DT

DT

Biographie du Président de la République (source site officiel de la présidence)

IDRISS DEBY ITNO est né en 1952 à Berdoba ( B.E.T ). ll entre à l’école Française à Fada, après avoir fréquenté l’Ecole Coranique de Tiné. Ses études le mènent ensuite au Lycée Franco-Arabe d’Abéché et au Lycée Jacques Moudeina de Bongor. Titulaire d’un Baccalauréat Scientifique, il entame sa formation militaire à l’Ecole des Officiers d’Active de N’Djaména (Promotion 1975-1976) avant d’entrer à l’Institut Aéronautique d’Amaury la Grange de Hazebruk (France). Devenu Pilote de transport, diplômé parachutiste, il retrouve le pays en pleine ébullition après les combats de Février 1979.


Ses qualités militaires sont remarquées rapidement sur le terrain, ce qui lui vaut d’être désigné en 1980 Chef d’Etat-major des Forces Armées du Nord (F.A.N.). Quand celles-ci prennent le contrôle de la capitale, IDRISS DEBY ITNO est à la tête de la première colonne qui entre dans N’Djaména.

Commandant en Chef de l’Armée, IDRISS DEBY ITNO a été également membre du Conseil de Commandement des Forces Armées du Nord (C.C.F.A.N.). Promu au grade de Colonel, il se rend en France où il suit les cours de l’Ecole Supérieure de Guerre Inter-Armées (1986-1987). 

De retour au Tchad, il est nommé Conseiller à la Présidence de la République chargé de la défense et de la sécurité, et en même temps, Commissaire aux Armées, puis à la Sécurité au sein du Bureau Exécutif du Comité Central de l’Union Nationale pour l’Indépendance et la Révolution (U.N.I.R.), le parti au pouvoir d’alors.

Le 1er Avril 1989, en désaccord avec HISSEIN HABRE, IDRISS DEBY ITNO et quelques compagnons décident de quitter N’Djaména en direction de l’Est. Le chemin est périlleux ; la petite colonne doit livrer plusieurs batailles en situation d’infériorité numérique et matérielle. Seul IDRISS DEBY ITNO parvient au Soudan. Les Survivants créent « l’Action du 1er Avril » qui s’unit à d’autres formations en lutte contre la dictature pour former en Mars 1990 le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Au terme d’une fulgurante offensive, IDRISS DEBY ITNO et ses hommes boutent HISSEIN HABRE hors du pays le 1er décembre de la même année.

Président du Mouvement Patriotique du Salut depuis sa création, IDRISS DEBY ITNO est porté à la Présidence du Conseil d’Etat dès la victoire des Forces Patriotiques (04 Décembre 1990), puis désigné Président de la République le 28 Février 1991 à l’adoption de la Charte Nationale. Promu Général de Corps d’Armée le 21 Février 1995, IDRISS DEBY ITNO a été investi Président de la République le 08 Août 1996 à l’issue des premières élections pluralistes au Tchad. 

A la fin d’un premier quinquennat bien rempli, le Président sollicite et obtient du Peuple tchadien le 20 mai 2001 un second mandat de cinq ans. Il est investi Président de la République du Tchad le 08 Août 2001. 

Le 03 mai 2006, après avoir su mener une véritable politique de développement socio-économique et de lutte contre la pauvreté, IDRISS DEBY ITNO, est réélu une troisième fois à la magistrature suprême pour un nouveau quinquennat.

Son engagement pour l’instauration d’un Etat de droit et de démocratie a été auréolé par un Prix Européen. Le 20 Avril 1991, le Président IDRISS DEBY ITNO a en effet reçu le Prix Européen UMBERTO BIANCAMANO. 

Le Président IDRISS DEBY ITNO a reçu par ailleurs plusieurs autres distinctions honorifiques. C'est ainsi qu'il a été prôné "Artisan de la paix" par le Conseil supérieur des Affaires islamiques le 10 Mars 2010 
Il a été fait Commandeur de l'ordre international des Palmes Académiques par le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) le 7 Mai 2010.

IDRISS DEBY ITNO a reçu également la "Médaille Paul Harris Fellow" du Rotray Club le 9 Juin 2010.

L'Union des étudiants et la jeunesse de la CEN-SAD lui a décerné le 8 Juillet 2010 le "Prix pour la stabilité et le développement".
Rotary International a remis au Chef de l'Etat IDRISS DEBY ITNO le "Prix champion de l'éradication de la polio " le 08 Aout 2010 à NDjamena. 

Pour couronner son engagement et ses multiples actions en faveur de la jeunesse, le Président IDRISS DEBY ITNO a été fait "Docteur honoris causa" le 05 octobre 2010 par l'Université Roi Fayçal.


Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reçu également le diplôme de DOCTEUR HONORIS CAUSA de l’Université d’Abomey Calavi le 7 Juillet 2011, titre qui lui a été décerné par le conseil scientifique de l’Université d’Abomey Calavi (UAC). 

Elevé au rang de Président d’honneur de la Fédération africaine des associations des parents d’élèves et étudiants (FAPE) et désigné comme meilleur parent d’élève africain, le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO a reçu le 25 Avril 2012, la médaille d’or et le diplôme d’honneur de ladite organisation des parents d’élèves et étudiants africains. Cette distinction honorifique de la FAPE vise à saluer les efforts consentis par le Tchad, dans le domaine de l’éducation. 

Il a été élevé le 5 Mai 2012, à la Dignité de Grand Croix de l’Ordre national de la République centrafricaine, symbole d’un geste de reconnaissance à son endroit. 

Le 17 Mai 2013, le Journal sénégalais « NOUVEL HORIZON » de Dakar décerne au Président de la République IDRISS DEBY ITNO le prix « SEDAR SPECIAL » pour son engagement pour la cause de son pays et celle du continent tout entier mais aussi pour son leadership et sa vision pan-africaniste. Le prix « SEDAR SPECIAL » lui a été décerné à Dakar, à l’occasion de la 10ème édition des SEDAR, du nom de l’ancien Président sénégalais feu Léopold Sédar Senghor. 

