DT

DT

Les Piqûres et Envenimations de scorpions (PES) et l’avancée du désert dans les régions sahariennes terrorisent les populations du Borkou, de l’Ennedi, du Tibesti et du Wadi-Fira. Reportage.

« Les piqûres de scorpion doivent être considérées comme un problème de santé publique mais cette question soulève une autre encore plus sensible, celle de l’avancée inexorable du désert qui déplace l’habitat naturel du scorpion, le désert, en ville, mais détruit également les rares oasis qui existaient jusqu’à maintenant », alerte l’ONG HDS. Cette ONG fait de la lutte contre le scorpion, de la lutte contre l’avancée du désert et la protection de l’environnement dans les régions du B.E.T/Wadi-Fira sa principale mission.

Les habitants du Grand Nord, Borkou-Ennedi-Tibesti et Wadi Fira mènent souvent une vie dangereuse. Ils sont menacés en période de chaleur par des scorpions noirs. Il ne peut se passer une semaine ou un jour sans enregistrer des cas de morsure de scorpion. Selon HDS, les hôpitaux enregistrent plusieurs cas de piqûres. Ces insectes sont agressifs. Par exemple les scorpions de Faya, selon un agent technique de santé, « ils ne sont pas comme les autres scorpions. Ils sont gros et longs les venins qu’ils injectent à leurs proies peuvent être recueillis au moins à 5 cl. »

Le Coordinateur M. Koni Sougoudi Kellemi de l’ONG HDS affirme que « c’est l’effroyable leiurus quinquestriatus qui sème la mort dans l’Ennedi, au Borkou et au Tibesti. » Il définit cet insecte vénéneux comme Le leiurus de la famille de buthidés, un arthropode de couleur jaune, mesurant 7 à 10 cm. Il se distingue des autres scorpions par les deux derniers anneaux de sa queue qui sont sombres et surtout par ses fines pinces. Toujours selon M. Kellemi son venin est le plus foudroyant et la bestiole est agressive à la moindre rencontre.

D’autres scorpions appartiennent à la famille des arachnides. Le redoutable scorpion est appelé par les scientifiques Androctonus australis. Ce scorpion, Androctonus australis, est aussi hautement venimeux que son congénère Leiurus quinquestristus. Les deux espèces sont cotées 4/4, donc très toxiques. Leur venin est mortel pour les enfants de moins de 7 ans et les vieilles personnes.

D’après les chercheurs, un scorpion Androctonus australis, couvant ses petits appelés pulls, a été capturé en mai 2018 dans un jardin potager de Kalaït pour être identifié. Il avait autour de lui 55 bébés scorpions. Cette espèce est dominante autour de la ville de Kalaït, de Fada et d’Amdjarass.

Traitement contre piqûre

« Les produits pharmaceutiques utilisés pour soigner les malades envenimés sont entre autres le dexaméthasone, hydrocortisone et prométhazine », affirme un agent technique de santé de Faya.

Selon le Coordinateur de HDS Mr Koni Sougoudi Kellemi, les piqûres de scorpions sont la première cause de mortalité dans les villes de Bardaï, Faya, Fada et Amdjarass. On dénombre 300 cas, dont 10 décès environ, par mois pendant le moment de pic. Les victimes sont en majorité des enfants et des femmes enceintes.

HDS préconise en cas de piqûre de scorpion, d’abord, de garder son calme, de ne pas faire de garrot, de ne pas faire d’aspiration à la bouche, d’immobiliser la région piquée, d’appliquer de la glace pour lutter contre la douleur, de transférer la victime rapidement à l’hôpital, d’identifier le scorpion mis en cause si possible, de mettre la victime en position demi-assise ou position latérale d pendant son transfèrement à l’hôpital.

Pour l’ONG HDS, les axes stratégiques de lutte contre les PES doivent cibler sur le scorpion et son environnement, sur le comportement de la population et sur les professionnels de santé, sur l’amélioration de la prise en charge et sur l’implication de tous.

