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Au cours d’une audience publique ce matin 3 mars 2022, le tribunal de grande instance de N’Djamena, statuant en matière correctionnelle de simple police déclare l’activiste Ahmat Haroun Lary, non coupable pour infraction non constituée. Il condamne la partie civile aux dépens. En janvier 2022, le maire de la ville de N’Djamena Ali Haroun, a déposé une plainte contre sieur Lary pour diffamation, injures et outrage. Reportage.

L’activiste tchadien monsieur Ahmat Haroun Lary poursuivi pour diffamation, injures et outrages contre le maire de la ville de N’Djamena M. Ali Haroun est désormais libre. Il vient d’être déclaré non coupable pour infraction non constituée. Une décision judiciaire rendue suite à une audience publique ce 3 mars par les juges de 1ere première instance, statuant en matière correctionnelle de simple police. Ce matin vers 9h30, plusieurs dossiers ont été parcourus par les juges. L’affaire Ali Haroun contre Lary a été abordée à partir de 13h et close vers 14h et demie. Des parents, amis et sympathisants ont rempli la salle d’audience.

Du côté du prévenu comme du plaignant, les avocats ont plaidé en collectif. Ils ont fait la démonstration de leur talent en matière de la défense. De temps en temps, le président du Tribunal maintenait le calme dans la salle d’audience. Un procès accrochant, les avocats se reliaient au fur et à mesure pour défendre leurs clients. Le collectif des avocats du maire de la ville de N’Djamena, citant les articles 143, 340 et suivants du Code pénal, note deux éléments matériels de l’infraction reprochée au sieur Lary. Ils évoquent les vidéos incriminées pour lesquelles ils ont fait une analyse séquentielle d’une part, et d’autre part, le procès-verbal prélevé. Selon eux, sieur Lary accuse le maire d’être à l’origine de l’arrestation du maire déchu Foullah, d’un détournement d’un fonds, etc. ils énoncent que c’est à force de répétition des vidéos que M. Ali Haroun a déposé une plainte. Ils disent qu’ils réclamaient le rétablissement de l’honneur de leur client, en tant que père de famille, commis de l’État. Les défenseurs du maire ont demandé aussi une condamnation pécuniaire modeste d’une somme à hauteur de seulement 1FCFA.

A leur suite, la parole a été remise à Mme le procureur. Dans sa réquisition, elle a signifié que tout ce qui a noté est au conditionnel. La parquetière a souligné que le conditionnel n’est pas une affirmation, mais une supposition. A son avis sieur Lary n’a pas diffamé, le travail d’un activiste c’est de soulever les débats autour d’un intérêt public. Le maire étant une autorité publique et a de compte à rendre aux publics, car l’argent de la mairie est généré par les contribuables. Selon elle, l’activiste n’a pas diffamé. « Nous sommes dans un pays démocratique et la dénonciation est une arme de la démocratie », a soutenu Mme le procureur.

Pour Me Djatto Aimé, un des avocats de sieur Lary, les juges ont dit le droit et ont relaxé leur client pour infraction non constituée. C’est la chose la plus normale à son avis. « Je pense qu’on ne doit pas utiliser la justice pour rendre compte. La justice est là pour réglementer la vie en société dans le bon sens. Il n’y a pas de super citoyen, ils sont tous égaux devant la loi. Ce que les juges viennent de faire c’est un message fort envoyer à l’intention de ceux qui se croient être au-dessus de la loi », a confié l’avocat.

Pour Me Djatto, nous sommes en démocratie et rien ne va empêcher à sieur Lary de dénoncer, car il a une carte rose. Selon lui, il faut critiquer pour qu’il y ait la bonne gouvernance et une gestion saine des choses publiques. C’est une mission de tous, mais si très peu le font, il faut les encourager. Il estime que leur client n’a pas des excuses à demander, ce sont de chantages il ne se reconnaît pas fautif. Il souligne que la parquetière était à la hauteur de son travail, c’était loyal.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministre de l’environnement, de la Pêche et du Développement durable, Mahamat Ahmat Lazina a promis au cours d’une rencontre avec les femmes vendeuses de charbons dans les marchés de N’Djamena, une somme de 100.000 F CFA à chacune si elles abandonnent le commerce de ce produit. Il leur donne une semaine pour liquider le reste de leurs marchandises, après ce délai elles seront passibles de poursuite judiciaire. Cette proposition du ministre est diversement appréciée par les vendeuses. Reportage.

