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Le collectif des avocats des victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré demande une justice complète et non à moitié. L’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme au Tchad (ATPDH) estime qu’il faut poursuivre la lutte pour la restauration de la vérité.  Reportage.

Selon Mme Hildjima L. Agnès, présidente de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme (ATPDH), ils ont fait de la lutte contre l’impunité leur cheval de bataille depuis 1991, date de sa création. A son avis, l’ATPDH a intégré dans ses activités les crimes et exactions commis sous le règne de Hissène Habré. Pour elle cela ne fait aucun doute des violations massives des droits de l’homme ont été au cœur du système Habré. Mme Agnès souligne que leur association s’est inspirée par l’affaire Pinochet (Chili) et a décidé de contacter Reed Brody de Human Right Watch. D’après elle, Reed Brody s’est révélé être un vrai stratège dans la poursuite de Habré et ses complices. « Une coalition d’organisations tchadiennes, africaines et internationales : la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), la Rencontre africaine des droits de l’homme (RADHO), l’Union africaine des droits de l’homme (UADH), Amnistie internationale et la Fédération internationale des droits de l’homme, s’est mise en place. Main dans la main, cette organisation a œuvré avec l’ATPDH et l’Association des victimes des crimes et répressions de Hissène Habré (AVCRHH) pour obtenir la condamnation à perpétuité de Habré devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE) au Sénégal », révèle-t-elle.

Le processus a commencé depuis 2 février 2000 avec l’inculpation par le juge Mbakandji du dictateur tchadien, indique la présidente de l’ATPDH. Elle précise que cette démarche a survécu à tous les soubresauts politico-judiciaires et est parvenue à obtenir cette condamnation. « Les victimes et leurs avocats ont gagné leurs batailles, mais il reste la bataille de l’indemnisation et de réconciliation. L’ATPDH va toujours rester aux côtés des victimes et leurs avocats pour remporter aussi cette manche », lance-t-elle. Pour Mme Agnès, le collectif des avocats des victimes à leur tête Me Jacqueline Moudeina a effectué un travail impeccable, mais difficile. L’AVCRHH née sur initiative de M. Souleymane Guengueng, rescapé de geôle de Habré, présidée actuellement par M. Clément Abaifouta a fait également un beau travail. L’ATPDH poursuit dans sa dynamique de lutte pour la restauration de la vérité, insiste-t-elle.

La lutte n’est pas terminée, s’armer du courage

Me Jacqueline Moudeina, avocate principale des victimes fait état de 40 000 morts, des milliers des disparus suite aux atrocités du règne de Habré. Des veuves et orphelins sont abandonnés à leurs tristes sorts, poursuit-elle. Elle explique qu’ils ont trimé pendant 27 ans. Pendant ce temps, soutient-elle, certaines oreilles leur ont écouté et certains cœurs ont compati avec eux. Ceux-ci, rapporte l’avocate, se sont associés à eux sur le chemin de la justice. Simplement, dit-elle, parce que les victimes et les avocats n’ont pas choisi la vengeance. L’avocate rappelle que le processus du procès d’Habré a commencé à Dakar au Sénégal, puis en Belgique, revenu à Dakar, puis Nairobi en suite Rwanda et enfin revenu à Dakar. Elle affirme aussi que la création des Chambres Africains Extraordinaires (CAE) fait suite à une âpre négociation entre le Sénégal et l’Union Africaine (UA). Ce sont les CAE qui ont réussi à juger Habré. Nous avions un dossier solidement confectionné avec des preuves irréfutables. Cela a fait secouer la tête des juges d’instruction. Ils sont venus au Tchad au moins 5 fois en commission interrogatoire internationale, soutient-elle.

D’après Me Jacqueline, la fosse commune a retenu leur attention, c’est ainsi que des experts argentins étaient dépêchés sur le terrain pour procéder aux excavations. Cela pour avoir la certitude et l’assurance des preuves inscrites dans le dossier d’accusation. Me Jacqueline déplore le fait qu’à leur retour du procès c’est comme s’ils étaient aux toilettes. Selon elle, et les victimes et les avocats ont encaissé ces douleurs. L’avocate déclare qu’ils vont continuer à encaisser parce qu’au-delà, les victimes ne sont pas toujours indemnisées. « On nous dit qu’il y a justice, mais il n’y a eu jamais justice. La justice est complète et non à moitié. Si nous voulons l’impunité zéro en passant par la justice, c’est pour obtenir une justice complète. Il y a des personnes qui se sont constituées parties civiles et les juridictions leur ont fait droit. Mais jusqu’aujourd’hui leur constitution en partie civile est sans droit », tels sont les résultats du jugement de N’Djamena, assure-t-elle.

