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Après quelques jours des vacances, certains établissements scolaires surtout privés à N’Djamena organisent des cours de vacances appelés communément cours d’été. Que visent ces cours? Nos reporters sont allés rencontrer enseignants et étudiants. Reportage.

Raïssa Marie, 14 ans, habite au quartier Moursal dans le 6e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne. Chaque lundi, mercredi et jeudi, elle parcourt 1 kilomètre avec ses camarades pour venir suivre les cours de vacances appelé encore cours d’été au Lycée et Collège Adventiste. Ce  mercredi 25 août, elle était en train de suivre le cours de physique-chimie, « nous avons commencé les cours depuis le 12 juillet et cela fait déjà 45 jours. J’apprécie les cours d’été, je suis satisfaite même si c’est en peu de temps. J’ai appris des choses qui vont m’avantager à la prochaine reprise », confie-t-elle. Elle remercie ses parents et ses enseignants pour les bonnes dispositions prises par les uns et les autres. La jeune fille plaide auprès d’autres parents d’élèves afin d’envoyer leurs enfants dans les cours de vacances. « Il y a toujours quelque chose à gagner », dit-elle.

Le chargé de cours de physique-chimie M. Alafi Allahdi estime pour sa part qu’après 6 semaines de cours, il a fait une évaluation et le niveau est encourageant. « Certes, les vacances sont faites pour que les élèves après 9 mois de cours se reposent. Mais à mon avis normalement après 1 mois de repos, les parents doivent envoyer leurs enfants pour suivre les cours de vacances qui ne durent que 45 jours », affirme, l’enseignant. Il précise que ces cours sont indispensables parce qu’ils rehaussent un tant soit peu le niveau des enfants et les prépare à la reprise des cours.

M. Mbang Émile, directeur des cours de vacances au Collège Adventiste, affirme que les cours ont commencé le 12 juillet et finissent le 25, mais c’est le 31 août que tout va définitivement finir. Selon lui, il y a eu 60 élèves tous cycles confondus. Il explique que depuis le début des cours jusqu’à maintenant, la progression pédagogique est appréciable. Il précise que les élèves qui sont les plus concernés sont ceux des classes du premier cycle et du second cycle. Pour le second cycle, il s’agit des élèves de seconde et première scientifiques, explique le directeur. Concernant la raison d’être des cours de vacances, elle est motivée par les évènements tels que le covid-19, l’instabilité sécuritaire et les grèves répétitives que le pays a subis depuis deux ans. Selon lui, ces évènements ont impacté négativement le niveau des élèves. « Il ne faut pas que les parents négligent les cours d’été. Ces cours sont importants pour les enfants même si cela se passe dans un temps court. Nous enseignons 5 matières : le français, l’anglais, les mathématiques, la physique-chimie et la biologie. Je trouve l’essentiel du programme », détaille M. Mbang.

Nous avons sillonné plusieurs autres établissements scolaires, mais la plupart ont déjà fini avec les cours d’été, ils s’attellent aux inscriptions et aux réinscriptions pour l’année scolaire 2021-2022.

Moyalbaye Nadjasna

L’huile d’arachides est la plus prisée par la plupart des ménages modestes de la capitale tchadienne. Mais en cette période de pluies, cette huile devient de plus en plus rare et cette rareté a fait grimper le prix. La hausse du prix d’huile d’arachides inquiète bon nombre de ménages modestes. Reportage.

 La rareté de l’huile dans les marchés de la capitale, N’Djamena, met beaucoup de ménages dans des difficultés inexplicables. Ce manque d’huile a fait flamber le prix et le panier de la ménagère est atteint. Les consommateurs se plaignent de cette hausse des prix. Pour justifier cela, certains commerçants expliquent que ce manque serait lié à l’augmentation des oléagineux tels les arachides et le sésame. L’huile est le principal ingrédient pour la cuisine, la hausse de son prix met en difficulté et voire modifie même les habitudes de certains modestes foyers. Certains vendeurs affirment que ce sont les taxes douanières qui seraient la cause de cette flambée. Pour répondre au problème, ils exhortent les autorités à revoir leur copie en annulant purement et simplement ces taxes. Les marchés de la capitale sont bondés d’huiles importées des pays voisins en cette saison de pluie, alors que les femmes ont pour préférence l’huile d’arachides produite localement.

