jeudi 16 septembre 2021

Journal

Journal (214)

L’appel à la marche pacifique de la Coordination des Actions Citoyennes dénommée  Wakit Tama de ce 19 mai, sur toute l’étendue du territoire national, n’a pas eu d’impact. Un important dispositif militaire a quadrillé la ville étouffant dans l’œuf la manifestation. 

Dans les quartiers tels qu’Ambatta, Gassi, Atrone, Habbena, Chagoua, pour ne citer que ceux-là, le constat est des militaires partout. L’ambiance est timide. Pas de concert de sifflet, de tintamarre, de vuvuzela, comme lors de la marche du 27 avril. Ces quartiers ne grouillent pas de manifestant. Les rues sont presque vides. Les carrefours, les avenues, sont bondés d’hommes en treillis.

À Atrone, dans le 7e arrondissement, il y a une forte présence des forces de l’ordre. Quatre (4) véhicules de gendarmes postés au sous-poste de police, deux autres en face de l’ex-marché. À la station APG du même quartier, on dénombre 11 véhicules des éléments du Groupement mobile d’intervention de la police (GMIP), notamment 8 véhicules bourrés d’hommes en treillis et 3 véhicules-citernes d’eau chaude.

À Gassi, quelques manifestations sporadiques ont été signalées. Mais très vite dispersées par des policiers qui ont fait usage des gaz lacrymogènes. 

À Abena, le siège du parti Les Transformateurs est surveillé par deux véhicules  des éléments du GMIP. Tout autour, un groupe de jeunes tente de se rassembler, mais il a été dissuadé par la présence des policiers qui patrouillent sans cesse le secteur.

À Chagoua, précisément sur l’axe CA7, réputé être un bastion de contestation et de brûlure des pneus, il n’y a rien à signaler. La circulation sur cet axe n’est pas perturbée comme lors des précédentes marches. Aucune présence policière sauf à proximité de la base du GMIP où un véhicule est stationné.

Au rond-point de l’avenue 10 octobre, c’est tout un bataillon composé des gendarmes, gardes nomades et policiers qui sont stationnés. Près d’une centaine de véhicules sont garés là, prêts à arpenter les rues des quartiers Atrone, Kamnda, Abena.

Aux quartiers Moursal, Paris-Congo, Ardep-djoumbal, Kabalaye, Sabangali, le calme règne. Même scène à Walia, où la manifestation du 27 avril a été la plus violente. Interrogé, un jeune affirme que le jour choisi pour la marche ne convient pas. « Le mardi, les gens sont occupés par leurs activités. Sinon le samedi, c’est le week-end et il n’y pas vraiment d’activités. Donc je propose aux organisateurs de revoir leur stratégie », conseille-t-il.

Ceux qui sont sortis marcher se sont divisés en petits groupes chacun dans son quartier exigeant la démission de la junte, brûlant pneus et drapeaux français tout en dénonçant l’UA en signe de mécontentement du soutien de cette institution à la junte militaire.

Bilan

Plusieurs arrestations ont eu lieu à N’Djamena. M. Yasine Abdramane Sakine, président du parti réformiste a été arrêté et plusieurs autres dans les villes du sud du pays où les citoyens ont répondu à l’ordre de manifester du mouvement Wakit Tama.

Il faut le rappeler, le 7 mai, le gouvernement de transition en place au Tchad a autorisé les manifestations pacifiques assorties des conditions. Depuis cette date, deux marches ont été autorisées, respectivement le 12 et le 15 mai. Ces marches qui s’apparentent à un soutien à la junte militaire au pouvoir ont été encadrées par la Police. Deux autres marches sont autorisées ce 20 mai.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Dans une décision rendue publique ce 16 mai, signé par le président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), M. Saleh Kebzabo, le Bureau Exécutif (BE) du parti exclu le professeur Avocksouma Djona Atchenemou secrétaire national administratif adjoint du BE du parti. Raison de l’exclusion : « Activités fractionnistes ».

Contacté M. Avocksuma dit avoir appris son exclusion du BE sans autre forme de procès, ni avertissement ni blâme. Une décision à son insu et des certains membres du parti en charge des questions disciplinaires. « Je continue ma lutte pour le retour à l’ordre constitutionnel », dit le concerné.

