Les ex-travailleurs de Tchad Cameroun Contractor TCC ont décidé de camper ce 21 juin à la direction générale d’Esso. C’est pour faire suite à la déclaration de l’inspecteur général de la justice qui demande aux ex-travailleurs d’exiger le paiement de leurs droits sociaux à Esso et non au ministère. Ils ont passé des heures et il a fallu l’intervention du directeur général de la police pour que ces derniers acceptent de quitter les lieux. Reportage
Ils sont nombreux à camper devant la Direction générale d’Esso et exigent qu’un programme de paie ou un chèque sorte de cette institution avant qu’ils ne quittent les lieux. Parmi eux, des personnes de troisième âge et des malades couchés à même le sol. La tension est très vive. Quatre heures plus tard, les leaders Ali Hassan Zakaria et Djédouboum Apollinaire ont quitté pour une audience qui leur sera accordée à la présidence. À la sortie de cette audience, l’ordre est donné par les plus hautes autorités au pouvoir judiciaire d’exécuter l’ordre. Séance tenante, le greffier en chef du tribunal de Moundou qui est chargé du dossier a reçu l’ordonnance lui permettant de prendre connaissance de la grosse. Reste à se mettre en collaboration avec Esso afin de procéder au paiement des ex-travailleurs. Une nouvelle accueillie par de larges sourires aux visages par les ex-travailleurs qui ont bravé les intempéries.
Bien avant, le commissaire central arrive à la direction générale d’ESSO et tente de calmer la tension. Il a pris avec lui les représentants des ex-travailleurs de TCC pour aller voir la directrice générale d’Esso. Après presque 45 min de discussion, les représentants font leur sortie et tout le monde accoure pour écouter la nouvelle. À la surprise de tous, le commissaire central a plutôt proposé aux ex-travailleurs de retourner à la Bourse de Travail. Les voix se sont levées pour dire non à cette proposition.
Ali Brahim rejette en bloc cette proposition et affirme que c’est son cadavre qui va bouger de la direction générale d’Esso. Pour lui, le verdict est tombé depuis plus de dix ans mais Esso refuse d’exécuter l’ordre de justice. Les autres ex-travailleurs ont quitté Doba, Moundou, Miandoum, Bébedjia pour venir à N’Djamena et c’est très difficile pour ces personnes, a-t-il souligné. « Nous ne voulons rien que notre argent », a-t-il dit. Une autre Zenaba Abakar très remontée ajoute que s’il s’agit de mourir, ils vont mourir. « Je refuse de subir l’injustice pendant tout ce temps. Cela fait 18 ans que nous sommes au chômage. Si je meurs aujourd’hui, mes enfants vont prendre l’argent. Je demande aux ex-travailleurs de ne pas avoir peur, on va dormir ici aujourd’hui s’il le faut ».
Au final, c’est le directeur général de la police nationale qui est venu sur les lieux pour calmer la colère des ex-travailleurs. Il leur a fait entendre raison en donnant un délai de 3 jours pour lui permettre d’utiliser ses relations afin de trouver d’une solution définitive à ce problème. Il a promis prendre la lutte en main et promet de venir voir le ministre de la justice pour discuter avec lui sur l’annulation des ordonnances et remettre les copies à Esso. C’est alors que les ex-travailleurs ont pris la route pour Bourse du Travail.
Kouladoum Mireille Modestine
Difficile de le mettre dans une case tellement il est partout. Il porte plusieurs casquettes : est-il un influenceur? Un leader d’opinion? Un libre penseur? Il préfère le titre de spécialiste des politiques publiques. Il ne se lasse jamais de débattre même lorsqu’il est attaqué de toute part. Il est fonctionnaire de métier. Il rejette le droit à la réserve du à son statut de fonctionnaire avançant des arguments juridiques de la Fonction publique qui l’autorise. Il a été le plus jeune candidat à l’élection présidentielle de 2016 avant de se faire recaler. Il a été membre du cercle de réflexion stratégique pour la réélection, en avril 2021, du défunt président Deby Itno. Il est président du Think Tank « Tchad, notre patrimoine ». C’est un soutien du Conseil Militaire de Transition. Nous recevons Kébir Mahamat Abdoulaye pour échanger sur l’actualité, sur ses prises de position, sur la transition, etc.
