Les personnels de la Coordination générale du Passage de l'Audiovisuel Analogique au Numérique ( CGPAAN ) ont protesté ce matin 19 avril devant l'ancien bâtiment du ministère de la Communication au quartier Béguinage dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena. Ils ont proclamé une grève sèche et illimitée jusqu'à la satisfaction totale de leur droit. Reportage.
Ils étaient nombreux à se ressembler ce matin devant l'ancien siège du ministère de la Communication qui abrite désormais leur institution. Ils ont exprimé leur ras-le-bol sur des papiers imprimés et scotchés sur la porte d'entrée où on peut lire, «Foyer, loyer», ou encore, «les personnels CGPAAN accusent 16 mois d'arriérés de salaire», etc.
Pour Kadebe Christophe, délégué du personnel de la CGPAAN, ils réclament le paiement intégral de leurs 16 mois d'arriérés de salaire, dit-il. « C'est inadmissible que nous puissions travailler sans être payés. Joindre ne serait-ce qu'un mois avec le salaire, il faudrait faire des gymnastiques. Nous sommes déjà au 16e mois », a-t-il déploré. Il assure que plusieurs démarches ont été faites depuis lors, mais rien n'est fait. « Nous avons adressé plusieurs correspondances au ministre de tutelle. Au Premier ministre de Transition. À travers son conseiller à la communication, nous n’avons reçu aucune réaction positive », a-t-il expliqué. Il ajoute, « cela nous a fait surseoir à la première grève tenue le 20 mars dernier. Aux derniers moments, il reste injoignable. Avoir accès à la primature, c'est pénible. Hormis cela, nous avons adressé beaucoup de correspondances au ministre des Finances et à l'inspecteur général des finances. Aucune solution. »
Les grévistes disent avoir reçu leur budget de fonctionnement de l'année. « Nous ne connaissons pas le réel problème que ces derniers (ministre des Finances et son Inspecteur général) ont contre nous », s'est-il interrogé. Selon lui, les fonctionnaires qui sont en détachement à la Coordination ont vu leur salaire bloqué depuis le mois de janvier, « sous prétexte qu'ils perçoivent doubles salaires. En réalité, c'est juste le différentiel. Toutes les documentations ont été fournies. Aucun résultat. La situation ne fait que s'empirer », s'est-il indigné.
Le Coordonateur exhorte au ministre des Finances et l'inspecteur Général de revenir à des meilleurs sentiments. «Nous sommes aussi pères de famille. Nous avons des obligations. Aujourd'hui, bon nombre du personnel étant en location est chassé par les bailleurs. Certains sont affectés négativement par cette situation inadmissible. Le personnel ne sait à qui tourner son regard, à part le Président de la Transition et le chef de gouvernement de la Transition », dit-il. Il soutient que si dans les heures qui suivent, rien n'est fait, ils organiseront des marches au ministère des Finances. «Nous les tenons pour responsables de tout ce qui adviendra».
Pour rappel, la CGPAAN est créée le 12 septembre 2014 afin de faciliter le passage de l'audiovisuel analogique au numérique.
Abderamane Moussa Amadaye
Le 17 avril dernier le ministre des Hydrocarbures et de l’Énergie, Djérassem Le Bemadjiel a annoncé l’augmentation du prix du gasoil qui va de 548 FCFA à 700 FCFA à la pompe suite aux réunions tenues avec tous les acteurs du secteur de distribution.
Le ministre des Hydrocarbures et de l'Énergie Djerassem Le Bemadjiel a affirmé « beaucoup de gens pensaient que lorsque la raffinerie va s’arrêter, il y aurait des pénuries ». Aussitôt, il rassure « tout le monde sait que la raffinerie est déjà arrêtée il y a deux semaines et qu'ils continuent à servir normalement la ville. On sait aussi que dans certaines villes du sud il y a eu de pénurie. Et donc le gouvernement a pris des actions pour aussi conserver la réserve stratégique ». Selon lui, beaucoup de produits pétroliers ont été importés et acheminés à N’Djamena, la capitale et à Moundou, deux centres de distribution. « À partir ces centres, toutes les villes seront normalement desservies pendant les quarante-cinq jours de l’arrêt de la raffinerie ».
