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Le comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI), restitue depuis ce 23 novembre les rapports des travaux des pré-dialogues dans la salle d’Amphithéâtre de l’École nationale d’Administration (ENA). Le ministre en charge du Dialogue national et de la Réconciliation, Acheik Ibni Oumar affirme que la parole libérée est un acquis et un premier rempart. Reportage.

Selon M. Limane Mahamat rapporteur général du CODNI, cette restitution est l’une des étapes inscrites dans le chronogramme de travail du CODNI. Il soutient que la restitution est une opération qui va permettre aux 16 équipes de missions sur le terrain de pouvoir livrer en substance, le contenu des travaux des différents pré-dialogues organisés. Sur les 16 équipes déployées rapporte-t-il, 10 sont à l’intérieur et 6 à l’extérieur. « La journée d’aujourd’hui va permettre d’assister à la restitution de 6 équipes. Elles vont donner la substance de leurs rapports. Des questions de précisions pourront être posées pour une meilleure compréhension de la présentation. Une manière aussi de permettre aux membres du CODNI d’être tous en phase de ce qui s’est déroulé et les principales recommandations », déclare-t-il. Le rapporteur souligne qu’à travers cette restitution, les difficultés seront recensées et il faudra voir dans quelles mesures les surmonter. La séance des restitutions a été ouverte par le chef de mission du Tibesti. Il est suivi celui du Logone occidental. Ensuite tour à tour le Logone oriental, le Moyen Chari, le Mandoul et de la diaspora.

Le ministre chargé du Dialogue national et de la Réconciliation, Acheikh Ibni Oumar affirme que la mission que les hautes autorités leur ont confiée est d’une grosse importance. Il a précisé que la mission a commencé dans des conditions très difficiles. Les difficultés étaient d’ordre matériel et administratif rencontrées sur le terrain. « Malgré les difficultés, le chronogramme des activités s’est bien déroulé. La journée d’aujourd’hui est capitale pour nous. Malgré les manquements relevés, nous avons pu arriver à quelque chose grâce à l’esprit de sacrifice et de la volonté des uns et des autres », insiste-t-il. Ce n’est pas le lieu de vous féliciter, mais il faut signaler cela, a indiqué le ministre.

« Nous ne perdons pas de vue les efforts fournis à l’intérieur comme à l’extérieur », M. Acheikh Ibni Oumar qui admire l’implication des autorités administratives et traditionnelles et religieuses. « Beaucoup de problèmes ont été soulevés parfois dans le désordre par fois dans les excès. Mais nous pensons que quelque chose est définitivement acquis. La parole s’est libérée et c’est le premier rempart », s’est-il ainsi exprimé. Pour lui, tout cela est encourageant et il faut dire que la mission a bien été menée. Il conclut ses propos en disant que ce processus de transition mènera, les Tchadiens, d’une manière fructueuse vers le Dialogue national inclusif (DNI). La restitution se poursuit, la synthèse des rapports sera connue à la fin des travaux, demain après-midi.

Moyalbaye Nadjasna

Selon les dernières informations fournies par la cellule de veille relative à la Covid-19, le taux de contamination de la maladie est en hausse. De nouveaux cas sont signalés à N’Djamena, la capitale, comme dans certaines provinces du pays. Mais, la population est toujours réticente à se faire vacciner pour contrer cette pandémie. Ialtchad Presse est allé au centre de vaccination de l’hôpital Sultan Kasser, dans le 3e arrondissement. Constat : pas d’affluence. Reportage

Situé à l’entrée sud du marché central de N’Djamena, l’hôpital Sultan Kasser abrite un centre de vaccination contre la Covid-19. Mais les infirmiers peinent à trouver des candidats. Ce vaccin gratuit et volontaire ne semble pas intéresser les patients qui viennent à l’hôpital. Malgré le taux de contamination qui augmente chaque jour, selon les chiffres de l’équipe technique de veille, le message de sensibilisation pour le vaccin n’a pas eu l’impact escompté. Dans ce centre deux vaccins, l’américain Pfizer et le chinois sinopharm, sont encore en quantité appréciable.

