À Dembé dans la commune du 6e arrondissement de la ville de N’Djamena se trouve un coin de ramassage des bouts de fers. Ce sont les morceaux de pièces de véhicules, motos, groupes électrogène et tout objet en fer. Dès que ces pièces atteignent une quantité donnée, un véhicule les transporte en direction des pays voisins du Tchad pour la transformation. Nous vous amenons visiter ce coin. Reportage.
La maison du fer est située en face de la Maison nationale de la Femme. C’est dans un hangar construit en tôle de 8m/10. C’est ici que sont entassés les bouts de fers jusqu’à toucher au toit du hangar. De l’autre côté, un autre petit hangar construit avec les bouts de fer, mais celui-ci sert de bureau. L’équipe de Mahamat Abakar réceptionne les fers qui arrivent de tout bord. Avec un kilogramme, tout bout de fer qui entre dans la maison doit être pesé avant tout achat. Les fers déjà pesés et achetés sont entassés dans la maison dans des sacs. Le chef d’équipe Mahamat Abakar nous parle de la provenance de ces bouts de fers. « Ici, nous réceptionnons tout ce qui est fer. Généralement, ce sont les enfants qui nous ravitaillent avec ce qu’ils ramassent dans les quartiers. Tout compte fait, nous recevons tout fer que cela vienne d’un adulte ou d’un enfant », explique-t-il. La matière est pesée et coûte 100F ou 75FCFA le kilogramme. Les pièces de monnaie ne manquent jamais les poches du chef d’équipe qui achète de temps en temps la matière. L’argent appelle l’argent dit-il. Au fur et à mesure, les fers s’entassent dans la maison et demandent à être évacués. C’est en ce moment que les grands commerçants viennent acheter dit Abakar. « Ces matières que vous voyez partent au Nigéria et au Soudan pour revenir en matériels de construction. (Les fers de 8, 10, 12 et autres. Tout se transforme. On achète pour utiliser et quand c’est usé, ça revient chez nous pour repartir encore là où elle est fabriquée. C’est une vraie routine ».
Il déplore le fait qu’une usine pour la transformation de ces bouts de fer s’est implantée à Djarmaya, mais elle n’a pas survécu. Pour lui, sa mort prématurée est due à l’investissement des commerçants. Ils investissent beaucoup, mais ne gagne même pas la moitié alors, ils ont choisi d’envoyer les bouts de fers dans les pays voisins pour la transformation. Mahamat Abakar qui a déjà totalisé 4 ans dans le business de la ferraille conseille aux jeunes de savoir chercher l’argent. Pour lui, tout ce qui se trouve autour de nous peut rapporter de l’argent d’une manière à une autre. Il suffit juste d’ouvrir les yeux pour regarder. « C’est vrai que la vie est devenue dure ce dernier temps, mais je conseille aux jeunes de ne pas voler. Il faut qu’ils gagnent à manger à la sueur de leur front comme ils sont encore valides ».
Kouladoum Mireille Modestine
Après la manifestation des élèves du lycée Félix Eboué, et celle du lycée technique commercial (LTC), pour contester la décision de l’Office national des examens et concours supérieur (ONECS) le lundi dernier. Le proviseur de la section littéraire du lycée Félix Eboué (LFE) a décidé de suspendre les cours jusqu’à lundi prochain. Cet arrêt de cours a pour objet de sensibiliser les élèves sur la décision de l’ONECS d’augmenter les frais d’inscription des candidats libres au baccalauréat session 2022. Reportage.
