Le retard de la pluies inquiète sérieusement les agriculteurs de Kournary et les villages environnants, du département du Logone Gana. Ils implorent le ciel pour avoir la pluie, et craignent une éventuelle sécheresse qui frappe à leurs portes, s’il ne pleut pas vite. Reportage.
Les agriculteurs de Kournary, dans département du Logone Gana sont angoissés par le retard des pluies. Ils craignent que ce retard crée une famine et demandent les autorités de les appuyer avec les semences de variété précoce, sans cela, les récoltes s’annoncent maigres. Certains qui avaient semé avec les premières pluies du mois de mai ont tout perdu, car les plans ont péri à cause de manque de pluie. D’autres, par contre, ont fini consommer leurs semences à cause de la faim.
Pour ALoh Ésaïe, agriculteur de Dilga arabe, un village situé à la sortie sud de Kournary, cette année la pluie tarde à pleuvoir et ceux qui ont semé, ont tout perdu, car les jeunes pousses ont péri à cause de manque d’eau. Selon lui, les paysans attendent la pluie pour commencer les activités agricoles. Les paysans de ce village expliquent depuis le début de la saison, il n’a plu qu’une seule fois depuis le mois de mai et certains agriculteurs pressés, ont semé, mais rien n’a poussé. Aloh Ésaïe souligne que c’était mieux l’année dernière, mais cette année, la situation est inquiétante et craint que ce retard puisse engendrer la famine.
Dans le village Dilga arabe, l’activité agricole la plus pratiquée est la culture du sorgho, le mil, le haricot et le riz. Chaque année, selon le témoignage de populations de ce village qui commençaient tôt le travail de mise en terre des semences, mais les retards des pluies les pénalisent. Pour rattraper le retard des pluies, ils proposent aux autorités responsables de l’agriculture de les doter des semences de courtes variétés ou variétés précoces. Certains résidents du village de Dilga arabe sont obligés d’utiliser les pompes à eau à base de panneaux solaires pour arroser leurs champs. C’est le cas du jeune cultivateur Aloh Ezai qui arrose son champ de riz à base de motopompes alimentées par les panneaux solaires. Il affirme que l’année dernière, il avait commencé à sarcler son champ de sorgho en fin juin « cette année on est en juillet. Et je n’ai même pas encore semé ». Il est inquiet de ce retard. Père de 3 enfants, Aloh Esaïe, nourris sa famille grâce aux activités agricoles et le retard des pluies constitue une réelle menace pour lui et sa famille.
S’exprimant dans le même registre Assienta Nicolas Kélo, cultivateur, la situation est intenable, s’il ne pleut pas tôt, c’est sûr qu’il y’aura la famine. Selon lui, quand il ne pleut pas, les activités agricoles sont bloquées et le paysan est obligé de consommer sa semence, cela crée d’autres problèmes. Il ajoute qu’un agriculteur qui n’a pas de semence est considéré comme une personne handicapée, car il ne peut rien faire sans la semence. Assienta Nicolas soutient que même s’il pleut, il sera difficile d’avoir une bonne récolte cette année.
Avocksouma François, a récolté plus de 30 sacs de riz l’an dernier, mais cette année, avec la rareté de pluies, il n’a pas encore mis en terre les semences du riz. Il implore le ciel afin de démarrer ses activités agricoles.
Partout dans les villages du département du Logone Gana, les paysans sont angoissés par le retard des pluies. Ils dépendent exclusivement des eaux de pluie pour leurs activités champêtres.
Jules Doukoundjé
Les femmes tchadiennes pratiquent des rites traditionnels au lendemain de l’accouchement avec des feuilles d’herbes. Mais les professionnels de la santé leur déconseillent de le faire. Reportage.
Généralement suite à l’accouchement, la femme perd de l'énergie, elle devient physiquement et psychologiquement faible. Pour l’aider à récupérer son énergie, la famille utilise de feuilles et d’écorces des plantes pour renforcer et établir son état de santé. Mais cette pratique traditionnelle malgré ses avantages, a montré ses limites chez certaines patientes.
Après des heures de travail sur la table d’accouchement, la femme enceinte reçoit de soins médicaux et une ordonnance lui est prescrite. Quand même que le traitement traditionnel lui est réservé à la maison, comme le bain à l’eau chaude, trempé d’écorces ou des feuilles de plantes qu’on lui donne à boire et à se laver.