Joint au téléphone le chef de l’UNDR M. Saleh Kebzabo (SK) a tenu à préciser que M. Avocksouma n’est pas exclu du parti, mais du BE. Il a qualifié son secrétaire national de « menteur » incapable de s’assumer et d’assumer ses actes. Pour M. Kebzabo les agitations de M. Avocksouma cachent d’autres choses.

Aussi, SK a expliqué à la rédaction que lors de la rencontre du BE pour décider de l’entrée du parti dans le gouvernement de transition, M. Avocksouma était présent. Il était même le plus en phase avec cette décision. Et à la surprise de tous, il organise un point de presse le lendemain pour dire le contraire. A-t-il besoin de faire tout cela? « Pour être conséquent avec lui-même, il devait simplement démissionné du parti. » Le BE s’est réuni pour le recadrer en lui brandissant les règles internes du parti ce dont il était d’accord.

Rappelons que le secrétaire national administratif exclu du BE avait vivement réagi en critiquant l’entrée de l’UNDR dans le gouvernement de transition. Joint au téléphone M. Avocksouma avait expliqué à la rédaction avoir tort sur la forme.

Critiques, questions, observations et amendements ont constitué les temps forts de la présentation du programme politique du gouvernement de la transition ce 14 mai 2021 à l’Assemblée nationale. Retour sur l’événement avec ialtchad!

La majorité des députés qui ont pris part lors de la présentation du programme politique du gouvernement de transition ont qualifié le programme de très évasif et ambitieux. Selon l’honorable Madjitoingué Bérangar, ce programme est un discours remplit de belles parole. «Nous ne savons pas avec quels moyens financiers le premier ministre réalisera ce programme politique», dit-il observer. Pour lui, l’équipe de transition devrait  focaliser ce programme sur deux axes. La première devrait être une phase intérimaire et la seconde transitoire, a proposé le député. Aujourd’hui dit-il, le citoyen lambda ne connait pas faire la différence entre militaires, gendarmes, polices, etc. car le Tchad n’a pas une armée républicaine. On a plutôt monté des gens pour les faire entrer dans l’armée. «Il faut qu’on respecte la laïcité de l’Etat. Il y a des gens dans la salle qui sont allergiques à la vérité. Ce beau discours que vous venez de faire, son application doit être de rigueur », a-t-il martelé avant de terminé son propos.

Le député Issa Mardo, note un manque de cohérence, d’articulation et d’idées dans le programme politique de transition. Dans ce document déclare-t-il, du point de vue la forme, on joue avec les articles comme «le, la, les pronoms personnels tels que je, nous, et de répétitions de mots.» Il estime que le document devrait être harmonisé. Le 6ème vice-président de l’Assemblée Nationale, député Rakhis Mahamat Saleh, demande au premier ministre les raisons de la réquisition de l’hôtel Chari et le sort de ses employés.   Acceptez-vous de laisser la main libre à votre ministre de la justice, a rajouté l’élu?

Apres quelques observations, Saleh Kebzabo note au premier ministre et ses collègues de comprendre que ce qui s’était passé avec la junte c’est un coup d’Etat. Alors si tel en est le comité militaire doit gérer le pays ordonnance tout simplement et il n’y aura plus de désordre. Saleh Kebzabo s’est vu coupé son intervention en direct à la Radio et Télévision nationale. Après vérification, il se trouve que c’était une erreur technique. Il était réécouté 10 minutes plus tard. Pour le député Manadji Tolkem Bertin, la nation repose sur trois (3) piliers, notamment la sécurité, la justice et les finances. Aujourd’hui, dit-il, ce qui touche les tchadiens, c’est la justice sociale. L’administration tchadienne est truquée des incompétents, affirme-t-il. L’honorable interpelle le premier ministre de revoir tout cela s’il veut que son gouvernement soit acclamé.

« … l’hôtel du Chari est un immeuble public»

Etant donné que la plupart des interventions étaient des observations et amendements, le premier ministre de transition  Pahimi Padacké Albert, s’est appesanti sur la question de de la réquisition de l’hôtel Chari, le sort de ses employés et celle des manifestants et leurs commanditaires.