Pour Alhaji Adam Yabisse, marchand, rencontré au marché à mil, dans les deux arrondissements de la commune de N’Djamena, il y’a plusieurs qualités dans les marchés et en abondance, mais les clientes préfèrent acheter l’huile d’arachide locale. Selon ce vendeur, le sac d’arachides coûte cher et cela a affecté le prix. Il conseille à ses clientes de s’approvisionner d’autres huiles importées en attendant la période faste des arachides. Pour soulager les clients, certains vendeurs proposent leur proposent l’huile de palme et bien d’autres marques d’huiles importées. Outre la hausse de prix d’huile d’arachides dans les marchés, les consommateurs se plaignent aussi de la hausse de prix de denrées des premières nécessités.

Amina Ali affirme que c’est depuis plus de 10 ans qu’elle prépare à base d’huile d’arachides, mais la hausse de prix a modifié son habitude. La jeune dame souligne qu’avant, elle n’arrivait pas à gérer, mais qu’avec cette rareté et la hausse de prix, elle est contrainte de revoir sa gestion. Nénodji Madjiré institutrice, a quant à elle demandé aux foyers modestes de se rabattre sur le beurre de Karité, une excellente huile. Pour l’institutrice, l’huile de karité est aussi meilleure que l’huile d’arachides. Elle exhorte les consommateurs à réduire la quantité d’huile quand ils cuisinent.

En attendant la période d’abondance d’arachides, les clients et les vendeurs d’huiles d’arachides devraient s’évertuer pour trouver le juste milieu. Et pour mettre fin à cette situation. Les autorités publiques sont appelées à arbitrer afin de  trouver de solutions idoines aux ménages modestes qui croulent sous la cherté de vie.

Jules Doukoundjé

La Haute Autorité des médias et de l’Audiovisuel (HAMA) et les responsables des médias tchadiens ont échangé ce, 25 août 2021 dans un hôtel de la place, sur «  le rôle et les missions des médias dans le processus du Dialogue national inclusif (DNI). » A l’ouverture des assises, quelques organisations de la société civile, des organisations internationales, des corps diplomatiques, des députés et le ministre d’État chargé de la Réconciliation et du Dialogue national, Acheikh Ibni Oumar, représentant le Premier ministre de la Transition étaient présents. Reportage.

Selon la feuille de route de la Transition, le Dialogue national inclusif devrait se tenir entre les mois de novembre ou décembre 2021. M. Laoro Gondjé, Secrétaire général de la Haute Autorité des médias et de l’Audiovisuel (HAMA), affirme qu’avoir fait un constat par rapport aux publications de certains organes de presse, d’ articles à la limite des propos haineux, après la disparition tragique du Président Idriss Deby Itno, le 20 avril dernier. Il précise que de tels écarts de comportement professionnel peuvent affecter dangereusement la cohésion nationale. Pour être prudente dit-il, la HAMA initie ces assises de réflexion et d’échange afin d’aider les médias à plus de responsabilités dans le traitement des informations avant, pendant et après le Dialogue national.  M. Laoro Gondjé affirme que, la HAMA n’a pas seulement pour mandat de garantir la liberté de l’information et de la communication au Tchad, mais elle doit aussi et surtout veiller au respect du code de l’éthique et de la déontologie du métier. « L’objectif de cette formation est de renforcer les capacités professionnelles des journalistes et les mobiliser autour du dialogue à venir afin de disposer des informations fiables et crédibles, susceptibles de modifier la perception du vivre ensemble des Tchadiens », note-t-il.