Le 22 Juillet 2013, au cours d’une cérémonie solennelle au Palais présidentiel à N’Djamena, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a été élevé à la dignité suprême de Grand-croix de l’Ordre international des Palmes Académiques (OIPA) du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). 

La dignité suprême de Grand-croix de l’OIPA/CAMES est attribuée au Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO en marge de la 35ème session des comités consultatifs interafricains du CAMES tenue à N’Djamena du 15 au 23 Juillet 2013. 

Cette distinction honorifique du CAMES, la deuxième du genre, au Président IDRISS DEBY ITNO, vient ainsi couronner son engagement et ses efforts dans le domaine de l’Enseignement supérieur en particulier et du développement de son pays, en général.

Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a présidé aux destinées des organisations régionales et sous-régionales à savoir : l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), la Commission du Bassin du Lac-Tchad (CBLT), le Comité Inter-permanent de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), la Communauté Économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC).

Il assure la présidence de la Communauté économique des Etats sahélo-saharien (CEN-SAD) et la présidence du Groupe G5 Sahel en charge des questions sécuritaires dans le Sahel.

Le 30 janvier 2016, IDRISS DEBY ITNO, grand défenseur de la paix et de la sécurité a été désigné par ses pairs à Addis-Abeba en Ethiopie lors du 26ème sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA) pour assurer, la présidence tournante de l’Organisation panafricaine. Un  grand honneur pour le Tchad.

Comme dans tous les Etats indépendants, la promotion de la jeunesse et le développement du sport figurent en bonne place dans les programmes d’actions du gouvernement. Au Tchad le sport n’est plus une simple activité de distraction mais un ferment de l’unité nationale et un instrument d’exaltation du patriotisme. Il n’existe pas un sport mineur et un sport majeur car toutes les disciplines sportives contribuent à l’épanouissement de ceux qui les pratiquent. Le mouvement sportif tchadien est organisé à travers les associations et les fédérations. On compte actuellement 19 fédérations sportives au Tchad. Ces fédérations représentent les disciplines olympiques.

C’est en 1965 que le Tchad est devenu membre du Comité International Olympique (CIO). L e Comité Sportif  Olympique Tchadien ( COST) a été créé le.

Le mouvement sportif national est bien organisé mais force est de constater que le hasard, la navigation à vue pénalisent sérieusement le mouvement sportif tchadien et ne favorisent pas l’éclosion des talents et pourtant le Tchad regorge de talents dans toutes les disciplines sportives. 

En football, même si le onze national, les Sao du Tchad, connait une évolution en dents de scie, des individualités ont permis au Tchad de se faire connaitre. Japhet N’doram, véritable gloire du football appelé « le sorcier de la Beaujoire » a marqué 73 buts en 8 saisons avec le Football Club de Nantes. Il a fait ses armes à Tourbillon (Tchad) et au TKC (Cameroun) avant de s’envoler pour la France où il a fait les beaux jours du FC Nantes. Nommé capitaine de l’équipe pour la saison 1990-1991, il devient double champion de France avec son club. N’doram a aussi été sociétaire du FC Monaco. L’international tchadien qui a raccroché ses crampons aide aujourd’hui le football tchadien à sortir de l’ornière.

L’histoire du football tchadien est également marquée par le nom de Nambatigué Toko. Dans les années 1980, ce grand footballeur tchadien qui a débuté dans l’équipe Yal-tchad de N’Djaména a connu la gloire sous le maillot du mythique Paris Saint-Germain. Il a été double vainqueur de la coupe de France de première division en 1981 et en 1982 avec le club parisien.

Aujourd’hui, de jeunes talents éclosent depuis quelques années et tentent de tracer leur voie. C’est le cas de Marius Mbayam ou encore de Mahamat Azarack qui évolue en première division espagnole avec l’Espagnole de Barcelone. Rien qu’en France entre la Ligue 1, Ligue 2,  jusqu’au National 3, pas moins de 7 joueurs tchadiens évoluent. Nous citons entre autres C. Ninga, S.Altama, Mohamed Soumaila, N. Mbaiam, L. Wadar, C. Ninga, S. Altama, etc… D’autres jeunes footballeurs tchadiens évoluent un peu partout dans le monde notamment en Belgique, en Suisse, en Arabie Saoudite, en Indonésie, au Qatar Gabon et au Cameroun.

L’athlétisme tchadien aussi a connu des jours heureux avec Idriss Mahamat Ouya, un athlète hors pairs, qui a d’abord couru pour la France en remportant les championnats nationaux français de 1960 et 1961. Ahmed Issa, champion de 800m français. On peut citer entre autres Alladjaba, Yanyanbal, Alladoum Boulot. Nous avons aussi le sauteur Paul Ngadjadoum qui s’est illustré par un saut record de 2m17 obtenu au championnat d’Afrique d’Alger en 1977, Djimassal Kemobé champion d’Afrique centrale en triple saut et saut en longueur à Luanda (Angola) en 1981.

On n’oublie pas « la gazelle tchadienne » Kaltouma Nadjina, double médaillée d’or aux jeux de la Francophonie en 2004 et en 2008.

La jeune judoka Carine Ngarlemdana a été championne à 16 ans seulement. Elle est quadruple championne du Tchad, vice-championne d’Afrique centrale et médaillée d’or au tournoi de judo du Gabon.

Au basketball aussi, des Tchadiens se sont illustrés. Miambé Mbaitir, meilleur marqueur au championnat de Basketball d’Afrique centrale en 1977. Abdel-Aziz Boukar (devenu Angolais depuis 2001) a été plusieurs fois champion d’Angola, d’Afrique et champion aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Beaucoup de jeunes évoluent aux Etats-Unis, en Europe et un peu partout en Afrique. En 2007, Dounia Issa a été le premier joueur d’origine tchadienne à être sélectionné pour le « All Star Game français ». Abakar Martoussia a gagné en 2010 la coupe d’Algérie avec son club le Trèfle de Blida.

Le Tchad est aux trois-quarts rural. L'agriculture et l'élevage du bétail sont les activités dominantes. La mise en exploitation des gisements pétroliers depuis 2003 a été très encadrée par la Banque mondiale. Elle pourrait avoir des effets importants sur l'économie tchadienne. Dès 2004, le pétrole représentait plus de 80 % des exportations nationales, permettant à la balance commerciale de devenir nettement excédentaire.