Les régions sahariennes du Borkou, de l’Ennedi et du Tibesti, a fait l’objet de plusieurs programmes mis en œuvre par le programme National de Lutte contre le Scorpionisme, le Ministère de la Santé publique, l’OMS, certains partenaires internationaux et également avec  l’Organisation humanitaire tchadienne HDS (Halt Death Stalker), seule organisation qui lutte contre les piqûres de scorpions dans le Grand Nord.

En 2014 la ville de Faya a été choisie pour servir de point d’ancrage à toutes les études scientifiques qui seras entreprise au Tchad sur de cette problématique. L’objectif de cette rencontre était d’élaborer un cadre stratégique global de lutte contre les piqûres de scorpions. Un tableau complet de la situation épidémiologique a été élaboré. Il a fait ressortir plusieurs constats parmi : aucune étude réelle n’a été menée dans la région du BET (Borkou-Ennedi-Tibesti), excepté les efforts de HDS qui a fait une étude de terrain sur les différentes espèces, les zones endémiques et les périodes où les piqûres sont les plus fréquentes. Les actions et les expertises menées  par l’organisation ont contribué à la mise en œuvre de ce Programme National de Lutte contre les Piqures de Scorpions et surtout ont mis à jour la nécessité de créer un Programme National de Lutte contre les piqûres de scorpions et les morsures de serpent. L’idée consistait aussi à faciliter la disponibilité du sérum de prise en charge dans toutes les 4 régions. De mettre en place de campagnes de types IEC (Information-Éducation-Communication) dans les zones endémiques. De poursuivre les appuis techniques et financiers aux acteurs, etc. …

Pour éviter d’être attaqué par les scorpions, il faut porter des chaussures fermées lors de déplacements, secouer toujours les habits et les chaussures avant de les porter. Éviter de laisser traîner les objets et les habits au sol. Il est important d’élever des poules, des chats et des hérissons qui sont les principaux ennemis de cette bestiole. Certains produits répulsifs comme l’acide borique et la terre de diatomée peuvent éloigner les scorpions.

Mahamat Kao Adoum

La liste du Conseil national de transition (CNT) nommé par décret a été publiée hier vendre 24 septembre. Le CNT est composé de 93 membres issus de la société civile, des anciens parlementaires, les politico-militaires et surtout de 30 pour cent des femmes. Mais la plateforme des actions citoyennes Wakit tama n’est pas représentée.

La liste des membres du CNT, tant attendue, est publiée hier vendredi 24 septembres. Les 93 membres de cette institution qui va remplacer l’Assemblée nationale critiquée par certains opposants et la société civile sont connus vendredi soir. Sur cette liste, on retrouve les membres de l’ancien parlement, tels que Haroun Kabadi, Delwa Kassiré Koumakoye, Yorongar Ngarléjy, Romadoumngué Félix dernier chef de file de l’opposition sous le Président Idriss Deby.

Parmi les nouveaux membres du CNT, on trouve un ancien candidat malheureux à la présidentielle du mois d’avril dernier, comme Alladoum Djarma Baltazar et une candidature avortée du leader de la coalition de l’opposition Alliance Victoire Benzoune Bongoro Théophile. La nouvelle équipe qui va jouer le rôle de parlement est constituée de 29 femmes, soit 33 pour cent de l’effectif, une première dans l’histoire politique du Tchad. L’on constate aussi la présence de jeunes dans cette nouvelle équipe, une première dans l’histoire du parlement tchadien. Toutes les tendances sont représentées. La liste est composée de 29 femmes, 67% des hommes, dont 24 anciens députés, 69 nouveaux, 29 jeunes. Sur le plan linguistique, les arabophones sont représentés à hauteur de 25% et 75% francophones. Chaque province est représentée par au moins 3 personnes.

La plateforme des actions citoyennes comme Wakit Tama qui continue d’exiger l’organisation d’un dialogue national inclusif (DNI) avant la mise en place du CNT, n’a pas été représentée.

 Dans un message, le président du CMT, le général Mahamat Idriss Deby Itno a remercié l’assemblée nationale, maintenue à titre intérimaire depuis le mois d’avril d’avoir assuré la continuité du travail parlementaire.