Pour permettre d’instaurer l’ordre et de laisser leurs camarades du lycée technique commercial (LTC) de suivre leurs cours dans la quiétude, le proviseur de la section littéraire a décidé de suspendre les cours de son établissement jusqu’à lundi prochain. Selon lui, cette suspension va permettre de rencontrer tous les chefs de classes des terminales régulièrement inscrits et de leur expliquer, en vue de sensibiliser leurs camarades sur la décision de l’ONECS d’augmenter les frais d’inscription au bac pour les candidats libres. Pour le proviseur Chamchadine Mahamat Dahab, les cours sont suspendus par les troubles causés par les élèves du LFE et ceux de LTC par rapport à l’augmentation des frais de dépôt des candidatures libres au bac qui est monté de 15.000 F CFA à 25.000 francs. « Nous avons pensé qu’il faut nécessairement suspendre les cours pour sensibiliser les élèves parce qu’ils n’ont compris les textes de l’ONECS », explique-t-il. Selon lui, les textes de l’ONECS ne disent pas que les candidats officiels au baccalauréat session 2022, doivent pays 10.000 francs. Le proviseur littéraire précise que les candidats officiels payent 5000 francs. Il ajoute que tous les candidats officiels ont déposé avec 5000 francs. Mais, souligne-t-il il y a des rumeurs qui circulent qu’après, les candidats vont payer encore 5000, ce qui fera 10.000 francs.
Chamchadine Mahamat Dahab balaye le tout d’un revers de la main en disant que ce sont des fausses rumeurs. Il appelle tous les candidats officiels à chercher à connaître les textes de l’ONECS sur les frais de dépôt. Il annonce qu’une réunion est prévue avec les chefs de classes et leurs adjoints pour les informer et à leur tour, ils iront sensibiliser leurs camarades. À propos du prix fixé à 25.000 francs, il ajoute que même si c’est élevé, l’ONECS a ses raisons et il n’est de son droit de s’y immiscer. Il rétorque que ce qui le préoccupe, c’est la gestion de ses candidats officiels.
Abdel-Salam Idriss Mahamat, proviseur du LTC dit qu’il ignore le mobile qui les a motivés à augmenter les frais d’inscription des candidats libres. Selon lui le LTC n’est pas directement concerné par le problème, parce que son établissement n’a pas de candidatures libres. « Nos candidats sont des candidats officiels et nous avons tout fait pour maîtriser nos effectifs », affirme M. Abdel-Salam Idriss Mahamat. Il soutient aussi que son établissement enregistre les élèves réels qui ont suivi normalement leur cursus scolaire. Concernant la manifestation des élèves, il pense que les autorités vont en tirer toutes les leçons qui s’imposent.
Au sujet d’arrêt de cours au LTC, le proviseur ajoute que c’est un conseil pour évaluer le trimestre et non une grève des élèves. À son avis, c’est pour faire le point sur le programme, car certains professeurs ont fini leur programme, surtout dans les matières fondamentales. Il souligne que cette rencontre est inscrite dans l’agenda pédagogique du lycée. Au sujet des enseignants qui organisent les cours de prépa-bac dès le début de l’année, Abdel-Salam Idriss Mahamat dit que c’est du charlatanisme intellectuel. Le proviseur s’interroge en disant comment il est possible que l’élève n’a pas appris la théorie et on lui donne la pratique. Selon lui, il faudrait que l’étudiant finisse le programme d’abord avant de faire la pratique.
Jules Doukoundjé
La fête de 8 mars, édition 2022 n’a pas été célébrée de manière uniforme par les femmes tchadiennes. A N’Djamena, la capitale tchadienne et dans certaines capitales provinciales, les femmes ont défilé avec la tenue dédiée. Mais, à Sarh la capitale provinciale du Moyen-Chari, dans l’extrême sud du pays, les femmes ont célébré différemment cette journée. Elles ont marché dans une tenue noire pour porter leur deuil par rapport aux massacres de Sandana le mois dernier. Reportage.
Les femmes de la province du Moyen-Chari, située dans l’extrême du pays, ont célébré d’une façon le 8 mars, la journée internationale de la femme. Plusieurs d’entre elles ont organisé la marche dans de tenues noires pour montrer aux autorités provinciales qu’elles n’ont pas cessé de pleurer leurs, enfants et leurs époux tués dans des exactions perpétrées par les éleveurs dans le village de Sandana. Des milliers de femmes habillés toutes en noir avaient lors de marche chanté devant le commissariat de Sarh, l’hymne national la Tchadienne, avant de s’y rendre à la place de l’indépendance. En plus de vêtements noirs, les femmes de Sarh ont les mains posées sur la tête. Un fait inédit dans la célébration du mars au Tchad.
