La Fédération internationale du football association FIFA vient de réhabiliter le Tchad après quelques mois de suspension. La SISA a notifié lundi, 11 octobre 2021 à la Fédération tchadienne de football association (FTFA) avec copie au ministère des Sports et à la Confédération africaine de football, la FIFA la décision de la levée de la suspension du Tchad. Une décision qui est tombée le lundi 11 octobre.
Le football tchadien va reprendre enfin avec ses aventures internationales après quelques mois de suspension par la FIFA. L’instance internationale du football a notifié lundi 11 octobre 2021 la levée de sa suspension contre le Tchad. Un buffet d’oxygène pour les autorités footballistiques du Tchad.
Une mission FIFA-CAF est attendue à N’Djamena dans les jours à venir. Objectif, s’enquérir des réalités des élections de la Fédération tchadienne de football association FTFA de décembre 2020, selon la FIFA.
Le Tchad était suspendu par la FIFA pour ingérence des autorités tchadiennes. En mars dernier, le ministère des Sports avait retiré la délégation de pouvoirs à la Fédération tchadienne de football association (FTFA) pour non-respect de ses textes statutaires. Peu de temps après, un comité de gestion provisoire du football a été créé.
La semaine dernière, le ministère des Sports avait abrogé ce retrait de la délégation de pouvoirs. Ce, quelques jours, après que les autorités tchadiennes ont dissous le comité provisoire de gestion du football mis en place en mars. Retour sur la réhabilitation du Tchad avec le SG de la FTFA.
Moyalbaye Nadjasna
La Fédération Tchadienne de Luttes associées vient de décider de l’organisation de la 4e Édition du Championnat national de luttes traditionnelles et luttes olympiques (CNLTLO). L’annonce a été faite ce 11 octobre 2021 dans la capitale tchadienne, N’Djamena. Ce championnat est placé sous le thème, « Ensemble renforçons l’Unité à travers le sport. » Reportage.
Selon son président Baba Ahmat Baba, ce championnat va se dérouler du 15 au 17 octobre 2021 à N’Djamena. Cette 4e édition va regrouper sept (7) ligues : la région de N’Djamena, du Chari Baguirmi, du Moyen Chari, de la Tandjilé, du Mayo Kebbi- Est, du Lac et du Salamat. Plus de 70 athlètes sont attendus à cette messe, précise-t-il. La particularité de ce championnat va être la lutte féminine des combats très spectaculaires dit-il. « La journée du 15 sera concentrée à la cérémonie d’ouverture et les combats. La journée du 16 octobre sera spécialement concentrée aux différents combats en fonction de catégorie et la date 17 octobre va boucler la boucler avec des séries de finales toutes catégories confondues », explique le président de la FTLA.
Pour Baba Ahmat Baba le sport peut devenir un pilier important dans les efforts de la construction de la nation pour bâtir un avenir meilleur. « L’objectif est de ressembler tous les meilleurs lutteurs du pays sans distinction de sexe ni de religion afin de détecter et de faire asseoir les équipes nationales de luttes, juniors, cadets, et séniors », déclare-t-il. D’après lui, la FTLA cherche l’ossature d’une équipe nationale digne. Cette équipe va représenter le Tchad dans les compétitions continentales et mondiales. Les perspectives visées sont les Jeux Olympiques de Paris 2024, précise-t-il. « Les différents lutteurs de chaque ligue se sont préparés minutieusement avec des stratégies de combats qui répondront aux aspirations de la FTLA et des amoureux de cette discipline. La lutte attire de plus en plus des adeptes », informe le président de la FTLA..
L’objectif de ce championnat est de renforcer le brassage et l’unité entre les fils et filles du Tchad. C’est le stade du 10 octobre dans le 7e arrondissement de la capitale tchadienne qui va accueillir cette compétition nationale.
Moyalbaye Nadjasna
Un incendie d’origine inconnue embrase la capitale du Borkou Faya. Plusieurs vergers de la palmeraie sont partis en fumée. L'incendie a commencé avant 08h au quarter Ngugri et s’est vite propagé sur d’autres quartiers selon le correspondant d’Ialtchad presse sur place. Reportage.
L’incendie a commencé avant 8h au quartier Ngugri selon notre correspondant surplace Maidé Barkaï Fodeya. Il s’est intensifié rapidement aux quartiers Andjanlaye puis Sougou. Les dégâts sont énormes pour l’instant il y a des centaines de vergers de palmerais sont brûlés.