Moyalbaye Nadjasna

Le Ministère des Finances et du Budget a procédé ce jeudi à l’enrôlement biométrique des retraités et des ayants droit. Plusieurs retraités ont pris d’assaut la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) pour se faire recenser. Mécontents, certains retraités dénoncent une opacité dans le processus d’enrôlement. Reportage.

Plusieurs milliers de retraités, de veuves et orphelins ont pris d’assaut la CNRT pour faire le recensement biométrique afin de percevoir leurs arriérés et de payement et de coupons du 2e trimestre 2022. Le lancement de l’enrôlement a eu lieu ce matin en présence du représentant du ministre des Finances et du directeur de la CNRT accompagné de son équipe. Annoncé il y a longtemps, ce recensement biométrique devrait permettre aux autorités de la CNRT d’avoir des bases de données fiables des retraités et des ayants droit dans tout le pays. Cet enrôlement biométrique est nécessaire pour percevoir les arriérés de pensions et de coupons.

Environ 32 000 retraités qui vont se faire enrôler dans le pays. Et le processus durera 45 jours. Après les 45 jours, l’enrôlement va se poursuivre à N’Djamena pour les retardataires et pour ceux qui sont en voyage.

Pour le représentant du ministre des Finances, Loukman Hissein, le paiement des arriérés couplé avec l’enrôlement biométrique entre dans le cadre de la mise en œuvre du pacte social signé entre le gouvernement et les organisations syndicales. Selon lui, le président du Conseil militaire de la transition (CMT), le général Mahamat Idriss Deby a donné son accord pour le paiement des arriérés à hauteur de 13 milliards de frs CFA. Il soutient que pour traduire dans les faits, l’accord des finances a mis en place une commission paritaire pour assurer les activités de paiement. Il exhorte les retraités à faire preuve de patience et de compréhension pour que les opérations se déroulent dans de bonnes conditions.

Le directeur de la CNRT, Laring Baou se réjouit du lancement de paiement des arriérés couplé avec l’enrôlement biométrique, parce que ça a beaucoup traîné à cause des machines qui ne sont pas prêtes. « Maintenant c’est chose faite, peut-être les premiers jours vont être un peu difficile parce qu’on ne maîtrise pas tout. Mais ça ira », ajoute-t-il. Pour les retraités et les ayants droit qui avaient manifesté pendant plusieurs jours pour réclamer le paiement des arriérés et de coupons, il affirme comprendre leur situation, qu’ils ont besoin de leur dû, c’est leur droit et c’est pour cela qu’ils s’évertuent pour que la biométrie puisse permettre à ce que le bon droit aille à la bonne personne. Selon lui, la biométrie permet d’informatiser les informations pour que désormais on les paye le plus rapidement possible et à l’échéance. Le directeur précise que c’est simultané, celui qui se fait enregistrer va directement  au guichet pour prendre une fiche et retirer sa pension et ses arriérés.

Mais certains retraités et veuves ne sont pas satisfaits. Au cours de la cérémonie du lancement de l’enrôlement biométrique, ils ont voulu s’exprimer, mais les autorités de la CNRT ont décliné la demande. Frustrés, leur porte-parole le commandant Jean Blagué fustige en critiquant la main basse des autorités sur le processus d’enrôlement.

Les retraités et les ayants droit composés de veuves et des orphelins souhaitent avoir des informations claires sur le processus et le montant exact à percevoir. Ils dénoncent une magouille orchestrée par la CNRT pour couper leurs arriérés. Au moment où certains se font enregistrer, d’autres menacent dans la cour de ne pas se faire enrôler, si les autorités ne leur donnent pas des garanties.

Jules Doukoundjé

Le Syndicat national des Agents des Postes et Télécommunication SYNAPOSTEL a tenu une Assemblée générale extraordinaire ce 16 juin 2022. Le syndicat a évalué la grève sèche d’une semaine lancée du 09 au 15 juin dernier. A l’issu de cette Assemblée, les agents de la Société tchadienne des Postes et d’Epargne STPE ont décidé à l’unanimité de reconduire la grève pour 2 autres semaines à compter de ce jeudi 16 juin. Reportage

Deux points sont inscrits à l’ordre du jour de cette Assemblée générale extraordinaire : faire le compte-rendu de la rencontre avec le ministre de tutelle et évaluer la grève lancée il y a une semaine. Selon les représentants des agents de la poste ont compris que le ministre des Postes et de l’Économie numérique n’a pas la volonté de résoudre les problèmes de la STPE vu les questions qu’il pose lors de leur rencontre. Comme aucun compromis et aucune négociation n’est entamé, les agents ont décidé de reconduire la grève sèche pour 2 semaines à compter du 16 au 30 juin 2022.  Ils campent sur leur position qui est celle d’avoir leurs 7 mois d’arriérés de salaire.