Le chef du gouvernement de transition a tout d’abord signifié que l’hôtel du Chari est un immeuble public. Selon lui, pour une petite histoire, en 2009 à 2018 cet hôtel a accumulé des arriérés d’impayé d’impôt  de 19 milliards. «Cet hôtel, un moment donné assurait une sorte de suppléance dans les infrastructures hôtelières qui n’étaient pas des nôtres de 2012-2014», précise-t-il. Pour terminer sur ce point, Pahimi indique hôtel Chari est fermé depuis avril 2020. D’après lui,  depuis cette date, c’est l’Etat tchadien qui a versé l’argent pour y loger les personnes atteintes du Covid-19. Depuis lors, l’ l’hôtel Chari est fermé informe-t-il. «Le personnel a été confié à la SONECSO qui payait déjà leur salaire. Ces agents vont être ensuite  redéployés dans quelques hôtels, propriétés de l’Etat. L’hôtel du Chari va abriter définitivement la primature», a éclairé le premier ministre. Il relève en outre que les lits de cet hotel vont être affectés aux hôtels de chasse qui sont construits depuis 2 ans et qui n’ont pas été meublés.

Concernant le cas des manifestants ou des commanditaires, l’homme d’Etat a regretté les pertes en vies humaines et des cas de blessures signalés. Cependant, il note dans le contexte actuel, les menaces pèsent de tout côté sur le pays.  «La loi tchadienne permet la marche. Mais, je voudrai demander à mes chers compatriotes, ce que nous voyons, est-ce que c’est vraiment de la marche ? Amener les mineurs à brûler les pneus, jeter des cailloux sur les biens publics et privés, est-ce cela la marche? Nous ne pouvons pas éduquer nos enfants à casser. Il faut que nous soyons responsables», s’est-il interrogé.

Pour lui, conclut-il, la voie du dialogue devait être privilégié dans les revendications des droits. «Seul moyen de résoudre nos problèmes pour permettre à notre pays d’avancer», a-t-il exprimé.

Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar

Dissoute après la mort du président Idriss Deby Itno, puis réhabilitée, l’Assemblée Nationale (AN) vient d’accorder sa confiance à l’équipe du gouvernement de transition de Pahimi Padacké Albert. C’était à travers un vote entérinant le programme politique présenté ce, 14 mai, à l’hémicycle à Gassi, dans le 7e arrondissement.

149 pour, 0 contre, 0 abstention, c’est le résultat du vote des parlementaires tchadiens qui a entériné le programme politique du gouvernement de transition, présenté par Pahimi Padacké Albert. «Préserver la paix et garantir la sécurité des tchadiens» est le credo de ce gouvernement a affirmé le Premier ministre. C’est un programme axé sur 9 points a indiqué le Premier ministre. Il s’agit entre autres:

  • d’assurer la sécurité et l’intégrité territoriale, désarmer les civiles sur l’ensemble du territoire national ;
  • de sauvegarder l’unité nationale et la paix sociale ;
  • de consolider l’État de droit et la démocratie ;
  • d’organiser un dialogue national inclusif ;
  • d’organiser un referendum constitutionnel et la tenue des élections générales libres et transparentes ;
  • de contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la région ;
  • de poursuivre la lutte contre la mauvaise gouvernance, le népotisme, l’exclusion et la corruption ;
  • d’améliorer les conditions de vie des Tchadiens ;
  • de relancer l’économie et renforcer les finances publiques.

Dans les détails, le Premier ministre de transition met l’accent sur la paix et la sécurité comme conditions primordiale pour la garantie du processus électoral équitable et transparent. Il rajoute que la paix tant souhaitée ne peut cohabiter avec la détention illégale et généralisée d’armes de guerre par les civils. Pahimi Padacké Albert soutient que son gouvernement va veiller à l’apaisement des tensions communautaires pour une cohabitation pacifique et le vivre ensemble des filles et fils du Tchad. Car dit-il, la diversité sociale et culturelle devrait être un gage du développement du Tchad. «Le dialogue politique, social et interreligieux doit enraciner la paix et la concorde nationale», a insisté le Premier ministre de transition dans sa présentation. En outre, il relève que le respect des lois, des droits et l’exercice des droits individuels et collectifs par la puissance publique et les citoyens  doivent marquer la démocratie au Tchad.

L’autre point important, c’est l’organisation d’un dialogue inclusif de la réconciliation nationale. Pour le chef du gouvernement de la transition, ce cadre verra la participation de tous les Tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Aucun sujet d’intérêt national ne va être occulté, rassure-t-il. «Nous débattrons de tout et nous déciderons sur tout ce qui concerne le nouveau contrat social que nous voulons pour notre peuple ».

