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Le championnat D2 de la ligue provinciale de N'Djamena continue. Après les phases allées des matchs de poule, sur 16 équipes, 4 sont qualifiées pour les éliminatoires qui ont commencé le 29 août et prendront fin le 18 septembre. L'équipe d'Ialtchad a baladé son micro chez quelques entraîneurs et présidents de clubs pour avoir leurs impressions. Reportage.

Lancés le 23 juillet dernier, les matchs de poule du championnat de deuxième division de la ligue provinciale de N'Djamena ont pris fin le 17 août  comme indiqué dans le calendrier. La phase des éliminatoires regroupant les deux premières équipes de chaque poule (A et B) sont au total 4 à savoir, Bon Berger, Stars jeunes talents, Galactik FC et AS EE 12 vont s'affronter entre-elles en aller-retour. Du 29 août jusqu'au 18 septembre soit 3 semaines de compétition, ces dernières vont se mettre en épreuves pour permettre aux deux meilleures de monter pour le championnat de première division de la ligue provinciale de N'Djamena.

Issa Moussa alias Koumalo, entraîneur de Galactik FC dit être confiant face à ce grand défi qui l'attend. « Nous allons affronter les meilleures équipes de cette compétition en aller-retour, quel que soit alpha nous allons faire de notre mieux pour se qualifier pour la première division », dit-il.

Mbaïnassem Arthur, Président du club Association Sportive Église Évangélique du Tchad 12 (EET 12) estime que son équipe est venue avec un objectif, celui de se qualifier pour la finale. « L'équipe a commencé à faire un travail exceptionnel en match de poule ce qui nous a permis d'arriver là où nous sommes. Je crois en mon équipe et je sais qu'elle ira loin », a-t-il affirmé.

Oumar Adjib Koulamallah, jeune président du club Galactik FC, reste humble. Il estime pour sa part que ces éliminatoires sont dix fois plus difficiles que les matchs de poule. Selon lui, « toutes les meilleures équipes de deux poules se sont qualifiées, cela rendra encore rude l'épreuve à notre égard », a-t-il confié. Il poursuit que son équipe pourrait décrocher le ticket pour la première si ses joueurs jouent déterminés, « parce que chaque match est une finale, une finale ne se joue pas, elle se gagne », a-t-il déclaré. M. Oumar déplore l'arbitrage de cette compétition qu’il juge de moins professionnel et demande à la ligue provinciale de revoir la qualité et la performance de ses arbitres avant son recrutement.

Rappelons que pour la journée, deux matchs ont été joués. Galactik FC a battu EET 12 2 à 1 et les Stars Jeunes Talents ont humilié Bon Berger, 5 buts à 1. Les Stars prennent provisoirement la tête de poule suivie de Galactik FC, en deuxième position du EET 12 en troisième position et Bon Berger en dernière position.

Abderamane Moussa Amadaye

Le verdict tombé ce dimanche 28 août pour la désignation des membres du présidium. Les représentants de la jeunesse sont mécontents. Quelques jeunes rencontrés ce lundi 29 disent être contre la place de carillonneur qu'occupe leur représentant au dialogue national. Vox pop.

Ndjetorndjia Olivier ex-président du Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT) du logone occidental, résident à N’Djamena . « La jeunesse est sur le point d’être enterrée, tout ceux qui sont présents ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes. La jeunesse elle-même n’est pas engagée dans ce processus. Si réellement tous ceux qui sont là, pensent à l'avenir de ce pays, ce qui s’est passé hier ne devrait pas se passer. Nous sommes arrivés à un moment où il ne faut plus décider quelque chose à la place de quelqu’un. Ce qui est fait pour moi, sans moi, n'est pas à moi ».

Pour Olivier, tous ceux qui sont au dialogue ne sont pas pour la jeunesse. « Même si Abakar Dangaya est mis comme vice-président ou rapport ils vont toujours l’étouffer parce que les choses sont déjà décidées d'avance et les jeunes qui sont là ce sont des jeunes cooptés, des marionnettes qui n'ont même pas une capacité intellectuelle pour discuter librement. Ils n'ont pas laissé la latitude aux jeunes de décider de qui va participer à ce dialogue. Même si Dangaya est là, il va être aussi prisonnier tout est verrouillé donc n'attendons rien de ce dialogue qui va aider les jeunes ». Il ajoute, « les jeunes d'aujourd’hui ne sont pas comme ceux d'hier qui acceptaient qu’on décide à leur place ».