Pour Me Kemneloum Delphine, la manière de célébrer le 8 mars par les femmes de la ville de Sarh est une bonne décision. Selon elle, c’est ce que toutes les autres femmes devraient faire. L’avocate souligne que les femmes devraient cette occasion pour manifester leur colère et pleurer leurs morts. La défenseuse des droits humains estime que ça fait des droits que les femmes doivent réclamer. Malheureusement, dit-elle, les autres femmes ne l’ont pas fait. Concernant les femmes d’autres provinces qui n’ont pas célébré de la même façon que celles de Sarh, elle précise que c’est question de conscience citoyenne et la conscience citoyenne doit se manifester d’une manière volontaire. « Ce qui s’est passé à Sandana et à Abéché ne doit laisser personne indifférent. C’est un appel qui est lancé à toutes les femmes de se sentir solidaire des victimes de Sandana et de manifester leur solidarité à travers les activités comme celle que les femmes ont faite dans le Moyen-Chari », ajoute Me Kemneloum Delphine. De l’avis de l’avocate, c’est la goutte d’eau qui a débordé le vase et que l’impunité doit être combattue avec la dernière énergie. Elle exhorte les femmes tchadiennes à être solidaires et rappelle que le 8 mars devrait être une occasion de dénoncer les violences faites aux femmes. Selon elle, les femmes doivent départir de la peur et lutter réclamer leurs droits.
Au sujet de la célébration de la journée internationale de la femme et la semaine nationale de la femme tchadienne, le jeune opposant et leader du parti Les Transformateurs, Dr Masra Succès pense que la meilleure manière de célébrer la femme tchadienne, c’est reconnaître en actes et en politiques publiques sa place dans la société. Il estime que les femmes tchadiennes doivent avoir 50 pour cent de postes de responsabilités s’il parvenait au pouvoir.
En mémoire aux victimes du massacre de Sandana, les femmes de Sarh ont décidé de se vêtir en noir pour célébrer le 8 mars 2022.
Jules Doukoundjé
A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme et la semaine nationale de la femme tchadienne, le Secrétaire général (SG) de l’association pour la défense des droits des consommateurs (ADC), Daouda Elhadj Adam, exprime son inquiétude vis-à-vis des produits éclaircissants et exhorte les associations féminines à inscrire ce phénomène dans leurs programmes de lutte. Reportage.
La célébration du 8 mars est l’occasion qui doit permettre aux femmes de s’asseoir et faire le bilan de la lutte pour leur émancipation, mais aussi leur autonomisation. C’est dans ce sens que le SG de l’ADC, Daouda Elhadj Adam, qui s’est d’abord réjouit des progrès considérables que le Tchad a réalisés ces dernières années dans la promotion et l’émancipation de la femme. Le défenseur du droit des consommateurs a profité de la célébration de cette journée internationale de la femme et de la semaine nationale de la femme tchadienne pour exhorter ses compatriotes, surtout celles qui militent dans les associations féminines à inscrire dans leurs programmes, la lutte contre la dépigmentation.
Selon Daouda Elhadj Adam, le phénomène de la dépigmentation volontaire constitue une menace grave à la santé de la femme tchadienne. « L’utilisation des produits cosmétiques décapants ou produits éclaircissants sont de plus en plus utilisés par les femmes tchadiennes ces dernières années. L’utilisation de façon abusive pourrait avoir des conséquences néfastes pour la santé de la peau ». dit-il. Il souligne que cette pratique dangereuse pour la santé, entraine des complications dermatologiques et d’autres maladies graves tels que l’hypertension artérielle, le diabète, les endocrinopathies. A son avis, en dépit de l’ampleur des dégâts sanitaires causés par l’usage de ces produits, cette pratique est banalisée dans les zones urbaines et rurales. Elle est même considérée comme un acte normal par la société tchadienne. Le défenseur des droits des consommateurs affirme que certaines femmes vont jusqu’à appliquer ces produits à leurs enfants. Il a aussi évoqué son coût économique et son impact sur la santé physique et mentale constituent un véritable enjeu de santé publique.