Nous sommes allées dans un marché du 3e arrondissement, dit « marché Ndombolo, pour découvrir les rites autour du post-partum. Le bain de siège, qui est la pratique la plus connue, est un bain dans lequel l’accouchée s’assoit dans de l’eau très chaude, qui recouvre les fesses et les hanches. Cette pratique débute en général le lendemain de la sortie de maternité, avec de l’eau , avec du sel ou avec des plantes. L’eau bouillie avec les feuilles est bénéfique pour la maman et aussi pour le nouveau-né. Cela diminue les maux du ventre et permet, disent les tradipraticiennes de resserrer l’appareil génital de la mère. « Les écorces et les feuilles bouillies permettent à la femme de retrouver son énergie perdue et soigner ses plaies. Elle peut prendre le médicament moderne et utiliser en même temps les traditionnels. Mais je pense que cette pratique est la meilleure, car elle est très efficace», affirme madame Lady, vendeuse et pratiquante des rites traditionnelles.
Par ailleurs, cette façon de faire n’est pas approuvée par les professionnels de la santé. Les sages-femmes préconisent aux accouchés de ne pas effectuer le bain avec de l’eau trop chaude, en raison de la persistance de l’orifice interne. Malheureusement certaines de ces femmes, dès le retour à la maison pratique un bain de siège. La responsable de Soins maternels et infantiles du centre de santé de Ridina, Mme Zara Diop, estime que les premiers repas de l’accouchée doivent être chauds, cette dernière ne doit pas goûter à ce qui est frais. Elle doit bien manger, bien allaiter exclusivement l’enfant et éviter surtout de boire de l’eau fraîche. Pour Zara Diop, les pratiquent traditionnelles du post-partum ne sont pas conseillées, car elles affaiblissent les femmes qui viennent de donner naissance, et également elles détruisent les cellules de la femme. « Nous prescrivons généralement aux femmes de prendre des antibiotiques tels que : Amoxicilline, Flagyl, Spasfon, tout ceci pour compresser l’utérus pour qu’il expulse le sang. Et nous conseillons également à ces femmes de prendre du fer, pour renforcer le sang qu’elles ont perdu », confie-t-elle.
Pour certains, cette pratique traditionnelle est bien et d’autres par contre, refusent de le pratiquer. « Je me sens toujours en forme quand je prends un bain avec de l’eau très chaude. Je suis à mon 3e enfant et je pratique toujours cette tradition. Je ne trouve pas que c’est une torture », dit Fatouma Seid. Une autre poursuit en ces termes : « A chaque fois que je me lave avec de l’eau très chaude, j’ai de vertige et de la fièvre. Donc j’ai aussitôt arrêté cette pratique, malgré l’insistance de ma mère à continuer », confie Madjon Nonta
Nadège Hountinto
Mariam Mahamat Abakar
Après avoir observé quelques jours de grève les enseignants chercheurs de l'université de Pala décident de prolonger la grève lors d'une Assemblée générale tenue ce 4 juillet 2022 à Pala.
Les enseignants chercheurs de l'université de Pala prolongent la grève parce que disent-ils leur revendication sur l'amélioration de leurs conditions de travail, l'accès à des enseignants chercheurs pour la recherche, le rétablissement de leur camarade Klamadji Moussa N’garena dans son nouveau grade, l'équipement des salles des enseignants, paiement des arriérées des œuvres supplémentaires jusqu'à la satisfaction totale. À l'université de Pala la grève est dans tous les esprits.
« Normalement, le calendrier universitaire, le cycle en licence devrait s'effectuer dans 3 ans, malheureusement les études au Tchad nous réserves des imprévus, la grève à l'université de Pala à impacter sur notre avenir, jusqu'à présent dans d'autres départements les cours progressent mieux par contre nous autres toujours en régression, plus notre âge augmente moins le niveau régresse, ce prolongement n'est pas bénéfique pour nous les étudiants bien qu'ils revendiquent leurs droits: lamente un étudiant à l'université de Pala.
Les primes des enseignants chercheurs sont-elles à l’origine de la grève à l'université du Tchad ?