M. Dieudonné Djonabaye, président de la HAMA, dans son intervention, signifie que, le Président du conseil militaire de transition (PCMT) Mahamat Idriss Deby invite la presse à participer activement au processus transitoire, afin de favoriser le vivre-ensemble au Tchad. Il ajoute que les médias doivent éviter les articles qui poussent à la haine et à la violence. Pour le président de la HAMA, les journalistes doivent contribuer à la réussite du DNI. M. Dieudonné Djonabaye déclare que, la liberté de la presse et ses activités sont encadrées par les textes et lois. D’après lui, si la HAMA met systématiquement de la rigueur dans la régulation des activités des médias au Tchad, un grand nombre de presses disparaîtrait. « Nous tenons à avoir une presse diversifiée et plurielle, mais rigoureuse et responsable. Les médias doivent faire preuve de professionnalisme et éviter de jeter de l’huile sur le feu ni être source de division », renchérit le président de la HAMA.De plus, il soutient qu’une information exacte et vérifiée, bien équilibrée, donne la parole à tous les acteurs. Il insiste sur le principe d’objectivité de l’information au cours du DNI, gage de la cohésion nationale. Selon lui, les journalistes doivent relever dans leurs informations, les avancées et les aspects porteurs d’espoir avant, pendant et après le dialogue aux Tchadiens. Il termine en signifiant qu’après le DNI, suivront les périodes électorales qui sont toutes des moments cruciaux et la presse doit se montrer professionnelle.

Le ministre d’État chargé de la Réconciliation et du Dialogue Acheik Ibni Oumar, a représenté le Premier ministre de transition, Pahimi Padacké Albert.

Il apprécie le thème choisi par la HAMA pour cette rencontre. Selon lui, cette réflexion est non seulement celle des médias, mais de tous les Tchadiens. « Tous les Tchadiens doivent faire preuve d’ouverture d’esprit afin de contribuer ensemble à rompre avec le cycle infernal des conflits meurtriers qui affectent négativement notre pays. Les médias sont les acteurs clés pour la promotion de la paix et de l’unité nationale », dit le ministre Acheik Ibni.

Le représentant du Premier ministre note que les médias doivent être au-dessus de la mêlée afin d’influencer positivement le déroulement du dialogue à venir.

Moyalbaye Nadjasna

L’ancien Président tchadien  Hissène Habré est décédé ce 24 août 2021 à Dakar au Sénégal de suite du covid-19. Selon son épouse Fatimé Raymonde, le Président sénégalais Macky Sall, informé, a immédiatement mobilisé les moyens humains pour diligenter les soins ; malheureusement il s’est éteint ce mardi 24 août. Hissène Habré est originaire de la région du Borkou. Il a régné d’une main de fer et a marqué l’histoire de son pays.

L’ancien Président tchadien Hissène Habré est mort de suite de la covid-19 dans un hôpital public sénégalais. Selon la déclaration de l’épouse de Hissène Habré, Fatimé Raymonde et les informations de la presse sénégalaise qui ont fait état que le Président Habré a été contaminé par la Covid 19 dans sa prison. Les autorités tchadiennes  en occurrence le président du Conseil Militaire de la Transition (CMT), le général Mahamat Kaka  a transmis à toute sa famille et aux peuples tchadiens ses condoléances.

Qui est Habré ?

Hissène Habré est né le 13 août 1942 à Faya-Largeau. C,est un enfant du grand désert tchadien. Il a grandi dans un milieu de bergers nomades. Il a fait ses études primaires et secondaires à Faya. C’était un élève intelligent qui a très vite été remarqué par ses instituteurs. Après l'indépendance, il fallait confier des postes administratifs occupés par les français aux tchadiens. Le président  François N’garta Tombalbaye nomme Hissène Habré sous-préfet de Moussoro. Il s’envole ensuite pour  étudier en France à l’Institut des Hautes Études d’outre-mer. Il opte pour les études de droit, puis de science politique à l’Institut d’études politiques. Hissène Habré rentre au pays en 1972 après une forte pression du président de l’époque. Il finit par rejoindre le Frolinat et fonde les Forces armées du Nord (FAN). La rébellion qu’il dirige enlève un médecin allemand et le libère contre rançon. Les éléments dirigés par Habré multiplient les enlèvements, cette fois c’est un coopérant français Marc Combe puis l’archéologue Françoise Claustre qui sera libérée le 1er février 1977 en même temps que son mari Pierre Claustre, lui-même enlevé le 26 août 1975. Hissène Habré est tenu pour responsable de la torture et de l'exécution sommaire le 4 avril 1975 de l'émissaire envoyé par le gouvernement français pour négocier leur libération, le commandant Galopin. Hissène Habré se révéla au monde et permit de mettre sur l’échiquier mondial les rébellions tchadiennes.

