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A l’international comme au national, les organisations de la défense des droits de l’homme continuent à réagir suite aux arrestations des leaders des droits de l’homme, suite à la marche autorisée du 14 mai passé. Dans un communiqué conjoint signé le 21 mai, elles demandent leur libération immédiate et inconditionnelle. Retour sur la teneur du document avec Ialtchad.

D’abord, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (FIDH-OMCT), la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH), et l’Association Tchadienne pour la Promotion et défense des Droits de l’Homme (ATPDH) condamnent les arrestations suite à la marche du samedi 14 mai dernier. Selon le contenu du document signé ce 21 mai par  M. Dobian Assingar, Délégué permanent de la Fédération Internationale des droits de l’homme auprès de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et le président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Me Adoum Mahamat Boukar, « c’est une marche pacifique pour dénoncer le soutien de la France aux autorités militaires de la transition au Tchad ainsi que la présence supposée d’une base militaire française sur le territoire tchadien.»

Pour ces défenseurs des organisations des droits de l’homme, cette manifestation de la coalition Wakit Tamma avait été dûment autorisée par le Ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration. Ils précisent que l’encadrement par les forces de défense et de sécurité tchadiennes tout au long du parcours en est une preuve. La FIDH et la LTDH réalisent que les incidents qui se sont produits en marge de la manifestation et des actes de vandalisme commis contre les stations-service du groupe pétrolier français Total sont en dehors du parcours autorisé. Ils déplorent que ces leaders de Wakit Tamma soient placés sous mandat de dépôt par le Procureur de la République près le Tribunal de N’Djamena et incarcérés à la maison d’arrêt de Klessoum, à N’Djamena. La FIDH-OMCT et la LTDH précisent que ces leaders sont poursuivis pour « destruction de biens » et « troubles à l’ordre public ». Elles ont aussi mentionné qu’ils s’inquiètent de la répression systématique envers les manifestants pacifiques au Tchad.  Ils rappellent aux autorités de la transition leur obligation de respecter et de protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Pour appuyer leur propos, ils citent les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et les articles 9 et 11 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, ratifiés par le Tchad.

La FIDH-OMCT et la LTDH demandent aux autorités de la transition à garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Tchad. Elles réclament un strict respect des libertés fondamentales (libertés d’expression, et de manifestation), une enquête prompte, exhaustive, impartiale et transparente afin de faire toute la lumière sur les violations et atteintes aux droits humains commises à l’encontre des défenseurs des droits humains, une garantie des conditions d’un environnement favorable aux actions légitimes de promotion et de défense des droits, cesser toute forme de pression exercée sur la société civile au Tchad. Aux partenaires internationaux du Tchad et particulièrement les Nations Unies, l’Union africaine, la CEMAC, l’Union européenne et la France, la FIDH-OMCT et la LTDH leur demandent de contribuer au respect et à la protection des droits humains et des défenseurs et manifestants au Tchad.

« L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible », a rapporté le communiqué. Le communiqué précise que la FIDH et l’OMCT sont membres de Protect Defenders, un mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Moyalbaye Nadjasna

Ras-le-bol, c’est le sentiment que les Tchadiens éprouvent lorsqu’on discute avec eux de la politique tchadienne de la France. Cette frustration s’est amplifiée depuis la mort du père Maréchal Deby Itno. Ils se souviennent que la France l’a soutenu à bout de bras et de canons. Aujourd’hui, les Tchadiens ont le sentiment que cette même France bombe le torse pour soutenir le fils Maréchal au mépris des règles constitutionnelles. Cette France jupitérienne s’est même précipitée en bravant la Covid-19  pour venir aux funérailles du Maréchal. Et adouber le président de la transition en menaçant ceux qui seront tentés de ne pas accepter l’ordre établi par Jupiter, Macron. Il disait publiquement avec l’arrogance du maitre des lieux « la France ne laissera personne menacer le Tchad ». Cette phrase beaucoup des Tchadiens ne l’ont pas avalé. Ils sont convaincus que le message leur est adressé, eux, qui aspirent à ce que tout change mais que la France veut en sous-main que rien ne change. Alors les Tchadiens se sont mis à regarder ailleurs. Et puis, la France est chassée du Mali où, eux, Tchadiens ont contribués à écraser les djihadistes les plus craints. La France est également malmenée au Burkina-Faso. Elle marche sur des œufs au Niger. Où ils y sont aussi dans la zone de 3 frontières pour protéger ces pays. Et au Tchad, ils sentent que cette France veut leur faire un enfant dans le dos alors ils ont décidé d’en découdre pacifiquement.