Face à cette situation grave, l’ADC demande aux tchadiennes de méditer à l’occasion de 8 mars sur ce phénomène dangereux qui gagne toutes les couches sociales. Le SG de l’ADC exhorte les organisations féminines et les femmes leaders d’inscrire la lutte contre la dépigmentation dans leur plan d’action en vue de son éradication. M. Daouda Elhadj Adam appelle les autorités du Ministères de la santé publique et de la Communication d’initier de larges campagnes de sensibilisation sur les dangers et les conséquences de l’usage des produits décapants. Il souhaite aussi que les autorités prennent des mesures appropriées pour éradiquer ce fléau.
Il demande aussi aux partenaires techniques d’accompagner le gouvernement dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies d’éradication de la dépigmentation, un enjeu pour l’atteinte des objectifs du développement durable.
Jules Doukoundjé
Les élèves des classes de terminales, candidats au baccalauréat session 2022 des lycées technique commercial et Félix Eboué ont manifesté lundi 7 mars contre l’augmentation des frais des dossiers des candidats libres fixés à 25 000 francs CFA. Ils estiment que cette somme est exorbitante pour leurs condisciples. Mais la direction générale de l’office national des examens et concours du supérieur (ONECS), recadre les élèves en disant que les frais d’inscription pour les candidats officiels au baccalauréat n’ont fait l’objet d’aucune augmentation. Reportage.
Les élèves des classes de terminale des lycées publics de N’Djamena, candidats officiels au baccalauréat, session 2022, ne sont pas contents de la direction générale de l’office national des examens et concours du supérieur (ONECS). Et pour exprimer leur mécontentement, ceux des deux lycées voisins, lycée Félix Eboué et Lycée technique commercial ont manifesté ce lundi contre l’augmentation des frais des dossiers. Selon les élèves, l’ONECS a doublé les frais du dépôt des dossiers qui étaient de 5000 f CFA, à 10.000 francs pour la session 2022 pour les candidats officiels et de 15. 000 à 25.000 francs pour les candidats libres.
Pour Doumdouba Alain, élève en classe de terminale au lycée Félix Eboué, certains élèves ont fait leur dépôt avec 5000 francs et l’ONECS vient augmenter les frais à la dernière heure. Il pense que les autorités de l’ONECS doivent revenir à leur meilleur sentiment et annuler le décret. À son avis, si l’ONECS ne revient sur sa décision, ils vont continuer de manifester jusqu’à satisfaction. Abondant dans le même sens, Oumy Mahamat, élève en classe de terminale au lycée technique commercial, 25.000 francs, c’est trop. Selon elle, c’est une manière d’empêcher les enfants de pauvres de composer. La jeune élève souligne aussi que certains élèves n’ont pas de parents et se débrouillent eux-mêmes pour leur scolarité. Oumy Mahamat a relevé la brutalité des policiers qui entrent dans les salles de classe pour réprimer les élèves. Le samedi dernier, les élèves de terminale du lycée de Gassi ont écrit à leur proviseur scientifique pour exprimer leur opposition au nouveau décret de l’ONECS concernant les candidats libres. Ces élèves ont aussi annoncé à leur proviseur que si rien n’est fait, ils vont descendre dans les rues.
Mais le directeur général de l’ONECS, le Pr Bakari Abbo, rassure tous les candidats officiels du baccalauréat session 2022 que les frais d’inscription n’ont pas augmenté d’un iota. Selon lui les frais sont de 5000 f CFA pour les candidats officiels. Au sujet des candidats officiels, le DG explique que les listes sont transmises par le Ministère de l’Éducation nationale à l’ONECS et sur cette base qu’il travaille. Le Pr Bakari Abbo souligne qu’il y’a des proviseurs véreux qui cherchent à sacrifier le système éducatif tchadien et qui s’apprêtent à ce jeu terrible. « Cette année nous avons malheureusement pris toutes les dispositions nécessaires pour regarder à la loupe cet état de fait. Raison pour laquelle, il y’a agitation », dit-il. À son avis, ces proviseurs sont déjà ciblés et le service de sécurité est saisi pour ce qui est de droit.