Le président du Syndicat national des Agents des Postes et Télécommunication SYNAPOSTEL Addalil Abakar, affirme que le ministre fait semblant de savoir les problèmes auxquels fait face la poste. « Le ministre nous a demandé pourquoi nous observons la grève. C’est une drôle de question, mais on a pris le temps de lui expliquer les causes proches et lointaines qui a conduit à la grève. Il nous a écouté et a promis écouté la direction générale avant de nous confronter. En attendant la confrontation, nous allons continuer notre grève », explique-t-il. Addalil Abakar indique que pendant ce temps, le syndicat reste ouvert au dialogue. Dans le cas où la direction appelle pour négocier, le bureau va revenir consulter la base. 

Au sujet du deuxième point, le syndicaliste affirme que la grève a été suivie à 99% et demande à ses camarades d’être sereins, car selon lui, la lutte vient de commencer. Il attire l’attention de certains agents qui tenteront de saboter la grève en trahissant les autres. Il appelle ses camarades une fois de plus à la solidarité pour aller jusqu’au bout de leur revendication. Les uns et les autres ont abordé dans le même sens et proposent de changer de stratégie de lutte dans le cas où la grève ne marche pas. « Depuis que la grève a été lancée, la direction n’a même pas fait appel aux représentants du syndicat pour négocier. Tout de même, la grève a fait paniquer le ministre. Nous sommes fatigués d’enterrer nos collègues faute de soins. Si le ministre le veut, nous irons avec nos marmites vides pour dormir chez lui », lancent-ils. Une autre Assemblée générale est prévue le 30 juin prochain.

Kouladoum Mireille Modestine

932 candidats toutes filières confondues composent depuis le 15 juin les épreuves écrites du brevet technique considéré comme le baccalauréat dans le domaine industriel. Les candidats on t3 jours pour composer la phase écrite avant de passer à la phase pratique. C’est le lycée technique industriel (LTI) qui sert de cadre pour ce concours. Reportage  

Pour la ville de N’Djamena, 932 candidats au total composent le brevet technique, repartis en options commerciales, industrielles et hôtelières. Ils ont 3 jours pour composer la phase écrite avant de passer à la phase pratique qui durera deux semaines environ. Vaibra Nicolas est le président du jury du Brevet technique session de juin 2022. Il fait la répartition des candidats par filière. « Dans la filière commerciale, il y a la comptabilité gestion avec 98 candidats et le secrétariat bureautique avec 461 candidats. L’option industrielle compte quatre filières : la construction métallique 29 candidats, électrotechnique 159, froid et climatisation 41 et mécanique automobile 58. Ces trois options comptent au total 287 candidats. Et la dernière option de l’hôtellerie  comprend 11 candidats, dont 9 filles et 2 garçons ». a-t-il indiqué. Il a ajouté que les élèves du lycée technique industriel entrent en classe de seconde et composent le BT en classe de terminale. Pour lui, le BT est un examen qui s’organise après trois ans de formation au sein du LTI et qui équivaut au baccalauréat. La seule différence est qu’avec le BT, on peut accéder facilement au marché de l’emploi.

Le président du jury Vaibra Nicolas précise qu’après les résultats, les candidats admissibles vont composer la deuxième série avec deux ou trois matières selon les filières. Il donne également des précisions par rapport aux candidats libres. À son avis, les fonctionnaires de l’État ou les autres candidats qui n’ont pas de diplôme ont la chance de composer comme candidats libres pour avoir leur Brevet technique.

Haoua Adoum

Le ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de la Petite enfance en collaboration avec l’UNICEF et World Vision ont organisé la journée de l’enfant à Koundoul ce jeudi 16 juin au Centre National d’Accueil, de Rééducation et Réinsertion des Enfants Vulnérables (CNARREV) sous le thème « Éliminer les pratiques néfastes affectant les enfants ». Reportage.

