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Marche de soutien au CMT

Mai 12, 2021

La marche pacifique initiée par la plateforme Vision nouvelle a eu lieu ce mercredi, encadrée par les forces de l’ordre. Reportage.

C’est la première manifestation pacifique autorisée et encadrée par les forces de l’ordre sous le régime militaire dirigé par le Conseil Militaire de Transition (CMT). Et la vedette de la marche est la plateforme Nouvelle vision, un regroupement de 42 partis politiques et 158 associations et organisations de défense des droits de l’Homme.

Tout a commencé au rond-point Hamama dans le 8e arrondissement de la ville de N’Djamena, point de rassemblement des manifestants. Il était 6h du matin. Des membres du comité d’organisation s’activent à régler des derniers détails. Déjà, les éléments de la Police ont pris position aux différentes intersections du trajet. Pas de présence de la police antiémeute, le GMIP. Non plus des militaires. Rien que la Police nationale et la Police municipale.

Vers 7heures, des manifestants, transportés en bus, arrivent peu à peu. Pas de tee-shirts, pas d’insigne quelconque, sauf une banderole portant le nom de la plateforme et des pancartes avec des inscriptions. Les manifestants reçoivent des dernières consignes de l’équipe de l’encadrement et de la sécurité.  A 7h35mn, le top départ est donné. Le cortège s’ébranle. En tête de la marche, le président de la plateforme, Mahamat Adoum, les membres du comité d’organisation ainsi que les présidents et secrétaires généraux des partis et associations membres de la plateforme. La circulation est automatiquement bloquée. Un véhicule de la Police avec gyrophare ouvre le passage. Tandis que d’autres véhicules de la Police bourrés d’hommes bouclent la queue du cortège. Au milieu, les manifestants sont en grande partie des femmes.

Sur un tronçon d’à peu près cinq kilomètres, plus d’une centaine de personnes ont marché pacifiquement pour la cause de la paix. Des mots tels que « oui à la stabilité », « oui à la paix », « non à la guerre » sont scandés par ces manifestants. 

8h27. Le cortège atteint le point d’arrivée : le palais du 15 janvier. Une cérémonie se tient encore là. Des discours ont été faits. Des motions de recommandation ont été lues. D’après le président de la plateforme Mahamat Adoum, cette marche vise à rechercher la paix. « Nous marchons pour la paix », répète-t-il. Pour lui, le contexte actuel est inquiétant, d’où la nécessité de soutenir le CMT pour conserver la paix.  « Le soutien de la communauté internationale est indispensable pour le CMT le peuple tchadien en ce temps difficile », plaide-t-il.

Tirant le bilan de la marche, le président du comité d’organisation de cette marche, Abdelsalam Hachimboh estime que c’est une réussite. « Le bilan que nous dressons est positif parce que c’est une première dans l’histoire du Tchad avec l’arrivée de la démocratie, organiser une manifestation pacifique sans aucun incident est un pari gagné », se réjouit-il.

Toujours d’après lui, ce succès est la résultante d’une bonne organisation en interne. « La plateforme a tout mis en œuvre pour que cette marche soit un modèle. Et pour cela, nous avons mis un sous-comité qui est chargé de l’encadrement et de la sécurité », dit Abdelsalam Hachimboh. Même si le nombre des manifestants est faible, le président du comité d’organisation trouve que la marche a été organisée sur un temps record.   « Nous sommes un peu talonnés par le temps. Et c’est aussi le mois de Ramadan. Donc tous ces paramètres n’ont pas incité les gens à venir nombreux », a-t-il justifié.

9h10mn, la cérémonie prend fin. Les manifestants reprennent le chemin du retour dans des bus déjà apprêtés. Le président du comité d’organisation promet des prochaines activités qui seront d’une grande envergure.

Il faut signaler la présence de quelques mineurs lors de cette marche. Ce que déplore Abdelsalam Hachimboh qui interpelle les autorités à redoubler de vigilance pour corriger les incohérences constatées pour les prochaines manifestations. 

Christian Allahadjim