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Le président du Conseil militaire de la transition (PCMT), après 10 mois au pouvoir, a remanié le gouvernement. 13 des 40 postes ministériels et de secrétariats d’État déjà existants ont été réattribués. Ce remaniement a été différemment apprécié par la société civile et certains analystes. Reportage.

Après 10 mois à la tête du pays, le président du Conseil militaire de la transition (PCMT), le général du corps d’armée, Mahamat Idriss Deby a procédé à un remaniement de son gouvernement le vendredi dernier. Les postes concernés sont notamment ceux de la Sécurité publique, de l’Économie et Plan, du Pétrole et de l’Énergie, de la Santé et de l’Éducation nationale, etc. C’est le premier remaniement effectué dans le gouvernement du Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert, mis en place le 2 mai 2021.

Mais, ce remaniement arrive au moment où le débat sur l’organisation du pré-dialogue avec les politico-militaires et le dialogue proprement dit font couler beaucoup d’encre. Certains analystes et leaders de la société civile tchadienne font des observations sur ce remaniement.

Pour l’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le professeur Ahmat Mahamat Hassan, ce remaniement ministériel a des enjeux politiques et confirment la tradition politique au Tchad qui consiste la gestion des équilibres interethniques régionaux. Selon lui, les membres du gouvernement sont dans la logique de la gestion des équilibres politiques qui représentent les différentes régions pour donner une légitimité au pouvoir en place. Le juriste évoque le retour remarqué et intéressé de l’ancien ministre du Pétrole, M. Bémadjiel, qui pourtant, à son avis, était poursuivi pour malversation et traîné en justice. L’ancien ministre de la Justice estime que pour des raisons politiques, l’ancien ministre du Pétrole a été blanchi et retrouve le même poste. Il affirme que le retour du ministre pétrole est un clin d’œil aux Logone sur la gestion des équilibres et à la montée de la communauté Ngambaye dans l’opposition et dans la résistance politique dans le sud du pays contre le régime en place. Le Prof Ahmat Mahamat Hassan note que toutes les provinces sont représentées et que ce remaniement respecte la tradition sociopolitique du Tchad avec une vision de stabilité et de la recherche de légitimité du pouvoir de la transition avant le dialogue. Selon lui, c’est une sorte de la recherche du consensus politique autour du CMT.

Au sujet du remaniement, le professeur explique que le pays est dans une période de transition et l’on devait avoir comme cahier de charge, préparer toutes les conditions pour la préservation de la paix et la stabilité et redéfinir le nouveau contrat social. Selon lui, les formes juridiques de ce remaniement ne sont pas respectées.  « On devait normalement dire décret portant remaniement sur proposition du Premier ministre. Ça n’a pas été respecté, c’est plutôt le porte-parole du CMT qui a lu le décret comme s’il n’y a pas chef de gouvernement », dit-il.

Pour le secrétaire général de la Convention tchadienne pour les droits humains (CTDDH), Mahamat Nour Ibedou, ce n’est pas logique que le CMT puisse remanier le gouvernement. Le défenseur des droits humains estime que le pays est en période de transition et les autorités actuelles devraient juste gérer les affaires courantes en attendant le dialogue national inclusif (DNI). M. Mahamat Nour Ibedou voit dans ce remaniement des relents de l’ancien régime du défunt président Idriss Deby Itno. Il souligne que le pays a pour le moment besoin des technocrates pour conduire la transition et non les gens qui sont là pour chanter l’éloge du maître. Le défenseur des droits humains note aussi que ce remaniement ne reflète pas l’image d’un gouvernement de transition. Et il ajoute que cela jette un discrédit sur la conduite actuelle de la transition.

Enfin, pour le coordonnateur de la plateforme des organisations de la société civile, Me Max Loalngar, ce remaniement est un non-événement.  Selon lui, le CMT devrait avoir un cahier de charge clair qu’il doit mettre en pratique. Il estime que ce remaniement du gouvernement est l’expression de non-droit, sinon l’abus du droit et c’est triste pour la réussite de la transition.