Faya est la capitale de la région du Borkou. Elle était renommée Largeau lors de la colonisation française, d'après le nom du colonel Étienne Largeau. Un officier français qui a joué un rôle historique dans la conquête du Tchad en 1913. Après l'indépendance, la ville est rebaptisée Faya-Largeau. Depuis quelques années, l’ajout du nom Largeau est gommé. La ville à son nom d’origine Faya.
Faya est une ville caractérisée par un climat désertique chaud typique du Borkou. Une des régions du nord du Tchad. Une zone aride du plus grand désert chaud au monde. les températures maximales moyennes sont constamment supérieures à 40 °C d'avril à septembre inclusivement, en atteignant un pic maximal de plus de 44 - 45 °C en juin. La saison chaude dure environ 7 mois au Borkou et aucun mois de l'année n'a une température moyenne journalière inférieure à 20 °C. .
Moyalbaye Nadjasna
Maidé Barkaï Fodeya
Le siège du parti politique les transformateurs a été perquisitionné dimanche 10 octobre 2021 par les forces de l’ordre sous ordre du procureur de la République. Ils ont arraché le drapeau du balcon, ceux des bureaux, emportés 5 seaux des douilles des grenades lacrymogènes et arrêtés un membre du parti. Reportage
Il était 6H du matin ce 10 octobre, les résidents autour du siège du parti Les Transformateurs se réveillent encerclés par les forces de l’ordre. Elles sont venues avec un mandat pour perquisitionner le domicile de Succès Masra chef du parti. Mais c’est plutôt au siège de son parti qu’ils se sont rendus en escaladant le mur. Le président du parti les Transformateurs Dr Succès Masra dit qu’il ne sait pas clairement leur intention. Selon lui, le drapeau flotte sur le siège du parti depuis plus de 3 ans déjà. « Aucune loi n’interdit à un patriote de montrer son patriotisme en valorisant le drapeau. Parmi ceux qui sont venus enlever le drapeau, beaucoup ne sont pas des patriotes et ils savent qu’ils ne sont pas dans le cœur des Tchadiens. Je crois que le Dieu de la justice est en train de les confondre sinon ils ne viendraient pas un dimanche matin enlever le drapeau s’ils ne sont pas confondus », affirme-t-il.
Pour l’homme politique, un parti politique a le droit de mettre le drapeau tout comme les hôtels, les devantures des chefs de carrés, les écoles et les restaurants. Selon lui les autorités veulent que son parti respecte les lois qui n’existent pas. « Les gens ont jeté la mère des lois qui est la constitution. Sont-ils plus légitimes pour demander aux autres Tchadiens de respecter les lois sur le drapeau qui n’existent pas ? Ils sont perturbés par le fait que les transformateurs amènent les Tchadiens à aimer le drapeau du Tchad qu’ils ont piétiné », dit-il. Succès Masra décrète la journée du 10 octobre journée du tricolore tchadien. Son parti, dit-il, va célébrer cette journée chaque année. Il se dit déterminé et n’a pas l’intention de reculer malgré les persécutions. Pour lui, c’est de l’arbitraire et de la distraction alors il reste focalisé sur son combat parce que c’est la dernière chance qui s’offre aux Tchadiens de créer les conditions de l’unité. Masra invite les autorités de transition à faire la concurrence pour être dans le cœur des Tchadiens et non verser dans la brutalité.
Pour Yannick Djimotoum Yonoudjim conseiller juridique, aucun texte de la République du Tchad n’a fait mention qu’un parti politique ne doit pas mettre le drapeau au siège de son parti. Il indique en outre que le domaine juridique exige la précision. M. Yannick Djimotoum affirme aussi que toutes les lois qui sont promulguées sont publiées et connues de tous d’où l’expression juridique « nul n’est censé ignorer la loi ». « Toutes les infractions sont définies avec des sanctions incluses à l’exemple du Code pénal. Alors tout ce qui n’est pas interdit est automatiquement permis en droit. Mais dès lors que la loi interdit une chose, que cela plaise ou non le citoyen est obligé de la respecter ».
Kouladoum Mireille Modestine
Après la contestation de la marche pacifique organisée par la coordination des actions citoyennes Wakit Tama, réprimée sévèrement par les forces de l’ordre et contestée par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Le procureur de la République vient de déposer une plainte contre les leaders de Wakit Tama pour trouble à l’ordre public, destruction des bien et agression. Reportage.
Deux leaders de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama sont poursuivis par les autorités publiques. La police judiciaire cherche depuis hier à remettre la plainte déposée par le procureur de la République contre les deux membres de cette plateforme. Il s’agit de Dr Sitack Yombatinan Béni, vice-président du parti Les transformateurs et Barka Michel, président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), par ailleurs porte-parole de Wakit Tama. Selon le procureur de la République, Youssouf Tom, la plainte a été déposée depuis hier 7 octobre contre les deux responsables de ce mouvement citoyen pour troubles à l’ordre public, destruction des biens et agression.