Le coordonnateur national du Collectif des Associations et Mouvements des Jeunes au Tchad (CAMOJET) Mahamat Macki Adam déplore l’augmentation des prix de produits pétroliers dont le gasoil qui passe de 548 FCFA à 700 FCFA soit une augmentation de plus de 30% sur le prix. Selon lui, ces produits pétroliers vont impacter négativement la vie de la population. Il faudra selon lui, s'attendre inévitablement à l'augmentation des prix et spéculations sur le marché les prochains jours, a-t-il martelé. Le CAMOJET demande aux hautes autorités de revoir ses décisions.
Yaya Sidick, Secrétaire général Adjoint de l'Association des Droits des Consommateurs (ADC), « cette augmentation du prix de gasoil tombe très mal, elle va entraîner la montée des prix de transport, le renchérissement des prix de produits aux marchés notamment les produits de première nécessité. Il dénonce la décision du gouvernement est injuste ».
L’ADC appelle les autorités à prendre des mesures nécessaires pour que la pénurie ne répète plus, « la solution c'est d'avoir un stock de sécurité pour qu'en cas de rupture, nous tenions quelques. Il n'est pas normal qu'un grand pays comme le Tchad ne puisse pas faire une réserve d'un mois. C’est inacceptable, le gouvernement doit changer les choses ».
Noël Adoum
À deux jours de la fête du fin de Ramadan, les vendeuses et les vendeurs des habits « prêt-à-porter » s'activent pour écouler leurs marchandises. Reportage
Les vendeurs (ses) se disputent l’espace pour étaler leurs produits dans le brouhaha des mégaphones. Les uns sont assis, d'autres sont ambulants, des jeunes filles, femmes et hommes se frottent les mains dans un marché plein à craquer.
Saléka Abakar est vendeuse, « à l'approche de la fête, j'importe mes marchandises depuis le Nigéria. J’en écoule beaucoup, mais cette année est exceptionnelle parce qu’elle est difficile » . Elle rajoute en affirmant que le marché est versatile, jour c'est bon et l'autre jour nous disons Dieu merci, dit-elle. « J’ai les boubous des garçons de 1 à 15 ans, ceux de 1 an sont à 1000 F CFA, les 2 à 5 ans varient entre 2000 à 5000 F CFA puis les 7 ans et plus à 7 500 F. Le marché est compliqué cette année ».
Moussa Hassan, est vendeur depuis 2022, « je vends le Pakistan et Robe de plus petite à la plus grande. Les prix varient de 3000 à 4500, 5000 voire même 7 000 F CFA », dit-il.
Debout non loin, Mme Anastasie Allafi. Elle vend uniquement des fouloirs appelés mâchoires indigo. Pour les petites filles, ils sont à 500 F CFA et les grandes à 1000 F CFA. Elle affirme que malgré l'augmentation des prix, « nous avons maintenue le 500 à 1000 F CFA pour avoir 500 de bénéficie ».
Une cliente, Mme Khadidja Mahamat mère d'une fille de 2 ans, « j'ai payé à 3 500 F CFA, pas de temps pour donner aux couturiers, si tu donnes, il ne coudra pas à temps ». Elle soutient que le virement de son salaire vient de passer à 2 jours, « je n’ai pas le choix, la solution c’est de payer ce que ma fille voit avec ses yeux, elle sera contente avec ses sœurs le jour de la fête ».
Ousmane Bello Daoudou
À l'approche de la fête du ramadan, les couturiers appelés « tailleurs » sont très sollicités. Ils se plaignent de la coupure intempestive d’électricité. Ialtchad Presse fait réagir les couturiers. Reportage.