Beaucoup des préjugés autour des vaccins contre la Covid-19 ont freiné les ardeurs des Tchadiens à se faire vacciner. Pour le moment, il n’y a pas encore un médicament efficace contre cette maladie, à part le vaccin. En attendant d’avoir des médicaments efficaces contre le covid19, la population est appelée à se faire vacciner pour se protéger et protéger son entourage. L’hôpital dispose 3 équipes qui administrent les doses du vaccin à ceux qui le désirent. Des équipes, fixes, mobiles et avancées. Pour le point focal du district sanitaire, Abakar Mahamat Sabour, « tout dépend des jours. Certains jours nous vaccinons 20 à 40 personnes. D’autres jours on peut aller à 100 personnes. Cela dépend des jours », explique-t-il. M. Sabour affirme que certaines Organisations non gouvernementales, les agences des Nations Unies, les grandes institutions, les Ministères et les banques font la demande pour vacciner leurs agents. « En plus de cela, l’équipe avancée s’installe dans les marchés, les écoles et autres coins de rassemblement massif », indique le point focal. Pour lui, les vaccins destinés à l’équipe mobile sont conservés à l’abri du soleil et de la lumière du jour.

M. Abakar Mahamat Sabour appelle les résidents de sa circonscription à se faire vacciner. Il estime que la vaccination est le seul moyen pour prévenir la maladie à Corona virus. Il souligne qu’il ne faudrait pas prendre une seule dose, mais de revenir 21 jours après pour prendre également la seconde dose qui donne la garantie totale. Le point focal affirme qu’une fiche d’enregistrement est donnée à toutes les personnes vaccinées. Cette fiche leur permettra de retirer une carte de vaccination au service du système d’information sanitaire au ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale.

Kouladoum Mireille Modestine

Les concertations citoyennes ou le pré dialogue pour l’organisation du dialogue national inclusif (DNI) ont permis de débattre de la forme de l’État. Selon plusieurs sources, les échanges révèlent que la plupart des provinces souhaiteraient un État fédéral au Tchad. Les mêmes sources accusent certains rapporteurs d’avoir falsifié les contenus des rapports en privilégiant l’État unitaire, mais fortement décentralisé. Depuis, le débat sur le fédéralisme continue à dominer tout le reste des thèmes. Plusieurs intellectuels, la société civile et quelques hommes politiques, dont le père de l’idéologie fédéraliste au Tchad, le député Yorongar Ngarléjy, haussent le ton en débattant de la forme d’État dans l’espace public traditionnel. Ialtchad Presse est allé interroger quelques fédéralistes. C’est le premier article d’une série de reportages sur le sujet.

Le contenu des rapports des concertations citoyennes qui vient de s’achever semble déranger une certaine classe politique disent les tenants de l’option fédéraliste. Dans le rapport, soutiennent-ils, la plupart auraient souhaité si les Tchadiens devaient continuer à vivre ensemble, il faut une fédération. Ce désir, disent-ils, a pris au dépourvu certains petits politiciens véreux qui auraient falsifié les rapports en proposant un état unitaire fortement décentralisé.

Le député fédéraliste Yorongar Ngarléjy affirme n’est pas être surpris par la volonté des participants de choisir un État fédéral. Selon lui, les Tchadiens ont dans leur âme l’esprit fédéral. L’homme politique déplore malheureusement que « les tueurs de la République » aient falsifié les rapports pour proposer un État unitaire fortement décentralisé. Pour lui les consultations citoyennes qui viennent de s’achever montrent que les Tchadiens, dans leur majorité, ont opté pour un État fédéral. « Je suis ravi. Idriss Deby lui-même s’est rendu corps et âme au fédéralisme. Il avait dit que le fédéralisme, ce n’est pas l’apanage de Yorongar, donc soyez-en rassurés que les Tchadiens soient des fédéralistes », savoure le vieil homme politique. Celui qu’on surnommé « le député fédéraliste » estime que la fédération du Tchad est une évidence parce que c’est une des solutions efficaces à la mauvaise gouvernance. Seule la fédération peut résoudre des problèmes importants. « On a testé la centralisation excessive de l’État, ça n’a pas marché. On a aussi testé la décentralisation cela a été un échec. On est aujourd’hui à la dernière étape : la fédération », explique-t-il. Pour Yorongar Ngarléjy, les détracteurs du fédéralisme seront surpris le jour où on demandera aux Tchadiens par référendum d’être pour ou contre le fédéralisme. Ils comprendront davantage, selon M. Yorongar, qu’il avait raison. Il a cité les provinces du Ouaddaï, du Guerra, du BET et bien d’autres provinces du pays ont préconisé la fédération du Tchad.

