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Au quartier Karkandjié dans la commune du 8e arrondissement se trouve une usine de fabrication artisanale des marmites. Cette usine produit chaque jour une quantité importante de marmites vendues sur les marchés. L’activité permet aux ouvriers de l’usine de joindre les bouts du mois. Ialtchad Presse est allé à la découverte de cette usine. Reportage.

C’est une véritable industrie de fabrication de marmite qui est installée dans ce quartier. L’usine est visible à 50 m par la montée de la fumée qu’elle dégage de son toit. C’est dans un espace d’environ 10 m de long et 5 m de large que l’entreprise est installée. Cet espace est occupé à 80% par du sable noir qui sert à donner la forme à la marmite. Presque tout tourne autour de ce sable noir. D’un côté traînent des matériels de travail comme les moules, les pelles, cuillères d’un côté. De l’autre côté, un fut rempli d’huile de moteur des véhicules et motos déjà utilisé. Cette huile sert à faire marcher le moteur de la machine qui fait le mélange des matériaux de fabrication.

L’usine fabrique tous les numéros des marmites. La fumée que dégage l’usine a rendu les employés encore plus noirs. On dirait des travailleurs de mine à charbon. C’est le cas d’Idriss Oumar Idriss ,43 ans. Il est le doyen de l’atelier. Il y travaille depuis 23 ans . Il parle peu et travaille beaucoup. Moule en main, Idriss dessine la forme de la marmite à fabriquer. « Nous fabriquons les marmites par commande ou pour ravitailler les marchés. On peut produire 20 à 30 marmites par jour. Tout dépend des commandes. C’est une activité que nous ont léguée nos parents », explique Idriss. Il apporte des précisions sur  la provenance des matériaux de fabrication des marmites. Selon lui, ce sont des femmes qui leur fournissent de vieilles marmites trouées. Les pièces des véhicules, des motos et tout objet en aluminium est aussi utiles pour la fabrication.

Au total 15 employés font tourner l’entreprise au quotidien. Ils sont également payés par jour et selon le rendement. Les employés rentrent avec 2500 voire 3500 par jour. Autrement dit, rien n’est prévu pour un ouvrier malade ou qui a un cas social. Ils parviennent à joindre les deux bouts avec cette recette. Idriss Oumar affirme qu’il ne se plaint pas. « Je gère ma famille avec le peu que je gagne . Tout est une question d’organisation. Aux jeunes qui aiment qu’on leur présente tout dans un plat, je leur demande de se battre. La vie n’a jamais été facile », affirme-t-il. Il réitère son amour pour le métier qu’il exerce. Selon lui, quand tu aimes ce que tu fais, tu vas toujours gagner dignement ta vie. C’est mieux que d’aller voler, a-t-il ajouté. M. Idriss déplore enfin l’attitude de la Mairie qui les harcèle en les arnaquant tous les jours. « La mairie nous prend 2000 à 2500 FCFA tous les jours sans nous donner un petit bout de papier. Je ne sais pas où va l’argent. Les autorités nous demandent d’entreprendre, mais la mairie ne cesse de nous escroquer. Comment va-t-on développer notre entreprise avec ce comportement », s’interroge-t-il ?

Kouladoum Mireille Modestine

La société industrielle des matériels agricoles et Assemblage des tracteurs(SIMATRAC) et le lycée d’Enseignement Technique industriel de N’Djaména (LETIN) ont désormais la même vision. Les deux entités ont signé un partenariat ce 23 février 2022 dans les locaux de la SIMATRAC au quartier industriel de Farcha. Une convention d’une durée de 3 ans avec d’importants enjeux. Reportage.

