jeudi 29 juillet 2021

Ialtchad Presse : Maître Toro comment vous présentez aux jeunes qui n’ont pas connu votre légendaire carrière sportive ?
Maître Toro : Je suis Haroun Sabah plutôt surnommé Me Toro. Ancien footballeur j’ai fait toute ma carrière avec le club Gazelle et avec l’équipe nationale, les Sao. Aujourd’hui je suis employé de banque et j’entraine aussi des équipes depuis 1987.

Ialtchad Presse : Un petit rappel de votre parcours ?
Maître Toro : Mon parcours comme footballeur commence dans les années 70 et a pris fin dans les années 80. En deux décennies j’ai évolué dans un seul club de la capitale. Avec ce club j’ai gagné plusieurs titres.

Ialtchad Presse : Les Sao du Tchad n’ont jamais participé à des phases finales des compétitions internationales. Quels sont les problèmes qui minent le foot tchadien ?
Maître Toro :
Le constat est pathétique pour l’image de notre pays. Les raisons de cet échec sont multiples. Et il n’est pas du tout facile de juguler une association des phénomènes négatifs et interdépendants. Pour participer à des compétitions internationales, il faut des joueurs de talents. Ce qu’on ne produit pas du tout. Des joueurs de calibre, il faut les former à bas âge. Avec nos bricolages de circonstances, il sera utopique de forger une valeur collective avec un système de jeu de qualité. À ce problème s’ajoute l’absence des moyens financiers et d’infrastructures. Les peu des moyens sont mal gérés. Les terrains de foot sont impraticables, les équipements désuets rendent les conditions de travail difficiles. Et puis l’environnement sportif très hostile. Entre autres : l’attitude désobligeantes des dirigeants, le soutien quasi-inexistant du public et le manque d’intérêt de la presse. Voilà globalement nos problèmes.

Ialtchad Presse : Il y a beaucoup de joueurs africains professionnels en Europe. Pas assez des Tchadiens. Ces africains ont-ils des qualités particulières que nos compatriotes ?
Maître Toro : Comme les autres pays africains, ce ne sont pas les bons joueurs qui manquent. Nous faisons face à un autre problème, celui d’ouverture qui nécessite des participations à des hauts niveaux pour montrer les talents de nos joueurs. Nos clubs sont souvent éliminés au 1er tour. Ce qui ne permet pas aux sélectionneurs internationaux de voir des Tchadiens et de juger leurs talents. Mais des grands talents on a toujours eu : feu Mahamat Naham, Augustin dit kopa, Toko, N’Doram etc.

Ialtchad Presse : Avez-vous des solutions à proposer ?
Maître Toro : Du moment où les problèmes du foot tchadien sont connus de monsieur et de madame tout le monde, chacun a sa petite idée pour nous sortir de cette agénésie sportive. Cela dit, tout commence par une conscience nationale et une volonté politique susceptible de donner les moyens financiers adéquats et les structures nécessaires.

Ialtchad Presse : Votre meilleur souvenir avec Sao ?
Maître Toro : C’est mon 1er match international contre Azingo National du Gabon en 1974 à N’Djamena où on a gagné par 4 buts à 0.

Ialtchad Presse : Votre meilleur souvenir sous le maillot de l’équipe Gazelle ?
Maître Toro :
Avec le club Gazelle c’est ce trophée de la coupe du Tchad en 1972 alors que nous étions en deuxième division.

Ialtchad Presse : Votre conclusion sur le sport ?
Maître Toro : Le sport tchadien a besoin d’un soutien total. Que nos critiques ne soient pas néfastes pour les jeunes, les gouvernants ou pour ceux qui sont de près ou de loin concernés par le sport. Qu’on se donne la volonté et les moyens de defender valablement nos couleurs. De grâce, arrêtons de nous humilier.

Réalisation Abdine Ali Abdoulaye

Ialtchad Presse : Qui est Paul N’Gadjadoum?
Paul N’Gadjadoum : Moi c’est Paul N’Gadjadoum, sans détour, je suis l’une des grandes figures du Sport Tchadien, un ancien champion d’Afrique, en saut en hauteur. Professeur certifié en Éducation physique et sportive. Aujourd’hui j’ai 52 ans, marié et père de 2 enfants.