Jules Doukoundjé

Le coordinateur exécutif du parti Fédération, Action pour la République (FAR), Yorongar Ngarléjy, décide de se retirer de la scène politique, après 30 ans d’opposition au régime de Idriss Deby Itno. Il quittera la tête de son parti après avoir organisé un congrès national pour présenter un rapport moral. Entrevue.

L’opposant le plus déterminé et le plus farouche au régime du défunt président Idriss Deby Itno, depuis 30 ans, Yorangar Ngarlejy, coordinateur exécutif du parti Fédération, Action pour la République (FAR), décide de quitter la vie politique. L’homme politique déclare qu’il est complètement ruiné après 30 ans de combat politique, sans appuis des autres membres du parti. Épuisé et fatigué, il décide d’organiser un congrès national pour présenter un rapport moral avant de quitter la tête de son organisation politique qu’il coordonne depuis des années, sans appui majeur de ses camarades de lutte. « Je me suis ruiné pour faire fonctionner le FAR, depuis 30, cela suffit. Maintenant, je vais organiser un congrès, dresser un rapport moral et je m’en vais », a laissé entendre l’opposant. Pour lui, les membres du bureau, les députés, les militants, les conseillers municipaux que le FAR a fait élire ne cotisent pas. Il ajoute que pendant son absence, surtout quand il était en France, il y a 20 ans environ, le Bureau s’est réuni pour adopter les grilles de paiement des cotisations qui vont de 50 f à un pourcentage de 10 f sur le salaire, mais personne n’a honoré cet engagement. Il affirme que quand il y’a de postes à pourvoir par le FARR, c’est tout le monde qui se rue dessus. « Cela m’a tapé aux tympans. J’ai décidé après avoir mis en place toutes les structures, je quitte la direction du parti », dit-il.  Il décide de quitter le parti, mais reste dans le parti sans s’impliquer dans la prise de décisions.

Au sujet de la relève au parti, l’opposant précise que ce n’est pas à lui de préparer la relève. À son avis, un parti politique, comme toute association, les membres se préparent à la succession. « Je ne peux pas préparer quelqu’un, j’ai essayé, mais à chaque fois quand la personne qui est pressentie de me remplacer, pousse des ailes, il claque la porte et va créer son parti, cela m’est arrivé plusieurs fois. Donc je ne prépare personne cette fois-ci » regrette M. Ngarléjy. Il dit qu’il quitte le parti et les membres organiseront les élections pour un nouveau coordonnateur du parti. Abondant l’éventuelle disparition du parti, quand il ne sera plus coordinateur, il soutient que le parti est bien structuré. Toutefois, l’homme politique craint que ceux qui prendront la direction du parti après lui ne monnaient le parti pour en faire une jouissance personnelle. « 30 ans de lutte politique pour rien et je pèse bien mes mots », affirme l’opposant.

Pour les jeunes qui souhaiteraient faire de la politique, Yorongar Ngarléjy donne un conseil « quand on n’a pas d’argent, on ne se lance pas en politique ». Il rajoute, « quel que soit ton niveau, quel que soit ton rang au sein de l’association d’une manière générale et dans un parti politique en particulier, tu dois payer tes cotisations ». Pour faire fonctionner le parti, il est demandé aux membres de cotiser. La cotisation est fixée à 50 f pour les étudiants, les élèves et les chômeurs. Mais, peine perdue, ceux-ci refusent de payer. « J’étais rentré de France en 1982 avec beaucoup d’argent, mais maintenant, je mange à peine », soutient-il.

« Je ne crois pas à la transition actuelle »