Un premier du genre dans l’histoire du lycée d’Enseignement technique de N’Djamena (LETIN). L’établissement vient de signer un partenariat avec la société SIMATRAC qui assemble toutes les machines agricoles comme les tracteurs et autres engins agricoles. Selon M. Jean-Michel Djerané, Directeur général de la SIMATRAC, cette convention bilatérale entre dans le cadre de la politique du gouvernement de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Il rappelle la mission de la SIMATRAC qui consiste à doter les agriculteurs en matériels et accessoires agricoles en vue de la mécanisation et la modernisation de l’agriculture tchadienne. Le DG soutient qu’il ne sert à rien de disposer des engins sans une unité opérationnelle. À son avis, il faut une formation, un entretien et surtout la réparation dans les pôles à hautes rentabilités agricoles.

Le DG du SIMATRAC affirme que cet accord mise sur une formation initiale et continue du LETIN afin de fournir une main d’œuvre de qualité, performante et compétitive. Il soutient aussi que cet établissement investi d’une mission de service public est un véritable cadre d’excellence en formation professionnelle. Pour M. Jean-Michel, c’est une négociation entre deux institutions. Les deux partenaires visent une synergie d’actions afin de susciter une nouvelle initiative dans une ouverture réciproque. « Désormais la SIMATRAC ouvrira grandement les portes de ses ateliers aux élèves du LETIN pour approfondir leur pratique. Le personnel de la SIMATRAC bénéficiera également de formation continue », dit le DG.

M. Jean-Michel Djerané, « qui veut aller loin ménage sa monture. » Le technicien précise que c’est le fruit issu de cette convention qui sera le cheval de prédilection des partenaires (SIMATRAC-LETIN). « La SIMATRAC a besoin des techniciens qualifiés pour sa chaîne de production », affirme le DG. Il évoque également les besoins de sa société en ressources humaines efficaces et efficientes. Seul gage d’une mécanisation et une modernisation réussies de notre agriculture pouvant induire l’autosuffisance alimentaire, dit-il.

Selon le proviseur du LETIN Temoua Habmon, ce partenariat a pour objet de fédérer les énergies de ces deux institutions pour en faire une énergie composite. « Je me réjouis que nous partageons la même conviction avec le jeune Directeur général de la SIMATRAC. Il a très vite compris tout intérêt et les intérêts et les enjeux de l’heure », dit le proviseur.  M. Temoua Habmon, souligne que la mise en œuvre de la convention va permettre à LETIN de réaliser sa mission conformément à la loi 16 (article 12) portant orientation du système éducatif au Tchad. Il assure que cet accord va contribuer aussi à la diversification des offres de formation avec des thématiques nouvelles. Ces formations se feront suivant les besoins de la SIMATRAC. Le proviseur du LETIN rassure son partenaire que son institution va s’investir pour répondre aux attentes de cette convention.

Selon le proviseur, c’est un protocole axé sur trois points : la formation, le recrutement et la communication. La SIMATRAC s’engage à accueillir nos élèves en stage, à recruter nos meilleurs élèves, à mettre certaines machines à notre disposition pour les travaux pratiques, précise-t-il.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable Mahamat Ahmat Lazina, accompagné du commandant de la garde forestière et d’une forte délégation de son département ont sillonné plusieurs marchés de N’Djamena, la capitale tchadienne, pour saisir le charbon du bois vendu illégalement. Cette saisie a fait réagir plusieurs vendeuses de charbons qui ne vivent que de ce commerce. Reportage.

La vente du charbon de bois est interdite sur toute l’étendue du territoire national depuis presque 10 ans. Mais ces dernières années, cette loi interdisant la vente du charbon de bois ne semble pas être respectée. Dans les marchés de la capitale tchadienne, on constate au vu et au su de tout le monde, cette vente. La vente du charbon de bois semble être l’une des affaires les plus lucratives sur les marchés. Certains commerçants et surtout les personnes handicapées avec leurs motos tricycles vont chercher du charbon de bois à Kousseri, de l’autre rive du fleuve Logone au Cameroun pour le revendre dans les marchés de N’Djamena. Certains pratiquent la coupe illégale dans les alentours de la capitale, mais aussi dans les provinces pour apporter à N’Djamena.