Ialtchad Presse : Parlez-nous de votre carrière en quelques lignes ?
Paul N’Gadjadoum :
J’étais, en fait, inspiré au départ par deux grands sauteurs en hauteur tchadiens que sont Idriss Ouya et Ahmed Senoussi. En ce temps-là, j’étais déjà au seuil de l’adolescence, et je venais régulièrement au stade pour les admirer. Ma carrière a commencé plus tard en 1974 sous la direction de deux entraineurs: Vitli Sogrine (un Russe) et Mahamat Idriss Ouya alors Ministre de la Jeunesse et des Sports. Je sautais déjà 1 m 60 et un an plus tard, en 1975 je remporte ma première médaille internationale à Yaoundé lors des premiers jeux d’Afrique centrale. Performance : 2, 05 m une progression fulgurante. Deux ans plus tard en 1977, je remporte mon premier titre de champion d’Afrique en Tunisie, j’avais alors 19 ans. Lorsque du haut du podium, saisissant mon trophée en main, et que retentissait l’hymne national au Stade de Kassar Said, je n’avais jamais cru atteindre un jour le sommet d’une telle gloire, l’émotion, me prit à l’instant même et mes yeux s’embuèrent.

Ialtchad Presse : Quel est votre record ?
Paul N’Gadjadoum : Mon record est de 2 m 17.

Ialtchad Presse : Y a-t-il des prédispositions physiques pour pratiquer le saut en hauteur ?
Paul N’Gadjadoum : Bien sûr, il y a des prédispositions physiques, mais aussi des qualités naturelles innées. C’est à dire la taille, l’envergure des segments corporels, posséder des muscles, aux fibres fines et longiligne capables de réagir instantanément au sol.

Ialtchad Presse : Le Tchad brille rarement au niveau international en athlétisme. Quels sont les handicapes de notre athlétisme ?
Paul N’Gadjadoum : L’athlétisme tchadien avait connu dans le passé des moments plein d’apothéose et ce, grâce à ses grands pionniers que sont Ahmed Issa, Idriss Ouya, Ahmed Senoussi, Yanyambal, Ahmed Kinder Degaule, pour ne citer que ceux-là. Aujourd’hui, nous assistons depuis une vingtaine d’années à une époque relativement contradictoire, même si, l’athlétisme tente de survivre en voulant s’agripper fortement à la rampe grâce à Kaltouma Nadjina. Tenez! Un coup d’œil au stade Idriss Ouya. Vous allez constater que les fausses de haut en longueur, du triple saut, et les aires de lancer de poids, de javelot, de disque, ont disparu au détriment de la pelouse du football en matière synthétique. Seule la piste de 400 m, a pu résister à cette invasion. Voyez-vous c’est erreur monumentale commise par les responsables qui ont mené une telle action. L’athlétisme depuis lors, se trouve amputé de ses disciples phares (5 au total). Le deuxième point que je tiens aussi à souligner, c’est celui de la Fédération tchadienne d’athlétisme qui, depuis, je ne sais peut être 3 ans, souffre d’une crise interne. Les conditions dans lesquelles a été organisée la dernière assemblée générale élective du 13 février 2009, ont une fois de plus entraîné un enlisement. Et la fédération internationale d’athlétisme elle aussi, compte tenue de cette crise, a arête ses subventions en direction du Tchad évidemment dans l’attente d’une solution. La fédération se trouve ainsi réduite dans ses marges de manœuvre. Voilà, en somme, la situation dans laquelle se trouve l’athlétisme tchadien. Une situation de “black-out”.

Ialtchad Presse : Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
Paul N’Gadjadoum : J’en ai beaucoup (rire). Deux fois membre de la sélection africaine pour la coupe du monde d’athlétisme en 1997 où j’étais le 4ème en finale du saut en hauteur à Düsseldorf (Allemagne) et en 1981 (Rome). Et puis il y a mes titres de champion d’Afrique du saut en hauteur.