Au mois de mai 2012, Idriss Déby lance une vaste opération anti-corruption dans le pays, baptisée « opération Cobra ». L’État perd alors un montant estimé à 300 milliards de francs CFA (soit 460 millions d'euros) par an à cause de détournements d'argent public. Le but est de sécuriser les circuits de recettes et de dépenses et de contrôler les procédures de préparation, de passation et d'exécution des marchés publics. Après un an et 23 missions de contrôles effectuées à N'Djaména et 22 en province, environ 25 milliards de francs CFA ont été recouvrés.

En 2015, alors qu'Idriss Déby développe depuis plusieurs années une politique de diversification de l'économie tchadienne, les ressources pétrolières représente 20 % du PIB. Le commerce associé au secteur des transports pèse plus lourd et représente 22 % du PIB. L'Africa Performance Index (API), qui évalue le développement économique des pays Africains membres de la zone, place alors le Tchad au pied de son podium et souligne que « l'amélioration de l'orientation budgétaire du pays et les mesures significatives de réduction de la dette (…) ont permis à la machine économique et financière du Tchad d'opérer dans le bon sens »4. La croissance du pays en 2015 est estimée à 7,6 % selon le FMI, soit l'un des taux les plus importants du continent avec le Nigeria.

Alors que l'exploitation d'hydrocarbures a permis au Tchad de générer en dix ans plus de 10 milliards de dollars, Idriss Déby investit notamment dans le rattrapage du pays en termes d'infrastructures afin d'attirer les investissements. Une dynamique illustrée par la construction de la Cité internationale des affaires, à N'Djaména, pour un coût total de 366 millions d'euros.

Idriss Déby ouvre également le pays aux capitaux étrangers, en particulier ceux venant de Chine. Selon le chargé des affaires de l'ambassade de Chine, qui rappelle que le Tchad et la Chine développent leurs relations économiques depuis dix ans, « la coopération économique et commerciale se développe progressivement et les échanges humains et culturels s'intensifient ». Plusieurs grands chantiers sont menés au Tchad par des groupes chinois : la raffinerie de Djarmaya, la cimenterie de Baoré, le Palais de la Démocratie (siège de l'Assemblée nationale), l'Hôpital de la liberté et la Maison de la Femme.

Le 14 décembre 2015, le FMI, désireux « d'épauler le pays dans la poursuite de ses efforts », approuve le déblocage de 28,7 millions de dollars d'aide au développement au Tchad.

Wikipédia®

Les chefs d’Etat du Tchad (1960-2019)

En cinquante ans d’indépendance, le Tchad a été successivement dirigé par six chefs d’Etat.

NGARTA TOMBALBAYE
François Ngarta Tombalbaye est né vers 1918 à Bessada (Moyen-Chari). Devenu moniteur de l’enseignement. Il est muté à Fort-Archambault en novembre 1946. A Fort-Archambault, il devient un militant très actif du Parti Progressiste Tchadien (PPT). 1952 : élu conseiller à l’Assemblée locale (1952-1957) puis à l’Assemblée territoriale (1957-1959) et en même temps Grand conseiller de l’Afrique Equatoriale Française, il est désigné Premier ministre le 26 mars 1959. C’est lui qui a proclamé l’indépendance du Tchad le 11 août 1960. En 1962, il est élu Président de la République. Dès 1963, des tensions éclatent aussi bien dans la capitale. Le mouvement rebelle, le Front de Libération Nationale du Tchad (FROLINAT) sera créé par des mécontents et des dissidents du régime. Réélu en juillet 1969. Le 13 avril 1975 un coup d’Etat met fin à sa vie.

FELIX MALLOUM NGAKOUTOU BEY-NDI
Le général Félix Malloum Ngakoutou Bey-Ndi est né le 10 septembre 1932 à Fort-Archambault. En juillet 1960, il est reversé dans l’armée tchadienne naissante (1962) avec le grade de sous-lieutenant. C’est après le coup d’Etat du 13 avril 1975 qu’il a été libéré par les jeunes officiers et hissé à la tête de l’Etat. Il a dirigé le pays entre 1975 et 1979.

LOL MAHAMAT CHOUA
Né en 1939 à Mao, Lol Mahamat Choua a fait une longue carrière à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) de 1965 à 1979. Il est diplômé de l’Institut International d’Administration Publique de Paris (IIAP) en 1973 et de l’Institut des Relations Internationales de Paris en 1982. C’est en 1979 qu’il est apparu au-devant de la scène lorsque les chefs des tendances politico-militaires l’ont désigné (avril) pour former le premier Gouvernement d’Union Nationale de Transition (GUNT). Il n’est resté en fonction que pendant une courte période (4 mois).

GOUKOUNI OUEDDEY
Goukouni Oueddeye est le fils du Derdéï Oueddeye Kochidémi, chef coutumier et spirituel des Toubou. Il est né en 1944 à Zouar, dans le Tibesti. En février 1979, lors de l’éclatement de la guerre civile, il n’hésite pas à voler au secours de Habré. Le 23 mars 1979, au lendemain de la conférence de Kano I, il est désigné Président du Conseil d’Etat provisoire de la République. L’année suivante, il est chassé du pouvoir (7 juin 1982) par Hissein Habré.

HISSEIN HABRE
Né en 1942 à Faya où il a effectué ses études primaires, Hissein Habré devient secrétaire d’administration dès 1958. Le 7 juin 1982, il chasse Goukouni du pouvoir. Chassé à son tour du pouvoir par Idriss Déby Itno en décembre 1990, il s’est réfugié au Sénégal. Inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture, Hissein Habré est condamné à la prison à perpétuité en appel en 2017.

IDRISS DEBY ITNO
Idriss Déby Itno est né en 1952 à Berdoba, dans l’Ennedi. Après l’école coranique à Tiné puis l’école française à Fada, ses études secondaires le mènent à Abéché puis à Bongor. Titulaire d’un baccalauréat technique, il entame sa formation militaire à l’école des officiers de N’Djaména (promotion 1975-1976) avant d’entrer à l’Institut aéronautique d’Amaury la Grange de Hazebrouck (France) d’où il sort pilote de transport et parachutiste. En 1979, il retrouve le pays divisé par la guerre civile. Il est nommé chef d’état-major adjoint des Forces Armées du Nord en 1980.