Dès l’entrée du Centre, la cour est ornée par les placards sur lesquelles on peut lire « non au mariage d’enfants, ensemble pour un Tchad sans mariage d’enfants ». Tous les enfants sont habillés en tee-short de couleur bleu et blanc. La cérémonie a commencé par les danses des enfants et des interprétations musicales. « La journée de l’enfant africaine est notre journée. Nous sommes ici à Koundoul pour fêter notre journée cela nous a permis danser, de jouer et de participer aux jeux questions-réponses, aux devinettes et de manger avec d’autres enfants venus d’ailleurs », disent les enfants. Selon Koumgotou  Flora  Ambassadeur des enfants, la journée de l’enfant africain est une fête des enfants. C’est aussi l’occasion de rappeler que les enfants ont droit à éducation et nous avons des devoirs, insiste l’ambassadeur. Cette journée est très importante « nous sommes là toujours à sensibiliser nos amies sur les formes des violences faites aux enfants », affirment les enfants parlementaires.

Pour Donatien Visiraneza, représentant de World Vision et ses partenaires. Par cette activité ils cherchent à améliorer le bien-être des enfants en favorisant un environnement protecteur qui leur permet d’être pris en charge et protégés au sein de leur famille et de leur communauté. Pour lui, World vision travaille pour renforcer les capacités et de la résilience des enfants pour qu’ils puissent se protéger contre les abus, les exploitations et d’autres formes des violences.

Pour Jack Boryers,  représentant de l’Unicef  au Tchad,  l’Unicef a proposé au gouvernement tchadien la promulgation en 2017 de la loi ratifiant l’Ordonnance portant révision du Code pénal en y introduisant des sanctions contre les pratiques néfastes telles que les mariages des enfants, les mutilations génitales féminines, le plan d’action pour l’amélioration du système d’État civil en juillet 2017, puis l’adoption de la feuille de route nationale de lutte contre le mariage des enfants en 2019. Selon une enquête (MICS-6 2019) au Tchad plus de 3/4 des enfants 1 à 14 ans ont subi une agression psychologique, plus de 3/4 des enfants de 1 à 14 ans ont subi des châtiments physiques dont 30% ont subi des châtiments physiques sévères. Il conclut par les pratiques traditionnelles néfastes, 60.6% des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées avant l’âge de 18 ans et 1/4 des femmes âgées de 19 à sont actuellement mariées. 7% des filles âgées de 0 à 14 ans ont subi une forme de mutilation génitale.

Pour le représentant du ministre de la Femme, de la Famille et de la protection de la petite enfance Ahmat Sougi, Secrétaire général adjoint, le thème est évocateur parce que la privation des droits de l’enfant émane des pesanteurs socioculturelles. Elle se traduit par les punitions morales ou psychologiques, le châtiment corporel, le travail des enfants au nom de la tradition et enfin le SGA conclut en ce terme « 85,3% des enfants de 1 à 14 ans ont subi une méthode de discipline violente, plus de 20% des filles de 18 ans sont mariées ».

La cérémonie s’est déroulée dans une festive avec des animations culturelles et musicales des enfants. Il faut souligner qu’un musicien a animé la galerie et une fille a conclu la cérémonie  par une chanson « nous les enfants nous avons mangé, dansé et fêté à l’occasion de notre journée » .

Ousmane Bello Daoudou

Les victimes de l’ancien président tchadien Hissène Habré ont organisé mercredi, 15 juin une cérémonie de deuil national au centre Don Bosco de N’Djamena, capitale tchadienne. Les restes Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam ont été restitués à leurs familles respectives pour être enterrés dans leur village natal. Le ministre de la Justice Garde des Sceaux, ainsi que le conseiller spécial à la présidence, M. Djimadoum-yan Kayamou Énoch ont assisté à l’événement. Reportage.

10h. Le cortège transportant les restes de Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam franchit le seuil du centre Don Bosco de N’Djaména, capitale tchadienne. Veuves, orphelins, parents et sympathisants étaient se sont tous installés et tous se sont tenus debout pour accueillir les restes de ces deux victimes. Très vite la cérémonie a commencé malgré le retard connu à la suite d’une forte pluie torrentielle qui s’est abattue tôt le matin sur la capitale tchadienne. Les représentants des veuves et orphelins se sont relayés pour exprimer leurs amertumes. Ils insistent sur leurs indemnisations qui tardent. Selon les orphelins, un deuil national devrait s’organiser devant les autorités et à la place de la nation et non dans un coin caché de la ville, ici à Don Bosco. « Nous allons accompagner les restes de nos parents, mais à notre retour, nous allons donner une semaine au gouvernement d’assurer nos indemnisations. Faute de quoi, nous allons camper devant la présidence afin que justice nous soit faite. », promettent-ils.