Un autre point est la nouvelle constitution. Pahimi Padacké Albert, signale que son équipe va élaborer un projet de constitution qui va tenir compte des conclusions du dialogue national inclusif. Objectif, aboutir des institutions fortes, plus démocratiques, pour des élections crédibles et transparentes, signifie dit-il. Pour améliorer les conditions de vies des Tchadiens, il promet de rendre disponible le vaccin contre la covid-19 d’ici peu.

À noter que la Cour Suprême par un avis du 7 mai 2021, après l’examen de la requête du Ministre Secrétaire Général du gouvernement a habilité l’Assemblée nationale d’exercer les attributions du Conseil national de transition (CNT) en attendant sa mise en place. La présentation de ce programme politique du gouvernement de la transition fait suite au conseil du ministre tenu le 12 mai 2021.

Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar

L’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) ne publie pas depuis plusieurs semaines. Elle ne joue plus son rôle d’agence. Elle est réduite en un journal écrit dénommé Info-Tchad. Malgré qu’elle fonctionne comme un journal, beaucoup de difficultés sont décriées par son personnel. Un préavis de grève allant du 12 au 15 mai a été donné à la direction générale.

Le personnel de l’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) perd patience. Une correspondance du personnel notifiant la dégradation des  conditions de travail a été déposée ce 11 mai au bureau de la directrice générale de ce média public. Selon la teneur du document, le personnel revendique la dotation de la rédaction des matériels de travail adéquats (ordinateurs portables, enregistreurs, appareils photos, calepins, stylo à bille, badges professionnels, les chaises, tables, bancs, tableaux, accès à l’Internet, abonnement aux journaux). Aussi, rajoute le communiqué, la mise en place d’une équipe de rédaction complète notamment, un rédacteur en chef et son adjoint, un secrétaire de rédaction et son adjoint, un chef de service des reportages, des chefs de desks ainsi que d’autres chefs de service administratif et technique.

En outre, les agents de l’ATPE, revendiquent également le versement intégral de leurs primes et indemnités de 2019 et 2020. Selon nos sources, le journal Info-Tchad n’a pas paru depuis plus de six mois déjà.

Créée en 1966 par l’ordonnance du 15 juillet 1966, d’après nos recherches, l’Agence tchadienne de presse (ATP), est un établissement public à caractère industriel et  commercial. Elle a un statut d’un service public placé l’autorité du ministère de l’Information, puis replacée en 2003 sous la tutelle du ministère de la Communication. À ses débuts, l’ATP était le seul organe de presse ayant le monopole de la collecte, du traitement et de la diffusion des informations. Faute de réseaux et des moyens d’équipement adéquats pour offrir un service d’agence, l’ATP s’est contentée de la production d’un bulletin à la base des informations liées aux évènements. Sa rédaction centrale outre la collecte d’information, complète, objective, exacte et impartiale, la rédaction centrale traite les informations collectées sur tout le territoire national.  L’ATP disposait à l’époque quatre  bureaux régionaux à Moundou, Sarh, Abéché et Faya. Elle va évoluer puis se métamorphose en Agence tchadienne de presse et d’édition (ATPE). Son bulletin quotidien Info Tchad disparaît de facto.

L’ATPE lance un nouveau journal dénommé «Info.» Le premier numéro a été lancé le 03 octobre 2011 qui paraît deux fois dans la semaine (bihebdomadaire). Bien que la nouvelle vision de l’ATPE c’est l’information générale, elle continue de véhiculer les informations à caractère officiel ou institutionnel. L’ATPE ne dispose pas du bureau à l’extérieur du pays. Elle peut cependant distribuer un service d’information mondiale moyennant des conventions de partenariat avec d’autres agences de presse, notamment (AFP et China Nouvelle).    

A noter que malgré la tenue de son conseil d’Administration aboutissant à la nomination d’une équipe autour de la direction générale, l’ATPE est restée égale à elle-même. Ces revendications susmentionnées ne sont que des vieilles réclamations réactualisées. Et pourtant ce personnel fait un travail professionnel malgré le peu de moyens à sa disposition.

Même si la patience dit on est la longueur du temps, l’exigence du monde en perpétuelle mutation s’impose et exige de matériel de qualités pour un travail de qualité. La Directrice générale de l’ATPE à qui nous avons contactées hier après-midi pour un éventuel échange nous a dit : «ce préavis de grève ne me frisonne pas» .