Doudjé Elysée coordinateur national de l’Union des Jeunes Ambassadeurs du Tchad affirme que le poste de carillonneur n’est pas un poste à donner à un jeune. « Les gens pensent que la jeunesse est immature donc ils nous mettent toujours en dernière position. Pas seulement à ce dialogue, mais c'est à tous les niveaux, ils veulent s'accaparer de tout même à la fonction publique tout ce qui est lié à l'État ils sont toujours en première position sans se rendre compte que le Tchad est un pays des jeunes, un pays où la jeunesse représente 60% de la population».

Mahamat Acherif Mahamat commissaire aux comptes du réseau des organisations de la société civile du Lac-Tchad dit que ce poste est une insulte à l’égard des jeunes « la jeunesse doit avoir plus de poste de responsabilité à ce dialogue pour décider elle aussi de l'avenir du Tchad. S'il y a des gens qui doivent être des carillonneurs ce sont les aînés, pas nous », suggère-t-il.

Haoua Adoum Ibeth
Sangnoudji Francine

Pour ce numéro de votre chronique santé, nous discutons avec Dr Mickael Ladibé, Médecin-nutritionniste sur la Malnutrition. Il est en exercice à l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital de la mère et de l’enfant.

Dr Mickael Ladibé tient à remercier cette initiative de faire une chronique sur la santé. Cela va dans le sens de sensibiliser et d'éduquer la population sur les questions de santé dans notre pays. Il définit la malnutrition comme étant un déséquilibre entre le besoin de l’organisme en termes de nutriment. Il explique que la malnutrition est une préoccupation de santé publique dans notre société. Il soutient encore qu’une enquête menée en septembre 2021 a relevé que la prévalence de la malnutrition aigüe générale s’élève à 18,5%. La malnutrition entraine des conséquences cognitive et physique à long terme.

Dr Mickael Ladibé affirme qu’il y a plusieurs types de malnutrition : la forme Marasme, Kwashiorkor, Miasme. Il faut faire les dépistages de la malnutrition pour découvrir de quel type, il s’agit, souligne-t-il. Il explique qu’il y a des critères définis, dont les mesures du périmètre, bacille, le rapport poids taille et au cas où elle est inférieure à -3Z score ou - 4Z score pour lui ce sont là les critères d’admission d’un enfant a l’unité nutritionnelle thérapeutique. Le dernier critère c’est la présence ou l’absence des œdèmes ou il soutient qu’au cas où l’enfant présente les signes d’œdèmes automatiquement il est pris en charge, dit-il. Parlant des signes cliniques Dr Mickael Ladibé explique que des enfants présentent parfois des pertes musculaires, amaigrissements où tous les os sont visibles, dessinés sur le corps, les cheveux perdent leurs colorations. Les signes cliniques de Kwashiorkor chez l’enfant présente des œdèmes c’est-à-dire des gonflements au niveau des membres inférieurs, supérieur ou sur la face et ils peuvent aussi être généralisés. Il soutient encore qu’il y a des lésions au niveau de la bouche et les appareils génitaux. Pour le nutritionniste une fois consulté et que ce dernier présente des critères cités ci-haut, automatiquement, il est hospitalisé et pris en charge soutient-il. Au cas où ils sont débordés, ces personnes sont transférées vers les autres unités dans différents hôpitaux ou centre de santé.

Les Traitements

Les traitements d’après Mickael Ladibé sont le F75. Il explique qu’il permet de corriger les complications telles que la diarrhée, les vomissements et bien d’autres. Au-delà du lait thérapeutique pour lui il faut aussi des traitements des antibiotiques à base des ampicillines, amoxicillines, ceptriazones, explique-t-il. Il continue d’expliquer que dès que les complications disparaissent ils font les tests d’appétits et s'ils sont positifs l’enfant est soumis sous PPM appelé communément Pilim Pilim. Parlant des cas enregistrés par jour, le nutritionniste nous laisse entendre qu’a l’heure actuelle c’est une période de pic où par jour il enregistre au-delà de 10 enfants. « Nous avons seulement une capacité de 35 lits d’hospitalisation » déplore Dr Mickael Ladibé.