À propos de la transition, l’homme politique dit qu’il ne croit pas à cette transition dirigée par un des fils du président Deby et qu’il a prévu cela depuis longtemps. « J’avais dit que le président Idriss Deby Itno était en train de créer une monarchie, une dynastie, mais les Tchadiens disent que Yorongar se livre à des fantasmes », confie le coordinateur du parti FAR. Concernant le dialogue national inclusif (DNI), prévu à la fin d’année, il affirme que c’est du faux et cela n’apportera rien. « Ce serait comme les dialogues, les conférences nationales qui ont eu lieu. Rien de plus », estime-t-il. Pour l’opposant, les gens vont se livrer à des orgies, rien de sérieux. Yorongar, Ngarléjy dit avoir donné de conseils au président du CMT de faire attention à son entourage, car c’est eux qui ont induit en erreur le président Idriss Deby Itno. « Tant qu’on ne tend pas la main à la rébellion, discuter sérieusement, parvenir à un accord pour faire la paix. Toutes ces gesticulations ne sont que de poudres aux yeux, je parle sincèrement, ça n’a de valeurs que pour les gens qui ne sont pas sérieux ». Parlant du CNT, il ironise que tous ceux qui contestent le CNT sont aujourd’hui candidats, alors qu’ils réclamaient l’organisation du DNI avant le CNT. Pour lui, il n’y a pas de sérieux. À son avis certains partis politiques qui remplissent l’espace politique sont des clients qu’on achète pour faire la salle besogne. « Il n’y a rien de sérieux qui se pointe à l’horizon. Moi, je ne crois pas », regrette-t-il. Le fédéraliste estime que le CMT ne peut pas faire autrement que ce qu’il est. Pour lui, les décisions prises par le CMT sautent aux yeux. « Sur 15 membres, 2 seulement sont originaires d’une partie importante du Tchad, le reste c’est la famille. Les autres provinces exclues », précise l’homme politique. À l’en croire, ce genre de chose ne faciliterait pas le vivre ensemble que l’on clame tous les jours.

Pour sauver la situation, Yorongar Ngarléjy propose qu’on organise les élections législatives et présidentielles sur la base de l’une des constitutions au Tchad qui a requis la majorité des Tchadiens. Pour lui, ce sont les constitutions de 1962 et de 1996 qui sont des constitutions acceptables de tous. Le fédéraliste pense que celui ou celle qui sera élu sur cette base pourra s’atteler à la réforme. « Il faut doter le Tchad des institutions solides. Malheureusement personne ne m’entendra, parce que ce n’est pas dans leurs intérêts », conclut-il. Pour lui, le Tchad est peuplé de « gargantua » qui ne pensent qu’à leurs ventres.

Jules Doukoundjé       

Un chèque d’un montant de 57 683 100 FCFA a été signé le 22 mars 2021 à Koumra, province du Mandoul pour 45 organisations professionnelles. C’était un financement du Fonds national d’appui à la formation professionnelle (FONAP). Depuis cette date, les 1125 bénéficiaires attendent toujours leur argent. Ces groupements s’inquiètent du silence prolongé du FONAP et se demandent quelle serait la cause. Reportage.

Le 22 mars dernier, 45 organisations professionnelles de la province du Mandoul avaient bénéficié d’un chèque 57 683 100 FCFA. Ce chèque a été concédé par le Fonds national d’appui à la formation professionnelle (FONAP). De passage dans cette région, nous avons rencontré quelques promoteurs bénéficiaires qui s’inquiètent du silence non justifié de leur donateur. Pour certains cela fait pratiquement 6 mois qu’ils attendent. « Le FONAP a organisé une formation des organisations professionnelles dans le domaine Agro-Silvio pastoral. Pendant la campagne présidentielle passée, ils ont réuni les promoteurs pour leur donner des informations sur nos projets. C’était à cette occasion que le fameux chèque a été remis », déclarent-ils.

Selon quelques promoteurs, d’habitude, lorsque FONAP signe une convention, deux semaines après, il débloque le fonds de formation. D’abord pour la première phase, l’institution verse 70% et le 30% restant après la présentation du rapport, disent les bénéficiaires. « Depuis leur dernier passage, les promoteurs croyaient que les choses vont déboguer immédiatement. Or, depuis lors, ils attendent », rapportent-ils. Ils se demandent quelle serait la cause de ce long silence du FONAP. D’après les bénéficiaires, chaque organisation professionnelle a reçu une banderole signalétique de formation organisée par le FONAP.