A quelques jours de la fête du ramadan, les fidèles musulmans se préparent à la grande fête de la Eid al fitir consacrant la fin du ramadan. Ils vont s’acquérir de nouveaux habits chez les couturiers du coin. Du grand marché, en passant par le marché à mil, marché de Dembé, marché Adala ainsi que le marché de Diguel, l'ambiance est la même, les ateliers de couture sont saturés d'habits.
Mahamat Saleh Amine Hassaballah diplômé en droit privé et couturier, chaque chose demande une organisation, certains clients sont dernière minute. Parmi ces clients figure des frères, des amis et des connaissances qui déposent leurs tissus avec un retard et veulent récupérer au plus vite possible. M. Mahamat Saleh dit être submergé de demande. Il dit avoir reçu plusieurs bandes de tissus, « chaque jour, je travaille jusqu'à 3h du matin avant de prendre quelques heures de repos », a-t-il affirmé. Il poursuit, « notre réel souci c'est le délestage, à chaque coupure de courant, on enchaîne directement les travaux avec le groupe électrogène jusqu'à l'aube», a-t-il souligné.
Mahamat Abdelhamid couturier à Mardjandafak affirme que le prix a baissé, mais le rythme du travail reste le même que celui de l'année dernière. Il coud les habits selon la valeur du tissu parmi lesquels trouve le tissu Gezner qu'il coud à 15 000 FCFA, pour les simples tissus ordinaires, le prix diminue. En deux semaines, il affirme avoir reçu plus de 700 tissus de différentes couleurs et qualités à coudre. « Nous sommes sous pressions et le téléphone ne cesse de sonner matin, midi et soir. Nous donnons un rendez-vous de 3 jours à chaque client pour venir récupérer son habit. Nous faisons de notre mieux pour satisfaire nos clients ». Selon lui, ils travaillent presque 24h/24. « La seule difficulté qu'ils rencontrent c'est celle du délestage d'électricité ».
Selon Abakar Haroun Djarma couturier, pour le moment le travail avance parfaitement bien sans difficulté. Selon lui, d'ici jeudi, il finira de coudre tous les tissus de ses clients déposés chez lui. « Nous donnons un délai d'une semaine ou de 10 jours, nous travaillons jours et nuits pour satisfaire nos clients ». Pour les anciens clients, il coud le tissu express au prix ordinaire qui est de 7 500 FCFA, mais par contre pour les nouveaux clients qui arrivent, la couture express est à 15 000 FCFA, a-t-il affirmé.
Mahamat Danna Mahamat brodeur de profession, affirme que cette année il y a pas assez des difficultés. « L'unique difficulté est la société nationale d'électricité avec ses délestages intempestifs ». Il ajoute qu'il taxe les broderies selon la qualité du tissu, il y a le modèle CMT ( Conseil militaire de transition) qu'il fait à 15 000 FCFA et 20 000 avec le chapeau. Le délai est d'une semaine pour chaque client, a-t-il conclu.
Noël Adoum
À quatre jours de la fête du ramadan, clients et vendeurs se bousculent dans nos marchés pour les préparatifs du grand jour. La rédaction était ce lundi 17 avril aux deux plus grands marchés de la capitale, N’Djamena. Reportage.
Les deux marchés étaient bondés de monde, même dans les allées les gens étaient serrés comme des sardines, les mégaphones des vendeurs à la criée égrainaient les prix des articles. Khadidja Moussa est vendeuse de « Kake », « j'ai des biscuits, du kiréba, du Kake nayeb, etc ». Le petit seau est à 2500 F CFA, le moyen à 5000 F CFA. Selon elle, cette année les ventes sont timides contrairement aux années précédentes, la montée des prix de la farine n’a pas aidé, mais nos prix n'ont pas changé pour maintenir nos clients, dit-elle.