Les préventions 

Comme dit un dicton d’après le nutritionniste : « prévenir vaut mieux que guérir » entre dans le cadre de prévention de la malnutrition qui est de sensibiliser les mères sur l’importance de l’alimentation des jeunes et nourrissons comme il se doit. Dr Mickael Ladibé expliqué que le bébé doit uniquement consommer le lait pendant 6 mois et ensuite appuyé avec d’autres alimentations explique-t-il. Mais d’après le nutritionniste les mères ne veulent pas donner le lait à leurs progénitures comme il faut. Pour lui dans la norme la mère doit continuer à nourrir le bébé à son lait jusqu’à 2 ans souligne-t-il. D’après Mickael Ladibé, la malnutrition c’est en premier lieu conseillé la mère de l’importance de donner le lait à son bébé. Un élément très bien pour le bébé que beaucoup de mamans négligent. C’est la première quantité de lait qui sort du sein de la mère le cholestustom qui est très important et est constitué des imunos globuline qui aide l’enfant à renforcé son système immunitaire soutient-il. Les consultations prénatales dans le domaine nutritionnel où d’après le nutritionniste l’alimentation de la femme est vraiment révélatrice de l’état de santé de son futur bébé. Il continu de relaté que les maladies diahérique, les maladies infectieuses qui ne sont pas prises en charge à temps peuvent aussi entraîner la malnutrition chez le bébé soutient-il. Raison pour laquelle explique le nutritionniste, les mères doivent se rendre dans les hôpitaux et centres de santé pour faire consulter les enfants aux premiers signes cités ci-haut. L’alimentation familiale est aussi importante explique-t-il dont pour lui il faut équilibrer les nourritures et accompagné de fruit.

Enfin, le nutritionniste soutien qu’il existe de soucis pour les prises en charge dans des conditions normales dans leurs unités. Pour lui, des enfants doivent être suivie gratuitement, mais soutien il arrive qu’il y a rupture des intros au point où les parents sont obligés d’acheter les médicaments pour qu’ils fassent les traitements des enfants. Pour lui, la plupart des patients qu’il accueille sont des couches vulnérables, mais leur prescrire des médicaments pour acheter n’est pas une tâche facile. Pour le nutritionniste son cris d’alarme va à l’ endroit des partenaires pour les appuyés les unités nutritionnelles thérapeutiques afin de prendre en charge les malades.

Djénom Josiane      

Les Sao du Tchad ont croisé le fer avec les Léopards de la RDC A' cet après-midi, 28 août 2022 au mythique stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé au Cameroun. Un match soldé par la défaite des Tchadiens, sur le score de 2 buts à 1.

 Pour la phase aller des qualifications pour le Championnat africain des Nations (CHAN) Algérie 2023, les poulains de Mahamat Allamine Abakar n'ont pu résister à la pression des doubles champions de cette compétition. Dès la première période, l'équipe adverse a pris le dessus en marquant 2 buts. Le premier a été inscrit à la 17e minute par Adam Bossu et le second à 2 min de la pause, soit à la 43e min par Kinzumbi Philippe, tous deux joueurs du meilleur club congolais TP Mazembé.

De retour des vestiaires, les Sao du Tchad ont poussé l'adversaire et dominé largement la seconde partie de cette rencontre. À la 52e min, Bakhit le n°10 de Foullah Édifice FC crée un penalty qui sera transformé par le défenseur, n°8 Ahmat Abderaman, joueur de RFC. C'est sur ce score que l'arbitre a mis fin au match.

Pour Alkhali Tarbo, meilleur joueur du championnat national 2022 et attaquant de l'équipe nationale tchadienne joint au téléphone affirme que le match a été compliqué à la première période, mais ils sont revenus en force à la deuxième partie. Il relève aussi que rien n'est perdu pour eux. « Le match retour sera disputé chez eux, mais nous allons les battre et se qualifier », a-t-il déclaré.