Moyalbaye Nadjasna

L’association l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), au cours d’un point de presse fait ce 11 mai au palais du 15-janvier entend apporter sa contribution pour conforter la paix et favoriser la cohabitation pacifique des Tchadiens.

Selon la Vice-présidente de l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz, la préoccupation actuelle c’est la survie du Tchad. Pour elle, la mort du président de la République Idriss Deby Itno le 20 avril dernier a laissé le pays dans l’incertitude. Elle rajoute que le pays est devenu l’épicentre des tensions au Nord, Est, Sud et Ouest. D’après elle, leur amicale qui se veut une plateforme d’échange et de fertilisation des idées entre ses membres veut offrir ses bons offices afin de faciliter le dialogue et la médiation entre les filles et fils du Tchad sans distinction. « La violence ne mène nulle part et ne peut servir qu’à enfoncer le pays dans l’abîme et les populations dans le désarroi », dit Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz.

Pour la vice-présidente, le Tchad a tout essayé.  Depuis 60 ans d’indépendance,  dit-elle, le Tchad n’a eu que 8 à 11 ans de paix pour se consacrer à son développement. Le reste du temps déclare-t-elle,  le pays l’a passé à contenir la sécheresse, les inondations, les attaques aviaires et acridiennes, les coups d’État, les rebellions, des conflits intercommunautaires, les conflits avec la Libye, les conflits religieux et la liste n’est pas exhaustive. Elle promet que leur association va rencontrer toutes les forces vives de la nation, les partenaires et les pays amis soucieux de la stabilité du Tchad. « Objectif, recueillir les avis des uns des autres pour déboucher sur un dialogue non seulement inclusif, mais global et profond », précise Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz.

D’après la vice-présidente de l’Association SST/TCHAD, les solutions aux problèmes tchadiens ne peuvent se trouver qu’entre les Tchadiens. Elles ne peuvent venir de l’extérieur, d’où la nécessité pour chacun de consentir un sacrifice salutaire, renchérit-elle. « Pour qu’il y ait la paix, il faut un dialogue. Ce dialogue doit être inclusif sans marginalisation de qui que ce soit », précise-t-elle. Elle soutient que leur amical regorge des compétences capables d’une synergie d’action nécessaire à relever le défi actuel. Nous sommes résolument engagés dans une bataille pour la solution à la crise actuelle que traverse le Tchad avec la contribution de tous ceux ou celles qui sont préoccupés, note-t-elle.

A noter que l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), a été créée le 18 avril 2013. Son objectif est d’améliorer la capacité des forces de défense et de la sécurité ainsi que celle de la société civile à réagir efficacement afin d’aider le gouvernement à préserver la paix,  l’intégrité et l’unité nationale du Tchad. L’amical œuvre dans la sensibilisation, la formation continue et les renforcements de capacités. Il s’investit aussi dans les études et recherches dans le domaine de règlement des conflits et la bonne gouvernance. L’amical est laïque, indépendante, apolitique et à but non lucratif. Il regroupe en son sein, des officiers supérieurs de l’Armée, de la Gendarmerie, la Police, des administrateurs, des représentants des organisations de la société civile et des personnes ressources. Le slogan de l’Association «l’amical SST/TCHAD» est Sécurité-Paix-Développement.

Moyalbaye Nadjasna

Par un communiqué rendu public hier, sur sa page Facebook, l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR), justifie l’entrée de ses membres dans le Gouvernement de Transition. In extenso voilà en substance ce que dit le post.

« Après la mort du président Deby Itno, les Tchadiens s’attendaient à ce que tous ceux qui incarnent l’ancien régime soient balayés tout d’un coup. La réalité est qu’il faille tenir compte de l’instinct de conservation ou de sécurité de ceux qui détiennent encore le pouvoir. Le 20 avril,  le Conseil Militaire de la Transition CMT est mis en place. Il a fallu qu’un gouvernement de transition soit également formé. Chose faite le, 2 mai dernier. C’est une équipe constituée de 40 membres, dont 2 militants de l’UNDR. Un gouvernement qui n’a fait qu’activer la colère des organisations de la société civile qui n’y figure pas. Les Tchadiens mécontentements ont vivement réagi. »

Pourquoi l’UNDR est entré au gouvernement de transition? Voilà la question qui taraudait l’esprit des Tchadiens qui n’arrivaient pas à comprendre la prise de position de l’heure. Et pourtant, en date du 27 avril dernier, Saleh Kebzabo soutenait la marche anti CMT. « L’avenir du Tchad après Deby, être dans toutes les structures de la transition pour suivre de près l’élaboration des textes fondamentaux du pays et ceux concernant les élections», telles en sont les raisons du revirement de l’UNDR, note le document.