Une semaine après une décente musclée sur le terrain et soldée par une importante saisie des sacs de charbon de bois dans les marchés de la capitale tchadienne, N’Djamena, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Mahamat Ahmat Lazina propose une somme de 100. 000 F CFA à chacune des 64 femmes vendeuses de charbon de bois pour pouvoir changer d’activités commerciales. Il a fait cette proposition au cours d’une rencontre avec les femmes vendeuses de charbons de bois dans les marchés de N’Djamena. M. Mahamat Ahmat Lazina donne une semaine à celles-ci pour liquider le reste de leur charbon. Après ce délai, la garde forestière fera le tour des marchés et celles qui continuent cette activité, seront poursuivies. Au sujet des sacs de charbon saisis la semaine dernière, le ministre annonce qu’il va mettre à la disposition de la maison d’arrêt de Kléssoum et dans quelques hôpitaux de la capitale.

Mais cette proposition du ministre de l’Environnement divise les femmes vendeuses de charbon de bois. Celles du marché Goudji, un quartier situé dans le 8e arrondissement, au nord de la capitale, se sont résignées en acceptant la proposition du ministre Lazina. 

Une vendeuse rencontrée dans ce marché qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat, explique que les 100. 000 f CFC proposés par les autorités, ne se suffisent pas pour commencer une activité génératrice de revenus. Selon elle, les femmes vendeuses de charbon du marché de Goudji sont contraintes d’accepter la proposition de l’État, parce qu’elles ne veulent pas simplement désobéir à l’autorité. Elles affirment avoir conscience de la difficile décision qu’elles ont prise, mais s’en remettent à Allah le Tout Puissant.

Dans la plupart des marchés des quartiers sud de la capitale tchadienne, leurs consœurs, aussi vendeuses de charbons de bois, rejettent de manière unanime la proposition du ministre. Du marché Dombolo en passant par les marchés de Dembé et Taradona du quartier Chagoua les femmes vendeuses de charbon sont unanimes, il faut résister à la décision ministérielle.

Pour Dorkemdéné Marie-Jeanne, veuve et vendeuse de charbon de bois au marché Dombolo, c’est grâce à ce commerce qu’elle élève seule ses 5 enfants depuis plus de 3 ans. Elle souligne qu’elle est l’épouse d’un militaire qui a perdu sa vie au front en défendant la patrie. Et aujourd’hui c’est en monnaie de singe que les autorités la remercient. La jeune veuve dit qu’elle a une dette de plus 100.000 francs à rembourser à son fournisseur de charbon résidant à Kousseri au Cameroun. Mme Marie-Jeanne estime que les 100.000 F CFA proposés par le ministre de l’Environnement sont insuffisants et ne peuvent pas éponger ses dettes. Elle suggère au ministre Lazina de recenser d’abord les besoins réels des femmes vendeuses de charbon, tout en prenant compte leurs énormes dettes avant de faire une proposition. Mme Larbiih, vendeuse de charbon aussi, accepte la proposition du ministre, mais affirme aussi que la somme proposée par le ministre est dérisoire. Selon elle, il faut que le ministre paye leurs colossales dettes avant de faire de propositions. Elle estime que les femmes de Goudji qui ont accepté la proposition ne vivent peut-être pas les mêmes réalités que les autres vendeuses de charbon. Certaines vendeuses affirment qu’elles ne vont pas arrêter ce commerce. Car disent-elles, le Tchad est un État de droit et que chacun est libre de choisir le genre de commerce pour exercer. Elles exhortent au ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Mahamat Ahmat à déployer ses agents dans les forêts pour contrôler ceux qui abattent les arbres. Elles soulignent enfin qu’elles vont à Kousseri au Cameroun pour se procurer du charbon de bois et non de la coupe abusive des bois provenant du Tchad.

La décision du ministre d’allouer 100.000 francs aux 64 vendeuses de charbon de bois dans les marchés de N’Djamena a suscité beaucoup de suspicions et des interrogations. De nombreux analystes et défenseurs des droits humains s’interrogent sur la provenance de l’argent que le ministre doit payer ces vendeuses. Ils estiment que dans le budget du Ministère, aucune ligne budgétaire n’a mentionné une somme pareille pour les femmes vendeuses de charbon de bois.

