vendredi 3 décembre 2021

Pendant que certains responsables politiques regrettent d'avoir soutenu bec et ongles le président Deby, d'autres le qualifient de l'un des meilleurs chefs d'état que le Tchad ait connu et qu'il a apporté une véritable démocratie aux Tchadiens. Pendant que les uns le qualifient d'incarnation du désastre et du désordre, d'autres le qualifient d'un démocrate, loyale et soucieux du bienêtre de son peuple et de son pays et c'est la' la raison de sa longévité au pouvoir. Pendant qu'il est qualifié de premier responsable des dérives de la DDS et qu'il est connu pour son immoralité et ses détournements de biens publics par certains, il est vu comme un chef d'état-major discipline', qui n'a fait qu'exécuter des ordres et combattu pour son pays comme tout patriote exemplaire l'aurait fait.

Bien, en mettant de cote' la personnalité de Deby, qu'en est-il de l'état actuel du Tchad sur le plan économique, social, environnemental, politique, culturel, scolaire, sécuritaire ainsi que sur le plan des infrastructures et la liste peut être encore longue. La catastrophe a atteint son paroxysme dans tous ces domaines précités et pendant que la plupart des gens se demandent par quel miracle le Tchad tient encore debout, certains politiciens insouciants des problèmes du peuple se querellent sur les qualités et les défauts de leur ancien chef et bienfaiteur. Bien qu'étant président, Deby ne peut imposer sa volonté a toute la classe politique et de surcroît au peuple sans la complicité explicite de son entourage politique et familial qui accepte tous les caprices, même les plus ignobles, quoi que si l'entourage familial du président est bien connu, l'entourage politique ne peut être défini par aucun dictionnaire car tous les soi-disant politiciens(de l'opposition ou pas) ont défiles devant la porte du palais présidentiel a un moment ou un autre pendant ces 15 ans de règne pour bénéficier des largesses de l'empereur.

Alors s'il vous plaît arrêtez ces manœuvres politiques, cette hypocrisie connue de tout le monde et pour une fois pensons à ce pays en délabrement et en passe d'être hante' par les démons de la guerre. Pourquoi, nous Tchadiens, on a toujours tendance a' chercher des solutions dans la guerre ? Serions-nous incapables de trouver des solutions par le débat et le compromis ? A-t-on pense' aux conséquences humaines et socio-économiques d'une nouvelle guerre ? En quoi un autre changement par les armes pourrait-il être mieux que celui d’hier ? Les demandeurs de changement d'aujourd'hui ne sont-ils pas les hommes forts d’hier ? Une guerre n'est-elle pas toujours plus facile de la commencer que de la terminer une fois commencée ? Rappelons-nous des exemples récents de l'Iraq et de la Cote d'ivoire. Personne n'avait prévu que la guerre durerait autant. Réfléchissons avant d'agir car le contraire ne peut que ruiner les minces chances qu'on a encore d'échapper à un nouveau Libéria, Somalie ou Haïti.

Pour l'amour du Tchad, PEUPLE TCHADIEN, du petit au grand, du politique à l'apolitique, du riche au pauvre, de l'agriculteur au fonctionnaire, DEBOUT ET A L'OUVRAGE, conquérons nos droits et notre liberté que toutes les constitutions successives nous confèrent depuis octobre 1958.

Il y'a une arme beaucoup plus destructrice et fatale que les kalachnikovs et les M16 pour se faire valoir de ses droits, c'est la MANIFESTATION, faisons-en usage. Des manifestations pacifiques et disciplinées doivent non seulement souder la population entre elle mais elles obligeront les politiques a' aller dans le sens du peuple. On ne peut plus se permettre de s'asseoir en arrière et laisser des irresponsables chroniques décider à notre place, il est grand temps de se faire entendre, de prendre notre destin en main, refuser de rester sur le banc de touche et se faire marginaliser.
Chers compatriotes croyons au pouvoir de la démocratie mais soyons-en certain, jamais une vraie démocratie ne s'installera au Tchad tant que le pouvoir de l'amour ne surpassera pas l'amour du pouvoir.

Oumar Issa Senoussi

La SENAFET est perçue comme une semaine de la femme Tchadienne à l'occasion de laquelle ces dernières se retrouvent pour pouvoir passer en revue les différents maux qui entravent leur épanouissement dans la société tant sur le plan social, économique et professionnel.

Ces activités sont menées pour pouvoir solutionner ou pallier leurs difficultés majeures qu'elles soulèvent. En ville, cette semaine est un grand évènement tant attendu par les femmes. Cela leur permet d'associer les rurales pour solutionner leurs problèmes. Fort malheureusement, l'association est minime et insignifiante du côté des rurales surtout sur les initiatives et les décisions. On assiste chaque année à des séminaires, des débats, rencontres permettant aux femmes de discuter pour se faire valoir et se faire reconnaître comme un être apte à jouir de mêmes prérogatives que les hommes.

En même temps, des activités telles que les expositions sont organisées pour promouvoir les produits fabriqués par la gente féminine.

Des propositions sont faites par-ci et là par les sœurs pour améliorer leurs conditions sociales et trouver des mesures leur permettant de faciliter les tâches dans leurs travaux quotidiens.

D'une manière générale, toutes les femmes se mobilisent pour pouvoir apporter leur pierre à l'édifice. Le problème que nous devons soulever est de savoir quel est le degré d'implication de celles-ci en milieu rural et urbain.

Parlant de maux, les femmes en milieu rural sont plus exposées que leurs sœurs en milieu urbain. Plusieurs facteurs entrent en jeu tels que le poids de la tradition dont l'application y étant plus accentuée soutient l'écart de la femme, la pauvreté, le manque d'infrastructures adéquates, d'opportunités et j'en passe.

Tous les jours depuis des millénaires, au premier chant du coq, les femmes sont debout, pagnes retroussés pour une longue journée de labeur. Elles seront au puits tirant l'eau pour le bain du matin, elles seront aux champs, courbés (souvent avec un bébé au dos) sur la terre asséchée à la recherche de condiments pour le repas des hommes. Et comme tous les jours elles se rendront dans la forêt, houe pendue sur l'épaule, à la recherche de bois mort. En bref, la femme en milieu rural est celle par qui passe l'apport du minimum vital, c'est-à-dire elle est la personne qui assure la prise en charge de la famille tant sur le plan financier que nutritionnel. Malgré tout cela, elles sont battues, humiliées, mal nourries, mal aimées et enrôlées dans la polygamie infinie sans jamais avoir droit ni à la parole, ni au choix décisif concernant leur avenir et celui de leurs enfants. Fatalité de la vie ou ironie du sort ?

Les femmes vivent dans des conditions rudimentaires et elles ne l'ignorent pas mais sont-elles résignées ou n'ont-elles pas d'autres issues ?
 
Gisèle Halimi, d'origine tunisienne, avocate, écrivain, ancienne ambassadrice de France à l'UNESCO et conseillère spéciale de la France à l'ONU, l'affirmait éloquemment :

« La femme n'est pas une catégorie, pas plus que l'homme n'en est une. La femme est une moitié et, à l'intérieur de ces deux moitiés de l'humanité, il y a toutes les catégories, les jeunes, les immigrés, les vieux, les handicapés, etc. Ce qui compte, par conséquent, c'est de faire en sorte que la différence fondamentale entre ces deux moitiés, au lieu d'être une source d'infériorisation et d'une identité réductrice, soit au contraire une source d'enrichissement des hommes et des femmes. »

Si le pays est dans son état actuel de délabrement c'est qu'il n'a jamais su redonner aux femmes qui représentent la couche la plus nombreuse et la plus active de nos sociétés, les droits fondamentaux qu'elles méritent dans le cercle familial et national des prises de décisions.

 Bien que les femmes en ville, actrices principales de ces journées ne peuvent pas mesurer exactement la teneur de ce que vivent au quotidien leurs sœurs en milieu rural, cela ne les empêche pas de chercher comment concilier les objectifs de leur émancipation dans le monde avec leurs différentes réalités. Comment, par exemple, une Sarah et une Gorane peuvent-elles partager, dialoguer dans ce « combat commun » ? Comment la Kanembou et la Massa peuvent-elles se mettre au même diapason, faire fi des particularités individuelles, pour se retrouver côte à côte et parler d'une même voix ? Comment trouver un consensus à partir de cette « alliance » même si les unes et les autres ne connaissent pas nécessairement les mêmes problèmes ? Est-ce une chimère que de penser à un dialogue commun en transcendant les décalages culturels et les diversités religieuses ? Bref, le temps du silence est révolu.

Cela va sans dire que toutes les recommandations ne peuvent être appliquées quand on sait souvent qu'il existe des diversités culturelles ; ce qui fait que ce qui peut être positif dans une zone ne peut l'être dans une autre. L'idée principale est de s'unir et d'échanger sur les conditions souvent misérables des femmes. Ne dit-on pas que l'union fait la force ? En se serrant les coudes, les Tchadiennes constitueront une force extraordinaire et efficace.

Une chose est certaine, on peut constater qu'indépendamment des origines, les femmes vivent des problèmes communs. Et même si ces problèmes connaissent des divergences, on constate que sur de nombreux points le combat des femmes est semblable. Le moins que l'on puisse dire est que la question des femmes se pose avec acuité. Dans tous les pays du monde, industrialisés comme en voie de développement, des voix s'élèvent pour dénoncer les injustices dont les femmes sont victimes. Quoiqu'il faille reconnaître que la condition des femmes est très hétérogène dans le monde, néanmoins, toutes ensemble, elles parviennent à trouver des points communs pour améliorer leurs conditions de vie. « Le monde des femmes est fait de points communs et de différences. Les points communs sont nombreux : partout les femmes sont chargées de mettre au monde et d'élever des enfants, de constituer et d'entretenir des familles, elles sont également responsables de la contraception. Partout les femmes sont confrontées à des rôles aux exigences contraires. Riches ou pauvres, nous avons les mêmes préoccupations concernant la santé, nous sommes vulnérables à la violence et à la pandémie du siècle qui est le sida, à l'exploitation de notre sexualité.

Il est temps que le Tchad se décide à redonner à la femme ses droits humains fondamentaux sans lesquels aucun processus de développement ne peut aboutir aujourd'hui, car le monde évolue vers l'état de droit impliquant systématiquement le respect des libertés individuelles et un renforcement institutionnel des droits des citoyens, hommes et femmes compris. Certes, les femmes ont des potentialités intellectuelles assez élevées mais elles n'en sont pas convaincues et c'est cela leur faiblesse. On se demande si au sortir de ces débats, les femmes continuent leur lutte pour l'application des recommandations qui s'en sont suivies. On ne peut arriver à ses fins que quand on est convaincu de ce que l'on est en train de faire. D'une part il y a les conditions et les critiques sociaux et de l'autre, l'égocentrisme masculin. En somme, la lutte est longue et on ne doit pas croiser nos bras et attendre seulement ce laps de temps pour mettre au point nos stratégies car l'on a tendance à faciliter à la femme ce qu'elle fait en la circonstance. L'accepter serait comme un gâteau servi. Les Tchadiennes profitent de la SENAFET pour montrer aux hommes qu’elles ne sont pas faites pour consentir l'affrontement dans l'humiliation mais qu'elles sont capables de se battre pour l'avoir.

Les hommes eux pensent que SENAFET est un moment organisé pour permettre à la femme de se défouler, de se ridiculiser ou pire que je ne saurais dire, en faisant du tapage en attendant l'année suivante. Battons-nous avec cette détermination et cette ténacité afin de nous frayer un chemin nous permettant d'accéder à la place à laquelle on aspire mais n'acceptons pas ce don qui représente le 1/52ème du gâteau. Se taire ne veut pas dire accepter la situation, mais les femmes jugent sage de garder leur énergie pour chercher les moyens qui sont en leur faveur c'est-à-dire, ceux avec lesquels elles sont sûres de remporter la bataille, et, SENAFET est une opportunité. Malheureusement, chaque année, les thèmes qui reviennent ont presque les mêmes approches (la femme en actrice opprimée). Si on accepte le fait que derrière un grand chef, se trouve une grande femme, alors, SENAFET et JIF ont toutes leurs raisons d'être.

