dimanche 26 septembre 2021

Musique

Musique (32)

La musique et elle sont nées ensemble. Mais c’est en 2011, qu’elle se lance vraiment. Son plus grand projet est d’exporter la musique tchadienne. Entrevue avec Sandra Topona. Entrevue.

Comment vous présenter ?

Simplement Sandra Topona, artiste musicienne, auteure-compositrice et comédienne.

Votre nom d’artiste ?

J’ai préféré garder mon nom parce que je l’aime bien. Plus le nom de famille. Donc Sandra Topona me vaut amplement. Je suis comme ça. C’est plus vrai, plus authentique. J’aime aussi être différente.

Comment êtes-vous arrivée à la musique ?

La musique est un art qui est en moi. Je l’ai juste fait grandir. J’ai choisi ce métier parce que je me sens bien dans le domaine de la création. La musique et moi, nous sommes nées ensemble.

Comment ont été vos débuts ?

J’ai fait mes débuts en 2011. Bien avant j’étais dans le monde artistique en global. J’ai commencé en 2009 par le cinéma. En 2010, je suis allée au Bénin pour les études et c’est là-bas que j’ai fait mes premiers pas dans la musique. De façon professionnelle, c’est en 2011 que j’ai enregistré mon premier single.

Quel genre de musique faites-vous ?

De la musique world, urbaine. Je suis dans la nouvelle forte tendance, l’afro bit. C’est dansant dans une ambiance agréablement festive.

Quel est l’actif musical de Sandra ?

Je n’ai pas fait de la musique à plein temps. J’étais à cheval entre les études et la musique. C’est en 2017 lorsque j’ai fini avec mes études universitaires que j’ai commencé à travailler sur mon premier album Halali qui est paru le 23 octobre 2020.

Pourquoi le titre Halali ?

Halali, en arabe local tchadien veut dire ce qui m’appartient, ma sueur. J’ai titré cet album Halali parce que j’ai mis mes tripes, mon talent, mon courage, mes ambitions, ma volonté d’avancer dans ce monde. Bref, un sacrifice.

Est-ce que Sandra Topona vit de son art ?

L’artiste tchadien ne vit pas malheureusement à 100% de son art. Parce qu’on est encore très loin de la réalité du show-biz. Donc je ne vis vraiment pas de mon art.

Quels sont vos projets ?

D’abord, faire la promotion de mon album qui vient de sortir. Ensuite, j’ai envie de conquérir l’international si la pandémie du Covid-19 est contenue. Donc, exporter la musique tchadienne.

La vie après le micro ?

Je suis au chômage (rire). J’ai deux diplômes : une licence en communication et marketing et une Maîtrise en management des projets. Je suis à la recherche d’emploi.

Un mot pour le public

J’appelle le public tchadien à découvrir les artistes locaux et les soutenir lors des productions. Et moi particulièrement j’ai vraiment besoin de ce soutien puisque j’ai énormément travaillé sur ce projet. L’autre message que j’ai, porte sur les violences faites aux femmes. Il va falloir attirer l’attention des gens et du pouvoir public pour que ce phénomène cesse.

Propos recueillis par Christian Allahadjim

Il se dit l’un des précurseurs du rap au Tchad. Comme la plupart des artistes musiciens, il s’est formé à chorale de son église. Aujourd’hui il évolue en solo. Il nous parle de son choix de rapper. Entrevue. 

Qui est Unik 13 ?

Je suis Asngar Madjitoloum Eric à l’état civil. Et Unik Eric 13 comme nom d’artiste. Je suis artiste musicien, rappeur. À part cela, je porte le chapeau d’un humanitaire.  

Qu’est-ce que la musique pour vous ?