Jules Doukoundjé

La foire SENAFET appelée village de la femme s’est ouvert à la maison nationale de la femme juste après la cérémonie de lancement des activités. Dans ce village, les stands sont ouverts pour l’exposition des produits des femmes. Quelques entreprises de la place, des associations et des groupements de femmes exposent leur produit fabriqué localement et ceux importés. Reportage.

C’est un véritable marché ou l’on trouve un peu de tout. Des produits cosmétiques, des vêtements, des chaussures, des bijoux, des perles et des objets ornementaux. De plus, on découvre également des ustensiles de cuisine, et des produits alimentaires. Des nombreux produits sont fabriqués au Tchad et d’autres sont importés. Ils sont exposés et vendus dans ce village. Le village de la femme est un peu terne. Les femmes ne sont pas motivées comparativement aux années passées. Beaucoup de stands sont inoccupés.

En faisant le tour, nous sommes tombés sur le groupement des femmes potières de Gaoui. Ce groupement est représenté à la foire par la coordinatrice Zénaba Mahamat Hassane avec ses produits. Dans le stand  du groupement, on trouve les objets d’ornements, les ustensiles de cuisine, des jarres et autres. Tous ces objets d’art sont fabriqués de manière artisanale à base d’argile. Pour la coordinatrice, en 13 ans d’existence le groupement doit grandir sur tous les plans si les autorités sont réellement intéressées par le problème d’autonomisation de la femme. « En temps normal, les autorités doivent nous donner des crédits pour mener d’autres activités en plus de la poterie. Et mettre sur pieds un comité de suivi de nos activités génératrices de revenus qui fera un bilan trimestriel. C’est dans ce cadre qu’on va parler de l’autonomie de la femme sinon les discours ont en a assez écouté», a-t-elle indiquée. À son avis, si le groupement des femmes existe, c’est pour contribuer au développement social. Mais c’est difficile pour les autorités de comptabiliser les efforts qu’on fournit tous les jours afin de nous donner un appui conséquent.

En plus de l’aspect autonomisation, Mme Zenaba évoque aussi l’impérieux problème sur la scolarisation des filles de sa localité. Victime de mariage précoce et forcé, la coordinatrice du groupement des femmes potières de Gaoui en garde un mauvais souvenir. Elle préfère que le débat sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école soit au cœur des conférences-débats en cette semaine. « Beaucoup de filles sont envoyées en mariage très tôt et cela retarde le développement de la fille et celui de sa société également. Il faut les autorités fassent quelque chose pour empêcher cette pratique sinon réduire un peu le taux du mariage des filles de Gaoui. Cela me fait mal », dit madame Zenaba.

Au côté des femmes potières de Gaoui se trouve un jeune sculpteur qui fait des merveilles. C’est pour la première fois qu’il fait une exposition de ses œuvres sculpturales à la foire. Il a fait la sculpture des objets ornementaux destinés pour le salon. À base du ciment, moule, sable, peinture, et vernis, il fabrique cet objet d’art appelé fefadine en arabe. Pour le sculpteur Moussa Goudja, après la fabrication, il introduit un compresseur électrique et de l’eau pour fonctionner. « Avec un tuyau placé du haut vers le bas, le compresseur électrique envoie l’eau dans les tuyaux à différent niveau. Tout tourne autour du compresseur électrique et il ne peut pas fonctionner sans électricité », explique-t-il. Il précise que les objets sont fabriqués en fonction des commandes lancées. En plus de la sculpture, le jeune Moussa Goudja fait aussi dans la décoration et le dessin.

Kouladoum Mireille Modestine

Plusieurs marchés à N’Djamena, la capitale tchadienne, ont subi des incendies à répétions. Pour comprendre quelle est la responsabilité de la Mairie par rapport à ce phénomène récurrent, Ialtchad a rencontré ce 2 mars, M. Ali Haroun maire de la ville de N’Djamena. Selon lui, les incendies dans les marchés sont dus aux mauvaises installations électriques et à l’utilisation des gaz butane. Reportage.