Promu au grade de colonel, il suit les cours de l’Ecole Supérieure de Guerre Inter-Armes de France (1986-1987). De retour au Tchad, il est nommé conseiller à la Présidence de la République chargé de la Défense et de la Sécurité et en même temps commissaire aux armées, puis commissaire à la sécurité au sein du Bureau Exécutif du Comité central de l’Union National pour l’Indépendance et la Révolution, parti unique au pouvoir.

Le 1er avril 1989, s’opposant aux dérives dictatoriales de Hissein Habré, Idriss Déby, Hassan Djamouss et Brahim Itno décident de quitter N’Djaména en direction de l’Est, alors que Brahim Mahamat Itno est arrêté à N’Djaména par le dictateur. Au cours de leur sortie, Hassan Djamouss est tombé au cours des combats. Renforcés par d’autres mouvements hostiles au régime Habré, les survivants forment en mars 1990, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Au terme d’une offensive fulgurante, les Forces patriotiques du MPS renversent le régime dictatorial de Hissein Habré le 1er décembre 1990. Le colonel Idriss Déby est alors désigné Président du Conseil d’Etat, chef de l’Etat en décembre 1990 puis Président de la République par le Conseil National du Salut du MPS (4 mars 1991).

Avec son avènement au pouvoir s’ouvre une ère nouvelle : celle de la démocratie. Il a été élu Président de la République en 1996 puis réélu en 2001, en 2006, 2011 et en 2016.

Les grandes figures politiques du Tchad des années 50-60

Peu avant l’accession à l’indépendance et au cours des années 60, la vie politique tchadienne était dominée par quelques figures avec lesquelles il convient de faire connaissance à l’occasion du cinquantenaire. La liste ci-dessous n’est que sélective.

LISETTE GABRIEL
Vice-président du Conseil de Gouvernement (1957-1958). Premier Ministre, chef du Gouvernement provisoire (déc. 1958- fév. 1959)
Gabriel Francesco Lisette est né le 2 février 1919 à Puerto Bello au Panama, de parents Guadeloupéens. Après sa formation à l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer (ENFOM) de Paris d’où il est sorti en 1944 avec un diplôme d’administrateur. Il arrive au Tchad en 1946 pour occuper le poste d’adjoint au chef de région du Logone. Il se lance alors dans la vie politique locale, poussé par ses amis Tchadiens. Il bat facilement le colonel de Boissoudy aux élections législatives de 1946. L’année suivante, il crée le Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement Démocratique Africain dont il restera le chef incontesté jusqu’en 1960. Au cours de sa brillante carrière politique, il a alterné des postes, tantôt en métropole tantôt au Tchad. En 1956, il est élu maire de Fort-Lamy. En 1957, au lendemain de la victoire du PPT aux élections à l’Assemblée locale, il est chargé de former le premier conseil de gouvernement du Tchad (13 mai), puis le premier gouvernement provisoire de la jeune République du Tchad (décembre 1958). Mais en février 1959, son gouvernement est renversé par une alliance regroupant des élites du Nord, du Mayo-Kebbi et des conseillers blancs. Hormis le gouvernement de Sahoulba Gontchomé, il participera en tant que ministre aux gouvernements de Ahmed Koulamallah (mars 1959) et aux deux premiers gouvernements de François Tombalbaye (mars-août 1959). Sa carrière politique sera interrompue par François Tombalbaye. Le 24 août 1960, alors qu’il se trouve en mission en Israël.

GONTCHOME SAHOULBA
Président de l’Assemblée législative du Tchad (1957-1959). Premier ministre, chef du gouvernement provisoire (10 fév.-11 mars1959)

Né le 16 octobre 1916, Sahoulba Gontchomé a été intronisé 13ème Gon (chef traditionnel des Moundang) le 1er mai 1946. Il cumulait cette fonction avec celui de chef de canton de Léré. Sa carrière politique a commencé en 1946. Elu au Conseil représentatif (1946) puis réélu conseiller en 1952 sous la bannière de l’UDT, il sera élu successivement conseiller de la République française en 1955 puis président de l’Action Sociale Tchadienne (AST). En 1957, Sahoulba signe avec Gabriel Lisette une alliance électorale et se fait élire à l’Assemblée territoriale dont il devient le président le 13 mai 195. La même année, il quitte l’AST pour créer son propre parti politique : le Groupement des Indépendants et Ruraux du Tchad (GIRT). En janvier 1959, il noue une alliance circonstancielle avec l’UST de Koulamallah pour renverser Gabriel Lisette le 10 février. Il devient lui-même Premier ministre pour un mois (10 février - 11 mars). Ahmed koulamallah qui lui a succédé l’appelle dans son cabinet en qualité de ministre. Dix jours plus tard, le gouvernement de Koulamallah tombe. Tombalbaye lui succède. Sahoulba lui, conserve son poste dans le gouvernement jusqu’en juin 1959. A partir de ce moment, il se retire du devant de la scène politique et se fait discret. De 1960 à 1963, il est nommé consul général du Tchad à Yaoundé. Il est décédé le 3 novembre 1963.