De tout ce qui précède, il faut que les hommes se détrompent de penser que nous avons accepté que tout le reste est SENAHOT (Semaines Nationales des hommes Tchadiens) mais qu'ils sachent que c'est SENAFET (qui ne dis pas son nom) dans la recherche de voies et moyens qui seront exposés du 1er au 08 mars de chaque année.

Wahilo Diguera

Nous sommes au XXI ème siècle il est vrai mais, cherchons-nous à voir si nous évoluons avec notre époque ? Qui dit évolution ne prend pas seulement en compte le côté matériel mais l'évolution tant matérielle que spirituelle. Ce n'est pas notre pays qui est pauvre (pour ainsi ne pas dire miséreux) mais c'est notre esprit qui l'est.

Cherchons à évoluer pas dans le sens d'imiter les autres dans leur mode de vie mais en sachant ce qu'on fait et ses avantages futurs. Évoluer ce n'est pas seulement réussir à embellir sa vie par tous les moyens mais, savoir exploiter les opportunités dans l'intérêt général avec une vue sur le long terme. Pour cela, il faut être créatif avec des principes s'appliquant à notre vie.

La créativité est cette indispensable faculté qui permet de relever tous les défis que la vie nous propose. Chacun de nous la possède mais peu savent l'exploiter et la développer. De plus soyons conscients que toute entreprise humaine est ouverte au risque, donc, on doit plutôt percevoir tout problème comme une opportunité déguisée et ne pas s'attacher à un seul point de vue.

Comment peut-on concevoir que de nos jours, la jeunesse (dite pierre de lance de la nation) ne puisse rien innover ou s'en soucier en général ? On a toujours affirmé que ce sont les jeunes qui sont l'espoir de demain et personne ne détient un pouvoir de décision sur le devenir de la jeunesse si ce n'est elle-même ?

Hier, nos parents étaient la jeunesse et n'ont pu sortir le Tchad de son gouffre, si aujourd'hui nous restons tranquilles sans nous réveiller on sera conscients quand on aura atteint la vieillesse, demain, ce sera le tour de nos enfants d'être la jeunesse» et nous relayant ainsi par corollaire l'espoir de changement par les jeunes, de génération en génération. Cette phase ne doit pas être perçu comme une simple transition mais une période de concrétisation et de bataille tous azimuts. N'est-il pas dit qu'il faut battre le fer quand il est chaud.

Dans notre capitale, il est courant de trouver des groupes de jeunes (par manque d'occupation tout au long des avenues ou dans des quartiers, attroupés devant des maisons, s'adonnant à des activités non lucratives telles les causeries et observations des passant & suivi de critiques ou commentaires, du matin au soir. Pas le temps de suer pour avoir un gain, mais prêt à s'accaparer de ce qui leur est tendu gratuitement. Les jeunes doivent être responsables dans leurs âmes et consciences. Quand on ne veut pas souffrir, (persévérer ou surmonter des obstacles), on ne peut pas non plus prétendre être fier de sa personnalité et s'attendre au respect mérité dans la peau de notre personnalité, pas respect à l'égard de cette personne qu'on est. La manne, il est vrai est divine mais ne dit-on pas aide toi et le ciel t'aidera.
De toute façon, il n'est pas besoin de le nier, ces jeunes réagissent ainsi car ils n'ont pas une vision sur le long terme en tête. Vivre au jour le jour épargne des tracasseries dans le présent mais bonjour les regrets une fois dépassé le stade de la jeunesse. Essayez par vous-même l'expérience entre la façon de dépenser l'argent dont vous avez travaillé dur pour acquérir et, celui qui vous est offert ou avez acquis facilement.

La projection sur le long terme est négligée sur presque toute l'étendue du pays puisque les fonctionnaires ne pratiquent pas ce qu'on appelle épargne par manque de moyens Pour le moment évitons de rattacher ce sujet au notre.

Il n'est pas honteux de suer pour gagner son pain mais ces jeunes (certains diplômés) se gonflent d'orgueil au point de ne pas accepter ce qu'ils appellent sous métier. C'est l'expérience qu'on a qui peut nous aider à faire plus et chaque situation en a qui peut nous être d'une grande utilité.
Souvent, c'est en étant dans un circuit qu'on peut exploiter les opportunités de faire ce qu'on souhaite. De plus, entre la mendicité déguisée qu'ils pratiquent et le petit gain, le second est digne d'une personne valide même si elle est hautaine.

Sans l'esprit, la richesse matérielle n'est rien car si on n'est pas intelligent, même si on hérite de quelque chose, on peut se retrouver après quelque temps, près du point de départ par contre, avec un peu de créativité, on peut le fructifier. Il est vrai que nos dons et potentialités divergent mais malgré cela, chacun peut y trouver son compte s'il cherche à faire un effort.

Entre se réveiller et courir pour rattraper les autres et somnoler en trébuchant, la jeunesse doit choisir en sachant ce qu'elle est sensée en récolter.

Wahilo Diguera

Les tchadiens sont désorientés et ont mal à la démocratie. Ce malaise comme cri de détresse et de désespoir des millions de tchadiens qui bravent chaque jour que Dieu fait soleil, chaleur, et autres intempéries à la recherche tout au moins du manger et du boire. 

Ce malaise comme cette chronique qui met à nue les nombreuses plaies qui nous pourrissent et nous rongent l’existence. Ces plaies ont pour noms : l’impunité au sommet de l’Etat, la grande corruption qui ronge l'appareil économique comme de l’acide sulfurique et engraisse une poignée d’individus qui s’enrichit illégalement et entraînant l’appauvrissement illégal d’une classe multitude, le développement de l’affairisme au sommet de l’Etat, la gestion unilatérale et opaque des ressources propres dans l’administration que dans les structures de l’Etat, les manœuvres frauduleuses dans l’attribution des marchés et commandes en causant d’importants préjudices financiers à l’Etat, la faible fiabilité d’une justice déjà engagée-expéditive et discréditive, le manque d’éthique dans la pratique de la politique nationale, la légèreté et le laxisme dans la conduite des affaires coiffés par un népotisme flagrant, et le développement grandissant de l’insécurité.

Dans ces conditions, l’objectif démocratique s’éloigne de jour en jour tandis que les tchadiens sombrent dans la précarité.

Le Tchad depuis son accession à la souveraineté internationale est pris en otage par ses propres dirigeants qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le peuple.

Il n’a connu que des Républiques Bananières où l’Etat a complètement démissionné avec une autorité parterre. Conséquence le pauvre peuple meurtri par des guerres d’usure est jeté dans la poubelle voire noyé dans la boue puante en l’étouffant. 

 Tous les espoirs sont enterrés même le vent de démocratisation qui a soufflé un peu partout dans le monde en l'occurrence en Afrique au début des années 1990, les tchadiens n'ont pas pu respirer correctement son air nonobstant le renversement de la sanglante et terrifiante dictature de HISSEIN HABRE.

En outre le plus alarmant, la conférence nationale souveraine tenue à N’Djamena du 15 Janvier au 7 Avril 1993 qui devrait redonner confiance au peuple et permettre l’avènement d’une nouvelle ère d’espoir et de stabilité a été un fiasco, une occasion ratée où l’intelligence a déserté le forum en faisant place à une médiocrité notoire. Cette médiocrité s’explique par le fait que nos chers illustres conférenciers se sont comportés comme des humoristes de mauvais goût en amusant la galerie et étalant leur talent dans un show avec un de flot de verbiage et de baratin creux. Ils ont systématiquement dénaturé ces assisses en les transformant en une tribune de règlements de comptes où aucune vérité n’a été dite. Alors qu’ils devraient nécessairement et copieusement établir un diagnostic sans complaisance des maux cruciaux dont souffrent note chère patrie la Nation-Tchadienne et en proposer des solutions adéquates pour y remédier.

En revanche, dans certains pays qui se respectent ces fameuses conférences Nationales ont été de véritables coups d’Etat civils où toutes les décisions sont respectées solennellement et les conclusions sont sanctionnées par diverses mutations dont la plus importante concerne la situation politique avec apothéose l’avènement de l’alternance démocratique très salutaire. C’est le dynamisme des hommes politiques de diverses sensibilités ainsi que des catégories socio-professionnelles et confessionnelles du pays qui a permis le succès d’un tel événement de par son originalité. Mais au Tchad le constat est amer les vieux des guerres fratricides ont repris avec plusieurs foyers de tensions en continuant de décimer la paisible population. Les responsabilités de cette négativité terrible se situent uniquement au niveau des acteurs de la vie politique, qui par manque d’options et de formations ont pour la plupart trahi le peuple puisqu’ils ont choisi de se prêter au jeu de la loi de l’espèce sonnante et trébuchante et de l’intérêt de classe. Aujourd’hui du fait de cette classe-là, les hommes politiques sont considérés comme des menteurs, des prostitués, des personnes sans parole donnée, « des personnes alitées » sans éthique.

En sus du comportement des politiciens on s’interroge sur l’existence d’une réelle opposition tchadienne digne de nom et capable de construire le renouveau démocratique tant souhaité et rêvé par le commun des tchadiens ?

En effet dans le contexte actuel force est de constater avec amertume qu’elle n’existe que de nom. Nos partis politiques en général sont des clubs électoraux et ayant à leur tête des chefs incontestés et incontestables. Et pourtant certains se réclament du social-démocrate. Après une succincte lecture des partis de l’opposition interne on observe un manque d'éthique, une maladresse autour d’eux. Pire encore ils prônent et encouragent, la discrimination, l’exclusion, le favoritisme, l’ethnocentrisme, le clientélisme.

L’essence d’une vraie opposition en principe réside dans son objectivité, son ambition à œuvrer pour la construction du pays et surtout dans l’éthique. Une opposition ne consiste pas exclusivement à s’opposer à un individu qui se trouve être l’adversaire mais plutôt à un système de mauvais augure qu’il faut combattre tout en étant d’abord représentatif sur le plan national. Et son credo doit être :" venir servir et non venir remplacer" car servir ses concitoyens est la plus noble des ambitions.

De plus le phénomène de la transhumance politique qui est monnaie courante dans cette opposition déchirée, divisée et évasive prouve combien de fois elle est absente.

Parlant des mouvements politico-militaires ou tout simplement l’opposition en exil dont les leaders sont en majorité des traîtres, des égoïstes, des hautains est moribonde, oisive et cauchemardesque. La trahison, les querelles intestines, le favoritisme, l’exclusion, le manque de cohésion dans la conduite des affaires, parfois une sorte de connivence déguisée avec le pouvoir en place sont les principaux maux qui les gangrènent, les affaiblissent et les conduisent vers encore plus de désolation et d’errance.

L’actualité qui défraie la chronique est le projet de la révision de la constitution du 31 Mai 1996 qui est voté par une majorité hyper écrasante de députés marqués à la culotte dans un parlement où se confondent opposition et mouvance présidentielle.

Cette constitution a été adoptée comme loi suprême de l’Etat et approuvée de manière formelle au vu et su du monde entier par un référendum. C’est un acquis du peuple. Une telle révision ne serait-elle pas un calcul politicien ou sa remise en cause ?

C’est vraiment de la pagaille d’y penser à toucher cette très jeune constitution malgré qu’elle renferme quelques insuffisances et contradictions comme toute œuvre humaine et qu’elle soit prévue par elle-même d’où viennent les velléités tonitruantes de cette révision si ce n’est des circuits d’intérêts ?