Mais pour mettre fin à cette pratique illicite et illégale, le ministre tutelle, accompagné d’une forte délégation sont allés dans les marchés de la capitale tchadienne pour saisir du charbon.

Pour le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Mahamat Ahmat Lazina, la vente du charbon de bois est interdite par une loi. Il faut que les gens prennent conscience et changent de comportement. Il exhorte les femmes vendeuses de charbon de bois à arrêter cette activité et d’investir d’autres secteurs d’activités. « Nous sommes aujourd’hui responsables de la destruction de l’environnement et l’histoire nous rattrapera. Tout doit s’arrêter, car nous faisons face à l’avancée du désert et de changements climatiques », a affirmé le ministre de l’Environnement. À son avis, la protection de l’environnement doit être l’affaire de tous les Tchadiens.

D’après M. Mahamat Ahmat Lazina, tous ceux qui croient défier l’autorité de l’État doivent cesser. Sinon, ils risquent de se retrouver en prison. Il promet de mener une guerre sans merci pour retrouver ceux qui s’adonnent à la coupe abusive de bois pour en faire du charbon.

Mais cette sortie musclée et inattendue n’a pas du tout été du goût des femmes vendeuses qui qualifient la sortie du ministre Lazina d’hasardeuse. Elles estiment, être victimes d’une machination politique visant à plaire ses supérieurs. Les femmes vendeuses de charbon de bois rencontrées dans quelques marchés de la capitale affirment qu’elles achètent le charbon de bois chez les personnes handicapées qui s’adonnent au trafic de cette source d’énergie de façon légale à Kousseri aux vues et au su des autorités frontalières.

Pour cette femme handicapée qui vend du charbon de bois depuis 5 ans, c’est grâce à cette activité qu’elle élève seule ces 7 enfants. Elle ajoute qu’avec son tricycle, elle va chaque matin à Kousseri au Cameroun pour se procurer du charbon de bois. Toujours selon elle, c’est grâce à la vente de charbon de bois qu’elle parvient à payer son loyer et à inscrire ses enfants à l’école. Selon elle, si le ministre doit lutter contre la désertification, il doit plutôt instruire les agents des eaux et forêts qui sont dans la plupart corrompus de bien contrôler ceux qui coupent des arbres pour en faire du charbon de bois. Elle souligne que les vendeuses du charbon de bois ne sont qu’un maillon faible de la chaîne et qu’elles sont victimes de la loi du plus fort.  Même argument chez cette vendeuse rencontrée au marché d’ardepdjoumbal, appelé communément « marché Ndombolo ». Elle affirme que les éléments du ministre de l’Environnement ont saisi ses sacs de charbon hier mercredi. Sous couvert de l’anonymat, elle explique qu’elle a fait face au ministre Lazina et lui a dit ses quatre vérités. Selon elle, les vendeuses de charbon de bois ne sont pour rien. Elle promet de continuer cette activité, car dit-elle, c’est de cette vente qu’elle vit.

Après le tour dans les marchés de N’Djamena, le ministre de l’Environnement a aussi fait une descente surprise dans la nuit du 23 au 24 février dans la province du Chari-Baguirmi. Cette sortie surprise a permis au ministre et sa délégation de saisir plusieurs camions transportant du charbon de bois et de bois verts.

Jules Doukoundjé

Le président du Conseil militaire de la Transition (PCMT), le général du corps d’armée, Mahamat Idriss Deby a dit le contraire du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah qui affirmait que les déclarations audio du chef rebelle Timane Erdimi suffisaient pour l’exclure du pré-dialogue de Doha. Le PCMT a tranché en affirmant que personne ne doit être exclu au prochain dialogue national inclusif (DNI). Reportage.

Le président du conseil militaire de la transition (PCMT), le général du corps d’armée, Mahamat Idriss Deby prend le contre-pied de son ministre de la communication porte-parole du gouvernement Abderaman Koulamallah. Dans un entretien accordé à la télévision nationale, le PCMT a clairement affirmé que personne ne doit être exclu au prochain DNI. Par cette sortie, le président a pris le contre-pied de son porte-parole, Abderaman Koulamallah.