Le notaire, Me Djomia Germain, membre de la commission sur la forme de l’État pour la province de N’Djamena, rajoute son grain de sel dans le débat. Il soutient que dans la commission qui a débattu de la forme de l’État, il n’y a pas eu une position tranchée entre la forme fédérale de l’État et la forme unitaire décentralisée. Selon lui, le rapporteur de cette commission a rendu public son rapport et c’était clair au sujet du fédéralisme. Il était question de soumettre cette solution à un référendum. Et traiter les autres questions comme le mandant présidentiel, l’élection des gouverneurs des états fédérés, etc. Il constate malheureusement que le rapport général du pré dialogue pour la province de N’Djamena, a dit dans son rapport le contraire. Le rapport soutient que la tendance était pour un état unitaire fortement décentralisé. « On voudrait bien réagir, mais on dit que nous sommes membres de la commission, donc on n’a pas le droit de contester ses propos », fustige Me Djomia Germain.

Pour le sociologue Félix Mbété Nangmbatena, le souhait d’un État fédéral s’explique par la présence d’une génération des jeunes gens mûrs et qui ont constaté l’échec de l’État unitaire décentralisé. Ils veulent une autre forme de l’État. « C’est une nouvelle génération des Tchadiens qui commencent à se rendre compte qu’il est temps de franchir l’étape », ajoute avec ironie le chercheur. Pour lui, les Tchadiens veulent changer. D’après lui, après 25 ans, les Tchadiens ont eu le temps d’expérimenter l’État centralisé qui a échoué, l’État fortement décentralisé qui est un avorton. Donc ils veulent tenter autre chose, le fédéralisme. Pour lui, on ne peut pas créer des états fédérés sur la base ethnique, mais il faut créer sur la base pluriethnique.

Le débat sur le fédéralisme semble prendre au dépourvu les autorités de la transition par sa brusque apparition, par la popularité du sujet et par le ton des débats. Déjà, la Radio France internationale (RFI) a été mise en demeure par la Haute Autorité des Médias l’Audiovisuel (Hama) à partir de ce 22 novembre pour diffusion de déclaration contraire à l’éthique et à bon vivre ensemble entre les Tchadiens et les Tchadiennes. Elle doit prendre toutes les dispositions professionnelles pour éviter la diffusion des déclarations de nature à stigmatiser les communautés. RFI est pointée du doigt par le président de la Hama au sujet de l’entrevue de l’universitaire Banyara Yoyana sur Fédéralisme. Il avait dénoncé l’emprise de certaines communautés sur les ressources du pays. Pour lui, cette captation des ressources est une des sources du problème tchadien depuis plus de 30 ans. Il soutient que seul le fédéralisme, comme forme de l’État, permettra de bien gérer les ressources nationales. Et forcera l’État fédéral central d’être à l’écoute des besoins des états fédérés, tout en restant chacun dans son domaine de compétence.

Jules Doukoundjé

Village situé à 10 km au nord-est de N’Djamena, Gaoui est un village habité par les Kotoko. Il a été la capitale de la civilisation Sao. De nos jours, le village est reconnu pour son architecture traditionnelle, son patrimoine traditionnel et la poterie. Il abrite également le musée rénové du peuple Kotoko. Ialtchad Presse s’est rendu dans le village Gaoui pour réaliser une série de trois reportages.

Selon la petite histoire, Gaoui est le nom donné à ce village par le Sultan Ouaddaï, résidant dans sa cité capitale Ouara, l’actuelle ville d’Abéché. Pendant ces temps immémoriaux, le sultan a reçu des commentaires sur ce village à travers ses émissaires, « les Kotoko sont un peuple qui vivait bien organisé avec beaucoup de richesse. » Alors, le Sultan a décidé de les envahir afin de soumettre leur village. Il a échoué, à trois reprises, dans sa tentative de conquérir ce village. Lors de sa dernière tentative, il a donné le nom « Gaoui » qui signifie dur en arabe local à ce village. Autrement dit dur à conquérir.