L’éminent constitutionaliste le Bâtonnier Maître Robert DOSSOU a relevé dans son allocution que deux types de révisions sont à distinguer fondamentalement l’une par voie conjoncturelle et l’autre par voie structurelle sans oublier celles qui sont d’ordre technique.

La seconde s’impose d’elle-même parce que les pensées évoluent dans le temps.

La première conjoncturelle n’est que pour faire plaisir aux chefs d’Etat pour leur éternisation au pouvoir ou la prorogation de leurs mandants qui sont constitutionnellement expirés. Ainsi une telle révision ne profite qu’au système en place en continuant de rouler le peuple dans la farine et s’accaparer massivement des richesses du pays et des fruits de la croissance économique. Donc le peuple tchadien doit être prudent parce que les révisionnistes par élan ont guetté des éléments très fébriles de révision structurelle pour glisser dans la constitution. Dans le contexte actuel où nous sommes à la phase informelle de la démocratie c'est-à-dire à l'apprentissage il est inconcevable et illégitime qu'on puisse parler d'une quelconque modification de la loi fondamentale. C'est de la pure stupidité de la part des dits partisans de s'accrocher fermement sur le principe de la légalité de la révision et en balayant du revers de la main celui de la légitimité soit par ignorance ou par insouciance vis à vis du peuple. Ne savent-il pas que vouloir défendre à tout prix le droit par le droit on risque de tordre le cou au droit et tomber une confusion épouvantable et ridiculisant. C'est une attitude politicarde qu'il faudrait bannir par tous les moyens et retenir qu'un vil profane du droit n'a pas un arsenal assez puissant pour soutenir le droit .Ainsi il leur est souhaitable de faire une consultation juridique ou d'avoir un minimum de culture juridique avant de soutenir le droit. Mais ce qui est suicidaire dans cette lignée figurent d'illustres juristes soit par ignorance ou par contrainte ou par pure opportunisme en recherchant ses propres intérêts. Ensuite comprendre qu'on ne légifère pas par de simples discours, conférences de presse ou interviews. Si on affirme et soutient que réviser est démocratique force est de remarquer qu'on s'éloigne radicalement du concept de la démocratie en oubliant qu'il est par excellence la dictature des lois qu'on applique avec élégance même celles les plus répressives. Ce comportement des révisionnistes est la résultante de leur acculturation démocratique. Par conséquent toucher à notre loi suprême c'est remettre en cause tout le processus démocratique en cours. Ces parties visibles de l'iceberg nous justifient l'incapacité des révisionnistes à prouver au peuple du bout des doigts l'incohérence d'un tel ou tel article qui ferait l'objet de perfectibilité si n'est par voie conjoncturelle ou pour des circuits d'intérêts.

En définitive il est à retenir que de la manière qu'on ne touche pas aux textes sacrés que sont l'EVANGILE et le CORAN, on ne saurait non plus à toucher, du moins comme à certains textes tels que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme à laquelle notre constitution est comparable. Si aujourd'hui on ne peut pas reprendre cette déclaration qui pourtant ne dit rien pour condamner la Traite Négrière et la Colonisation alors ne toucher pas à cette constitution. Toutefois il en ressort qu'une éventuelle révision doit obéir à une périodicité de Trente (30) Ans soit l'équivalent du temps de sa gestion.

En dépit de tous ces maux, le TCHAD doit pouvoir sortir de cette situation chaotique et l'espoir doit renaître avec un grand optimisme puisqu'il doit y exister certainement des personnes vaillantes, intègres, et dignes pour gérer l'Etat afin redorer le blason démocratique et se hisser sur le podium des Etats normaux qui se respectent et ne baignant pas dans l'irrationnel, il urge alors de valoriser à nouveau la fonction politique au Tchad par la formation des personnes chargées d'animer la vie politique avec une vision durable d'une Économie au service de l'Homme. Cette valorisation doit passer nécessairement par:
    - l'exigence pour une qualification morale, sociale et technique de tout candidat à la fonction politique
    - l'interpellation de chaque citoyen afin qu'il travaille quotidiennement pour l'émergence d'une alternative véritable dans pays à travers le renouvellement qualitatif des hommes et femmes pour de nouvelles valeurs positives pour servir la nation
    - le suivi rigoureux des dispositions et des textes régissant la vie administrative et économique de notre pays.

    Notre pays doit reconquérir son droit à l'espérance et nous devons l'accompagner à franchir le cap : c'est un devoir de citoyen, c'est une exigence historique et c'est une mission engageante de conscience. Nous devrions trouver les moyens d'aller au-delà des péchés qui caractérisent notre classe politique et le mouvement démocratique dans notre pays et nous ancrer une fois durablement dans la réflexion et l'action au service du pays, du grand nombre et du nous-même.

    Ce qui soude les groupes et décuple leur efficacité ce n'est pas seulement les capacités intrinsèques de chacun de leurs membres, mais bien la mise en commun de leurs efforts et de leurs talents dans le cadre d'une vision partagée.

En l'élite politique doit être plus humble, plus tolérante et soucieuse du drame tchadien afin de faire prévaloir la primauté de l'intérêt général par rapport aux intérêts particuliers ou partisans ensuite la société civile qui se trouve être absente de la scène politique doit renaître activement en s'enracinant vivement dans la vie politique pour relever la patrie en cas de trébuchement............. Donnons-nous en partage une vision et une ligne pour le présent et l'avenir de notre pays.

Pour une Ligne Démocratique et Plus d'éthique.

NOURADINE MAHAMAT TAHER

Dans notre précédent article intitulé « Quelles réformes pour une diplomatie de développement au Tchad ? », nous avons mis en évidence les aspects généraux des dysfonctionnements au sein de certaines de nos représentations diplomatiques et dans quelle mesure nous pouvons contribuer à la redynamisation de la diplomatie tchadienne pour le développement national. Dans cette deuxième partie, nous allons tenter d’appréhender les avantages que nous pouvons tirer des pratiques diplomatiques et de leur évolution pour un réel développement de notre pays.

Le diplomate camerounais M. Jean Claude SHANDA TONME a considéré, dans ses mémoires d’un diplomate africain, que « la diplomatie est un art de cynisme éprouvé, constamment habillé dans un costume cousu de fausses convivialités, d’amabilités trompeuses, de ruses, d’ingratitudes extraordinaires et bien souvent d’égoïsmes mortels. Elle n’est en effet ni une science, ni une religion, mais une méthodologie indépendante de protection et de promotion des intérêts modulables selon le temps, les partenaires, les objectifs et les facteurs d’influence ». Il ajoute qu’on ne naît pas diplomate et on ne se forme pas pour devenir diplomate. Il y a tout un processus d’acquisition, d’héritage, de captage et d’adaptation aux exigences d’un métier qui est surtout une somme de trait de caractère, de fait d’armes et d’intelligence. Avoir étudié les relations internationales et être impliqué dans la structure active de conception ou d’exécution des stratégies d’un ministère des affaires étrangères ou d’une organisation internationale, ne confèrent point la qualité de diplomate.

Nous pensons, à quelques nuances près, que cette conception de la diplomatie de M. SHANDA TONME peut être profitable aux pratiques diplomatiques des Etats les moins avancés en général, et du Tchad en particulier, dans le sens que l’engagement personnel et habile, nourri d’une volonté et d’une expérience conséquentes, enrichi par ailleurs par une culture générale expansive et prospective, permet de dépasser ses habillages formels (convivialités, amabilités, formations ….) et d’approcher la réalité de la carrière diplomatique avec réalisme, dynamisme et flexibilité en vue de résultats tangibles.

Il est vrai que les réelles prédispositions caractérielles mêlées à un sens élevé de la curiosité et de l’information sont nécessaires et utiles à un diplomate. Cependant, les formations qui intègrent dans leur cursus des programmes relatifs au métier de diplomate contribuent sans aucun doute à la préparation et à l’initiation des futurs diplômés à la carrière diplomatique. Elles leur donnent aussi les capacités de s’intégrer au monde diplomatique et de s’adapter à son évolution, dans un mouvement permanent d’innovation, de création et de progrès. Ceci est un clin d’œil lancé à l’Ecole Nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM) du Tchad, l’un des piliers de la formation des cadres tchadiens, pour réorienter ses perspectives de formation au regard de l’évolution du contexte national et international en général, et du monde diplomatique en particulier.

 Dans le contexte international actuel, la diplomatie évolue très rapidement de sorte qu’elle oblige la plupart des pays les plus vulnérables, disposant de peu de ressources, de s’y adapter continuellement en mettant à contribution toutes leurs forces pour être partout où la nécessité s’impose, en faisant appel à l’intelligence, aux capacités et aux qualités de leurs cadres. C’est le cas lors des négociations bilatérales et multilatérales dans les domaines du commerce, du développement, du règlement pacifique des conflits de tout genre, etc.

Dans ce genre de rencontres, les diplomates des pays les moins avancés se doivent d’user de tous les moyens formels et surtout informels à leur disposition pour obtenir des résultats souhaitables et bénéfiques pour le développement durable de leurs pays. Quelques fois, ils y parviendront, mais dans la plupart des cas les résultats attendus ne sont pas à la hauteur des espérances et des sacrifices consentis. Ainsi, à partir du bilan des expériences personnelles et collectives, chacun de nous pourrait s’interroger si le diplomate d’un pays pauvre devrait intervenir sur la scène diplomatique de la même manière que les diplomates des pays riches.

Personnellement, nous pensons que les diplomates des pays les moins avancés – dont le Tchad fait partie – ne devraient pas rester prisonniers de la diplomatie classique, des habillages trompeurs ; même si les règles et conventions sont les mêmes pour tous, les dés sont pipés : les points de départ étant différents entre les diplomates des pays pauvres et ceux des pays riches. De ce fait, il serait illusoire de penser que la diplomatie classique a les mêmes avantages et les mêmes contraintes pour ces diplomates ; les priorités et l’urgence des situations des pays pauvres doivent primer sur d’autres considérations. 

Au-delà des règles et conventions diplomatiques internationales auxquelles les pays les moins avancés ont souscrit et face aux attentes légitimes de leurs populations, la difficulté majeure de ces pays réside dans leur capacité et leur habileté à se faire entendre dans les négociations bilatérales et multilatérales. Dans la même ligne de pensée que M. SHANDA TONME, nous considérons qu’au-delà des ressources disponibles, le problème se pose en termes de conviction et d’engagement individuels et collectifs, d’union sacrée au sein d’un groupe donné dans une structure internationale (par exemple les pays africains au sein de l’OMC, la CNUCED, l’OMPI, le HCR, le HCDH etc.) ainsi que de la capacité à user de tous les moyens et opportunités informels pour atteindre des résultats voulus. Sans conscience des intérêts nationaux, point de diplomate efficient et efficace. Sans recours à tous les moyens possibles à la hauteur des objectifs poursuivis, point de résultats souhaités et souhaitables.

Il serait judicieux que, dans le cadre de sa coopération bilatérale et multilatérale, le Tchad aille au-delà des aspects non utilitaristes des relations diplomatiques. En plus de la recherche de la paix et de la stabilité du pays, l’Etat tchadien se doit de sortir de la diplomatie attentiste et user de ses atouts formels et informels pour mener une offensive diplomatique tournée vers de nouveaux partenaires plus bénéfiques – à moindre coût, dans des domaines essentiels pour le développement du pays tels que l’énergie, la santé publique, l’eau, l’environnement, l’enseignement supérieur, technique et professionnel, les banques, les assurances, etc. Il se doit aussi de tirer le maximum de profits de l’expertise technique et scientifique des institutions internationales.