Le maire de la ville de N’Djamena Ali Haroun affirme que les raisons d’une série d’incendies qui frappe les marchés sont d’ordre électrique et d’usage malpropre des gaz butane. Selon lui, les commerçants ne sollicitent pas des bricoleurs pour installer l’électricité dans leurs boutiques. Il déplore l’anarchie dans la commercialisation de gaz butane qui sont déposés partout sans aucune mesure de précaution, « il suffit d’un déclic pour bruler tout le marché », dit-il. Il ne s’est pas arrêté seulement aux marchés, mais il a aussi parlé des gaz butane qui sont vendus dans les boutiques des différents quartiers. Ils sont un risque permanent pour le voisinage.

Ali Haroun souligne que la ville de N’Djamena dispose d’un service de protection civile bien équipé qui répond à toutes les exigences. Ce service dédié aux incendies, il compte 5 gros fourgons et 13 autres de moyenne capacité.  Ces engins de secours sont positionnés à travers la ville et disponibles à tout moment, dit-il. « En dehors des engins propres à la Mairie, la Force Barkhane nous appuie, l’Armée nationale du Tchad et la police nationale également nous soutiennent en cas d’incendie. Le service de secours de l’ASECNA aussi lorsqu’on est dépassé, il nous épaule », dit le maire. Ali Haroun se dit toucher suite à l’incendie qui a ravagé le marché Faya la semaine dernière. Les pertes étaient énormes et évaluées à des millions de FCFA. Bien que compatissant, le Maire Ali Haroun déplore qu’une importante somme d’argent soit brûlée. A son avis, les intéressés auraient dû les placer à la Banque pour plus de sécurité. Il appelle les commerçants à la prudence dans la thésaurisation de l’argent .

Sur la question des usagers de routes qui ne cèdent pas le passage aux sapeurs-pompiers, afin d’arriver rapidement sur les lieux d’incendie, Ali Haroun trouve cela lamentable. Il demande aux usagers des voies publiques de faire preuve de citoyenneté et de faciliter le travail des services de secours de l’incendie. À son avis, la réussite d’une telle mission requiert la contribution de tous. Il plaide auprès des médias pour plus de sensibilisation au profit de nos populations pour une prise de conscience collective. Le Maire de la ville affirme que désormais, les unités de contrôles de la police municipale appuyée de la police nationale seront mises à l’alerte pour veiller sur la sécurité des grands marchés à N’Djamena.

Moyalbaye Nadjasna
Ousmane Bello Daoudou

Pour permettre à la femme tchadienne de s’épanouir et d’obtenir son autonomisation, l’État et ses partenaires, mais aussi les associations de la société civile et les associations féminines ont pendant des années lutté et sensibilisé les femmes dans les milieux ruraux et urbains.  Cette lutte a porté des résultats, mais beaucoup reste encore à faire. Reportage.

Au Tchad, les pesanteurs socioculturelles font que les femmes jouent un rôle de second plan dans nos sociétés. Que ce soit en le milieu urbain ou rural, les femmes tchadiennes sont confrontées à d’énormes difficultés qui les empêchent parfois de s’épanouir.

Pour améliorer la condition de vie de celles-ci, l’État avec ses partenaires a mis en place des politiques sectorielles pour l’autonomisation des femmes. À part le gouvernement et ses partenaires, il existe plusieurs autres associations féminines qui font un travail de titan pour aider leurs sœurs à connaître et à réclamer leurs droits. C’est dans ce sens que l’association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad (APLFT) mène pendant plus de 2 décennies une lutte dans le pays pour permettre aux femmes tchadiennes de connaître leurs droits afin de les réclamer.

Pour la chargée des affaires juridiques à l’APLFT, Djékounda Nembaye, la clinique juridique aide les femmes à connaître leurs droits et à obtenir justice. Elle souligne que beaucoup de femmes viennent se plaindre à la clinique juridique de l’association et surtout sur des cas liés à la prise en charge et à la réclamation des biens successoraux. Selon elle, l’APLFT aide beaucoup les femmes en détresse à entrer dans leurs droits.