Elle affirme acheter un sac de farine à 30 000 F CFA, elle fabrique les différentes variétés et fait un bénéfice de 5 000 F CFA. Elle souligne que l'argent ne circule pas, les clients n'ont pas d'argent donc «
Aicha Hassane à 8 ans de métier dans ce business. « Alhamdoulillah pour cette année par rapport aux années antérieures ». Elle a différentes quantités, celle de 3 500 en passant par 5000 et le gros à 10 000 F. Elle soutient qu'il y a engouement, les clients viennent prendre après avoir faire un tour du marché. Cette année le marché est acceptable malgré l'augmentation du prix de la farine, confirme- t-elle.
Ousmane Bello Daoudou
Le mois de jeûne musulman est une période pendant laquelle les fruits sont consommés en grande quantité par les jeûneurs. Les vendeurs tirent leur épingle du jeu dans les rues de la capitale tchadienne. La rédaction est allée à la rencontre de ces vendeurs de fruits. Reportage.
Les étals de vente de fruits dans les artères de la ville de N'Djamena se sont multipliés depuis le début du mois de ramadan. De Dinguessou en passant par N'Djari, Amriguebé, Rue de 40 m, Diguel, Farcha ou encore Chagoua des tables juxtaposées sous forme d'armoire servent aux vendeurs un lieu confortable d'exposition des fruits de toute nature.
Remadji Dénis diplômé en électromécanique, vendeur de fruits sur le boulevard Maréchal Idriss Deby Itno dans le 6e arrondissement de N’Djamena. Il dit se lancer dans ce business depuis bientôt 2 ans. Il indique que la vente des fruits est rentable durant la canicule et plus encore lors de ce mois de ramadan. Remadji relève qu'après la fin de ses études supérieures, il n'a pas eu une chance d'intégrer le marché de l'emploi, « alors j'ai décidé de me lancer dans la vente de fruits », dit-il. Il précise tout de même que malgré les difficultés et l'importation qui revient cher, en cette période de carême sèche, la vente est viable. « Nous vendons plus de 50.000 FCFA par jour. On ne se plaint pas. Dieu merci », confie Denis. Au sujet des ventes de fruits, il a précisé que le prix varie d'un produit à un autre, de sa qualité et de son d'acheminement. « La mangue du Tchad est vendue à 100 FCFA la pièce, la mandarine importée du Cameroun est vendue 3 à 1000 FCFA, l'ananas à 1500 FCFA, la pomme de France à 1000 FCFA la pièce gros calibre, 500 FCFA le moyen et 3 à 500 FCFA le plus petit », a-t-il expliqué.
Mbodou Ali, lui aussi vendeur à proximité du rond-point Adoum Tchéré dans le 4e arrondissement. Il s'est livré à notre micro. Pour lui, la vente de fruits est rentable malgré les tracasseries des agents municipaux, dit-il. M. Mbodou souligne que la plupart des fruits viennent de l'Afrique du Sud, du Cameroun ou encore de l'Italie. « Ça nous vient à un coup un peu élevé, mais nous essayons toujours de nous adapter en fonction des clients ». Il ajoute, « ici le marché est bien. Nous pouvons vendre entre 100.000 FCFA à 150.000 FCFA voir plus par jour », a-t-il glissé d'une base voix.
Pour la nutritionniste, Heloua Jean-Baptiste, en ce mois de carême sèche, aucun fruit n'est défendu. Cependant, elle conseille de privilégier la consommation des fruits riches en eaux pour favoriser une réserve en eau et limiter la déshydratation sévère pendant la journée. « Pendant cette période, il est préférable de limiter la consommation des fruits séchés, car ceux-ci sont pauvres en eau et concentrés en micronutriments », dit-elle. Au sujet de l'hygiène, elle indique que la plupart des fruits vendus sur le marché sont défavorables. « Ils sont exposés », a-t-elle souligné. Elle ajoute, « les fruits vendus sur nos marchés ont une hygiène douteuse alors pour assurer une meilleure hygiène de nos aliments, je conseille tout d'abord aux consommateurs de bien laver les fruits avec une eau potable avec de la javel avant toute consommation ». Selon la nutritionniste, il est aussi indispensable aux vendeurs de laver et couvrir les fruits vendus avec un léger tissu pour limiter les contaminations. « En appliquant ce conseil, ils vont préserver non seulement la santé du consommateur, mais aussi celle de leur entourage et éventuellement leur propre santé », conclut-elle.
