Les épreuves du Brevet d’étude fondamental (BEF) ont été lancées le 12 juillet, sur l’ensemble du territoire national. Plus de 34.000 candidats composent depuis 48 heures les épreuves orales avant d’entamer les épreuves écrites puis physiques et sportives (EPS). Ialtchad presse a sillonné ce 13 juillet, quelques centres de composition de N’Djamena, capitale tchadienne. Reportage !
Le climat est très favorable ce mardi 13 juillet 2021 à N’Djamena, capitale politique du Tchad. Lycée Félix Eboué, l’un des plus grands établissements scolaires de la place, il est 11 heures. Dans la cour, certains candidats trainent encore les pas, d’autres se bousculent dans les rangs pour rencontrer les examinateurs. D’autres encore, peut-être pas pressés se reposent tranquillement à l’ombre des arbres. Les salles de composition sont numérotées et l’accès se fait par la présentation d’une pièce d’identité du candidat.
Moremem Sandrine est une élève du CEG n°1 du lycée Eboué. Elle a composé l’épreuve des sciences de la vie et de la terre (SVT). « Les épreuves orales du Brevet d’étude fondamental (BEF) se déroulent bien. Les questionnaires sont abordables pour un élève qui a bien étudié ses leçons. Hier, nous avons commencé avec la mathématique et le Français. Aujourd’hui, c’est les sciences de la vie et de la terre (SVT) et la culture générale », raconte-t-elle. Nelem Chancéline, une autre candidate, assise devant une salle de composition estime que le nombre d’examinateurs est insignifiant. « Dans l’ensemble, les questionnaires sont abordables. Ce que j’ai eu à constater, certains enseignants programmés n’ont pas répondu présent. Ce qui fait que certains candidats sont obligés d’attendre sous les arbres », confie-t-elle.
Certains enseignants rencontrés dénoncent la mauvaise organisation des épreuves orales. « L’organisation du BEF de cette année n’est pas parfaite puisque certains enseignants programmés ne sont pas là. La liste qu’on nous a remise ne contient pas assez de candidats pour les interrogations », déplore Koffi Emmanuel, enseignant de Physique-chimie. Mbaihondoum Mardochée assure l’épreuve de français. Pour lui, la plupart des candidats semblent ne pas être à jour. « Quand tu poses une question à un candidat, il hésite sur sa réponse et ça fait perdre énormément de temps. Il faut que les élèves se mettent véritablement au travail pour mieux affronter les épreuves écrites », conseille-t-il.
Selon Madame Sylvie Noumassei, présidente du centre du lycée Eboué, ce sont au total 499 candidats qui passent les épreuves orales. Le centre regroupe les deux collèges du lycée Eboué et le collège d’Assemblée chrétienne du Tchad.
Un autre centre de composition c’est le lycée Sacré-Cœur. Ce centre accueille 270 candidats venus du lycée collège Etoile Brillant, du lycée et collège Source de progrès et du lycée Sacré-Cœur. Connu par sa rigueur et ses règles disciplinaires, tout semble être en ordre ici au lycée Sacré-Cœur. Interrogés, certains candidats se disent être sereins et tout se passe bien sans un incident majeur. « Nous avons commencé depuis hier les épreuves orales. Nous n’avons pas encore rencontré de difficultés. Les sujets sont quand même abordables », affirme Moussa Maindoh, candidat. Béral Roger est aussi candidat, il indique les épreuves sont à la portée du niveau d’un qui a réellement étudié ses leçons. « Les questions posées sont des questions liées au cours », renchérit-il.
Allarassem Djimrangar
La plateforme citoyenne « Wakit Tama » boude la date et l’itinéraire retenus par le gouvernement pour la marche qu’elle voudrait organiser. La coordination a finalement annulé l’événement.
La marche pacifique de la coordination des actions citoyennes, Wakit Tama, prévue pour le 14 juillet n’aura pas lieu. C’est la décision qu’a prise lors de l’assemblée générale de la plateforme qui a eu lieu mardi 13 juillet. En cause, la coordination de Wakit Tama, dirigée par Me Max Loalngar, avance deux raisons.
