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88 nouveaux cas de Covid-19 sont détectés, ce 8 novembre. Le Président du Conseil Militaire de Transition (CMT), le général Mahamat Idriss Deby après son retour de Paris, capitale française, a décidé de se mettre en quarantaine alors qu’il a été testé négatif. Selon plusieurs sources, les tests de ses proches collaborateurs se sont révélés positifs. Les autorités sanitaires appellent la population au respect de mesures barrières. Reportage.

Ce matin dans la capitale tchadienne, la plupart des usagers de la route à pied ou sur leurs engins portent des masques. Certains regrettent le retour de la Covid-19 et surtout au port de masques. D’autres estiment que la vie humaine est sacrée et cela vaut le prix de la préserver. Le plus grand souci de la population, c’est la peur du réconfinement. Ils ne souhaitent pas arriver à cette décision. Car, disent-ils, le confinement passé est un mauvais souvenir. Surtout pour les plus démunis.

88 nouveaux cas de Covid-19 détectés, ce 8 novembre a indiqué Abderrahmane Koulamallah, ministre tchadien de la Communication, dans un communiqué. Il affirme que cette hausse est enregistrée dans les 6 provinces du pays. M. Koulamallah ajoute, « en fonction de l’évolution du contexte pandémique, d’autres mesures pourraient être prises. Elles sont, entre autres, l’obligation du port du masque dans tous les lieux de rassemblement fermés, les marchés, lieux de culte, places mortuaires, etc. »

Le chef de l’État en quarantaine après un séjour à Paris, capitale française.  « À notre arrivée ce soir en provenance de Paris, quelques membres de l’équipe de mes proches collaborateurs ont été testés positifs au covid-19. Bien que je suis testé négatif, je me mettrai en quarantaine par précaution », a-t-il déclaré dimanche soir. Pour plus de prudence, il demande aux Tchadiens d’être vigilants. « La covid-19 continue à se propager et à faire de victimes, j’exhorte vivement mes compatriotes à se faire vacciner et à respecter les mesures barrières », a dit le président de la transition Mahamat Idriss Deby.

Depuis le 4 juin passé, date de l’opérationnalisation de la vaccination contre la Covid-19, moins de 200 000 personnes ont été vaccinées. Autrement dit pour les autorités sanitaires, plus de la moitié n’a reçu que la première dose.  Selon les informations sur la toile livrée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 14 novembre, le Tchad totalise 5 107 cas de coronavirus, dont 175 décès dénombrés depuis le début de l'épidémie en mars 2019.

Moyalbaye Nadjasna

L’association des personnes handicapées de N’Djamena s’est réunie dimanche dans l’après-midi pour peaufiner leur stratégie pour revendiquer la réouverture du pont de N’gueli. Elle donne une semaine aux autorités pour répondre à leur exigence, sinon ils vont ramper jusqu’à la primature. Reportage.

Les personnes handicapées de la ville de N’Djamena ne supportent plus la fermeture du pont de N’gueli. L’association qui réunit toutes ces personnes handicapées qui vont à Kousseri, au Cameroun voisin, en tricycles pour transporter des marchandises dit que ces personnes à mobilité réduite ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Et si les autorités publiques ne sursoient pas leur décision et de ne pas rouvrir le pont, elles vont ramper jusqu’à la primature.

Pour leur porte-parole, réfugié à Kousseri, Ali Ossignbédé Justin, c’est depuis 4 mois qu’ils sont en train de lutter pour la réouverture du passage de Kousseri pour leur permettre de reprendre le trafic des marchandises. Selon lui, les personnes handicapées étaient à Kousseri mais la police camerounaise les a expulsés. Le 4 novembre dernier, ils ont rampé devant l’ambassade des États-Unis pour exiger la levée de cette mesure. Pour le porte-parole, les personnes à mobilité réduite ne demandent pas le départ du président du Conseil Militaire de Transition, le Général Mahamat Idriss Deby, ni le départ du Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert. Elles demandent simplement la réouverture de la route vers Kousseri pour reprendre leurs affaires. Les personnes handicapées de la ville de N’Djamena demandent la clémence du président du CMT pour subvenir aux besoins de leurs familles. « Nous voulons aller à Kousseri, nous ne faisons pas la politique, nous n’avons que nos tricycles et nos tricycles ne sont pas les chars de combat », disent les personnes handicapées. Le porte-parole promet si rien n’est fait qu’ils vont s’organiser avec les badges, les numéros de leurs tricycles pour assurer la sécurité. « Notre lutte est noble et juste. Nous voulons juste nous battre pour prendre en charge nos familles. Nous ne sommes pas contre les autorités de la transition », crient les personnes handicapées. De l’avis de leur porte-parole, Ali Ossignbédé Justin, les personnes à mobilité réduite ne vont pas à Kousseri pour s’adonner aux trafics de drogues.

