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Comme chaque année les universités d’État du Tchad d’une manière générale et celle de N’Djamena en particulier a de la peine à boucler l’année académique sans difficultés ou grèves. L’élasticité des années est fréquente. Au campus de Toukra, les examens du premier semestre de l’année académique 2021-2022 sont suspendus pour manque des copies d’examen. Reportage.

Depuis le mardi dernier, au campus universitaire de Toukra les examens du premier semestre sont suspendus dans certains départements à l’instar du département de sciences et techniques de l’information et de la communication et celui d’histoire pour manque des copies d’examens. Ce manque  frustre les étudiants. « La session normale dans notre département est suspendue depuis la semaine dernière. Il nous reste deux unités à composer malheureusement nous ne pouvons pas le faire pour  indisponibilité des copies. C’est vraiment dommage », dit une étudiante. Contrairement au campus de Toukra, à la Faculté Ardedjoumal le manque des copies n’est pas un problème pour les étudiants.

Pour Dr Mahamat Almahdi AbdelMadjid, Chef de département de droit et science politique, les copies pour les examens sont disponibles. Il soutient que les étudiants de son département composent cette semaine « comme vous l’aurez constaté vous-même, les étudiants sont en pleine composition »,  dit-il.  Selon une source proche de l’Université de N’Djamena, la pénurie des copies qui affecte le campus de Toukra depuis un bon moment risque de contaminer la Faculté d’Ardedjoumal et de Farcha.

L’Université de N’Djamena a été créée en 1971 sous l’appellation de l’Université du Tchad. Si par le passé elle fonctionnait sans difficulté et produisait des cadres, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Depuis plus de trois décennies, l’université traverse des crises qui affectent son bon fonctionnement. Ces crises sont d’ordre institutionnel, organisationnel, politique et économique.

Abderamane Moussa Amadaye
Sangnoudji Francine  

Les diplômés de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) ont manifesté devant le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la promotion de l’entrepreneuriat pour demander le respect du quota dans le cadre de l’intégration. Ils dénoncent aussi le non-respect d’intégration de l’INJS basé sur l’intégration par promotion. Reportage.

Une centaine des diplômés de l’INJS en instance d’intégration ont manifesté devant le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Entrepreneuriat pour réclamer le respect du quota. Ils estiment que le quota d’intégration dans les autres ministères est relativement élevé, mais par contre dans leur ministère ce quota serait au plus bas de l’échelle. Selon eux, dans certains ministères tels que le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Femme et de l’Action sociale, le quota varie de 1500 intégrations à 800. Mais dans leur département de la Jeunesse et des Sports, ils ne sont que 577 lauréats en instance d’intégration et l’État n’a pu recruter que 80 diplômés en 2020.

Pour le Secrétaire général adjoint (SGA) du comité de pilotage de lauréats en instance d’intégration de l’INJS, Yaminko Salomon, le quota attribué au ministère est une injustice caractérisée, une injure à l’égard de ce ministère. Selon lui, les jeunes représentent 70%, normalement ce serait le ministère qui devrait bénéficier d’un grand quota pour l’intégration, mais c’est le contraire qui s’est produit. Il estime que donner 80 places pour ce département, c’est une injustice qu’il ne faut plus accepter.

Le SGA souligne qu’après la manifestation, le ministre Mahmoud Ali Seïd leur a promis qu’il sera leur défenseur au sujet du dossier de l’intégration en cours. Selon Yaminko Salomon, le ministre de la Jeunesse dit ce chiffre est un mensonge et promet de faire rehausser le taux d’intégration pour son ministère. Le porte-parole des lauréats de l’INJS en instance d’intégration exhorte le gouvernement de la transition à respecter ses engagements, car le Président du Conseil Militaire de Transition (PCMT) a lui-même dit que l’année 2022 sera l’année du sport et de la jeunesse. « Nous n’imposons pas un quota au gouvernement, mais qu’il fasse tout pour intégrer les 577 diplômés de l’INJS qui sont en train de chômer », dit-il. Le SGA explique que parmi les lauréats, il y a ceux qui sont de la promotion de 2009, 2011, 2013 jusqu’en 2021. Ils n’ont pas bénéficié de l’intégration passée. Or, soutient-il, les lauréats de l’INJS sont directement liés par un acte juridique comme quoi après la formation, ils seront directement intégrés par le gouvernement.

Yaminko Salomon a aussi dénoncé les irrégularités lors de l’intégration qui avait eu lieu en 2020. Il souhaite que l’intégration soit faite par promotion et par ordre de mérite, comme stipulent les textes de l’INJS.