Pour être à la hauteur de cette ambition, une mobilisation et une gestion rationnelle de toutes les ressources humaines et matérielles dont dispose le Tchad dans le domaine de la diplomatie ainsi que l’acquisition de nouveaux atouts techniques et scientifiques sont impératives. Dans cette optique, il est non seulement indispensable que nos représentations diplomatiques assainissent leur fonctionnement, mais aussi nécessaire que nos diplomates sortent de la « clochardisation » qu’évoquait déjà en 1995 notre confrère Mahamat Ahmat Adamou (Cf. M. Hassan Mayo Abakaka, dans son article « Quelle diplomatie pour le Tchad ? »). Par ailleurs, face au rythme auquel évoluent la diplomatie internationale et le contexte national et international, notre diplomatie a besoin du sang neuf, de nouveaux talents, de nouvelles compétences et qualités, en plus de l’expérience des aînés, dans une complémentarité constructive et une harmonie créatrice.  

En définitive, l’influence diplomatique du Tchad sur la scène régionale et internationale ainsi que la contribution de sa diplomatie au développement local et national, dépendent de la volonté de nos décideurs politiques, de leur capacité et de la vitesse de réaction et d’adaptation face aux multiples et nouveaux défis nationaux et internationaux en général, et diplomatiques en particulier.

Talha Mahamat Allim

Un débat très important est passé –presque- inaperçu il y a quelques semaines dans notre pays. Il s’est malheureusement arrêté aussi rapidement qu’il a commencé sans avoir de relais dans le public. Le sujet est en effet d’une délicatesse certaine et l’on ne saurait l’évoquer sans y laisser de plumes. C’est une question nationale d’importance qui ne doit pas être occultée et mériterait d’être traitée dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Il ne sert à rien de se cacher sous un manteau de laïcité ou de nationalisme quand on sait que les braises d’un affrontement religieux ou régionalo-religieux sont encore ardentes au Tchad ; il est vrai que d’épaisses cendres les couvent encore, mais nous savons qu’elles pourraient s’envoler à la moindre bise : alors, pourquoi ne pas en parler ?

Dans la seconde quinzaine du mois de juin dernier, les Catholiques ont organisé un atelier de formation des formateurs d’observateurs électoraux, dans la perspective de probables élections communales, et après des élections présidentielles et législatives controversées. Ce qui nous paraît tout à fait normal et responsable de la part d’une grande institution nationale qui n’a pas marqué de parti pris en la circonstance. Le ministre de tutelle lui-même n’y a pas vu de problème, puisqu’il y a délégué un représentant. Mais quand les Catholiques ont annoncé que les observateurs ne devaient pas seulement se contenter d’observer, mais qu’ils devaient dénoncer les élections si elles étaient truquées, cela n’a pas plu au pouvoir. Le ministre y est allé d’une réplique virulente où la menace le dispute à l’intimidation : assimilation à un parti politique, intégrisme déguisé, pas impardonnable franchi, mise en garde sévère…tous les ingrédients classiques ont été utilisés contre l’Église Catholique.

Celle-ci, assurément, est décidée à ne plus s’en laisser conter et, dans un communiqué signé de l’Union des Cadres Chrétiens du Tchad (UCCT), a remis vertement le ministre dans son fauteuil. Morceau choisi : « n’est-t-il pas du devoir de l’Église d’enseigner à ses fidèles le rôle qu’ils doivent jouer le jour des élections et surtout leur responsabilité dans la situation que vivent leurs concitoyens en portant leur choix sur tel ou tel candidat ? Où est donc le délit ? Pourquoi autant de peur, de menace, d’intimidation lorsque l’Église Catholique cherche à instruire ses fidèles, ce qui peut être utile pour la société tout entière ? NON ! Notre Église doit s’adapter aux réalités sociales et politiques de l’heure. Les citoyens chrétiens ne veulent plus vivre dans l’obscurantisme, la terreur, l’oppression, le mépris… C’est contre tous ces aléas que la commission Justice et Paix s’est donnée la mission de sortir les chrétiens de l’ignorance de leurs droits et devoirs, de les aider à travailler pour que le Tchad soit une patrie de paix… A bon entendeur, salut ! »

Le débat aurait pu rester à ce niveau si la presse ne s’en était mêlée Les deux principaux journaux de la place, Le Progrès et N’Djaména bi-hebdo ont consacré à l’incident des commentaires inédits qui ont jeté l’huile sur le feu, mais sans provoquer, en notre connaissance, de réaction de l’une ou l’autre partie.

N’Djaména bi-hebdo a réservé toute la « une » du n° 600 du 4 juillet à l’affaire, par l’éditorial « une concurrence déloyale ?» et le dessin humoristique « l’Église Catholique diabolisée ». Le ton est mesuré, en dessous de la tonalité habituelle du journal qui, en l’espèce, a défendu les principes et s’est interrogé sur le bien-fondé du « tir nourri contre l’Eglise Catholique ». Il n’y aurait rien à redire si le n° 602 n’avait réservé toute sa dernière page à la polémique. Sous le titre : « la politique de deux poids, deux mesures », le journal prend cette fois ouvertement position pour l’Eglise Catholique dont il cite tous les bienfaits et bonnes initiatives et tente d’assimiler le gouvernement au clergé musulman. Tout l’article est un mélange insidieux des positions du journal avec le communiqué de l’UCCT qu’il signe : la rédaction ! Comprenne qui pourra. 

Le Progrès du 15 juillet 2002, lui, renvoie les deux premiers dos à dos, et présente l’affaire comme une position de la communauté chrétienne qui cherche à s’imposer aux autres au nom de la laïcité. Dans la droite ligne éditoriale du journal, l’article intitulé «le tamponnoir de l’Église Catholique » occupe deux pages, tandis que le billet quotidien « avec sourire » qui fait rarement sourire y est revenu. Sous la signature de son directeur de publication, le journal passe allègrement de l’information au commentaire, parfois confusément, mais avec insistance et sans jamais convaincre, contre l’Église Catholique.

Le Progrès écrit deux contre-vérités qu’il faut relever : le cheikh Hissein Hassan « aurait fustigé le comportement d’un candidat musulman de l’opposition, en demandant de soutenir un Musulman au détriment d’autres lors de la dernière présidentielle, il a essuyé tous les tirs francs, même de certains Musulmans. Le chef de la communauté majoritaire du pays est ainsi réduit au silence quant à son implication politique. Aujourd’hui l’on appuie, au contraire, l’église Catholique à s’immiscer dans les consultations électorales, sans voir aucun danger venir ».

En l’espèce, l’usage du conditionnel nous paraît quelque peu spécieux, voire vicieux, car le comportement du cheikh surnommé « colonel » dans la communauté musulmane dont il n’est nullement le chef, a été sans ambages et scandalisé plus d’un citoyen. D’autres ont été choqués par le fait que le cheikh n’ait pris en compte, lors de la dernière présidentielle, que les deux candidats issus du Nord et omis les deux autres du Sud. Le cheikh et les autres Musulmans Nordistes feraient-ils de la ségrégation régionale islamique, ou, y aurait-il deux poids deux mesures ? Nous sommes déjà au cœur du débat, car au fond, c’est la question religieuse qui est en cause, avec sa dimension politique tchadienne.

Une dizaine de fois, dans ce numéro, Le Progrès insiste sur l’aspect majoritaire de l’Islam au Tchad et affirme que ce fait seul pourrait donner le droit aux Musulmans de refuser, par exemple, la laïcité qui leur est imposée par une Constitution d’inspiration chrétienne ! Si cette affirmation grave devait être largement partagée au sein de la communauté musulmane, alors, il y a lieu de tirer la sonnette d’alarme, car notre pays couve une grave crise qui va nous exploser entre les mains à court terme. Cela donne des frissons dans le dos, car le phénomène rappelle la situation de 1979 où Hissein Habré a eu à galvaniser pour rassembler autour de lui des Musulmans, qui ont servi en définitive une cause qui était loin d’être la leur et n’a rien rapporté à leur religion. Vingt-trois ans après, devons-nous revenir à la case de départ ? J’en ai bien peur.

L’Islam au Tchad a toujours été tolérant et cela est tout à son avantage. Ce qui veut dire que les accents guerriers de ce genre ne peuvent pas trouver d’écho dans l’opinion, puisque la communauté musulmane tchadienne est multiforme et se compte dans toutes les régions du pays. Si le journaliste du Progrès devait aller au bout de son idée, il devrait défendre clairement l’option d’une République islamique. Je crois qu’il a dû lui-même mesurer les limites de cette démarche et n’a pas osé -pour le moment ?- franchir le Chari ! Il revient souvent de certains Musulmans tchadiens (intellectuels ?), qu’ils ne sauraient tolérer davantage la laïcité qui ne rime pas avec l’Islam ! Je me contenterai de citer le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne dans JA/L’Intelligent du 15 décembre 2002 où Alain Faujas écrit : « quelle Europe voulons-nous construire ? Nous la voulons laïque, au sens français du terme, c’est-à-dire séparant nettement la sphère privée, à laquelle appartient la religion, de la sphère publique, où se règlent les affaires de la cité. Car c’est la seule façon de préserver la paix et d’éviter les ravages de l’intolérance et du tribalisme. La laïcité n’est pas l’absence de religion, mais la coexistence des religions, des agnosticismes et des athéismes (…) La Turquie devra nous apporter cet islam sécularisé qui fera barrage à tous les fondamentalismes. » J’adhère parfaitement à cette opinion que je rapporte au Tchad. Ne nous laissons pas aveugler par l’ignorance qui prépare le lit de l’intolérance et du rejet de l’autre. En l’espèce, nous ne ferons jamais mieux que d’autres pays plus Musulmans que nous et qui nous entourent.

Ce qui me désole, avec mes coreligionnaires, c’est l’absence de débat. Le débat dans le monde d’aujourd’hui, par exemple, ne porte plus sur la religion au premier niveau, comme semblent s’y complaire certains Tchadiens. La question que les Musulmans se posent est de savoir comment mettre la religion au service de la démocratie et du développement, pour atteindre les performances démocratiques et sociales des sociétés avancées, sans les perversions qu’elles entretiennent en leur sein. Les Musulmans de par le monde réfléchissent profondément à l’avenir en s’ancrant dans la modernité par la maîtrise de la science et de la technologie. De ce point de vue, ceux d’Asie, les plus nombreux de la planète, y sont arrivés, tandis que ceux du Proche-Orient commencent à y arriver. Les guerres qui ensanglantent ces régions et la volonté américaine de réduire certains pays au silence est la réponse occidentale à la lutte des moins nantis de se frayer une voie et de s’imposer avec leur culture…et leur religion. Les Asiatiques sont respectés depuis quelques décennies tandis que les Arabes, avec les évènements que nous vivons, sont en train de l’être. Ce n’est qu’une question de temps.

Et les Noirs dans tout cela ? Le débat n’est pas exactement celui-là, mais il pourrait être dialectiquement le chemin pouvant guider les Tchadiens, en particulier les Musulmans du Tchad. Il me semble que l’Islam tel que vécu au Sénégal, Mali, Niger, Nigéria…ou même au Soudan voisin, plus militant et éclairé, ne porte pas les stigmates de l’arriération et de l’acculturation entretenue dans notre pays où la majorité musulmane n’atteint pas l’importance des pays cités. D’ailleurs, de quoi peuvent se prévaloir les Musulmans tchadiens, sinon que de donner une mauvaise image de leur religion par les tares qu’ils inoculent ? Le Tchad, n’est-il pas depuis vingt-deux ans dirigé par des Musulmans qui ont fait de leur pays un non-Etat, une non-nation, sous-éduqué, acculturé-négativiste, livré à des hordes de tueurs, de pillards et de prévaricateurs qui, faute de se réclamer d’un combat pour l’Islam, l’utilisent grossièrement pour diviser le pays en deux ? Le gouvernement agit d’ailleurs dans cette ligne héritée du CCFAN dont on sait qu’il est encore le maître à penser idéologique de nos princes qui n’ont, malheureusement pour le Tchad, aucune autre vision politique.

