DNI reporté : crainte de l’opposition et de la société civile

Fév 01, 2022

Le dialogue national inclusif (DNI) prévu pour le 15 février est reporté pour le 10 mai prochain. Ce report est diversement apprécié par l’opposition et la société civile. Reportage.

À presque 2 semaines de l’échéance, le Premier ministre de la transition, Pahimi Padacké Albert, annonce le report de la tenue du DNI. C’est selon lui, pour permettre à toutes forces vives de la nation d’y participer d’une manière libre et transparente. Dans sa déclaration à la presse, Pahimi Padacké Albert a justifié ce report en avançant des raisons. Une de ces raisons est la dispersion à travers le monde des politico-militaires et du temps pour l’établissement de leurs documents d’identité comme le passeport pour certains responsables des politico-militaires et la question logistique.

Ce report ne semble pas être bien accueilli par certains hommes politiques qui craignent une stratégie du CMT de se maintenir longtemps au pouvoir comme l’avait fait son défunt père Idriss Deby Itno.

Le président du parti Front pour la Fédération (FPF), un nouveau parti politique fédéraliste, Adoumbaye Daniel, estime qu’ils ont de mains plaisirs de reporter des mandats et ce report de dialogue s’inscrit dans le même principe. Selon lui, c’est une stratégie pour s’éterniser au pouvoir. L’opposant craint que ce report n’ affecte la période de transition. « Ils se préparent pour aller de prolongation en prolongation. Il faut que le peuple soit vigilant », prévient-il. Le fédéraliste Adoumbaye Daniel insiste sur le respect de la période de la transition fixé pour 18 mois. Il promet de mener des actions avec les autres membres de l’opposition politique pour peser de tout leur poids pour faire respecter la période de la transition.

Pour le coordonnateur de la plateforme de la société civile Wakit Tama, Me Max Loalngar, les membres de Wakit Tama ne sont pas surpris par ce report. Pour lui, lorsque le CMT avait annoncé la date du 15 février, la plateforme avait dit que ce n’était pas réaliste. La 1re raison est que, même le comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) n’avait pas déposé son rapport final. Me Max explique que si l’on se fie au texte, c’est après le dépôt de ce rapport que la date aurait pu être fixée. La seconde raison ce qu’il n’y avait aucun consensus sur les conditions d’organisation de ce dialogue. « Nous étions sûrs que cette date-là était fantaisiste. Elle n’allait pas nous conduire à un dialogue qui peut sauver le Tchad ».  

Abondant dans la même veine, le professeur Ahmat Mahamat Hassan estime que le dialogue projeté avait pour objectif de légitimer le gouvernement de la transition et la prise du pouvoir par le CMT. Selon le juriste, le report de ce dialogue est dû à la priorité qu’on veut donner aux politico-militaires. Le professeur explique que les acteurs prioritaires sont les politico-militaires et non les partis politiques et la société civile.

Jules Doukoundjé

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