C’est une passion. J’ai reçu la piqûre à mon très jeune âge, 8 ans. Cette passion est née quand je venais avec mes aînés à l’église catholique de Kabalaye. C’est à cet endroit que j’ai rencontré un instrumentiste qui m’a donné le goût de la musique. À chaque fois que je rentrais de l’église, j’essayais de reproduire la scène avec les instruments que je fabriquais avec de l’argile. Ensuite, dans les années 1996, j’ai intégré une équipe des jeunes du quartier qui faisait de la danse organisée par le groupe Star Sao. J’ai apporté ma touche. C’est ainsi que j’ai créé mon premier groupe de rap en 2004 à Doba. Après le baccalauréat, il fallait venir à N’Djamena. Le groupe s’est disloqué et j’ai fondé un autre groupe à N’Djamena, en 2007 avec un autre ami. Là encore, le groupe s’est disloqué. Depuis 2010, j’ai décidé d’évoluer en solo.

Pourquoi avoir choisir le rap au lieu d’un autre genre musical ?

Le rap est un moyen d’exprimer ce que j’ai au plus profond de moi. Il permet aussi de conscientiser la population. Et surtout la jeunesse. Bref pourquoi le rap ? Parce qu’il permet tout simplement de très vite faire passer le message.

Face à la musique urbaine, le rap a-t-il un avenir ?

La tendance est en faveur de la musique urbaine. Le rap est menacé. Mais en tant que l’un des précurseurs du rap tchadien, je suis resté toujours assoiffé du rap et on cherche à lui redonner ses lettres de noblesse. On essaye de rester dans l’air du rap pour ne pas sortir du cadre, de rester toujours hip hop. Jusque-là ça va même si la musique urbaine s’impose.

Quelle est votre discographie à ce jour ?

À ce jour Unik Eric 13 totalise deux albums de douze titres chacun. Le 31 décembre 2016 le premier album, le 13 avril 2019, le deuxième album. À côté j’ai plusieurs singles.

Le public tchadien est-il encourageant ou démotivant ?

C’est un public un peu compliqué. N’importe quel artiste tchadien vous le dira. Mais les artistes ont une part de responsabilité dans ce comportement du public. Quelquefois on essaye de copier la musique occidentale pour l’adapter au contexte tchadien. Peut-être que c’est là la cause. Même si c’est le cas, il faut le dire : le public tchadien n’encourage pas les artistes locaux en venant à leurs concerts, en achetant leurs CD, écouter sur les sites de téléchargement.

Que dire de la musique tchadienne ?

La musique tchadienne est en pleine évolution. À l’ère du numérique, la musique tchadienne est écoutée partout. J’ai eu des retours de la part des amis qui sont à l’extérieur qui m’ont fait part de l’appréciation qu’ont donné les habitants de leurs villes en écoutant mes morceaux. Et ils nous encouragent. La musique tchadienne monte tranquillement. Aujourd’hui il y a des artistes tchadiens qui passent sur des chaînes internationales. Cela fait la fierté des Tchadiens.

Des projets, vous en avez ?

Oui. Et ils sont énormes. Cela fait 10 ans que j’évolue en solo et tous mes produits sont autoproduits. Je n’ai pas de producteur, mais j’ai un community manager qui travaille d’une manière bénévole. Le projet à court terme est la sortie imminente d’un single et son clip. Ensuite en 2021, on va lancer un autre clip sur le titre Dieu ne bénit pas les méchants. Il y a des projets des clips et des singles qui sont là. Le gros projet est un regroupement de quelques titres que je compte lancer en 2021.

Un message à vos mélomanes 

D’abord, merci à Ialtchad Presse, vous faites un travail remarquable. Ici au Tchad on sait que ce sont les artistes qui courent derrière les médias pour pouvoir avoir de la visibilité. Mais la particularité chez vous est que c’est vous qui venez vers les artistes (il applaudit). J’invite mes fans à « liker » et à s’abonner aux différentes pages et sites d’Ialtchad Presse.

Propos recueillis par Christian Allahadjim

On la voit partout sur les réseaux sociaux, elle est comme on dit au pays de «uncle Tom» (Etats-Unis), c’est une «happy girl». Toujours enjouée, bonne vivante Kadi est polyglotte. Elle parle français, anglais, arabe, hindi, chinois, etc. Elle illumine de son intelligence les réseaux sociaux tchadiens. Entrevue.