À propos des candidats libres, le DG de l’ONECS précise qu’ils ne sont pas dans le système. « Nous sommes surpris que ces élèves des lycées qui sont des candidats officiels s’adonnent à de telles pratiques, au lieu de préparer leurs examens, ils perdent inutilement le temps en suivant les autres », regrette l’enseignant chercheur. Il note que les candidats libres sont généralement les travailleurs et les gens qui ont plus de 25 ans. Le Pr Bakari Abbo souligne que ce n’est pas l’ONECS qui prend des décisions. Il y’a le conseil d’administration, le Ministère de l’Enseignement supérieur, le Ministère de l’Éducation nationale et l’Assemblée nationale avec les recteurs d’académie qui prennent de bonnes décisions pour contrecarrer les pratiques néfastes tendant à nuire le système éducatif tchadien..
Jules Doukoundjé
Des sources proches de l’ancien président tchadien Goukouni Weddeye, choisi pour mener les négociations avec les politico-militaires, affirment que l’ex-président du Comité technique spécial (CTS), un comité chargé de négocier avec les politico-militaires, ne s’est pas entendu avec le Conseil Militaire de transition, et a fini par jeté l’éponge ce mercredi à N’Djamena. D’autres sources affirment plutôt que le CTS a accompli sa mission. Et qu’il est dans les normes des choses de confier la seconde étape du processus au Comité spécial chargé des négociations avec les politico-militaires (CSCNPM). À moins d’une semaine des pourparlers avec les politico-militaires à Doha au Qatar, cela fait jaser pour la suite du processus pour la tenue du dialogue national inclusif (DNI).
Le président du Comité technique spécial (CTS) relatif à la préparation de la participation des politico-militaires au dialogue national inclusif (DNI) dirigé par l’ancien Président Goukouni Weddeye vient de céder la place au Comité spécial chargé des négociations avec les politico-militaires (CSCNPM). C’est à la suite d’un décret rendu public ce mercredi 9 mars que le public a appris la nouvelle. La précipitation de ce décret interroge sur cet acte à 3 jours de l’ouverture du pré-dialogue de Doha. Démission ou limogeage? Rien n’est tiré au clair.
À moins d’une semaine de la rencontre entre le gouvernement de la transition et les politico-militaires, prévue pour le 13 mars prochain à Doha au Qatar, cette démission ou ce limogeage mettrait certainement en cause la date de la tenue de la première ronde du pré-dialogue qui devrait commencer ce dimanche. L’ancien président Goukouni Weddeye est un homme qui fait l’unanimité de tout le monde pour mener les pourparlers avec les politico-militaires. Sa démission ou son limogeage pour le moment sans explications pourrait constituer une difficulté pour le reste des démarches compte tenu de sa fine connaissance du monde des politico-militaires. Créé par décret présidentiel le 26 avril dernier, le comité spécial est chargé de conduire les pourparlers avec les représentants des groupes de politico-militaires jusqu’à aboutissement d’un accord final.
Pour le Professeur Ahmat Mahamat Hassan, ancien doyen de la faculté de droit de l’université Adam Barka d’Abéché et ancien ministre de la Justice, garde de sceau chargé des droits humains sous Idriss Deby Itno, l’ex-président aurait démissionné. Et la question du dialogue national inclusif et celle du pré-dialogue avec les politico-militaires sont des processus conçus pour légitimer le gouvernement du Conseil militaire de la transition (CMT) par rapport à la méthode de la prise du pouvoir. Selon lui, c’est un exercice de légitimation du pouvoir pour justifier la prise du pouvoir par les militaires. A son avis, le Président Goukouni Weddeye, nommé président du comité technique spécial a compris qu’il n’y a rien de sérieux, il ne s’agit pas de faire une véritable paix, et une réconciliation de cœur et des esprits. L’ancien ministre de la Justice estime que le président Goukouni Weddeye s’est rendu compte par rapport au tâtonnement dans les négociations et il a tiré les conclusions qu’il n’y a rien de sérieux et il a démissionné. Pour le juriste, cette démission annonce les mauvaises choses pour le pays compte tenu de la stature du président Goukouni avec une expérience que tout le monde lui concède. « Il pensait que ce comité technique spécial allait apporter une paix définitive. Mais comme il a compris qu’il n’y a rien de sérieux, il a démissionné », dit-il. Il ajoute que le CMT voulait juste utiliser son statut et sa réputation d’ancien politico-militaire et ancien président de la République pour légitimer un pouvoir pris par la force. L’enseignant chercheur affirme que c’est une mise à nue du pouvoir politico-militaire qui est en place. Et c’est dommage pour le Tchad. Ahmat Mahamat Hassan craint que cette démission risque d’avoir des conséquences indéniables dans la suite du processus prévu le 13 mars prochain à Doha au Qatar.
