouerait le rôle du parlement provisoire. Il serait donc judicieux de décider de ce parlement lors du DNI. « Nous avons posé des conditions pour participer au DNI, nous avons exigé que le CMT sursoie à cette démarche qui consiste à créer le CNT avant le DNI, mais ils se sont bouché les oreilles. Donc, nous refusons de participer à cette mascarade ».

Malgré la contestation de la plateforme des organisations de la société civile Wakit Tama, le SG du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), Dr Haroun Kabadi a signé le 4 septembre dernier, une décision portant mise en place d’une équipe pour la ville de N’Djamena. Cette équipe sélectionnera les candidats du MPS. L’équipe aura aussi pour mission d’étudier les dossiers de candidatures des militants du MPS au CNT et de sélectionner les militants susceptibles d’être retenus. Chaque candidat doit avoir des aptitudes et les qualités nécessaires pour travailler comme membre du CNT. Les candidats doivent constituer un dossier et doivent être âgés d’au moins 25 ans.

Jules Doukoundjé  

À N’Djamena, capitale tchadienne, une fois le pain sorti des boulangeries, il disponible partout dans la ville. Sa commercialisation va des grossistes aux détaillants. Seulement ceux qui le vendent à la sauvette les disposent sur les étals sans couverture et exposé à la merci de la nature.  La rédaction est allée sur le terrain constater. Reportage.

Le pain est l'aliment de base traditionnel dans de nombreuses cultures. Il est fabriqué à partir de farine et d'eau et contient généralement du sel. D'autres ingrédients s'ajoutent selon le type de pain et la manière dont il est préparé culturellement. Dès que le pain quitte les fours et l’enceinte des boulangeries, il devient l’affaire des vendeurs de différents gabarits : les grossistes, les petits détaillants à la sauvette et les distributeurs. Ces dernières années, le pain  est devenu un des aliments le plus prisés des N’Djamenois. Or cet aliment qui ne peut être lavé avant d’être consommé se retrouve à la merci de la nature, exposé aux quatre vents. Les vendeurs placent leurs kiosques aux abords des voies publiques et devant les boulangeries, soit les pains sont mis dans des caisses non fermées ou exposés simplement à ciel ouvert, sans respect des règles élémentaires d’hygiène. Quelques rares vendeurs les rangent dans des plastiques. Les distributeurs aux boutiquiers sillonnent les quartiers de la ville, attachant de grosses caisses sur les motos sans que le produit soit hermétiquement couverture. Ils parcourent des distances. Et le pain est exposé à la merci des mouches, de la poussière, etc. Certains étals jouxtent les caniveaux à ciel ouvert, les mouches se posent dessus et toutes sortes de détritus traînent à zéro mètre.

En ville, il y a des endroits clés. Par exemple derrière la bourse du travail,  il y a l’étal de Ali Hassane. Selon lui, lorsque le pain sort de la boulangerie, il faut au moins, exposer 4h de temps à l’air libre avant de les remettre dans les plastiques. C’est pour éviter que le pain ne se gâte, dit-il. Il ajoute en ironisant que la saleté ne tue pas un africain . Ali Hassane pointe d’un doigt accusateur la Mairie, « on veut bien acheter les kiosques en vitres pour mettre nos pains, mais la mairie ne va pas nous laisser du temps. C’est pourquoi on ne veut pas des kiosques en vitres. Avec tout cela ils nous font payer 2500f par mois. »

Certains consommateurs disent qu’il n’est pas gênant que les pains soient exposés à la nature. C’est à la fin de son quart de travail que Middaï Emmanuel s’arrête devant un étal de pain, il s’approvisionne. « Je réside au quartier Boutalbagara alors quand je rentre du travail, j’achète du pain. Si on va tenir compte de tout cela, on va tout faire sauf manger le pain. Donc à un moment donné il faut faire comme si on n’a rien vu et puis la vie continue », confie-t-il. Un citoyen rencontré devant un étal soutient que les autorités municipales ne se préoccupent pas de la santé de la population. « En principe, la ville devrait punir les vendeurs qui exposent le pain, mais tout ce qu’ils savent faire c’est de prendre 100f ou 200f chez les vendeurs ambulants. En attendant que les détaillants de pain prennent l’initiative de se procurer des kiosques, les consommateurs doivent attacher du pain au prix à leur santé », poursuit-il.

Kouladoum Mireille

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

-Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

  1. Divertissement
  2. Sports
  3. Mon Pays