Vous êtes fonctionnaire, M. Kébir, vous êtes partout dans les médias et sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui disent Kébir est un fonctionnaire, il est tout le temps dans les médias en train de parler ?
C’est une question qui revient de façon récurrente, pour moi c’est normal, les gens posent cette question pour pouvoir comprendre. Effectivement un fonctionnaire est un travailleur qui a un contrat avec l’État, il a des droits et des obligations. Il faut rappeler que nous sommes dans un système démocratique et la liberté d’expression est garantie par la Constitution. Nous avons la loi 17 en son article 7 qui reconnaît que le fonctionnaire jouit de la liberté comme les autres citoyens. Plus loin, l’article 8 et 9 disent que les fonctionnaires peuvent se constituer en association, en organisation syndicale pour garantir leurs intérêts. Cependant certains fonctionnaires sont tenus à l’obligation de réserve, ce qu’on appelle la neutralité politique selon leurs statuts. Il s’agit des magistrats, des policiers, les militaires, les gendarmes, etc. Dernier point important tous les fonctionnaires sont tenus à respecter le secret professionnel qui est différent de l’obligation de réserve.
Vous êtes président d’un Think Tang (groupe de réflexion), cela fait partie de la société civile ?
Think Tank est une appellation anglaise. C’est un groupe de réflexion. J’aime être dans ces genres d’organisation.
On peut-être fonctionnaire et être dans un Think Tank, être dans un parti politique, etc. sans problème ?
Oui cela ne pose pas un problème. La loi le permet.
Vous avez suggéré la baisse de la bonbonne de gaz à 1000. Il y a depuis quelques jours une pénurie. Vous l’économiste, qu’est-ce qu’on fait ?
Oui j’ai constaté aussi. Jusqu’aujourd’hui je ne sais pas les causes de cela. Est-ce que c’est une spéculation ? Est-ce qu’il y a un problème de spéculation, est-ce que c’est au niveau de l’apprivoisement ?Au niveau de la production ? Au niveau des prix ? Est-ce que la demande et plus forte ?C’est un phénomène nouveau qui se répète. Bref la production est suffisante pour couvrir les besoins de la population. Maintenant par rapport au prix, nous au niveau du Think Tank Tchad, notre patrimoine nous avons fait 100 propositions qui correspondent aux 100 jours de l’avènement du Conseil Militaire de Transition (CMT). C’est dans ce document que nous avons fait la proposition de baisser le prix de la bouteille de gaz de 2000 à 1000 pour donner accès aux ménages les plus démunis.
On est carrément dans la pénurie. Pas de solution, vous l’économiste ?
Est-ce qu’on parle de pénurie ? Je crois qu’il faudra attendre pour voir la réaction du ministère du Commerce ou de l’Autorité de régulation du Secteur Pétrolier Aval Tchad (Arsat) ou un communiqué de société nationale du raffinage.
M. Kébir vous êtes un soutien affirmé et assumé du CMT. La transition se déroule depuis plus d’un an. Tout va bien ? Il y a quelque chose à améliorer ? À corriger ?
Comme toute transition il y a des moments difficiles. Lorsque le CMT a été mis en place, au début les gens n’avaient pas compris. Et disaient pourquoi le CMT a été créé ? Certains réclamaient le retour à l’ordre constitutionnel ? Aujourd’hui la transition fonctionne. Elle fonctionne sans grande difficulté, sans grand obstacle et sans crise majeure même s’il y a eu quelques couacs.
Quels couacs ?
Par exemple certaines manifestations organisées. Des manifestations qu’il faut au bénéfice du CMT. Le droit de manifester est devenu une réalité effective dans notre pays. Plus de 20 manifestations ont été organisées soit le nombre le plus élevé depuis 1960. C’est une avancée. Les partis politiques continuent de fonctionner normalement, la presse et les libertés d’association aussi marchent bien.
Est-ce que vous êtes en train de nous dire que c’est un cadeau fait aux Tchadiens par le CMT ? Les Tchadiens ont le droit de manifester, non ?
Ce n’est pas le CMT qui donne, mais le CMT assure. Malgré le contexte sécuritaire et le décès du Maréchal, le CMT a assuré. Vous avez vu depuis un an le Conseil national de transition (CNT) fonctionne, il y a un gouvernement d’union nationale et la continuité de l’État.
