Le festival culturel Dary se poursuit au palais des Arts et de la Culture à Diguel dans le 8e arrondissement. Ce 3 janvier la province du Mandoul est à l'honneur. Des sculptures en bois et des produits sont exposés au public. Reportage.
Après Tibesti, aujourd'hui c'est au tour de la province du Mandoul de présenter ses variétés culturelles aux Tchadiens. Selon Djobaye Madjoumgaye, le Mandoul est une province qui produit des artistes depuis la nuit des temps. Elle est une région artistique par excellence, a-t-il expliqué. Aussi, il affirme que sa province dispose aussi des produits locaux consommables divers et variés, dit-il.
Selon M. Djobaye, le nom Mandoul en langue locale signifie « le coin des artistes ». Il explique que les objets d'arts et plus précisément la sculpture en bois sont faits depuis leurs aïeux et ce savoir est transmis de génération en génération, a-t-il renchéri. « Dans le temps ancien, on utilisait le bois pour le transformer en des divinités, des tam-tams, etc. Et aujourd'hui nous en fabriquons d'objets d'arts pour exprimer notre talent ou décrire un fait », a-t-il confié. Sur la question de la valorisation de ces objets, il affirme qu'il y a des difficultés parmi lesquelles, «la vente locale de nos objets sont un véritable problème, plusieurs personnes ignorent leur valeur et en plus, au Tchad nous n'avons pas des expositions culturelles pour l'art afin d'attirer les touristes », a-t-il exprimé. Il estime que le pays pourra créer des emplois en valorisant la sculpture de bois et attirer plus de touristes, « ce ne sont pas les ressources humaines qui en manquent », dit-il.
De plus, M. Djonabaye a parlé aussi des produits locaux, « nos richesses culinaires », dit-il. Parmi lesquels le poids de terre très souvent transformé en farine pour la bouillie, le couscous, etc. Selon lui, ce produit est l'une des spécialités de la région. Il soutient que le poids de terre est riche en vitamine A, en calcium en en sélénium. Il cite également le riz, le beurre de karité et le miel, « ce sont tous des produits consommés dans le Mandoul et dans tout le pays. Ils font notre fierté et celui du Tchad », dit-il.
Le Festival Dary se poursuit jusqu'au 21 janvier au palais du 15 janvier. Des activités artistiques, culturelles diverses et variées sont produits chaque jour.
Abderamane Moussa Amadaye
Depuis quelques jours une flambée des prix réapparaît à Moundou, capitale de la province du Logone occidentale. Le prix du carburant est au centre des conversations entre les clients et les conducteurs des motos taxis. Se ravitailler en carburant à est un véritable parcourt de combattant pour les consommateurs, bien que les stations de carburant à la pompe ne soient pas fermées. Bien qu’elles soient ravitaillées régulièrement par la raffinerie de Djarmaya.
Ce phénomène inexplicable est diversement apprécié par les motocyclistes et les vendeurs à la sauvette. Pour les uns, la cause de cette flambée est savamment orchestrée par les commerçants véreux qui en ce début d’année veulent faire augmenter leurs chiffres d’affaires. Pour les autres, c’est parce que les travailleurs étrangers de la raffinerie de Djarmaya sont en congé. « Je ne comprends pas pourquoi il y a cette affluence dans la station, pourtant le prix n’a pas augmenté. C’est toujours 550 francs le litre d’essence à la pompe et 593 francs le litre de Gasoil », dit le comptable d’une station de pompage. Il précise qu’il faut reconnaître que la cause de cette affluence est que la demande est plus que l’offre créant une forte consommation. « Ce n’est pas facile » s’exclame un motocycliste sur sa moto. Il est venu chercher de l’essence, « cela fait plus d’une heure que je suis ici mais le rang est trop long, je ne suis pas encore servi ».
La ville de Moundou n’est pas à sa première pénurie, « si cette situation persiste je serais obligé de garer ma moto, car toutes mes économies sont parties dans cette fête », se lamente ce père de famille venu s’approvisionner en carburant. « Qu’allons-nous faire pour tourner notre entreprise s’indigne » un propriétaire d’un cyber ? ». Il ajoute que l’électricité n’est pas accessible et c’est grâce à nos groupes électrogènes que nous travaillons. Il faut que les responsables en charge de l’énergie et des hydrocarbures agissent rapidement pour nous soulager, et pourtant, dit-il, le gouvernement tchadien demande aux jeunes d’entreprendre sans mesure d’accompagnement.