Selon le guide du musée Mahamat Djibrine, Gaoui était un village bien construit et clôturé avec un mur de 6 mètres de long et 2 mètres d’épaisseur. Il se compose de 4 quartiers : Tikir, Tiké-Gaou, Gamé et Hidé. « Ces 4 quartiers ont chacun une porte d’entrée principale, des notables, des plantons et les administrés. Chaque chef de quartier s’organise avec ses administrés pour développer sa circonscription. Une véritable fédération », explique-t-il. Le palais du sultan est une joyeuse architecture construite en étage avec de la terre battue et date de plus de 150 ans. Mahamat Djibrine affirme qu’à l’époque, le peuple Kotoko était des grands Hommes qui vivaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette. C’est la coupe abusive des arbres qui a fait fuir les animaux vers le parc national de Zakouma, dit-il. « Au temps jadis, en dehors du palais du Sultan bien construit, l’argile est utilisée pour fabriquer différents objets. La poterie fait partie intégrante des activités du peuple Kotoko ». Selon le guide, l’argile sert à fabriquer les ustensiles de cuisine, de coffre-fort, des greniers, à construire des maisons, et surtout à fabriquer des pompes funèbres sous forme de jarre. Les Sao l’ont introduit sous la forme fœtale pour être enterrés. M. Mahamat Djibrine ajoute que de nos jours encore, ces descendants des Sao vivent avec les revenus de la poterie qui fait partie de leurs principales activités.

On trouve aussi au village de Gaoui l’ancien palais du sultan situé juste à côté du palais moderne. Ce palais est désormais un site touristique. Selon le guide, le palais est construit depuis plus de 2 siècles. Un peu loin du village dans l’ancien palais se trouve le panthéon des sultans : 13 sultans sur les 16 y sont enterrés.

Kouladoum Mireille Modestine

Le défenseur des droits humains et président d’honneur de la ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) Dobian Asngar s’indigne de l’insécurité qui sévit dans la capitale tchadienne et dans le BET. Il exhorte les autorités à vite agir pour mettre fin à cette situation inquiétante. Il estime que si rien n’est fait, le pays risque de voler en morceaux. Mais, la porte-parole de la police nationale le recadre et affirme que des efforts sont faits pour assurer la sécurité de tous les Tchadiens. Reportage. 

N’Djamena, la capitale tchadienne renoue avec l’insécurité ces derniers jours. Cette situation inquiète. Beaucoup de citoyens constatent aussi avec indignation la traite des êtres humains qui se déroule dans le BET et surtout dans le Tibesti. Au sujet de l’insécurité qui sévit partout dans le pays, Dobian Asngar souligne que ce qui se passe au Tchad est ridicule. Cette situation l’amène à tirer de conclusions que les Tchadiens ne s’aiment plus. Il estime que ce sont les politiciens qui poussent les uns contre les autres. « Avant, c’était le Nord contre le Sud. Maintenant, il y’a même Nord contre le Nord, parce que les conflits ont gagné toutes les régions du Tchad », dit le défenseur des droits humains.

Le président d’honneur de la LTDH estime qu’il y a une incapacité des dirigeants à faire la paix et à assurer la sécurité des citoyens. Dobian Asngar explique en disant que si ce n’est pas le cas, ce sont les dirigeants et les politiciens eux-mêmes qui entretiendraient cette insécurité. A son avis, c’est la politique de diviser pour régner que les dirigeants et les politiciens tchadiens appliquent, mais, précise-t-il, un jour, cela va exploser et va emporter tout le monde. « Moi, honnêtement je suis outré parce que c’est au moment où on prépare le Dialogue National Inclusif (DNI) que tout s’accélère, surtout les conflits », ajoute, le représentant de la fédération internationale des droits de l’homme pour la région d’Afrique centrale.

Au sujet de la région du BET, et surtout le Tibesti, Dobian Asngar affirme qu’il y a de l’esclavage à ciel ouvert. Et les autorités sont au courant, mais elles ferment les yeux et laissent faire. Il évoque par ailleurs l’agression du curé de la paroisse saint Isidore Bakandja de Walia Goré. Là aussi les autorités n’ont pas pris des engagements fermes pour faire régner l’ordre et la sécurité dans les lieux de culte. Selon lui, les autorités sont complices de l’attaque de l’Église catholique. Pour le président d’honneur de la LTDH, le silence des autorités est considéré comme une complicité, sinon elles auraient agi aussitôt. Il révèle par ailleurs qu’il a fallu qu’il tape du poing sur la table pour que le Premier de transition Pahimi Padacké Albert puisse recevoir l’archevêque pour calmer la situation.  M. Dobian estime que c’est un mauvais signal. Il faut que chacun se ressaisisse, à commencer par ceux qui nous gouvernent. « Je pense que le DNI que nous sommes en train de préparer est la dernière chance, si c’est raté, comme je l’ai dit, chacun va prendre son morceau du Tchad et les signes avant-coureurs sont là », martèle-t-il. Il craint en outre que le pays éclate. Il suggère qu’on préserve le pays ensemble citoyen.