Pour mettre fin à cette pratique nébuleuse disent les concernés, les lauréats en instance d’intégration ont écrit au ministre de la Jeunesse pour lui demander de respecter le principe d’intégration de l’INJS et de faire le suivi de dossiers pour éviter la perte de ces dossiers qui sont entassés à la Fonction publique.

Jules Doukoundjé
Djénom Josiane

Après deux trimestres passés, la mairie de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne, a décidé de vérifier si les propriétaires de mini bus ont payé leurs taxes. La police municipale procède depuis quelques jours dans les rues et sur les marchés de N’Djamena au contrôle des paiements. Ce contrôle est parfois source de conflit entre les conducteurs et les policiers municipaux. Reportage.

Sous le soleil de la saison pluvieuse, la tension monte entre un chauffeur de mini bus et les agents de la police municipale. Le contrôle de mini bus, de porte-tout, communément appelé « pousse-pousse » et taxi par les autorités municipales perturbe certains usagers des transports en commun. Ces usagers  expriment souvent leurs mécontentements. Ils sont souvent frustrés par les contrôles inopinés des policiers. « J’habite très loin au quartier Ambatah dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Je ne possède pas un engin pour venir au travail, pourtant mon lieu du travail est à Farcha, le mini bus est mon seul moyen de transport », explique un habitué des mini bus. Selon cet usager, si la police municipale veut bien faire, elle doit contrôler ces minibus avant qu’ils ne se mettent en route.

« Je ne sais pas ce qu’ils font avec l’argent de taxe. Les routes sont mal bitumées, et celles qui le sont en mauvais états », dit un chauffeur de taxi en colère. La taxe annuelle du minibus est de 35 000 FCFA, les « poussepousses » paient 11 000 FCFA.

Selon une source proche de la mairie, ils ne pourront pas aller au bureau de Syndicat de chauffeurs de mini bus et taxis puisqu’ils ne sont pas tous inscrits sur le registre du bureau. « Une fois collecté, l’argent va à la caisse de l’État. C’est ce qui permet de payer les agents de la municipalité, de faire le curage de canalisation, d’entretenir les véhicules de la commune », affirme-t-il

Un conducteur de porte-tout soutient, « Dieu merci je n’ai pas subi le contrôle pour la taxe, mais des amis étaient verbalisés. Ils sont, ensuite, partis récupérer leurs engins, ils ont payé 11 000 FCFA pour la taxe et 2000 FCFA pour la garde. Chaque année nous payons 10.000fcf pour la taxe et 1000 F CFA pour la plaque ».

Le contrôle des engins roulants est devenu un vrai casse-tête tant pour les conducteurs de porte-tout (pousse-pousse), de minibus, de taxis que pour les usagers.

Mariam Mahamat Abakar

Le ministre de l'Environnement, de la Pêche et du Développement durable Mahamat Ahmat Lazina a animé ce 30 juin 2022 au sein de son ministère une conférence de presse avec les médias publics et privés tchadiens. Le reboisement de la capitale et l'arrêté de nomination des chefs de détachement jugé scandaleux par la population ont été au cœur de cette conférence. Reportage.

Vingt-quatre heures après la publication la nomination des agents gardes forestiers et fauniques comme chefs de détachement d'appui et sécurité dans les différentes provinces signée par le ministre Mahamat Ahmat Lazina et jugée discriminatoire et scandaleuse vis-à-vis de la population méridionale du pays. Lazina sort du silence.

À l'entame de ses propos, M. Mahamat Ahmat Lazina a souligné que ce point de presse consiste à édifier la population et faire de la lumière sur la gestion de son ministère. Avant d'entrer dans le vif du sujet, l'ancien opposant radical au défunt Deby père a tenu à rappeler le volet pratique de l'opération de reboisement de la ville de N'Djamena et ses environs. Il a relevé que ce travail consiste à créer une ceinture verte tout autour de la capitale. Il estime qu'il est temps de restaurer les anciens paramètres et reboiser la capitale qui est devenue déplorable et inquiétante en matière d'environnement. Pour se faire, le ministre de l'Environnement a annoncé que son ministère compte planter plus de 2500 arbres dans les différentes rues de N'Djamena, « ce travail sera fait en parfaite collaboration avec la mairie centrale », affirme-t-il.

S'agissant de l'arrêté jugé discriminatoire et qui a secoué les réseaux sociaux, Lazina reste sur sa position en affirmant que ces nominations sont justes. Selon lui, ceux qui ont été nommés sont des Tchadiens et ils ont droit de servir leur pays, peu importe leurs origines ou leur foi. Le numéro un de l'environnement ajoute que ces nominations ont respecté toutes, « la garde forestière est régie par l'ordonnance 006. Je ne peux pas outrepasser les textes. Je suis appelé à les respectés », a-t-il confié.