Ialtchad Presse : Merci Paul N’Gadjadoum
Paul N’Gadjadoum : Merci à vous, réussite et succès à toute l’équipe Ialtchad Presse

Propos recueillis par Fatimé Mahamat

Comme dans tous les Etats indépendants, la promotion de la jeunesse et le développement du sport figurent en bonne place dans les programmes d’actions du gouvernement. Au Tchad le sport n’est plus une simple activité de distraction mais un ferment de l’unité nationale et un instrument d’exaltation du patriotisme. Il n’existe pas un sport mineur et un sport majeur car toutes les disciplines sportives contribuent à l’épanouissement de ceux qui les pratiquent. Le mouvement sportif tchadien est organisé à travers les associations et les fédérations. On compte actuellement 19 fédérations sportives au Tchad. Ces fédérations représentent les disciplines olympiques.

C’est en 1965 que le Tchad est devenu membre du Comité International Olympique (CIO). L e Comité Sportif  Olympique Tchadien ( COST) a été créé le.

Le mouvement sportif national est bien organisé mais force est de constater que le hasard, la navigation à vue pénalisent sérieusement le mouvement sportif tchadien et ne favorisent pas l’éclosion des talents et pourtant le Tchad regorge de talents dans toutes les disciplines sportives. 

En football, même si le onze national, les Sao du Tchad, connait une évolution en dents de scie, des individualités ont permis au Tchad de se faire connaitre. Japhet N’doram, véritable gloire du football appelé « le sorcier de la Beaujoire » a marqué 73 buts en 8 saisons avec le Football Club de Nantes. Il a fait ses armes à Tourbillon (Tchad) et au TKC (Cameroun) avant de s’envoler pour la France où il a fait les beaux jours du FC Nantes. Nommé capitaine de l’équipe pour la saison 1990-1991, il devient double champion de France avec son club. N’doram a aussi été sociétaire du FC Monaco. L’international tchadien qui a raccroché ses crampons aide aujourd’hui le football tchadien à sortir de l’ornière.

L’histoire du football tchadien est également marquée par le nom de Nambatigué Toko. Dans les années 1980, ce grand footballeur tchadien qui a débuté dans l’équipe Yal-tchad de N’Djaména a connu la gloire sous le maillot du mythique Paris Saint-Germain. Il a été double vainqueur de la coupe de France de première division en 1981 et en 1982 avec le club parisien.

Aujourd’hui, de jeunes talents éclosent depuis quelques années et tentent de tracer leur voie. C’est le cas de Marius Mbayam ou encore de Mahamat Azarack qui évolue en première division espagnole avec l’Espagnole de Barcelone. Rien qu’en France entre la Ligue 1, Ligue 2,  jusqu’au National 3, pas moins de 7 joueurs tchadiens évoluent. Nous citons entre autres C. Ninga, S.Altama, Mohamed Soumaila, N. Mbaiam, L. Wadar, C. Ninga, S. Altama, etc… D’autres jeunes footballeurs tchadiens évoluent un peu partout dans le monde notamment en Belgique, en Suisse, en Arabie Saoudite, en Indonésie, au Qatar Gabon et au Cameroun.

L’athlétisme tchadien aussi a connu des jours heureux avec Idriss Mahamat Ouya, un athlète hors pairs, qui a d’abord couru pour la France en remportant les championnats nationaux français de 1960 et 1961. Ahmed Issa, champion de 800m français. On peut citer entre autres Alladjaba, Yanyanbal, Alladoum Boulot. Nous avons aussi le sauteur Paul Ngadjadoum qui s’est illustré par un saut record de 2m17 obtenu au championnat d’Afrique d’Alger en 1977, Djimassal Kemobé champion d’Afrique centrale en triple saut et saut en longueur à Luanda (Angola) en 1981.

On n’oublie pas « la gazelle tchadienne » Kaltouma Nadjina, double médaillée d’or aux jeux de la Francophonie en 2004 et en 2008.

La jeune judoka Carine Ngarlemdana a été championne à 16 ans seulement. Elle est quadruple championne du Tchad, vice-championne d’Afrique centrale et médaillée d’or au tournoi de judo du Gabon.