Jusqu’à tout récemment, vous étiez une parfaite inconnue. Vous voilà propulsée grâce aux capsules vidéo que vous produisez, mais qui est Kadi ?

Faisons simple. Je suis une Tchadienne qui vit loin du Tchad, mais qui n’oublie jamais d’où elle vient. Je suis une nostalgique. J’aime où je vis actuellement, mais il y a beaucoup de choses qui me manquent ici. Par exemple, « laham moutacha » (viande grillée), djarat (criquet frits) et l’hospitalité. Vous savez l’immigration est naissance et une mort en même temps. Partir ailleurs c’est tout recommencer. Quitter chez soi laisser derrière parents et amis est une façon de mourir un peu. Voilà pourquoi c’est une naissance et une mort. Les deux à la fois et en même temps. C’est dur.

Vous êtes si jeune, quel est votre parcours ?

Vous le dîtes vous-même que je suis si jeune. Je n’ai pas eu le temps de faire beaucoup de chose, mais InchAllah cela viendra. Ne dit-on pas que tout vient à celui qui sait attendre. J’attends. Je ne suis pas pressée. Bref, je suis dans la musique véritablement depuis un an seulement. Mais j’ai tout même commencé à chanter vers la fin de l’année 2017. Ce n’est pas si récent que cela ma vie d’artiste si je peux le dire ainsi.

Quelles sont vos réalisations ?

Je n’en ai pas beaucoup, mais j’ai quelques réalisations dans ma besace notamment dans des films de Bollywood. J’ai réalisé quelques tubes de chansons et de la traduction. En 2018, j’ai sorti mon premier solo en anglais. Les thèmes évoqués sont l’amour, la jeunesse et les problèmes de la vie en général. Par la musique, je passe des messages. Je s’inspire des modèles et icônes tels que Rihanna, Justin Bieber, Enrique Iglesias, Neha Kakkar et Nancy Ajram.

Votre genre musical ?

Le pop définitivement

À part la musique ?

En plus de la musique, je fais le mannequinat. Je l’ai commencé le mannequinat en Inde vers 2011. C’était du challenge à cause de la couleur de ma peau. Mais je n’ai pas abandonné, j’ai persisté. J’ai finalement gagné ma place dans le «fashion week» du PUNE, Inde. C’était magnifique.

Mannequin en Inde, quelles difficultés avez-vous eues à faire face ?

C’était très difficile. Être chanteuse et actrice n’est pas payant. Cela ne paye pas même votre loyer. Pas au début en tout cas. Il faut toujours avoir un autre emploi à côté. Les difficultés il y a en masse. Par exemple dans la traduction, il n’y a pas assez, car je maîtrise mieux les langues que je traduis. Mais dans le mannequinat, il faut toujours rester mince et manger certaines choses qu’on n’aime pas parfois juste pour ne pas prendre du poids. Pour la chanson, il faut avoir une belle et unique voix pour pouvoir avoir un contrat. Et la concurrence est féroce.

Un message pour les filles tchadiennes ?

Je leur dis simplement de s’éduquer. C’est trop important. Les études ouvrent les portes de l’impossible.

Propos recueillis par Habiba Abdelkerim

Elle est jeune. Elle est artiste. Elle est chanteuse, mais une chanteuse à part. Pas comme les autres avec son concept de « dje noon pah », qu’elle a défini par « celle qui pleure » Entrevue.

Jeune chanteuse, vous démarrez dans ce métier. Qui êtes-vous ?

Je suis Matibeye Geneviève artiste musicienne, je ne suis pas une chanteuse ordinaire je suis « dje noon pah » celle qui pleure la chanson et Entrepreneur sociale parce que j’aime les gens. J’aurais facilement fait travailleuse sociale si on avait un pays mieux organisé pour venir en aide au plus fauché d’entre nous. Ceux dont la vie n’a pas souri et parfois même handicapés physiquement.