Jules Doukoundjé

Les festivités marquant la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne édition 2022 s’ouvrent ce 1er mars sur l’ensemble du territoire national. Ici à N’Djamena, c’est la Maison Nationale de Femme qui servira de cadre aux différentes activités. C’est autour du thème « femme tchadienne au cœur de la transition : enjeux et perspectives » qu’est célébré le 08 mars de cette année. À la veille du lancement officiel des activités, nous avons fait un tour à la maison nationale de femme pour prendre la température. Reportage.

Dans le village de la femme, on peut voir des stands construits, peints et décorés. Bref, une partie de la maison nationale de la femme a déjà planté le décor de la SENAFET édition 2022. Ce village de la femme va  abriter la foire où seront exposés tous les produits made in chad fabriqués par les femmes. Cette exposition va prendre la semaine du 1er au 7 mars. La maison nationale de la femme est prête pour l’ouverture officielle des festivités ce 1er mars, affirme Mme Bekoulloum Débat Mbaïtoloum, Directrice Nationale de la maison de la femme. Pour elle, il revient à l’institution en collaboration avec le ministère de tutelle d’organiser la foire, des manifestations socio-culturelles et sportives. Alors les différentes commissions mises sur pieds s’activent pour rendre la foire aux femmes dès les premières heures. « Tout est fin prêt pour le lancement officiel et tout ce qui va avec. Il n’est pas tard pour les partenaires et les différents acteurs impliqués dans l’organisation de la SENAFET de venir se procurer des stands. Nous les attendons », dit la Directrice générale.

Le pagne du 08 mars de cette année est subventionné par le président du Conseil Militaire de Transition (CMT) Mahamat Idriss Deby au prix de 5000FCFA, a fait remarquer madame Bekoulloum.  Ceci, pour permettre à chaque femme de pouvoir s’en procurer a-t-elle ajouté. Elle précise aussi que la maison nationale de la femme est le seul point de vente. La Directrice générale de la  maison nationale de la femme voit en cette subvention un cachet particulier et spécial qui est donné à l’édition 2022. Mais, depuis plus d’une semaine déjà, le stock de pagnes est fini avant même l’ouverture officielle des festivités. De son avis, aucune autre commande ne sera lancée. Toutefois, elle explique pourquoi les femmes sont en uniforme de pagne le jour du 8 mars. « Les pagnes symbolisent l’unité des femmes le jour de la SENAFET. Cela ne veut pas dire que cette journée se résume au port de pagne conçu pour le besoin. Au-delà des pagnes, nous menons des conférences-débats, des panels ou tout ce qui est intellectuel pour discuter des conditions de vie de la femme tchadienne », dit-elle. Elle invite toutes les femmes et également les hommes engagés au côté des femmes pour bouger les lignes à prendre part à la cérémonie d’ouverture ainsi que toutes les activités qui marquent la semaine. Car selon madame Bekoulloum, qui dit fête de la femme dit fête de l’homme, fête de l’enfant, bref fête de la famille.

Kouladoum Mireille Modestine

Les Arabes du Tchad ont tenu leur tout premier festival hier 27 février 2022, à N’Djamena, capitale tchadienne. Le thème de ce festival culturel est, « Ensemble pour la paix, le développement, la cohabitation pacifique et le vivre ensemble. » L’Association solidaire des chefs de races de la communauté arabe a mobilisé plus d’un millier de ressortissants vivant à N’Djamena, ses banlieues et les villes et villages aux alentours. Ils étaient des milliers à envahir tôt dimanche matin, la cour de palais du 15 du janvier. Les cavaliers à dos des dromadaires et chevaux décorés n’ont laissé personne indifférent. Reportage.

De la couleur et du rythme se sont entremêlé ce matin du 27 février dans la cour de palais du 15-janvier de N’Djamena. Ce festival de la communauté arabe du Tchad était des véritables retrouvailles entre des milliers des Tchadiens. Convivialité, euphorie de joie, parade des cavaliers à dos des dromadaires décorés, la fête était gigantesques, les femmes et les jeunes filles habillées en tenue festivalière étaient belles, des tambourins et claironnistes rehaussent l’ambiance. Dans la salle de la cérémonie, du parterre aux gradins c’était plein comme un œuf. Des poèmes appelant à la solidarité du peuple arabe et de tous les Tchadiens ont été déclamés. Même message lors des différentes présentations théâtrales.