Abderamane Moussa Amadaye

Les « boissons locales » valorisées ce jeudi 30 juin. Un tout premier festival ouvert, ce matin au Centre culturel Talino Manu à N'Djamena par Mahamat Hissein Fredé, Inspecteur général du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’Entrepreneuriat. Reportage.

C'est parti pour la toute première édition du festival dédié aux boissons locales (FESBOL) . Le thème  est : « boissons locales, source d’entrepreneuriat pour la jeunesse tchadienne ». C'est dans une ambiance bonne enfant ce matin au centre culturel Talino Manu de Moursal que ce festival nouveau genre a démarré. Mahamat Hissein Fredé, Inspecteur général du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’Entrepreneuriat coupe le ruban et officialise le lancement.  Des stands des produits et mets variés sont accessibles aux publics N'Djamenois du 30 juin au 03 juillet 2022. D’autres activités culturelles et musicales vont maintenir l'ambiance au cours de ce festival sur l’esplanade du Centre Talino Manu.

Selon Nérolel Mbounadé Firmine et Bétioum Koussidi Christelle, initiatrices du FESBOL, la promotion et la valorisation de la production locale constituent les véritables enjeux pour ces entrepreneurs locaux.  A leurs avis, au-delà de l’exposition et de la vente des boissons, des séances de formations sur plusieurs thématiques et la vente des mets locaux sont également prévues. Elles affirment que ce Festival permet aussi aux délégations venues d’ailleurs et d’ici d’exposer sur les boisons locales et la gastronomie.

Pour le représentant du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’Entrepreneuriat, ce festival s’inscrit dans le cadre du programme de son ministère. C’est une initiative à encourager, dit-il. Il va plus loin et promet que le festival de boissons locales va être célébré l’année prochaine à sa juste valeur avec le concours du ministère de tutelle. Car soutient-il, leur département ambitionne accompagner tous les projets de développement culturel.

Quelques curieux visiteurs interrogés sur les lieux se plaignent du prix de la boisson locale. « Il est vrai qu’elles se sont bien organisées, mais 500fcf pour une petite bouteille de boisson locale c’est très cher tout de même », disent les uns. Les autres estiment à leur avis que c’est normal de vendre à un prix raisonnable au prorata de leurs investissements pour la transformation.

L’exposition compte plus de dizaines de stands tous équipés de produits bio-naturels.

Mariam Mahamat Abakar
Nadège Houtinto

Les Conseillers nationaux prennent leurs vacances ce 30 juin. Mais avant cela, ils autorisent l'exécutif à légiférer par voie d'Ordonnance dans les matières qui relèvent du domaine de la loi dans un délai requis. Motif, combler le vide juridique. La commission réunie a adopté le rapport par 66 voix pour dont 4 par procuration, 0 contre 0 abstentionReportage.

Les conseillers nationaux viennent de mandater le gouvernement à légiférer par voie d'Ordonnance dans les matières relevant du domaine de la loi dans un délai requis. La cause? Les conseillers partent en vacances dès ce 30 juin. Après la présentation du rapport relatif au projet de l'ordonnance par le Rapporteur de la commission Politique Générale, Droits fondamentaux et Libertés, Brahim Ben Said et le vice-président Me Bongoro Théophile, le document a été adopté à 66 voix pour, contre, et 0 abstention.  Selon la tradition parlementaire, les Conseillers nationaux tiennent deux  sessions ordinaires par an. La première s'ouvre le 1er février et n'excède pas 150 jours. La 2e s'ouvre le 1er septembre et n'excède pas non plus 120 jours.

Le Président du Conseil national de la Transition (CNT) Haroun Kabadi a fait un résumé des efforts consentis par les conseillers au cours de la 1re  session ordinaire qui s'est achevée. Il s'est félicité de la sécurité et de la stabilité au pays malgré quelques événements malheureux survenus à Abéché dans le Ouaddaï, à Sandana, à Danamadji dans le Moyen Chari et à Kouri Bougoudi au Tibesti. Sur le plan éducatif, Haroun Kabadi apprécie la tenue des examens, le Brevet d'Enseignement Fondamental (BEF) et le Baccalauréat dans le calendrier régulier. Il a regretté la mauvaise répartition des pluies qui ont causé la mauvaise campagne agricole cause de l'urgence alimentaire décrétée par les hautes autorités. A ce sujet, le Président du CNT a aussi déploré la flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché. Il n'a pas non plus oublié le dialogue des politico-militaires à Doha au Qatar. Haroun Kabadi estime qu'il y a une lueur d'espoir pour une fin meilleure pouvant permettre la tenue du dialogue national inclusif à venir.