Le CTS est mort. Il est désormais remplacé par le nouveau Comité spécial chargé des négociations avec les politico-militaires. Le ministre des Affaires étrangères Cherif Mahamat Zène prend la tête de ce comité. Les travaux ouvriront dimanche 13 mars, plusieurs membres des politico-militaires ont reçu leur visa de départ. Ils n’attendent plus que leurs billets d’avion.
Jules Doukoundjé
À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Femme JIF ce 08 mars, la représentante du système des Nations Unies au Tchad et la ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de la petite enfance ont prononcé des discours. Elles ont axé leurs allocations sur les instruments juridiques internationaux relatifs à la protection de la femme et sur le changement climatique ratifié par le Tchad. Reportage.
La femme est célébrée en ce 08 mars dans le monde. Au Tchad, une semaine est accordée à cette fête. Prenant la parole lors de cette commémoration, la représentante du système des Nations Unies au Tchad madame Violette Kakyanye, réaffirme la position de son organisation face aux inégalités dont font face les femmes. Pour elle, les femmes du monde entier revendiquent les mérites d’un avenir égalitaire libre des stéréotypes, des préjugés et de violences. Madame Violette exprime sa gratitude à l’endroit du gouvernement tchadien de transition qui a permis aux femmes d’organiser un symposium national. « Ce symposium a permis aux femmes de réfléchir et de se préparer afin d’apporter leur contribution au dialogue national. Tout cela pour défendre la cause de la femme tchadienne, l’amélioration de son statut ainsi que sa condition sociale, économique et politique », a-t-elle indiquée.
Pour sa part, la ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de la petite enfance Amina Priscille Longoh, loue les mérites des femmes. Selon elle, les femmes sont des mères, des lumières et sagesses, elles soulagent les peines, elles portent la vie et l’amour maternel. Elle rappelle également le contexte de la fête du 08 mars qui selon elle met en avant la lutte pour les femmes notamment la réduction des inégalités. Madame Amina place le thème mondial « l’égalité aujourd’hui et un avenir durable dans le contexte du changement climatique » dans le contexte du Tchad. À son avis, ce thème tombe bien quand on sait que la crise climatique et la réduction des catastrophes restent un défi du 21e siècle. « Les femmes sont les plus vulnérables au changement climatique que les hommes, car elles constituent la majorité des populations les plus pauvres et les plus dépendantes des ressources naturelles que la crise climatique menace le plus », précise-t-elle. Les femmes sont les agents du changement poursuit-elle, et des leaders puissantes dans l’adaptation climatique et les initiatives durables.
La ministre de la femme, de la Famille et de la Protection de la petite enfance incite les décideurs en ces termes : « j’exhorte enfin les décideurs à continuer à examiner les opportunités ainsi que les contraintes pour donner aux femmes et aux filles, les moyens de faire entendre leurs voix et d’être des actrices dans la prise de décision liée aux changements climatiques et à la durabilité essentielle pour le développement ». Elle rappelle les instruments juridiques internationaux ratifiés par le Tchad. Il s’agit notamment de la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique. Pour elle, le Tchad s’est engagé désormais dans le cadre de la nouvelle dynamique de coopération internationale sur les changements climatiques en impliquant les femmes.
Kouladoum Mireille Modestine
La cantine scolaire n’a pas disparue. Seulement, elle reste limitée dans les huit (08) provinces du pays. Elle concerne actuellement que les établissements scolaires des zones rurales. Autrefois, les lycées et collèges disposaient aussi des cantines scolaires. Le lycée Technique Commercial (LTC) de N’Djamena étant dans un système continu demande pour que l’alimentation scolaire soit réhabilitée. Son proviseur estime que s’il existe une cantine scolaire dans son établissement, les élèves limités par de moyens vont être soulagés et pourront mieux suivre les travaux pratiques. Reportage.