Clément Abaifouta, président de l’association des victimes des crimes et répression de Hissène Habré (AVCRHH), et son collègue, représentant du président de l’AVCRP (association des victimes des crimes et répressions politiques) ont réitéré leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur lutte. Ils promettent d’utiliser tous les moyens légaux pour rentrer dans leurs droits.

Pour la coordonnatrice du collectif des avocats Me Jacqueline Moudeina, c’est une journée de douleur intense et profonde. Selon elle, restituer les deux restes montre que les 40 000 morts sous règne de Habré sont désormais enterrés dignement. L’avocate des victimes appelle les familles à s’armer de courage. Elle dit lever l’équivoque sur la question d’excavation. D’après elle, lorsque les juges d’instruction ont constitué l’expertise pour dépêcher sur le terrain afin de vérifier la véracité de fait ressortie sur le dossier, toutes les familles étaient conviées. Malheureusement dit-elle, c’est seulement les deux familles Djimokobaye et Baye Sam qui se sont présentées sur le terrain. C’est pourquoi, aujourd’hui c’est seulement les deux restes promis pour être restitués dans le procès-verbal ont été remis aux familles. L’avocate promet à leur retour, revenir à leur dossier qui est passé comme une lettre à la poste. A son avis, la justice est complète et non partielle. Il n’y a pas raison qu’on n’indemnise pas les victimes, insiste-t-elle. Me Jacqueline affirme qu’ils ont opté pour la justice et non pour la vengeance, mais ils sont désolés qu’on les traite comme un ballon de ping-pong.

Concernant les témoignages, Me Djomian Germain a présenté Djimokobaye Nadjigoto comme étant un grand commis de l’État, un instituteur de formation. Un homme courtois, aimable, aimant le travail bien fait, il fut nommé plusieurs fois sous-préfet et chef de poste administratif. Il fut arrêté le 8 octobre 1984 et exécuté trois jours après. Né vers 1928, à Doba dans le Logone géographique, Djimokobaye fut père de 12 enfants dont 4 sont décédés et 8 vivants. Baye Sam, lui est un chef de Canton né vers 1945 à Goundi.

62 ans de massacre, s’en est de trop

Le ministre de la Justice Ahamat Mahamat Alabo après ses mots de condoléances regrette les massacres au Tchad. Le Garde de Sceaux, parlant en son nom personnel, rappelle le massacre des manifestants pacifiques en 1963. Il se désole que les Tchadiens n’aient pas cessé d’être tués par d’autres Tchadiens depuis 62 ans. « Les massacres ont été perpétrés par les gouvernements successifs de notre pays depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui. Il est temps que cela s’arrête, il est temps que les Tchadiens comme des êtres civilisés ne puissent pas tuer leurs compatriotes pour avoir tout simplement exprimé une opinion contraire », interpelle le ministre. Ahamat Alabo souhaite que ces questions soient soulevées lors du Dialogue national inclusif (DNI) à venir. Ce qui va permettre aux Tchadiens de trouver ensemble une formule afin qu’aucun Tchadien ne meurt pour son opinion, dit-il.

Le conseiller spécial à la présidence, Djimadoum-yan Kayanan Énoch promet déposer son procès-verbal qu’il va aussi le présenté en haut lieu.

Moyalbaye Nadjasna

L’association pour la sensibilisation et la scolarisation des jeunes tchadiens (AJST) en partenariat avec la Banque sahélo-saharienne, l’Office Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) ont organisé ce 15 juin à la Bibliothèque Nationale du Tchad dans le 5e arrondissement de la ville de N’Djamena au quartier Amriguébé une formation gratuite en entrepreneuriat sur le thème « Six (6) heures pour créer son entreprise et accéder au financement de démarrage ». Reportage.

Plus de 200 jeunes venus de différents horizons de la capitale, N’Djamena, ont pris part ce matin, 15 juin à la formation d’entrepreneuriat organisée par l’association pour la sensibilisation et la scolarisation des jeunes tchadiens (AJST) avec le soutien de la Banque sahélo-saharienne, l’Office Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE), Tanguir Compagnie, etc. Elle vise à outiller les jeunes fraîchement diplômés des connaissances entrepreneuriales afin de pouvoir rédiger leur business plan, chercher des financements et s’autonomiser.