« J’ai envoyé mon fils me payer le carburant à côté de la banque UBA au grand marché à 650 francs. Et je revends à 750 francs, cela me permet de gagner 100 francs de bénéfice », dit un revendeur d’essence à la sauvette. Selon ce revendeur, revendre un litre d’essence à 750 francs, c’est parce que les stations refusent de leur servir plus de 20 litres, il dit s’arranger autrement pour avoir de l’essence.
« Je suis chauffeur de moto taxi, faire la queue à la station pour payer 2 litres est une perte temps. Je préfère payer un litre même à 750 francs pour gagner un petit bénéfice que perdre ma journée », explique un autre « clandoman ».
À Moundou l’année 2023 démarre avec une situation sociale difficile qui vient s’ajouter aux dépenses enregistrées dans la célébration des deux fêtes de fin d’année. Première conséquence de l’affluence dans les stations-service le prix de déplacement à moto augmente. Par exemple aller de Djarabé, au grand marché coûte désormais 300 francs au lieu de 200 francs.
Mbaiwanodji Adrien, Moundou, Ialtchad Presse
La zone de défense et de sécurité numéro 9 a organisé la 15e édition de réveillon militaire ce samedi 31 décembre au camp militaire de Moundou. Une cérémonie présidée par le gouverneur de la province du Logone occidentale Ibrahim Ibni Oumar Mahamat Saleh. Il était entouré pour la circonstance des officiers de force de défense et de sécurité de la zone, les autorités administratives civiles, ainsi que les différents corps constitués de la force de défense et de sécurité.
La fête des armées est une opportunité aux forces de défense et de sécurité de se familiariser entre eux, mais aussi avec d'autres corps a dit le colonel Ibrahim Abdoulaye Al Hissein 2e conseiller de la zone en lisant son discours. Il invite ses collègues à la discipline en adoptant un comportement responsable vis-à-vis des civils. Et les a appelés à dénoncer toutes les dérives des militaires.
Dans son intervention, le gouverneur de la province a encouragé les forces de défense et de sécurité. Toutefois, il a déploré le sang des Tchadiens versés inutilement le 20 octobre. Il exhorte les militaires à faire preuve de professionnalisme en protégeant les citoyens et leur bien afin de restaurer la confiance.
Mbaiwanodji Adrien, depuis Moundou, Ialtchad Presse
Une dizaine de personnalités de la ville de Moundou distinguée a titre honorifique par l’Association Chrétienne pour l’Éveil et l’Action de Moundou (ACEA).
L’ACEA de Moundou organise la 1re édition de distinction aux cadres qui ont consacré du temps, de l’énergie, de l’intelligence, au service des personnes en détresse, au service de toute la population de la ville de Moundou, mais aussi pour les bonnes œuvres menées en 2022. L’évènement a lieu ce samedi 31 décembre 2022 dans la salle de la réunion de la mairie, une cérémonie présidée par le secrétaire général du département de lac-wey Tordjibaye Ngaourba. Ndilhornom Baoudel Osée et président de l’association en question.
M. Tordjibaye a remis des attestations aux nominés en les remerciant de leur ambition de construire des ressources compétentes et dynamiques au service de la ville de Moundou pour lui la célébration de cette distinction est une manière d’encourager ces personnalités par la qualité de leur travail et les actions exemplaires de promotion d’une véritable culture de l’excellence.
Il ajoute que l’organisation de la cérémonie est une prise de conscience de la maturité ou la quête du prix de l’excellence par les personnalités et les agents de l’État qui ont contribué à l’amélioration de la productivité au sein de l’administration. C’est un défi continu renchéri-il demandant que chacun continue à travailler pour le rayonnement de la province du Logone. Il a aussi demandé aux lauréats de demeurer des modèles pour les « moundoulais ».
Mbaiwanodji Adrien, depuis Moundou, Ialtchad Presse
Le président du Parti des Intellectuels et Socialistes Tchadiens pour l'Évolution (PISTE) Netoi-Allah Ringard a animé un point de presse ce samedi 31 décembre à 14h dans la salle de conférence de la radio oxygène dans le 7e arrondissement de la capitale tchadienne, N'Djamena. Il dénonce la dérive antidémocratique des autorités de la transition et il appelle les Tchadiens à se mobiliser. Il estime que 2023 sera une année pleine de défi et de lutte.