Toujours pour justifier l’entrée de l’UNDR dans le gouvernement de transition,  le communiqué invoque l’incertitude créée par la mort inattendue du Président tchadien Idriss Deby. D’après les arguments avancés dans le document, la mort du président Deby Itno aurait pu aboutir à une guerre civile, vu l’intensité d’animosité entre les communautés. Selon toujours le même communiqué, il s’est trouvé qu’un groupe d’officiers s’est constitué et a pris le pouvoir, à sa tête le fils du défunt président. Le document, de rajouter que, la population dans son entièreté a désapprouvé la succession dynastique au pouvoir. Beaucoup de Tchadiens ont réclamé le retour à l’ordre constitutionnel, indique le communiqué. Pour renchérir la justification de la présence de l’UNDR dans la transition, le communiqué indique qu’après analyse faite de la situation, se tenir à l’écart permettra au Mouvement patriotique du Salut (MPS), parti du président défunt et de ses alliés de continuer à gérer le pays.  «L’UNDR a une grande expérience électorale et politique. Ce qui pourrait aider la transition a créé des conditions  aux élections libres et transparentes. Les camarades figurant dans la transition, veilleront afin de détecter les manœuvres consistant à manipuler les élections.», note le communiqué.

A en croire le communiqué, le président du parti le Calebasse, le président de l’UNDR faisait partie des acteurs politiques consultés par les médiateurs nationaux et internationaux. « Certains militants ont même proposé que le président de l’UNDR accepte d’être Premier ministre si on le lui propose. D’autres l’ont suggéré de se réserver pour les élections présidentielles à venir», dit le communiqué.

Des avis contradictoires sont relevés aussi lors des échanges sur la page Facebook du parti.

Selon un militant engagé de l’UNDR, « il faut que le président joue franc jeu et non penser aux intérêts égoïstes, l’alternance doit être de mise tout en tenant compte de son âge pour les futures élections »

Un autre internaute, très remonté, affirme « vous vous êtes trompés largement, mais le peuple ne vous suivra pas dans cette voie ». Le même rajoute que les arguments avancés ne sont pas convaincants, « et si le CMT décide, il en a le pouvoir, de démettre à mi-chemin vos militants entrés au gouvernement, qu’allez-vous faire ? ». Pour lui si l’Undr allait entrer dans ce gouvernement de transition, pourquoi alors appeler les gens dans la rue avant de mieux réfléchir ? s’est interrogé l’intervenant.

Le Conseil paix et sécurité de l’Union Africaine (UA) se réunit ce 10 mai à Addis Abeba, en Éthiopie suite à la situation sociopolitique au Tchad. Il va se pencher sur le rapport de la mission de l’UA envoyée à N’Djamena, le 29 avril sou l’égide du Nigérian Bankole Adeoye et l’ambassadeur djiboutien, Mohamed Idriss Farah, président du Conseil de paix et sécurité de l’UA. Des décisions sont attendues à l’issue de cette réunion.

Le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine examine le rapport de sa mission dépêchée semaine dernière à N’Djamena, capitale tchadienne, suite à la situation sécuritaire du pays. Il faut rappeler qu’après le décès du président tchadien Idriss Deby, l’armée s’est emparée du pouvoir et a mis à la tête Mahamat Idriss Deby Itno, fils du défunt chef de l’État. Un Comité Militaire de Transition (CMT) a été mis en place suscitant des contestations de l’opposition politique démocratique et de la société civile. Ces mécontents dénoncent un coup d’État institutionnel et réclament un retour à l’ordre constitutionnel. Depuis lors des manifestations pacifiques violemment dispersées se répètent à travers le pays. Conséquences, des Tchadiens meurent et sont blessés graves pour avoir manifesté.  Ce lundi, cette réunion du Conseil de sécurité de l’UA va se servir des éléments recueillis dans le rapport de mission afin de prendre des à l’encontre du Tchad. Sanctions ou pas sanctions.