Hassanié Mahamat, participante à cette formation relève que cette initiative est salutaire, mais elle doute de sa débouchée de financement, « j’ai assisté à plusieurs formations d’entrepreneuriat, mais il y a un sérieux problème au niveau de financement. Le terrain est cruel » confie-t-elle. Toutefois, elle ajoute que le financement ne peut aucunement être un handicap à la formation et à la quête de connaissance.  À côté d’elle Alkhali Mahamat Saleh est assis. Jeune diplômé et débutant entrepreneur, spécialisé dans la vente de maïs. Il affirme que cette formation lui a permis de créer son entreprise et de chercher de financement auprès des partenaires. Il ajoute que ce genre de formation permettra de lutter efficacement contre le chômage des jeunes. Par rapport au temps de la formation, Alkhali Mahamat Saleh affirme que six heures ne sont pas satisfaisantes pour une pareille formation. Il suggère à l’association d’ajouter encore plus d’heures et d’étendre la formation sur des jours voire des mois, dit-il. Khadidja Moussa Souleymane est venue assister à la formation. Elle est pâtissière employée dans une boulangerie de la place. Elle souligne que c’est sa première participation à cette formation. Et ajoute que celle-ci lui permettra de lancer son entreprise afin d’être cheffe d’entreprise de pâtisserie de renommée au Tchad voire même de l’Afrique et du monde.

Pour Ahmat Tanguir, Président de l’ASJT, cette formation gratuite vise à former les jeunes en instance d’intégration à la fonction publique. « Il faut apprendre, encore apprendre pour entreprendre » affirme-t-il.  Il souligne que ça ne sera pas la dernière, « les 22 autres provinces du Tchad bénéficieront de cette formation et elle sera à la portée de tous les jeunes et gratuit » conclut le Président.  

Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou

Les enseignants chercheurs du département de la géographie de l’université de N’Djamena en appui avec l’ambassade de la France organise du 14 au 16 juin 2022 une série de conférences-débats au CEFOD.  Le thème abordé ce mercredi  15 juin est « La contribution de la géographie au développement du Tchad ». Ces conférences entrent dans le cadre des activités marquant la célébration de la journée de la géographie au Tchad

Selon Dr Moutedé Madji  Vincent enseignant chercheur à l’université de N’Djamena : «  La géographie, science à la fois naturelle et humaine, a pour but fondamental de comprendre la répartition des phénomènes dans l’espace. » Elle contribue à la connaissance des phénomènes naturels et humains dans le monde, à leur localisation et leur exploitation. Il a cité un auteur pour argumenter ses propos. Pour Dr Moutedé Vincent le développement renvoie à une marche vers l’épanouissement général des sociétés humaines, accompagnée des transformations. Il a ajouté que de nombreux géographes ont été formés depuis la création de l’université du Tchad  sont au service du pays dans divers domaines. Ils contribuent au développement socio-économique comme la production des connaissances scientifiques, les thèses, mémoires, études, rapports, cartes, etc. Du côté de l’aménagement du territoire, il a cité la planification et stratégie du développement urbain, plan des terrains urbains, cartographie et recensement de la population. La géographie contribue aussi au développement rural, dans la gestion de l’environnement, gestion de ressources humaines en eau et la production agricole et animale, dit-il.

Dr Moutedé Madji  Vincent  a souligné aussi les défis et perspectives que le nombre croissant des jeunes formés dans différentes universités du Tchad et d’ailleurs posera dans l’avenir une question de l’employabilité des jeunes géographes formés. L’adaptation de la formation des géographes, les contraintes  financiers matérielles, physiques, politiques à la production des connaissances géographiques ; l’imbrication des sciences géographiques et le développement des outils. Il affirme que les géographes ont des profils variés, «  ils contribuent au développement du Tchad à travers  la production des connaissances, l’aménagement   du territoire ; l’enseignement, etc. » Pour plus de la contribution des géographes au Tchad. Il faudra adapter la formation  de géographes aux besoins actuels. Aussi, il faudra associer l’État et des partenaires aux laboratoires de recherches pour apporter leurs contributions matérielles et financières pour une formation de qualités en géographie sans ignoré l’organisation des stages pratiques et des écoles de terrain en faveur des étudiants, a-t-il conclut.

Notons que, cette cérémonie commémorant la journée de la géographie au Tchad. Regroupe les géographes tchadiens des différentes provinces du Tchad, les anciens géographes  français qui ont été à l’origine de la création du département de Géographie et qui ont contribué à la science géographique au Tchad et les étudiants en géographie de l’université de N’Djamena.

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