KOULAMALLAH AHMED
Premier ministre, chef du gouvernement provisoire (12 au 24 mars 1959)
Né en 1912 à Massenya, marabout puis commerçant, Ahmed Koulamallah est un descendant de l’aristocratie baguirmienne. Avant son entrée en politique en 1945, il a aussi été représentant du sultan Youssouf du Baguirmi à Fort-Lamy. Il a milité d’abord au sein de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT) dont il est l’un des fondateurs. Mais en 1950, suite à des mésententes avec ses amis de l’UDT, il crée avec l’aide d’Adoum Aganaye, un transfuge du PPT/RDA, le Parti Social Indépendant du Tchad (PSIT). Elu conseiller à l’Assemblée territoriale en 1952, il fonde en 1957 le Mouvement Socialiste Africain (MSA). La même année, le MSA est battu aux élections à l’Assemblée territoriale, mais suite à l’annulation des élections dans la circonscription du Chari-Baguirmi pour cause d’irrégularités, ce parti revient à l’Assemblée avec quatre conseillers en juin 1958. Intelligent, Ahmed Koulamallah réussit grâce aux quatre sièges du MSA à nouer et à dénouer des alliances suivant ses intérêts. Après avoir fait tomber les gouvernements Lisette puis Sahoulba dans lequel il était ministre d’Etat, il devient lui-même Premier ministre, mais seulement pour 11 jours. Le 24 mars, il est renversé à son tour et remplacé par François Tombalbaye. Aux élections législatives du 31 mai 1959, son parti est sanctionné par les électeurs. Il n’obtient aucun siège. Il devient alors un des chefs de file de l’opposition. Sous la présidence Tombalbaye, il a passé plus de temps en prison qu’en liberté.

ALLAHOU TAHER
Né en 1934 à Mao dans le Kanem, il est infirmier de formation. Il adhère au PPT/RDA en 1952. Elu conseiller à l’Assemblée territoriale en 1957 à 23 ans, son militantisme et ses qualités d’orateur ont fait de lui un des poids lourds du PPT. Il participe au gouvernement d’Ahmed Koulamallah comme secrétaire d’Etat. Après la chute du gouvernement de Koulamallah, Allahou Taher a joué un rôle déterminant dans la désignation de François Tombalbaye. Après le raz de marée électoral du PPT le 31 mai 1959, Taher est élu Président de l’Assemblée législative. C’est lui qui était aux côtés de François Tombalbaye le jour de la proclamation de l’indépendance, le 11 août 1960. Tombé peu après en disgrâce, il s’est exilé en 1963 au Congo-Léopoldville puis en Belgique. En 1968, avec l’accord de Tombalbaye, il regagne le pays et travaille comme magistrat. Mais en 1973, il est arrêté sous l’inculpation de collusion avec le Frolinat. Il est resté en prison jusqu’au putsch du 13 avril 1975.

ABBO NASSOUR
Al Hadj Abbo Nassour est le dernier descendant de la dynastie des sultans du Kapka évincée en 1936 par l’administration coloniale qui voulait grouper le Dar zaghawa sous l’autorité unique du sultan Haggar de Kobé. Né vers 1927 à Kapka, fils du dernier sultan Abdoulaye Sabre, Nassour porte le titre d’Abbo qui veut dire prince. Nanti d’un certificat d’études primaires, il a d’abord assumé la fonction de secrétaire du sultan d’Iriba. Le 31 mars 1957, il est élu conseiller à l’Assemblée territoriale sous la bannière de l’UDIT. De 1959 à 1963, il a occupé plusieurs postes ministériels. Il a été successivement ministre des Finances, ministre de l’Intérieur et ensuite ministre d’Etat chargé de la Fonction publique. Arrêté en mars 1963 pour sa participation au « complot du 22 mars », il est accusé avec d’autres d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat. Une cour criminelle spéciale le condamne à la peine de mort en juillet. Libéré en 1969 dans le cadre de la politique de réconciliation nationale, il est élu député en décembre. Elu président de l’Assemblée nationale le 30 décembre 1969, il restera à ce poste jusqu’à la chute du régime le 13 avril 1975. Emprisonné par les militaires après le coup d’Etat puis libéré quelques années plus tard, Abbo Nasour s’est retiré de la vie politique. Il a disparu en 1982 à l’entrée de Hissein Habré.

BABA HASSANE
De son vrai nom Mahamat Saleh, Baba Hassane est né le 25 janvier 1933 à Bongor. Il a fait ses études primaires et secondaires à Bongor. Après avoir travaillé successivement à la NSCKN (Nouvelle Société Commerciale du Kouilou-Niari), à la Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest (BIAO) puis à l’établissement Mustapha Gadémi, il est entré en politique en 1956. En novembre 1956 il est élu au conseil municipal de Fort-Lamy. Il est, en février 1957, un des membres fondateurs du M.S.A dont il devient Secrétaire Général. En mai 1957, Gabriel Lisette l’appelle dans le conseil de gouvernement sans consulter le bureau du MSA. Ayant accepté d’entrer au conseil de gouvernement en qualité de ministre des Affaires sociales, il est aussitôt exclu de son parti (17 mai). De 1959 à 1963, il a occupé plusieurs postes ministériels. En mars 1963, il est arrêté pour son implication dans le « complot du 22 mars ». Condamné à quinze ans de prison, il n’a été libéré qu’en 1971 à la faveur de la politique de réconciliation nationale. Il revient alors au gouvernement tout d’abord comme ministre des Affaires étrangères (1971-1973) puis comme ministre des Affaires coutumières (1973-1975). Baba Hassane est décédé en 1980 à Moscou alors qu’il représentait le Tchad comme ambassadeur auprès de l’Union soviétique.

DJIBRINE KHERALLAH
Djibrine Kherallah est né en 1926 à Ati. Il a d’abord été commis des Services Administratifs et Financiers (SAF) avant d’entrer en politique. Sa carrière politique commence en 1946 avec son élection au conseil représentatif. En 1957, il est élu conseiller à l’Assemblée territoriale. Il rejoint très vite Sahoulba Gontchomé et Ansot Jacques avec qui il fonde le GIRT. Il en devient président. Réélu en 1959 à l’Assemblée législative, il est membre du bureau et en même temps membre de la commission permanente. Durant sa carrière politique, Khérallah a été plusieurs fois ministre. En 1962, il se fait élire député sur la liste unique du PPT. Mais suite à son refus de rallier le PPT lors du congrès de l’unité tenu à Fort- Archambault en janvier 1963, il est de nouveau écarté du gouvernement le 6 mars 1963. Le 16 septembre 1963, il est arrêté pour sa participation à la manifestation sanglante qui a eu lieu devant son domicile. Détenu pendant 8 ans, il n’a été libéré qu’en 1971, il est nommé ministre d’Etat dans les trois derniers gouvernements de François Tombalbaye. Khérallah est décédé en 2003.