Des sources révèlent que le rapport de l’enquête de l’UA au Tchad pose aussi des conditions au Conseil militaire de transition qui a pris le pouvoir. Le rapport note entre autres, le respect strict d'une transition de 18 mois maximum, l'organisation d'un dialogue national inclusif aboutissant sur un partage du pouvoir entre militaires et civils, comme cela s'est fait au Soudan. Rappelons que le Conseil paix et sécurité semble divisé sur une ligne de conduite face à la situation qui prévaut au Tchad. Selon les sources divergentes, certains pays proposaient la suspension du Tchad de l’UA en raison de la prise de pouvoir qu'ils qualifient de « coup d'État militaire ». D’autres proposaient à l’UA de déroger exceptionnellement à ses principes et d’accompagner la transition au Tchad. Car, argumentaient-ils que ce pays « est un verrou essentiel contre le terrorisme en Afrique et qu'il est fragile ».

Sur les traces de la mission de l’UA

Le Conseil paix et sécurité de l'UA a envoyé le 29 avril sa mission au Tchad. Cette mission a rencontré les nouvelles autorités, à commencer par le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby, fils de l’ancien président, les partis d’opposition, les organisations de la société civile, les diplomates en poste à  Ndjamena ainsi que les représentants des organisations religieuses. Objectif : veiller à la bonne marche de la transition en cours.

Signalons qu’une manifestation timide a eu lieu le 8 mai, violemment dispersée par la police. La coordination des actions citoyennes a déploré une dizaine de blessés dont trois graves et une cinquantaine d’arrestations sur l’ensemble du territoire. Le Procureur de la République de Ndjamena note une vingtaine d’arrestations dans la capitale et un manifestant blessé par balle réelle. Le 19 avril, Addis Abeba, le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat avait réitéré l’attachement indéfectible de l’UA aux solutions pacifiques des problèmes africains par la voix du dialogue et de la recherche du consensus.

La France a salué, lundi dernier la formation par la junte d'un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre civil incluant plusieurs membres de l'opposition. Elle demandait aussi que la transition soit d'une durée limitée. Paris relevait que limiter la transition permettrait au retour rapide à des institutions démocratiquement élues. La France affirmait aussi soutenir l’initiative de l’UA d’accompagner le Tchad dans la transition.

Moyalbaye Nadjasna

 

Engagés depuis avril sur les théâtres des opérations au nord Kanem, les éléments de l’armée tchadienne ont regagné N’Djamena dans la matinée du 9 mai. Un signe qui marque la fin des hostilités, disent les autorités militaires.

Ce sont plusieurs unités de l’armée nationale tchadienne engagées sur le théâtre des combats les mettant aux prises avec les rebelles du FACT depuis avril au nord Kanem qui sont de retour dans la capitale, N’Djamena. En tête du convoi, le chef d’état-major général des armées (Cemga), le général Abdelkérim Daoud Brahim. Il était sur place pour superviser les opérations de ratissage, selon le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim.

Selon le Cemga, les rebelles sont anéantis. « Nous avons la maîtrise de la situation dès le début. Nous avons amené des prisonniers et des matériels. Au terrain, il ne reste rien. Je demande aux populations de rester tranquille; tout est dans l'ordre maintenant », rassure le général Abdelkerim Daoud Brahim.

Comme butins de guerre, plus d’une centaine de rebelles fait prisonniers et une dizaine de véhicules avec des matériels récupérés ont été présentés à la presse à l’état-major général des armées. D’après le CEMGA, certains de ces prisonniers sont des pauvres qui se sont fait enrôler pour de l’argent. D’autres, dit-il, se sont retrouvés là par force.

Parmi les prisonniers se trouvent deux cadres importants de la rébellion du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad ( Fact). Il s’agit de celui qui se présente comme directeur de la section gendarmerie et l’autre comme commandant des opérations. Le premier a été arrêté entre la frontière Niger-Tchad. Le second à Nokou, au nord Kanem. Pas des nouvelles du chef rebelle, Mahamat Mahdi Ali. Selon le commandant des opérations du FACT, leur groupe a travaillé aux côtés des forces du Maréchal Halifa Haftar, considéré comme l’homme fort de l’Est libyen. En contrepartie, ils ont reçu armements et équipements militaires. Leur objectif, renverser le régime de N’Djamena dirigé par le défunt président Idriss Deby Itno.