Mme Djékounda Nembaye explique que l’association fait des sensibilisations et organise des causeries éducatives avec les associations des femmes pour les sensibiliser sur leurs droits et leurs devoirs. « Lors des sensibilisations, nous choisissons les thèmes par rapport aux groupes que nous venons sensibiliser », dit-elle. Au sujet de la participation de la femme à la gestion de la chose publique, la juriste de l’APLFT, précise que c’est une activité quotidienne de l’association. À son avis, même en dehors de la semaine nationale de la femme tchadienne, l’APLFT sensibilise, au moment convenu, sur cette cause. À propos des droits de ses consœurs tchadiennes, la jeune dame ajoute que la sensibilisation est faite dans les langues maternelles pour que celles-ci comprennent mieux afin qu’elles s’en approprient. L’APLFT est dans 17 provinces du pays et fait un travail remarquable dans les zones rurales, mais dit-elle, le poids de la tradition pèse beaucoup et elle pense qu’il va falloir que les autorités locales et traditionnelles puissent accepter que ces femmes s’affirment. « Tant que les femmes rurales sont sous le poids des us et coutumes, il sera difficile pour elles d’affirmer leurs droits en zones rurales. » La chargée de la clinique juridique de l’APLFT révèle qu’en milieu urbain, la situation s’est nettement améliorée, mais c’est dans le monde rural que le véritable défi se pose.

Abondant dans le même sens, assistante, chargée de la lutte contre la violence basée sur le Genre, Mme Narompi Yvette, affirme que la semaine de la femme tchadienne devrait être une semaine de réflexion sur la condition de la femme et non-être limitée aux festivités. « Ça devrait être le moment pour les femmes de réfléchir sur leur devenir et non une semaine pour acheter des pagnes et s’afficher », dit-elle. Selon elle, depuis toujours au Tchad, la femme a été vue comme un être qui n’a pas la capacité à occuper les postes que les hommes ont occupés. Elle estime que les femmes ont des atouts et des compétences requises pour pouvoir exercer les mêmes activités que les hommes. Mais, dit-elle, malheureusement les femmes pensent que le 8 mars est seulement une semaine dédiée à la tenue et à la fête. La chargée de lutte contre la VBG constate aussi que la femme entre temps ne se positionnait pas dans la prise des décisions, mais de nos jours, la situation a nettement évolué, à cause de la sensibilisation et dans le renforcement des échanges.

Pour Nadine Mapaté, du bureau VBG, beaucoup de femmes dans certaines contrées du pays trouvent que c’est normal qu’elles soient violentées par leurs maris. Elle explique que certaines femmes en milieu rural pensent que le fait d’être tapée par son mari est un signe d’expression d’amour. La jeune dame soutient aussi qu’au nom de la tradition, certaines femmes sont contraintes de souffrir en silence, au risque d’être la risée de tout le village. Pour mettre fin à ces pratiques néfastes pour l’épanouissement de la femme, Nadine Mapaté suggère que les femmes se surmontent pour franchir ces lignes rouges invisibles qui les empêchent de se libérer. Selon elle, il faut que les femmes acceptent de se sacrifier pour mettre fin à ces pratiques.

Jules Doukoundjé

Les activités marquant la 32e édition de la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne sont lancées ce 1er mars sur toute l’étendue du territoire. Et c’est la ville de Pala chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest qui accueille les activités nationales. Ici à N’Djamena, c’est la maison nationale de la Femme qui a servi de cadre à la cérémonie d’ouverture. Reportage

La salle de la maison nationale de la femme est pleine à craquer ce 1er mars. Toutes les couches sociales des femmes de toutes les communes de la ville de N’Djamena sont représentées à cette cérémonie inaugurale. Et c’est parti pour une semaine d’activités par les femmes, pour les femmes. M. Senoussi Mahamat Ali, vice-président du comité technique du dialogue national fait une présentation sur la conférence inaugurale axée sur le thème de SENAFET qui est « femme tchadienne au cœur de la transition, enjeux et perspectives ». Pour lui, la femme qui représente l’espèce humaine par excellence est marginalisée depuis le commencement des choses. Il souligne que les livres saints déterminent diversement le rôle de la femme dans la société. « Pour la bible, la femme est créée pour être une aide à l’homme. Le mot aide semble reléguer la femme au second rang. Mais la bible nous renseigne plus tard que Dieu est l’aide de ceux qui sont menacés à mort. Le coran dit que celui qui traite sa femme de la meilleure façon fait partie des meilleurs musulmans », a-t-il précisé.

