Le président d’honneur de la ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), et représentant de la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) auprès de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) Dobian Asngar se dit consterné par le comportement des responsables de la LTDH qui n’arrivent pas à résoudre les problèmes internes de l’institution et de les exposer. Il tente ici de faire la lumière sur ce qui gangrène l’institution qu’il a eu à diriger. Entrevue.
La Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) traverse une crise sans précédent depuis sa création. Un problème de leadership et d’ego que les responsables de l’institution tchadienne pour la défense des droits humains n’ont pas su gérer depuis plus d’un an. Après une médiation par le Conseil d’Administration (CA), les membres du Conseil d’orientation et de contrôle (COC) de l’institution ont décidé de mettre fin à ces querelles inutiles qui gangrènent la LTDH. Les 11 membres que constitue le COC ont décidé d’une manière collégiale de suspendre le président, M. Max Loalngar.
Pour le président d’honneur, Dobian Asngar, c’est déplorable le comportement des responsables de la LTDH. Il estime que c’est irresponsable de la part des responsables de l’organisation d’exposer les problèmes internes de l’institution sur les réseaux sociaux. « Un problème d’une organisation se règle dans l’organisation. Un problème de famille se règle en famille. Ce n’est pas dans la rue », martèle le président d’honneur de la LTDH. Selon lui, les responsables n’ont pas un petit grain de respect pour eux-mêmes et pour la population qu’ils sont censés défendre.
Au sujet de la suspension du président de la LTDH, M. Max Loalngar, Dobian Asngar souligne que, c’est un cumul de problème d’ego et d’irresponsabilité qui ont abouti à cette situation. « Les conseillers du COC ont fait un rapport de médiation de tout le personnel jusqu’aux gardiens. Nous avons dégagé des conclusions en disant que celui qui gère ne respecte pas les procédures et que celui qui a la responsabilité de contrôler contrôle », explique-t-il. L’ancien président et président d’honneur de la LTDH affirme que depuis 1 an, après le congrès qui a élu M. Max comme président, ce dernier n’a pas pu respecter ni appliquer les actes qui ont été pris par le congrès. A son avis, les réunions statutaires qui sont prises par les textes du CA et les réunions du COC, dont lui-même a présidé n’ont pas été prises en compte, « c’est une faute grave ». Pour éclairer la lanterne des Tchadiens, Dobian Asngar soutient que le président suspendu n’écoute personne. Pire, il dit n’avoir pas confiance en certains membres du COC, en les qualifiant des gens infiltrés, alors qu’ils sont élus comme lui. « Quand vous êtes contre tout le monde et que la maison est en train de tomber, et vous ne prenez pas vite des décisions pour sauver la situation, qui doit porter la responsabilité », s’interroge-t-il. Le défenseur des droits humains affirme que le président de la LTDH a refusé deux fois, de participer à la présentation du rapport et que ce sont les autres membres qui ont assisté. Il évoque aussi le manque de sagesse, en se répandant partout sur les réseaux sociaux.
La caisse de la LTDH est vide
Outre le manque d’écoute et de prise de décisions qui sont en quelque sorte le péché qu’a commis M. Max Loalngar, il leur serait reproché, lui en tant que président et les autres responsables, de ne pas pouvoir chercher des financements pour faire fonctionner normalement la LTDH. Les querelles des responsables ont considérablement affecté l’état financier de la structure. Le personnel n’est pas payé, sans occulter le cumul des arriérés de loyer du local. Pour trouver une solution idoine, Dobian Asngar propose la tenue d’un congrès extraordinaire dans un bref délai. Cela va permettre de dénicher les vrais responsables et de les sanctionner. Selon lui, c’est seulement après ce congrès extraordinaire que l’on pourra mettre sur pied un nouveau bureau. Toutefois, il relève le manque de moyen financier qui handicape l’organisation du congrès extraordinaire pour sauver la LTDH.
Jules Doukoundjé
Les résultats de la première du baccalauréat session 2021 sont connus ce dimanche 29 août. Le jury présidé par Dr Andjaffa Djaldi Simon a proclamé 23.725 candidats admis d'office et 22.739 candidats admissibles qui composeront la seconde session d’ici le, 4 septembre.