Selon le président du comité d’organisation Idriss Ousmane Djameh, ce festival permet de valoriser la culture arabe, mais aussi, appeler à la cohabitation pacifique des Tchadiens. Il affirme que toute la communauté reste positive pour un dialogue inclusif inhérent à la reconstruction de notre pays.

Pour le porte-parole des chefs de races Djidda Abdoulaye, le thème de ce festival culturel, « Ensemble pour la paix, le développement, la cohabitation pacifique et le vivre ensemble », n’est pas fortuit. Le Tchad dit-il, depuis quelques mois est dans une phase de transition. La réussite de cette transition pour bâtir un Tchad digne de ses filles et fils nécessite l’implication de tous, a affirmé le porte-parole. Si la paix de notre pays concerne tous les Tchadiens, les chefs traditionnels en sont des acteurs clés, dit-il. Le Cheik Djidda Abdoulaye, recommande aux chefs coutumiers et traditionnels à résoudre tous les problèmes de manière pacifique en collaboration avec les acteurs politiques. « Notre pays connaît ce dernier temps de multiples crises sociales et de conflits meurtriers entre les différentes communautés. Et ce dans toutes les provinces entraînant d’énormes pertes en vie humaine. Il est de notre devoir en tant que chef traditionnel de jouer pleinement notre rôle pour le maintien de la cohésion sociale », a soutenu Djidda Abdoulaye. Il demande aux autorités traditionnelles de valoriser la solidarité nationale, la réconciliation et la cohabitation pacifique dans nos sociétés. « Chères autorités de la République, nous ne pouvons vivre en paix dans un pays s’il n’y a pas de justice et la paix. Nous devons contrecarrer la propagande de la division tribale à travers les propos haineux ».

Les femmes arabes déplorent les conflits meurtriers au Tchad et les haines via les réseaux sociaux. Elles plaident pour que la communauté arabe les implique dans toutes les organisations. Les jeunes arabes regrettent eux aussi, le comportement peu orthodoxe des jeunes tchadiens sur Internet. Ils demandent aux internautes tchadiens de véhiculer des messages de fraternité pour la consolidation de la paix au Tchad.

Les organisateurs du festival ont fait des recommandations. Ils se sont arrêtés sur l’essentiel: « assurer l’éducation et la santé des nomades, moderniser l’élevage, sensibiliser les populations sur la cohabitation pacifique, organiser chaque année le festival, etc. »

Moyalbaye Nadjasna
Ousmane Bello Daoudou

C’est le premier remaniement du gouvernement de la transition. Que peut-on retenir ?

Aussi, le Premier ministre Pahimi Padacké Albert est toujours Premier ministre de transition. On l’entend très peu. À quoi joue Pahimi? Pourquoi est-il si effacé? Est-ce un choix stratégique délibéré?

D’abord, le remaniement. Le bruit courait depuis quelques jours déjà. L’important ministère de la Sécurité publique, en ces temps d’insécurité, est remis à Idriss Dokony. Il a la réputation d’être un homme à poigne. Les Tchadiens le jugeront à ses premiers coups de poings.

Au ministère du Pétrole, c’est le retour de Djerassem Lebemadjiel. Un revenant traîné en justice pour malversations mais blanchit. Il revient au moment où le prix du baril monte. Au moindre faux pas, il sera sévèrement jugé.

Mahamoud Ali Seïd est propulsé ministre de la Jeunesse et aux Sports. Il a le verbe haut mais aura-t-il les épaules pour porter ce ministère où la chicane entre les cadres du ministère et l’ex-ministre Routouang a fini par emporté ce dernier.