Votre parcours d’artiste ? Comment tout a commencé ?

Très jeune. J’ai commencé à la chorale de l’Église. J’ai toujours été fasciné par les harmonies et la musique. J’ai été choriste en studio et sur scène pour accompagner des artistes. C’étaient en 2012.  J’avais envie de tracer mon chemin sans trop des tracasseries. Après réflexion, la seule façon d’y arriver c’est de commencer ma carrière solo. Cette décision m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. Et d’assumer mes responsabilités. Si je ne réussis pas un coup, je ne chercherais pas à blâmer autrui. Cela sera ma faute. Et je continuerais à apprendre.

Quel est votre genre musical ?

Du Word beat ou Word musique ou encore musique du monde, c’est selon.  C’est un mélange de la musique traditionnelle et de la musique moderne, du jazz & bleus sur un style Noon pah avec mes touches personnelles.

Votre discographie ?

J’ai enregistré plusieurs singles. Ils sont déjà en écoute sur les plateformes digitales, les radios et un album toujours en route faute de moyen. Au Tchad il n’y a pas un fort soutien à la culture, à l’artiste. Il n’a pas de statut donc c’est un inconnu. C’est comme un errant sans pièce d’identité. Alors que ce sont les artistes qui sont les meilleurs ambassadeurs. J’ai le sentiment qu’on déteste l’artiste dans ce pays du Tchad. 

Quelle est votre opinion sur le milieu de la musique tchadienne en particulier et de la culture en général ?

Je dirais que la production est très satisfaisante. L’évolution a été très rapide et positive.  Ces dernières années, il y a une grande révolution de la musique tchadienne avec un grand nombre d’artistes, un travail de qualité, un retour à la source, et une recherche identité. La musique tchadienne est prête à être exportée au-delà de nos frontières.

Si demain le ministère de la Culture vous convoque pour vous demander conseil sur la musique et la culture, qu’est-ce que vous leur direz ?

Déjà de penser au statut de l’artiste, 
Créer un fond d’accompagnements des artistes  
Créer une école des arts et de la culture, 
Créer des salles d spectacles aux normes internationales

Mettre en place une politique de diffusion et de valorisation de la musique tchadienne. On espère bien qu’avec notre nouveau ministère les choses font changer rire

Quels sont tes projets ?

Je travaille sur mon projet de recherche sur le « noon pah ou pleureuse de la chanson » qui est une recherche identitaire. J’ai pu grâce à cela rencontrer des griottes dans le sud et le nord. J’étais accompagné d’une musicologue française. J’ai monté une résidence de création en 2019. Elle a permis de réadapter les chansons. La deuxième phase du projet est en quête d’accompagnement et de financement rire. J’ai participé au marché des arts et des spectacles d’Abidjan en mars avec un projet Women Power. C’est un projet qui regroupe des chanteuses africaines et un groupe féminin marseillaises qui étais prêt à être lancé, mais Mme Covid-19 a décidé de tout arrêter. On attend que les activistes reprennent de sitôt. 

Votre mot de la fin

Un grand merci à vous et tous ceux qui soutiennent la musique tchadienne et les arts. Il faut que les Tchadiens aiment et encouragent leurs œuvres en les consommant, en les partageant, l’exporter. C’est ainsi nous allons faire connaître notre culture.

Entrevue réalisée par Habiba Abdelhakim

Son nom d’artiste frappe les esprits et tape à l’œil. Il ne sait que faire de la musique, pas autre chose. Il a choisi ce surnom pour faire de la musique. Entretien avec Hroshima.

Pourquoi un nom d’artiste aussi frappant Horoshima?

Ecoutez, mon vrai nom c’est DJEKADOM NODJIREBE. Hiroshima est mon nom d’artiste comme vous l’avez souligné d’entrer de jeu. C’est une longue histoire. Pour faire court, je l’ai hérité de SAHEL Academy. Au début du commencement comme on dit j’étais héro. Après c’est passé à « Bass » parce que je jouais bien à la Bass. Et ça s’est terminé avec « Hiroshima ».