Le Président du CNT a souhaité bonnes vacances aux conseillers avant de leur demander de mettre à profit leur séjour auprès de leurs différentes populations dans la sensibilisation et les échanges. Ce sont des moments importants pour un parlementaire, dit-il, de comprendre de plus près les besoins de sa population. Cela va permettre de recenser les doléances et de les exposer au retour pendant la 2e session pour la recherche des solutions communes.

Les mots de clôture de la première session ordinaire ont été dits en présence du Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert, et quelques représentations des Organisations internationales accréditées au Tchad.

Moyalbaye Nadjasna
Djénom Josiane  

Le Conseil national de la transition (CNT) mis en place depuis 9 mois déjà par le Conseil militaire de la transition (CMT) pour jouer le rôle de parlement provisoire, les conseillers disent être satisfaits de leur travail. Après ces 9 mois exercices, quelques conseillers expriment ici leur point de vue sur leur fonction qu’ils qualifient de marathon et de harassant surtout dans la confection et l’adoption des projets des lois. Reportage

9 mois après leur installation officielle, les 93 conseillers nationaux, représentant les 23 provinces du pays et la diaspora pour jouer le rôle de parlementaires provisoires vont prendre une pose de 2 mois à partir de ce 1er juillet. 9 mois, selon eux, de travail harassant et marathon au service de la nation pour voter les projets de lois en attendant le dialogue nation inclusif (DNI). A l’occasion des vacances parlementaires, certains conseillers donnent leurs avis sur leurs tâches et l’évolution de la transition.

Pour le conseiller Manadji Tolkoum Bertin, président de la commission éducation nationale, culture, jeunesse sports, arts et loisirs, ce sont des activités intenses, il y a une parfaite collaboration entre les conseillers et que les différentes commissions. « Nous avons bien travaillé pendant les 9 mois ». Selon lui, pour les uns, c’est un apprentissage difficile, mais il faut s’imprégner de la réalité des activités parlementaires. Il souligne que les 9 mois ont été bénéfiques pour les uns et les autres. M. Tolkoum Bertin soutient qu’ils ont adopté assez des lois pour le bon fonctionnement du pays, de l’État et du gouvernement. Il explique que beaucoup de projets des lois ont été soumis et tous les projets de lois ont été adoptés par les conseillers nationaux.

Le conseiller national Brahim Ben Seid, rapporter de la commission politique, se réjouit du travail bien fait. Il mentionne aussi que plusieurs lois ont été votées. Il estime que des lois sociales ont été votées, celles sur la police nationale, la paix, sur la caisse de retraite, sur le statut de l’armée nationale. Il ajoute que le débat est élevé et indépendant. Et ces débats contradictoires ont permis de prendre des décisions qu’il faut dans l’intérêt du peuple.

Dans le même esprit, le conseiller national Mahamat Nimir Hamata, de la commission défense et sécurité dit être satisfait parce que pendant cette première session 2021-2022, ils ont eu à adopter plusieurs projets de lois qui sont envoyés par le gouvernement, conformément à sa feuille de route. Il a évoqué les lois adoptées pour le ministère en charge de la Défense et de Sécurité. Le conseiller Mahamat Nimir Hamata révèle que 7 lois ont été adoptées pour ce ministère surtout pour la justice militaire, la loi portant orientation du système de renseignement au Tchad, le projet de loi portant secret défense nationale et le projet de loi sur le statut général de la police nationale. Selon lui, sa commission a beaucoup fait pour l’amélioration du système de sécurité de son pays. Et il en est fier.

Enfin, la conseillère Katia Djonfoun, dit aussi, être satisfaite et que jusqu’à présent, les choses se passent bien. Selon elle, la paix s’installe progressivement au Tchad et c’est un soulagement pour tous. Katia Djonfoun reconnaît que les projets de lois votés par les conseillers ont permis au gouvernement d’asseoir une politique pour pérenniser ses actions. Elle remercie le peuple tchadien qui a fait preuve de maturité dans leur action malgré les difficultés. La conseillère affirme que ce qui l’a le plus marqué dans l’hémicycle, c’est le climat de convivialité entre les conseillers, surtout la rigueur dans le travail. Mme Djonfoun soutient que le pays est en train de traverser un moment spécial, il faudrait se mettre ensemble pour asseoir un travail digne. « Tout ce climat, cette volonté qui a animé chacun de nous m’a véritablement marqué pendant ces 9 mois », dit-elle.