Les résultats de la 1re session du baccalauréat 2021 sont proclamés. Le président du jury Dr Andjaffa Djaldi Simon et son staff ont proclamé, 23.725 candidats admis d'office soit un taux de réussite de 24.45% et 22.739 candidats admissibles soit un taux de réussite de 23,44%. Les candidats admissibles vont composer la seconde session le 4 septembre, dit le jury.
Pour le président du jury, la seconde session sera un examen oral qui prendra la forme des épreuves écrites. Les candidats auront à répondre à quelques questions ou résoudre des exercices. Selon Dr Andjaffa Djaldi Simon, les candidats admissibles doivent être sereins et se préparer en conséquence. Pour ceux qui ont échoué, Dr Andjaffa Djaldi Simon leur conseille de redoubler d'efforts et de s’améliorer pour l'année prochaine.
Pour cette année ce sont au total, 97.022 candidats sur l’ensemble du territoire national qui ont composé les épreuves du baccalauréat. Les résultats sont disponibles par messagerie téléphonique et sur le site officiel de l'Office national des examens et concours du supérieur (ONECS).
Moyalbaye Nadjasna
Les membres du jury du baccalauréat session août 2021 s’apprêtent à proclamer les résultats du premier tour ce dimanche 28. Environ 97 022 candidats, toutes séries confondues, qui ont passé l’examen vont être situés sur leur sort. Le jury s’active sur les derniers détails pour la proclamation des résultats du premier tour.
Environ 300 membres du jury du baccalauréat, session août 2021, s’activent au siège de l’office national des examens et concours du supérieur (ONECS) situé au quartier Gassi, dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena pour donner les résultats. Presque un mois de travail sans relâche après la composition de l’examen, les membres du jury s’apprêtent à déclarer admis dès le premier parmi les 97.022 candidats qui ont composé le baccalauréat au début de ce mois.
Pour le président du jury Dr Andjaffa Djaldi Simon, tout est pratiquement fini, il ne reste que l’aspect technique et que d’un moment à l’autre, les résultats seront connus. Selon lui, c’est possible que les résultats soient connus ce samedi ou au plus tard dimanche. Et que le jury s’attelle sur les derniers aspects techniques pour se réunir et apprécier les résultats et déclarez-les admis. Pour ce qui concerne le nombre des admis, il précise que sans la concertation du jury, il ne peut pas révéler le nombre des candidats déclarés admis, moins encore ceux qui reviendront au deuxième tour. « Nous attendons pour convoquer le jury, la machine tourne et nous pensons que d’un moment à l’autre, nous allons proclamer les résultats, sauf les données manquent pour convoquer le jury », explique le président du jury du baccalauréat session août 2021. Il ajoute que tout le staff est prêt et que la délibération sera prête dans les heures qui viennent.
Selon certains membres du jury rencontrés dans la cour de l’ONECS, le directeur de l’ONECS, le directeur des examens et quelques responsables seraient partis présenter les résultats au ministre de l’Enseignement supérieur qui les conduirait auprès du président du CMT avant de convoquer le jury. Les mêmes sources nous renseignent que le Bac de cette année est pris au sérieux et qu’il n’y a pas de raison à douter de son déroulement jusqu’à la proclamation des résultats.
Jules Doukoundjé
La tension entre la société américaine Exxon Mobil au Tchad et ses employés continuent. Les employés ont envahi la piste d’atterrissage de l’aérodrome de Komé 5. Ils s’insurgeaient contre une éventuelle visite de la représentante de la société Savana Energy l’acheteur des actions d’Esso-Tchad. Le secrétaire général du Petrosynat nous retrace le film de l’évènement d’hier 28 août.