Qui est Hiroshima alors?

J’ai commencé, très jeune, comme plusieurs dans la chorale de mon Église. J’ai quitté cette chorale pour les groupes SAHEL Academy et CIDSON. Ensuite j’ai rejoint Chari Jazz, puis Matania, Abdoulaye Ndergue, Maoundoue, Sembeté BAO, Baton Magic etc.

Présentement vous êtes en solo?

Oui, actuellement je suis dans un projet solo. Le lancement de mon album solo était prévu en novembre dernier mais nous avons rencontré quelques soucis financiers a retardé cette ambition. Si tout se passe bien ça se fera en début Mars 2020. C’est un album composé de 10 titres. Intitulé Wo le baye.

Quel regard avez-vous de la musique tchadienne d’aujourd’hui?

Beaucoup de travail a été fait. Il reste aussi beaucoup à faire. Nous avons beaucoup des grands artistes comme Moussa Aimée, Bâton Magic. Il faut continuer à travailler.

Quelles sont les stratégies pour amener les tchadiens à consommer la musique d’ici

C’est vrai que la musique n’a pas de frontière. Ce n’est pas facile mais je pense que doucement et pas à pas ça va aller. Il y a beaucoup des artistes talentueux qui font le Bayan, le N’dala. Croisons-nous les doigts en espérant que ça marche. Aussi, on a besoin de soutiens.

Que faites dans la vie à part la musique?

Rien d’autre. Je ne connais que la musique. Si vous voulez absolument savoir plus… ben (léger sourire), je suis célibataire. Père de 2 enfants. Ne me demandez pas le lien entre le célibat et le fait d’avoir 2 enfants. C’est comme ça. C’est la vie. (éclat de rire)

Votre dernier mot?

IALTCHAD PRESSE, c’est notre espace.

Artiste accompli, il a définitivement choisi la musique. Ingénieur de formation, il aime mieux sa vie d’ingénieur des âmes (artiste) que celle d’ingénieur en bâtiments. Il nous parle de son parcours, de sa passion pour la musique, déplore le manque d’intérêt des autorités pour la culture, etc. Entrevue avec l’ingénieur des âmes, Abdoulaye N’Derguet.

Comment vous présenter aux Tchadiens comme artiste ou ingénieur ?

Je préfère artiste musicien, auteur et compositeur. Je suis l’un des fondateurs du groupe TIBESTI et HSAO. Tibesti est le premier orchestre tchadien qui organisé un concert en France. C’était en 1996. J’ai commencé la musique très jeune. Cela fait 40 ans que je suis dans la musique. C’est un beau métier. Il m’a permis de beaucoup voyager et de rencontrer des gens très intéressants aux profils divers. J’ai bossé avec le groupe H’SAO aussi. Après leur départ pour le Canada. J’ai décidé d’évoluer seul.

Quel type de musique faites-vous ?
Je fais de la musique du monde communément appelé la « world music ». Je mélange la musique traditionnelle avec d’autres instruments.

Vos sources d’inspirations ?
Le quotidien des gens. Je chante l’amour. Je chante la paix et la patrie.

Combien d’albums à votre actif ?

5 au total dont 2 albums avec le groupe HSAO et 3 autres en solo.

Dans une de vos chansons, vous soulignez qu’on peut réussir sans le bac ? Pourquoi ? Comment ?

Oui, j’insiste. Je persiste et je signe. Dans la vie, il faut savoir prendre des initiatives. Et faire jouer son intelligence pure, sans les conventions apprises à l’école. Le bon sens. On peut réussir à partir de rien. Sans le sou et sans le diplôme. L’exemple du grand homme d’affaire M. ABASSI est éloquent. Il est aujourd’hui l’un des hommes le plus riches du Tchad, sans aucun diplôme. Puis, aujourd’hui, l’école ne marche pas. Il faut savoir faire autre chose. Prendre comme je le dis de l’initiative. À chacun son talent. Cela peut être dans la coiffure, l’artisanat, la musique, etc.