M. Netoi-Allah Ringard affirme que l’année 2022 qui s’achève est la pire des années que le peuple tchadien a connu dans sa vie. Le sang des Tchadiens a coulé à Sandanan, Faya, Abeché, Leo Mbassa, Mangalmé, Krim-krim, le tout couronné par des massacres des manifestants pour la cause de la justice et de l’égalité planifiée et orchestrée par le régime de transition le 20 octobre a-t-il déploré. Il ajoute que le régime clanique, dictatorial et dynastique instauré par la France a fait disparaître et torturer des milliers de jeunes tchadiens. Il poursuit ensuite que l’année 2022 a été aussi une année où les Tchadiens n’arrivent pas à manger à leur faim à cause des hausses vertigineuses des prix des denrées de premières nécessités créées par des commerçants véreux acquis à la solde du pouvoir, des milliers de personnes ont été contraints par les inondations d’abandonner leur domicile pour vivre dans la nature, celles-ci n’ont pas été prises en compte par le gouvernement n’eut été les réactions des bonnes volontés pour les secourir, a-t-il déploré.
Pour M. Ringard, l’organisation du Dialogue National Inclusif et Souverain qui devait aboutir à des conclusions pour refonder un Tchad nouveau, est devenu plutôt une rencontre entre copains où Mahamat Deby Itno et ses acolytes sans foi, « ils ont scellé le sort des Tchadiens pour qu’ils vivent dans le malheur et dans le calvaire », dit-il. Il soutient que l’année qui s’achève a été aussi marquée par le trafic des enfants de toutes les provinces du pays vers la partie septentrionale pour être utilisée dans les champs d’extraction de l’or, beaucoup sont morts sous l’œil complice des autorités nationales et provinciales.
Toujours selon lui, l'année 2022 n’a pas aussi été rose pour les populations du Méridional, les administrateurs envoyés dans cette partie du pays agissent comme des hors-la-loi. Il poursuit que l’énergie, une source inconditionnelle pour le développement d’un pays se fait rare, et les Tchadiens n’arrivent plus à produire. M. Ringard s'interroge sur la construction d’un aéroport internationale à coup de milliards à Amdjarass, la dotation de l’hôpital avec un scanner peut servir à quoi ? Pourtant les hôpitaux de N’Djamena où les besoins se font sentir n’en disposent pas, a-t-il ajouté. L’achat d’un Boeing par le président de transition interpelle.
Il demande au gouvernement d’annuler les arrêtés d’intégration discriminatoire de recrutement à la police. M. Ringard met en garde la France et affirme, « notre pays est utilisé par certaines puissances étrangères, dont la France, pour déstabiliser et persécuter nos voisins et frères centrafricains et nous demandons que cela s’arrête ».
Enfin, M.Ringard lance une alerte pour l’année qui commence, « le piste et le peuple tchadien doivent se lever comme un seul homme sans distinction d’ethnie, de religion et de province pour combattre les injustices et les inégalités ».
Noël Adoum
Le centre culturel Koulsy Lamko de la compagnie Hadre Dounia a organisé cet après-midi une cérémonie des remises des kits scolaires aux écoliers sinistrés et aux enfants de différents quartiers du 7e arrondissement de la ville de N’Djamena ce 31 décembre.
C'est un monde fou des parents, des enfants et autres visiteurs, des curieux de ces plus petits habillés en boubous et T-shirts de couleurs bleu or rouge et des différentes danses traditionnelles et modernes dans une ambiance festive. Pour Hadre Dounia nous avons réunis 1207 enfants venus de différentes villes. 32 enfants sinistrés ont reçu chacun un cadeau pour bien démarrer la rentrée après le congé. « Nous remercions les parents de nous faire confiance », dit-il.
Le dessinateur Massikaka Gotondé dit pardonner à tous ceux qui ont fait la discrimination, maltraité, ceux qui ont versé la sueur, le sang et les larmes des enfants, dit-il. Pour lui le pardon est un acte d'amour, une véritable force de transformation qui change nos nuits en jours. Il y a une grâce d'absolution qui est une force et non une faiblesse, qui unis, qui ne divise pas et rend vainqueur.
Les enfants dans leur intervention lancent un appel aux parents en les demandant de ne pas sous-estimer les autres humains qui ne sont pas de son ethnie ni de sa religion ni encore de sa communauté. « Il faut changer de comportement », disent-ils. Selon ceux il faut arrêter la pratique de mariage des enfants, l'excision, etc. « Ou encore de dépenser l'argent dans l'alcool alors nous souffrons à la maison » disent-ils.
Pour finir les enfants, prient Dieu de combler de sa bénédiction ceux qui privilégient l’égalité entre garçons et filles. Et ceux qui traitent les enfants handicapés au même niveau que les autres enfants.