Le porte-parole de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama, Barka Michel et Dr Sitack Yombatinan Béni reconnaissent avoir reçu la plainte de la part de la police judiciaire et attendent les conseils de leurs avocats avant de répondre à cette convocation.
La manifestation pacifique, à l’origine de cette plainte a été d’abord autorisée par les autorités en charge de la sécurité publique, mais les marcheurs avaient refusé l’itinéraire qui leur a été imposé. Cette manifestation a fait plusieurs blessés et des arrestations dans le rang des manifestants et un policier serait mort lors d’une course poursuite contre les marcheurs. Une mort que les autorités disent être fausse.
Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Abderamane Koulamalah, avait contesté la légitimité de la marche et menaçait de déposer une plainte contre les organisateurs.
Pour rappel, la coordination des actions citoyennes Wakit Tama a prévu une autre marche pacifique ce samedi 9 octobre, allant du rond-point doubles voies au stade Idriss Mahamat Ouya pour contester la confiscation du pouvoir par le Président du CMT. Toutefois, dans un communiqué rendu officiel, le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Souleyman Abakar Adam interdit cette marche. Il évoque les raisons du non-respect des conditions prévues et le risque de trouble à l’ordre public, compte tenu du non-respect des engagements pris par les organisateurs lors de la marche précédente.
Jules Doukoundjé
Les ressortissants du canton Kamaya dans la province du Borkou se sont retrouvés ce 9 octobre autour de leurs dignitaires traditionnels au quartier repos, dans le 4e arrondissement de N’Djamena capitale du Tchad. La communauté Kamaya réitère son soutien au Conseil Militaire de Transition (CMT). Et demande la création du canton Kamaya Hallanga de Alhadj Sougoumé Kamamadou.
15h. Quartier Blabline, dans le 4ème arrondissement de la ville de N’Djamena. Une marée humaine a pris d’assaut les lieux de la rencontre. Une foule constituée des jeunes diplômés, des cadres civiles et militaires et des opérateurs économiques. Les griots n’ont pas raté cette occasion. Ils chantent en l’honneur des dignitaires. L’ambiance était à la fête, à l’amitié et à la fraternité. Les uns après les autres, ils se relaient pour présenter leurs civilités aux chefs traditionnels. Tous détendus, ils méditent le sort de leur canton qui, selon eux, est mal géré.
Les dignitaires de la communauté Kamaya, Sa Majesté Alhadj Sougoumé Kamamadou et Ahmat Kosso Chahaimi rejettent la gestion actuelle du canton Kamaya. Ils réitèrent leur soutien au CMT. Ils disent être satisfaits de l’effort entrepris par le CMT pour le maintien de la paix et de la stabilité. Ils demandent au président du CMT la création du canton Kamaya Hallanga sous l’égide du chef Alhadj Sougoumé Kamamadou.
La communauté Kamaya réclame également la réhabilitation du chef de canton légitime, Sa majesté Ahmat Kosso Chahaimi. Selon cette communauté, ce dernier est le seul héritier habileté à succéder au feu Kellei Chahaimi. Le défunt chef de canton à avoir dirigé le canton Kamaya de 1936 à 2002.
L’ancien député de Ouara, dans le Ouaddaï et membre du CNT, Mahamat Saleh Ahmat Khayar explique l’origine des conflits intercommunautaires qui ont ensanglanté sa province. Il met les autorités publiques devant leur responsabilité et tente d’esquisser quelques pistes de solutions pour permettre à sa province et tout le pays d’amorcer le chemin du développement socio-économique. Entrevue.
La province du Ouaddaï est l’une des provinces du Tchad où les conflits intercommunautaires ne cessent d’endeuiller les familles. Cette province située à l’Est du pays, en proie depuis plusieurs années à des conflits entre éleveurs et agriculteurs, qui sont condamnés à vivre ensemble dans le même espace. Depuis ces conflits sanglants, les autorités publiques du pays, peinent à trouver une solution définitive et permettre aux deux communautés de vivre côte à côte et en paix. Pour le conseiller Mahamat Saleh Ahmat Khayar, le conflit intercommunautaire a toujours existé depuis que les gens font des activités champêtres, et d’autres des activités d’élevage. Pour lui, comme les communautés vivent ensemble dans le même espace, les bêtes entrent dans les champs et parfois les champs sont aussi dans le couloir de transhumance. Il souligne qu’entretemps, les gens essaient toujours de régler ces différends de façon amicale, traditionnelle. Et l’administration était forte pour régler tous ces problèmes.