Premièrement, la modification de la date et de l’itinéraire. Selon Me Max, la plateforme a souhaité organiser cette grande manifestation pacifique le 14 et sur trois itinéraires : la place Fest’africa de Moursal, le rond-point Adoum Tchiéré et Farcha avec pour point de convergence, la Place de la nation. Mais dans le communiqué du ministère de la Sécurité publique qui autorise la marche, la date est décalée au 16 juillet et les itinéraires sont modifiés pour se résumer seulement sur un site : du rond-point Hamama au Palais de Justice. « Nous n'allons pas tomber dans le piège du Conseil militaire de transition (CMT). Mais nous voudrions qu'ils comprennent que ce n'est pas la peine de jouer aux dilatoires », dit Me Max Loalngar.
Deuxièmement, l’unilatéralisme du gouvernement. D’après les membres de la coordination de Wakit Tama, après le dépôt de leur demande d’autorisation, ils ont été reçus par le secrétaire général du ministère de la Sécurité. A l’ordre du jour, discussion sur les modalités. Une deuxième rencontre devrait avoir lieu, selon les dires des leaders de Wakit Tama. « Mais curieusement on apprend sur les réseaux sociaux que la marche est autorisée et avec des itinéraires et la date modifiés », déclare Me Max. Ce que la coordination de la plateforme citoyenne a du mal à cautionner. « Même si la date que nous avons proposée (14 juillet) est jugée inappropriée, le gouvernement devrait nous convoquer pour échanger avec nous. Mais décider de manière unilatérale de nous imposer la date du 16 juillet est inadmissible », affirme le coordonnateur.
La plateforme décide alors de reporter la marche. « Parce que non seulement la date du 16 juillet n’est pas celle qu’on a proposée, mais parce que ce n’est pas la marche que nous voulons organiser », soutient Me Max Loalngar. Pour lui, le choix de la Place de la nation comme point d’arrivée de la marche est symbolique. « Nous voulons passer un message aux autorités. Et donc il fallait venir jusqu’en face d’elles », indique-t-il.
Reste à savoir, si le ministère de la Sécurité va réagir à la suite de cette décision.
Les diplômés des écoles professionnelles ont organisé ce lundi une manifestation spontanée qu’ils appellent « un mouvement d’humeur » dans l’enceinte du ministère de l'Éducation nationale au quartier Moursal. Une trentaine de mécontents ont été interpellés par la Police.
Après la tentative d’exil, la grève de la faim, les lauréats des écoles professionnelles en instance d’intégration à la Fonction publique font encore parler d’eux. Ce lundi, 12 juillet, ils ont envahi le ministère de l’Éducation nationale.
Coups de sifflet, youyous, les lauréats des écoles professionnelles ont réussi à pénétrer dans le hall du ministère dans l’enceinte du building de Moursal. Les agents de sécurité postés n’ont pas pu les en empêcher. Sans violence, ils ont exprimé leur mécontentement. « Tuez-nous, mais ne tuez pas l’éducation », « la Fonction publique n’est pas saturée », « Trop c’est trop » « nous réclamons notre intégration », ont repris en chœur les manifestants barricadés dans le hall. Coïncidence, le ministre de l’Éducation, Kosmadji Merci arrive au même moment. Son véhicule a fait automatiquement demi-tour, vu l’ambiance.
La Police arrive. Les négociations commencent. Mais les manifestants ne veulent rien entendre. « Tuez- nous, ici », réclament-ils en se barricadant. Les policiers gardent leur sang-froid jusqu’à ce qu’un policier décide d’engager un tir de grenade lacrymogène à l’intérieur. Débandade. Les manifestants se replient dans les niveaux supérieurs de l’immeuble et se dispersent dans les couloirs. Quatre manifestants sont montés volontiers dans un véhicule de la Police. Ils sont transférés aussitôt au commissariat central.
Selon Neuzilka Emmanuel ce mouvement d’humeur de ce jour est le premier d’une série d’actions qui seront menées. Il a été prévu pour cette première action de perturber le bon déroulement des épreuves orales du Brevet de l’enseignement fondamental (BEF) qui débutent ce lundi 12 juillet. « Mais comme le lycée Félix Éboué que nous avons ciblé a été quadrillé par les forces de l’ordre, nous nous sommes rués au ministère de l’Éducation », explique Neuzilka Emmanuel. Selon le porte-parole 35 manifestants ont été arrêtés par la Police lors de leur délogement du ministère. Ils sont aussi transférés au commissariat central.