Signalons que ce match s'inscrit dans le cadre de la qualification du Championnat africain des Nations (CHAN) qui se tiendra en Algérie en 2023. Le match retour est prévu pour le 4 septembre 2022 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo.

Abderamane Moussa Amadaye

Je suis arrivé cette fois-ci pas 1h de temps en avance, mais 5 min avant 15h, l’heure prévue. Rien à faire, impossible pour les Tchadiens d’être à l’heure. 

15h 10 min. La salle commence à se remplir sur fond d’une chanson du célèbre défunt artiste Talino Manu « Al mousama akhouwani Tchadiens ». Une chanson qui rime avec l’ère du temps : le dialogue.

Dans la rangée devant moi, le débat fait rage. Je tends l’oreille. C’est l’éternel sujet du vote à main levée et de vote à bulletin secret. J’ai l’impression que le sujet n’est pas clairement tranché. Les participants risquent de se déchirer les « Kaptani » sur ce sujet.

15h 58 min, les travaux n’ont toujours pas commencé. La salle est remplie, elle attend…

16h 27 min. Le président de séance Acheikh Ibni Oumar et son équipe prennent place. M. Acheikh s’excuse une fois encore pour le retard, mais aussi pour avoir mobilisé les participants un dimanche après-midi. Il affirme que c’est un dimanche exceptionnel. Et qu’il n’y aura plus de dimanche de travail.

Il est 16h 50 min. C’est au tour du rapporteur général Limane Mahamat de prendre la parole pour faire la synthèse de la veille, mais très vite il glisse sur les propositions en disant que les différents groupes ont présenté 526 propositions. Et qu’il n’était pas facile de les trier, etc. C’est un magicien ce Limane, quand il parle la salle l’écoute. Dans la foulée, il annonce la liste non pas des candidats comme il dit, mais des noms proposés. Il commence à appeler les noms des personnes sur la liste. Personne n’a compris l’utilité de cet exercice. M. Limane achève de citer noms et prénoms. Celui de Gali revient à maintes reprises…

17h 5 min. Un léger flottement survient. Je ne sais plus si c’était le vice-président du Comité d’organisation du dialogue national inclusif (Codni) Saleh Kezabo ou quelqu’un d’autre qui parle de « pause virtuelle », la salle en rit…pour ensuite s’agiter. Vite ce flottement est mal interprété. Des participants susurrent que « tout est ficelé d’avance »

17h 15 min. L’ancien président de l’Assemblée nationale Nassour Guelendouksia Ouaïdou est invité à lire la liste des choisis au nom du consensus. Il se déplace difficilement. Il prend appui sur quelqu’un pour monter les escaliers. Il se tient droit debout sur le pupitre qu’il domine du haut de ses plus de 1, 80… Il commence.

Président : Gali Gata Ngotté, la salle applaudie, visiblement la personnalité de Gali séduit. Ma voisine est contente, et affirme « Gali, c’est bien. Il est intègre »…

Arrive le nom du rapporteur général : Limane Mahamat. Ovation pour lui. Brusquement un sentiment de joie m’envahit pour ces 2 personnes : Gali et Limane. Gali pour sa stature, sa droiture. Limane pour son travail, sa netteté.

Les autres noms s’enchaînent…

Arrive celui de Abakar Dangaya, président du Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT) est cité comme conseiller ou carillonneur, je ne sais plus. Un groupe des jeunes protestent. Ils font du bruit. J’étais assis pas loin d’eux. On les entendait vociférer « non nous ne sommes pas d’accord. Ma yab ga (inacceptable) ». Ils menacent de quitter la salle, s’agglutinent dans les allées. Certains font semblant de quitter la salle, d’autres les empêchent. Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Abdramane Koulamallah se mêle aux jeunes. Les participants sont médusés par l’attitude des jeunes. Un participant lance« ce ne sont même pas des jeunes, regardez leurs têtes ». Dans le brouhaha, le Codni annonce la reprise des travaux pour mardi 30 août. La salle se vide. Gali Gatta est président du présidium.