Les exemples sont nombreux et édifiants. Au sommet de l’Etat, dans les structures politiques, administratives et militaires, la domination nordiste est patente, arrogante et révoltante car non justifiée et contre nature, parfois. Un coup d’œil sur l’organigramme de la présidence de la République ou de la haute hiérarchie militaire et paramilitaire est éloquent. La justice est rendue au détriment des sudistes, surtout quand elle l’est par les gendarmes dont on sait que presque tous les commandants de brigade sont issus de la même ethnie. La même situation est observée aux douanes où, non seulement les Nordistes sont traités avec faveur, mais les responsables à tous les échelons détournent purement et simplement les recettes qui manquent gravement dans les caisses de l’Etat en faillite. Même dans le privé, où les talents ne manquent pourtant pas au sein de toute la communauté nationale, ce sont les Musulmans et singulièrement le clan, qui s’imposent aux autres Tchadiens. Le transport en commun urbain et rural, le charbon, le pétrole…tout est entre leurs mains. La difficile, devenue l’impossible cohabitation agriculteurs-éleveurs ne trouvera jamais de réponse tant que l’idée sous-jacente sera l’envahissement et l’occupation du Sud par les nomades. Le mal est tellement profond qu’il n’épargne pas nos enfants. En effet, la brutalité grandissante dans les établissements scolaires est l’une des conséquences de cette mauvaise politique du MPS qui apprend aux enfants qu’ils sont supérieurs à leurs maîtres, surtout si ceux-ci sont issus du Sud. Le crime de l’élève qui a poignardé son professeur en est un exemple, et le manque de réponse de l’administration une preuve : on aurait pu, au moins pour l’exemple, exclure de l’école tchadienne tous ces adolescents fiers de leur crime. Au lieu de cela, c’est plutôt un haut responsable qui est venu se confondre en explications inopportunes. Ainsi va le Tchad nouveau d’Idriss Déby !

L’honnêteté voudrait que les Musulmans rasent les murs, par la faute de leurs chefs politiques. Dans la phase actuelle de l’évolution du Tchad, ils portent une lourde responsabilité disqualifiante dans les échecs. Plus précisément et pour être juste, il s’agit de dénoncer leur avant-garde qui est une minorité agissante aux commandes. Comme en 1979, c’est elle qui prépare l’avenir du pays sur des bases totalement fausses. La politique menée par Idriss Déby depuis douze ans est uniquement d’essence et d’inspiration tribalo-régionalo-religieuse, pour se perpétuer au pouvoir, au profit exclusif d’une infime minorité qui a le même mépris pour tous les Tchadiens. N’est-ce-pas Déby qui, il y a quelques années, pour justifier l’implantation d’un projet dans sa région, a voulu sensibiliser un expert étranger en évoquant l’exemple des Tutsis au Rwanda ? …

Ceux des Nordistes qui, aujourd’hui, pensent bénéficier des privilèges du système, qui ne leur réserve en réalité que des miettes, se trompent lourdement et ils ne doivent pas entraîner la majorité dans leur erreur. Rares sont les hommes politiques qui dénoncent cette dérive qui porte atteinte à l’équilibre national. Gouverner un peuple, c’est savoir gérer toutes les différences pour en faire une dynamique porteuse d’espoirs et de mobilisation. Or, sous Déby, il y a plusieurs Tchad et le Nord lui-même est divisé en plusieurs parties. Il suffit de cocher sur une carte les projets réalisés ou en cours d’étude et les infrastructures socio-économiques réalisées pour se rendre compte de l’ampleur des injustices érigées en politique de gouvernement. Et tout cela dans un capharnaüm où Déby lui-même ne se retrouverait pas, car c’est tout, sauf du développement. Il n’y a que la Banque Mondiale qui semble s’y retrouver, au grand dam des Tchadiens qui n’y comprennent plus rien !

Le dernier découpage administratif est une autre preuve de ce dessein machiavélique et de cette obstination à gouverner contre tout bon sens. Sous le régime du MPS, le Tchad est passé de quatorze préfectures et une quarantaine de sous-préfectures, à 13 régions, 48 départements et 205 sous-préfectures, dans le seul souci de placer des hommes et de multiplier des prébendes. Dans un but évidemment électoraliste, puisque l’on y retrouve toujours la même tonalité régionaliste qui servira lors des futures consultations électorales, puisque ce découpage fait largement la part belle au Nord. Certains y voient un jalon dans la perspective d’un probable référendum appelé à tordre le cou à la Constitution pour permettre à Déby de postuler un nouveau mandat.

Car toute la stratégie qui se met actuellement en place ne vise qu’à mettre Idriss Déby sur orbite pour un autre mandat de cinq ans, sinon plus. Ses partisans ont-ils conscience qu’en 2006 Déby aura dirigé le pays pendant seize ans pour rien ? Qu’il aura fragilisé le pays qui sera divisé en deux et n’aura amorcé aucun développement ? Comme j’ai eu à le souligner par ailleurs, le régime actuel est le plus tribaliste que le Tchad ait connu depuis l’indépendance. Un dernier exemple : tout le système financier est entre les mains d’une ethnie. Cela est de plus intolérable et accentue la division du pays. Se demande-t-on pourquoi les fédéralistes gagnent de jour en jour du terrain ? C’est leur réponse à cette pratique d’exclusion systématique.

En conclusion, les patriotes du Sud et du Nord, fort nombreux malgré les apparences, doivent se mobiliser pour dénoncer et combattre cette politique qui hypothèque gravement l’avenir du pays. Car demain, ce sont les ressources du pétrole qui seront utilisées pour diviser davantage les Tchadiens et les opposer encore plus en Nordistes et Sudistes, chrétiens, animistes et musulmans, au profit d’un clan. C’est cela qu’il faut dénoncer et combattre vigoureusement, maintenant, car demain il sera tard. Ce débat s’impose à tous et fait partie des sujets que devrait traiter un grand forum national que les démocrates appellent de tous leurs vœux.

Saleh Kebzabo, député,
Président de l’UNDR

Étant définie comme l'étude des rapports entre les données géographiques naturelles et la politique de l'état La géopolitique ne fait pas seulement partie des sciences humaines mais elle est la science humaine, réaliste, qui a pour objet de déterminer, derrière les apparences, quels sont les caractères objectifs de la géographie physique et humaine qui conditionnent les choix stratégiques des acteurs de la vie idéologique, politique et économique.

C'est une science qui devrait être indépendante mais qui a été politiquement utilisée, et qui le demeure, notamment au travers de ses concepts fondamentaux et de ses concepteurs instrumentalisés par les acteurs eux-mêmes. 

Elle est l'étude des déterminants géographiques qui interviennent dans la politique des États, tant intérieure qu'extérieure. Ces déterminants relèvent de toutes les branches de la géographie.

Mais au Tchad, en l'appliquant, a-t-on réellement fait la comparaison entre ses effets positifs et négatifs ? Pour être un peu plus précis, prenons le cas de concours organisés pour l'accès aux différents instituts universitaires. Celui de la médecine en est un à revoir.

 Je me rappelle d'une conversation que j'ai eue avec une copine à l'approche des examens partiels à l'université au département de gestion. Devant passer le concours d'entré à la fac de médecine, je lui demandai si elle n'était pas stressée à passer 2 examens consécutivement, celle-ci me répondit en ces termes

- ma chère je suis sûre d'être retenu car ils tiennent compte du nombre de candidats par région et comme je suis la seule dans la mienne, je n'ai pas à m'inquiéter.

 L'état devrait essayer de se pencher un peu sur ce problème. Pourquoi favoriser certains candidats. Il y a sûrement qui auraient fait mieux mais ne sont admis car il faut que toutes les régions soient représentées même s'il faut que le soit disant représentant soit un cancre! C'est à plaindre quand on dit qu'il faut l'Homme qu'il faut à la place qu'il faut.

Cela est contraire à l'objectif de cette politique et ne cadre pas avec car, l'objet de cette discipline est d'étudier l'influence du milieu et du temps sur l'évolution et le comportement des peuples. Autrement dit, les peuples sont mis en condition, sont formés par le lieu physique dans lequel ils vivent et par les épreuves ou par les succès qu'ils ont partagés en commun au fil des temps. Ceci veut dire que comme les régions sont inégalement composées et que les climats, les reliefs, le régime des eaux, la fertilité des terres, créent un cloisonnement, et les peuples, par nature, se retrouvent être différents en fonction des zones territoriales qu'ils occupent. Cela veut dire, par corollaire, qu'il faut respecter les peuples tels qu'ils sont : ils ne sont ni bon ni mauvais, ils sont ce que la nature et le temps en ont fait, ils sont des facteurs indépendants des individus. D'où la nécessité de ne pas intervenir dans les affaires des autres peuples par respect, de ne pas les juger, tout du moins de ne pas les juger par rapport aux sentiments que l'on a de soi, ce que l'on fait aujourd'hui abusivement. L'on doit plutôt essayer de comprendre en respectant leurs modes de vie. C'est un défi à relever par tout fonctionnaire dans l'exercice de son métier dans quelle région du pays qu'il soit. 

D'autre part, c'est aussi nourrir le régionalisme et le ghetto culturel que de vouloir absolument doter chaque région de son natif en l'y affectant. On devrait plutôt se concentrer sur l'appartenance au pays et la faire passer avant les autres notions même si celles de région ou religion ne doivent pas être perdu de vue. Il faudrait que chaque être s'impose par ce dont il est capable ou mérite et non par ce qu'on peut lui tendre servi. Il faut de la volonté positive .pour faire quelque chose de profitable à son pays.

 Je crois qu'un tchadien doit servir le Tchad en premier même s'il estime qu'il doit à sa région. De ce fait, l'état contribue indirectement à la division nationale et la haine entre les tchadiens car on est tous issus d'horizons différents mais du même pays. Le service devrait au contraire être un moyen de brassage entre fils du pays dans la mesure où un sudiste qui exerce au nord (s'il fait bien son travail) ne sera qu'estimé par les autochtones et il en est de même pour un nordiste exerçant au sud. On sait que quand quelqu'un rencontre un être qui parle ou comprend le même dialecte que lui l'accueille comme un frère donc c'est un facteur qui vu nos diversités culturelles et de langues peut être perçu comme un plus.

 Pourquoi penser que l'autre nous rejettera alors qu'on n'est pas allé vers lui (toujours des préjugés n'est-ce pas un de nos dons)? On peut facilement intégrer un groupe quand on est courageux et ne se reproche rien mais quand on a peur, c'est qu'on reconnaît une certaine défaillance en soit.

De plus, la géopolitique est fatale dans certains domaines comme la médecine car l'exercice du métier demande une certaine aptitude. Un médecin est celui qui fait son travail par vocation, avec amour pas par ambition. Il doit être capable contrairement à un boucher qui apprend dans le tas. Autrement dit, face à une situation grave, il ne pourra que renvoyer à la mort son patient car il ne saura que lui administrer.

Comme résultat, la plupart des médecins se prennent pour le centre du monde devant leurs patients (d'ailleurs cette notion n'est plus de leur langage, autant dire clients pour eux) car ils n'ont pas un comportement digne de leur titre.

Normalement, la géopolitique qui est l'étude de la volonté du pouvoir appliquée aux situations de la géographie physique et humaine ne doit en aucun cas servir à légitimer les ambitions des uns et des autres. Ces acteurs sont multiples : hommes d'état, diplomates, cadres de l'armée, opinion publique.
Tous ces acteurs devraient être conscients des fruits de la géopolitique au niveau du pays et plutôt laisser l'état (qui est le seul critiqué en cas de problème quelconque) l'appliquer selon les normes requises.

Avoir dans chaque région son natif qui ne contribuera pas à son plus, ou un fils du Tchad tout court qui apportera sa pierre à l'édifice telles sont les deux options parmi lesquelles notre état doit faire son choix à l'ère où la question de santé est majeure en faisant fi des ambitions des uns et des autres.