« Selon le vice-président de l'Université de Pala, le dialogue a toujours prévalu pour répondre aux attentes des enseignants chercheurs, bien que cette grève prévue ne soit pas lancée, il faudrait que les enseignants chercheurs prennent patience. L'année à bien débuté malgré les troubles », affirme le vice-président de l'université de Pala
Les grévistes interpellent le gouvernement en le rappelant de revoir les conditions dans lesquelles vivent les enseignants.
Le premier match de la poule « B » du championnat national a été lancé ce 4 juillet au stade de Diguel dans la commune du 8e arrondissement de la capitale tchadienne. Un match qui a opposé le club richissime Foullah Édifice à l'un des plus anciens et populaire clubs du pays, RFC, Renaissance Football Club. Les deux adversaires ont fait régaler le public et donné un rythme à ce tournoi. Reportage.
Pour cette grande affiche, Foullah Édifice contre Renaissance FC, un grand public a envahi les gradins avant même le début de la rencontre. Les parkings des motos étaient saturés et les petits vendeurs ambulants d'eau fraîche et autres boissons rafraîchissantes se sont éparpillés dans tout le stade afin de rafraîchir le public venu à ce grand rendez-vous du football tchadien. Contrairement au match d'ouverture, l'heure fixée pour cette rencontre a été scrupuleusement respectée.
Dès l'entame du match, le doyen du football tchadien, RFC a dominé sur tous les compartiments du jeu son adversaire, Foullah Édifice. Possession de balle, tirs cadrés et le beau jeu « le fandassier » ont été déroulés par Renaissance. Comme on dit souvent 99 jours pour le voleur et un seul jour pour le propriétaire, le richissime club Foullah Édifice a profité d'une faille défensive et a ouvert le score grâce à l'attaquant de couloir, Mahamat Abakar. Un but conservé par Foullah jusqu'à la fin de la première période.
De retour des vestiaires, les jeunes joueurs de Renaissance sont revenus avec un moral d'acier. Avec le même rythme, ils ont dominé la rencontre jusqu'à l'égalisation. Si Renaissance connaît sait jouer au football comme les Espagnols, les attaquants de Foullah savent marquer des buts comme les Allemands. Kerim attaquant de pointe a ajouté le score en faveur de son équipe, Foullah Édifice. Le match entre les deux équipes finit sur le score de 2-1 en défaveur de RFC. Pour Mahamat, supporteur venu pour ce match estime que RFC a été battu sur des détails. Il affirme que RFC a développé un bon fond de jeu, mais n'a pas su profiter des occasions. « Dominer n'est pas gagner, Foullah a gagné le match, félicitations à eux » a-t-il lancé.
Du côté des joueurs de Foullah Édifice, Abdelaziz Issa latéral a affirmé « il y a eu une énorme pression, mais nous avons tenu et arraché les trois points ». Il ajoute, « le championnat national est encore long, mais nous allons nous donner corps et âme pour chaque match afin d'aller en finale et de jouer la Champions League Africaine, c'est notre souhait le plus ardant. Par le travail, je crois que nous allons y parvenir », a-t-il confié. Après leur défaite, les joueurs de RFC ont refusé de répondre à nos questions.
Le championnat national se poursuit jusqu'au 17 juillet prochain. Dans deux poules différentes, les 12 équipes qualifiées pour cette édition vont jouer dans deux stades de la capitale, Diguel et Paris-Congo. Deux matchs-chocs sont à l'affiche demain. Gazelle de Sarah affrontera Expérience FC de Bongor au stade Paris Congo et Espoir de Guerra va croiser le fer avec l'OM (Olympique de Mao) au stade de Diguel. Tous les deux matchs sont prévus à 15h30 min.
Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou
Le Conseil national syndical de l'Union des Travailleurs du Tchad (UST) donne 10 jours francs au Conseil militaire Transition pour répondre à leurs revendications. Une décision prise lors d'une réunion extraordinaire avec les responsables syndicaux affiliés, le 2 juillet 2022 à la Bourse du Travail de N'Djamena. Pour plus de précision sur la question, Ialtchad Presse a rencontré Barka Michel, président national de ce conseil. Entrevue.
Barka Michel, président du Conseil national syndical de l'Union des syndicats du Tchad (UST), rappelle leurs décisions concertées du 02 juillet. A son avis, le Conseil national syndical (CNS-UST) donne un délai de 10 jours au Conseil militaire de Transition (CMT) à s'exécuter. Il affirme qu'ils prennent à témoin l'opinion nationale et internationale pour les conséquences qui vont découler si rien n'est fait pour satisfaire leurs revendications.