Le SG du PETROSYNAT M. Noubaïssem Christian, indique que la tension est très tendue entre Esso-Tchad et ses employés. Depuis, le 27 août à Komé 5, base du site pétrolier dans la province du Logone oriental, au sud du pays, les employés ont envahi la piste d’atterrissage de l’aérodrome. Par cette action ils veulent empêcher la visite terrain du site de Komé 5 par le staff d’Esso-Tchad et la représentation de la société Savana Energy, explique M. Noubaïssem Christian. « D’abord tout a commencé le lundi, la Directrice générale Exxon Mobil au Tchad Mme Carole Galle, voulait coûte que coûte descendre sur le terrain avec la société Savana Energy. Pourtant, les parties étaient en négociation, il n’y a aucun point de compromis, aucune avancée. La direction générale aurait proposé 1000 dollars, environ 600 mille F CFA comme prime de séparation. 1000 dollars pour des gens qui ont travaillé pendant une vingtaine d’années cela ressemble à une insulte », dit-il. D’après le syndicaliste, les employés soulignent que, si la société Savana Energy vient sur le site faire ses inventaires, au retour, ils vont certainement signer l’acte de vente. Les employés, dit-il, ne sont pas d’accord avec cette visite. « Le matin, malgré cette tension, Mme Carole Galle tenait à venir et les employés ont ramassé les véhicules pour aller déposer sur la piste d’atterrissage de l’aérodrome de Komé 5. La sécurité privée en protection informée les prévient que même s’ils viennent, ils ne peuvent pas descendre par rapport à ce qui se passe sur le terrain. Ils ont annulé de facto le vol », déclare-t-il.
le SG du PETROSYNAT rapporte que, les employés se sont mobilisés sur la piste le mardi, « l’avion qui va atterrir n’a qu’à atterrir sur eux et les écraser tous pour libérer la piste. » Selon le SG, les employés ne l’ont informé qu’hier 27 août vers 9h, ils ont remarqué une forte présence des gendarmes qui ont foncé l’entrée où se trouvaient les agents privés de sécurité. « Ce qu’il faudrait noter, c’est d’abord une violation, car pour entrer dans Komé, il faut passer par quarantaine. C’est pour la première fois que la sécurité entre avec des armes sur le site », affirme le SG. Pour lui, les employés se seraient rapprochés des gendarmes qui leur disent qu’ils ont reçu l’ordre d’entrer, mais ne feront aucun mal ni laisser un avion quelconque atterrir.
M. Noubaïssem Christian dit qu’après échange amical entre gendarmes et employés d’Exxon Mobil, une partie des gendarmes est repartie avant de préciser qu’on signale encore ce matin la présence de 4 gendarmes.
« Une partie des employés affirme que la présence de ces gendarmes est comme on dit « anguille sous roche ». Donc ils ne bougeront pas très loin et s’ils voient un avion quelque part, ils vont repartir sur la piste », rajoute le syndicaliste. Hier poursuit-il, une délégation a quitté Ndjamena pour venir voir la DG d’Esso au sujet de la présence des gendarmes sur le site, elle aurait nié. Pourtant, déclare le SG, les employés auraient appris qu’elle a communiqué et même rendu visite au détachement de sécurité qui s’occupe de la protection du secteur pétrolier. Une rencontre avec le ministre de tutelle est prévue ce 28 août.
Rappelons que le bras de fer entre Esso-Tchad et ses employés a commencé depuis juin 2021. Ce géant pétrolier américain envisageait une éventuelle vente de ses actions à la société Savannah Energy (présente seulement au Niger et au Nigéria). Le personnel exige que tous ses droits soient versés avant toute vente ou tout rachat. Ils déclarent ne pas vouloir se faire piéger. C’était le cas des anciens personnels d’autres sociétés pétrolières qui avaient exercé au Tchad entre autres, TTC, Pride Fora sol.
À suivre…
Moyalbaye Nadjasna
Suite à la suspension du président de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) M. Max Loalngar, par le conseil d’administration de cette institution, la plateforme Wakit Tama pointe du doigt l’œuvre des autorités du CMT qui chercheraient à diviser les leaders des plateformes et des organisations de la société civile.
La coordination nationale de la plateforme Wakhit Tama condamne la suspension du président de la ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), M. Max Loalngar par les membres du Conseil d’orientation et de contrôle (COC) de la LTDH. Selon le porte-parole de Wakit Tama, Barka Michel, la plateforme condamne cette tentative de division des membres de la plateforme.