MARC DOUNIA
Marc Dounia est assistant sanitaire. Né le 17 avril 1916 à Koumra, il a fait ses études primaires à Fort- Archambault puis sa formation professionnelle à Brazzaville. Il est l’un des tout premiers militants du Parti Progressiste Tchadien. En 1946, il est élu au conseil représentatif. C’est le début d’une carrière politique qui va se poursuivre sans relâche : Grand Conseiller de l’A.E.F (1947), conseiller à l’Assemblée territoriale (1957), premier vice-président de l’Assemblée législative (1958), sénateur de la Communauté (1959). En 1962, il est élu brièvement Président de l’Assemblée nationale après la destitution de Ahmed Kotoko puis nommé ministre de l’Intérieur. En 1964, il est nommé ministre d’Etat chargé du Tourisme et des Parcs nationaux. En 1965, suite à la révolte des Moubi, il tombe en disgrâce et est assigné à résidence surveillée. Il revient cependant sur la scène politique en février 1967 comme membre du Bureau Politique National. En octobre 1968, il est nommé ministre délégué auprès du Parlement. Il conserve ce poste jusqu’en 1972. Au mois d’août de cette année, il est arrêté sous l’accusation de complot visant au renversement du régime et ne sera libéré qu’après la chute de Tombalbaye. Il est décédé le 6 mars 1979 à N’Djaména.

JEAN BAPTISTE
Jean-Baptiste est un métis franco - t c h a d i e n originaire de la région du B.E.T. Ancien combattant devenu commerçant, il est entré en politique en 1952. La même année, il est élu conseiller à l’Assemblée territoriale sous les couleurs de l’UDT. En 1953, il rallie l’UDIT de Rogué. En 1957, il se fait réélire à l’Assemblée territoriale grâce à l’alliance qu’il a conclue avec le PPT/RDA. Lors de la formation du premier conseil de gouvernement (mai 1957), Lisette le nomme ministre du Plan, du Paysannat et de la Coopération. En décembre 1958, il est nommé ministre de l’Economie dans le premier gouvernement provisoire de la République. Suite au regroupement de l’opposition dans le Parti National Africain (janvier 1960), Jean Baptiste qui en est devenu le président est limogé du gouvernement le 10 février 1960. En 1961, en raison du rapprochement entre le PNA et le PPT (création de l’Union pour le Progrès du Tchad), Jean-Baptiste est nommé maire de Fort-Lamy mais très vite accusé d’ourdir un complot contre le chef de l’Etat, il est démis de ses fonctions. En 1963, il est arrêté pour son implication dans la manifestation sanglante du 16 septembre. Il ne reparaîtra jamais.

TOURA NGABA
Jules-Pierre Toura Ngaba est né le 28 décembre 1920 à Maïbian près de Moïssala. Il a passé son enfance à Fort-Lamy et à Bongor. Instituteur de formation, il est entré en politique avec son élection au Conseil Représentatif. Il est l’un des fondateurs du PPT dont il devient le secrétaire général en 1950. Fidèle lieutenant de Gabriel Lisette, il est élu conseiller puis député sans discontinuer jusqu’en 1962. Il a aussi été le troisième adjoint au maire de Fort-Lamy et vice-président du PPT. Dans le conseil de gouvernement formé par Gabriel Lisette en mai 1957, il a occupé le poste de ministre de l’Agriculture et du Commerce. Depuis, il a appartenu aux cabinets successifs sauf à celui de Sahoulba. Après l’éviction de Gabriel Lisette, il a été nommé ministre des Affaires étrangères puis ministre des Travaux publics. Mais en juillet 1962, il tombe en disgrâce. François Tombalbaye l’accuse d’ourdir un complot contre lui et le fait déporter à Ounianga-Kebbir dans le B.E.T. Libéré en août 1965, il est nommé ambassadeur du Tchad en République Fédérale d’Allemagne en juin 1966. En 1974, il démissionne de ce poste. Il rallie le régime militaire après la chute de ce dernier et est nommé conseiller diplomatique à la Présidence. Toura Ngaba est décédé le 7 mars 1998 à N’Djaména.

La marche vers l’indépendance

 « Nous voici au seuil de l’indépendance. Dans quelques minutes, notre peuple aura gagné le droit de disposer de lui-même, le droit de choisir lui-même sa propre voie, le droit de figurer parmi le concert des nations, égal en dignité aux plus grandes. Nous sommes fiers et joyeux en cet instant unique. Nous sommes aussi résolus et décidés. Un peuple majeur se fait respecter, mais il n’oublie pas ses devoirs, devoir civique du travail et de la discipline, devoir d’honneur du respect des alliances et des amitiés. Une nouvelle journée va commencer. La République du Tchad souveraine, n’oubliera pas qu’elle est grande et qu’elle est belle. Elle n’oubliera pas ce qu’elle doit à la France et au général de Gaulle dont le noble message vient d’être lu par M. Malraux. Tchadiens, crions notre joie. Il est minuit. Je proclame solennellement que le Tchad est indépendant et souverain ! »  François Tombalbaye, le 11 août 1960

L’accession du Tchad à la souveraineté internationale n’est pas le fruit d’une lutte armée de libération comme au Cameroun ou en Algérie. A l’instar des autres Etats d’Afrique noire francophone, elle résulte d’un long processus de décolonisation dont les premiers jalons ont été posés à la Conférence de Brazzaville en 1944.

En 1946, deux ans après la conférence de Brazzaville de 1944, avec la promulgation de la Constitution du 27 octobre qui, en instituant l’Union française, a apporté des changements notables : citoyenneté et droit de vote, représentation des Territoires d’Outre-Mer (TOM) au parlement français et à l’Assemblée de l’Union française, création d’Assemblées territoriales, etc. A partir de cette période, les votes se suivent à un rythme accéléré pour élire les représentants du Tchad dans les différentes Assemblées. Les premiers députés du Tchad à l’Assemblée nationale française ont été élus le 10 novembre 1946. Il s’agit de René Malbrant et de Gabriel Lisette. Le 15 décembre de la même année, les 30 membres de la première Assemblée locale du territoire dite Conseil représentatif sont à leur tour élus. Ce conseil était doté de pouvoirs limités, mais à travers lui, on voit apparaître pour la première fois, une élite locale qui va côtoyer les colons dans ce cadre parlementaire.