Au basketball aussi, des Tchadiens se sont illustrés. Miambé Mbaitir, meilleur marqueur au championnat de Basketball d’Afrique centrale en 1977. Abdel-Aziz Boukar (devenu Angolais depuis 2001) a été plusieurs fois champion d’Angola, d’Afrique et champion aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Beaucoup de jeunes évoluent aux Etats-Unis, en Europe et un peu partout en Afrique. En 2007, Dounia Issa a été le premier joueur d’origine tchadienne à être sélectionné pour le « All Star Game français ». Abakar Martoussia a gagné en 2010 la coupe d’Algérie avec son club le Trèfle de Blida.

Sport : Judo Carine Ngarlemdana “Je suis comme un ouragan qui raffole tout sur son passage”.

Benjamine des 4 filles de la famille Ngarlemdana, Carine, la Championne judoka tchadienne à 16 ans seulement, est couverte de médailles. L’unique fille judoka au Tchad à avoir la ceinture noire 1ère dan et  quadruple championne du Tchad toute catégorie confondue,  a accueilli notre Magazine chez elle. Au menu de l’entrevue : ses débuts en judo, la problématique des structures d’entrainements,  ses performances, sa plus belle victoire, sa grande défaite etc. A cœur ouvert,  Carine Ngarlemdana se confie à notre Magazine.

Ialtchad Presse : Quand et comment avez-vous amorcé les compétitions ?
Carine Ngarlemdana :
J’ai d’abord commencé à pratiquer le judo à N’Djamena au Soleil Judo Club à l’âge de 05 ans précisément en 1999.  C’est à l’âge de 12 ans que j’ai commencé les compétitions. C’est en 2006 au Congo Brazza. J’étais un enfant, cependant j’avais déjà l’âme des combattantes. Mon père  Djim-yann Ngarlemdana qui est sportif m’a inculqué cette rage de vaincre toute petite avant même que je n’intègre le club de judo. Je n’étais pas impressionnée à cette première sortie en gagnant la médaille de bronze. 

Ialtchad Presse : Quelles sont vos performances nationales ?
Carine Ngarlemdana : J’ai été quatre (04) fois championne du Tchad toute catégorie confondue. J’ai tout raffolée sur mon passage comme un ouragan. Rire !

Ialtchad Presse : Combien de titres et médailles avez-vous récolté, quels sont ces titres et médailles. Dans quel cadre les avez-vous gagnés ?
Carine Ngarlemdana :
J’ai gagné au total douze médailles dont deux en or, sept en argent et trois en bronze. Je suis vice championne d’Afrique junior. Ce titre, je l’ai gagné à Dakar au Sénégal en juillet 2010, et vice championne sénior d’Afrique Centrale. J’ai été classée cinquième au jeu de la Francophonie en Beyrouth au Liban en 2009. J’ai été aussi classée cinquième au championnat sénior d’Afrique à Yaoundé au Cameroun en avril 2010. J’ai été vice championne au jeu de la Censad à Niamey au Niger en 2009, j’ai été championne en catégorie moins de 70 kg au tournoi international en septembre 2010 à Libreville au Gabon à cet effet, j’ai gagné la médaille d’or. Enfin sur le rang mondial je suis classée 18ème sur 40 lors du championnat du monde junior qui s’est déroulé à Agadir au Maroc. Cependant, je promets faire encore plus si toutes les conditions et moyens sont misent à ma disposition.

Ialtchad Presse : Comment alliez-vous judo et études ?
Carine Ngarlemdana : La pratique du judo n’influence pas sur mes études, au contraire, elle renforce mes aptitudes intellectuelles.

Ialtchad Presse : Comment préparez-vous les compétitions ?
Carine Ngarlemdana : Je travaille très durement avec mes maîtres encadreurs en plein air, dans le dojo, ils me font faire le randori c'est-à-dire le combat, je travaille le Kumi Kata, les courses de vitesse pour augmenter le rythme de travail, et je fais aussi de la musculation.

Ialtchad Presse : Les structures répondent elles aux normes pour vos entrainements et préparations ?
Carine Ngarlemdana :
Non, pour être honnête, cependant, je m’adapte à ces manquements.