Pourquoi et comment?

Ils ont misé sur la société civile qui a su créer une dynamique citoyenne avec le mouvement Wakit Tama. Un courant dynamique, bon-enfant, rassembleur qui ose enfin mettre les points sur les « i » et les barres sur les « t ». Certes, cela n’a pas été facile mais Wakit Tama a su bâtir patiemment un sentiment d’appartenance ouvert à tous. Il a su combler le vide laissé par des politiciens vire capo avec qui il était impossible de bâtir un tel mouvement. Wakit Tama a eu des moments de doute, des temps où le moral frôlait les chevilles mais Wakit Tama a tenu la rue par la force de son intelligence et par le sens de son timing. Ce mouvement est resté sur sa ligne. Et il a osé s’attaquer à la politique de la France au Tchad en donnant aux tchadiens une raison à leur lutte et en doigtant avec raison le soutien de la France à une junte sans imagination.

Cette manifestation du 14 mai contre la politique française reste le départ de quelque chose vers une autre direction. Vers une destination que les Tchadiens veulent choisir. Eux à qui on ne demande pas leur avis, si on le demande c’est pour le tordre par des élections bidon qui donnent des résultats encore plus bidons.

Le 14 mai dernier va certainement laisser des traces.

Le lendemain 15 Mai, des arrestations ont eu lieu. Massar Hissène Massar, ancien ministre est arrêté. Son tort c’est d’avoir assisté à une manifestation autorisée. Max Loalngar figure emblématique de Wakit Tama est jeté en prison. Son tort c’est d’avoir organisé la marche dénonçant l’ingérence de la France dans la politique du pays. Des dirigeants de Wakit Tama sont aussi intimidés et menacés de poursuites judiciaires pour dégradation des biens privés.

Le 14 mai passé est une alerte pour la France. Elle doit tirer des leçons de cette manifestation. Elle doit cesser de faire semblant d’être neutre. Elle doit montrer pattes blanches au sujet de la transition. Elle doit dire clairement qu’elle est contre la dévolution dynastique du pouvoir. Elle doit aider les Tchadiens de bonne volonté à asseoir une transition juste, à réussir un dialogue inclusif et souverain, à organiser des élections libres et transparentes, à ne pas se mêler des affaires tchadiennes et à demander au Conseil Militaire de transition (CMT) d’être des arbitres et de passer la main.

Enfin, seule fausse note ce 14 mai ce sont les casses, sinon il a rempli le cœur de beaucoup de Tchadiens de fierté d’avoir finalement compris et engagé le combat pour la vraie démocratie. D’avoir enfin dit assez à la France. Merde à ses tambouilles politiques pour que cette ultime bataille pour le changement triomphe. Il y a des rendez-vous qu’il ne faut pas rater, la transition pour une vraie alternance est le plus important de ces rendez-vous.

Bello Bakary Mana

Le secrétaire Fédéral d’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme dans le Moyen-Chari (ACTUS-MC) M. Sidothe Beteloum au cours d’un entretien, ce 21 mai 2022, déplore, la manière avec laquelle les internautes ont manipulé l’information sur l’incident qui s’est produit dans la Sous-préfecture de Danamadji dans la province du Moyen-Chari. Selon lui, ce n’est pas un conflit intercommunautaire, ni un conflit agriculteurs-éleveurs. Mais une simple dispute entre deux individus. Le 20 mai, le gouverneur a ordonné qu’on ouvre le marché. Mais il y a encore d’hésitation du côté des commerçants. Reportage.