C’est son dimanche. Le plus difficile commence pour lui…mais c’est un coriace fils de militaire, les participants espèrent qu’il ne va pas les « tu quoque mi fili » comme dirait son ami Saleh Kebzabo.

Bello Bakary Mana

Après la présentation de la liste des 21 membres devant constituer le bureau du présidium, plusieurs représentants des organisations ont systématiquement rejeté la proposition. Beaucoup pensent que c’est une liste purement absurde. Reportage.

La pilule est très amère à avaler et il faut la rejeter sur-le-champ. C’est ce qu’ont fait ce dimanche soir au palais du 15 janvier les représentants des organisations. Après une explication peu convaincante par les membres du CODDNI, suivie de la lecture des 21 membres qui devraient constituer le présidium, la corporation des jeunes a aussitôt rejeté la liste. Les représentants étaient les premiers à claquer la porte.

Pour le représentant de la diaspora au Mali, toutes les sensibilités ne sont pas prises en compte. Selon lui, la diaspora a fait des kilomètres pour venir participer, ils sont totalement écartés. Le représentant de la diaspora au Mali pense que la diaspora est la cheville ouvrière de ce pays et on aurait dû penser à eux.

S’exprimant dans le sens, le bâtonnier du Tchad, Me Djérandi Laguerre ajoute, c’est de n’importe quoi, du désordre. Le bâtonnier qui s’exprimait avec colère pense que le CODNI n’est pas en mesure de contenir la colère des représentants du peuple. Il fustige que les gens ne sont pour que les choses changent dans ce pays et ils mettent les leurs pour perpétrer le système. Il annonce que les différentes organisations vont réagir, y compris les ordres professionnels. De l’avis Mahamat Digadjimbaye de la société civile, c’est une exclusion qui a commencé notant que les ADH ne sont même pas représentés. Il conteste la liste proposée par le CODNI et ajoute que les ADH vont se retrouver pour faire une déclaration commune pour condamner cette forfaiture. Pour les représentants des jeunes, c’est une insulte à la jeunesse et les rejette cette liste.

Zene Bada précise que ce n’est que la direction des débats, ce n’est pas un organe qui délibère et que les vrais problèmes à poser sont à venir. Il ajoute qu’il n’y a que 21 places pensant que la représentation des jeunes n’est pas un problème.

Mahamat Nour Ibedou ne voit pas d’inconvénient. Les démarches sont viciées. Selon lui, ce n’est pas le présidium, mais le contenu du débat.

Les 21 personnes qui vont composer le présidium, il n’y a pas les politico-militaires, les associations des droits de l’homme et plusieurs autres entités du pays. Les représentants des religieux disent qu’ils se consulteront avant de donner leur point de vue.

Jules Doukoundjé

Le dialogue national inclusif et souverain (DNIS) aura déjà une semaine ce dimanche 28 août. Nous nous sommes séparés vendredi, nous revoilà ce samedi matin dans la même grande salle, les mêmes 1500 personnes.

Je me suis présenté à 9h. C’est 1h avant le rendez-vous prévu pour 10h. Les Tchadiens et le respect de l’heure, c’est compliqué même en haut lieu. La salle a été reconfigurée, chacun cherche sa place, discute, fait la gueule, grogne et fini par accepter. J’ai fait pareil avant de me plier en me disant ces braves hommes et femmes du service du protocole font de leur mieux pour mettre tout ce monde d’accord.

Il est 11h. Les membres du comité d’organisation du dialogue national inclusif (Codni) s’installent. Les travaux démarrent avec quelques annonces sur le fonctionnement.

Cette journée de samedi s’annonce importante parce qu’il est question de la mise en place du présidium. Et surtout de trouver le mode opératoire pour élire ou choisir par consensus.

Il est 11h 30 minutes passé lorsque le rapporteur général Limane Mahamat prend la parole pour faire la synthèse de la veille. Il est magistral, admirable  M. Limane. Sa diction est limpide. Sa voix toujours posée. Il rassure et assure sans rien omettre. Il explique que la règle principale est la recherche du consensus  sans fermer la porte au recours au vote sur des questions majeures.