Le collectif des lauréats des écoles professionnelles d’indiquer rejoindre dorénavant la plateforme citoyenne « Wakit tama ». « Nous serons présents à toutes les actions que mènera cette plateforme à partir d’aujourd’hui », affirme Neuzilka Emmanuel.
La plateforme des diplômés en instance d’intégration reporte l’opération brûle diplôme prévue pour ce samedi.
« L’opération brûle diplôme » annoncée tambour battant par la plateforme des diplômés en instance d’intégration à la Fonction publique n’a pas eu lieu samedi 10 juillet. La Bourse de travail, lieu choisi pour le déroulement de cette opération, est bien désert en cette matinée. Pas un diplômé ne s’est présenté.
Contacté, Ndingadinan Thomas, un des leaders de la plateforme, annonce le report de cette opération. « C’est repoussé »,dit-il sans toutefois être précis sur la prochaine date. La cause du décalage : le lieu et la date. « La Bourse de travail n’est pas trop emblématique. Et aujourd’hui c’est un week-end, ça ne va pas avoir trop d’impact », avance Ndingadinan Thomas. D’après lui, il faut un lieu très symbolique et un jour ouvrable pour que l’opération soit retentissante. « Un lundi ou un jeudi dans une institution étatique, ça vaut le coup », détaille-t-il.
L’opération brûle diplôme consiste à brûler publiquement les diplômes des membres de la plateforme. Selon Ndingadinan Thomas, cette action est de nature à exprimer des années de frustration, de négligence de la part des autorités. « Nos gouvernants nous traitent de bandits, de voyous. Alors qu’on réclame juste notre insertion socioprofessionnelle », dit-il. Toujours selon lui, vaut mieux se débarrasser de son diplôme que de le garder et se faire traiter de délinquant. « C’est frustrant. C’est maintenant qu’on va faire le vrai banditisme », indique-t-il. Les diplômes sont le fruit de plusieurs années d’études, quelquefois dans des conditions dures. Ndigandina Thomas dit en avoir conscience. Mais il estime qu’il « ne sert à rien de garder un diplôme qui ne sert à rien. La déclaration du ministre de la Fonction publique d’hier vient nous réconforter dans notre position. Lorsqu’il dit qu’il y a saturation dans ce département, c’est que l’espoir est perdu », fait-il savoir.
Ce leader de la plateforme annonce qu’après l’opération brûle diplôme, d’autres grandes actions seront menées. « Cette fois conjointement avec le collectif des lauréats des écoles professionnelles ». Toutefois Ndingadinan Thierry soutient que la plateforme reste toujours ouverte au dialogue. « Si les autorités nous donnent des garanties avec des dates, nous sommes prêts à suspendre toutes actions ». La plateforme dit réclamer l’intégration de 13 000 diplômés sans emploi. C’est le restant de la promesse de 20 000 places faite par le défunt président Idriss Deby. Sur les 20 000 seulement 7 000 sont déjà intégrés.
Christian Allahadjim
Les chefs d’États des pays membres du G5 Sahel se sont réunis ce 9 juillet 2021, par visioconférence pour évaluer la situation sécuritaire au sahel. C’est aussi l’occasion de faire un suivi des recommandations du sommet qui a eu lieu le 15 février dernier ici à N’Djamena, capitale tchadienne et de désigner un nouveau secrétaire exécutif de ladite institution.
Les chefs d’Etats Mauritanien, Malien, Burkinabé, Nigérien et Tchadien tiennent ce vendredi leur 5e session extraordinaire avec le président français Emmanuel Macron en visioconférence. Cette session extraordinaire a pour thème « la stabilité régionale ». Cette réunion a lieu sur l’invitation du Président du Conseil Militaire de la Transition Mahamat Idriss Deby. Le président a participé par visioconférence depuis l’Élysée à ses côtés le président nigérien Mohamed Bazoum.
Selon le communiqué, la situation sécuritaire dans la région inquiète par la recrudescence de l’activisme terroriste au sahel et des menaces pesant sur les pays de la sous-région. Les chefs d’État ont salué l’adoption de la résolution du conseil de sécurité des Nations Unies du 16 avril dernier, demandant à toutes les parties au conflit en Libye de veiller à l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020. Toutefois, ils ont relevé qu’une réunion du conseil de sécurité des Nations Unies sur les risques d’une dispersion dans les pays de la région des mercenaires présents en Libye qui s’est tenue le 27 avril dernier à la demande des membres africains du Conseil de Sécurité. Ces derniers ont décidé de renforcer la coopération avec les pays du golfe de Guinée en matière de lutte contre le terrorisme et de renforcement des capacités des forces de défenses et de sécurité pour contrecarrer l’expansion du terrorisme vers le sud.