C’est dans ce climat de confiance que le président du Conseil militaire de transition, le général Mahamat Deby Itno a effectué son premier déplacement à l’étranger depuis sa désignation le 20 avril. Il s’est rendu à Niamey ce lundi 10 mai. Dans la capitale nigérienne, le chef de l’État tchadien a eu une séance de travail avec le président Mohamed Bazoum. Puis il s’est rendu dans la zone des trois frontières pour galvaniser les unités tchadiennes déployées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Il faut le rappeler, les éléments du groupe rebelle du FACT dirigés par Mahamat Mahdi Ali ont fait leur incursion au Tchad le 11 avril dans la zone de Tibesti. Après des combats éclair, ils sont parvenus à atteindre le nord Kanem. C’est là que des combats atroces les ont opposés à l’armée tchadienne entre le 17, le 18 et le 19 avril. L’armée a, dans un bilan, évoqué la mort de 300 rebelles, plusieurs matériels de guerre récupérés et près de 300 prisonniers. Depuis lors, aucun autre bilan n’a été communiqué sur les combats qui ont repris depuis le 27 avril. En réaction aux autorités militaires, le Fact répond par une phrase en affirmant que « c’est loin d’être fini ».

Par un arrêté rendu public ce 7 mai par le ministère de la Sécurité publique, les manifestations pacifiques sont autorisées. Mais sous plusieurs conditions.

D’après les termes du document, les manifestations pacifiques sont autorisées « conformément à la charte de transition et à la volonté des plus hautes autorités au respect de l’État de droit. » Et pour cela, indique l’arrêté ministériel, « les forces de l’ordre prendront toutes les dispositions sécuritaires nécessaires à cet effet. » Mais tout cela n’est possible qu’à certaines conditions.

Le ministère de la Sécurité publique exige d’abord des organisateurs d’une manifestation pacifique une demande d’autorisation préalable indiquant un itinéraire bien défini. Cet itinéraire, précise le document, peut être modifié en commun accord avec les autorités au moins cinq jours avant la date demandée.

Ensuite, les organisateurs d’une manifestation pacifique doivent signer un engagement auprès du ministère de la Sécurité publique. L’arrêté n’a pas mentionné la nature de cet engagement.

Puis le ministère de la Sécurité exige des organisateurs d’une manifestation la sensibilisation et l’encadrement des manifestants afin d’éviter tout trouble à l’ordre public.

Et enfin, la dernière condition à remplir est la détention d’une autorisation de fonctionnement pour toute organisation appelant à une manifestation.

Autre précision, le ministère fait savoir que l’objectif d’une manifestation pacifique est d’exprimer une opinion dans le respect des textes en vigueur.

Pour Me Max Loalngar, coordinateur de la plateforme Wakit tamma qui appelle à une marche ce 8 mai, le décret cité dans ce document est désuet. « Qu’on ne nous perturbe pas avec des décrets de 1962 qui sont morts et enterrés avec leurs auteurs », s’agace-t-il. D’après lui, il n’existe dans la législation actuelle aucun argument du droit positif qui ne peut être opposé pour poser tel ou tel acte. « C’est pour cela que la marche de demain (8 mai) est maintenue », confirme Me Max Loalngar.

Prenant en compte quelques points énumérés dans le communiqué du ministère de la Sécurité publique, le coordinateur de Wakit tamma rassure que la marche sera « pacifique ». « Nous allons nous encadrer », promet-il. Au contraire, Me Max Loalngar demande que les forces de l’ordre s’abstiennent de se présenter aux abords de cette manifestation.  « Celle-ci faisant suite à la marche du 27 avril réprimée dans le sang, nous pensons que la présence des forces de l’ordre serait de nature à troubler l’ordre public », estime-t-il. Car, dit-il, le sentiment d’une victime de voir son bourreau peut la pousser à agir violemment.

Ainsi, la marche du 8 mai a pour point de rassemblement l’espace Fest’Africa de Chagoua et avec point de chute le rond-point Fontaine de l’union. « Une motion et un schéma de sortie de crise seront présentés », annonce Me Max Loalngar.

Aux dernières nouvelles, le ministère de la Sécurité publique vient d’interdire la marche.

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