Ialtchad Presse : Quelles sont les difficultés que vous rencontré ?
Carine Ngarlemdana :
On n’accorde pas de crédit au judo alors que nous honorons toujours le Tchad en ramenant des médailles. A 16 ans seulement j’ai remporté douze médailles à mon pays mais je m’entraine toujours dans des conditions déplorables et je manque de soutien.

Ialtchad Presse : Quels sont vos petits secrets avant de monter sur le tatami pour affronter vos adversaires ?
Carine Ngarlemdana :
J’ai toujours mon livret de prière sur moi. Je prends un temps de prière seule avant de monter sur le tatami, et après le combat, je viens m’agenouiller pour le remercier même si je perds le combat.

Ialtchad Presse : Quel est votre plus grand souvenir en judo ?
Carine Ngarlemdana :
J’ai perdu un combat à Ouchdah au Maroc en 2009 en dix secondes seulement contre une Tunisienne. Cela a été un cauchemar  pour moi. Mais j’ai pris ma revanche en battant une Tunisienne au championnat  d’Afrique junior au Maroc il y a quelques mois. C’était fantastique pour moi.  

Ialtchad Presse : Quels sont vos prochains challenges après celui de Maroc dernièrement ?
Carine Ngarlemdana :
En février 2011, auront lieu les jeux de la Censad ici à N’djamena, il y aura également TIVINDJAM en avril 2011, et les championnats juniors et séniors avant les jeux olympiques de Londres (Angleterre) 2012. Je travaille hardiment  pour ces challenges et je suis prête. Permettez que j’interpelle directement la Première dame Hynda Déby Itno de nous venir en aide pour faire flotter notre drapeau et retentir notre hymne nationale à ces occasions. Je voudrais finir mon propos en remerciant  Ialtchad Presse pour s’être déplacé pour cette entrevue.

Interview réalisée par Dingamnaïel Kaldé Lwanga

De passage à N’djaména pour la supervision des matchs des SAO (Junior et Sénior) comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et la Coupe du Monde, L’ex footballeur international tchadien Japhet N’doram dans une interview accordée à Ialtchad Magazine, passe au peigne fin les problèmes qui minent le football au pays de TUMAÏ.

Ialtchad Presse : Bonjour Japhet N’doram. Vous n’êtes plus à présenter, cependant, dans quel cadre êtes-vous à N’djaména (Tchad) ?
Japhet N’Doram :
(RIRE). Je suis venu au Tchad par le biais de la Fédération Tchadienne de Football Association (FTFA) et le Ministère de tutelle, pour assister à des différents matchs  de l’équipe nationale que ce soit au niveau Sénior ou Junior, dans le but de prodiguer des conseils et surtout de connaitre réellement le niveau de notre football et apporter des parades dans le futur.

Ialtchad Presse : Quelles sont les causes qui expliquent l’élimination prématurée des Sao Junior et Sénior ?
Japhet N’Doram : On a beaucoup de carences techniques et tactiques, voire physiques dans la mesure où on n’a pas travaillé ces bases assez tôt dans le jeu. Quand on arrive à des niveaux internationaux avec un niveau de championnat aussi faible comme le notre, forcement on a du mal à rivaliser avec les autres.

Ialtchad Presse : Après cette élimination prématurée, quelles leçons tirer ?
Japhet N’Doram :
L’élimination, est du côté des Juniors. Nos Sao Séniors ont encore cinq (05) autres matchs à livrer. Nous avons une possibilité de nous qualifier pour la suite de la compétition. Cependant, il faut faire quasiment un exploit tout en comptant sur les faux pas de nos challengers pour espérer poursuivre l’aventure. Ce qui est tout à fait plausible en football, mais bon, on sait bien que dans notre groupe, on n’est pas forcement les favorites. Les trois premiers matchs que nous avons livrés nous serviront de leçons d’apprentissage pour corriger les lacunes pour les cinq autres matchs qui restent.

Ialtchad Presse : Comment faire pour rendre le football tchadien professionnel et plus compétitif ?
Japhet N’Doram :
Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Le premier c’est l’incohérence dans l’organisation que ce soit au niveau de la ligue, qu’au niveau de la fédération. Le deuxième problème est un constat technique et c’est assez important. Nous avons des jeunes joueurs pétris de talents mais qui n’ont plus de base parce qu’ils passent du quartier pour jouer directement en première division. Ils n’ont pas de base qui leur permet de faire des compétitions.