Après la mort de Tombalbaye en avril 1975, le général Félix Malloum qui régna au pouvoir, nomme Habré au poste de Premier ministre, le 29 août 1978. La guerre du 12 février 1979, marque la fin du règne de Felix Malloum. Goukouni Weddeye devient président de 1979 à 1982. Il se fait renverser  par Habré, le 7 juin 1982. Désormais Hissène Habré est président de la République. Il supprime poste de Premier ministre le 19 juin. Habré transforme les FAN en armée régulière (FANT), puis crée une police politique , la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), responsable de milliers d’enlèvements  et d’assassinats politiques. En 1983, Habré livre une bataille sans merci contre les forces libyennes qui occupent le nord du Tchad. Soutenu par la France et les États-Unis, il reconquit en mars 1987 la bande d’Aouzou et signe la même année un cessez-le-feu puis renouent  leurs relations diplomatiques en octobre 1988. Deux ans plus tard, le colonel Idriss Deby renverse, le 1er décembre 1990, Hissène Habré se réfugie au Sénégal.

Hissène Habré est condamné par contumace. Il est inculpé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre et actes de torture. Son procès s'ouvre à Dakar, capitale du Sénégal. Il est condamné à perpétuité en 2017. Depuis quelques semaines la famille de l’ex-président a réclamé, en vain sa libération pour son âge avancé. Et sa vulnérabilité face à la Covid 19, Hissène Habré a été emporté par la pandémie ce mardi 24 août.

Moyalbaye Nadjasna

Celui que ses fan ont surnommé « Dougli », le lion en langue goranne n’est plus. L’ex-président tchadien Hissène Habré est décédé ce mardi matin à Dakar suite de covid-19. D’un côté plusieurs voix s’élèvent pour apprécier l’homme d’État qu’il a été. De l’autre côté ils critiquent sa gestion.

L’ancien président Hissein Habré est décédé ce mardi 24 août des suites de la covid19 à l’âge de 79 ans. Il avait été hospitalisé ces derniers jours à Dakar au Sénégal où il purgeait sa peine de prison à perpétuité, après avoir contracté la maladie. Hissein Habré était arrivé au pouvoir le 7 juin 1982 en marchant sur la capitale, N’Djamena pour déloger son frère ennemi Goukouni Weddeye. Habré était resté à la tête du pays durant près de 8 ans avant d’être renversé par le défunt président Idriss Deby en décembre 1990. Ses années de pouvoir sont marquées par de nombreux crimes. Une commission d’enquête après sa chute parle de 40.000 morts. Au Tchad, la nouvelle du décès de l’ancien l’homme fort a surpris bon nombre de défenseurs des droits de l’homme et certains opposants qui trouvent en lui, un compatriote qui aimait son pays, malgré les crimes qu’il a commis contre son peuple.