Au ministère de l’Enseignement supérieur, les étudiants semblent avoir obtenu la tête de Lydie Béassoumal. Dr Ali Weido, un universitaire peu connu est aux commandes de ce ministère pas toujours facile à gérer. Il est du milieu, les Tchadiens verront…

Ensuite, Pahimi est toujours Premier ministre, mais il est toujours effacé. Jamais au-devant de la scène, pourtant il a joué des coudes pour obtenir le poste. Depuis l’adoption de la feuille de route, Pahimi s’est effacé. Il s’est claquemuré dans son hôtel réfectionné à grand frais. Il s’est tellement effacé que même ses propres ministres se moquent allègrement de ses instructions. Lorsqu’il les a recadré sur le sacro-saint principe du « droit de réserve ». Un ministre rétorque, « je ne suis pas un ministre qu’on recadre, mais qu’on instruit ». Un autre renchérit «  ne pas écrire, c’est mourir ». Pahimi a-t-il une emprise sur son gouvernement?

En fait, Pahimi ne veut pas. Il a adopté la stratégie du caméléon : la prudence. Chaque pas est mesuré. Chaque acte est calculé. Il s’exprime rarement. Il ne croit pas trop en cette transition. Il croit à son étoile. Il est convaincu que la charte ne disqualifiera personne. Il présume, peut-être, que la vraie transition commencera après le dialogue. Sa stratégie est donc : l’effacement. Pour Pahimi, la politique est un combat. Et le poste de Premier ministre est un arsenal pour la conquête du pouvoir suprême.

Bello Bakary Mana

Le président d’honneur de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) Dobian Assingar a dédicacé son livre intitulé « De la Kakistocratie au Syndrome de Chenilles », ce samedi à N’Djamena.  Ce livre est un style littéraire du genre Essai qui traite des sujets variés et exposés de manière personnelle par l’auteur. Le livre présente le fruit de sa réflexion et de sa vision des choses sur la vie politique, sociale et économique du pays. Reportage.

L’ancien président de la ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) et président d’honneur de cette institution, Dobian Assingar vient de sortir son 3e livre intitulé « De la Kakistocratie au Syndrome de Chenilles ». À travers cet écrit, l’auteur veut nous montrer vers quel désastre les dirigeants tchadiens veulent conduire le peuple. « La mort dans l’âme, j’ai pointé du doigt le pouvoir du pire ou la Kakistocratie, marquée par la banalisation de l’État qui se caractérise elle-même par la médiocrité dans la gouvernance, l’exercice patrimonial du pouvoir dans une ambiance paranoïaque et un empire de crimes et de mensonge », a déclaré Dobian Assingar lors de la cérémonie de la dédicace de son Essai. Pour l’auteur, tous ces comportements illustrent l’absence d’amour pour la patrie et l’obsession pour le pouvoir par tous les moyens, dans un océan de misère et de chaos.

À travers le cas du Tchad, ce livre aborde toutes les questions que se posent à celles et ceux qui souhaitent comprendre comment un État s’effrite, une République chavire et comment l’anarchie s’installe devant un peuple résigné, qui fait face à un régime de faussaire et d’innombrables lacunes dans la gouvernance.

Selon l’auteur, en 3 décennies, de fausses démocraties instaurées par le régime de feu maréchal Idriss Deby Itno, qui a réussi à corrompre les élites et à domestiquer une partie des médias, utilisés et dressés contre le peuple pour faire la propagande du régime.

Dans ce livre, l’auteur expose chapitre après chapitre, qu’il n’y a pas de justice ni de transparence au pays de Toumaï. Et deux expressions reviennent : une chimère et un slogan vide de sens. Pour le défenseur des droits humains, le défunt président Idriss Deby Itno apparaît aux yeux de ses compatriotes comme, quelqu’un dont la parole est instable. L’enfant de Mbikou, dans le Logone Oriental, estime aussi que le défunt Maréchal aimait gouverner avec des personnes dont il est sûr qu’elles lui doivent obéissance et soumission totale. 

Selon lui, pendant 3 décennies, les responsables politiques de toutes les provinces n’agissaient pas comme des hommes et des femmes au service de l’État, mais plutôt comme des employés au service des personnes influentes de notre pays. Et la conséquence de tout cela, la dignité et l’esprit de sacrifice ont disparu pour faire place à la traîtrise, la soumission et à la résignation. À son avis, les affaires publiques sont transformées en affaires privées, familiales et claniques.