M. Kébir. Non pour rétablir un peu la vérité ce n’est pas un gouvernement d’union nationale pour préciser à nos téléspectateurs. C’est issu d’un coup d’État.
Non je récuse votre terme de coup d’État. Ce qui s’est passé n’est pas un coup d’État.
C’est quoi selon vous ?
Le gouvernement n’a pas été renversé, le président est mort au combat, aucune arrestation, les membres du gouvernement étaient là. Donc un coup d’État est quelque chose de prémédité.
M. Kébir c’était des civils qui ont pris le pouvoir ?
Non ce ne sont pas des civils. Ce sont des généraux lorsqu’on parle de CMT. Ils ont pris leurs responsabilités historiques.
Vous ne répondez pas à ma question. C’était un coup d’État oui ou non ?
Non ce n’était pas un coup d’État. Le président de l’Assemblée nationale a décliné l’offre de prendre le pouvoir.
Il y a eu des manifestations contre la France, vous étiez contre. Vous avez qualifié les manifestants d’enfants et d’idiots. Pourquoi vous dites cela?
Je vais un peu préciser l’expression que j’ai utilisée. Les téléspectateurs peuvent aller lire mon texte qui est encore disponible. J’ai employé l’expression « les idiots utiles ». Une expression utilisée par Lénine, dirigeant de l’ex-URSS pour qualifier les gens instrumentalisés, manipulés.
Par qui ? On a vu des gens instrumentalisés, des enfants, des gens qui ne connaissent même pas la cause. Moi-même je suis allé rencontrer les manifestants pour échanger avec eux. La plupart étaient des adolescents, des enfants, il y avait aussi des adultes, mais « c’est quoi France barra ? »
Pour l’équilibre M. Kébir, les manifestations du 14 mai étaient contre l’ingérence de la France dans les affaires tchadiennes.
Il y a un autre objectif aussi, c’est demander le départ de l’armée française du Tchad et des bases militaires françaises.
Vous êtes pour ou contre ?
Ce n’est pas la France qui a décidé d’envoyer ses troupes ici. Ce n’est pas aussi la France qui a décidé d’avoir des bases ici. Ce sont les anciens chefs d’ États tchadiens qui ont fait appel à la France. Vous savez les bases militaires étaient justifiées à l’époque.
Est-ce vous êtes en train de dire que les Tchadiens n’ont pas le droit de manifester chez eux contre la présence d’une force étrangère ?
Pas les Tchadiens. Ceux qui sont sortis manifester le 14 sont des Tchadiens. Ils ont le droit de manifester contre le CMT combien de fois contre la France. Ils ont le droit de manifester contre la France, mais ils n’ont pas le droit d’aller au-delà du but, de casser, de vandaliser les biens d’un ami historique du Tchad. Il faut réviser les accords entre le Tchad et la France pour un nouveau partenariat entre les deux pays. Ces accords doivent être votés par l’Assemblée nationale pour qu’ils soient transparents et accessibles.
Et les arrestations des leaders ?
Ils sont les responsables en cas de débordements, de casses et de morts. Ils sont les premiers responsables. Ils doivent assumer, c’est ainsi qu’ils ont étés arrêtés conduits à Moussoro et jugés. C’est une décision de justice qu’il faut respecter. Je pense que la justice a même été clémente. 1 an avec sursis. Je dis cela par rapport à la gravité des faits. Personnellement je ne veux pas de cela, mais malheureusement on est arrivé à cela.
Le Dialogue national (DN), qu’est-ce que vous en pensez ?
Le DN n’est pas mené au rythme qu’on souhaitait. Le pré dialogue au niveau national c’est fini depuis longtemps. Maintenant, il y a le pré dialogue avec les politico-militaires qui prend du temps, cela fait 3 mois qu’ils sont à Doha. Qu’ils arrivent à un accord pour que le grand dialogue puisse se tenir rapidement sans aucun tabou.
Justement question sans tabou, le fédéralisme va-t-il faire partie des débats ?
Oui. Le fédéralisme est aussi l’une des thématiques. Il y a d’autres sujets plus importants.
Le sentiment de beaucoup des Tchadiens ce que l’État unitaire a échoué. Ils ont le droit de tenter le fédéralisme non ?
Nous avons commencé avec l’État unitaire puis nous sommes arrivés à L’État unitaire décentralisé. Puis dans les années 2000, nous sommes passés à l’État unitaire fortement décentralisé qui n’a pas connu une application effective.