La rédaction a contacté par téléphone Mme Falmata Danembaye, chef de service Apprentissage du FONAP ce 24 septembre 2021. Elle reconnaît la véracité des faits. Selon elle, le FONAP devrait normalement leur débloquer le fonds depuis longtemps. Mais des irrégularités ont été relevées sur le dossier au service du Controle financier du ministère de Finances et du Budget, affirme Mme Falmata. « On a déjà revu le dossier qui a été rejeté. Maintenant le dossier est à nouveau au contrôle financier. Autre chose, le FONAP a eu aussi de difficultés financières. L’institution n’a pas perdu de vu son engagement à satisfaire les bénéficiaires », soutient-elle.

Mme Danembaye affirme que, le dossier est en cours et les bénéficiaires seront désintéressées dès que possible.

Moyalbaye Nadjasna

Les centres sociaux sont placés sous la tutelle du Ministère de la Femme de la protection de l’Enfance. Ils ont pour mission aussi la prise en charge des adolescentes de la rue. Ces structures sociales estiment qu’elles sont limitées. Ils soutiennent que la prise en charge psychosociale et la réinsertion de ces enfants nécessitent un travail d’accompagnement. Reportage.

9 centres sociaux installés dans 9 arrondissements de N’Djamena sur 10. Seule la commune du 9e arrondissement qui ne dispose pas d’un Centre social. Ces centres sociaux ont pour mission de subvenir aux besoins des femmes et des enfants en situations  difficiles. Certains responsables de ces centres affirment qu’ils ne disposent pas de budget de fonctionnement. Selon eux, ce manquement sape l’efficacité de leurs activités au quotidien. « La prise en charge des adolescentes qui vivent dans la rue, surtout celles qui consomment les stupéfiants, nous dépasse. Nous sommes limités par le manque de moyens », disent-ils.

Mme Bapowa Pamdandji du centre social N°1, affirme qu’aucun fonds n’est alloué aux centres sociaux pour faire ce travail. « En juin dernier, les 9 centres sociaux de N’Djamena ont travaillé avec l’Unicef durant 3 mois. C’était dans le cadre d’un projet de sensibilisation des enfants de la rue sur l’hygiène corporelle, vestimentaire et la COVID 19 », dit-elle.  Elle précise qu’ils ont récupéré 90 enfants de la rue âgés de 6 à 17 ans. Selon Mme Bapowa Pamdandji, l’Unicef a réinséré 16 enfants par centre social. Elle souligne que malgré le manque de moyens, les centres sociaux s’acquittent de leurs devoirs de conseil en vers les femmes et les enfants. « Nous demandons au gouvernement d’aider les centres sociaux. Nous appelons aussi les personnes de bonnes volontés au secours », lance-t-elle.

Le sociologique, M. Mbété Félix explique que ces filles ne s’adonnent pas à la drogue par gaieté de cœur. « Elles pensent qu’elles sont abandonnées à elles-mêmes et s’adonnent quelquefois à la prostitution. Pour se déstresser, elles sont obligées de fumer ». Il affirme qu’à une certaine époque, on voyait seulement les garçons dans les rues, maintenant les filles sont aussi touchées.

Pour Mbété Félix le mal étant déjà là et il faut l’attaquer à la racine.  « Quelques pistes de solutions envisageables sont : la lutte contre la pauvreté, le chômage et surtout, l’éducation des enfants », propose le sociologue.

Kouladoum Mireille Modestine

La ville de N’Djamena compte beaucoup des enfants dans la rue. Ces enfants  quittent les parents et élisent domicile dans les grandes artères de la capitale pour diverses raisons. Parmi eux, il y a des adolescentes. Elles sont exposées à la violence et aux agressions sexuelles. Pour permettre à ces jeunes et adolescentes d’espérer retrouver une vie normale, l’implication des centres sociaux est nécessaire. Reportage.

Elles s’appellent Fatimé Youssouf, Sadié Ali, Rémadji Sentia Djimadoum et Achta Abakar. Elles ont toutes une histoire à raconter sur leur propre vie. Leurs âges varient de 14 à  22 ans. Les unes, orphelines de pères ou de mères et les autres, de parents divorcés. Ces 4 filles passent toute la journée derrière la grande mosquée roi Fayçal pour demander de l’aumône aux passants. Elles récoltent quelques pièces de monnaie pour survivre. En plus des pièces qu’elles reçoivent, elles reçoivent aussi de la nourriture de la part des personnes bienveillantes. Munies  de bouteilles en plastique contenant une sorte de stupéfiant à base de colles, elles aspirent au quotidien cette décoction toxique.