Le proviseur du Lycée Technique Commercial (LTC) de N’Djamena capitale du Tchad, Abdel-salam Idriss Mahamat affirme que jusqu’aux années 90 son établissement avait une cantine scolaire. Selon lui, même actuellement une femme qui servait dans le passé à la cantine et transport, s’occupe de l’entretien. Il dit ignorer exactement les raisons de la disparition de l’alimentation scolaire. Le proviseur révèle que son établissement gère un programme dense et entend renouer avec la cantine scolaire. « Nous sommes dans un système continu avec les travaux dirigés et pratiques. Les étudiants finissent vers 17h. Vous voyez que certains enfants ne disposent pas de moyen pour s’acheter quelque chose à manger et supporter tout ce temps. On dit, « ventre affamé n’a point d’oreilles ». Alors rétablir la cantine scolaire fait partie de nos priorités pour aider nos élèves », soutient M. Abdel-salam Idriss Mahamat. A son avis, le staff s’est entretenu avec les parents d’élèves sur cette question. Seulement, déplore-t-il, les parents d’élèves sont toujours hésitants. Insistant sur l’importance de l’alimentation scolaire, le proviseur dit qu’ils vont entreprendre d’autres démarches auprès des partenaires pour au moins une solution. « Je suis persuadé que si on arrive à avoir une cantine fonctionnelle, ça va soulager certains étudiants pauvres », lance-t-il.
Selon M. Taha Hamid Mahamad, Directeur de l’Alimentation, de la Nutrition et de la Santé scolaire (DANSS), la cantine scolaire au Tchad est actuellement focalisée dans huit (08) provinces. Il cite, le Bahr-Gazal, le Lac, le Kanem, le Ouaddaï, le Wadifira, le Guéra, une partie du Salamat et de Sila. Le DANSS précise depuis quelques années, l’alimentation scolaire au Tchad est financée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM). « Selon l’esprit de la politique nationale de la DANSS, il est bien précis qu’il faut basée l’alimentation scolaire sur la production locale. Pour cela, dans toutes les provinces du pays, les gens doivent normalement se mobiliser à travers leurs groupements pour créer les cantines scolaires endogènes », relate-t-il. M. Taha Hamid insiste sur le rôle primordial de l’alimentation scolaire pour la réussite et le maintien de la santé des élèves dans les établissements scolaires. De l’avis du directeur, si l’on prend le cas des écoles assistées et celles qui ne sont pas assistées, l’écart saute à l’œil.
La mission de la DANSS consiste à mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de l’alimentation, la nutrition et la santé scolaire. « Nous ne restons pas seulement là mais nous travaillons aussi pour le maintien d’un environnement sain et d’hygiène scolaire. Par exemple, disposer des latrines propres, avoir une association des Parents d’Élèves (APE) dynamique. Bref tout ce qui peut améliorer les conditions d’apprentissage de nos enfants », signifie-t-il. Selon lui, le document qui fonde leur travail est la Stratégie Nationale de l’Alimentation scolaire(SNAS) validée en mai 1999. Ce document de base de notre travail est réalisé avec l’appui de l’Unicef. L’idéal poursuit-il, c’est d’amener les communautés à s’approprier l’alimentation scolaire endogène. Le ministère de tutelle rajoute-t-il, ne pourrait venir qu’en tant que régulateur et non gestionnaire. « La réhabilitation de cantine scolaire dans nos établissements est un souhait général seulement l’État ne contribue pas à l’achat de l’alimentation scolaire », lance le directeur.
M. Taha Hamid explique qu’il y a un projet additionnel multisectoriel appelé AGAP (PAM, UNICEF), installé à Goré dans le Logone oriental et à Bagasola dans le lac Tchad. Ce projet d’après lui, cible les filles adolescentes pour les maintenir à l’école. La particularité de ce système de cantine ce sont les kits scolaires et des machines à coudre qui vont accompagner ce projet. Pour le directeur de l’Alimentation scolaire, les difficultés ne manquent pas mais il faut faire leur plaidoyer auprès de l’État pour les inscrire le budget. « L’alimentation scolaire permet d’éviter que les étudiants aillent dans tous le sens pour chercher à manger aux heures de pause, surtout en milieu rural », conclut-il.
Moyalbaye Nadjasna