Toutefois, elles ont été reçues par le ministre de la Sécurité publique la semaine dernière pour discuter des modalités de réouverture du pont de N’gueli. En attentant la décision gouvernementale, l’association des personnes handicapées de la ville de N’Djamena a suspendu la manifestation pour dialoguer avec les autorités. Ils menacent, si rien n’est fait, d’ici une semaine de ramper jusqu’à la primature.

Pour rappel, des personnes handicapées ont manifesté le 4 novembre dernier. Ils réclament la libre circulation des tricycles sur le pont N’gueli afin de leur permettre de faire le commerce entre N’Djamena et Kousseri, la ville camerounaise située de l’autre rive du fleuve. Mais ils ont été dispersés à coups des tirs de gaz lacrymogène.

Jules Doukoundjé

Les jeunes étaient nombreux le samedi dernier au concert de l’artiste musicien, Mawndoé Célestin au stade Idriss Mahamat Ouya de N’Djamena. Plusieurs membres du gouvernement de la transition sont aussi venus soutenir l’artiste tchadien de renommé international. Reportage.

Le stade Idriss Mahamat Ouya, dans le 3e arrondissement de la capitale, N’Djamena était plein à craquer. Plusieurs mélomanes ont assisté au 20e concert qui met fin à la tournée organisée par l’artiste depuis le mois de septembre.  Mawndoé Célestin était en tournée dans 6 provinces du pays. Il a organisé 20 concerts pour faire la promotion du projet « au nom de l’art ».

A 20h 10 min, l’artiste est monté sur scène avec les petits poussins de Gaoui, une localité située dans la banlieue nord de la ville de N’Djamena. Il était accueilli par des cris et des youyous. L’artiste n’a pas tardé, a livré un message de paix, de l’unité et d’espoir à la jeunesse qui était sortie massivement pour la circonstance. Au nom de l’art, de la terre, l’essentiel est un projet dédié aux enfants de 7 à 15 ans. Il a monté plusieurs projets à savoir : la sculpture, la danse urbaine, le conte, la peinture et la musique. C’est pour aider les reines de Gaoui. L’objectif du projet est de les aider à être plus créatives qualitativement, plus productives afin de créer un marché autour du métier de la poterie fabriqué à Gaoui. L’objectif consiste également à créer un cadre d’épanouissement, de divertissement et d’éducation à travers l’art et la culture pour les enfants.

Le ministre de la Culture et de la Promotion de la Diversité, Mme Achta Djibrine Sy était venue encourager l’initiative de Mawndoé Célestin. Elle a exprimé sa joie de voir les jeunes participer massivement au concert. Au sujet du projet au nom de l’art, elle indique que l’artiste musicien Mawndoé a su donner le sourire aux enfants mal voyants qui étaient désespérés, qui ne pensaient plus être utiles à la société et aux parents. Pour madame la ministre, au nom de la vie, de la paix et de l’amour, au nom de l’art, l’artiste Mawndoé nous rappelle l’essentiel. Selon elle, parcourir des milliers de kilomètres, sillonner des villes, animer plus de 20 concerts pour accorder de l’attention et exprimer son affection à ses compatriotes, c’est l’art de consoler et l’art de restaurer la dignité humaine et l’art de réconcilier ses compatriotes. « Nous voulons nous inspirer de la compassion de Mawndoé et par son affection aux plus démunis et aux plus vulnérables pour dire que nous devons nous accepter, accepter les autres, parce que l’autre est complémentaire et non une menace », dit Mme Achta Djibrine Sy. Elle rappelle également que l’artiste nous interpelle à croire qu’il est possible de se parler, qu’il est possible de se découvrir et de se brasser et surtout de célébrer la vie ensemble. Elle a repris les propos de l’artiste en disant qu’ici chez nous, il n’y a pas le « je », c’est le « nous ». Pour elle, c’est le « nous » qui prime et non le « je ». Mme le ministre de la Culture et de la promotion de la diversité encourage la jeunesse à se surpasser pour s’aimer, se pardonner, s’accepter et se réconcilier.