Wahilo Diguera

Encore une année s’achève aussi pour notre pays ! Mais, encore une fois de plus, l’on n’aura pas noté d’avancée significative sur les plans politique, social et infrastructurel.

Sur le plan politique, le pouvoir en place continue à tout monopoliser : la présidence de la république et celle de l’Assemblée nationale, la primature et en bref, tous les postes clés de responsabilité depuis le plus haut sommet de l’Etat jusqu’au chef de village. Rien de mal à cela si le sens civique et citoyen pouvait être de mise à tous les niveaux ! Mais, ce qui constitue le menu quotidien de tant de citoyens tchadiens qui vivent justement et honnêtement du fruit de leur travail n’est que désolation croissante et même exponentielle. Cette désolation est tout naturellement imposée par l’incivisme notoire, endurci et par l’amateurisme qui caractérisent un grand nombre de ceux qui sont responsabilisés dans notre pays.

Je ne sais pas trop bien quel critère sous-tend la responsabilisation des personnes chez nous. Il me semble très original en tant qu’il échappe au bon sens. Plus on échoue, on détruit plus on est promu. Que sont devenus par la suite des personnes auxquelles l’on avait confié la gestion de la Cotontchad et de la Sonasut et qui les avaient bradées ? Non seulement elles n’ont pas été poursuivies par les services judiciaires à cause de leur appartenance au parti au pouvoir, mais à cause aussi de cette même appartenance et du bradage, elles ont été promues. Cet exemple n’est qu’un cas de figure du système qui parait désormais légal au Tchad.

Toujours sur le plan politique, le rapport entre le parti au pouvoir et les autres forces politiques de la société, en particulier l’opposition, est passé des accusations mutuelles à une opacité. Dans sa course pour modifier la Constitution afin de permettre à Deby de briguer un troisième mandat, le Mouvement Patriotique du « Salut » n’a pas voulu prendre en compte les suggestions de l’opposition pouvant permettre une bonne organisation des consultations électorales. D’où l’appel au boycott lancé par le Comité pour la Défense de la Constitution. Mais au sein de ce Comité, une voix se met en marge qui appelle la population à participer aux prochaines consultations électorales. Il n’est pas exclu que d’autres voix se détachent du Comité pour se joindre à elle le moment opportun. Aussi un des poids lourd de l’opposition qui opère en solitaire appelle-t-il, la population à voter. À qui le pauvre tchadien doit se fier ?  Les tchadiens dans leur ensemble, je me demande s’ils se sont déjà fiés une fois, à part les députés MPS, au parti au pouvoir. L’opposition, avec son incapacité à faire consensus autour d’un candidat énerve (sens étymologique) le peuple. Quel avenir, s’il en est un, pour le Tchad ?

Beaucoup de tchadiens parmi lesquels les étudiants avaient cru que l’exploitation du pétrole allaient changer du jour au lendemain leur condition de vie de façon générale. C’est ce qui a justifié leur mobilisation énergique en faveur de la réalisation de ce projet. Cet espoir s’avère maintenant un mirage macroscopique : le salaire des fonctionnaires continues à tomber de façon irrégulière ou à ne pas être payé sur des mois. Même situation pour les étudiants quant au versement de leur bourse. Les uns, pour se faire reconnaître le droit à la survie, arrêtent de travailler pendant des semaines. Et les autres, en plus de l’arrêt des activités, descendent dans la rue et organisent des casses pour attirer l’attention des gouvernants sur leur condition. Comment un pays peut-il aller de l’avant si, chaque fois, il faut cesser de travailler pour être payé ? Comment un pays peut-il être socialement stable si le voleur, le bradeur, l’incompétent reçoit des distinctions de toute sorte au détriment du travailleur consciencieux qui se voit imposer officiellement une sanction mortelle ? C’est triste, mais ainsi va le Tchad.

Cette sanction, il me semble que, les agents de l’ordre la ressentent jusque dans les os. Ils le font payer à la population par le racket, la violence à l’occasion soit de quelque contrôle à l’intérieur d’une agglomération soit au poste de contrôle sur des routes. Ce qu’ils oublient, c’est que leur concitoyen vive une situation identique à la leur. Mais il faut reconnaître qu’ils sont encouragés à exceller dans ces pratiques par l’impunité et par la complaisance même de l’autorité hiérarchique.

Au sujet des infrastructures, le Tchad est le pays le plus attardé en la matière. Il aura fallu attendre plus de quarante années d’indépendance pour que N’Djamena (la capitale) soit relié à l’une des principales villes par une voie bitumée. Encore aujourd’hui, pour aller d’une ville à l’autre, il est facile de perdre trois ou quatre jours en route pour un voyage qui aurait pu se faire en quelques heures. Le téléphone et l’électricité continuent à faire partie des objets de luxe. Les salles de classe sont pléthoriques tout simplement parce que le nombre des salles de classe disponible est très réduit ou par manque d’enseignants. - Des enseignants ! On note une grande carence dans les disciplines scientifiques dans nos collèges et lycées et cela dure depuis des années.

Une année passe et l’autre arrive dans une sorte de mouvement croissant, mais le Tchad, lui, ne veut pas rentrer dans ce mouvement naturel du temps ; il reste statique ou il fait le mouvement inverse. Où veut-il aller ? En tout cas, une histoire décroissante, personne n’en fera mémoire. Mais, tout n’est pas perdu. Il nous reste toujours la possibilité d’une véritable construction nationale à portée de nos mains par un usage plein d’humanité de notre volonté. Car notre gros problème réside dans le manque de volonté de changer, de changer nous-mêmes pour changer nos conditions, notre pays et son image.

Joyeux Noël et bonne année 2005 !

Christophe Koulyo

Lorsque des chefs d’une communauté religieuse revendiquent son poids démographique et ses fruits politiques plus que toute autre chose, il y a assurément anguille sous roche. C’est pourtant le spectacle que nous donnent depuis des années nos Oulémas et Cadres Musulmans membres de l’Union des Cadres Musulmans du Tchad (UCMT).

« Si nous n’étions pas sages et tolérants, nous aurions demandé tout simplement que différentes versions de code soient soumises à référendum (y compris un code strictement musulman). Les Musulmans étant majoritaires au Tchad, le Code Musulman aura toutes les chances de devenir le Code National, » avertissait Mahamat Hissène en sa qualité de Secrétaire Général de l’Union des Cadres Musulmans du Tchad, dans un droit de réponse adressé au « Temps » (No 200) en mars 2000. Au nom des Musulmans majoritaires toujours, le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI) s’arrogera l’unique place réservée aux  religieux au sein du Collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières alors qu’on sait que son Président, l’imam Abakar, serait incapable de dénoncer une quelconque fraude, lui qui ne peut trouver le moindre défaut au Président Déby.

Deux exemples parmi tant d’autres qui montrent que le devoir islamique de prêcher le bien et de dénoncer le mal a été renvoyé aux calendes grecques chez nous. Lorsque nos oulémas et cadres de l’UCMT ouvrent la bouche, c’est uniquement pour susciter la controverse sous le prétexte de défendre l’intérêt des Musulmans.  Cet intérêt est d’ailleurs si étroitement défini (Code Musulman de la famille, par exemple) qu’il ne sert que leurs propres intérêts. L’objectif réel du projet de Code Musulman de la famille en fait, était de mobiliser l’électorat musulman en faveur du MPS et du président Déby (et plus personne n’en parle depuis, du reste) ; ce qui explique entre autres la miraculeuse présence, au sommet de notre Assemblée Nationale, de la cheville ouvrière de cette entreprise, à savoir Mahamat Hissène.

Trop heureux, d’appartenir au camp le plus nombreux … et le plus fort, nos oulémas et cadres de l’UCMT savent que leur fortune et leur sort sont liés au régime en place. On s’attendrait pourtant à ce que des gens si prompts à brandir la bannière religieuse comptent plutôt sur Dieu ! S’étant placés pieds et poings liés au service du régime, ils ne sont d’aucune utilité à la communauté musulmane dont ils sont incapables d’exposer les vrais problèmes. C’est ainsi qu’ils se gardent de se prononcer sur la situation réelle que vivent les Tchadiens, celle qui est décrite par M. Kebzabo, mais aussi par d’autres Tchadiens dans les journaux et sur internet (exemple de l’appel d’Issakha Koty Yacoub sur le site du FNTR).

Dans sa lettre ouverte à MM. Lol Mahamat Choua, Abdoulaye Lamana et à l’imam Hissein Hassan Abakar (Le Temps No 325 du 27 novembre 2002), notre compatriote Moussa Adoum Guetty de Paris lançait ce déchirant cri : « …partout, il y a du sang des Tchadiens : dans les mosquées, les églises, les bars, les cabarets, les marchés, les écoles, les lacs, les fleuves, les rivières, les mares, les marigots, les caniveaux, vos chambres, l’eau que vous utilisez pour vous laver et faire vos ablutions, les repas que vous mangez quotidiennement.(…) Ainsi vous mangez, marchez, dormez et priez dans le sang de nos compatriotes. »

On s’attendrait à un éveil du leadership musulman tchadien, mais rien du tout. Pour les chefs de la communauté musulmane, les choses qui arrivent aux autres ne doivent pas empêcher la vie de continuer. Dans un mémorable article sur la responsabilité du journaliste, et pour justifier son approche sélective de l’information, Mahamat Hissène avait écrit : « pour 100 FCFA par exemplaire, j’espère que le lecteur ne me demande pas le sacrifice suprême » ; le sacrifice dont il parle étant simplement de rendre compte honnêtement des conditions de vie de ses compatriotes. Pourtant, le Coran dit : « O vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » (Sourate 9, verset 119, 9/119).  La tragédie, dans le cas de Mahamat Hissène, est qu’il est lui-même l’un des idéologues et le stratège de ce système qui l’empêche d’être véridique. Allez-y comprendre quelque chose !

De toute évidence, l’ancien Directeur du « Progrès » et Secrétaire Général de l’UCMT redoute plus la colère de nos dirigeants que celle d’Allah qui dit pourtant : « Ne craignez pas les hommes. Craignez-moi. Ne vendez pas mes signes à vil prix. » (5/47) Par leur silence, nos cadres Musulmans et oulémas encouragent les tenants du pouvoir à gérer le pays comme bon leur semble, au mépris des lois, sûrs qu’ils ont derrière eux le poids de toute la communauté musulmane.  Qui se chargera de rappeler à nos dirigeants cette injonction du Coran : « …ne faites pas comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée, en prenant vos serments comme moyens pour vous tromper les uns les autres du fait que (vous avez trouvé) une communauté plus forte et plus nombreuse que l’autre. Allah ne fait, par-là, que vous éprouvez. » (16/92) Dans le cas du Tchad, les gens font pire : ils défont la quenouille que d’autres ont filée ! Les lois ne sont votées et les accords ne sont signés que pour mieux tromper l’opinion nationale et internationale.

Pour préserver le statu quo qui leur bénéficie tant, ceux qui se sont adjugés le titre de « porte-parole » de la communauté musulmane du Tchad entretiennent une savante confusion sur les préceptes de l'Islam. Ainsi, ils se gardent bien de rappeler qu’une société, qu’elle soit laïque ou islamique, doit être régie par des lois et que personne n’a le droit de se rendre justice. On croirait que Salaheddine Kerchid les avait à l’esprit lorsqu’il écrivait, dans son livre, « Le Vrai visage de l’Islam » (page 23) : « On apprivoise Dieu, on l'enferme entre des cloisons hermétiques ; on dévoile ce qu'il nous convient de dévoiler de Ses Écritures et on cache soigneusement le reste pour qu'il ne serve pas d'arguments contre nous le Jugement dernier. La religion, qui est le seul moyen de créer la grande fraternité humaine, devient un code de société secrète et un moyen de limiter les biens de ce monde à une poignée d'initiés et de purs».  Et cela est tellement vrai qu’aujourd’hui, dans de nombreux villages du Sud, les gens préfèrent se convertir à l’Islam dans l’espoir d’entrer dans le « club » plutôt que de continuer à « galérer » en tant que non-Musulmans ! Quel vrai musulman peut accepter cela ?