Pour l’élu de la province du Ouaddaï, maintenant, le problème s’est aggravé parce que chacun veut accaparer de la terre. « Les agriculteurs veulent s’en accaparer, ils sortent du couloir et les éleveurs aussi veulent s’installer et faire paitre leurs bétails jusqu’aux dans les champs », explique-t-il. M. Kkayar estime que l’origine du problème intercommunautaire du Ouaddaï provient aussi de la défaillance des autorités traditionnelles et administratives. Elles ont prouvé leurs limites, leur incapacité à résoudre ce problème. « Je dis cela parce que les autorités traditionnelles sont souvent complices. Au lieu de défendre la vérité et l’Intérêt Général, chacun se campe pour défendre l’intérêt de son groupe », dit-il. Toujours selon lui, un autre facteur s’ajoute. Les autorités traditionnelles n’ont pas les moyens nécessaires pour dire la vérité et trancher juste. Ces autorités locales ne sont pas indépendantes pour agir correctement, ils dépendent des gens. Outre ce facteur s’y greffe selon l’ex-député, les hommes politiques impopulaires qui cherchent à récupérer ce problème pour en faire un enjeu politique dans le seul but de gagner en popularité. À son avis, les autorités administratives, surtout les sous-préfets sont pratiquement dans leur totalité nommée par message. « Ce sont des gens qui n’ont pas de compétence technique ni d’éthique pour gérer de tels problèmes. Du moment où ils sont nommés par message, ils ne sont pas alignés sur le budget de l’État, ils ne sont pas salariés, donc c’est à travers ces conflits qu’ils vivent », affirme le nouveau conseiller du CNT. Pour lui, il faut dire la vérité en face si l’on régler le problème de façon définitive.
« Les choses ont été forcées dans la Province du Ouaddaï »
Pour régler ce conflit intercommunautaire, beaucoup de missions officielles ont été effectuées au temps du président Idriss Debby Itno. Mais, malgré ces interminables missions, la crise persiste, sans aucune solution idoine. M. Mahamat Saleh Ahmat estime que plusieurs choses ont été forcées. « Vous savez, on ne peut pas obliger les gens à vivre ensemble, c’est impossible. Personne ne peut obliger les communautés à vivre ensemble, c’est à eux de choisir de vivre ensemble. Quand l’État intervient pour forcer les gens, ça ne marche pas et ça ne marchera pas », déclare-t-il. L’homme politique et ambassadeur de la paix estime que quand les communautés elles-mêmes se rendront compte qu’elles sont condamnées à vivre ensemble, de partager le même espace et d’utiliser les mêmes puits elles n’auront aucun intérêt à se battre. Elles seraient obligées de s’assoir entre eux et vivre ensemble comme avant.
Concernant la spécificité des conflits intercommunautaire, il explique que la différence est si l’on prend le sud du pays, les éleveurs quittent le Nord pour aller au Sud et remontent pendant la saison sèche vers le Nord. Il affirme que dans le Ouaddaï, éleveurs et agriculteurs vivent ensemble. Ils sont des parents et se marient entre eux. Selon lui, ils sont habitués à ce mode de vie depuis des siècles. M. Khayar précise que de nos jours, quand ils se battent, ils sont armés.
À la question des armes utilisées dans les conflits intercommunautaires, il souligne que ce sont les réseaux venus de la Libye via Calaïb et les livraisons se font à domicile. « Nous savons qu’il y a des armes qui se vendent au vu et au su de tout le monde. Il y a des réseaux de trafic d’armes. Nous savons qu’il y a des mains d’une autre société qui alimente cela. », dit le conseiller. Il affirme connaître certaines personnes dans ce conflit et que si les autorités veulent, il est prêt à les dénoncer. Pour lui, quand le gouvernement est coincé, il accuse les hommes politiques de la région. L’ancien député du Ouara dénonce cette voie de facilité que le gouvernement empreinte parce qu’il est incapable de trouver de solutions à ces conflits qui gangrènent le pays.
Enfin, il revient et insiste sur la défaillance de l’administration de notre pays. Il fait allusion à la nomination des sous-prêts illettrés, des chefs traditionnels sans moyens conséquents pour mener leur mission. Il a révélé qu’il était sur le terrain pour constater les faits. « J’ai constaté que les gens sont laissés à leur triste sort. J’ai constaté l’absence totale de l’État. Ils sont face à face et chacun se prépare pour attaquer l’autre ». L’ambassadeur de la paix dit avoir pris sa responsabilité pour écrire au gouvernement pour envoyer une mission, mais qu’on a laissé trainer les choser et le pire est arrivé. Le député estime que « si l’on ne fait rien, c’est la haine tribale va s’installer ». Il prend pour responsable les autorités qui traînent les pieds à ce sujet. Il a décidé de déposer un rapport aux autorités sur ce qui se passe dans sa province.