Le concert a pris fin vers 22h 30 min sur une note de satisfaction. Les mélomanes réclament un autre méga concert avant la fin d’année.  L’artiste devrait aussi se produire les 19 et 20 novembre prochain à l’Institut Français de N’Djamena, mais ces 2 concerts sont reportés pour raison du retour de la Covid-19.

Jules Doukoundjé    

La présence de l’ex-président centrafricain, François Bozizé à N’Djamena inquiète la classe politique et certains responsables de la société civile. Le président d’honneur de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) Dobian Asngar monte au micro met en garde les autorités de la Transition et exige des explications sur la présence de l’ex-homme fort de la RCA sur le sol tchadien. Reportage.

L’ancien président centrafricain, le général François Bozizé est considéré par plusieurs intellectuels, hommes politiques et certains responsables de la société civile tchadienne comme persona non grata. Sa présence à N’Djamena inquiète plusieurs Tchadiens. L’ancien président de la RCA, François Bozizé avait chassé Ange Félix Patassé pour prendre le pouvoir. Et lui aussi a été chassé par un coup d’État.  Depuis plus d’un an, le général déchu serait impliqué dans le coup d’État raté dans son pays et aurait fui pour se réfugier à Moundou dans le sud du Tchad. Mais depuis quelques semaines, il réside désormais à N’Djamena et sa présence ne plaît pas à beaucoup de défenseurs des droits de l’homme.

Cette présence dans la capitale tchadienne est considérée comme un complot pour agresser ou déstabiliser un pays voisin. Pour Dobian Asngar, président d’honneur de la LTDH et représentant de la fédération internationale des droits de l’homme pour l’Afrique centrale est inquiet de cette présence de trop. Il affirme que Bozizé à l’époque, avant de prendre le pouvoir, était à N’Djamena et a dû interpeller les autorités d’alors pour leur dire que ce qui est en train de se faire n’est pas une bonne chose. Selon lui, la France, avec l’appui du Tchad, a aidé le général François Bozizé à prendre le pouvoir en RCA. Pour lui, 10 ans de pouvoir, c’est trop et qu’il n’est pas normal de s’appuyer sur un État voisin pour déstabiliser son propre pays. Le défenseur des droits humains s’interroge sur l’intérêt des autorités tchadiennes à déstabiliser un pays voisin. Dobian Asngar ironise en disant que si c’était le contraire qui se produisait, si la RCA était une base pour déstabiliser le Tchad, que diraient les autorités tchadiennes.

« Moi, en tant que défenseur des droits humains, je n’apprécie pas cette façon de faire qui risque de coûter un jour cher au Tchad », affirme-t-il. Dobian Asngar explique que presque toutes les frontières sont fermées avec les voisins du Tchad. Le président d’honneur de la LTDH estime que logiquement le pays doit être en paix avec les voisins, et qu’on ne peut pas continuer à faire la guerre à nos voisins. A son avis, le Tchad est mal regardé ailleurs à cause son comportement. « Je pense que ceux qui se disent dirigeants doivent arrêter de faire ce genre de jeu avec la France », précise Dobian Asngar.  Selon lui, le Tchad est un État souverain, il ne peut pas servir de terrain de jeu de la France. Il souhaite qu’on arrête cela. Il exhorte le président du CMT, le général Mahamat Idriss Deby à cesser ce comportement belliqueux qui est contre les intérêts tchadiens.

À la question de savoir si l’ancien président Bozizé est un réfugié politique au Tchad, le défenseur des droits humains est ferme. C’est non, dit-il. Selon lui, Bozizé était sur-le-champ de bataille, c’est lui qui coordonnait la rébellion centrafricaine. Il ajoute que c’est parce qu’il a échoué qu’il a pris fuite pour se réfugier au Tchad. En plus du général déchu, il y a plusieurs autres officiers rebelles dans la capitale tchadienne.