Dobian Assingar pointe du doigt dans ce livre tous les complices de la dictature, de l’injustice, des massacres et des dérives sans distinction. « Je pointe du doigt le pouvoir qui corrompt, mais aussi certaines élites pour leur veulerie et leur flagornerie » dit-il. Pour l’écrivain et essayiste, lorsque l’on perd sa liberté de parole, l’on perd aussi son âme, pour ne pas dire sa raison d’être.

Après toutes ces critiques, il affirme que tout n’est pas du tout trop tard, il appelle à la prise de conscience. M. Assingar invite le Conseil militaire de la transition à prendre sa part dans ce combat, car il y a urgence pour sauver le Tchad. Selon lui, trop de sang et trop de morts dans notre pays pour rien. Alors il faut savoir arrêter à temps. « J’estime avoir fait ma part en donnant l’alerte en tant que citoyen, et j’invite les nouveaux dirigeants à faire la leur, sinon le temps me donnera raison ».

Jules Doukoundjé

Un incendie d’origine inconnue est survenu dans la nuit du 25 février 2022 au marché Faya dans le 2e arrondissement de N’Djamena. Tous les articles, meubles et denrées de première nécessité sont partis en fumée.Il y a une perte de vie humaine et un blessé grave transporté dans un hôpital de la place. Le délégué des commerçants de ce marché Mahamat Tahir Mahamat rencontré sur les lieux de l’incendie ce 26 février, estime la perte matérielle à environ un milliard de nos francs. Reportage.

Plusieurs personnes se sont précipitées ce matin au marché Faya de N’Djamena parti en fumée hier aux environs de 22h. Au moment de publier cet article, certaines marchandises continuent à brûler et les sapeurs-pompiers sont à pied-œuvre pour éteindre ce sinistre. La désolation est grande et se lit sur les visages des commerçants. La police nationale a quadrillé les entrées pour empêcher les intrus de s’infiltrer sur les lieux. Un coup dur pour les commerçants de ce marché tous désemparés.

De l’autre côté sous un hangar isolé se trouve un groupe des commerçants assis autour de leur délégué, M. Mahamat Tahir Mahamat. Répondant à nos questions, le délégué dit qu’il y a eu d’énormes dégâts matériels qu’il estime à environ 1 milliard de FCFA. M. Mahamat Tahir, affirme aussi qu’il y a  de perte en vie humaine. Il rapporte qu’un chauffeur de l’agence de voyages de Faya a été calciné et une personne grièvement brûlée transportée d’urgence dans un hôpital. Le délégué plaide lance un appel au gouvernement de leur venir en aide. Il estime aussi que ce marché est très encombré et sollicite que la commune du 2e arrondissement vienne faire le nettoyage. Mahamat Tahir confie qu’ils sont à peu près 120 commerçants à exercer leurs activités dans ce marché. C’est un marché, dit-il, ou tout se vend : les meubles meublants, du natron, des dattes, des jus, de l’or, etc.

À côté du marché Faya, se trouve un complexe scolaire privé dénommé « Espérance », une est victime collatérale. Cette école a subi aussi des dégâts matériels importants. Deux bureaux de l’administration et quatre salles de classe ont été atteints par la flamme. « Informés de la situation nous sommes venus très tôt ce matin pensant sauver les documents administratifs, mais hélas tout est consumé par le feu. Nous avons ainsi perdu nos archives. Compte tenu de la situation, nous avons suspendu les cours et demander à nos élèves de rentrer », dit M. Abdramane Miskine, un des administrateurs de cet établissement. Il assure qu’ils vont s’atteler dans les jours à venir pour reprendre les cours la semaine prochaine. Toutefois, M. Miskine, plaide auprès du ministère de tutelle de leur venir en aide.

On peut voir la fumée par endroit sur les lieux de l’incendie. Peut-être une enquête diligentée par les autorités publiques va permettre de clarifier l’origine réelle de cet incendie.