En l’absence de tout parti ou regroupement de partis politiques, ce sont des notables qui ont, pour la plupart, été élus. C’est en 1947 que les premiers partis politiques sont créés. Il s’agit de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT), favorable à l’administration coloniale et du Parti Progressiste Tchadien (PPT) de Gabriel Lisette, anticolonialiste. Après quelques années d’hégémonie électorale, l’UDT, minée par des dissensions internes, a commencé par s’émietter dès 1954, au profit du PPT, en donnant naissance à plusieurs petits partis comme : le Parti Social Indépendant du Tchad (PSIT), l’Action Sociale Tchadienne (AST), l’Union Démocratique des Indépendants du Tchad (UDIT), le Mouvement Socialiste Africain (MSA), le Groupe des Indépendants et Ruraux du Tchad (GIRT), etc.

En 1956, un tournant majeur a été amorcé dans l’évolution politique des territoires grâce aux réformes apportées par la Loi-cadre dite « Loi Gaston Deferre ». Cette loi qui date du 23 juin associe étroitement les populations locales à la gestion de leurs intérêts en instituant le collège unique et le suffrage universel, une Assemblée territoriale aux pouvoirs élargis et un conseil de gouvernement investi par celle-ci et responsable devant elle. A travers ce Conseil, apparaît un exécutif local tandis que l’accroissement des attributions de l’Assemblée territoriale la rapproche d’une Assemblée législative. Avec ces réformes, les territoires étaient véritablement engagés sur la voie de l’autonomie. Profitant de l’émiettement de son concurrent, l’UDT, le Parti Progressiste Tchadien a commencé à amorcer une montée fulgurante.

Après la réélection triomphale de son président, Gabriel Lisette, comme député à l’Assemblée nationale française, le 2 janvier 1956, ce parti remporte les municipales de Fort-Lamy en novembre.

Dans la perspective des élections à l’Assemblée territoriale de mars 1957, il forme avec d’autres partis, un regroupement dénommé « Entente pour l’Application de la Loi-cadre » (EALC). Le 31 mars, cette coalition remporte une victoire écrasante en raflant 46 des 65 sièges de l’Assemblée. C’est cette Assemblée qui, après l’élection de son bureau le 13 mai 1957, a élu les 9 membres du premier Conseil de gouvernement dirigé par le chef de file des progressistes, Gabriel Lisette.

Un nouveau pas décisif est franchi deux ans plus tard par la promulgation de la Constitution française du 4 octobre 1958 qui instaure la Communauté. Rejetant l’option de l’accession immédiate à l’indépendance ainsi que celle du statu quo, c’est à dire le maintien du statut de Territoire d’Outre-Mer, les élites tchadiennes décident le 28 novembre 1958 de proclamer le Tchad une République autonome, membre de la Communauté.

C’est donc le choix de la continuité dans le progrès avec la France. La mise en place des institutions politiques de la jeune République a été difficile en raison de l’instabilité politique qui s’est installée très vite (premier trimestre 1959) et qui trahissait une certaine immaturité de l’élite politique d’alors. Il y eut quatre gouvernements successifs en l’espace de quatre mois ! Il s’agit des gouvernements provisoires dirigés respectivement par Gabriel Lisette (décembre 1958 - février 1959), Sahoulba Gontchomé (10 février- 11 mars), Ahmed Koulamallah (12-24 mars) et François Tombalbaye (24 mars …).

Cependant, l’adoption de la première Constitution de la République le 31 mars puis la victoire écrasante du PPT aux législatives du 31 mai 1959 ont ouvert la voie à la mise en place de nouvelles institutions stables. Tombalbaye qui a été reconduit dans ses fonctions en juin 1959 était chargé de mener à bien ce chantier.

C’est ainsi que, le Premier ministre François Tombalbaye signe, le 12 juillet, avec son homologue français Michel Debré, les accords de transfert des compétences de la Communauté à la République du Tchad. Dès lors, il ne restait qu’à définir les modalités pratiques de la proclamation de l’indépendance. La devise de la

République ainsi que les couleurs du drapeau national ont été déjà fixées en 1959. L’hymne national (La Tchadienne) lui, a été composé par le révérend-père Gidrol avec la collaboration d’un groupe d’élèves de l’internat Saint-Paul de Fort-Archambault. Par la loi n° 11-60 du 26 juillet 1960, l’Assemblée législative fixe la date de la proclamation de l’indépendance au 11 août 1960 mais le peuple tchadien souverainement a décidé de le fêter le 11 janvier pour des raisons pratiques.

Le Tchad est un pays enclavé, qui s’étend sur un très vaste territoire de 1.284.000 km2, 1.700 km du Nord au Sud, 1.000 km d’Est en Ouest. Sa population est de 11.274.106 habitants (deuxième recensement général de la population et de l'habitat). 5ème plus grand pays d’Afrique, le Tchad, par sa position géographique, est situé au cœur du continent africain. Il est limité au Nord par la Libye, au Sud par la République Centrafricaine, à l'Est par le Soudan et à l'Ouest par le Niger, le Nigeria et le Cameroun.

Période coloniale

 L’exploration du Tchad par les Français a commencé à partir de 1890.

La conquête du Tchad par le chef soudanais Raba avait conduit la France à envoyer 3 colonnes militaires, à partir d’Alger(Foureau), du Congo (Emile Gentil)  et du Niger (Voulet-Chanoine, puis Joalland-Meynier) qui, après avoir conclu des accords de protectorat avec le roi du Baguirmi Gaourand et Alifa Djérab du Kanem firent leur jonction) Kousseri le 21 avril 1900. Le lendemain, Raba était vaincu et tué. Le Commandan Lamy trouva également la mort dans les combats et donna son nom au fortin qu’il fut décidé de construire en face de Kousseri et qui devin Fort-Lamy.