Vous avez suivi la sortie de celui qu’on appelle le grand-frère national Daoussa Deby qui disait en gros que la transition va mal, le pays va mal. Il appelait la jeunesse à plus de compétence. Plus de patience lorsqu’on sait qu’il faisait partie de ceux qui ont géré bien ou mal géré ce pays. Qu’en pensez-vous de sa sortie sur l’état de la nation?
J’ai suivi l’entrevue. C’est l’un des oligarques de l’ancien régime. Lorsqu’il qualifie les climats des affaires de dégueulasse voire très dégueulasse, je suis étonné. Il jette des accusations, surtout des accusations qui concernent le CMT.
Il dit que tout va mal
Est-ce que ce qu’il a dit s’est passé en une année ? Je ne pense pas. Donc sans se rendre compte, il rappelle les années ou lui-même faisait partie intégrante, l’épine dorsale du régime. De toutes les façons, c’est un Tchadien il a le droit de s’exprimer.
Vous comme soutient du CMT, vous n’avez pas senti qu’il réglait ses comptes ? Qu’il est mécontent ?
Qu’est-ce qu’il vise derrière cette entrevue, mais tout ce qu’il a dit n’est pas justifié. S’il n’est pas content est-ce qu’il faut qu’il le dise à travers une entrevue ? Je constate qu’il retrouve sa liberté d’expression.
C’est juste une liberté d’expression ?
Il ne pouvait pas dire cela quand le Maréchal était vivant.
Est-ce qu’il n’a pas dit la vérité sur le CMT ?
J’ai dit qu’il a le droit d’exprimer son avis. Je ne partage pas entièrement son avis.
Vous êtes aussi comme dit plus haut président du Think Tank Tchad, notre patrimoine. Vous avez été reçu par le président de la transition. On ne rentre pas à la président sans sortir avec une enveloppe, dit-on. Avez reçu un appui financier du président de la transition ? Dites aux Tchadiens clairement qu’est qui s’est passé ?
Depuis l’arrivée du CMT au pouvoir, le président de la transition reçoit régulièrement les partis politiques, les associations, des Tchadiens de la diaspora, etc. C’est dans ce cadre et à notre demande que nous avons été reçus. Nous l’avons rencontré le 12 janvier et lui ont remis un document qui contenait 100 propositions. Nous lui avons présenté nos vœux du Nouvel An. Et nos activités. Nous sommes dans une phase importante de notre, nous n'avons rien reçu. Aucune enveloppe. Aucun centime. S’il faut demander ou recevoir quelque chose du président de la transition, est-ce que c’est à travers une rencontre publique ? Je ne pense pas. Il y a plusieurs autres moyens.
Non c’est parce qu’il y a eu beaucoup de bisbilles dans votre organisation.
Je voulais que tous les membres soient reçus par le président de la transition, mais le protocole exige un maximum de 5 personnes, pas plus. C’est comme cela que j’ai choisi 5 personnes pour cette rencontre. Certains ont mal interprété.
Comme vous êtes proche du CMT, le président de la transition Mahamat Idriss Deby Itno ne se présentera pas ?
Moi j’ai une autre approche, c’est-à-dire que tout Tchadien qui souhaite se présenter à une élection présidentielle il faut lui accorder ce droit. Il ne faut pas accorder ce droit à certains et empêcher d’autres.
Parce qu’il assure une transition. Il ne faudra qu’il reste juge. Non ?
En 1990 il y a eu une période de transition, jamais on n’a soulevé un problème.
30 ans plus tard, est-ce que c’est faisable ? C’est acceptable ? Il n’est pas mieux d’être arbitre ?
La décision lui appartient. Ce n’est pas à nous de décider à sa place. S’il estime que non moi j’assure la transition jusqu’à la fin sans me présenter c’est son droit. S’il souhaite se présenter à l’élection présidentielle, c’est aussi son droit. On ne peut pas accorder ce droit aux autres et le lui refuser.
Parce que les autres n’ont pas assuré la présidence de la transition
Est-ce que c’est la première fois qu’on organise une transition et que ceux qui sont à la tête de cette transition ne se sont pas présentés. Vous savez en 2016, on a commis la grosse bêtise en relevant l’âge de candidature à la présidence de 35 à 45 ans. Cela a cristallisé l’année 2017, 2018 jusqu’au second forum de 2021 pour encore pour relever l’âge de 35 à 40 ans. Il faut laisser les Tchadiens choisir leurs dirigeants.