La paix est un choix
Pour l’homme politique, la paix est un choix, il faut amener les citoyens tchadiens qui n’ont pas la volonté de vivre en paix à faire le choix de la paix. Il croit au dialogue national inclusif, mais à son avis, il faut partir au dialogue avec l’esprit de vivre en paix.
Il suggère l’envoi d’une mission pour apaiser la tension, recenser les problèmes et proposer des pistes de solutions. Pour le conseiller, il faut une mission mixte et responsable, composée des membres du gouvernement, des Conseillers du Conseil national de transition et des personnes ressources pour aller vers la population pour apaiser les esprits.
Jules Doukoundjé
Le mois d’octobre est appelé aussi « Octobre rose ». C’est le mois de sensibilisation contre le cancer. Cette année, l’accent est mis sur le cancer du sein. Au Tchad, la Ligue tchadienne de lutte contre le cancer mène des activités dans la capitale pour commémorer cette journée. Reportage.
13 heures passées, nous entrons dans le bureau de Dr Manikassé Palouma. Il est le président de la Ligue tchadienne de lutte contre le cancer (LTLCC). Après les convivialités d’usage, nous échangeons sur le problème du cancer, précisément sur le cancer du sein. Selon lui, le cancer du sein est la multiplication des cellules du noyau du sein de manière incontrôlée et indéfinie. Le gynécologue obstétricien précise que c’est le premier cancer féminin qui touche beaucoup des femmes. Il soutient que les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estiment à 10 millions de nouveaux cas du cancer du sein sont détectés par an. « Une femme sur 9 sera atteinte du cancer et une femme sur 27 en mourra. Au Tchad, le cancer du sein représente 33,5 % de cancer féminin », explique-t-il.
Dr Manikassé Palouma dit qu’en 2018, la LTLCC a procédé au dépistage du cancer du sein et de l’utérus. « Elle a détecté 457 cas suspects donc 156 cas du cancer du sein et 291 du cancer du col de l’utérus », ajoute-t-il. Pour Dr Manikassé Palouma président de cette ligue, on fait plus de mal que de bien aux femmes dépistées. « Ces cas suspects restent à confirmer par des examens complémentaires. Les patientes n’avaient pas les moyens pour faire ces examens parce qu’ils coûtent cher. Au final, ces femmes sont restées avec le doute et sont abattues psychologiquement. En principe la ligue qui a osé faire ce dépistage devrait prendre les femmes en charge. Malheureusement elle venait de voir le jour donc elle n’a pas non plus les moyens de le faire», explique-t-il.
Selon lui, il est inadmissible qu’au 21e siècle, un pays comme le Tchad ne dispose pas d’un plateau technique ou d’une unité de prise en charge des femmes victimes du cancer. Tout de même, la LTLCC plaide auprès des partenaires et surtout du ministère de la Santé publique de trouver de toute urgence une unité de soins palliatifs pour les malades du cancer. Le président de la ligue indique que cette unité de soins palliatifs ne demande pas beaucoup de moyens.
Le cancer du sein est une maladie qui peut se soigner avec une guérison totale à la seule condition qu’on arrive à poser le diagnostic très précocement, dit le gynécologue obstétricien. Dr Manikassé Palouma déplore le fait que toutes les femmes qui se présentent à l’hôpital avec un cancer du sein sont déjà à un stade avancé de la maladie. Et ne peuvent plus être soigné malheureusement. Il conseille aux femmes âgées de plus de 35 ans de faire le dépistage précoce. De faire, elle-même, l’auto palpation de leur sein tous les soirs. Un élément essentiel selon lui. « Ou alors se mirer seins nus pour constater s’il existe une différence entre les seins ou une modification de la peau du sein », ajoute-t-il. Le président de la LTLCC affirme aussi que la tumeur n’atteint pas 1,5cm, ce qui la rend difficilement repérable. Aussi, les femmes sont appelées à se faire suivre très tôt et faire la mammographie tous les deux ans afin de détecter précocement le cancer pour espérer le guérir. Des activités de conférences-débats, de formations, d’émissions radiophoniques et de marche sont prévues par la LTLCC afin de marquer ce mois d’octobre rose.
Kouladoum Mireille Modestine