La semaine dernière, le ministre de la Communication avait déclaré que le chef rebelle Timane Erdimi, en cherchant à coopérer avec le groupe paramilitaire russe Wagner s’est auto-exclu du pré-dialogue des politico-militaires, prévu pour le dimanche 27 février prochain. Le PCMT est sorti de son silence pour non seulement recadrer son ministre qui semble avoir parlé sans l’aval de sa hiérarchie, mais a affirmé que le pré-dialogue avec les politico-militaires à Doha au Qatar aura bien lieu le 27 février.

Pour le professeur Ahamat Mahamat Hassan, ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux et ancien recteur de l’université d’Abéché, la réponse du gouvernement ne devrait pas être de la sorte. Selon le juriste, c’était une réaction à « la va vite », et passionnelle. « Un gouvernement n’a pas les mêmes réactions par rapport à un politico-militaire ou un parti politique. Un gouvernement a la gestion de la nation en main, donc il doit être posé », dit le professeur Ahamat Mahamat Hassan. L’ancien ministre indique que c’est le gouvernement qui a lui-même opté, après la disparition brutale du président Idriss Deby Itno, pour un dialogue inclusif. Pour l’analyste, l’assise même de la légitimation du Conseil militaire de la transition (CMT), est le DNI qu’il a annoncé dès son installation au pouvoir. Ahamat Mahamat Hassan souligne que le mot « dialogue inclusif » veut dire « pas d’exclusion ». A son avis, le gouvernement, quelle qu’en soit la déclaration de Timan Erdimi, devrait dans sa logique continuer à prôner le dialogue. Il explique que c’est depuis une vingtaine d’années que M. Timane Erdimi cherche le pouvoir par tous les moyens. Il note aussi que cela ne devrait pas surprendre le gouvernement.  L’analyste estime que le porte-parole du gouvernement n’a pas bien réagi et le PCMT lui-même a recadré le ministre. Selon lui, ce travail devrait être fait par le Premier ministre qui n’a pas parlé. L’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux affirme que par rapport au recadrage du PCMT, Timane Erdimi a écrit un communiqué pour exprimer son souhait de participer au dialogue de Doha. Le politologue indique que, le chef rebelle, malgré sa position, réitère son désir ardent de participer au dialogue qui est d’ailleurs ouvert à tous les politico-militaires. L’enseignant chercheur reconnaît que les choses sont en train de se rétablir pour donner priorité au dialogue. Il précise que c’est sur la base du dialogue national inclusif que le CMT est accepté.

Jules Doukoundjé

 

La coopérative des fleuristes « Stop désert », située à côté de l’Institut Français du Tchad, à N’Djamena, dans le 3e arrondissement, menacée de déguerpissement le 17 décembre 2021 bénéficie de la clémence de la Mairie centrale. Instruits à quitter les lieux par une ordonnance judiciaire au profit d’un particulier détenteur d’un titre foncier, ils continuent d’exercer en attendant une éventuelle autorisation. Ialtchad Presse est reparti sur les lieux ce 23 février 2022 rencontrer le secrétaire général des fleuristes Bagargué Oueina Dabei. Reportage.

23 février 2022, il est 11heures sur le site de la coopérative des fleuristes. Tout est calme, les fleuristes vaquent à leurs occupations. Les uns arrosent les fleurs, les autres préparent les pots de fleurs remplis de terre sélectionnée. M. Bagargué Oueina Dabei est assis. Il est Secrétaire General des fleuristes. « Aucun problème n’est survenu encore depuis la menace de déguerpissement par ordonnance judiciaire du 17 décembre 2021 brandit par un particulier détenteur d’un titre foncier. Nous travaillons, pour l’instant, normalement, sur instructions du maire de la ville de N’Djamena » affirme, le SG.  Suite à ce problème dit-il, le Maire était venu rencontrer les membres de la coopérative. Après concertation, il leur avait demandé de rester. M. Bagargué Oueina Dabei soutient que la mairie a assuré qu’elle va traiter le problème à son niveau. « Le maire nous a toutefois instruit d’adresser une correspondance au ministre de la Justice. Chose faite donc notre correspondance est au niveau du ministère de la Justice pour examen avant toute éventuelle autorisation si possible » dit le SG des fleuristes.