D'après le président du CNS-UST, ils ont lors d'une réunion extraordinaire ce 2 juillet, examinée le communiqué de presse du 28 juin dernier relatif au scandale financier au sommet de l'État et à l'évaluation du pacte social triennal. Le conseil a approuvé la position du Bureau exécutif de l'UST après un long échange sur les le crime économique révèle et l'application infime du pacte social triennal, depuis sa signature, le 4 octobre. Il affirme également que la réunion était élargie aux responsables des syndicats affiliés à l'UST.
Barka Michel précise que certains médias disent que le CNS-UST demande la démission du gouvernement de la Transition sans relever les raisons qu'ils ont mentionnées. Pour lui, leurs revendications sont motivées sur des points précis.
Selon le syndicaliste Barka Michel et ses camarades, le gouvernement doit engager une poursuite judiciaire de toutes les personnes impliquées dans le détournement. Ils demandent la restitution et le rapatriement des fonds publics détournés au trésor public et de tous les biens des personnes impliquées dans ces détournements soient saisi. Le conseil syndical exige aussi, l'apurement des arriérés des retraités estimés à 26 milliards et ceux des contractuels de l'État à 25 milliards. Le président de l'UST dit également que le Conseil revendique, l'application stricte du décret 862 portant réglementation de la retraite au Tchad, mais aussi, le remboursement des augmentations générales spécifiques (AGS) coupées en 2016 en espèce ou en nature.
Autres points, dit-il, le conseil demande au gouvernement de rembourser le 30% de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) prélevé sur le salaire des agents du secteur privé et les retraités en 2016. Il insiste à ce que l'alignement soit fait sur le même taux que ceux du secteur public. Enfin, Barka Michel soutient également que le conseil exige l'augmentation de 50% de salaire des secteurs publics et privés .
Le président du Conseil national syndical note que jusque-là, le gouvernement n'a pas encore réagi. Toutefois, ajoute-t-il, si rien n'est fait pour satisfaire les travailleurs et travailleuses, 10 jours après ce préavis, ils vont entrer en grève. Barka Michel rappelle que le conseil alerte ses camarades d’être vigilants et prêts pour des actions futures.
Moyalbaye Nadjasna
Suite à notre reportage sur le non-respect de la circulation des camions gros porteurs à certaines heures et aux carrosseries modifiées dans la ville de N’Djamena dans la journée. La rédaction de Ialtchad Presse s’est rapprochée auprès des autorités en charge pour avoir leurs versions des faits. Reportage.
Pour Idriss Ali Djalbord, Directeur de l’Urbanisme de l’Aménagement et du Transport Urbain les communiqués concernant la décision a été diffusée plusieurs fois, mais sa mise en application pose problème. C’est un constat réel, d’après lui. Il poursuit plus loin qu’ils ont une direction de la police municipale et de la protection civile qui prend en charge l’aspect maintenance, sécurité, marché de référence, les incendies qui se déroulent dans la ville, les noyades, etc.
Toujours selon les Idriss Ali Djalbord, ils ont eu à vouloir créer une unité de gestion relative uniquement pour le transport urbain. Mais selon lui les moyens manquent, c’est pour cela que le service n’est toujours pas encore actif. Pour lui, les transports urbains sont directement gérés par les services de la Brigade de Circulation routière de la police nationale (BCR). « La police nationale devrait arranger les choses, mais ils tardent à s’exécuter. Nous ne connaissons pas la cause puisque c’est deux institutions différentes comme vous l’avez constaté vous-même ».
Pour la ville de N’Djamena, la circulation de ces engins cause d’énormes soucis de sécurité routière. Il y a des dérogations spéciales concernant les transports des lubrifiants comme les camions-citernes qui ravitaillent les stations-service à travers la ville. Selon nos la Mairie, il faudrait aussi savoir que par le passé, le communiqué concerne uniquement la circulation des gros camions n’excédant pas 7 tonnes. « Le maire a diffusé un autre communiqué qui autorise les camions qui pouvaient atteindre même 15 tonnes, les camions qui transportent les graviers, sables sur les chantiers en construction à travers la ville. Il a facilité un peu de tâches à ces conducteurs pour qu’ils exercent leur métier dans la journée et uniquement sur les chantiers, compte tenu des aspects sécuritaires ».