Le président d’honneur de la LTDH estime que la France doit tirer des leçons de ce qui se passe au Mali, ça viendra un jour au Tchad, au Cameroun et dans les autres pays francophones. « La France a intérêt à se ressaisir. Les mauvais coups des dirigeants pour le compte de la France doivent cesser. Ces dirigeants doivent respecter leur peuple et s’ils ne respectent pas leur peuple, un jour le peuple va les mettre dans la rue », dit-il. Pour lui, les Africains doivent prendre conscience aujourd’hui ou jamais.

Jules Doukoundjé

Le dépistage gratuit du cancer du sein est lancé le 8 et prendra fin le 13 novembre. C’est le Programme National de Lutte contre le Cancer PNLC qui est le maître d’œuvre. Il s’est déroulé à l’hôpital Tchad-Chine dans le 8e arrondissement de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne. Ce dépistage  est organisé dans le but de dépister gratuitement 2000 femmes de la capitale. À la fin de la semaine dédiée, l’objectif fixé par le programme n’a pas été atteint. Reportage

Le dépistage gratuit du cancer du sein a bouclé le mois d’octobre déclaré mois rose lancé par le Programme National de Lutte contre le Cancer. Selon l’objectif fixé par cette campagne, 2000 femmes devraient être dépistées. À la fin des activités ce 13 novembre, les organisateurs notent que la cible prévue est loin d’atteindre d’être atteinte. 306 femmes seulement ont été testées. Parmi lesquelles, on note 45 cas suspects. Deux des cas suspects ont déjà été opérés par le passé. Comme l’objectif fixé n’est pas atteint, le dépistage est repoussé jusqu’au 26 novembre prochain.

Cette fois-ci avec une décentralisation à la maternité et les consultations externes de l’hôpital Tchad-Chine. Le dépistage se fera aussi dans les centres de santé, les districts et hôpitaux de la capitale. Pour la chargée de la prévention et de l’éducation du Programme National de Lutte contre le Cancer Kaltouma Ramadane, l’objectif n’est pas atteint. Toutefois, elle se félicite du travail abattu par son équipe qui a pu dépister plus de 300 femmes. Elle précise que les femmes suspectes du cancer seront contactées pour une prise en charge médicale. C’est-à-dire faire des examens par échographie seront pris totalement en charge par le programme. « Ce sont ces examens qui vont déterminer définitivement si ces femmes ont le cancer du sein ou pas. Sinon la palpation mammaire à elle seule ne peut pas tirer des conclusions ». Affirme la chargée de prévention et l’éducation à la santé maternelle.

Selon madame Ramadane, vaut mieux prévenir que guérir. Surtout pour le cas du cancer du sein ou la guérison totale n’est plus possible quand il est détecté tardivement. Elle conseille aux femmes de faire le dépistage du cancer du sein quand elles sont en bonne santé. « Les femmes sont appelées à se dépister tous les mois si possible pour espérer être guéries en cas de cancer. Sinon, quand elles se présentent avec un sein déjà mal au point, on ne peut plus parler de la guérison», ajoute-t-elle. De son avis, c’est d’ailleurs pour donner la chance à ces dernières de se rattraper que le programme a prolongé le dépistage. Elle lance un appel à toutes les femmes de plus de 30 ans de venir dans les districts, centres de santé et hôpitaux les plus proches pour se faire le dépistage. Les activités marquant octobre rose vont se poursuivre dans les provinces quand le pays va accueillir son centre de prise en charge du cancer en 2022 affirme madame Kaltouma.

Kouladoum Mireille Modestine

Un gendarme en faction à l’hôpital de l’Union au quartier Chagoua dans le 7e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne a failli se faire tuer ce 11 novembre 2021. Selon le médecin-chef de district de cet hôpital joint au téléphone, un prisonnier de la maison d’arrêt de Klessoum malade référé à leur service qui s’évadait à l’aide de ses complices a tiré à bout portant sur cet agent de sécurité. Reportage.

Selon Besso Ernest, médecin-chef de district de l’hôpital de l’union, c’est un prisonnier de la maison d’arrêt de Klessoum malade référé à l’hôpital de l’Union au quartier Chagoua qui s’est évadé grâce à ses complices à bord d’une motocyclette. Il était armé et a failli tuer le gendarme en faction, dit-il. Il a tiré à bout portant sur le gendarme avant de s’enfuir.