Abderamane Moussa Amadaye
Ce jeudi 13 avril, les chauffeurs de minibus commerciaux interurbains de l’axe Walia-Ngueli dans la commune de 9e arrondissement de la ville de N'Djamena ont décidé faire grève jusqu'à nouvel ordre pour manque de stationnement pour garer leurs bus et les tracasseries policières. La rédaction s'est rendue sur les lieux pour faire le constat. Reportage.
À l’entrée du pont à doubles voies, le stationnement des minibus en bordure de la voie est strictement interdit par la police. Mécontents, les conducteurs de munis bus ont décidé de déclencher la grève laissant les clients désemparés. Du pont en passant par Walia hadjaraï, Walia Djigangali jusqu'à Nguéli, les usagers sont amers. Il y a moins des bus qui circulent sur l'axe Walia-Ngueli. Des chauffeurs de minibus qui entrent et sortent de Walia sont verbalisés et les clients sommés de vider les bus. À Midi, les chauffeurs se sont réunis dans sous un manguier à Walia Djigangali pour décider d’aller en grève.
Le porte-parole des chauffeurs des munis bus Goni Abderamane Adam affirme que la décision leur interdisant de se garer sur les abords du pont est arbitraire et infondée, car il n'y a aucun papier qui le prouve. Pour lui, les autorités se sont entendues avec les syndicats pour leur interdire les lieux.
« Si un chauffeur prend deux clients, le syndicat des chauffeurs lui donne une amande de 3.000 FCFA ». Il poursuit quant à la police, « à chaque fois qu'un chauffeur se fixe au bout de rond-point à doubles voies, il reçoit une amande de 6.000 FCFA au cas où le chauffeur demande l'amende fixe (AF), directement il reçoit des intimidations sous peine de confisquer sa voiture et le conduire à la commission ». Toujours selon M. Goni le syndicat de transport exige que les conducteurs soient régularisés, mais par manque d'espace, ils préfèrent ramasser les clients en « MPLT » a-t-il dit. Le rond-point double voie ne peut pas être desservi à la queue, « ils sont plus de 100 bus. La grève doit continuer jusqu'à nouvel ordre ».
Abakar Allamine Mahamat Chauffeur depuis 2010 sur l'axe Walia-Ngueli, affirme que le syndicat de transport est allé remonter la police contre eux les transporteurs les mini bus. « La dalle est construite pour que les voitures se garent, mais la police refuse qu’on se stationne pour prendre les clients ». Les chauffeurs dénoncent les policiers de Commissariat CA9 qu’ils accusent d’avoir arrêté 4 de leurs collègues au rond-point Walia barrière. Il s’agit, disent-ils, des MM. Ali Oumar, Haroun Mahamat, Adam Mahamat et Asra. « Nous demandons leur libération sans condition car ils n'ont rien fait du mal ».
Pour le Secrétaire Général de Fédération Nationale des Syndicats des Transports Urbains et Interurbains du Tchad Ramadan Hisseine, la police a interdit les chauffeurs de bus parce qu'ils ne respectaient pas l'ordre qui a été donné, et qu'ils dépassent toujours la ligne indiquée. Il ajoute que l'État va leur trouver un autre endroit et que seul le dialogue libère au lieu de se révolter. M. Ramadan, souligne qu'il fera de son mieux afin que la solution idoine soit trouvée dans les jours à venir.
Noël Adoum
Ce mardi 11 avril, les membres provinciaux de la Commission Nationale chargée de l'Organisation du Référendum constitutionnel (CONOREC) pour la ville de N'Djamena ont été officiellement installés. La cérémonie s'est déroulée dans la salle du palais des Arts et de la Culture en présence du ministre de la Communication Aziz Mahamat Saleh et celle du ministre de la Justice garde Sceaux chargé des droits humains Mahamat Ahmat Alhabo. Reportage.