Ousmane Bello Daoudou
Au festival Dary, le Mayo Kebbi Est (MKE) est en haut de l’affiche en ce début de soirée du 30 décembre 2022 au palais des Arts et de la culture avec ses différentes cuisines et danses de la région. Quatre danses sur scène et deux repas traditionnels dans les assiettes. Reportage.
C’est dans une soirée haute en couleur que des filles et des fils du terroir ont démarré la cérémonie dans un enclos bien limité par garde fous que les ressortissants de ce coin du pays et des festivaliers sont venus applaudir les des MKE. L’entrée en scène des danseurs au rythme des danses du pays Massa a fait chavirer les participants.
Selon Abdelrassoul Harakail Bara le MKE a présenté aujourd'hui 5 danses. Il y a ADÉLË, une danse féminine exécutée en période de fin de récolte pour célébrer l'abondance. Après cette danse, c’est la danse Doumraï. Elle est dansée pendant la saison pluvieuse en cas de rareté pour faire appel à la pluie pour obtenir des bonnes récoltes. Il a aussi la danse Inawa, elle est pratiquée au moment des mariages pour ovationner de joie le couple. Il ajoute la danse Dagala, qui toujours selon M. Harakail Bara est une danse de deuil pour immortaliser la mémoire d’un mort, surtout un vieillard et suspendre les activités festives. Elle marque la fin de deuil. Enfin, il y a la danse Algaïta qui symbolise le pouvoir de chef de canton pour exprimer son pouvoir.
En plus des danses du Mayo Kebbi Est, il y a la case, elle est unique en son genre à travers le monde. Elle est appelée « LÉLEUK Case Mousgoum ». C’est une case pour scruter l'ennemi de loin quand lorsqu’on est au sommet. Selon M. Lassou Léonard Lifond, dans le Mayo Kebbi tout est patrimoine. « Nous avons les objets d'art pour la pêche, pour la chasse, mais aussi pour la guerre et les minerais », dit-il. De plus, il y a un petit tronc d'arbre appelé prison si une personne commet une faute, on attache ses pieds à ce tronc pour le punir.
Pour finir, le Mayo Kebbi a présenté sa boule rouge appelée « Djigari » avec la sauce des poissons secs qui est « Doufouni », plus le Garlaka qui est préparé avec la farine du riz écrasé à la pierre. « Marta » sauce qui n’a ni cube Maggi ou condiments. Bref, la soirée était très riche en couleurs avec la présence des cadres de la région dans la diversité ethnique de cette province.
Ousmane Bello Daoudou
La province de Dar Sila a présenté ce jeudi 29 décembre en après-midi son menu du jour et ses danses du terroir au palais des Arts et de la Culture dans le 5e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. reportage
Il est 17h passé lorsque des danseurs dans leurs tenues traditionnelles, boubous blancs ont formé un cercle autour d’un tam-tam et la danse a commencé dans une ambiance de tonnerre entouré par le public est venu pour la circonstance, enfants, jeunes femmes et hommes dans une mixité sociale de toutes les provinces. Pour joindre l'utile à l'agréable, nous avons fait parler les plus anciens.
Le premier participant, Abcoba Ibrahim Abdallah soixante ans révolu explique les différents produits exposés. « Nous les avons cultivés au Dar Sila », il y a le leya, arachides mascri, le miel, etc. À l'époque, dit-il, nos grands-parents utilisaient comme sucre pour faire le thé. De plus, il y a le adass, ce produit contribue à l'augmentation de globules rouges qui joue le rôle de fer dans l'organisme. Il y également le Kebkébé qui est un produit qu'on utilise durant le mois de ramadan. Pour finir, il y a le piment appelé « roudjale choutono », (traduction libre : les hommes sont devenus fous » qui a le vertu de rendre les guerriers braves lors des guerres.
Le deuxième à parler, s’appelle Mahamat Abdoulaye Moussa. Il cite les différentes formes de danses. Il y a dit-il, le Rachad, Nougara, Douwet, Assirni mandouya, Masalite, Cangan et Tambal.
Il soutient que la danse Rachad est unique au Tchad. « Cette danse est la plus ancienne, elle a 200 ans avant la colonisation. Elle est dansée pendant les moments des fêtes », dit-il. Il affirme que cette danse est exécutée pour montrer au grand public qu’elle n’existe nulle part.
Enfin, Fatime Ahmat Souleymane a préparé la sauce des os mélangés aux haricots et ces ingrédients comme ouché barra, irré, loké et la viande de téné appelé encore dans le Dar sila le Damkour.
Ousmane Bello Daoudou