Le médecin-chef de district (MCD) affirme qu’il y avait 3 prisonniers malades référés par le centre de santé de Klessoum pour une prise en charge. Une fois arrivée précise le médecin, leurs services les ont consultés et leur ont demandé un faire des examens. D’après Dr Besso Ernest, l’intervalle entre le temps des examens, l’un d’entre eux a appelé ses parents. 2 individus sont arrivés sur une motocyclette. Selon le médecin-chef, ils sont venus remettre de l’argent aux malades pour s’acquitter de leurs certificats médicaux. « C’est à ce moment-là qu’ils ont donné une arme à feu. Il a ensuite tiré sur le gendarme qui assurait la garde. Il s’est caché derrière un véhicule. Il y a eu un attroupement, le gendarme ne pouvait pas riposter, il a choisi de faire un tir de sommation », témoigne Dr Besso Ernest. Après dit-il, la sécurité a pris l’ambulance pour les pourchasser sans les retrouver. Toutefois, ils ont réussi quand même à prendre un de leurs parents.

Dr Besso Ernest soutient que les gendarmes ont appelé du renfort qui est venu de Klessoum. Il souligne que, comme ce ne sont pas de cas grave, il leur a recommandé de les ramener au centre de santé de Klessoum. « On a eu plusieurs échanges avec les responsables de centre de santé. On leur disait que c’est leur droit de référer les malades pour recevoir des soins. Mais il faut qu’on nous informe bien avant pour prendre de précautions nécessaires. Or ça n’a pas été le cas pour ce référencement », explique le médecin.

Dr Besso Ernest regrette ce qui s’est passé et impute cela au manque de communication. Selon lui, si le district a été informé d’avance, une fois la consultation finie, automatiquement s’en suivraient les prélèvements pour les examens. « Et ce ne serait qu’après qu’on va les appeler pour les résultats ».

Moyalbaye Nadjasna

Le syndicat des enseignants du Tchad (SET), sèche les cours pour 3 jours sur toute l’étendue du territoire national pour protester contre l’assassinat du surveillant du complexe scolaire Lycée Toumaï, Ismail Alhadj Koulbo par un élève de la classe de 3e. Le SET appelle l’État à prendre ses responsabilités. Reportage. 

Le Syndicat des enseignants du Tchad (SET) n’est pas content de la violence faite sur sa corporation. Chaque année, beaucoup d’enseignants sont victimes de violences, et parfois ces violences conduisent à la mort. C’est le cas du jeune surveillant du Lycée Toumaï, Ismail Alhadj Koulbo, mort poignardé par son élève de la classe de 3e,  le 10 novembre dernier. Pour mettre fin à ces tueries macabres, le SET décide de sécher les cours pendant 3 jours, à compter du vendredi 13 jusqu’au lundi 15 novembre dans tout le pays.

Pour le secrétaire général du SET, Mbaïrisse Ngartoïdé Blaise, l’acte posé par cet élève vient s’ajouter au nombre des enseignants qui ont été assassinés par des élèves ou par des parents. « Nous travaillons dans les conditions les plus difficiles, surtout les enseignants du Tchad. Et dans ces conditions, notre sécurité n’est pas assurée par l’État. C’est ce qui explique l’assassinat de notre collègue », dit-il.  Selon lui, il faut une grande réflexion, parce qu’on ne peut pas continuer à assassiner les enseignants. Le syndicaliste impute la responsabilité de ces violences aux parents d’élève qui refusent de suivre leurs enfants. Selon lui, au Tchad, les parents méprisent les enseignants. À son avis, ce mépris a fait que les élèves ne respectent pas les enseignants.

Le secrétaire du SET estime que l’école est considérée comme le socle de développement. On doit y porter une attention particulière et à la sécurité des enseignants. « Nous avons décidé d’une grève de 3 jours qui commence déjà à partir d’aujourd’hui sur l’ensemble du territoire pour exprimer notre désolation, notre indignation vis-à-vis d’un pouvoir qui n’assure pas la sécurité de ses agents », explique Mbaïrisse Ngartoïdé Blaise. Il affirme que depuis les évènements de 1979, les parents peinent à donner une bonne éducation pour la cohésion sociale. Le SET compte demander à l’État que cet élève soit condamné à mort pour que les autres élèves comprennent que désormais, ils ne peuvent pas porter leurs mains sur des enseignants.