Au sujet de l’adaptation du dispositif militaire français au sahel, les chefs d’État du G5 sahel ont pris note de la décision du président français de transformer le dispositif militaire français déployé au sahel s’inscrit dans le cadre des discussions conduites depuis le sommet de Pau en France, en janvier 2020 et poursuivi lors du sommet de N’Djamena en février dernier. Sur le suivi des engagements de N’Djamena, les chefs d’État ont souligné l’importance de poursuivre les efforts collectifs engagés dans le cadre de la coalition pour le sahel, conformément à la feuille de route adoptée le 19 mars dernier en matière de déploiement des services de l’État sur l’ensemble des territoires nationaux.
Pour la situation au Mali et au Tchad, ces derniers ont pris acte de la volonté du CMT de respecter ses engagements internationaux en matière de lutte contre le terrorisme et de son engagement à respecter la période de transition de 18 mois. A propos de la situation économique, les présidents du G5 sahel appellent leurs partenaires à soutenir la déclaration des chefs d’État du G5 sahel pour une restructuration de la dette des pays du G5 sahel. Dans le communiqué final de la 5e session extraordinaire de la conférence des chefs d’État du G5 sahel reçu à la rédaction du journal Ialtchad, les chefs d’État ont entériné la nomination de M. TIARE Yemdaogo Eric comme secrétaire exécutif du G5 sahel. Ils ont aussi adopté le principe de mandat unique et de rotation entre les pays pour le poste de Secrétaire exécutif.
Jules Doukoundjé
Le collectif des impactés de la boucle 90KV a bloqué les travaux de réparation qu’entreprend la Société Nationale d’Électricité (SNE) sur le site de Gassi. En cause, le non-paiement de leur dédommagement.
Ils sont une trentaine à se masser devant la centrale électrique de la Société nationale d’électricité (SNE) de Gassi dans le 7e arrondissement de la capitale, N’Djamena. Depuis hier, 8 juillet, ces impactés du projet de construction de la boucle 90KV (ligne électrique haute tension de Djermaya) ont bloqué les travaux qu’entreprend la SNE pour réparer une panne.
Ces travaux sont perçus comme une provocation par les expropriés qui ont décidé de faire un sit-in sur le site des travaux. « C’est une provocation. Pendant qu’on attend qu’on nous indemnise, la SNE vient encore creuser devant nos concessions. On a trouvé cela inadmissible », fulmine le coordinateur du collectif, Nanglengar Tita Bertin. Pour lui, l’État tarde à les dédommager, cela les oblige à continuer par habiter dans leurs habitations sous la haute tension. « Vous connaissez les effets de cette ligne. Nous courons de grands risques. Nous avons même enregistré quelques cas de décès liés à cette ligne », fait-il savoir.
Selon le coordinateur de ce collectif, les victimes réclament une seule chose : le versement de leur indemnité qui s’élève à plus d’un milliard de francs CFA. D’après sa déclaration, c’est depuis 2012, année de la construction de la ligne haute tension, qu’ils attendent d’être indemnisés. « Normalement l’État devait nous payer avant de construire, même si c’est pour cause d’utilité publique. Mais ça n’a pas été le cas », dit-il.
Toujours selon lui, le gouvernement a procédé au recensement de ceux dont leurs habitations se trouvent sur-le-champ de passage de cette haute tension dès la même année. « Depuis lors que des navettes. Rien n’est fait malgré les instructions du défunt président Idriss Deby Itno », souligne Nanglengar Tita Bertin.
Le dossier a refait surface sur le bureau du Premier ministre de transition le 30 juin 2021. Dans une requête, le collectif a expliqué au Premier ministre les démarches entreprises depuis lors pour entrer dans ses droits. Selon le document, le dossier se trouve bloqué par le refus du ministre des Finances de contresigner l’arrêté apprêté par son collègue de l’Énergie pour la mise en place d’un comité d’étude de leur dossier.
Ils sont au total 2 203 victimes réparties dans quatre arrondissements de N’Djamena. Il s’agit du 1er, 7e, 8e et 10e.