M. Sidothe Beteloum, Secrétaire fédéral d’ACTUS insiste et précise que c’est une dispute entre deux jeunes Arabes qui a coûté la mort d’un jeune sudiste qui voulait les séparer. A son avis, la mauvaise interprétation est à l’origine du conflit qui a dégénéré. Il indique s’être rendu hier 21 mai sur les lieux. Il a remarqué que la population vaque normalement à ses besoins. Seulement dit-il, les spéculations et les rumeurs ont circulé, mais lorsque le gouverneur est arrivé il a mis les gens en confiance.  Depuis le 1er jour de l’incident, une patrouille mixte des forces de sécurité est active pour rassurer la population, soutient-il. Le président d’ACTUS déplore 9 morts, dont 6 sudistes et 3 arabes. Les blessés sont repartis entre le centre de santé baptiste de Danamadji, district sanitaire et hôpital régional de Sarh. Selon lui, avant-hier, le gouverneur a ordonné qu’on ouvre le marché. Mais la communauté musulmane s’est réunie et a délégué deux personnes vers les autorités. Selon eux, ils ont subi la perte d’une moto brûlée et des boutiques saccagées en plus des innocents morts et le gouvernement ne s’est pas encore prononcé donc ils ne peuvent reprendre le marché. Le SG de la région s’est rendu aujourd’hui à Danamadji pour un état des lieux. Concernant les arrestations, le président d’ACTUS dit avoir échangé avec le Procureur de Sarh, mais il lui a dit que l’affaire est en instruction au parquet.

La Ligue Tchadienne des droits de l’homme (LTDH) dit dans son communiqué de presse du 19 mai 2022 que la tuerie de Danamadji s’ajoute à une série de crimes et de violences répétées et impunies. Pour la LTDH, ce sont les conséquences de la mauvaise gestion des conflits de Sandana. Il exige que les circonstances qui entourent l’évènement de Danamadji soient éclairées et les auteurs arrêtés et jugés. La LTDH encourage les autorités tchadiennes à accroître dans le strict respect de la loi et des droits humains. Elle appelle tous les acteurs de la vie nationale à s’unir pour lutter contre la violence et l’insécurité qui affectent le pays. La LTDH se dit être résolue à soutenir les efforts nationaux pour faire avancer la paix et la stabilité au Tchad.

Moyalbaye Nadjasna

Le stade de Diguel situé dans la commune du 8e arrondissement de la capitale tchadienne est à l’abandon. L’équipe d’Ialtchad Presse s’est rendu sur le lieu ce 21 mai  pour faire le constat. Reportage.

Construit en 2011 dans le cadre de l’organisation de la deuxième édition des jeux culturels et sportifs de la Communauté ses États sahélo-sahariens (CEN-SAD), le stade de Diguel, même s’il a connu une déformation de son plan architectural, il reste parmi l’un des stades le plus beau, non seulement de la capitale tchadienne, mais aussi du pays. Le manque de volonté des décideurs en charge du développement de sports, les querelles intestines au sein de la fédération de football, d’athlétisme et bien d’autres sports n’ont pas favorisé qu’il y ait une bonne politique de suivi, de gestion et d’entretien de ce grand temple de sports.

Si le stade disposait par le passé des entrées officielles connues de tous et une clôture bien faite, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Une partie de la clôture, le côté nord et ouest du stade se sont effondrés, facilite l’accès aux enfants, aux drogués, aux fumeurs de marijuana communément appelé « bongo » ou « bé ». Ainsi, la tribune présidentielle ou le carré VIP du stade et les vestiaires sont devenus un véritable lieu où toutes les substances qui nuisent à la santé sont prises. Les toilettes sont aussi malpropres et irréprochables à cause de défections, d’urine, et toute sorte de saletés. Ces immondices dégagent des mauvaises odeurs. Sous les gradins, les herbes poussent à merveille sans être nettoyées. Les sièges en plastique teintés aux couleurs nationales commencent à perdre leur éclat initial sous l’effet de l’intempérie. La piste d’athlétisme standard s’est complément dégradé laissant place au caoutchouc des terrains synthétiques. Une partie de la toiture du gradin présidentielle est inexistante. Derrière le gradin présidentiel sont stagnées les eaux de pluie. Un peu du côté nord des tas de poubelles éparpillés.