M. Barka Michel met en garde le CMT, le gouvernement de transition et la France, alliée du CMT tenteraient de manipuler les forces vives de la nation tchadienne. Le syndicaliste soutient que le peuple tchadien est debout jusqu’à la victoire finale. Et jusqu’à ce que le soleil de justice se lève sur le pays. La coordination Wakit Tama informe les Tchadiens, l’opinion nationale et internationale et la diaspora qu’une chasse à l’homme est lancée par les autorités du CMT et le gouvernement de la transition contre les leaders de la plateforme. Il déclare que le CMT, le gouvernement de la transition et leurs soutiens seront tenus pour responsable de tout ce qui arrivera aux leaders de Wakhit Tama.
Jules Doukoundjé
Par deux résolutions prises le 23 août dernier, le Conseil d’orientation et du Contrôle COC de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) a suspendu son président, Me Loalngar Yogangnan Maxs. Par un communiqué le président évincé ou en voie de l’être a réagi hier 26 août en clamant une manœuvre de forfaiture, selon ses mots.
Le Conseil d’orientation et du contrôle (COC) de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) a l’issue de son conseil extraordinaire, tenue le 23 août suspend Me Loalngar Yogangnan Max, président de la LTHD et réhabilite à ses fonctions, M. Oyamta Baldal, Coordonnateur national du LTDH licencié, le 17 août passé. Désormais, c’est Me Adoum Mahamat Boukar qui est désigné pour assurer l’intérim de la présidence de la LTDH jusqu’ au prochain congrès, indiquent les conseillers. Le COC reproche au Président évincé, le non-respect des textes statutaires et règlementaires, de son engagement personnel vis-à-vis du 9e congrès ordinaire tenu en janvier 2020, de ne pas faire de la politique active. Les conseillers lui reprochent également d’engager la LTDH dans une politique politicienne avec les plateformes « Wakit Tama » et « Consensus ». Dans la résolution 2 du COC, les conseillers notent une absence totale du président de la LTDH, le non-respect de la feuille de route établie après le congrès, la confiscation d’informations aux autres membres du COC, des déclarations non fondées et propos isolants à l’égard des partenaires de la LTDH.
À propos de la réhabilitation du Coordonnateur national, le COC précisé que la décision du licenciement pris par le désormais ex-président Me Max est irrégulière du point de vue statutaire et règlementaire. Le COC brandi cite les articles 42 des statuts et 59 du Règlement intérieur (RI) de l’organisation.
Le président déchu, Me Max Loalngar, réagit par un communiqué de presse et informe les militants et les sympathisants de la LTDH ainsi que l’opinion qu’il a apprise non sans enchantement, qu’une partie des conseillers triée réunit en Assemblée Générale extraordinaire, du Conseil d’orientation et du contrôle COC, le 23 août, l’aurait suspendu de ses fonctions. Il ajoute que, le COC aurait désigné un président intérimaire tout en rétablissant le coordonnateur national, employé de la LTDH licencié par ses soins il y a peu.
Selon lui, il s’agit d’une pure forfaiture et d’une manœuvre destinée à poursuivre la dilapidation des maigres ressources de l’organisation. « En vertu des statuts et règlement intérieur de la LTDH, le président est élu par le congrès et non par le collège des conseillers. Et le président intérimaire n’est pas élu, mais détient ses prérogatives de l’empêchement du président élu », explique Me Max. Il soutient que, si l’article 14 du statut dispose qu’une session extraordinaire du COC peut être convoqué par le président, à la demande de 2/3 de ses membres, l’article 22 du RI précise très clairement que « le président du COC convoque et préside le conseil ordinaire et extraordinaire » aussi, une session du conseil du COC tenue en dehors de son président est une pure forfaiture. »
Le président de la LTDH suspendu trouve hallucinant qu’une équipe soucieuse de son bon fonctionnement en vienne à suspendre son président simplement pour son activisme en se basant sur des affirmations gratuites et mensongères. « Là où le bât blesse, c’est de rétablir dans ses fonctions un employé licencié sans aucune mise en garde ni un audit indépendant alors qu’un rapport de médiation établit sans ambages qu’il s’est rendu coupable de mauvaise gestion des ressources et d’abus des biens de l’organisation, en plus de moult actes répréhensibles qui impactent négativement la vie de l’organisation », note-t-il. Pour lui, même si l’on voulait faire supporter par les militants, les travers révélés par le rapport de médiation divulgué, le 17 juillet 2021, il serait judicieux de les informer préalablement.