Bello Bakary Mana
Le Tchad célèbre ce lundi 20 juin, la journée mondiale des réfugiés sous le thème « le droit de demander l’asile ». Célébrée chaque année, cette journée permet de mettre en lumière la persévérance et le courage des personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays d’origine pour échapper au conflit. Depuis quelques années, le Tchad accueille plus 500 000 réfugiés, devenant ainsi le premier pays d’Afrique centrale à ouvrir ses portes à ceux-ci. Reportage.
La journée mondiale du réfugié a été célébrée pour la première fois le 20 juin 2001 pour commémorer le 50e anniversaire de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Elle est initialement connue sous le nom journée africaine des réfugiés, avant que l’assemblée générale de nations unies ne la déclare officiellement journée internationale qu’en 2000. Le thème de cette année est « le droit de demander l’asile ». Cette journée permet de mettre en lumière la persévérance et le courage des personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays d’origine pour échapper au conflit ou à la persécution. Elle est l’occasion de favoriser une meilleure compréhension et une empathie sur le sort des réfugiés et de faire connaître leur résilience.
Pour le président du comité central des réfugiés au Tchad, Monguila José, chaque jour, plusieurs personnes fuient leur pays ou leur lieu d’habitation d’origine à cause de violence. Selon lui, pour le cas du Tchad, plusieurs demandeurs d’asile viennent frapper les portes de la commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNARR) pour déposer leurs dossiers. Au sujet de la demande d’asile, il souligne que c’est seulement à N’Djamena que les dossiers tardent d’être traités. Le président du comité des réfugiés se plaint en disant que les demandeurs d’asile ayant déposé leur dossier subissent la lenteur de traitement de leurs dossiers qui va de 2 à 3 ans, alors que le délai normal est 90 jours. Le comité central des réfugiés demande au gouvernement tchadien représenté par le CNARR, au Haut-Commissariat des Réfugiés (HCR) et aux partenaires de les aider à faire aboutir les dossiers. Monguila José demande aussi aux bailleurs d’augmenter le budget de l’opération humanitaire en faveur des réfugiés au Tchad.
Mahamat Abdramane, administrateur principal du CNARR, rappelle que le Tchad accueille depuis 2003 sur son sol, des milliers de réfugiés et des déplacés, avec l’appui du HCR. Il exhorte les partenaires à poursuivre les efforts consentis pour venir en aide à ces personnes en déplacement forcé, en leur apportant assistance et protection afin d’améliorer leur condition de vie. L’administrateur principal du CNARR évoque aussi le rôle joué par le gouvernement tchadien dans la protection et la sécurisation des camps des réfugiés et des humanitaires.
Dans la même veine, le représentant résident du HCR au Tchad, Papa Kysma Sylla, rendant hommage aux réfugiés, magnifie l’excellence relation entre le HCR et le gouvernement tchadien. Il plaide pour qu’on accueille les réfugiés dans la dignité et sans discrimination. « Le Tchad est un exemple à suivre en Afrique et au-delà pour la protection internationale des réfugiés et de demandeurs d’asile », dit-il. Selon lui, cette hospitalité légendaire du Tchad qui demeure une terre de refuge pour les personnes qui fuient les persécutions est cristallisée par les nombreuses initiatives qui sont prises pour permettre une parfaite cohabitation pacifique entre les réfugiés et les communautés hôte. Papa Kysma Sylla promet aux réfugiés que l’institution qu’il représente se tiendra toujours à leur côté pour la quête d’un environnement de protection, favorable et de solutions durables. Il demande aux réfugiés d’être vigilants à propos des vendeurs d’illusions pour lutter contre le trafic humain qui est une réalité dans l’Est du pays. Selon lui, c’est une manière de diluer la dignité d’accueil des réfugiés et cela n’a rien à voir avec les administrateurs, ni le HCR et ses partenaires. Il dénonce ce phénomène et demande la mobilisation de tout le monde. Il les met en garde contre les passeurs et les trafiquants qui viendraient les voir pour leur proposer de sommes d’argent pour les amener en Occident. Il conseille aux réfugiés d’être les acteurs de la paix et de la cohabitation pacifique.