Le commissaire divisionnaire et porte-parole de la police nationale, Paul Manga, n’est pas d’accord avec les propos alarmistes de M. Dobian. Il recadre les propos du défenseur des droits humains en affirmant que le ministère en charge de la sécurité publique a fait des efforts considérables pour la sécurité de ses concitoyens. Selon lui, la police nationale a, pour seulement la ville de N’Djamena organisé plusieurs patrouilles dénommées « Harmattan » pour traquer les brigands qui agressent les paisibles populations. Il estime que ces multiples patrouilles ont permis à la police nationale de dénicher les brigands les plus agressifs dans les 10 arrondissements de ville de N’Djamena. Parmi ces bandits, les plus dangereux sont transférés à la prison de Koro Toro, dans le Nord du pays. Pour le porte-parole de la police nationale, le constat montre qu’avec l’appui des populations, les opérations menées par la police ont des résultats et la sécurité est de retour dans tous les arrondissements de la ville.

Jules Doukoundjé

Au lendemain de la signature du pacte social, le syndicat des enseignants du Tchad (SET), province de N’Djamena, capitale tchadienne, menace de déclencher la grève. Le SET, section de N’Djamena, revendique le versement des reliquats des titres de transport des années 2016 et 2017. Selon le Secrétaire Général Adjoint (SGA) du SET avec qui la rédaction s’est entretenue, le gouvernement ne respecte pas son engagement paraphé dans le pacte social. Or, le président du Conseil national de dialogue social(CNDS) évoque des démarches qui sont entreprises par le gouvernement pour répondre à ses engagements. Reportage.

Le syndicat des enseignants du Tchad (SET), province de N’Djamena a lancé un préavis de grève qui court du 15 au 30 novembre 2021. Pour son SGA, M. Dion-Nadji Moise, il n’est pas tôt de faire la grève. « Je voudrais dire que dans le pacte social, il y a des engagements qui ont été pris et doivent être respectés à des moments précis », déclare-t-il. Selon le SGA, les primes de transport de 2016 et 2017 doivent être versées aux ayants droit en septembre 2021. Celui de l’année 2018 doit être touché en octobre passé, ajoute-t-il. Mais il regrette que jusqu’aujourd’hui les reliquats de 2016-2017 ne soient pas payés. « Nombre de nos camarades défilent ici dans nos locaux pour nous informer qu’ils n’ont pas reçu leur titre de transport. Nous avons fait toute une liste que nous avons envoyée à la plateforme qui est actuellement à la solde. Malgré cela, les plaintes continuent à nous parvenir », dit M. Dion-Nadji Moise.

Le syndicaliste affirme que c’est le titre de transport de 2018 qui est viré dans les banques. Il émet de réserve et affirme qu’il faudra vérifier l’effectivité parce que plusieurs personnes disent qu’elles n’ont pas perçu leur dû. Le SGA du SET de N’Djamena évoque le 3e point de leurs revendications : la prime des craies et de la documentation. « Beaucoup d’enseignants ont vu leurs primes de craies et de la documentation suspendues lors de la mission du contrôle d’Inspection générale d’État de 2018. Après examen de leur situation régulière par l’IGE, ils ont été rétablis. Normalement si l’IGE les rétablit, la solde devrait le faire autant. Malheureusement, la solde n’a pas rétabli tout le monde. Ceux qui sont suspendus doivent en principe bénéficier de rappels de plusieurs années (2018-2021) », clarifie-t-il. Ce que déplore M. Dion-Nadji Moise dans le pacte social, ce point est passé sous silence. Le SET de N’Djamena demande les explications au gouvernement sur cela. Le SGA note que le syndicat n’a pas perdu de vue les nouveaux intégrés, 4e point de leurs exigences. « Le pacte social stipule clairement que les nouveaux intégrés doivent bénéficier de leurs rappels de salaire. S’ils ont par exemple, six mois d’arriérés, la moitié sera versé en octobre et le restant en décembre. Mais jusque-là, rien ne leur a été versé ».

Pour le président du Conseil national du dialogue social (CNDS), Ali Abbas Seitchi, contacté au téléphone, les démarches sont entreprises auprès des banques pour le versement des primes de transport de 2018. Selon lui, le gouvernement fait de son mieux pour satisfaire à son engagement.