 Sadié Ali à 14 ans. C’est la plus jeune des 4 filles. Elle affirme être issue d’une famille de 10 enfants. Elle est orpheline de père. « J’ai quitté mon quartier Goudji ou j’habitais avec ma maman pour regagner le groupe, il y a de cela trois ans déjà. En 2018, ma mère voulait me donner en mariage, alors que je n’avais que 11 ans, mais j’ai refusé » confie l’adolescente. Après avoir refusé l’homme que sa mère lui a imposé, elle a quitté le domicile familial pour regagner la rue. Sadié Ali dit avoir arpenté les rues de la capitale pour se venger de sa mère qui voulait par la force lui donner en mariage, alors qu’elle n’avait pas l’âge de se marier. Elle regrette aussi de ne pas avoir été à l’école française. L’adolescente a fait quelques années à l’école coranique avant de se séparer de sa mère pour raison de mariage forcé. « La première fois, ma mère a tenté  de me ramener à la maison, mais j’ai refusé. Cette fois, si elle me demande de rentrer, je vais accepter », ajoute-t-elle.

Toutefois, les 3 trois autres filles, plus âgées qu’elle, ont quitté leurs maisons familiales de leur propre gré, sans pression familiale. Fatimé Youssouf, la plus âgée du groupe, ne se souvient de rien. Elle dit avoir été à l’école jusqu’en classe de CM1. Cette fille visiblement fatiguée par l’effet de stupéfiants a été traumatisée par la séparation de ses parents depuis son jeune âge. Elle ne se sépare presque jamais de sa bouteille de « drogue traditionnelle ». Elle confie avoir d’énormes regrets d’être tombée dans la dépendance de la drogue. Elle souhaite quitter la rue un jour. Et demande aux centres sociaux de l’aider à se sortir de la toxicomanie.

Kouladoum Mireille Modestine

La défécation à l’air libre est un phénomène généralisé dans certains coins de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne. Dans les canalisations autour de la Grande Mosquée, des citoyens font, sans gêne, leurs besoins. Reportage.

La Mosquée roi Fayçal est la plus grande mosquée au Tchad. Sa construction date des années 70. C’est un lieu saint où les fidèles musulmans viennent prier Allah. Curieusement, certains citoyens font défèquent dans les canalisations aux alentours de la mosquée. Selon le SG du Conseil supérieur des affaires islamiques(CSAI) Abdadayim Abdoulaye Ousmane, beaucoup des citoyens aujourd’hui sont sans moral. Les lieux publics voire les lieux saints n’ont aucune importance pour eux. « Autour de la mosquée, il y a un marché des ouvriers qui attendent des clients pour du travail temporaire. Ils passent toute leur journée là. S’ils sentent les besoins, ils pissent dans le caniveau, la nuit, d’autres défèquent », dit le SG.

Le SG du CSAI affirme que de temps en temps les gardiens de la mosquée interpellent les indélicats. Il fait remarquer qu’il n’est pas bon qu’une personne fasse de besoins au vu et su du grand public. Ces actes sont abominables, dit-il. « Certains organes humains font partie de l’intimité. Le respect de sa personnalité est important, car l’être humain est diffèrent d’un animal. Dans l’islam c’est interdit », soutient M. Abdadayim Abdoulaye Ousmane. D’après le SG, la Mairie a fourni assez fait pour garder l’endroit propre. La Mairie a même pris la décision de renvoyer tous ceux qui campent autour de la grande mosquée. Ils sont tous revenus se réinstaller, explique Cheikh Abdadayim. « Parfois, ils nous disent qu’ils ne sont pas dans la mosquée, mais devant la route. Nous avons fermé l’entrée Est. Sauf à l’heure de la prière que nous l’ouvrons. La porte principale fait face à l’avenue El Nemeyri sous les yeux veillant de nos gardiens », confie-t-il. 