Lors de la cérémonie, les réfugiés ont organisé les sketches sur le circuit à suivre pour avoir ses papiers au Tchad. Un film sur les activités réalisées par les réfugiés au Tchad, a été projeté.
Jules Doukoundjé
Baccalauréat session de juin 2022, la première série des épreuves écrites est lancée ce lundi 20 juin sur le territoire national. Ialtchad Presse est allé au Lycée évangélique au quartier Moursal dans la commune du 6e arrondissement pour constater le déroulement des épreuves. Reportage.
C’est la série G1 francophone, centre de N’Djamena qui compose au lycée évangélique de Moursal. Au total ce sont 617 candidats qui passent les épreuves. 1h après le lancement des épreuves écrites, quelques candidats sortent souriants des salles d’examen. Ils affirment avoir bien travaillé pour la première épreuve. « Je trouve que les sujets sont abordables. Pour le reste des jours, aucune idée. J’ai trouvé le sujet de dissertation très abordable. Je ne sais pas si c’est le cas pour les autres candidats », dit Fatimé Abdoulaye candidate, série G1. Un autre candidat Mahamat Haroun Idriss est soulagé. Il est entré dans la salle de composition avec l’idée de réussir son baccalauréat. Il soutient que son optimisme a fait qu’il a bien traité la première épreuve. Il compte tenir le cap pour les jours suivants.
Orbira Yaignar est la présidente du centre du lycée évangélique affirme que le baccalauréat session de juin 2022 est effectif parce que les acteurs impliqués ont mis très tôt en salle les candidats après les fouilles. Sinon, c’est le cas des candidats qui viennent seulement le jour J et perdent du temps à retrouver leur centre et leur salle. « Il y a certains candidats qui viennent d’autres centres et sont un peu perturbés. Mais nous avons pris les dispositions pour faire les orientations par salle et nous avons lancé la première épreuve. Tout se passe bien en ce moment. Nous avons débarrassé les candidats de leurs téléphones et des bouts des papiers sur eux. Cela a fait que nous n’avons pas encore rencontré les cas des fraudes », précise-t-elle. Aucun autre souci majeur n’est à signaler dans ce centre. Sur le plan sanitaire, les dispositifs sont pris par l’ONECS qui a envoyé une infirmière avec quelques comprimés. Mais aucun candidat n’est venu se plaindre et aucun cas de maladie n’est enregistré, a-t-elle affirmé.
Haoua Adoum
Baccalauréat session de juin 2022, les épreuves écrites sont lancées ce 20 juin au lycée Ibrahim Mahamat Itno de Farcha par le délégué général du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena Brahim Seïd Mahamat. Pour cette première journée, ce sont les candidats des séries G1, G2 et G3 qui composent les épreuves écrites. 42.246 candidats toutes séries confondues composent dans 31 centres retenus pour le compte de la ville de N’Djamena. Reportage
C’est parti pour le baccalauréat session de juin 2022 sur le territoire national. 97.915 composent dans 135 centres à travers le pays. Dans la capitale tchadienne, 42.246 candidats toutes séries confondues composent les premières épreuves écrites dans 31 centres retenus. C’est le délégué général du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena Brahim Seïd Mahamat qui a lancé les épreuves. Il était accompagné du délégué provincial à l’Éducation pour la ville de N’Djamena Mahamat Djibrine Saleh. C’est à 08H00mn que l’enveloppe contenant les épreuves pour les séries G1, G2, et G3 sont distribués aux candidats par le délégué général du gouvernement Brahim Seïd Mahamat. Il encourage les candidats à plus de discipline dans le traitement des sujets. « Les enseignants ont fait leur part, il reste aux candidats de faire la leur. Nous vous demandons d’être sereins, à travailler dans le calme et surtout à ne pas se précipiter. Lisez et relisez vos sujets pour bien le cerner. D’ailleurs les épreuves ne sont pas différentes de vos devoirs habituels dans les classes », a-t-il indiqué.