Moyalbaye Nadjasna

L’abattoir frigorifique de Farcha (AFF), créé depuis 1958, croule sous une dette colossale de plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions constituée des impayées de la Société Nationale d’Électricité (SNE). L’entreprise est dans l’incapacité d’éponger ses dettes, elle a mis la clé à la porte et a contraint plus 200 employés au chômage. Reportage.

L’abattoir frigorifique de Farcha traverse une crise financière sans précédent. L’entreprise est incapable d’éponger ses dettes évaluées à plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions pour des factures impayées de la SNE. Dos au mur, la société est contrainte depuis le 14 juillet dernier à fermer boutique. Cette fermeture a mis les 200 et quelques employés, qui n’ont pas été payés depuis 6 mois. Ils se sont organisés pour réclamer leur dû.

Les responsables de l’entreprise appellent au calme et promettent de solutions dans les jours à venir. Issaka Abbo Idriss, administrateur gestionnaire provisoire affirme que l’abattoir est une structure étatique à caractère industriel et commercial.  Il soutient que depuis sa création en 1958 jusqu’en 1998, l’abattoir fonctionnait correctement. Mais à partir de 1999, l’État avait opté pour une location de gérance avec une société dénommée société moderne des abattoirs qui a géré l’abattoir pendant 15 ans. Toutefois, il précise qu’avec le temps les installations sont devenues vétustes, les dettes se sont accumulées jusqu’en fin 2014. Et l’État était obligé de reprendre la gestion. « Nous sommes arrivés à un moment où on n’arrive pas bien à entretenir les installations et on a de difficultés à payer les salaires », explique Issaka Abbo Idriss.

Le nouvel administrateur gestionnaire révèle que les dettes se sont accumulées avec un passif de 2 milliards de nos francs à payer aux différents partenaires. Les factures d’électricité et les arriérés de salaires remontent à 5 mois. « Ce sont ces énormes dettes qui ont contraint l’abattoir à mettre les clés à la porte depuis le 14 juillet dernier », précise-t-il. Il reconnaît la souffrance des salariés qui traversent actuellement un moment difficile. Il leur demande de patienter et tout va entrer dans l’ordre. M. Issakha fait savoir qu’il faut travailler 3 mois pour payer un mois, à cause des recettes.  L’abattoir est malheureusement en arrêt depuis juillet et la situation est devenue intenable pour les employés. La nouvelle équipe se bat pour redémarrer l’abattoir, mais ce qui bloque, c’est le manque d’énergie électrique. Le gestionnaire affirme que la facture d’électricité a atteint les 843 millions de francs CFA. Toutefois, il affirme que le ministre de l’élevage et de la production animalière a écrit à son collègue des Finances. Il estime que la semaine prochaine étape est la réouverture de l’abattoir. Il a critiqué la création en désordre des aires d’abattage qui créent un manque à gagner à l’abattoir. Selon lui, les 6 aires d’abattage que compte la ville de N’Djamena sont un sérieux problème de santé publique, car il n’y a pas de contrôle de qualité et constitue un goulot d’étranglement pour l’abattoir.

Au sujet des arriérés de salaires, il dit que l’administration est consciente de la situation, et qu’ils ont le droit de manifester, mais dans bientôt ce serait un vieux souvenir. En abondant dans le même sens, l’administrateur gestionnaire adjoint, Baïdi Yanyabé estime que les négociations sont en cours avec la SNE pour ramener l’électricité. Il ajoute que la réouverture de l’abattoir dépend du retour de l’électricité. Et les négociations en cours permettront de décanter la situation. Le chef du personnel, Hissene Ladoual affirme que la production ne peut pas couvrir les salaires. Selon lui, il faut 25 millions par mois pour payer les salaires, alors que l’abattoir ne fait qu’entre 12 et 15 millions par mois. Les recettes ne peuvent couvrir la masse salariale.

