L’espoir déçu

Written by  Déc 31, 2007

L’an 2007 est partie. 2008 est arrivée. Comme d’habitude, à pareil moment, c’est l’heure des bilans. Oui, il convient de prendre du recul, dresser un bilan sans complaisance de l’année qui vient de s’en aller.

D’abord, il faut préciser que 2007 a été riche en actualité.
L’espoir était né fin 2006, lorsque le leader du front uni pour le changement (FUC) Mahamat Nour Abdelkerim a fumé le calumet de la paix avec le gouvernement de N’Djamena, sous l’égide du guide libyen.
En Février 2007, le FUC scelle son entrée au gouvernement, et Mahamat Nour Abdelkerim fut nommé ministre de la défense nationale. Tout le monde avait applaudit à l’époque. Mais la lune de miel n’a été que de courte durée, elle a finie comme elle a commencée, raille un leader de l’opposition Tchadienne.

Ensuite, c’est la tenue du dialogue entre la majorité présidentielle et ses alliés d’un côté, et l’opposition démocratique, du moins celle réunie au sein de la coordination pour la défense de la constitution (CPDC) de l’autre. Ces pourparlers parrainés par l’union européenne et la France ont débouchés le 13 Août 2007 à la signature d’un accord, baptisé « Accord pour le renforcement du processus démocratique au Tchad ». Le document signé constitue une feuille de route importante pour la suite du processus électoral, tant décrié, s’il est réellement appliqué par les signataires. Refonte du fichier électoral qui sera désormais informatisé et fiable, composition paritaire de la CENI, la CNRE…, les principales préoccupations de l’opposition ont été prise en compte, une première dans l’histoire politique du Tchad depuis la conférence nationale souveraine de 1993. Là aussi, tout le monde ou presque avait applaudi. Près de six mois après la signature dudit accord, les langues se délient, « rien est fait du cote du pouvoir pour son application » lance irrité IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH, le porte-parole de la CPDC sur BBC Afrique mi-décembre 2007.

Dans la même lancée, on a assisté à une avalanche d’initiatives de paix.
Le groupe dit « de Libreville » conduit par l’ancien président GOUKOUNI WEDDEYE a tout essayé. En vain. Parallèlement, des négociations se poursuivent discrètement, pour aboutir plus tard à des accords parcellaires. Une partie des opposants au régime DEBY rentrent au bercail mi-octobre après avoir conclu un accord grâce à la médiation du président Béninois, à Cotonou. À Syrte, le gouvernement représenté par le « super » ministre d’état, signe un accord de paix et de réconciliation nationale avec les principaux mouvements rebelles opérant à l’est du pays (CNT, UFDD, RFC, UFDD /F). À peine cet accord signé, qu’un de ces signataires annonce les couleurs. « L’accord est caduque », comme pour préparer les esprits. La suite on la connaît.
Reprise des hostilités le 25 Novembre 2007, soit un mois tout juste après la signature de la paix en Libye, au grand dam du guide Libyen, médiateur dans la crise Tchadienne, qui depuis s’est enfermé dans l’omerta. Le brisera-t-il ? Les deux camps se rejettent la responsabilité de la reprise des combats, d’une rare violence selon des sources proches des deux états-majors.

L’accord de syrtes est-il caduque au regard de la situation actuelle ? « Il est encore valable pour ceux des signataires qui ne l’ont pas violé », précise le gouvernement. « Nous sommes toujours pour l’application de l’accord » affirment les rebelles de leur côté. Véritable comédie disent en cœur certains observateurs de la scène politique Tchadienne.

Et puis, à un moment où personne ne s’y attendait, une affaire tout aussi insolite qu’amusante s’invite dans l’arène publique tchadienne déjà troublée. L’affaire de l’ONG Française « Children Rescue ou Arche de Zoé », puisque c’est de cela qu’il s’agit. Cette rocambolesque affaire a mis à nue la légèreté qui caractérise l’administration Tchadienne. Ce qui a le plus laissé pantois plus d’un, c’est bien la visite impromptue de Nicolas SARKOZY a N’Djamena début Novembre. Il y est reparti en compagnie des journalistes français et des hôtesses espagnoles venue couvrir l’opération de « L’arche de Zoé », du nom de cette ONG française qui a voulue emmenée en France 103 enfants à partir d’Abéché à l’est du Tchad. Cette affaire a failli crée un séisme diplomatico -politique entre N’djamena et Paris. Les choses sont rentrées dans l’ordre, entre temps. Les deux présidents (SARKOZY et DEBY) se sont vus en marge du sommet Afrique- UE de Lisbonne du début du mois de Décembre, puis discrètement à Paris quelques jours plus tard.
La justice a été dite, et les membres de l’ONG ont été condamnés à 8 ans de travaux forcés, avant d’être rapatriés par vol spécial de la compagnie nationale « TOUMAI AIR TCHAD » affrété par le gouvernement français ce vendredi 28 Décembre vers la France. Les magistrats français essayeront de reconvertir leur peine de travaux forcés en peine criminelle. La peine de travaux forcés n’existant plus dans le catalogue du code pénal français, pourtant copie conforme de celui utilisé par les ex colonies de l’espace francophone, dont le Tchad fait partie.

ET en cette fin d’année 2007, le spectre de la reprise des hostilités à l’est se pointe à l’horizon. Le gouvernement voyant le mal venir a préparé les esprits, à travers un communiqué lu sur les antennes de l’Office Nationale de Radiodiffusion et de Télévision du Tchad (ONRTV). « Le soudan est en train d’entraîner, d’armer les rebelles tchadien en vue de déstabiliser le Tchad », dit en substance le communiqué. Le soudan de son côté a porté plainte contre le Tchad qu’il accuse d’avoir violé son territoire pour bombarder les positions des forces rebelles basé au Soudan.

Comme on le constate, l’année qui s’est achevé augurait des jours heureux pour le Tchad, tant les initiatives de paix essaient prometteuses. Hélas, les faits nous démontrent le contraire. La paix est loin d’être acquise, à moins d’un sursaut patriotique de dernière minute. Nous espérons que les différents accords signés çà et là seront appliqués.

En attendant, l’espoir a simplement été déçu, et c’est grand dommage pour le Tchad et les Tchadiens dans leur grande majorité.

C’est en tout cas ce que je pense.

Bonne et heureuse année 2008 à tous.

Eric TOPONA MOCNGA

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