Perturbateurs des prières de vendredi

Un autre problème est révélé par le SG du CSAI, celui de la mendicité. Abdadayim Abdoulaye Ousmane soutient que les femmes, les enfants et les personnes handicapées envahissent tous les vendredis la cour de la grande mosquée. Elles quémandent les fidèles qui viennent à la prière. « Il arrive qu’on instruise les gardiens pour les en empêcher. Les mosquées ne doivent pas être un lieu de la mendicité. Ce sont des lieux saints destinés à la prière », affirme le SG. Il annonce que dans les jours à venir, le CSAI prendra des dispositions sécuritaires pour mettre de l’ordre. « Nous ne les empêchons pas aux pauvres de mendier, mais ils peuvent le faire en dehors de la mosquée. Les enfants qui font des navettes dérangent les fidèles. Les étrangers viennent aussi prier, ils risquent de repartir avec une mauvaise image du Tchad. Ce sont de choses qu’on ne voit pas sous d’autres cieux ». Abdadayim Abdoulaye Ousmane, indique qu’il faut une sensibilisation pour régler cette situation.

Il sollicite une surveillance permanente des agents de sécurité autour de la mosquée afin de discipliner ceux qui défèquent dans les canalisations. Il dit que dans bientôt il y aura des plaques avec mention « interdit d’uriner et de déposer des ordures », promet-il.

Moyalbaye Nadjasna

Le vice-président du Comité national de gestion provisoire du football au Tchad (CNGPFT), Moussa Abakar, prend acte de la dissolution de cette structure. Mais il dénonce la procédure. Reportage

La publication du décret 455 portant abrogation du décret 490 mettant en place le Comité national de gestion provisoire du football au Tchad et l’annonce de l’organisation de la coupe de l’unité qui s’est tenu le 22 septembre dernier a soulevé un tollé dans le milieu du football tchadien. Ce décret met fin à la fonction des responsables du CNGPFT. « Personnellement l’acte d’abrogation n’est pas un mal en soi. Si nous voulons mettre en place un comité de normalisation, il faut absolument que la sanction de la FIFA soit levée », explique le vice-président du défunt CNGPFT. Pour lui, pour lever la sanction, il faudrait abroger le décret 490.  Selon lui, la manière est correcte, et si l’on veut réellement développer le football tchadien, il faut un comité de normalisation. Moussa Abakar déplore toutefois la manière dont les choses se sont précipitées suscitant beaucoup d’interrogation. L’ex-vice-président souligne que le ministre des Sports était en voyage, et ils ont géré le comité pendant presque 6 mois. « Nous devons d’abord déposer le rapport et c’est en réponse à cela qu’on peut décider de l’abrogation du décret », dit-il.

Au sujet de la note d’instruction de la primature, il affirme que sur le libellé figure la dénomination d’un ministère qui n’existe pas. L’ancien vice-président affirme que la note de la primature parle d’une réunion qui s’est tenue le 8 septembre dernier réunissant les acteurs du football, mais le ministre des Sports et les responsables du CNGPFT n’étaient pas conviés. À propos de l’instruction du SG de la présidence de la République au Ministère de Finances relatif au versement en deux tranches des 400 millions de nos francs, il répond, « cette somme est le budget retenu pour toutes les activités du comité, c’est-à-dire l’organisation des compétitions, l’élaboration des textes, le budget de fonctionnement et l’organisation de l’AG ». Moussa Abakar confirme que sur les 400 millions, CNGPFT n’a pas reçu 1 franc. Depuis son installation, le comité travaillait dans la confiance qui lui a été faite par les plus hautes autorités du pays. Le désormais ex-vice-président reconnaît toutefois que la structure qu’il préside a reçu un chèque de 67 millions. Cette somme, toujours selon lui, était destinée à payer les factures de préparation de l’équipe nationale de football pour les matchs contre la Namibie et la Guinée.

Rappelons que le 12 mars dernier, le défunt président Idriss Deby Itno a mis en place le CNGPFT. Ce comité remplaçait la Fédération tchadienne de football amateur dénoncée par plusieurs acteurs pour sa gestion opaque.

Jules Doukoundjé

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

-Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

  1. Divertissement
  2. Sports
  3. Mon Pays