Quelles sont vos difficultés ?

J’ai des difficultés comme beaucoup d’autres dans ce métier. Je ne veux pas la ramener à moi. Je voudrais juste dire que le Tchad est un pays de forte tradition. Il a été influencé par la colonisation et les différentes religions monothéistes. Ici au Tchad, on n’aime pas les artistes ni le métier d’artiste. L’artiste est rejeté. L’art est considéré comme une distraction, c’est tout. Une chose de banale qui n’apporte rien, mais conduit seulement en enfer. La musique est piétinée. Elle n’est pas élevée au rang de métier. Il n’y a aucune politique culturelle. Si le ministère responsable songe à quelque chose, il se prend tellement mal que n’en sort que du mauvais. Cela fait que jusqu’aujourd’hui, on n’a aucun producteur. Et pourtant le développement d’un pays commence par la valorisation de sa culture.

Un pays, c’est comme un arbre. Les racines sont les richesses des différents groupes communautaires. Le tronc est la nation. Les branches sont les générations. Les feuilles représentent la prospérité. Et les fleurs sont la culture.

Que proposeriez-vous pour surmonter ces difficultés ?

Il faut s’inspirer des autres. Il des exemples. Prenons le Nigeria, c’est le premier pays africain a évolué grâce à l’art. Le Cinéma et la musique nigériane influencent toute la musique africaine. Et depuis quelques années la musique et les arts de ce pays sont sollicités à New York, Hollywood, Londres, etc. Regardez le PIB des USA est constitué de 60 % des fruits de la culture. Donc, il faut considérer le métier de l’art et y investir. Il faut vendre notre musique à l’international et attendre un retour sur l’investissement.

Plusieurs disent que la musique tchadienne relève de « l’auto dictat » et de l’amateurisme. Que pensez-vous de cette affirmation ?

Je suis d’accord. Pour moi, les amateurs ce sont de gens qui font de la musique que pour l’argent, que pour devenir une vedette. Je les appelle les aventuriers de la musique. Mais quand tu fais de la musique par passion avec respect, il y a une valeur ajoutée. Que cela te rapporte au pas, il faut la faire par passion.

Normalement la musique doit être enseignée. Moi par exemple j’ai appris la musique sur le tas pendant 40 ans. Or si j’avais été enseigné, cela allait être très rapide. Maintenant, ça commence à s’apprendre dans certaines écoles, il y a des matières diverses dans l’art. Ce n’est pas seulement les dessins.

Peut-on vivre de son art au Tchad ?      

Oui, bien que je sois ingénieur de bâtiment, je ne vis que de la musique. La musique m’a rapporté beaucoup d’argent au Tchad.

Des projets à court terme ?

Je prépare une tournée de 6 mois en France. Je compte donner des cours de musique aux enfants via YouTube.

Votre dernier mot

Bon retour, Ialtchad Presse, continuez à mettre au-devant la culture et les talents du Tchad.

Entrevue réalisée par Habiba Abdelhakim

L'artiste musicien et poète tchadien, Flavien Kobdigué alias Kaar Kaas Sonn, a annoncé la sortie de son nouvel album intitulé Euqsam, masque à l'envers. Dans une interview accordée à Ialtchad, il parle de ce neuvième album, de la pandémie de Covid-19 et du confinement ainsi que de ses projets.

Bonjour Kaar Kaas Sonn, vous allez bien ? Votre actualité musicale semble bien se porter avec ce nouveau mot et nouvel album Euqsam ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Bonjour et merci de me donner la parole. Je vais bien. Avant tout, je tiens à vous remercier et, particulièrement, à vous féliciter d’avoir remis au goût du jour l’un des ancêtres des médias tchadiens en ligne.