Me Max Loalngar, informe qu’il n’entend pas à se soumettre aux résolutions du 23 août. Il déclare que ces résolutions sont nulles et non avenues. Il affirme ne plus être complice de malversations au préjudice de l’organisation. « Le coordonnateur national ne fait plus partie de la LTDH à cause de son licenciement pour faute lourde et ne saurait engager la LTDH », conclut Me Loalngar Yogangnan Max.
Sur les antennes de la radio FM liberté, ce matin 27 août, Me Loalngar affirme qu’il engagera des poursuites judiciaires et s’attaquera à cette décision de suspension qu’il qualifie de nullité absolue.
Moyalbaye Nadjasna
La Haute Autorité des médias et l’audiovisuel(HAMA) vient de clore les deux jours de réflexion et d’échange avec les responsables des médias. C’est au cours d’une cérémonie assortie des résolutions et des recommandations qu’a pris fin hier, 26 août dans un hôtel de la place que la rencontre.
Deux jours de réflexions et d’échange entre la HAMA et les médias sur le thème, « le rôle et missions des médias: avant, pendant, et après le Dialogue national inclusif (DNI) », ont accouché des résolutions et des recommandations. Au Conseil Militaire de Transition (CMT), les participants l’encourage à tendre la main à tous les Tchadiens et de tout mettre en œuvre pour assurer le bon déroulement de la phase préparatoire du DNI, considérer non seulement les médias comme des canaux d’information, mais des acteurs à part entière et les impliquer dans toutes les phases du dialogue, soutenir les médias dans leur mission régalienne et particulièrement dans la couverture médiatique de cette rencontre, doter la maison des médias du Tchad d’une salle multimédia, assurer la sécurité des journalistes et leur faciliter l’accès à l’information, réintégrer l’enseignement de l’éducation civique et morale dans les programmes scolaires.
Concernant les résolutions, les médias s’engagent entre autres : à assurer une large couverture médiatique des travaux du DNI, se conformer aux règles de l’éthique et de la déontologie du métier, résister aux manipulations et éviter les partis pris, sensibiliser la population tchadienne à un engagement civique ou un contrôle civique des actions publiques, promouvoir la solidarité et la confraternité entre les peuples tchadiens.
Le président de la HAMA, Dieudonné Djonabaye demande aux responsables des médias à la clôture des travaux de demeurer toujours dialecticien. Selon lui, la seule arme efficace et redoutable est le verbe sinon la liberté d’expression. « Cette liberté d’expression nous devons en faire bon usage en apportant notre contribution à la construction de la nation tchadienne. Ce n’est pas avec la violence que nous allons bâtir la fondation de notre pays », soutient-il. M. Djonabaye rappelle que la conférence nationale souveraine était couverte seulement par la presse d’État, mais cette fois, le DNI va se tenir dans une période riche de notre histoire. « C’est la démocratie pluraliste avec une presse plurielle et diversifiée. C’est l’occasion pour vous de peser de vos écrits sur le processus du dialogue. Nous n’avons aucune intention de vous loger dans un cadre, c’est une adresse à plus d’ardeur à conquérir plus d’espace de liberté, de donner la parole à tous les acteurs », argue-t-il.
Le président de la HAMA dit aux médias qu’ils doivent par leurs plumes amener leurs compatriotes à accepter les débats contradictoires afin de ne plus se battre avec des canons. Il ajoute que les médias doivent pratiquer un journalisme saint aux fins de favoriser une cohésion sociale saine. M. Djonabaye précise que le journalisme est un métier qui exige du savoir-faire, des aptitudes et des compétences précises, « regard, qualité d’écoute, relation des faits, soucis des lecteurs ou auditeurs. » Il affirme enfin que, les journalistes doivent être utiles à leurs compatriotes par la culture de la paix et du dialogue.
Moyalbaye Nadjasna
Les victimes de crimes et de répressions de l’ancien président Hissène Habré se sont rencontrées à huis clos ce jeudi 26 août au siège de leur association située au quartier Chagoua, dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. L’objectif de cette rencontre avec leurs avocats est de s’enquérir de la mort de l’ex-président au sujet de leurs indemnisations. Reportage.