Moyalbaye Nadjasna
Ousmane Bello Daoudou

Le président du conseil militaire de la transition(PCMT), le général du corps d’armée Mahamat Idriss Deby a qualifié de laxiste la justice tchadienne.  Il a fait cette déclaration suite à la marche des magistrats pour demander plus de respect des droits humains.  La sortie du PCMT est diversement analysée par les juristes. Reportage.

Le président du conseil militaire de la transition, Mahamat Idriss Deby n’apprécie pas le travail des magistrats tchadiens. Le PCMT s’exprimait à propos de la sortie des magistrats tchadiens pour réclamer la justice et le respect des droits humains. Il a ainsi dénoncé le laxisme et la corruption qui gangrène la justice de son pays. Faisant allusion aux évènements qui ont endeuillé Abéché et Sandan, le général du corps d’armée a rappelé aux magistrats qui dénonçaient le manque de liberté de la justice que certaines personnes arrêtées et jugées ont été libérées par les magistrats. Le général Mahamat Idriss Deby avait évoqué que le problème de Sandanan à l’origine était un problème judiciaire mal géré. En dénonçant cette faille de la justice, le PCMT refuserait de porter seul la responsabilité des conflits qui ont endeuillé des communautés dans plusieurs provinces du pays.

Mais les propos du président du CMT qui est lui-même le premier magistrat sont qualifiés d’une fuite de responsabilité.

Pour le bâtonnier du Tchad, Me Djerandi Laguerre Dionro, la justice tchadienne n’arrive pas à assumer normalement sa mission qui est celle de veiller au respect du droit, au respect des lois par tous et aussi de préserver le droit de chacun. À propos de la corruption qui gangrène la justice, le bâtonnier souligne que ce n’est pas faux. Mais, il précise qu’on doit demander pourquoi la corruption continue à gangrener la justice tchadienne ? L’avocat se demande aussi pourquoi le corrompu et le corrupteur ne sont pas sanctionnés et continuent cette pratique. « Qu’est-ce que les autorités en charge font pour résoudre ce problème. Je pense que le PCMT lui-même le sait. Il faut une indépendance réelle de la justice », propose Me Djerandi Laguerre Dionro.

Le responsable du barreau tchadien suggère que l’État améliore les conditions de travail des magistrats en augmentant par exemple leur salaire et les conditions matérielles. Il exhorte le PCMT à prendre à bras le corps ce problème. Me Laguerre interpelle le PCMT en tant que premier magistrat président du conseil supérieur de la magistrature de poser des actes concrets. Il évoque également les représentants de l’État dans les provinces qui ne laissent pas les magistrats faire leur travail. Selon lui, ces commandants, préfets et gouverneurs qui ne comprennent rien de l’indépendance de la justice font à leur tête. Le bâtonnier estime que le problème de la justice est à différents niveaux, il faut nommer les magistrats compétents et d’une certaine probité morale et faire respecter l’ancienneté des magistrats.

Dans le même registre, l’ancien ministre de la Justice, garde des Sceaux, le professeur Ahmat Mahamat Hassan rappelle que le PCMT a effectivement dit que certains magistrats seraient corrompus en évoquant le problème de Sandanan. Le prof Ahmat Mahamat Hassan souligne que le président a dit que le problème de Sandanan était au début un problème judiciaire mal géré. Selon lui, la déclaration du PCMT décrit certaines réalités du corps judiciaire. À son avis, ses propos ne devraient pas surprendre les magistrats. Tout le monde sait les magistrats sont corrompus. Selon l’ancien ministre de la Justice, la corruption est à tous les niveaux, dans les tribunaux et les cours d’appel. Le Prof Ahmat Mahamat Hassan explique qu’il y a un divorce net entre la population et les acteurs judiciaires, cela depuis des années. Pour lui, il y a des intermédiaires judiciaires, des influences politiques, des interférences des politiques dans le judiciaire. L’enseignant chercheur a l’impression qu’au Tchad tout se règle à coup d’argent. Il note que la République et les lois sont mises de côté par les citoyens et l’État.