La déléguée générale du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena, Mme Amina KODJIANA et présidente de la CONOREC affirme que les consultations ont été à la hauteur des attentes « nous avons travaillé dans la transparence ». Elle ajoute qu’un engagement solennel a été pris devant l'assistance pour cette mission, a-t-elle martelé. Elle souligne qu'il y a 23 partis politiques pour 33 places des représentants, sur les 30 associations de la société civile, il y a 33 places des représentants. « Il y a un bureau qui a été mis en place et que le poste de vice-président est représenté par les partis politiques ».
Le ministre Aziz Mahamat Saleh soutient que les provinces ont 13 membres et les arrondissements ont 15 membres chacun, le gouverneur est le président avec 6 membres de service déconcentrés, dont 3 partis politiques, et 3 viennent de la société civile. Pour les 10 arrondissements composés de 15 membres, le délégué d'arrondissement est le président, ils ont 7 membres déconcentrés, 4 partis politiques et 3 associations de la société civile, a-t-il déclaré.
Mahamat Saleh Moussa, président du groupe parlementaire de la société civile affirme avoir constaté que l'implication de la société civile dans tous les arrondissements. Pour lui, la société civile est déjà impliquée, mais pas à 100%. Il se dit satisfait du résultat et ajoute que les leaders de la société civile sont partout dans la composition du bureau de N'Djamena.
Après l'installation des membres, d'autres composantes ont contesté notamment ceux de bloc fédéral. M.Abakar Yerima affirme, « nous étions alliés de MPS depuis la nuit des temps avec le feu, président fondateur Idriss Deby Itno, mais lorsque la transition a commencé l’alliance avec le de MPS s’est brisée » a-t-il souligné. Il soutient qu'ils sont devenus un parti fédéraliste, et veulent l'autonomie de toutes les régions du Tchad et l'autonomie de la gestion de la chose publique au niveau local. Il ajoute, « notre intérêt est un intérêt national, il n’est ni égoïste ni familial ».
Selon lui, depuis 32 ans, la liberté de s’exprimer du peuple tchadien sur cette question du fédéralisme est brimée. Il explique que la fédération n'est pas la division du Tchad, mais un autre mode de gestion qui laisse la l’attitude aux provinces de développer les régions. Il appelle les autres à respecter la parité et poursuit « je lutte et lutterai pour l'intérêt national de tous les Tchadiens de l'est à l'ouest, du Sud au Nord », a-t-il conclu.
Noël Adoum
Après 40 jours de jeûne, de pénitence et de prière, les chrétiens catholiques du monde et particulièrement ceux du Tchad célèbrent ce dimanche, 9 avril 2023, la solennité de la Pâques qui marque la résurrection de Jésus-Christ le troisième jour après sa mort sur la croix. L'équipe d'ialtchad s'est rendu à la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak, l'unique paroisse bilingue dans la ville de N'Djamena pour faire le constat. Reportage.
Cette fête chrétienne catholique vieille de 2 000 ans célèbre la résurrection de Jésus-Christ et l'arrivée symbolique du printemps. Enracinée dans plus de 2000 ans de rituels et de rites, Pâques commémore l'événement central de la foi chrétienne notamment la résurrection de Jésus-Christ, que les chrétiens considèrent comme l'accomplissement de la prophétie biblique d'un messie ressuscité d'entre les morts offrant à ses disciples la vie éternelle.
Pour le curé de la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak Nandimangar René, la célébration a lieu à la fin du Carême, une saison de jeûne et de repentance de quarante jours en référence aux quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. La période maigre culmine avec la semaine sainte et une commémoration des événements bibliques entourant la persécution, la crucifixion et la mort de Jésus.