Pour l’instant, les fleuristes travaillent sur la recommandation verbale du maire de la ville de N’Djamena, sans aucune autorisation selon M. Bagargué Oueina Dabei. Il soutient que ce qui a été détruit et constaté par le maire le 17 décembre dernier est déjà remis à sa place. Selon les fleuristes, la mairie entend transformer ce lieu en un lieu d’activité publique.

Il faut rappeler que les fleuristes membres de la coopérative « stop désert » ont étés installés à cet endroit depuis 2000, par la Mairie de N’Djamena. Ils ont un million et demi de plants. Le terrain a été vendu à un commerçant qui veut faire un parc de vente d’automobiles. L’affaire a été traduite en justice 2 fois avec 2 acquéreurs différents. Le premier procès avait été gagné par les fleuristes, mais ils en ont perdu le second au profit d’un de deux acquéreurs. C’est ce qui a entraîné, le propriétaire, à brandir une ordonnance judiciaire demandant aux fleuristes de vider les lieux. La coopérative « Stop-désert » a 250 membres.

Moyalbaye Nadjasna
Ousmane Bello Daoudou

Le bureau national de l’Union Nationale des Étudiants tchadiens (UNET) a organisé un point de presse hier 23 février au campus universitaire de Toukra. Le bureau dénonce les conditions précaires d’études, celles des étudiants dans les universités, instituts et écoles supérieures du Tchad. Par la même occasion, il demande la restauration de la bourse. Reportage.

Les étudiants des universités du Tchad disent faire face à beaucoup de difficultés liées au transport, à la restauration et à la bibliothèque. Ils soutiennent également que les universités ne disposent pas de centre de santé, de réseau Wifi et une bonne sonorisation dans les amphithéâtres. À tous ces manquements, s’ajoute l’inexistence des salles informatiques. Lassé d’envoyer des multiples correspondances aux autorités les étudiants réclament la restaurer de la bourse. Une demande qui selon eux est restée sans suite. L’UNET donne un moratoire d’une semaine au gouvernement de la transition et au Conseil Militaire de Transition (CMT) pour se prononcer sur leurs revendications.

Pour le président du bureau national de l’UNET Mahamat Saleh Ahmat Ali, la bourse des étudiants est suspendue depuis 2016 pour cause de crise financière. Ce fond qui doit normalement être reversé dans les œuvres universitaires a pris un autre chemin, a-t-il dit. «  Le CMT et son gouvernement lors de leur sortie médiatique ont fait comprendre à la nation que leur mission consiste à assurer la continuité de l’État dans toutes ses formes, mais nos revendications sont restées sans suite. Nous appelons le gouvernement de transition de prendre acte de nos revendications ». Le président de l’UNET ajoute que les autorités de transition ont eu la bonne volonté de respecter leur engagement vis-à-vis des partenaires sociaux. Alors il est hors de question que la bourse des étudiants soit jeté aux oubliettes, a-t-il souligné. La représentation nationale des étudiants rappelle que les bus mis en circulation ne sont pas effectifs dans les sections d’universités d’Abéché, de Doba, de Pala, de Sarh et de Moundou.

Il déplore aussi l’attitude, selon lui, de non-considération du Directeur général (DG) du Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU). Pour lui, le Directeur ne collabore pas avec les représentants des étudiants et s’est permis d’utiliser les biens destinés aux étudiants pour d’autres fins. M. Mahamat Saleh rappelle au DG de CNOU que les biens destinés aux institutions universitaires appartiennent uniquement aux étudiants.