Ialtchad Presse : Le technicien que vous êtes, est-il sceptique?
Japhet N’Doram : Je suis plutôt optimiste. Il y a de la volonté manifeste et perceptible du côté de nos dirigeants. Maintenant, il faut savoir se concerter pour relever le niveau de notre football. Je pense que l’objectif principal serait de revenir à la base, prendre les jeunes et pouvoir les former, leur donner les bases qui leur permettra d’être compétitifs.

Ialtchad Presse : Qu’est-ce que vous faites de concret pour la promotion du sport tchadien notamment le football ?
Japhet N’Doram :
Concrètement, je ne peux me targuer de quoique ce soit si ce n’est les couleurs de mon pays que j’ai défendu et que je continu de défendre bien que j’ai reçu plusieurs propositions juteuses ailleurs. Je reste toujours en contact permanent avec le football tchadien. Je suis impliqué et je suis entrain de voir dans quelle mesure essayer de relever notre football qui est en perdition depuis quelques années. A partir de ce moment là, ensembles avec les pouvoirs publics et les instances en place, on verra dans quelle mesure mettre un système en place pour nous permettre d’aller de l’avant.

Ialtchad Presse : Et si on vous confie les rênes de l’équipe nationale ?
Japhet N’Doram :
Aujourd’hui, je dirais non parce qu’il y a en place un entraineur qui essaye de faire de son mieux avec les moyens de bords. N’doram ne fera pas de miracles dans l’immédiat. Cependant je m’inscris dans l’avenir  si on venait à me confier les rênes de l’équipe nationale. C’est une grande responsabilité que j’assumerai avec fierté en tant que fils du pays.

Ialtchad Presse : Quel message donnerez-vous aux jeunes qui veulent emboiter vos pas ?
Japhet N’Doram :
Le message que je peux leur transmettre, c’est de toujours bosser dur et ne jamais courber l’échine et se résigner. Seul le travail libère l’homme. Il faut des motivations réelles pour permettre à nos jeunes de ne pas baisser les bras. Cela nécessite d’énormes sacrifices sur tous les plans. La jeunesse tchadienne est courageuse et j’ai confiance en elle pour porter haut les couleurs de notre patrie un jour. Cependant, j’insiste qu’ils soient avant tout passionné du football.

Ialtchad Presse : votre dernier mot….
Japhet N’Doram :
Je trouve que vous faites un travail formidable pour un jeune Magazine que le votre. Je vous exhorte d’aller de l’avant et de promouvoir d’avantage le sport, la culture de notre terroir tout en contribuant à l’instauration définitive de la paix dans notre pays. Quand il y a la paix, le développement s’ensuivra.

Interview réalisée par Hamid Kodi & Dingamnaïel Kaldé

Nadjina la sprinteuse tchadienne la plus titrée

Ialtchad Presse : Pas de doute, tout le magazine ne peut suffire pour rappeler votre remarquable carrière sportive. Vous êtes la sprinteuse tchadienne la plus titrée de tout le temps avec quatre records nationaux : 100m ; 200m ; 400m et 800m. Vous avez été championne d’Afrique, quatre médailles d’or aux jeux de la francophonie. Que devient la gazelle ?
Kaltouma Nadjina :
La gazelle est là, dans la vie comme sur la piste et bien dans ses jambes. D’ailleurs, en septembre dernier j’ai prouvé de la plus belle façon avec les deux médailles d’or aux jeux de la francophonie à Beyrouth. J’ai défendu mes deux titres soit le 400 mètres plat dames avec un chrono de 51 sec 4/100 et le 200 mètres avec un chrono de 23.09 en battant mon propre record de 23.15 sec des 5ème jeux de la francophonie.

Ialtchad Presse : Après plus de quinze ans de carrière sportive avez-vous le sentiment d’avoir accompli votre mission ?
Kaltouma Nadjina :
Oui j’ai accompli ma mission en termes de carrière sportive. Le bilan est là. J’ai été plusieurs fois championne d’Afrique, médaillée des championnats du monde d’athlétisme en salle à Birmingham et sextuple médaillée francophone.