Fraternité humaine, dit Kerchid, alors que certains Tchadiens insistent que le musulman est le frère du musulman, et implicitement l'ennemi du non-musulman. Il y a ici une incompréhension du mot « oumma » qui, dans le Coran, désigne non seulement une communauté donnée, mais aussi l’humanité toute entière. Être musulman, c'est être le ciment d'une seule fraternité, son humanité. Il ne serait pas logique que Dieu crée l’ensemble des hommes, mais limite ses bienfaits et sa miséricorde à une partie d’entre eux seulement.

C’est bien ce que certains Musulmans de chez nous croient. «  ... nombre de Musulmans sont prompts, sous l'emprise de la colère et de la haine, à traiter de kirdi (paien, race d'esclave) leurs compatriotes du Sud. Bien que le sujet soit tabou, un historien musulman comme Mahamat Saleh Yacoub n'hésite pas [...] à reconnaître que ce trafic [l'esclavage, NDLR] a créé des sentiments de mépris et de crainte qui ne présentent pas a priori un atout favorable pour une intégration post-coloniale facile, » écrit le père Henri Coudraix. (Cité dans «  N'djamena, Déby entre Mobutu et tchador », document internet de l'Association « Survie. »)

Pourtant, Salaheddine Kerchid (p.66) explique bien que « ni la naissance, ni la couleur, ni la fortune ne nous donne une supériorité quelconque aux yeux du Créateur. Il ne nous juge que d'après notre piété et les plus pieux sont pour Dieu les plus nobles.» D’où vient-il qu’aucun de nos oulémas officiels ne prenne la peine de rappeler cette vérité à la communauté musulmane tchadienne ? La raison est simple : le système qui nous opprime est basé sur l’idée que les Musulmans Nordistes sont supérieurs au reste des Tchadiens.

Le défunt Abderahmane Dadi (cité par Roné en page 256 de « Tchad : l’ambivalence culturelle ») explique clairement cette politique de l’exclusion, s’il ne la justifie pas : « Entre coreligionnaires, il se crée un sentiment de fraternité qui ne s’étend pas aux non-coreligionnaires. L’appartenance à une même religion est un élément, union religieuse mais aussi politique dans le cas de l’Islam. Cette communauté de croyants laisse de côté les incroyants qui se trouvent être les populations soudaniennes animistes. »

L’ironie est que le même Dadi et nombreux autres viendront à plusieurs reprises à Washington pour jurer aux responsables de Banque mondiale que personne ne sera exclu de la gestion des ressources pétrolières et que les Yorongar et autres Delphine Kemneloum qui émettent des réserves à ce sujet sont des menteurs ! Comment s’entendre avec des gens qui renient jusqu’à ce qu’ils ont eux-mêmes écrit ?

Avec l’avènement des pouvoirs dits Musulmans au Tchad, on a assisté à la destruction systématique des repères socio-politiques et économiques. Ceux qui peinent le moins au travail sont ceux qui ne cessent d’accumuler villas, femmes, argent, richesses en tous genres, tout en gavant le peuple de discours creux. En paraphrasant le Coran (5/63), on est en droit de se demander : « pourquoi les oulemas et imams ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites ? » Kerchid rappelle de son côté la formule qui préserve la cohésion sociale : « tout salaire correspond uniquement à un bienfait pour autrui et ainsi on évite tout déséquilibre social et toute faillite des valeurs morales et matérielles. » (p.135). De toute évidence, nous avons passé ce cap il y a bien longtemps. Nous sommes à un stade où gagner sa vie en rendant service est considéré comme dégradant.

Il importe que les Musulmans de bonne volonté se fassent entendre de plus en plus pour changer cette perception peu positive que nous autres avons, aujourd’hui, de l’Islam tchadien. Qu’ils se reconnaissent ou pas au sein du CSAI ou de l’UCMT, ces organisations parlent et agissent en leur nom. Ils peuvent exiger la démission immédiate des dirigeants de ces deux organisations et leur remplacement par des Musulmans intègres élus par la communauté ; des gens qui auraient le courage d’exposer les vrais problèmes de la société. L’autre option est de lancer des organisations parallèles. Celles-ci feraient alors jonction avec nos églises pour porter un jugement moral sans équivoque sur la situation de notre pays et appeler aux bonnes actions en faveur de tous les Tchadiens. Ne pas tenter de corriger un mal dont on a conscience est certainement l’un des plus grands péchés qui soit. « Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos, en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? » fait en effet remarquer le Coran (18/57).

Les gens aveuglés par leur arrogance nous reprocheront de vouloir dicter aux Musulmans les normes de leur religion. Dans ce cas, ceux-là devront nous démontrer en quoi la collusion actuelle entre le pouvoir et les chefs religieux Musulmans se justifie et en quoi elle profite aux Musulmans ordinaires.

Timothée Donangmaye

A l’occasion de la nouvelle année 2005, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux de succès et de réussite pour votre Journal, mes vœux de santé, de bonheur et de prospérité pour vos rédacteurs et lecteurs et enfin mes vœux de paix et de sécurité pour notre pays, le Tchad. Ainsi, au seuil de ce nouvel An, il est certes bien d’adresser des vœux, mais il serait aussi intéressant de poser des questions qui permettraient à chacun de nous de réfléchir sur des sujets importants pour notre pays.

Dans les années 1995, on parlait de la <clochardisation des diplomates tchadiens>, article publié dans NDjaména-Hebdo par notre frère Mahamat-Ahmat Adamou. Aujourd’hui environs dix ans après, comment se porte la diplomatie tchadienne ? Y a-t-il une évolution positive ou négative ? Quels changements ou réformes ont-ils été entrepris ? Bien qu’il ne soit pas question ici de faire un bilan, peut-on savoir l’état actuel de notre diplomatie ? Quel est le sort de nos diplomates et dans quelle condition exercent-ils leur noble mission de représentation de notre pays ?
La politique étrangère relève généralement du domaine réservé du Président de la République. Quels efforts le Chef de l’Etat a-t-il fait pour améliorer la diplomatie tchadienne ? Et quels résultats nos multiples Ministres des Affaires Étrangères avaient-ils réalisés ?
La politique étrangère appelée aussi politique extérieure, est en principe le prolongement et l’expression de la politique nationale d’un Etat sur le plan international. La diplomatie n’est que la manière de sa mise en œuvre ou la méthode de son exécution par les agents et cadres du Ministères des Affaires Étrangères.
La crédibilité d’un Etat dépend certes de sa bonne gouvernance mais aussi de sa politique étrangère et de sa diplomatie. La réussite d’une diplomatie est liée à plusieurs facteurs mais surtout aux ressources humaines et financières mises à sa disposition. Et la volonté politique des hauts dirigeants du pays crée le déclic et donne souvent le stimulus aux diplomates.

Depuis le 1er décembre 1990, date de la prise de pouvoir du président Idriss Déby à nos jours, la diplomatie tchadienne a connu neuf Ministres des Affaires Étrangères(2). Il n’est pas question ici de les classifier bon ou mauvais, mais plutôt de savoir quelle réforme sérieuse notre diplomatie a-t-elle connue ? Nos ministres des Affaires Étrangères ont-ils eu le temps et les moyens d’accomplir leur mission ? Avaient-ils eu la volonté ou le courage de l’assumer pleinement ?
- Pour ce qui est des ressources humaines, notre diplomatie renferme des cadres expérimentés et compétents, capables d’assumer pleinement leurs fonctions et responsabilités, même au niveau international. Ces potentialités sont-elles exploitées suffisamment comme il le fallait ?
Au niveau national, avec la politisation abusive et négative de l’Administration tchadienne, les cadres et agents du Ministères des Affaires Étrangères ne sont pas réellement associés dans les grandes négociations internationales du Tchad. Ignorés parfois volontairement par leur propre Chef de Département ou parfois par méconnaissance de leur capacité réelle, certains croupissent dans leurs bureaux sans prendre aucune initiative. D’autres, découragés s’orientent vers d’autres Départements ministériels ou se résignent simplement chez eux, en observant à distance ce qui se passe. D’autres encore se font rares au Département et n’apparaissent que périodiquement pour percevoir leur salaire mensuel. Dommage!... Mais il y a aussi ceux qui malgré cette situation difficile et complexe, travaillent et font des propositions intéressantes qui malheureusement ne sont pas toujours suivies par les politiques.

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Ainsi, les Agents et cadres du Ministère des Affaires Étrangères sont marginalisés pour ne pas dire exclus des négociations importantes du Tchad. Libre cours est donc laissé à d’autres personnes à compétence aléatoire en négociation, qui se bousculent pour s’arroger le droit de participation à telle ou telle mission extérieure, sans défendre réellement et méthodiquement les intérêts du pays, moins encore rapporter de résultat tangible. Souvent aucun rapport de mission n’est établi ne serait-ce que pour permettre une bonne suivie dans l’avenir.
En cas même de nomination officielle de certains dans une Mission diplomatique tchadienne à l’extérieure, nos diplomates traînent six à douze mois entre les bureaux et services du Ministère des Finances pour se voir délivrer les titres de transport pour rejoindre leur poste d’affectation. Et ils partent généralement, dans un premier temps, sans leur famille.
Après la prise de service de leur fonction, ils attendent encore désespérément trois à quatre mois pour se voir mandater et percevoir leur salaire. Ainsi, ils deviennent de facto une charge supplémentaire pour les Ambassades qui n’ont d’ailleurs que de très maigres ressources financières. Parfois, certains payent eux-mêmes le transport des membres de leur famille, sans être remboursé par les finances publiques. S’ils persistent à réclamer le remboursement, leur dossier est systématiquement transféré et classé à la Direction de la Dette. Les frais de scolarité de leurs enfants et les frais médicaux, prévus par les textes officiels, ne sont pas payés par l’Etat. Pire encore en cas de rappel à la fin de leur mission, leur rapatriement au pays n’est pas immédiat. L’obtention des titres de transport pour leur retour au Tchad devient problématique et hypothétique, créant ainsi des frustrations et parfois des conflits inutiles. Nos diplomates sont donc obligés de mobiliser leurs amis et parents au pays, pour négocier avec les autorités et chefs de Services du Ministère des Finances, comme si leur rapatriement était une faveur et non un droit prévu par les textes nationaux. Abandonnés ainsi sans salaire et sans leurs billets d’avion de rapatriement, certains essaient de travailler temporairement dans le pays hôte pour soutenir leur famille. Mais au pays, certains politiciens opportunistes les qualifient d’Opposants politiques en exil. Face à cette situation, nos Ministres des Affaires Étrangères sont indifférents ou restent impuissants. Et nos Conseillers diplomatiques à la Primature et à la Présidence de la République ignorent totalement leur sort ou s’en soucient peu.