Les étudiants donnent un délai d’une semaine au gouvernement pour trouver une solution à leurs problèmes. Passé ce délai, une marche pacifique sera lancée sur toute l’étendue du territoire par le bureau national de l’UNET pour se faire entendre.

Kouladoum Mireille Modestine

Après un préavis de grève sans une suite favorable, la section provinciale de N’Djamena du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) décide de sécher les cours pour 3 jours, à partir de ce mardi. Cette grève a aussi pour objet de soutenir les professeurs des matières scientifiques en grève depuis plus d’un mois pour réclamer leur reversement. Reportage.

Le SET, section provinciale de N’Djamena met en exécution sa menace de préavis de grève. Dès ce mardi tous les établissements publics de la ville de N’Djamena ont fermé leurs portes. Le SET, provincial affirme que cette grève a pour but de soutenir les enseignants des matières scientifiques en grève depuis janvier dernier pour réclamer leur reversement à la fonction publique. Ils réclament aussi plusieurs mois d’arriérés de salaire.

Pour le secrétaire général provincial adjoint pour la province de N’Djamena, Dion-Nadji Moise, le gouvernement n’a pas honoré ses engagements. Selon lui, c’est une grève de 3 jours pour avertir le gouvernement. Les enseignants de la province de N’Djamena ont inscrit dans leurs réclamations plusieurs revendications qui sont les primes de craies qui devaient être payés depuis la fin de l’année dernière, mais rien n’est fait. Le syndicaliste explique aussi qu’il y’a des enseignants dont leurs salaires ont été reversés au trésor public, parce que leur situation administrative était confuse. Mais, il ajoute qu’après vérification, on s’est rendu compte qu’ils n’ont pas de problème. Le SGA de la province de N’Djamena exige qu’on leur reverse leurs salaires.  « Du moment où la situation administrative est clarifiée, il faut payer leur argent. On n’a pas besoin de négocier », dit Dion-Nadji Moise. La section provinciale exige aussi le payement sans condition des arriérés de salaires des nouveaux intégrés à la fonction publique. Le SGA du SET, section de N’Djamena dénonce aussi le refus du gouvernement de payer les jetons de présence des membres de la CAP des ministères de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et des Métiers, de la Jeunesse et des Sports, de la Culture et de la Promotion et de la Diversité, et en fin de l’Enseignement supérieur.

Selon Blaise Ngartoïdé, secrétaire général national du SET, les autorités font la sourde oreille lors qu’on les alerte sur les situations tendues. Ils laissent pourrir. « On ne nous écoute pas. Ce mouvement fait suite à un préavis de grève lancée par la section provinciale de N’Djamena en solidarité avec les professeurs scientifiques qui sont en grève depuis le retour des congés de Noël », explique Blaise Ngartoïdé. D’après lui, dans le règlement intérieur du SET, les grèves sectorielles sont permises et la section provinciale a le droit d’aller en grève, surtout lorsqu’elle constate le nom respect des engagements. Pour le syndicaliste, c’est un problème d’équité et de justice sociale. Il estime qu’il n’est pas normal que certains reçoivent leurs primes et d’autres ne reçoivent rien. Au sujet de retard des cours des professeurs scientifiques, le SG national souligne que si leur situation est réglée, en commun accord avec les responsables des lycées, ils trouveront des solutions pour organiser les cours de rattrapage.

Toujours dans le chapitre des grèves, les enseignants de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) qui étaient en grève depuis une semaine, durcissent le ton. Au cours d’une assemblée générale (AG), organisée ce mardi à N’Djamena, ils ont exhorté leurs camarades qui ont été décrétés par le ministère de tutelle à ne pas reprendre le chemin du travail.

Les agents du Ministère de la Jeunesse et des Sports étaient en grève depuis une semaine pour protester contre les nominations fantaisistes faites par leur ministre. Ils reprochent au ministre de la Jeunesse et des Sports de nommer aux postes de responsabilités ses amis qui ne sont pas du ministère et dont on ignore les compétences en la matière.