Mahamat Ahmat rencontré sur le lieu rapporte que, « le gouvernement doit réfectionner le stade de Diguel dans un bref délai et sécuriser le lieu pour son bon fonctionnement ». Juste à côté se trouve Hamza Mahamat. Pour lui, « c’est le manque de suivi et de propreté qui a conduit à l’abîme de ce stade. » il plaide auprès des autorités du sport à réfectionner le stade. A la sortie du stade, nous apercevrons Abakar. Il habite non loin du stade. A son avis, « le gouvernement manque cruellement de suivi, aujourd’hui l’état du stade est déshonorant et alarmant. J’interpelle le ministre de la Jeunesse à réfectionner ce terrain ».

Les travaux de construction du stade de Diguel qui datent d’une décennie n’avancent pas du tout, a conclu Abakar.

Abderamane Moussa Amadaye

Recrutés en qualité de mécanicien-chauffeur depuis le 08 octobre 2021 par la Direction Générale des Réserves Stratégiques puis envoyés au Mali, 22 mécaniciens-chauffeurs ont travaillé sans salaire pendant 19 mois. Ils ont eu à traverser des hauts et des bas pour joindre les bouts surtout assurer les besoins de la famille qui se trouve au Tchad. Rentrés au pays, ces derniers se rapprochent de la direction pour avoir des éclaircissements sur leur situation salariale, mais ils sont toujours sans salaire. Reportage.

Ils s’appellent Sylvanus Miskine, Ngueadoum Doumdongar et Nodjiressengar Kemiyalngar, 3 mécaniciens-chauffeurs sur les 22 recrutés la Direction Générale des Ressources Stratégiques (DGRS) dans la période du 08 octobre 2021 au 23 avril 2022. Ils sont déployés au Mali et y ont travaillé pendant 19 mois sans salaire. De retour au pays, ils mènent des démarches à la DGRS pour entrer dans leur droit, mais rien de clair ne se pointe à l’horizon. Pour eux, la DGRS doit à chacun des 22 mécaniciens-chauffeurs, une somme de 150.000FCFA par mois pendant 19 mois. « La direction nous doit au total 2.850.000 par personne. À notre arrivée, nous avons espéré être payés, mais c’est le contraire. La DGRS a laissé entendre que notre dossier est en cours et depuis ce jour, personne ne nous donne de suite sur notre revendication », a dit Sylvanus Miskine.

Pour Ngueadoum Doumdongar, ils sont partis dans l’intention de subvenir aux besoins de la famille, mais sont surpris sur place avec les difficultés sur le plan salarial. Père de 5 enfants avec des enfants adoptifs, Ngueadoum affirme que les femmes de certains de leurs collègues ont quitté la maison, les unes ont des arriérés de location, d’autres ont vu leurs ustensiles de cuisine confisqués par les bailleurs elles ont vécu toute sorte d’humiliation. Il ajoute que tous les agents déployés comme mécanicien-chauffeur se débrouillaient pour envoyer le crédit appelé dans le jargon militaire « cigarette » que l’État tchadien et l’Organisation des Nations Unies les donnent à la famille. « Même ce crédit qui est de 70.000 FCFA ne tombe pas régulièrement. On fait de mieux pour envoyer les 70.000 à la famille, mais avec les commissions et tout, quelquefois c’est 50.000 ou 45.000 qui arrive aux mains de la famille », ajoute-t-il. Alors difficile pour eux de répondre favorablement aux besoins de leurs petites familles.

Père de 3 enfants, Nodjiressengar Kemiyalngar déplore lui, les conditions de travail auxquelles ils sont soumis. « C’est un endroit pas facile, mais nous sommes rentrés sains et saufs. Nous sommes recrutés comme mécanicien-chauffeur, mais arrivés au Mali, on fait le travail des militaires malgré qu’on n’a aucune formation dans le domaine. Ils nous ont divisés en groupe. Une partie est avec le service de déminage, une autre dans l’équipe de patrouille, on assure le tour de garde et la dernière équipe fait le travail de mécanicien», précise-t-il. Il souligne également qu’ils vont revendiquer leur forfaitaire jusqu’au bout. La DGRS a lancé un avis de recrutement, mais a fait le déploiement de ces 22 agents mécaniciens-chauffeurs recrutés sur le terrain sans un contrat dûment signé par les deux parties.