M. Djalbord affirme que la police nationale qui se charge de la circulation routière dans les périmètres urbains. Actuellement les autorisés municipales ont pris une décision pour appuyer la police nationale, c’est ainsi un peu partout dans la ville. Les policiers municipaux circulent à moto et facilite ainsi un peu la circulation sur certaines grandes artères de la ville. « Comme nos artères et les voies de la ville de Ndjamena sont étroites, elle cause énormément de problèmes pour la circulation routière. Les modifications des gabariers des camions qui occupent trop d’espaces et obstruent la voie », explique-t-il.
Il poursuit un peu plus loin qu’il faut que les autorités aménagent un peu les voies afin qu’elle soit large. D’après lui c’est vrai que cela nécessite beaucoup des moyens, mais il faut bitumer des voies afin de permettre une bonne circulation routière. Il prend l’exemple du boulevard du Maréchal du Tchad qui pour lui n’est pas facile à circuler aux heures de pointe. Selon lui si l’État pouvait réaménager cette voie Avenue Charles de Gaule pour permettre une bonne circulation, cela aiderait.
La rédaction a tenté de rencontrer les services de la Brigade des Contrôles de la Circulation routière pour avoir leurs versions des faits, mais en vain.
Djénom Josiane
Le don de sang est un acte qui permet de sauver de vies. Mais au Tchad, ce geste salvateur n’est pas encore ancré dans les habitudes. Pour comprendre le rôle et l’importance du don de sang, la rédaction Ialtchad Presse est allée au centre national de transfusion sanguine (CNTS) qui est un centre de production de produits sanguins, pour échanger avec le directeur sur les difficultés que rencontre cette institution dans la production et la conservation du sang. Reportage.
Créé par une loi en 1996, et a son décret d’application en 2000 qui définit son statut. Le CNTS a pour objectif de produire du sang. Dans ce centre, on prélève du sang chez des personnes supposées être en bonne santé qu’on appelle donneur.
Pour le directeur du CNTS, Dr Mbanga Djimadoum, quand on prélève le sang, on fait un certain nombre d’examens immuno hématologiques, c’est-à-dire le groupage sanguin qui permet de classer les poches de sangs en groupe A, B, AB et enregistre le positif et le négatif. Il explique qu’on fait de dépistages qui permet aussi de rechercher les principales maladies transmissibles par le sang. Selon lui, au Tchad et dans la région Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), c’est le VIH1 et 2, l’hépatite b, c et la Syphilis. Dr Mbanga Djimadoum souligne que ce sang est dans les banques de sang. C’est quand les demandes leur parviennent qu’ils remettent le sang pour administrer aux malades qui en ont besoin.
À la question épineuse, des Tchadiens qui refusent de donner leur sang, le directeur du CNTS estime qu’on met le doigt sur la plaie. Le directeur fait un petit recule en expliquant que vers les années 1972, quand la première banque du sang était créée, la transition sanguine était basée sur le don volontaire à 100%. Mais c’est après les évènements qu’on a constaté qu’il y a un recul du nombre de donneurs volontaires. Il ajoute que cette situation a permis l’apparition des donneurs familiaux et c’est eux qui ont pris le pas sur les donneurs volontaires. « Jusqu’aujourd’hui nous avons de difficultés à avoir suffisamment du sang en stock pour faire face aux éventuelles urgences », dit-il. Le directeur affirme que le don volontaire de sang vient de quelqu’un, qui volontairement décide de venir faire un don pour un malade qu’il ne connaît pas. Les études ont montré que le don volontaire du sang permet d’éviter les maladies transmissibles, donc quand quelqu’un vient volontairement donner son sang, c’est quelqu’un qui a conscience de son état de santé. Selon lui, quand un membre de la famille est malade, les gens sont forcés de venir pour se proposer de donner leur sang et que les donneurs familiaux sont moins fiables. C’est dans ce sens que, dit-il, l’OMS insiste sur la transfusion basée sur les donneurs volontaires.
Au centre de la transfusion sanguine du centre hospitalier général de référence, les donneurs familiaux sont à majorité à plus de 85%. Le directeur relève seulement 14 à 15% de donneurs volontaires, il y a 4 ans. Il précise que les données de 2021 ont mis en exergue un don volontaire de seulement 7,13 % pour la ville de N’Djamena.
