jeudi 16 septembre 2021

Guy Djikoloum connu sur le nom de Sultan est un de nos rares confirmés artistes. Talentueux rappeur, Sultan n’a pas tardé à comprendre que le Rap est un vecteur de conscientisation par excellence. Avec ses paroles revendiquées, Sultan s’impose comme l’ambassadeur par excellence de la jeunesse. A vous de le découvrir à travers ces quelques lignes.

Ialtchad Presse : Bonjour Guy ! Présentez-vous à nos lecteurs ?
Sultan :
Je suis sultan Rappeur Tchadien, mon nom à l’état civil Djikolom Guy.

Ialtchad Presse : Pour ceux qui ne connaissent pas ton histoire, comment as-tu commencé à faire de la musique ?
Sultan :
J’ai commencé la musique très jeune. D’abord j’ai commencé par les play-back, et plus tard en classe de 6e j’ai commencé à écrie mes chansons. J’ai intégré le groupe Komplyce en 1994 et j’ai fait ma première scène la même année au CCF de N’djamena. Voilà c’est partie pour l’aventure.

Ialtchad Presse : Sultan en solo et en même temps leader du groupe Otentic, faites nous une brève rétrospective du parcours ?
Sultan :
Oui !  C’est qu’on était un groupe de cinq personnes au départ. En 2003, on part pour Ouaga ou on a fait l’Album « Wakitt-Tama » qui est notre 3e album en 2006 pour des raisons familiale quelque éléments du groupes on quitté le navire, du coup je me suis retrouvé seul et il fallait que je m’assume. Voila pourquoi je me suis retrouvé en solo et engendrer l’Album « Ikun » dont le titre enfant soldat est sur toutes les lèvres.

Ialtchad Presse : Quand on parle de la musique tchadienne vous vous attendez à quel genre de sonorité ?  Est-ce celle faite par tout tchadien ou seulement celle faite sur des percussions du terroir ?
Sultan :
Je ne connais pas de frontière à la musique. Il appartient à chaque artiste de valoriser les rythmes et sonorités de son terroir pour apporter une originalité à sa création. Le Tchad est un pays très riche en sonorités musicales et pour partager cette richesse avec le reste du monde, il va falloir observer un certain nombre de règles de la musique et du showbiz.

Ialtchad Presse : Ce n’est pas à démontrer, la musique tchadienne a toujours eu des soucis pour s’exporter. Votre opinion ?
Sultan :
Oui! C’est vrai. Cependant si la musique tchadienne peine à s’exporter c’est parce qu’il y a un manque cruel d’infrastructures discographiques comme les maisons de disque et de distribution, des tourneurs de spectacle, etc. Sinon notre musique a fait ses preuves, elle est bien apprécier à l’étranger.

Ialtchad Presse : Quel regard portez-vous sur la place qu’occupe la musique au Tchad ?
Sultan :
Ca dépend. Si c’est auprès des tchadiens, la musique occupe une place très importante car à travers nos œuvres nous interpellons les gens à une prise de conscience collective sur les phénomènes que nous vivons au quotidien. Et ça, les tchadiens l’ont bien compris. L’artiste est le miroir de la société. Cela dit, il reste beaucoup à faire du coté du gouvernement. Il nous faut une vraie politique culturelle et des investissements dans les infrastructures pour la promotion de la culture en général.

Ialtchad Presse : Sultan comme Ministre de la Culture, quelles seront vos priorités ?
Sultan :
Comme ministre de la culture mes priorités seront de valoriser l’art tchadien et faire tout pour que les artistes tchadiens aient un statut. La contribution de l’art pour l’unité du peuple est immense. L’art on peut vendre l’image positive du Tchad à l’extérieur.

Ialtchad Presse : Vos projets, Sultan ?
Sultan :
A court terme je produirai bientôt un jeune rappeur qui s’appelle Rayis ki. Ensuite je compte monter un festival pour décembre. A long terme c’est l’enregistrement de mon prochain album qui me mettra sur la route d’Afrique et d’Europe.

Ialtchad Presse : Une dédicace pour Ialtchad Presse ?
Sultan :
Je n’ai jamais douté qu’un autre Tchad est possible et Ialtchad Presse fait partie des prémices de cet avènement. Continuez, la jeunesse vous sera reconnaissante. Merci de me rendre visite.