Jules Doukoundjé  

Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la promotion de l’Entrepreneuriat sort de son silence suite à la revendication des cadres qui dénoncent ce qu’ils appellent « les nominations fantaisistes » de leur ministre. Un communiqué de presse a été signé par, M. Mahamat Bokhit Digui, directeur adjoint de la communication, des Études, de la Planification et de la Coopération, le 23 février 2022 évoque que le syndicat refuse de dialoguer. Le SG du syndicat M. Netel Mianwodjim rencontré, ce 25 février dans son bureau, rejette cette allégation. Reportage.

M. Mahamat Bokhit Digui est directeur adjoint de la communication, des Études, de la Planification et de la Coopération du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la promotion de l’Entrepreneuriat. Il a signé le 23 février un communiqué de presse affirmant que les cadres en grève refusent de dialoguer. Cela malgré les efforts consentis par le ministère pour juguler cette crise en proposant de pistes de solutions, au cours de différentes rencontres avec le bureau de SACJS. Il rappelle dans ce document ces propositions : création de cadre d’échange mutuel, audit des CV et reconstitution des bases de données. Le ministère estime qu’il faut scruter avec diligence, l’intention du syndicat invoquant l’annulation des actes pris.

Dans ce communiqué signé par Mahamat Bokhit Digui, les nominations relèvent du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’État. Les postes spécifiques, dit-il, (les membres du Cabinet, les secrétariats généraux, les inspections générales) sont régis par des textes spéciaux (décrets : 173, 172 de 2018 et 18 de 2021). Il en est de même des nominations concernant les organismes sous tutelle, a-t-il ajouté. D’après le directeur de telles nominations sont aussi régies par des textes spéciaux qui ne prévoient pas la nomination absolue du personnel du ministère. Pour la question relative à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports(INJS), le communiqué soutient que grâce aux efforts du ministère, l’institution est entrée dans le système Licence-Master-Doctorat(LMD) en privilégiant les cadres en exercice. Le communiqué précise que 500 jeunes lauréats qui ont été récemment intégrés sont au service du pays. Pour le ministère, l’INJS ne forme pas des juristes, des économistes, des informaticiens, etc. Ceux-là, poursuit le ministère, ne peuvent que faire l’objet de recrutements spécifiques. « Aucune disposition n’interdit aux Tchadiens d’occuper un poste de délégué provincial dans un ministère s’il a les compétences requises », dit le document. Le ministère justifie que la direction générale de l’entrepreneuriat et de l’emploi-jeune émane de la vision du Chef de l’État et du gouvernement de transition. C’était pour répondre à l’épineuse question de l’emploi des jeunes. Mahamat Bokhit Digui écrit dans le communiqué que l’expertise en deçà de niveau souhaité nécessite un renforcement. C’est ce qui justifie cette sollicitation de compétences externes nationales. Le ministère réaffirme sa volonté de dialoguer et compte sur un examen de conscience du syndicat et des cadres.  il demande aux grévistes de reprendre le chemin du travail. Le ministère invite aussi le syndicat à faire de propositions dans le sens d’amélioration de conditions de travail et qui prennent en compte les aspirations de la jeunesse.

Pour le SGA de la Section académique de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, M. Netel Mianwodjim, le communiqué de presse du ministère prête à confusion. Selon lui, le ministre veut les traîner sur un terrain confus, mais il reste dans leur logique. « Notre revendication est technique et professionnelle. Je réponds au ministre que nous avons eu trois rencontres. Ce qui suppose que nous n’avons pas refusé de dialoguer. Seulement, nous n’avançons pas sur les points de discussion. Nous pensons que le ministre néglige les cadres du ministère », dit M. Netel. Le SG affirme que les cadres n’entrent pas dans la logique politique, ils sont dans un cadre administratif et veulent que les cadres de ce département soient valorisés. Il informe qu’ils vont évaluer leur grève demain à travers une assemblée générale. Une occasion de dévoiler le contenu du communiqué de presse du ministère à la base. La décision viendra de la base, toutefois nous restons toujours ouverts au dialogue, dit-il.

Moyalbaye Nadjasna
Ousmane Bello Daoudou

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