Pour Azalo Hamid, président du syndicat national des agents du ministère de l’élevage et de la production animalière (SYNAME), les employés d’abattoir de Farcha devraient d’abord saisir le SYNAME avant d’engager une action revendicative. Selon lui, ses camarades ont organisé un setting devant le ministère de tutelle sans en informer la base.  Cette situation embarrassante l’avait obligé à demander une audience pour rencontrer le ministre de l’élevage et de la production animalière. Il souligne que le ministre les a reçus et leur a montré les preuves des correspondants envoyés au ministre des Finances pour qu’il rétablisse les salaires des employés. A son avis, le ministre de l’élevage et de la production animalière a aussi adressé une correspondance au Premier ministre de la transition, Pahima Padacké Albert pour lui expliquer la situation de ces agents. « Nous sommes en train de mener des démarches, mais les gens ne savent pas et sont pressés de faire de setting et c’est embarrassant. En tant que syndicat, on est garant de la médiation. On a discuté avec le ministre qui nous a promis de faire de son mieux pour rouvrir l’abattoir », explique le syndicaliste. Au sujet de leurs arriérés de salaire, Azalo Hamid précise que le ministre de l’élevage et de la production animalière leur a donné des garanties qu’ils seront payés dans les jours à venir. Pour le moment, ils doivent prendre leur mal en patience, car le ministre des Finances est en voyage avec le Premier ministre de la transition.  « C’est sur ce point que nous nous sommes entendu et j’ai rendu compte aux employés, il faut juste la patience », conclut le président du SYNAME. Pour l’employé blessé par la police devant le ministère de l’élevage, il affirme que le SYNAME a décidé de prendre l’affaire à main.

Jules Doukoundjé

L’Union National des Étudiants du Tchad (UNET), section de N’Djamena, a lancé depuis le 17 novembre dernier une caravane de sensibilisation dans toutes les universités de N’Djamena. Après les facultés d’Ardepdjoumal et Farcha, la caravane est ce 19 novembre au campus de Toukra. Cette activité vise à amener les étudiants à adopter un comportement responsable vis-à-vis de la population lors de leur passage dans la ville. Le vice-doyen Dr Mackaye Moursal, les coordonnateurs et les délégués des étudiants sont de la partie. Reportage.

Tout est parti du constat fait dans la ville lors du passage des étudiants pour leurs universités respectives. Ils insultent, provoquent, voir crachent sur les paisibles citoyens. Certains fument dans les bus. D’autres encore ne s’entendent pas  avec les billettistes et les chauffeurs. C’est pour mettre fin à ce comportement que cette campagne est organisée.  Tous comportements malsains au sein des universités nécessitent une sensibilisation pour un changement de comportement. C’est aussi pour leur donner une petite notion sur la protection des biens publics.

 L’amphithéâtre de la faculté de langues, lettres, arts et communication est bondé d’étudiants venus pour la circonstance. Le secrétaire général de L’UNET, section de N’Djamena, Yaya Barkaï Mahamat a tout d’abord expliqué à ses condisciples certains articles qui réglementent l’université de N’Djamena. Pour lui, les étudiants sont très mal vus par leurs concitoyens. Donc il faut les sensibiliser. « Il est inconcevable que les étudiants, futurs cadres de demain, adoptent des comportements insolents vis-à-vis de leurs concitoyens.  Ils sont censés être responsables et respectables parce que le bon exemple doit venir d’eux », affirme-t-il. Il ajoute que les mauvais comportements les amènent à briser les vitres de leurs bus et de leurs amphithéâtres. Certains étudiants reconnaissent que  parmi eux plusieurs se cachent derrière l’ambiance universitaire pour s’adonner à des exagérations. Toutefois, il précise que ces camarades sont conscients du fait que la population se plaint de leur comportement, surtout quand ils sont dans leurs bus. Il les exhorte désormais à faire preuve de maturité.

C’est aussi l’occasion pour les étudiants de poser quelques questions de compréhension à leurs leaders. Le débat tourne autour de la répartition des bus dans les différents axes. La fermeture du restaurant très tôt pendant les mois de ramadan. En rappel, les bus qui quittent les lieux à 11h les vendredis au lieu de 13 comme prévu. Le secrétaire général de l’UNET qui écoute avec beaucoup d’attention ses camarades répond que tous les chauffeurs des bus universitaires sont de confession musulmane. Il estime tout de même que cela n’est pas une excuse pour quitter tôt et abandonner les étudiants. Le responsable des étudiants de l’université de N’Djamena souligne que toutes les doléances seront portées à la hiérarchie afin qu’une solution soit trouvée. Le secrétaire général de l’UNET annonce que le centre national des œuvres universitaires a déjà réceptionné 37 bus. Les universités vont bientôt les recevoir. Il compte demander les autorités du centre national des œuvres universitaires (CNOU) pour que l’université de N’Djamena reçoive au moins 20 bus.

Kouladoum Mireille Modestine

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