Pour Salibou Garba, président du parti Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (AND), parti d’opposition, l’ex-président est un patriote et un homme moulé dans la lutte contre l’impérialisme. Il affirme que Hissein Habré était comme la plupart des révolutionnaires qui étaient marxistes bolcheviques et que c’est ce qui explique la brutalité de son style et de sa rigueur et surtout le refus de la corruption et la gabegie. L’homme politique confie que le natif de Faya, dans l’extrême du pays, est un organisateur rigoureux, hors-norme et qu’avec lui, l’on ne jouait pas avec le denier public et l’État tchadien était vraiment un État respecté par ses voisins. Salibou Garba a toutefois nuancé ses propos avant de marteler que pendant le règne de l’ex-dictateur, il s’est passé des choses atroces et qu’il n’était pas le seul responsable de toutes ces atrocités et barbaries. Ce dernier affirme avoir fait connaissance de l’ancien homme fort du pays avant d’indiquer que c’était Hissein Habré qui lui avait demandé de rentrer quand il était en exil au Cameroun. « Quand j’étais rentré, il m’avait reçu et me disait : je ne pensais pas que vous allez accepter de rentrer, parce qu’on m’accuse de tuer les gens et les jeter dans le fleuve », confie l’opposant.

Au sujet du rapatriement de la dépouille de l’ancien président, le président de l’AND souligne qu’il faudra s’activer pour acheminer le corps du lion du désert. M. Salibou Garba estime que l’ancien président a assez connu l’humiliation lors de son procès et qu’il est du devoir des Tchadiens de le pardonner et d’accepter que sa dépouille vienne reposer sur sa terre natale.

La mort de Hissein Habré a surpris beaucoup de Tchadiens qui sont restés sur leur soif de voir l’ancien dictateur purger sa peine à perpétuité. Pour le président d’honneur de la LTDH et vice-président de la fédération internationale des droits de l’homme, Dobian Asngar, la mort est toujours quelque chose de triste et qu’on aurait souhaité que l’ex-chef d’Étatt soit en vie pour pouvoir comprendre le sens de la cruauté qu’il a fait aux gens. Selon lui, en tant que défenseur des droits humains, l’on ne peut pas se réjouir de la mort d’un humain. « Nous ne l’en voulons pas jusqu’à sa mort. Le sens de notre combat est qu’il soit en vie pour répondre » précise-t-il. Dobian Asngar affirme que la mort de Hissein Habré doit servir de leçon aux autres apprentis dictateurs qui tenteraient de faire la même chose, avant d’ajouter qu’il n’est pas contre le rapatriement de la dépouille de l’ex-président. Abondant dans le même sens Me Jacqueline Moudeina dit qu’elle n’a pas de commentaire à faire sur la mort d’un être humain et de surcroît un compatriote, avant d’ajouter qu’il faut laisser la famille organiser et vivre le deuil. À propos du procès, l’avocate des victimes de Hissein Habré précise que la mort ne met pas fin au combat et qu’il faut attendre après les obsèques avant de parler du procès.

Jules Doukoundjé  

La nomination par décret le 17 août dernier de l’ancien président Goukouni Weddey, comme président du Comité Technique Spécial, relatif à la participation des politico-militaires au Dialogue National Inclusif (DNI) n’a pas fait l’unanimité. Certaines associations des droits de l’homme et certains intellectuels expriment leur inquiétude par rapport aux choix des membres de ce comité.

L’ancien président Goukouni Weddeye a été nommé président du comité spécial. Il est composé de 29 membres. Ce comité à pour mission de négocier avec les politico-militaires et les convaincre à participer au DNI.  Un forum qui, selon plusieurs sources, aura lieu en novembre prochain. C'est une rencontre importante qui permettra de déboucher sur un gouvernement de transition qui se chargera d’organiser des élections libres, transparentes et démocratiques. Mais, après la publication du décret, certains membres du comité technique sont l’objet de vives critiques des associations de défenseurs de droits de l’homme et de une frange d’intellectuels.