Il relève que la semaine sainte comprend ainsi le dimanche des Rameaux dans lequel le peuple acclame Dieu « Hosana au plus haut des cieux » et ce même peuple va dire « tuez-le, crucifiez le » malgré tout ce qu'ils ont fait, le seigneur va leur pardonner et les aimer. Il ajoute que le triduum Pascal comprend, le jeudi saint qui marque le jour de l'institution de l' eucharistie, une journée d'adoration avec le seigneur le soir, le vendredi saint c'est l'unique jour dans l'église catholique où il n'y a pas la messe, c'est le jour de deuil et ça se termine avec le grand chemin de croix de l'année et la vénération du croix, quant au samedi saint c'est la veillée pascale marquée par la bénédiction de la flamme et de l'eau, durant ce moment on célébré la messe selon laquelle le Christ est ressuscité et enfin la Pâques, «c'est la fête de résurrection de notre seigneur Jésus Christ qui est ressuscité d'entre les morts, notre foi chrétienne est fondée aussi sur la croyance en Christ», a-t-il dit .
Selon lui, « nous ne sommes que les enfants du monde, quand on nous baptise au nom du père, du fils et de Saint-Esprit, il y a déjà en nous les germes de la résurrection éternelle, c'est ce que nous attendons le dernier jour et cette fête est fondamentale pour notre foi catholique ».
La fête pascale a débuté avant tout par le chant de la rentrée, la liturgie à la parole dans laquelle le curé René a présenté l'évangile selon Saint Jean chapitre 20, versets 1-9. Selon lui, ce passage indique le jour où les femmes sont parties au tombeau et ce sont rendus compte que le Christ n'est pas là, Marie Madeleine va aller avec joie pour annoncer aux apôtres que le Christ est ressuscité, il y a également la liturgie baptismale et la liturgie eucharistique. Il s’en est suivi le sacrement de baptême pour les 9 candidats et un sacrement de mariage. Comme chaque année, à la paroisse Saint-Joseph, la messe est dite en souvenir de la résurrection de Jésus-Christ.
Rappelons que la paroisse Saint-Joseph de Mardjandafak est une église catholique universelle bilingue (français et arabe).
Noël Adoum
C'était au cours d'une conférence de presse animée ce 8 avril au Centre d'Études pour la Formation et le Développement (CEFOD) que l'artiste Nguëta Alhasko Alfred alias N2A Teguil a plaidé auprès des autorités de transition pour le retour des exilés des tristes évènements du 20 octobre qui trouvent refuge en Afrique de l’Ouest ou ailleurs. Reportage.
C’est avec l’appui de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) que l'artiste a échangé avec la presse sur ses intentions comme porte-voix du peuple et défenseur des droits humains, dit-il. Il affirme que depuis les évènements du 20 octobre, certaines personnes ont été contraints à l'exil. Il soutient qu’ils méritent mieux et ont droit comme tout autre citoyen de rentrer chez eux et vaquer normalement à leurs occupations. Pour N2A, la solution aux problèmes tchadiens demeure le dialogue, « cela n'est possible qu’avec le retour au bercail de ses exilés », a-t-il confié à la presse. Selon lui, on ne peut pas renvoyer un enfant de la concession parce qu’il a commis une gaffe, « on le conseille ou on le corrige, mais jamais le renvoyer », a-t-il expliqué.
L'artiste N2A affirme que rien ne peut justifier l'exil forcé de certains à cause de leurs opinions politiques. « On est en sécurité chez soi. On doit régler nos différends entre nous et l’État doit favoriser le retour de ces derniers sans condition pour ne pas masquer sa volonté de réconciliation nationale et de la paix définitive, quelle que soit l’agitation de ton fils, il reste toujours ton enfant », a-t-il laissé entendre. Au sujet des autres exilés en dehors du 20 octobre, l'artiste dit ignorer les raisons de leur départ. Donc, il ne sera pas leur porte-voix.
Pour rappel les exilés dont l’artiste plaide le sort, sont ceux qui ont quitté le Tchad au lendemain des événements du 20 octobre qui ont fait plus de 100 morts selon le rapport de la CNDH, des milliers de personnes arrêtées et des disparus.
Abderamane Moussa Amadaye