Interview réalisée par Dingamnaïel Kaldé Lwanga

MATANIA : « Le don de chanter nous viens de Dieu »

Sorties de la chorale de l’Eglise Apostolique de Moursal, les cinq filles qui constituent le groupe Matania, le seul groupe musical féminin du Tchad confie dans Ialtchad Magazine la genèse du groupe, ses ambitions et les difficultés qu’il rencontre. 

Ialtchad Presse : Bonjour les filles ! Présentez votre groupe à nos lecteurs.
Mariam Matania : Nous sommes les filles de Matania. Nous étions sept filles au départ. Actuellement, nous sommes restés cinq. Je suis Mariam Toufdi, notre leader vocale ici à mes côtés s’appelle Ménodji Clarisse, il y a Florence Toufdi, Brigitte Mbatalbaye, et enfin Patricia Tébébaye.

Ialtchad Presse : Y a-t-il une signification particulière à « Matania » ?
Ménodji Matania : Matania est un nom tiré de  la Bible qui signifie le don de l’Eternel en Hébreux. Nous sommes vous et moi le don de l’Eternel. Puisque nous sommes crées à l’image de Dieu, il faille que nous lui rendons en retour louange et adoration d’où la genèse même de notre groupe.

Ialtchad Presse : Depuis combien d’années existe Matania et comment a été créé le groupe ?
Ménodji Matania :
Matania existe il y a de cela neuf ans déjà. C’est à l’Eglise Apostolique de Moursal à partir de la chorale qui préparait les veillées de Noël. Après, on a concerté nos Pasteurs afin de créer une autre chorale au sein de l’Eglise. Leur réponse était catégoriquement NON, pour la simple raison que le groupe H’SAO (Hirondelles SAO) est parti de la même manière et qu’ils ne voudraient pas que le même scénario se répète.   

Ialtchad Presse : Quelles sont les raisons fondamentales qui vous ont poussé a crée Matania ?
Mariam Matania : Mise à part Mounira Mitchala que nous connaissons à l’époque, et qui est la seule femme à faire de la musique, la gente féminine était quasiment inexistante sur la scène musicale tchadienne et nous avons décidé très jeunes déjà à nous imposer, parce que le talent, la volonté et tous les « ingrédients » sont réunis pour nous permettre de réussir musicalement.

Ialtchad Presse : Quel est votre genre musical ?
Ménodji Matania : Nous mélangeons les sonorités traditionnelles à celles modernes pour un genre dit world music. Notre musique est transfrontalière.

Ialtchad Presse : Des filles choristes qui changent de cap en faisant de la musique profane. Quelle est l’appréciation des membres de votre église ou de votre entourage ?
Mariam et Ménodji :
Les membres de notre Eglise ont toujours dit que les filles qui font de la musique, sont des prostituées. Il faut prendre cela comme des préoccupations et l’instinct de protection des parents. Les pesanteurs socioculturelles sont très vivaces au Tchad jusque-là et il y a lieu de tolérer certaines prises de position catégorique des parents et de notre environnement proche. Cependant, le mieux serait d'orienter les jeunes que d’avoir de l’a priori à tout bout de champ sur eux. On a été traité de tous les noms, des oiseaux de mauvais augures mais nous prenons cela comme des challenges pour nous permettre de progresser.

Ialtchad Presse : Quelles sont vos réalisations musicales ?
Mariam Matania :
Nous avons un album « Talou ni loumou » qui veut dire rassemblons nous. Cet album comporte huit titres qui parlent de la paix, de l’injustice, de la situation précaire des orphelins, de l’amour et nous nous insurgeons des affres des guerres.  Nous avons remporté la médaille d’or au Niger lors des jeux de la Censad l’année dernière.

Ialtchad Presse : Quelles sont les difficultés que vous rencontrées ?
Mariam et Ménodji :
Nous n’avons pas de structures et des cadres pour nos répétitions et éventuellement pour nos spectacles.

Ialtchad Presse : Quels sont vos projets ?
Ménodji Matania : Nous travaillons pour notre deuxième album et nos clips. Nous allons ouvrir un orphelinat et voyager partout dans le monde.

Ialtchad Presse : Votre dernier mot……
Ménodji Matania : Nous voudrons remercier notre mentor Hassan Sylla pour son soutien, nous voudrons aussi remercier tous fans et enfin toutes nos reconnaissances à Ialtchad Presse pour cette importance qu’il accorde aux artistes tchadiens.

Interview réalisée par Dingamnaïel Kaldé Lwanga

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