Pour certaines associations des droits de l’homme et certains intellectuels, ce n’est pas la nomination de l’ancien président qui pose problème, mais c’est l’utilisation de son image en tant qu’homme charismatique pour servir et protéger les intérêts d’un clan qui inquiète. Se prononçant sur la nomination du comité technique spécial, le secrétaire général de la convention tchadienne des droits de l’homme (CTDH), M. Mahamat Nour Ibedou, affirme que ce décret n’a aucun sens. Et que l’opportunité d’aller vers les opposants armés doit relever du DNI et non de la décision du président du CMT. « Il faut regarder la liste de la délégation pour comprendre que le CMT a des objectifs obscurs. Cette liste est dominée par certains groupes ethniques dont les membres appartiendraient en majorité à l’opposition armée », soutient le SG de la CTDH. Selon M. Ibedou, ramener des mécontents armés de l’extérieur pour les faire participer au dialogue devrait être pris au sérieux. Le défenseur des droits humains estime que le problème des politico-militaires semble devenir un problème familial et clanique. « Les gens sont choisis sur la base de leur proximité avec la rébellion. Ce décret est nul. Et je répète n'a aucun sens », dit ce dernier. Mahamat Nour Ibedou a également évoqué aussi les coûts financiers que le trésor public va décaisser. A son avis, les membres du comité technique auront des indemnités pharaoniques et seront aussi des porteurs de valises pour l’achat des consciences de la rébellion.

Analyse d’un analyste

Que dire face à ce tiraillement? Certains intellectuels soutiennent que la nomination de l’ancien président Goukouni Weddey comme président du comité technique spécial en charge de négocier avec les politico-militaires n’est pas en soi une mauvaise chose. Seulement elle donne l’impression que le pays n’a pas tellement évolué car les acteurs qui ont fait partie de troubles fratricides se sont recyclés en juges et parties. Il y a une espace schizophrénie collective indicible. Toutefois, beaucoup d’analystes pensent que l’ancien président serait la personne la mieux indiquée pour conduire ce comité, vu son âge et son expérience. Pour le sociologue Mbété Félix, l’ex-président apparaît comme un homme intègre pour ce poste. Selon lui, même si pendant longtemps l’ancien président n’apparaît pas en public, cette nomination est logique, en ce sens que Goukouni Weddeye a l’expérience de la rébellion. Il serait dit-on  écouté et respecté dans le milieu de la rébellion. S’agissant de la divergence du comité d’organisation du dialogue, il souligne que les divergences devraient enrichir le débat. Au final aller au dialogue sans une partie de la classe politique serait regrettable pour le pays. Et qu’il faudrait arriver à mettre tout le monde d’accord sur un minimum avant l’organisation de ce DNI. Vaste mission tellement les acrimonies, les rancunes et les rancœurs ont jalonné la vie de ce pays. Peut-être, peut-être que ce dialogue sera l’occasion de se vider le cœur. Et de repartir du bon pied, enfin peut-être…

Jules Doukoundjé

Le Quartier Zafaye Est, dans le 8e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena, et ses alentours sont plongés sous les eaux ce 22 août  dans la nuit. Cette pluie sectorielle constatée ce dernier temps dans la capitale tchadienne a causé d’énormes dégâts. Ialtchad s’est rendu sur le terrain pour constater. Reportage.

Quartier Zafaye Est, 8e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne. Difficile de franchir la voie principale qui mène vers le village Gaoui où se trouve l’un des sites historiques des Sao, ancêtres des Tchadiens. Cet axe revêtu d’un vieux bitume avec des nids de poule à perte de vue est un véritable parcours de combattant. Véhicules, motocyclistes et piétons négocient avec beaucoup de peine leur passage.

À gauche sur la route menant à Gaoui, c’est le carré 23. Youssouf Idriss, un habitant victime des eaux de la pluie se démène les pieds dans l’eau. Pèle en main, cet homme d’environ 40 ans tente de frayer un petit canal pour faire écouler l’eau. Selon lui, c’est depuis 6h du matin qu’il canalise l’eau. « Nous n’étions que 3 personnes, plus le Chef de carrée, à travailler, les autres nous regardent travailler alors que nous sommes tous victimes. C’est un comportement déplorable. Nous sommes en train de voir avec le chef de carré s’il faut ne passer de concession par concession pour éveiller la conscience citoyenne des habitants de notre quartier », confie-t-il. Youssouf Idriss affirme que cette saison est pénible, avant de rappeler que même, l’année dernière la Mairie n’a rien fait, c’est plutôt la population qui s’est cotisée pour mettre un peu de terre sur la transversale qui longe leur quartier.