Kouladoum Mireille Modestine

Un bébé de sexe masculin est trouvé vivant et seul, ce samedi 21 mai. C’était au petit matin au quartier Ridina dans le 5e arrondissement de N’Djamena la capitale tchadienne. Alertée par le chef de carré 4, M. Abdelkader N’Guembang, les éléments de sécurité du commissariat de police CSP5 sont appelés sur les lieux pour constater le fait. Sur leur instruction et à bord de leur véhicule, le bébé est transporté à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant pour un suivi médical. Reportage.

Un bébé jeté sur les tas d’ordures a été découvert très tôt ce matin au quartier Ridina carré 4. Un bébé est de sexe féminin. Elle a été bien emmaillotée d’une couverture et abandonnée par sa mère biologique qui a disparu dans la nature. Et cela pour des raisons inconnues, seule elle pourrait avouer les faits. Cette découverte a drainé une marrée des habitants de ce quartier, hommes et femmes. Informé, le chef de carré4 M. Abdelkader N’Guembang a alerté le plutôt possible la police du 5e arrondissement. La CSP5 aussitôt envoyée les éléments pour constater le fait avant de conduire l’enfant et quelques témoins pour le déposer à l’hôpital de la mère et de l’Enfant de N’Djamena.

 Mme Migueyamta Djibrine environ 40 ans est aussi témoin de l’évènement de ce matin. Teint clair, taille moyenne, la jeune dame est mère de plusieurs enfants. Elle se propose par compassion de récupérer le bébé pour le garder. Une de ses voisines elle, s’appelle Fatimé Zara n’a pas d’enfants et se propose-t-elle aussi pour l’adoption du bébé. Selon le chef de carré  numéro 4, tout dépend des autorités qui peuvent décider de remettre l’enfant à qui peut le garder. Selon une source policière du CSP5, la police a déjà fait son travail, ce qui reste c’est de déposer un rapport relatif au fait constaté.

Pour un vieil homme du quartier M. Abdoulaye Issa, autrefois, il n’y avait pas de telle dérive sociale. Aujourd’hui dit-il, les jeunes gens, filles et garçons ne respectent plus leurs parents. C’est la conséquence de la récalcitrante, le phénomène d’abandon des enfants qui ne cesse de se perpétuer. « Je conseille aux parents de ne pas se fatiguer à parler à mes petits-enfants et d’attirer leur attention sur cette dérive sociale. Car la vie humaine est sacrée, il faut la respecter et ne pas le supprimer. Si le vagabondage sexuel qui s’invite entre les jeunes adolescents s’arrête, le phénomène lui aussi va cesser », conclut-il..

Moyalbaye Nadjasna

L’Union des syndicats du Tchad (UST) tient son assemblée générale (AG) ce samedi à la bourse du travail de N’Djamena pour demander la libération sans condition de leurs camarades arrêtés le 14 mai dernier. La centrale syndicale donne 6 jours aux autorités de la transition pour libérer leurs camarades. Ce délai passé, ils déclencheront une grève sèche le mercredi prochain. Reportage

Les travailleurs affiliés à la centrale syndicale (UST) décident d’aller en grève sèche le mercredi prochain si les autorités de la transition ne libèrent pas leurs camarades arrêtés le 14 mai dernier lors d’une manifestation autorisée contre l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad.  Les responsables de l’UST informent leurs bases au cours d’une AG des démarches à suivre pour faire grève, si leurs camarades ne sont pas libérés. Cette Assemblée générale fait suite à une réunion du Conseil national syndical qui a eu lieu le mercredi dernier sur l’arrestation des membres du syndicat. L’AG a pour but d’expliquer la base de la décision prise par le bureau exécutif concernant l’arrestation de leurs camarades. D’une manière unanime, les travailleurs affiliés à l’UST décident de faire grève la semaine prochaine si les leurs ne sont pas libérés. Ils vont se retrouver en AG le mardi prochain pour discuter les modalités de la grève qui va commencer le mercredi.