Il revient pour aborder l’implication des femmes dans le processus de paix. À son avis, plusieurs expériences empiriques ont confirmé qu’à chaque fois que la femme est impliquée dans un processus de paix, la paix a plus de chance de durer. Mais, elles sont beaucoup plus sous-représentées dans les instances de négociation que dans le reste de processus. Pour M. Senoussi, le rôle informel que joue la femme est souvent crucial, mais peu visible dans les instances formelles de négociation en matière de la paix. Parlant de la violence basée sur le genre, le vice-président du CTD a fait remarquer que la femme a toujours été victime de violence sexuelle, de conflits armés et de déplacements forcés. « Très souvent, les femmes victimes ont moins de chance que les hommes de reprendre une vie normale après une violation de leurs droits. Aussi, il est difficile pour elles de dénoncer les violences afin obtenir justice dans une période post conflit », affirme-t-il.

La Maire 1er adjoint de la ville de N’Djamena madame Batchiret Fatimé Zara elle, salue les efforts du gouvernement de transition pour la confiance placée aux femmes. Allusion faite à la récente nomination de la Mme Pakouaré Evodia comme contrôleur général de police et Directrice générale Adjointe de la police nationale. Pour elle, c’est la première fois dans l’histoire du Tchad de voir une femme à ce poste. Revenant à l’idée de la SENAFET, elle rappelle que cette semaine initiée par les autorités est une période de réflexion sur les difficultés que rencontrent les femmes dans le but de dégager des solutions. « Durant ces jours, nous nous attellerons à travers des activités comme des séances de réunion, de sensibilisation pour la paix, la cohabitation pacifique et le dialogue national inclusif. Les femmes restent disponibles à apporter leur contribution à la réussite de la transition », a-t-elle indiqué. Madame Fatimé finit son discours en demandant un quota de 50% après la transition aux femmes.

La Secrétaire générale du ministère de la femme, de la Famille et de la protection de la petite enfance Mme Allahissem Dangar Martine représentant sa ministre de tutelle, souligne pour sa part que la SENAFET est un moment fort dans la vie des femmes tchadiennes. Elle place l’édition de cette année dans son contexte avant d’appeler les femmes à jouer le rôle qui est le leur. « Dans ce nouveau contexte de transition, les femmes ont des rôles particuliers à jouer pour contribuer au développement durable qui exige une participation inclusive de tous. Ce moment nous permet d’évaluer nos réalisations, celle du gouvernement dans la promotion et la protection des droits des femmes et des filles », argue-t-elle. Après la cérémonie de lancement, les officielles ont visité la foire.

Kouladoum Mireille Modestine

Le ministère tchadien des Finances et du Budget, pour apurer les arriérés des coupons des retraités, envisage en collaboration avec la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) pour faire le recensement biométrique. Cette nouvelle n’a pas été bien accueillie par un groupuscule des retraités. Reportage.

Par rapport au pacte social signé entre le gouvernement et ses partenaires sociaux le 4 octobre 2021, il a été décidé de procéder à partir de janvier 2022, au paiement mensuel des pensions de retraite et prendre les dispositions nécessaires pour les verser au même moment que les salaires à la CNRT. Payer à la CNRT 13 milliards sur les 26 milliards d'arriérés de pensions à partir d'octobre 2021. La moitié restante sera apurée en 2022 conformément aux instructions du Chef de l'État et en fin, apurer à partir d'avril 2022, les arriérés des droits sociaux (primes de départ et indemnités pour services rendus), dus aux fonctionnaires et contractuels de L’État admis à la retraite ou dégagés.

Selon nos sources un groupuscule des retraites organisé en un comité de crise a donné un ultimatum de trois jours. Passé ce délai révèle la source, ils promettent organiser un set in devant la CNRT. Toujours selon la même source, le recensement est une émanation du ministère de Finances et du Budget. En tout, il faut 26 milliards pour apurer les arriérés de coupons des retraités. 

Mais déjà, un décaissement de 13 milliards est en vue par l’État pour un début d’apurement des arriérés, explique la source. Seulement le ministère a décidé de faire ce recensement afin de mieux maîtriser la Gab. Cela va permettre de mieux organiser le paiement.  C’est une opération indispensable pour assainir les fichiers des retraités et les ayants droit. Aussi, cela permettra de connaître l'effectif exact des retraités qui doivent normalement bénéficier de leurs arriérés de coupons est l’objectif principal du recensement biométrique, précise cette source.  Autre avantage d’après la même source, le ministère a décidé de mettre tous les retraités sur l'indice 115. Ce qui constitue un avantage à tous les pensionnés qui n’ont pas les mêmes indices depuis toujours.