Il est midi. On reprend où on avait arrêté à la salle 400. Les débats s’enclenchent, mais en mode proposition sur les potentiels présidents du présidium et des membres de cette instance. Certains intervenants accompagnent leur liste par des mises en garde, d’autres passent leur temps à remercier le Codni et bafouent leurs communications.

Subitement les travaux sont interrompus. Une communication gouvernementale va être adressée à l’assistance. Le ministre de la communication Abdramane Koulamallah se lève, saisit le micro et annonce qu’une colonne rebelle d’une dizaine de véhicules est entrée en territoire tchadien, précisément dans la zone du Tibesti. Elle est ressortie selon le ministre. Il affirme que le gouvernement demande à l’assemblée de ne pas s’inquiéter des commentaires sur les réseaux sociaux. Tout serait donc sous contrôle.

Moi et mon voisin, après avoir dit entre nous que cela fait désordre, rajoutions que cette communication n’est justement pas de nature à rassurer.

Les débats continuent. Les propositions pour le présidium redoublent d’intensité. Nous les représentants des médias sont royalement sciemment ou inconsciemment ignorés. Que faire? Surtout que dans les propositions par corporation ou par cooptation individuelle pour le présidium personne ne fait mention des médias. Nous nous concertions, haussions tons et bras pour réussir difficilement à prendre la parole en Arabe et en Français.

Il est 14h passé. Les échanges sur le présidium s’étendent, semble s’éterniser, les divergences se multiplient, chacun veut son présidium et son mode de désignation. Cela annonce des combats épiques. La pause est annoncée. La salle se vide. Une reprise est prévue pour 15h. Elle est finalement reportée pour dimanche 15h. Dimanche? Sacrilège. C’est le « dimanche des longs couteaux » pour le fauteuil du président du présidium.

Bello Bakary Mana

L'association transparence plus en appui avec la ligue tchadienne des droits des femmes (LTDF) a organisé un atelier sur l'impact de la corruption sur les femmes ce samedi 27 août 2022 au Centre d’Étude et Formation pour le Développement (CEFOD). Reportage.

Pour Raïssa Madjibeye chargée des interventions sociales de la ligue Tchadienne des droits des femmes la corruption c'est un détournement d'un processus ou d'une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le but d'obtenir des prérogatives particulières ou d'obtenir une rétribution en échange de sa complaisance. La corruption est un phénomène qui touche tous les pays quel que soit le niveau socioéconomique, ajoute-t-elle.

Ce phénomène s’observe beaucoup plus chez les femmes en raison de la place négligeable que lui accorde la société, dit-elle. « Les femmes se heurtent souvent à des diverses formes de corruption notamment la corruption sexuelle, qui est une prestation sexuelle en contrepartie d'un avantage particulier », explique-t-elle. Elle poursuit encore plus loin en affirmant que les efforts de la lutte contre la corruption ne tiennent généralement pas compte de l'impact spécifique de la corruption sur les femmes. Cela est dû à plusieurs facteurs qui sont entre autres : l'ignorance des instruments et des mécanismes juridiques relatifs à la corruption ainsi que des textes relatifs à la protection des droits des femmes, la méfiance envers le système  judiciaire, la peur de stigmatisation et les représailles compte tenu du caractère patriarcal de la société, la protection inadéquate des dénonciateurs et surtout de l'absence des mécanismes de déclaration. Pour elle cet atelier vise à approfondir sur les formes spécifiques de corruption dont les femmes subissent, d'identifier les mécanismes dont les femmes pourront utiliser pour dénoncer la corruption, d'accroître la dénonciation de la corruption sexuelle sur les femmes, de créer une synergie d'action associative et de plaidoyer sur la corruption sexuelle et de sensibiliser la société aux formes des corruptions liées aux genres.

Raphaël Lambo chargé de communication de transparence plus soutient que la corruption a un coût élevé pour les classes les plus pauvres de la population, elle interdit l'accès aux services de base essentiels.« La corruption est un mal qui non seulement est à la base de la dure misère, mais appauvrit moralement et spirituellement les acteurs de cette pratique », dit-il. Il n'a pas manqué de tracer la souffrance des femmes face à la corruption.

Haoua Adoum Ibeth
Sangnoudji Francine

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