Christian Allahadjim
La négociation entre la direction d’Esso Tchad, le personnel d’Esso et le gouvernement piétinent. Les employés décident de poursuivre leur grève. Une décision prise ce 8 juillet 2021, à la Bourse du travail par le comité de négociation du personnel d’Esso Tchad.
Paiement intégral des contributions épargnes retraites, paiement d’une prime de séparation, paiement du solde de tout compte, assurance maladie internationale, remboursement des soldes de crédits des employés, convention sanitaire pour les retraites d’EEPCI, sont entre autres les 6 points de revendications du comité de négociation du personnel d’Esso Tchad.
Selon le secrétaire général du Syndicat national du secteur pétrolier du Tchad (PETROSYNAT), Noubaïssem Christian, le comité de négociation du personnel d’Esso Tchad, a mené de démarches auprès des plus hautes autorités d’où une rencontre avec le ministre du Pétrole et celui de la fonction publique et du dialogue national avait eu lieu. À la sortie de cette rencontre, il n’y avait pas eu d’avancée. Selon lui, quand cette rencontre a eu lieu entre les deux ministres et les délégués du personnel d’Esso Tchad, l’objet était de demander aux représentants du personnel d’aller discuter avec leur base pour la levée de leur grève. « En réalité, il n’y avait pas eu de dialogue entre la direction d’Esso et ses employés. C’était une pression que le gouvernement avait faite sur le personnel d’Esso Tchad parce que quand il leur demande de lever la grève avant toute négociation, c’est de la pression qu’il a faite », explique Noubaïssem Christian.
D’après lui, la présidente directrice générale est allée en congé et elle a fait croire aux deux ministres qu’elle laissera la délégation de pouvoir à son adjoint, mais malheureusement, les délégués du personnel sont allés voir l’adjoint de la directrice et ce dernier, leur a fait comprendre qu’il n’est pas habilité à prendre une décision sur les points de revendication des personnels d’Esso Tchad. « Jusqu’à présent, la grève des personnels d’Esso Tchad continue. La présidente directrice générale est en congé. Il semblerait que son adjoint n’a que le pouvoir de faire fonctionner l’administration. Donc, depuis lors, les négociations sont bloquées », informe-t-il.
Le secrétaire général du syndicat soutient que cette affaire oppose la direction générale d’Esso à ses employés, le PETROSYNAT et le secrétaire général de l’Union pour les syndicats du Tchad (UST) ont eu à rencontrer le ministre du Pétrole, mais rien de concret n’a été débattu à part la levée de la grève des personnels d’Esso Tchad. « Comme le gouvernement a dit aux employés que s’ils lèvent la grève, il va demander à Esso Tchad de revenir à la table de négociation. Les employés d’Esso Tchad à leur tour ont demandé une garantie de la part du gouvernement. Mais ce dernier n’était pas à mesure de donner cette garantie. Les employés d’Esso disent que la grève a trop duré. Ils ne peuvent lever la levée sans aucune garantie », dit Noubaïssem Christian.
Il souligne que la grève est la dernière arme du travailleur. C’est ce que les employés d’Esso Tchad ont fait parce qu’ils ont essayé de négocier et la présidente directrice générale leur a fait savoir que leur revendication est illégitime. Selon le syndicaliste, le plan épargne énuméré dans les ponts de revendications des employés d’Esso est une convention qui a été signée entre Esso et ses employés. « Nous, au niveau du PETROSYNAT, nous demandons que la direction d’Esso Tchad s’assoie et dialogue avec ses employés afin de trouver une solution pour la reprise des activités », conclut le SG du PETROSYNAT.
Il faut noter que le torchon qui brûle entre Esso Tchad et ses employés depuis le 2 juin passé. Date à laquelle cette société par le biais de sa présidente directrice générale a annoncé la vente de ses actifs à une jeune société britannique Savannah Energy.
Allarassem Djimrangar
Les magistrats suspendent pour une durée de 3 semaines leur grève illimitée lancée, le 28 juin dernier. La décision est prise hier vendredi 09 juillet à l’issue d’une Assemblée générale (AG) évaluative au palais de Justice de N’Djamena.
« Il y a un début d’exécution par les autorités par rapport à nos revendications. L’AG a décidé de suspendre la grève pour 3 semaines à condition de s’assurer que nos points de revendications soient satisfaits totalement », a déclaré Moussa Wadé Djibrine, président du Syndicat des Magistrats du Tchad.