Jules Doukoundjé

Ce lundi 21 février 2022, le secrétaire d’État tchadien à l’Éducation a situé les efforts qu’a consentis le Tchad dans le processus de la valorisation des langues maternelles (LM). L’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture(UNESCO) a institué cette journée commémorative des langues maternelles le 21 février 2000. Au-delà de l’aspect festif, c’est un véritable défi pour les pays, membres de l’UNESCO, de promouvoir les langues maternelles afin de développer l’éducation multilingue pour un apprentissage de qualité pour tous. Reportage.

Pour le secrétaire d’État tchadien à l’Éducation Saleh Bourma, le thème de la journée internationale des langues maternelles met l’accent sur le rôle potentiel de la technologie pour le développement de l’Éducation multilingue. Il soutient que non seulement la technologie va améliorer la qualité de l’éducation, mais est un levier d’ouverture au monde pour une cohésion des sociétés. Le secrétaire d’État rappelle par exemple, la mise sur pied d’un comité scientifique pour asseoir un dispositif d’enseignement à distance en Réponse éducative au Covid-19. Cela, précise-t-il, par le canal des médias et du numérique dont les cibles étaient le monde rural. Seulement, M. Saleh Bourma soutient qu’il faut des mesures d’accompagnement.

Le SE de l’Éducation affirme que le Tchad compte plus de 130 langues qui cohabitent. Il souhaite que cette diversité linguistique et culturelle serve au développement du pays. « Les langues véhiculent des systèmes de valeur, d’expression culturelle et constituent un facteur déterminant d’intégration, d’identité et d’unité. Les langues maternelles constituent le socle du succès à travers le monde. Au Tchad, les expériences ont montré les résultats concluants », dit Saleh Bourma. Il soutient que pour le bilinguisme, il est constitutionnel et sa mise en œuvre est sans incidences négatives sur les langues maternelles(LM).

A son avis, les langues officielles doivent s’appuyer sur les langues maternelles pour qu’elles soient apprises en un temps record. Il affirme qu’avec l’appui des partenaires, le Tchad a conçu et diffusé de nouveaux manuels et guides en langues maternelles dans les centres d’Alphabétisation et les centres d’Éducation. « Les effectifs des apprenants pour la dernière campagne d’alphabétisation dans les langues maternelles s’élèvent à 155 210 dont 104 816 femmes. L’encadrement était assuré par 4 132 animateurs des centres d’alphabétisation. Cela prouve la dynamique de la stratégie de faire-faire mise en œuvre par le gouvernement en matière de l’Alphabétisation et d’Éducation », dit Saleh Bourma.

Le secrétaire d’État à l’Éducation plaide pour la mobilisation de tous les acteurs en faveur de l’Alphabétisation dans nos langues maternelles. Laquelle synergie dit-il, permettra de réduire progressivement le taux d’analphabétisme qui est de 78% dont 86% sont des femmes.

Rappelons que la journée internationale des langues maternelles cette année est marquée par l’urgence de « la préservation de la diversité linguistique, la défense et la conservation de toutes les langues parlées par les peuples à travers le monde », dit l’UNESCO. Le thème cette année est « l’emploi de la nouvelle technologie pour l’apprentissage multilingue : défis et opportunités ». Selon l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), l’éducation multilingue basée sur la langue maternelle est un élément clé de l’inclusion dans l’Éducation. L’Agence des Nations Unies remarque que les langues maternelles sont menacées par la mondialisation ou par leur disparition pure et simple. Toute les 2 semaines, une langue disparaît pour toujours, a précisé l’UNESCO. Elle ajoute que, c’est plus de 43 % des 6700 langues parlées dans le monde sont menacées. Lorsque les langues disparaissent, elles emportent aussi la diversité culturelle, la richesse de l’humanité, dit l’agence onusienne qui rajoute que les langues constituent un mode de pensée et d’expression.

Moyalbaye Nadjasna

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