Jules Doukoundjé
Sangnoudji Francine

Le Tchad fait partie des pays où les prix des denrées alimentaires connaissent une inflation des prix sans précédent. L'insécurité alimentaire et la malnutrition touchent 5,5 millions de personnes et 1,7 million sont en situation d'insécurité alimentaire sévère selon le rapport du Bureau de coordination de l'action humanitaire de l'ONU (OCHA). Le coût de la vie continue à être à la hausse. Des prix qui pèsent sur le panier des ménages. L'équipe d'Ialtchad Presse s'est rendue dans quelques marchés de la capitale, N’Djamena, pour constater cette hausse. Reportage.

Comparé aux mois passés ou l’année écoulée, les prix à la consommation a connu une hausse considérable et le panier de la ménagère est durablement touché. Ismaël Bahar Abdallah, la soixantaine révolue, acheteur trouvé au marché d'oignons et pomme de terre estime que toutes les choses et plus précisément les denrées alimentaires au marché a connu une forte hausse de prix. Il relève que la défaillance incombe l'État tchadien qui ne régularise pas les ventes, « au temps du Président Tombalbaye, si un commerçant n'indique pas le prix sur le tableau, on le verbalise et le boutiquier risque de voir sa boutique fermer. Le contrôle de prix au marché ainsi que les boutiques du quartier était strict, l'État contrôlait tout pour qu'il n'y ai pas inflation de prix au marché et même dans les boutiques au quartier. Aujourd'hui, c'est la désolation », affirme-t-il.

A quelques mètres se trouve Khadija Ali, ménagère. Pour elle, les prix de l'oignon, de l'aile, du haricot, d'huile, etc. ont connu une hausse considérable. Elle souligne que le « coro » de l'oignon qui était vendu par le passé à 900 FCFA est aujourd'hui à 1250 ou 1500 FCFA, soit une inflation de 40 à 45%. Mme Khadidja Ali indique que le haricot a connu une hausse de prix, le « coro » qui était à 1000 FCFA est en hausse de 50%, il est désormais à 1500 FCFA, a-t-elle martelé. Elle interpelle le gouvernement à venir en aide pour qu'en fin la population puisse vivre décemment chez elle.

Si la hausse de prix affecte fortement la ménagère, les commerçants ne sont pas du reste. Ils se plaignent, eux aussi.

Amgoudja Kebir, commerçante soutient que le prix a haussé chez les grossistes. Pour elle, aujourd'hui le « coro » d'oignon est vendu à 1500 FCFA soit le double du prix il y a quelques mois. Elle ajoute que le sucre, l'huile d'arachide ont connu aussi une hausse. « Le litre d'huile que nous vendons par le passé à 750, 800 aujourd'hui, nous le vendons à 1500 FCFA et le « coro » de sucre est passé de 1500 FCFA à 2500 ». Selon elle, le commerçant ne peut pas acheter le sac ou les bidons d'huile à un prix élevé et vendre à perte, dit-elle. Amgoudja interpelle le gouvernement tchadien pour appuyer et motiver les agriculteurs. Elle estime que l'autosuffisance alimentaire n'est possible que par la production en quantité suffisante de l'intérieur avec le soutien de l'État. Du côté des céréales, Lamadine Djibrine vendeur grossiste de maïs, l'un des aliments le plus consommés par les N'Djamenois confie ce dernier temps la provenance du céréale est exclusivement le sud du pays. Il relève que par le passé, le maïs provient du Lac-Tchad et un peu du centre. Selon lui, la forte demande, la production d'une seule contrée, le transport et les magouilles des agents de la sécurité en route expliquent clairement la hausse de prix du maïs au marché. Le sac de maïs de 100kg qui était à 24000 FCFA est désormais vendu aux alentours de 30 000 FCFA a indiqué Lamadine. Cette vente impacte aussi ceux qui vendent en détail, autrement dit en la vente en Koro a ajouté le commerçant de céréales.

Soulignons qu'au début de ce mois de juin, par un décret, le gouvernement de transition a déclaré une urgence alimentaire et nutritionnelle. Malgré que le Tchad dispose d'un énorme espace de terre fertile et sans égal, le gouvernement appelle les partenaires humanitaires à venir en aide à la population. Selon nos sources, les partenaires boudent et reprochent au gouvernement tchadien sa propension à trop investir dans la sécurité.

Abderamane Moussa Amadaye

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