L’occupation progressive du Baguirmi, du Kanem, du pays Sara (création de Fort-Archambault sur le Chari), du Ouaddaï, du Borkou (prise de Faya aux Senoussites en 1913), se fit progressivement jusqu’en 1920. Le Tibesti ne fut définitivement occupé qu’à partir de 1929.

En 1920, le Tchad est fut rattaché au gouvernement général d’Afrique équatoriale française (AEF).

De 1920 à 1940 la colonie fut progressivement organisée, d’abord sous administration militaire (le BET-Borkou, Ennedi, Tibesti  le resta jusqu’à l’indépendance) puis progressivement sous l’autorité d’un administrateur civil aux pouvoirs extrêmement  étendus Des infrastructures (pistes routières et aériennes, télégraphie) sont réalisées. Des écoles primaires établies, la culture du coton introduite.

LE é- août 1940, le Tchad fut la première colonie française à se rallier à la France libre sous la direction du gouverneur Félix Eboué et du Colonel Marchand. Sous le commandement du Général Leclerc, des milliers de tchadiens (l’équivalent de deux  divisions d’infanterie) participent aux campagnes d’Ethiopie, de Libye, de Tunisie, d’Italie et de France.

Colonie française, le Tchad a été proclamé République le 28 novembre 1958, avant d’accéder à la souveraineté internationale le 11 août 1960. C’est une République souveraine, indépendante, laïque, sociale, une et indivisible, fondée sur les principes de la démocratie, la règle de la loi et de la justice.

L’actuel Président de la République est Idriss Deby Itno.

L'arabe et le français sont les langues officielles, mais plus d'une centaine de langues sont parlées dans le pays. L’islam et le christianisme sont les deux religions révélées. Une multitude de cultes traditionnels et ancestraux sont également pratiqués dans ce pays.

Il est le berceau de l’humanité grâce à la découverte de Toumaï (ou « Espoir de vie » en Gorane. Découvert le 19 juillet 2001, cet hominidé est vieux de 7 millions d'années.

Le Tchad se divise en trois grands ensembles géographiques : du Nord au Sud, on trouve successivement une région désertique, un espace semi-aride et la savane soudanaise. Géographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire.


Organisation administrative

En 2002, le Tchad a été divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22 ; le 4 septembre 2012 à 23. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien.Il est secondé par un Secrétaire général. Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures.

Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue. Les unités administratives sont les relais de l'État à un niveau local. La ville de N’Djaména (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements.

Les 23 régions sont :

  • Le Barh El Gazel, chef-lieu : Moussoro
  • Le Batha, chef-lieu : Ati
  • Le Borkou, chef-lieu : Faya
  • Le Chari-Baguirmi, chef-lieu : Massenya
  • L'Ennedi Est, chef-lieu : Amdjarass
  • L'Ennedi Ouest, chef-lieu : Fada
  • Le Guéra, chef-lieu : Mongo
  • Le Hadjer- Lamis, chef-lieu : Massakory
  • Le Kanem, chef-lieu : Mao
  • Le Lac, chef-lieu : Bol
  • Le Logone Occidental, chef-l.: Moundou
  • Le Logone Oriental, chef-lieu : Doba
  • Le Mandoul, chef-lieu : Koumra
  • Le Mayo-Kebbi Est, chef-lieu : Bongor
  • Le Mayo-Kebbi Ouest, chef-lieu : Pala
  • Le Moyen-chari, chef-lieu : Sarh
  • L’Ouaddaï, chef-lieu : Abéché
  • Le Salamat, chef-lieu : Am-Timan
  • Le Dar Sila, chef-lieu : Goz-Beida
  • La Tandjilé, chef-lieu : Lai
  • Le Tibesti, chef-lieu : Bardai
  • Le Wadi Fira, chef-lieu : Biltine
  • La Ville de Ndjamena
LES SCEAUX  
 

DEVISE ET EMBLÈME

La loi 59-08 du 11 juin 1959 fixe la devise de la République du Tchad :
"UNITÉ - TRAVAIL - PROGRÈS"

Drapeau : La loi 59-13 du 11 juin 1959

Selon notre constitution, l'emblème national est le drapeau tricolore : bleu, or, rouge, à trois bandes verticales et à dimensions égales ; le bleu étant du côté de la hampe.

 

 

ARMOIRIES

En 1970, le Tchad s’est muni de ses Armoiries dont on trouve au centre du blason un bouclier ornementé de lignes ondulées bleue et jaune accompagné d’un soleil levant rouge au-dessus. L’écu des Armoiries du Tchad est soutenu par un lion et une chèvre jaunes. Sous ce bouclier, il y a une médaille et un parchemin avec la devise nationale “ Unité Travail Progrès “. Les lignes ondulées sur le bouclier représentent le Lac Tchad. Le soleil levant, un nouveau commencement. La chèvre symbolise la partie nord de la nation. Le sud est représenté par le lion. La médaille est celle de l’ordre national du Tchad.

L'HYMNE NATIONAL : LA TCHADIENNE

  • Peuple tchadien, debout et à l'ouvrage!
  • Tu as conquis ta terre et ton droit;
  • Ta liberté naîtra de ton courage.
  • Lève les yeux, l'avenir est à Toi.
  • O mon Pays, que Dieu te prenne en garde,
  • Que tes voisins admirent tes enfants.
  • Joyeux, pacifique, en avant, en chantant,
  • Fidèle à tes anciens qui te regardent.

Refrain

  • Peuple Tchadien, debout et à l'ouvrage!
  • Tu as conquis ta terre et ton droit;
  • Ta liberté naîtra de ton courage.
  • Lève les yeux, l'avenir est à toi.

 

 

 

 

 

SCEAU

L’ordonnance 029 de 1986 définit la configuration du Sceau tchadien comme suit. Il “ est, précise-t-elle, une médaille en bas relief de 46 millimètres de diamètre présentant dans un cercle concentrique de 22 millimètres, la tête d’une jeune tchadienne Kélou, aux cheveux tressés en nattes plates, le visage découvert au flanc dont le menton repose sur le poing gauche, marqué en exergue sur l’arc supérieur : République du Tchad, et en dessous la devise du Tchad : Unité Travail Progrès”.

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

-Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

  1. Divertissement
  2. Sports
  3. Mon Pays