Taoka Bruno, président du Syndicat autonome des Magistrats du Tchad(SAMT), ne dit pas le contraire. Pour renchérit ce qu’a dit son collègue, en précisant que c’est une décision unanime prise au cours de leur Assemblée générale. Selon lui, d’ici vendredi prochain, ils vont encore se rencontrer pour une autre évaluation. « Nos revendications ont eu de satisfaction donc nous ne pouvons maintenir la grève », dit-il.
Concernant les débuts de satisfaction de leurs récriminations, Taoka Bruno cite quelques exemples. Il s’agit entre autres : du renforcement de l’effectif des gendarmes en protection dans chaque tribunal, la poursuite de la ministre de l’urbanisme, dossier déjà entre les mains de la police judiciaire, et qui sera publié la semaine prochaine, la procédure de la poursuite des éléments de la police qui ont outragé les magistrats, est en cours, une enquête sur le meurtre du procureur de la République d’Oum-Hadjar en cours pour situer les responsabilités.
Rappelons que les magistrats dans leur première AG dénonçaient, l’insécurité en milieux judiciaires, la confiscation de procédure judiciaire par la ministre de l’Urbanisme et l’outrage aux magistrats par les éléments de la police nationale. Cette grève a eu beaucoup de répercussions sur le fonctionnement quotidien de la justice et des dossiers en instance de jugement. Les citoyens sont privés de casiers judiciaires, pas d’auditions des personnes gardées à vue, pas de procès. La Justice est une chaîne, cette grève a perturbé sérieusement les activités notamment celles des avocats, des huissiers voire des notaires.
Le groupe de réflexion et d’action (GRA) pour l’appel du 1er juin a fait un point de presse jeudi 8 juillet sur l’urgente nécessité d’un redressement du processus de transition au Tchad.
L’Appel du 1er juin 2021 à un double objectif dit le communiqué. Il s’agit d’abord de favoriser une transition apaisée conduisant à des élections libres, transparentes et démocratiques, qui permettront enfin aux Tchadiens de choisir librement les dirigeants de leur pays. Ensuite, de contribuer à l’instauration d’une vraie paix et d’une vraie stabilité afin de trouver le chemin de la prospérité.
Selon le président du GRA-Appel, « il faut une conférence nationale souveraine et inclusive où toutes les forces vives de la société tchadienne, sans exclusion, se retrouvent pour dialoguer au cours de celle-ci et décider ensemble de leur avenir, dans le cadre d’une légitimité consensuelle.... »
M. Bedoumra Kordjé affirme, « la voie actuellement choisie par le Conseil Militaire de Transition (CMT), de nommer seul les membres du Conseil National de Transition (CNT) et les membres du Comité chargé de conduire le dialogue national, n’est pas une solution qui peut ramener la paix au Tchad ». D’après lui « L’actuel Gouvernement dont les membres sont nommés et révocable par la seule volonté du Président du CMT ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour faire des propositions contraires à la volonté du Président du CMT. Il en sera de même du CNT en gestation qui ne pourra que favoriser l’élaboration et l’adoption d’une constitution et des lois électorales taillées sur mesure, pouvant alors permettre l’organisation des élections frauduleuses aux résultats connus d’avance ».
L’ex-ministre Bedoumra Kordjé soutient qu’ après des décennies de gabegie, de népotisme, de clanisme et d’injustice, le peuple tchadien ne veut plus de cette démocratie de façade et n’acceptera plus les tripatouillages électoraux. « Le dialogue tel que voulu par le CMT que l’on se prépare à servir par la force aux Tchadiens ne sera inclusif que de nom, et certainement pas souverain. Ce qui se dessine est un remake des foras sans lendemain de 2018 et 2020... ».