Dans son discours de circonstance, le délégué provincial à l’Éducation Mahamat Djibrine Saleh reconnaît les efforts qui ont été fournis de part et d’autre pour bien finir l’année scolaire. Il s’en réjouit, car selon lui, le pays a connu plusieurs années de perturbations dans le calendrier des examens et concours, mais le rythme est retrouvé cette année. « Tous les examens se sont déroulés au mois de juin comme il est de coutume. Cela a été possible grâce à un contact permanent entre les partenaires de l’éducation notamment le gouvernement les parents d’élèves et surtout les syndicats des enseignants qui ont placé l’intérêt de nos enfants au-dessus des leurs. C’est le lieu de leur reconnaître le dévouement et l’esprit de sacrifice qui les a caractérisés pendant toute l’année scolaire 2021-2022 », déclare-t-il. Il encourage donc vivement les parties prenantes précitées à plus d’ouverture pour redorer le blason de l’école tchadienne.
Kouladoum Mireille Modestine
A l'instar des autres pays d'Afrique, le Tchad célèbre chaque mois de juin la journée de l'enfant africain. Depuis les deux dernières décennies, plusieurs associations et ONG qui interviennent dans le domaine des droits et de la protection de l'enfant ont été créés. Ils interviennent au côté de l'État pour promouvoir la culture du droit à l'éducation, à santé ou encore la protection contre le mariage précoce et la lutte contre la délinquance juvénile. Parmi ces ONG et associations figure SOS Villages d'Enfants, une association internationale humanitaire qui a pour but d'offrir aux orphelins un cadre de vie familial et l'assurance d'une relation affective et éducative durable. L'équipe Ialtchad Presse s'est rendu au villages des enfants de N'djari pour le constat. Reportage.
Implantée au Tchad le 18 mars 2005 plus précisément à N'Djamena dans la commune du 8e arrondissement à une centaine de mètres de l'hôpital de la Renaissance de N'Djari, le village d'enfants est quadrillé par mur en béton avec trois entrés principaux, deux au sud et un au nord. En son sein, il comporte douze maisons familiales dont quatre détériorés par les aléas climatiques et l'incendie, une école primaire baptisée au nom du fondateur de l'association Herman Gmeiner, un terrain de foot ball avec une tribune latérale, un terrain de basketball, une cantine scolaire, un centre de santé et un space vert dédié aux orphelins et autres du village.
Pour le Directeur National Ndoutabet Ngardoum Richard la mission de son Centre est d'assurer la prise en charge parentale des enfants qui ont perdu leurs parents et ceux qui sont à risque de les perdre. Il affirme qu'il y a deux programmes au niveau du Tchad, l'un consiste à la prévention de l'abandon des enfants en travaillant avec des familles, des communautés pour s'assurer que les enfants bénéficient d'une prise en charge parentale adéquate au sein de leur famille. « Ce premier programme consiste à réduire le risque d'abandon d’enfants, il sensibilse et met des moyens pour permettre aux familles d'être autonome et capable de prendre en charge les enfants et d'assurer leurs droits », dit-il.
Pour le second programme, le Directeur National souligne qu'il consiste à faire la prise en charge alternative. Cette prise en charge vise les enfants orphelins et ceux qui ont été abandonnés sans référence. Cette catégorie fait partie des groupes cibles affirme Ndoutabet Ngardoum Richard. « La prise en charge alternative consiste à mettre les orphelins et les enfants qui non pas des familles au village des enfants. Ils sont logés dans les maison de famille dirigées par des parents SOS qui s'occupent normalement de ses enfants comme leurs progéniture biologique. Cette prise en charge est assurée « 24/24 », affirme-t-il. Le Directeur National lance un appel à l'endroit du gouvernement à prendre davantage des décisions pour les enfants et à la population tchadienne d'épouser la culture d'aide aux enfants en difficultés.
Abderamane Moussa Amadaye
Les préparatifs du baccalauréat session juin 2022 vont bon train. Tous les présidents des centres sont arrivés dans leurs centres, sauf quelques-uns, à cause de la distance. Les épreuves écrites vont démarrer lundi 20 juin dans les 135 centres du pays. Toutes les séries vont commencer ce même lundi, sauf la série A4 qui entrera en examen le mardi 21 juin. Reportage.
Tout est fin prêt pour entamer le baccalauréat session juin 2022. Au total 97 915 de toutes séries confondues sont appelés à composer, soit 61% des candidats de la série A4. La ville de N’Djamena a, elle seule 42.228, soit 43,13%, 55.687 candidats pour les autres provinces, avec un pourcentage de 56,87%. Les premières épreuves commenceront le lundi prochain avec les autres séries, sauf la série A4 qui débutera le mardi.