Ialtchad Presse : Vous êtes mère d’une petite fille, comment conciliez-vous famille, carrière et études ?
Kaltouma Nadjina :
En général, je m’en sors parfaitement par la grâce de Dieu. J’ai le support de toute ma famille et surtout celui de mon mari qui m’encourage dans toutes mes activités. Aussi la présence de ma belle-famille au Canada comble mon absence de temps en temps auprès de ma fille. Elle est bien entourée. Après la piste et les entraînements, je m’occupe de mon foyer en tant que femme Africaine.

Ialtchad Presse : Depuis dix ans ta résidence permanente est à Calgary, capitale de l’Alberta une des provinces de l’Ouest canadien, parlez-nous de votre ville.
Kaltouma Nadjina :
Calgary est ma deuxième ville d’accueil au canada après Vancouver. Je m’entraîne dans cette ville depuis dix ans. Les gens sont sympa la plupart des athlètes dans la province d’Alberta me connaissent. Calgary est une ville propre et agréable pour vivre en famille. Le coût de vie dans cette ville est trop élève. Elle est même classée la troisième ville la plus chère au Canada, c’est la province pétrolière.

Ialtchad Presse : Quels sont vos projets ?
Kaltouma Nadjina :
Pour le moment, nous avons entamé le projet de construction d’un club pour la jeunesse Tchadienne. Ce club sera à la disposition des pépinières en athlétismes au Tchad.

Ialtchad Presse : Un message aux concitoyens ?
Kaltouma Nadjina :
Paix. Paix. Paix, c’est la mission de chacun de nous tous ici. Le Tchad regroupe de nombreux talents qu’il faut juste soutenir. Hélas sans la paix, rien ne peut se faire. En tant qu’ambassadrice de bonne volonté, j’œuvre pour la paix dans mon pays. Je profite de votre tribune pour lancer un appel à tous les Tchadiens, surtout à la jeunesse d’être optimiste et de prendre au sérieux tout ce qu’elle entreprendra. Mes remerciements à toute l’équipe de Ialtchad Presse

Moussa Yayami, Hamid

Capitale politique et siège des institutions du pays, N’Djaména est aussi la capitale du Mouvement sportif tchadien car c’est à N’Djaména où se trouvent les sièges des organes dirigeants du sport 250 associations. Toutes les 250 associations et fédérations sportives que compte le pays ont pignon sur rue à N’Djaména  qui abrite le siège du Comité Olympique et  Sportif Tchadien et le siège de la discipline reine qui est la Fédération tchadienne de football Association.

Ces dernières années, La capitale a bénéficié  d’infrastructures sportives avec la construction des stades dans les arrondissements. La pratique du sport dans la capitale n’est plus l’panage des sportifs pratiquants. Depuis que le sport figure dans les ordonnances, les N’Djaménois et N’Djaménoises pratiquent de plus en plus le sport pour des raisons de santé. A tous les niveaux, les N’Djaménois pratiquent le sport et il suffit de  se rendre au stade Idriss Mahamat Ouya et dans certains stades d’arrondissement pour apprécier le regain d’intérêt pour le sport qui se dégage chez les N’Djaménois et N’Djaménoises. Le visiteur qui débarque à N’Djaména ne manquer pas de terrain de sport pour  faire quelques exercices physiques.

La vocation sportive de la capitale tchadienne ne saurait être démentie dans la mesure où la ville vient de vibrer au rythme sportif avec le lancement officiel des activités du mouvement sportif tchadien qui a été marqué le 9 février 2019 par un gigantesque défilé qui a regroupé 250 associations et Fédérations sportives au stade Idriss Mahamat Ouya.

 Cette manifestation est un événement de taille dans la mesure où, l’occasion a été donnée organisateur, de mobiliser les acteurs et promoteurs du sport, pour revitaliser et redynamiser le mouvement sportif dans la capitale et dans le reste du pays. Dans leurs messages, ils ont  indiqué que le sport occupe une place de choix dans la 4ème  République et N’Djaména la capitale doit être  la capitale du Mouvement sportif tchadien.  

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