Au sujet du sang qui serait vendu par les employés du CNTS, le directeur de ce centre national est clair. Au Tchad tout le monde sait que la poche du sang est gratuite jusqu’à preuve du contraire et l’institution qu’il dirige, ne vend pas de poches de sang. Il soutient qu’il faut distinguer deux cas, et cela n’est spécifique au Tchad, ça se passe de la même manière un peu partout dans le monde. Le Dr reconnaît qu’il y a de brebis galeuses dans toute société et au CNTS, il n’en manque pas, surtout que le sang est un produit précieux. Il soutient que quand un produit est rare, il donne lieu à une spéculation. « Nous avons eu de plaintes que certains de nos collaborateurs vendent du sang, mais quand nous demandons à ceux qui se plaignent de nous aider à mettre la main sur ceux-là afin de les sanctionner, ils se rétractent », explique le directeur du CNTS.
La conservation du sang est coûteuse
Le sang humain est tellement précieux que pour le conserver dans de bonnes conditions, afin qu’il puisse être utile aux éventuels, il faut de moyens pratiques. À son avis, les poches dans lesquelles on prélève du sang sont importées, les réactifs aussi sont importés, et la conservation a un coup. Le chercheur insiste en soulignant que les produits sanguins sont l’une des matières les plus coûteuses quant à leur production et à leur conservation.
À propos de la durée de la conservation du sang, Dr Djimadoum dit que cela dépend du produit, parce que quand on prend une poche du sang, on peut fractionner en plusieurs composants dont on peut en faire un concentré de globules rouges, un concentré de plaquette standard et du plasdon frais congelés. Il ajoute que les différents composants ne se conservent pas de la même façon. Selon lui, les globules rouges peuvent être conservés à 4 degrés et peuvent durer pendant 35 jours. Les paquettes ne vivent que 5 jours et il faut avoir une salle climatisée avec une température et le plasdon, une température de 35 degrés et peut durer un an.
Le directeur lance un appel aux Tchadiens de donner leur sang pour sauver de vies, car le sang humain, quel que soit les avancées de la science, on ne peut pas le fabriquer de manière industrielle. Il exhorte aussi les bonnes volontés à se mobiliser pour mettre à la disposition du CNTS ce produit pour les éventuels malades.
Jules Doukoundjé
Nadège Hountinto
Élue officiellement le 2 juillet dernier à la tête du Caucus des Femmes du parlement panafricain, la conseillère nationale Amina Tidjani Yaya a regagné ce jour 4 juillet la capitale tchadienne dans une ferveur populaire.
Nouvellement élue présidente du Caucus des femmes du Parlement panafricain Amina Tidjani Yaya a regagné son pays natal ce matin. Une liesse populaire s'est rassemblée à l'aéroport internationale Hassan Djamouss de N'Djamena.
Pour Achta Adoum. B, présidente de l'Association des femmes pour la paix et sensibilisation au Tchad présente à cet accueil avec des membres de son association affirme qu'elle est contente et en tant que femme que sa compatriote Amina Tidjani soit élue. Elle souligne que voir le nom du Tchad ou le tricolore national flotté sur la scène internationale grâce à une femme est un honneur pour elle et toutes les femmes tchadiennes. Mme Achata appelle ses sœurs de suivre l'exemple de cette dernière. Elle exhorte la nouvelle Présidente du Caucus Amina Tidjani a porter haut le nom de la femme tchadienne, « le développement de toute société ou nation, la femme est incontournable. La Présidente doit lutter pour l'autonomisation de la femme et ses droits », affirme-t-elle. Ache Youssouf Adam, point focal de l'ONG « Voix de la Femme » de la commune du 8e arrondissement de N'Djamena était aussi présente, elle affirme « c'est pour la première fois que le Tchad prend la tête de cette institution. Je félicite madame Amina et je lui souhaite courage pour ce nouveau défi », dit-elle.
À son atterrissage à l'aéroport Internationale Hassan Djamouss, la Présidente de Caucus des Femmes du parlement panafricain a exprimé ses sentiments de joie d'émotion. Elle a ensuite affirmé que son mandat va se focaliser sur les droits de la femme, l'autonomisation économique, la scolarisation et le maintien des filles à l'école.
Rappelons que le Caucus des Femmes du parlement panafricain est une organisation rattachée à l'Union Africaine (UA) avec 54 pays membres. Il est composé de 118 députés.