dimanche 13 juin 2021

Jeunesse, quel avenir ?

Written by  Mai 25, 2009

Par le temps qui court, beaucoup de familles s’interrogent sur l’avenir de leurs enfants. Rien d’anormal puisque la finalité des études, c’est avant tout la réussite professionnelle avec à la clé un emploi répondant aux attentes de chacun ou du moins un job pour assurer les besoins physiologiques tels que manger, boire et dormir. Mais hélas, la donne change et l’idéologie qui fait de l’école un gage de réussite professionnelle tend à disparaitre laissant place à certaines pratiques totalement arbitraires voire malhonnêtes. Ainsi donc, quelles perspectives pour cette jeunesse à qui cette institution reste encore l’unique alternative ? Et quid des autres qui choisissent d’autres chemins ? Que des interrogations silencieuses auxquelles les réponses ne peuvent tomber du ciel.

Bref, bon nombre des jeunes tchadiens se cassent la tête à bicher des milliers de page pendant des années dans l’espoir d’un avenir meilleur ; et pourtant à l’arrivée, rien, nada de nada. Pour les plus dégourdis, en moyenne, 16 années de courage et d’abnégation auraient suffi pour atteindre l’objectif final : décrocher une licence. Pour d’autres un peu plus mais peu importe le temps. À croire que cela leur aurait servi à quelques choses mais en fin de compte rien, au pire, chômeurs ou encore diplômés sans emploi. Triste constat. Des efforts consentis pendant des années qui finissent dans une impasse, autrement dit à la poubelle. Alors doutes, incertitudes, pessimismes mêlées au désespoir sont des sentiments qu’éprouve cette frange de la population confrontée au jour le jour à la triste réalité de notre société. Jamais autant d’incertitude n’a transcendé l’esprit de cette génération qui se sent complètement lâchée voire abandonnée à la merci du destin.  Et pour couronner le tout, la crise financière complique la donne par effet de ricochet donnant ainsi raison au gouvernement qui peine à embaucher. Le piston reste alors l’unique solution ; encore qu’il faut avoir le minimum d’argent requis pour prétendre postuler à un poste ; et que faire pour les plus démunis alors ? D’ailleurs la probabilité de succès de ce processus baptisé piston est minime par ce que certaines personnes, de mauvaise foi, en font un fonds de commerce ou de quoi compléter leurs fin de mois. Même pas étonnant parce que tout le monde le sait et personne ne fait rien pour dénoncer ou prohiber cette pratique.

En revanche, ceux qui ont la chance d’étudier à l’étranger finissent par y rester par peur de se retrouver au chômage réduisant ainsi le capital humain, source de développement socio-économique de notre pays. Et c’est ainsi que la plupart de l’élite tchadienne se retrouve à l’étranger au service de leur pays d’accueil observant le leur agonisé lentement et progressivement alors qu’elle est capable de proposer des solutions alternatives aux dérives qu’il(le pays) traverse. Il faut aussi dire que le climat sociopolitique ne favorise peut-être pas le retour au bercail de cette frange de la population. Enfin bref d’autres jeunes réussissent quand bien même à grimper facilement les échelons et avoir des postes clés au sein de l’institution républicaine ; coup de chance, mérite ou favoritisme, allez savoir ? En outre, certains qui travaillent en ce moment sont parfois défavorisés financièrement vis-à-vis des étrangers même à compétences égales. Manque de confiance de l’état, discrimination, sinon pourquoi ? Pire encore certains organismes ne veulent pas leurs donner des postes de responsabilité sous prétexte qu’ils n’ont pas de compétence recherchées. Certes, mais l’état a une part de responsabilité dans cette situation par ce qu’il ne propose pas d’une manière significative un cadre de formation de haut niveau permettant d’accéder à ces postes. Et on s’étonne tout de même que le pays soit pauvre alors qu’on donne des sommes d’argent faramineuse à l’élite étrangère. À quand le déclic alors ?

Enfin, quelles solutions pour ceux qui ne sont pas faits pour les études ? Y’a-t-il un cadre d’accompagnement social pouvant les aider à trouver leur chemins ? Pourquoi s’étonner si beaucoup finissent brigands, alcooliques, assistés ou autres ; constituant ainsi une charge énorme pour la population active. Et j’ajoute au passage les chômeurs, les paysans car sans solde eux aussi.  Plus leur masse est importante augmentant considérablement le taux de chômage, plus la population active subit les effets directs. Conséquence, pouvoir d’achats très faible. Tandis que le prix des denrées alimentaires augmente, la consommation des ménages diminue entrainant ainsi l’économie dans le gouffre et le pays devient de plus en plus pauvre. Que faire pour améliorer cette situation alors ? Le débat est ouvert.

Piquet DINGAMMADJI

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