Pour le SG de l’Union des travailleurs du Tchad (UST), il n’y a rien de compliqué dans ce que le ministère des Finances voudrait faire. À son avis, parmi les retraités, il y a des gens qui détiennent illégalement des carnets. Une telle opération va déceler les intrus et les carnets irréguliers, un avantage pour les retraités. C’est difficile, comme ce sont des personnes de 3e âge, d’autres n’arrivent pas à les comprendre. Selon lui, c’est un groupe de retraités qui demandent qu’on les paye sans le recensement. D’après leur communiqué, si rien ne se fait, ils iront faire un set in devant la CNRT. Le recensement ne coûte rien. Il suffit de se présenter et se faire recenser puis percevoir. Ce n’est pas tout le monde qui a des arriérés.

Moyalbaye Nadjasna

La Coordination des Association de la société civile et de Défense des droits de l’Homme CASCIDHO, a fait un point de presse ce 28 février 2022 à son siège. Le Comité Directeur National a axé sa communication par rapport aux évènements tragiques d’Abéché et de SANDANA. Son coordonnateur M. Mahamat Digadimbaye note que CASCIDHO à condamner avec fermeté et rigueur ces actes odieux. Reportage !

Par rapport à la tension sociale légitime des populations, du fait des conflits communautaires à Abéché et Sandana, la CASCIDHO appelle le gouvernement d’instruire les commissions d’enquête judiciaire à rendre publique, en urgence, leurs rapports et de procéder aux jugements des acteurs, co-auteurs et ou les complices. Selon M. Mahamat Digadimbaye, coordonnateur des Association de la société civile et de Défense des droits de l’Homme, son organisation observe avec regret la montée en puissance du communautarisme et du repli identitaire ce dernier temps au Tchad. Il signifie que ce comportement peu orthodoxe sape les principes sacro-saints de l’unité nationale, de la cohésion sociale et les valeurs républicaines du vivre ensemble dans une même Nation. « Aujourd’hui, sur les médias, les réseaux sociaux, les communications de certains acteurs politiques et sociaux et même d’une certaine intelligentsia, incite à la haine. Des déclarations dangereuses et incendiaires incitent à la discrimination, à la violence et à l’hostilité entre les Tchadiens », constate le coordonnateur de la CASCIDHO. A son avis, ce sont des calculs politiques malsains et égoïstes qu’on rêve malheureusement. M. Mahamat Digadimbaye affirme que de tels comportements basés sur des fibres ethniques et religieuses risquent de conduire à l’explosion du Tchad. « Oui, le sang tchadien a coulé à cause de l’injustice, de l’impunité et du népotisme. Il est également temps, que le sang tchadien ne coule plus à cause des conflits intercommunautaires », confie-t-il.

Le coordonnateur de la CASCIDHO estime que ceux qui entretiennent de comportements haineux sur les Réseaux sociaux doivent changer positivement et valoir plutôt les valeurs républicaines. Car un Tchad développé est tributaire de l’unité nationale et de la démocratie.  « Nous interpellons le gouvernement à prendre toutes ses responsabilités pour réguler l’utilisation des réseaux sociaux. Car, nous assistons à une dérive grave et inquiétante de l’exploitation de cet outil au service du mal », lance M. Mahamat Digadimbaye. Il évoque que les tchadiens doivent plutôt se mobiliser pour participer au Dialogue National Inclusif. A son avis, les préoccupations actuelles des Tchadiens doivent converger sur l’organisation la réussite de ces assises.   Pour lui, nous devons être vigilants dans cette phase décisive de l’histoire de notre pays. Tout ce que les tchadiens doivent faire, c’est d’éviter de contribuer l’échec du Dialogue National Inclusif en multipliant les campagnes de haine et de division, souligne la CASCIDHO. « Dans notre marche irréversible vers la tenue du Dialogue National Inclusif, acteurs politiques, sociétés civiles et médias, nous avons cette responsabilité historique de promouvoir l’unité nationale, la paix et la stabilité. Nous devons être fermes contre les artisans de la division et les ennemis de la paix au Tchad », lance M. Mahamat Digadimbaye. Il déclare que c’est ensemble, qu’on pourra éteindre l’incendie de la haine.

Moyalbaye Nadjasna

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