Au sujet de problème de changement d’établissement, le SG précise qu’à l’époque, si un élève est renvoyé d’une école, il ne pourra pas s’inscrire dans une autre école. Il a par ailleurs déploré que de nos jours, la corruption gangrène le système éducatif tchadien. À son avis, l’assassin du surveillant du lycée Toumaï est un perturbateur récidiviste connu de tous.

Abondant dans le même sens, Baldé Kouagou, formateur, professeur de l’enseignement normal et membre du bureau SET, c’est horrible de voir un de vos fils vous assassiner. Pour lui, les parents doivent éduquer leurs enfants de manière à ce qu’ils soient pacifiques avec les autres. Il exhorte les parents à prendre leur responsabilité. Il évoque la création anarchique des écoles privées qui seraient à l’origine de certaines violences dont sont victimes les enseignants. Selon lui, ces écoles sont à la recherche d’argent et peuvent recruter n’importe quel élève pourvu que l’élève paye.  Même son de cloche pour Youssouf Mahamout Dialla, professeur d’arabe. Pour cet enseignant, ce qui s’est passé est indescriptible, on ne peut pas l’imaginer. Le professeur dit qu’un enseignant tué par son élève, c’est ignoble.

L’assassinat du jeune surveillant du lycée Toumaï, Ismail Alhadj Koulbo est considéré par le syndicat des enseignants du Tchad comme la goutte de trop. Si rien n’est fait par les autorités responsables de l’éducation nationale pour y mettre fin, les enseignants vont prendre des mesures draconiennes pour leur sécurité. Le secrétaire général provincial du SET, du Mayo-Kebbi Est, Boudouna Kadj, que la rédaction a rencontré au siège national du SET à N’Djamena déplore ce douloureux évènement. Selon lui, l’enseignant, c’est le père, ôter la vie d’un enseignant dans un pays qui se veut un État de droit est inadmissible. Le responsable provincial du SET exhorte les hautes autorités à protéger les enseignants.

Jules Doukoundjé

Le conseil de l’Ordre des avocats du Tchad (COAT) boude le rapport final des travaux du pré-dialogue pour la province de N’Djamena. Au cours d’une réunion organisée, le 8 novembre passé dans leur bureau au 8e arrondissement de la capitale tchadienne, le barreau tire une sonnette d’alarme. Reportage.

Les avocats tchadiens s’insurgent contre le rapport final des travaux du pré-dialogue pour la ville de N’Djamena tenu du 5 au 7 novembre dernier. Ce 8 novembre 2021, le COAT se dit indigner que, pour la forme de l’État, le document final opte pour l’État unitaire décentralisé. Le barreau déclare que c’est une manigance et une manipulation très grave. Selon le COAT, dans le rapport de groupe sur la thématique 2 « forme de l’État, constitution, etc. », aucune forme d’État n’a été retenue. Le barreau précise que cela est dû aux divergences des points de vue, très marqués. « Il avait simplement été recommandé de soumettre la question de la forme de l’État au referendum. Cette recommandation a été validée par la plénière », indiquent les avocats.

Pour les défenseurs des droits humains, ils se sont engagés à fond comme membres du présidium et comme rapporteurs lors du pré-dialogue de N’Djamena. Mais le COAT dit faire des constats amers dans les groupes qui ont travaillé sur, « les thématiques traitant de la forme de l’État, la constitution, les réformes institutionnelles, processus électoral et droits humains et libertés fondamentaux. » D’après les avocats, ce qui a motivé leur engagement c’est le souci d’un Tchad nouveau pour un véritable État de droit, gage du respect des droits humains.

Le barreau demande que le dialogue à venir soit réellement inclusif. Il soutient que pour satisfaire aux attentes aux Tchadiens après le DNI, les avis des citoyens doivent être recueillis avec objectivité sans des manipulations politiciennes. Le COAT s’inquiète de l’élan actuel des choses et craint fort que le dialogue à venir ne soit qu’une formalité sans issue. Le Barreau affirme qu’il est encore temps de rectifier les tirs afin que cette importante assise tienne toutes ses promesses.

« Tant dans le choix des participants, tant dans la conduite des débats, tant dans la prise des résolutions, ainsi que leur mise en œuvre. C’est seulement à ces conditions que le futur dialogue pacifiera les Tchadiens et jettera les bases d’un État de droit que nous appelons de tous nos vœux », conclut le conseil de l’Ordre des avocats du Tchad.

Moyalbaye Nadjasna

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