La seule légitimité dont jouit le CMT est celle des armes et de ses appuis extérieurs affirme le président du groupe de réflexion et d’action pour l’appel du 1er juin. D’après lui, « les Tchadiens veulent tourner la page de cette forme de légitimité qui fait de leur pays l’un des plus pauvres du monde. Tous les Chefs d’État qui ont présidé aux destinées du Tchad ont soit été assassinés, soit ont connu l’exil. » Pour rompre avec ce mode infernal de dévolution du pouvoir au Tchad, le président du GRA-Appel estime que la seule voie de salut réside dans l’organisation d’une Conférence Nationale Inclusive et Souveraine (CNIS). « L’organisation réussie de la CNSI est d’une nécessité absolue et est faisable dans un délai raisonnable n’excédant pas trois mois » dit l’ex-dirigeant de la Banque africaine du Développement (BAD). Il fait signifier que le Groupe de Réflexion et d’Action pour l’Appel du 1er juin 2021 a élaboré un projet de feuille de route qui déroule les différentes étapes et activités du processus conduisant à la CNIS.
Pour finir, M. Bedoumra Kordjé dit qu’ « il est plus qu’urgent pour le CMT de s’engager dans la voie de l’apaisement et de l’espoir pour laisser une trace positive dans l’histoire du Tchad, en suspendant la mise en place du CNT et le Comité chargé du dialogue national, en incluant clairement dans la Charte actuelle la CNIS, Charte dont la révision acceptable est revendiquée et attendue par la plupart des acteurs tchadiens et partenaires, y compris l’Union Africaine ».
Orthom L’Or
La coordination des actions citoyennes Wakit Tama se dit inquiète des prises de décisions unilatérales du Comité Militaire de Transition (CMT) dirigé par le fils du Président défunt Mahamat Idriss Déby. Elle appelle l’UA, l’ONU et la France à mettre fin à cette dérive. Aussi, elle demande aux Tchadiens de s’opposer par tous les moyens à cette grave atteinte à leur liberté et aspiration légitime.
La coordination des actions citoyennes Wakit Tama dénonce le décret signé par le Président du CMT le 2 juillet dernier, mettant en place une commission chargée de l’organisation du dialogue inclusif attendu par tous les Tchadiens. Dans un communiqué reçu à la rédaction du journal Ialtchad Presse, la coordination des actions citoyennes fait remarquer que le CMT procède par une démarche exclusive et unilatérale. Elle précise que le dialogue inclusif doit être régi par une démarche consensuelle. Selon le document, le CMT a obtenu l’aval de la communauté internationale, à la condition qu’un mécanisme de dialogue et de suivi de l’Union Africaine (UA) s’installe à N’Djamena, la capitale tchadienne. Cela suppose que le processus inclut dans son déroulé la non-objection de ce mécanisme. Pour le coordonnateur de Wakit Tama, Me Max Loalngar, le CMT n’a pas respecté cet engagement et opère en opposition avec l’UA. Me Loalngar estime que le lancement du processus de manière exclusive est une défiance à l’ensemble de l’opposition armée et un discrédit au processus de dialogue inclusif. Il souligne par ailleurs que le CMT est dans un processus de réarmement et de militarisation basé sur des considérations ethniques. Ce dernier ajoute que le CMT privilégie la voie des armes tout en maintenant l’option d’un dialogue politique. « La mauvaise foi du CMT est établie. Ceci ne présage nullement d’un dialogue inclusif, encore moins d’un dialogue sincère », affirme-t-il.
Selon le communiqué, la France qui a fortement soutenu « le coup d’État » garde un silence complice. Wakit Tama affirme que la junte accumule les conditions d’une crise encore plus grave qui justifierait la prolongation de la transition. Elle appelle l’UA à prendre ses responsabilités, la commission paix et sécurité de l’UA en particulier et les États membres en général afin qu’on mette fin à cette dérive sans délai dit le communiqué. La coalition appelle aussi la France à se rendre à l’évidence que son soutien inconditionnel au CMT ne peut pas conduire la transition aux résultats attendus par les Tchadiens. Elle regrette l’indifférence de l’ONU et souhaite qu’elle s’autosaisisse du cas tchadien.
Depuis la disparition du Président Idriss Deby Itno, des réunions ont eu lieu plusieurs fois au Togo avec les groupes rebelles tchadiens pour préparer un dialogue national avec le CMT. Pour l’instant, la position de ces groupes rebelles semble inconciliable avec celle des autorités. Ils réclament une amnistie générale, la libération des prisonniers de guerre des prisonniers politiques, mais ils refusent en bloc de reconnaître le CMT. La junte au pouvoir refuse de considérer les groupes rebelles comme le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact) mouvement rebelle qui ont mené des attaques en avril passé. C’est lors de ces affrontements que le président Idriss Deby Itno est mort.
Jules Doukoundjé