Des centaines de victimes, composées des femmes et des hommes, de l’ancien dictateur tchadien, Hissène Habré se sont réunies ce jeudi après-midi au siège de leur association, située sur l’avenue Jacques Nadingar, au quartier Chagoua, dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Le mot d’ordre de cette rencontre est d’avoir plus d’information avec leurs avocats et conseillers juridiques pour la suite de leurs indemnisations. Après la mort de l’ex-président Hissène Habré, décédé à Dakar, au Sénégal de suite de covid-19, les victimes ont de position mitigées sur le décès de celui qui a été pendant longtemps à l’origine de leurs souffrances.
Pour le secrétaire général de l’association des victimes de crimes et de répressions de Hissène Habré (AVCRHH), Koumato David, la mort est un destin pour tout homme. Et la mort d’Hissène Habré n’entame en rien à leur lutte. A son avis le but de leur lutte est d’arriver à la réparation et aux indemnisations. Pourtant jusque-là, rien n’est fait. Bien qu’ils ont reçu à le condamner à perpétuité. Koumato David précise que le fait que l’ex-président soit condamné à perpétuité est déjà une grande victoire pour les victimes, avant d’ajouter que ce serait plus encore, quand toutes les victimes seront indemnisées. « Nous exhortons l’Union africaine (UA) qui est à la manœuvre de tous les jugements, avec le gouvernement sénégalais et les autorités tchadiennes de mettre leurs efforts ensemble pour indemniser au plus vite les victimes qui sont en train de mourir ».
Selon lui, plus de 300 victimes sont déjà mortes sans être indemnisées et qu’il faut faire vite pour que celles qui sont encore en vie puissent rentrer dans leur droit. Ce dernier précise que les victimes ne quémandent pas, ils réclament leur droit. Il rappelle que sur les 7 000 victimes qui constituent l’association, plus de 300 sont déjà mortes, « cela n’est pas normal de les traîner ». Au sujet de la mort de Hissène Habré, il affirme que l’ex-dictateur est condamné à perpétuité donc il doit mourir en prison. Et rapatrier ou pas la dépouille n’est pas leur problème. Le problème c’est le gouvernement de transition qui a dit qu’ils peuvent rapatrier son corps si sa famille le veut et qu’ils ne s’opposent pas.
Le SG de l’AVCRHH, souligne que le fait que le gouvernement de transition confirme que la dépouille de l’ex-président n’aura pas des honneurs est une satisfaction pour les victimes. « Ce qui nous préoccupe, c’est nos indemnisations. Le reste, ce n’est pas notre problème, sauf que les choses restent à moitié c’est cela notre préoccupation », explique Koumato David.
Même son de cloche chez les victimes
Autre réaction dans le même sens. Le coordonnateur de l’AVCRHH, Ousmane Abakar Tahir, soutient que le décès de Hissène Habré n’est pas lié à l’indemnisation. Selon lui, les victimes ont gagné tous les procès contre l’ex-dictateur, et que cela ne les inquiète pas. Il révèle que leurs indemnisations sont évaluées à plus de 75 milliards de f CFA. Et la moitié doit être versée par l’État tchadien. De l’avis de Moctar Nganansou, une victime, Hissène Habré est un homme, donc il est mortel, et qu’il est mort comme toutes les victimes. Ce dernier regrette que son bourreau meure de sitôt, avant de préciser qu’il ne jubile pas de sa disparition, mais qu’il aurait souhaité que l’ex-président purge sa peine jusqu’au bout. Pour cette veuve et victime qui s’exprime sous couvert de l’anonymat, les femmes victimes sont très fatiguées, il faut que l’État tchadien et l’UA leur payent leurs droits. Selon elle, le procès est clos depuis 5 ans et l’horizon est toujours sombre. Entre temps les victimes meurent sans être indemnisées, « cela a trop duré ».
Aux dernières nouvelles, les épouses de l’ancien président ont décidé que la dépouille de leur mari soit inhumée au cimetière musulman de Yoff, en terre sénégalaise. Au moment de publier cet article, la levée du corps a eu lieu.
Jules Doukoundjé