Pour Barkar Michel, président de l’UST, ce qui choque les travailleurs, un ministre de la République convoque les leaders syndicaux dans son bureau pour une réunion, puisse arrêter leurs camarades et les envoyer en prison. La centrale syndicale pense que ce comportement est un acte que les travailleurs ne vont jamais accepter. Le président de l’UST soutient que leurs camarades ne sont pas encore été jugés, sont en mandat de dépôt et que rien ne justifie leur déportation à la prison de Moussoro dans le Nord du pays. « De toute façon, un préavis de grève a été envoyé au gouvernement lui donnant six jours pour réfléchir sur ce qui va arriver », dit-il. Selon lui, lorsque l’UST va déclencher ses actions, le gouvernement se rendra compte que la grosse difficulté sera de son côté. Le président explique que leur appartenance à Wakit Tamma  les oblige à se lever comme les autres citoyens pour dire non à la manière dont le pays est conduit.

Au sujet de la marche du 28 mai prochain, Barka Michel précise que cette marche aura lieu et ils la préparent activement et contre la France. Il confirme aussi que ses camarades ont été amenés à Moussoro par avion hier mardi dans l’après-midi.

Lors de cette assemblée, plusieurs travailleurs ont affirmé leur engagement de marcher contre les intérêts français au Tchad. Ils estiment que la France est responsable de la misère des Tchadiens. Ils exhortent les Tchadiens à mobiliser pour bouder la France hors du pays. Les responsables syndicaux ont tour à tour dénoncé l’ingérence française au Tchad et demandent le PCMT d’être vigilant et à ne pas se laisser manipuler par la France. Ils estiment l’UST est un pilier de wakit Tamma et va continuer cette lutte pour demander le départ des Français au Tchad.

Plusieurs centrales syndicales de la sous-région d’Afrique centrale et celles d’Europe ont envoyé un message d’encouragement à l’UST et demandent aux autorités de la transition de libérer sans condition les syndicalistes arrêtés.

Jules Doukoundjé

Il y a eu plusieurs manifestants et non-manifestants arrêtés, le 14 mai dernier après la fin de la marche. Et surtout après les casses des stations-service de la compagnie française Total Énergie. Quelques parents de ces jeunes arrêtés dénoncent ces arrestations au micro de Ialtchad Presse. Reportage.

Ahmat Moustapha, parent d’un manifestant arrêté affirme, « nous voulons la paix dans notre pays. Si les enfants ont manifesté, c’est parce qu’ils sont mécontents de l’ingérence de la France dans les affaires de leur pays. Je trouve que cela est normal. Le Tchad nous appartient à nous tous. C’est eux même qui ont donné l’autorisation de la marche et ils disent encore pourquoi les enfants ont marché ? Qu’ils arrêtent et déposent à la maison d’arrêt de Kléssoum tous des Tchadiens. On veut leur libération ».

Un autre parent, Adoum Moussa dit, « dès que les enfants ont vu les policiers ils ont fui pour se réfugier dans la chambre de leur maman. Sans gêne, les policiers les ont suivis à l’intérieur de la chambre pour les arrêter. Pourtant, ils n’ont pas pris part à la marche. Il faut que l’État prenne sa responsabilité. Nous demandons la libération de nos enfants ».

Hassabalkerim est lui aussi en colère. «  J’ai mon petit qui a été arrêté lors de la manifestation alors qu’il était devant la porte sans prendre part à la marche. Il a fait 5 jours en prison pourtant il est en classe d’examen. Nous demandons simplement sa libération sans quelque chose en contrepartie. Je ne comprends pas, est-ce qu’il y a les Tchadiens supérieurs et inférieurs » ?

Ababa Hassan, un parent s’interroge « je ne sais pas le motif de l’arrestation de mon enfant. Ils étaient nombreux devant la porte et les policiers étaient venus les ramasser. Ils ont fait 5 jours en prison sans qu’on ait leur nouvelle. Même s’ils tuent ils doivent être traduits à la justice et auditionnés. Je demande à l’État le motif de l’arrestation de mon enfant. S’il vous plaît, libérez-les ».

Ousmane Bello Daoudou

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