Notre pays a besoin de ses fils et de ses cadres. Nos diplomates, quel que soit le nombre des années passées à l’extérieur, ont acquis de l’expérience et du professionnalisme. Le Gouvernement tchadien doit-il encourager et faciliter leur retour au pays ou les pousser indirectement à l’exil ? Cette manière de faire ne favorise-t-il pas la fuite des cerveaux tchadiens vers d’autres horizons ?
Quant à nos Ambassades et Missions permanentes, elles sont très limitées en nombre actuellement. Mais leurs locaux sont vétustes et généralement avec des équipements qui datent des décennies. Certaines sont gonflées des agents et d’autres presque vides. Leur caractéristique commune est qu’elles sont laissées à la merci de certains faucons politiciens qui dès leurs prise de fonction, se cantonnent soit dans le mercantilisme primaire, soit à se servir abusivement pour ne pas parler de dilapider les maigres ressources de fonctionnement de nos Représentations diplomatiques. Si celles-ci deviennent rares, ils se lancent sans scrupule à brader nos patrimoines immobiliers acquis depuis des décennies et après tant d’efforts. Quelques exemples connus de tous méritent d’être rappelés.
- L’ancien Ambassadeur du Tchad aux États-Unis d’Amérique, M. Ahmat Hassaballah Soubiane, connu sous le vocable <Bavure> a troqué notre résidence de Washington D.C., pour soit disant avoir une nouvelle résidence descente. Il opte ainsi volontairement pour s’éloigner à l’Etat voisin de Maryland. Pour quel intérêt pourrait-on brader cette immense résidence du District de Columbia, en plein centre de Washington, pôle attractif de la diplomatie américaine et mondiale ? Comment cette transaction a-t-elle été menée et à qui profite-t-elle ? En fait, notre pays le Tchad bénéficie-t-il de quoi ?  Paradoxalement, à la fin de sa mission interrompue par le président Déby suite à leur fameux conflit pré-électoral, notre Ambassadeur confisque cette résidence du Tchad avec tous les autres biens y compris les voitures de fonctions de l’Ambassade. Sous prétexte d’exiger ses droits de rapatriement, bien qu’il est évident qu’il ne retourne pas au pays pour le moment, il refuse de libérer cette résidence à son successeur et se lance dans son opposition contre le président Déby. Drôle de manière de défendre les acquis constitutionnels et faire main basse sur les biens publics...
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- M.Ousmane Djidda, notre Ambassadeur au Nigéria, sous prétexte de préparer le déménagement de l’Ambassade du Tchad de Lagos à Abudja, s’est plongé également dans des confuses transactions immobilières, soulevant la réprobation des tchadiens, dans les journaux et Sites Web. Comment s’est terminée son affaire ? Seul lui-même pourrait nous éclaircir.
- M.Ahmat Abderahmane Haggar, notre ancien Représentant-Permanent aux Nations Unies, avec la complicité de son neveu M. Bichara Daoussa, ancien Ministre des Finances qui avait récemment le vent en poupe, a tenté sans succès de vendre la propriété de la résidence du Tchad de White Plaine à New York. Cette transaction a été stoppée grâce à la vigilance du Ministre des Affaires Étrangères de l’époque, l’honorable Mahamat-Saleh Annadif, et du président Déby lors de sa visite à New York en juin 1999.
Malheureusement son remplaçant M. Koumtog Laotekguelnodji avec la complicité de son Conseiller Issa Boukar, qui d’ailleurs avait déserté son poste, ont réussi à achever le bradage de cette propriété tchadienne de White Plaine, pour s’acquérir à quel prix et dans quelle condition un misérable ghetto de résidence dans les faubourgs de New York. Aussitôt la juteuse et douteuse transaction ficelée, notre Premier Conseiller déserta son poste de New York pour aller soi-disant se soigner au Soudan, mais rentre discrètement à N’Djamena…. Quant à l’Ambassadeur, à la fin de sa mission, il déclara qu’il avait acheté cette nouvelle résidence à crédit. En fait, sur les 700.000 dollars encaissés, notre Ambassadeur n’a payé que 200.000 $ et plonge ainsi volontairement le Tchad dans les dettes. Alors où sont passées les 500.000 dollars restant des recettes de la vente de notre propriété de White Plaine ? Pire encore bien qu’il a reçu ses billets d’avion pour le retour au Tchad, il opta pour laisser sa famille à New York, soit disant à la charge d’une Église. Drôle de manière de préparer un exil discret.

Au moment où tout le monde cherche à avoir une résidence dans les centres urbains, ce qui faciliterait le contact et les concertations avec les autres diplomates, nos stratèges politiciens-diplomates persistent et optent à s’isoler dans les périphéries et faubourgs, en échange peut-être de quelques subsides financières personnelles….Heureusement que pour le moment certaines de nos Ambassades ailleurs, sont épargnées. Ainsi, nous espérons que de telles pratiques mafieuses ne puissent pas tenter nos Excellences !
Il y a certes de problèmes de gestion, mais il faut noter aussi que le budget de notre Ministère des Affaires Étrangères est insignifiant et ne permet pas d’atteindre de grands objectifs d’envergure internationale. Souvent dans nos chancelleries, par faute de moyens ou par simple manie d’économie épicière, des réceptions et cocktails sont très rarement organisés et cela même à l’occasion des fêtes nationales historiques. Nos plénipotentiaires prennent fonction et quittent dans la clandestinité, sans même dire parfois au revoir à leurs collègues diplomates des pays amis ou à leurs compatriotes-résidents. Heureusement qu’il y a quelques-uns qui font de leur mieux pour représenter dignement le Tchad, mais ne sont pas du tout encouragés. D’autres, se considérants comme des politiciens zélés, ne trouvent leur salut qu’à produire de faux papiers de renseignements sur leurs compatriotes. Parfois, ils s’en prennent à leurs propres collègues diplomates tchadiens et agents d’Ambassade, les menaçant parfois ou les poussant implicitement à l’exil. C’est pourquoi une appréciation préalable de leur intégrité mérite d’être faite avant toute nomination. La diplomatie classique spécifiquement politicienne est de nos jours dépassée. Elle devient aujourd’hui un réel facteur de développement économique, culturel et social. Pourquoi alors ne pas lui consacrer une attention particulière et un budget conséquent, pour permettre à nos diplomates d’assumer pleinement leur mission ? Cela serait plus réaliste que de se précipiter d’ouvrir de nouvelles missions comme à Genève ou envisager d’autres à Montréal, Johannesburg et Tokyo, sans réellement définir leurs objectifs et évaluer au préalable leur coût financier.

-Sur le plan international, les Chefs de la Diplomatie tchadienne ne font aucun effort pour soutenir le maintien de nos quelques rares cadres dans les Institutions internationales. Moins encore, ils n’ont pas de stratégie conséquente, ni une politique de placement et d’intégration de nos anciens Diplomates, anciens Ministres, des hauts Cadres et Techniciens tchadiens dans les Organisations internationales. Aucune planification ou une projection à moyen ou long terme n’est envisagée. Le Tchad est membre de plusieurs Organisations internationales. Notre pays n’a-t-il pas le droit de négocier, de faire campagne, et de briguer des postes pour ses ressortissants dans les Institutions internationales ?
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Quelques soient nos possibilités, notre pays y contribue financièrement. Alors pourquoi ne pas envisager cette possibilité de faire participer les tchadiens qui ont le profile et la capacité à amorcer l’expérience internationale ? Le Tchad a-t-il épuisé le quota des postes qui lui reviennent dans certaines Institutions internationales ? Ces questions sont déjà soulevées par nos cadres et agents, mais la gestion opaque, personnelle et quotidienne de notre diplomatie ne laisse pas la possibilité de faire de projections d’avenir. Le Tchad est membre de l’ONU depuis les années 60. Est-il normal qu’après plus de quarante ans, il n’y a pas un seul tchadien fonctionnaire permanent travaillant au siège des Nations Unies à New-York ? Pourquoi sommes-nous si absents dans les Institutions et Organisations internationales ?
Quant aux ressources financières du Ministère, si on exclut les salaires des agents et diplomates, la plupart du budget du Département est souvent consommé par le transport des Ministres et leurs Caisses d’Avance. Nos Ministres voyagent souvent seuls, sans être accompagné des agents de leur Département. Et dans nos Représentations diplomatiques, ce sont souvent les dépenses personnelles des Ambassadeurs qui priment. Ils se font rembourser leurs frais médicaux et autres, ignorant parfois ceux de leurs collègues et agents. Le fonctionnement réel des services intérieurs et extérieurs, généralement relégué au second plan, se limite à l’achat de quelques paperasseries. Les mobiliers et autres équipements ne sont pas du tout renouvelés et restent vétustes, tant au Ministère que dans les Ambassades et Consulats, du fait qu’ils datent des dizaines d’années. Cette situation est connue de tous. Les responsables politiques, les membres du Gouvernement, les cadres et fonctionnaires tchadiens effectuent régulièrement des missions à l’extérieur. Ils visitent souvent nos Ambassades et Missions permanentes, rencontrent nos diplomates et sont informés de cette réalité. Comprennent-ils ou sont-ils conscients de l’enjeu de notre Diplomatie ? Personne ne réagit et la situation persiste. Le Chef de l’Etat est-il vraiment engagé à redynamiser la diplomatie tchadienne et lui donner le soutien politique et financier conséquent ? Le Tchad pourrait-il mettre un terme à la politique de sous-représentation symbolique dans nos Ambassades ? Peut-on enfin évoluer de la politique de la chaise vide dans les Organisations internationales à une réelle diplomatie d’action dynamique pour la défense de nos intérêts ?
Alors, quand pourrait-on espérer un changement réel et positif dans la méthode de gestion de notre Diplomatie ? Le Chef de l’Etat, le président Idriss Déby nomme nos Ministres des Affaires Étrangères et Ambassadeurs. Il leur fait confiance dans leurs missions respectives. Mais ces derniers assument-ils correctement leur responsabilité ? Font-ils des rapports périodiques de travail sérieux ou de simples notes de réclamation de fonds, d’interminables arriérés et remboursements ?
Nos Ambassadeurs ont-ils les capacités et surtout les moyens d’accomplir leurs fonctions ? Les Conseillers diplomatiques à la Primature et à la Présidence de la République assurent-ils correctement le suivi de notre Diplomatie ? Maintiennent-ils des contacts réguliers avec le Département des Affaires Étrangères et nos Ambassades à l’extérieur ? Suivent-ils les propositions et avis des cadres et agents du Ministères des Affaires Étrangères et de nos Chancelleries ? Ou bien portent-ils uniquement leur titre et s’agitent simplement au cas où le Chef de l’Etat ou le Premier Ministre leur sollicite tel ou tel dossier ?

Face à cette situation quelle Diplomatie pour le Tchad peut-on espérer à l’ère du millénium ? Quelques soient nos difficultés et problèmes internes, le Tchad doit soigner son image de marque et préserver sa crédibilité internationale. La pression de certaines Institutions internationales financières ne doit pas nous faire perdre de vue le choix d’une politique extérieure dynamique et tout azimute. Notre politique étrangère relève du domaine de la souveraineté nationale. Les tchadiens, à tous les niveaux, doivent l’assumer pleinement et correctement, sans aucune complaisance. L’honneur et la crédibilité de notre pays, le Tchad n’a pas de prix.

Hassane Mayo-Abakaka
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(1) - Membre fondateur et Secrétaire Général de l’UN (Union Nationale) de Abdoulaye LAMANA(1992-1997), Dr. Hassane MAYO-ABAKAKA, Diplomate de carrière, dispensait les Cours d’Histoire diplomatique et des Droit des Organisations internationales à l’ENAM de N’Djaména (1989-1997).Plusieurs fois Directeur au Ministère des Affaires Etrangères(1991-1997), il était  Premier Conseiller à la Mission Permanente du Tchad Auprès des Nations Unies à New York(1998-1999),puis devient fonctionnaire des Nations Unies chargé des questions politiques dans le Conflit du Sahara Occidental(2000-2002). Il est aujourd’hui Consultant international.

(2) - Il s’agit de:1-Soungui Ahmed Kotoko, 2-Mahamat-Saleh Ahmat, 3-Mahamat-Ali Adoum, 4-Fakadi Lockna-Vidina, 5-Korom Ahmed, 6-Ahmat Abderaman Haggar, 7-Saleh Kebzabo, 8-Mahamat-Saleh Annadif, et 9-Nagoum Yamassoum.  

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