Selon le chef de carré M. Mahamat Nour Hassan, la pluie d’hier leur a mis dans une grande difficulté. « Cette marre que vous voyez a débordé et depuis hier nuit et les maisons aux alentours sont inondées. Depuis hier nuit nous sommes au four et au moulin. Nous demandons aux autorités communales de s’occuper un peu des routes et remettre en état les canaux secondaires », dit-il. D’après lui, son carré n’est pas loin du grand canal, il suffit simplement que la Mairie les aide à drainer l’eau et la population sera mise à l’abri.

Sur l’axe principal, un usager très fâcheux se lâche, « cet axe est bitumé et dégradé depuis un moment. La mairie n’a rien fait. Maintenant, voyez ce qui se passe, c’est lamentable. Je peux dire que c’est l’axe principal et incontournable pour aller au site des réfugiés et voir village Gaoui à environ une dizaine de kilomètres. Sommes-nous réellement dans une capitale? »

M. Ahmat Abakar Issa résident du quartier Zafaye Est au carré 37 et son chef de carré Adam Ahmat Doungous, témoigne, « Parlant de la pluie d'hier et des dégâts, les images que vous avez faites parlent. Elles montrent l’enfer que les résidents ont vécu. Les voies secondaires, les domiciles, les biens et matériels se sont retrouvés dans l’eau », explique-t-il. M. Ahmat Abakar Issa demande l'intervention de l'État et la contribution de chacun pour construire des canalisations. Il plaide aussi pour le bitumage des rues principales afin de soulager les habitants du quartier Zafaye Est.

Moyalbaye Nadjasna

Après avoir participé brillamment à la 7e édition du championnat africain de basketball de moins de 16 ans en Égypte, les Sao sont rentrés le 18 août passé. Ils ont été accueillis triomphalement à l’aéroport  et raccompagnés jusqu’au quartier Sabangali par les supporters. Aussitôt rentré, l’équipe des Sao junior de Basket, demi-finaliste du championnat africain de Basketball (U16) a été reçue à la présidence de la République  par le président du CMT Mahamat Idriss Deby Itno.

Le président du CMT en recevant la jeune équipe de basket a fait une promesse. « À cette occasion, nous avons instruit la construction d’un stade de basketball et l’octroi d’un bus de transport pour aider et encourager cette talentueuse équipe à faire briller davantage le nom du Tchad lors des prochaines éditions »

Le Championnat d’Afrique des Jeunes dénommé « FIBA U16 African Championship » est une compétition des équipes nationales de jeunes du Bureau Régional Afrique de la FIBA (Fédération Internationale de Basket-ball). Ce tournoi met en compétition des jeunes équipes africaines. Les finalistes ont droit de se qualifier pour les mondiaux U17. Un tournoi qui est à sa 7e édition après la première édition qui a eu lieu à Maputo (Mozambique) en 2009. Il se joue tous les deux ans.

Le Tchad, présent à la compétition a fait bonne impression à cette septième édition dès sa première participation. Les jeunes joueurs ont montré l’étendue de leurs talents lors de ce rendez-vous.

Pour cette édition de 2021, sept équipes nationales s’affrontent chez les garçons en poule unique. Les quatre premiers du groupe joueront les demi-finales. Les sept nations participantes sont : l’Égypte, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali, l’Ouganda dont le Tchad.

Du côté des filles, on constate la participation des mêmes équipes à l’exception de la Côte d’Ivoire. Elles seront donc 6 formations à se disputer le trophée. Les quatre premières équipes, après les cinq matchs de groupe, regagneront les demi-finales tout comme chez les garçons.

C’est pour la première fois que le Tchad a pris part à cette compétition. Il a été éliminé en demi-finales par l’équipe malienne sur un score de 70 à 40. Les joueurs rentrent avec quatre trophées, remportés individuellement.

Mahamat Kao Adoum

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