Pour le président du jury du bac session 2022, Dr Andjaffa Djaldi Simon, la particularité découle du fait que d’année en année, l’effectif va croissant et ils élaborer et développer les stratégies pour faciliter l’organisation pratique de l’examen. Selon lui, il s’agit de ne pas demander à tout le monde de venir et chacun aura le temps nécessaire pour composer. Le président du jury souligne que cette particularité découle simplement du fait qu’ils veulent que tout se passe bien, et pour que les conditions de travail soient améliorées d’année en année.
Pour les candidats, Dr Andjaffa Djaldi Simon, précise que tout examen a ses règles et le règlement dit qu’aucun candidat ne doit venir en salle muni de tel ou tel document, sauf si ce document est autorisé. Il ajoute que ce sont les candidats de séries c et d qui sont autorisés à apporter certains outils et cela doit apparaître clairement dans la règle. Le président du jury affirme que le candidat viendra en salle qu’avec sa carte biométrie qui atteste bien que c’est lui le candidat et il a son outil de travail qui son écritoire.
Le président Andjaffa exhorte les candidats à être sereins et de réunir toutes les conditions nécessaires et utiles pour réussir leur examen. « Le baccalauréat n’est autre qu’un examen comme toute autre », dit-il. Il soutient que c’est comme un devoir de classe qu’il suffit de bien se comporter et de ne pas chercher à tricher. Il conseille aux candidats se comporter comme s’ils étaient en classe devant son petit sujet. Le président du jury affirme qu’il n’y a pas de miracle, les sujets proposés sont dans la plupart des cas des sujets quelquefois traités en classe, et ajoute qu’on ne sort jamais de programme officiel.
Le lancement officiel du baccalauréat session juin 2022 sera lancé à Massakori, dans la province de Hadjer Lamis par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les candidats n’ont que 2 jours de révision avant le jour J.
Jules Doukoundjé
Une association agropastorale dénommée Hirondelles vient de lancer officiellement ses activités, samedi, 18 juin 2022 depuis son siège à N’Djamena. Autorisée à fonctionner depuis le 22 mars 2022, elle œuvre pour le développement dans le secteur de l’agriculture, de l’élevage et de la nutrition.
Le rang des acteurs qui œuvrent pour le développement du secteur agricole et d’élevage s’agrandit. Une nouvelle association, « les Hirondelles » est née. Pour situer le contexte et les raisons de son existence, son président M. Adam Ahmat Moussa évoque le fait que l’économie du Tchad repose essentiellement sur ces deux pôles à 80 %. Il soutient aussi que malgré d’énormes potentialités dans ce secteur, la production reste toujours faible. Au niveau agriculture, élevage, pêche, ressources en eaux ou ressources naturelles, le constat identique insiste-t-il sur son propos. Et pourtant c’est la base du développement de l’économie du pays, dit-il.
Selon M. Adam Ahmat Moussa, le Tchad est confronté d’une manière récurrente au problème d’insécurité alimentaire dû à la forte dépendance des aléas climatiques. Il estime que le monde rural est sous équipée et manque de capacités techniques. Taux d’analphabétisation élevé, la pauvreté, l’instabilité sociale due aux conflits armés, afflux massif des réfugiés venus des pays voisins constituent aussi des facteurs qui ont influencé négativement ce secteur.
L’association s’est fixé les objectifs suivants : promouvoir l’agriculture et l’élevage, lutter contre la malnutrition, promouvoir la consommation des produits locaux, former et sensibiliser les populations pour une contribution efficiente à l’autosuffisance alimentaire. Le président de l’association indique qu’ils lancent leurs activités à un moment opportun. D’après lui, l’urgence alimentaire et la nutrition ont été déclarées par le gouvernement le 1er juin. À son avis, leur entité a mis déjà sur pied une cellule de riposte à l’urgence alimentaire et nutritionnelle. Le dernier semestre de l’année en cours, relate-t-il, leurs activités sont focalisées sur l’alimentation et la nutrition. L’association les Hirondelles entend aussi former les femmes dans le domaine de l’alimentation, les sensibiliser sur l’allaitement maternel exclusif, et l’élaboration d’un guide d’hygiène alimentaire. Il plaide auprès des partenaires pour les accompagner dans cette ambition.