Mon actualité musicale c’est la sortie de mon album Euqsam (masque, à l’envers). J’avais démarré un projet de disque avec Djim Radé, mais Monsieur Corona est passé par là et a fait tout stopper. Cloitré dans ma maison, après le télétravail et la lecture, j’avais écrit un texte, je me suis mis sur l’ordinateur. Tous les soirs, les applaudissements aux soignants et la promenade de ma chienne étaient autant de virgules de respiration, de répit… Et je me remettais devant l’ordinateur, à enregistrer un, puis deux, puis trois, quatre morceaux. Et l’écriture plus précise de quelques textes m’a donné envie de poursuivre. J’ai aussi fait régulièrement des concerts confinés depuis chez moi, histoire de communier avec les mélomanes et partager ces moments dont la lourdeur était accentuée par les chiffres quotidiens de malades et de décès du Covid19 égrenés dans les médias. Je me suis fait homme-orchestre, à jouer de la guitare, du piano, de la basse… et à faire le chant. Euqsam est ainsi conçu et a vu le jour.

Vous avez annoncé, via votre compte Twitter, la sortie prochaine de votre nouvel album. Parlez-nous un peu de cet album ?

Il fallait affronter le confinement, le bagne planétaire n’était pas acceptable. Il fallait bouger, porter l’obsession de la vérité et porter la lumière sur cette obscurité jetée sur le monde. Quelques notes de musique, cela suffit pour le dire, il n’en fallait pas plus. Ces quelques notes, c’est ma participation, mon message pour dire que la vie doit se poursuivre, la liberté doit triompher. La crise sanitaire nous met face à la réalité que nous nous efforcions de ne pas regarder. Les hommes en société ne sont pas qu’une juxtaposition d’individus indépendants, nous sommes un corps social interdépendant. Cette crise devrait nous inspirer à considérer, à l’instar du climat, que nous ne nous en sortirons pas individuellement, chacun dans son coin, mais tous ensemble. Au lieu de cela, nous assistons à un « coronationalisme » incompréhensible, cela n’est pas admissible.

Quels sont les sujets qui y sont évoqués ? 

Les différentes chansons font état de cette situation de notre monde. L’amour des uns et des autres ne doit pas laisser place à l’intérêt égoïste, refusons d’être des aveugles volontaires. Comme ces attaques contre les chevaux, ces chefs d’État qui s’autocongratulent alors qu’ils ont échoué sur toute la ligne –il n’est que de voir comment vivent leurs peuples !

J’essaie de dire que l’amour est plus fort, c’est le plus important !

Comment avez-vous vécu la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 ? Le confinement vous a-t-il été bénéfique ?

Pour quelqu’un qui a subi la guerre, la violence et la dictature comme moi, il y a la perte de la liberté, cette sorte de servitude volontaire à abdiquer et à laisser libre champ aux politiques de tester un peu n’importe quoi. Mais j’avais pris la chose avec pudeur. C’est un avantage que donne la souffrance endurée au Tchad, de considérer cette épreuve avec flegme et philosophie. L’album est un acte de survie, un acte de rébellion contre l’enfermement, un manifeste de la résilience. De ce point de vue, il est bénéfique. Je n’ai pas cherché à trop le polir. Il fallait qu’il garde toutes ses aspérités, et celles et ceux qui avaient suivi et partagé ces moments s’y reconnaîtront.

Quels sont vos projets à court et long terme ?

Il y a le projet initial avec Djim Radé qui va reprendre. Je souhaite qu’il aboutisse d’ici fin 2021. Nous en reparlerons.

Entrevue réalisée par Maurice Ngonn Lokar

Elle est artiste. Elle est reconnue comme celle qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle se démarque des autres par son parlé franc, cru, dru et sans détour. Rencontre avec une rebelle.

Comment définissiez-vous votre musique ?

Mon style musical? C’est du foufou. Alors qu’est-ce que le fou? C’est un mélange de Zouk, RNB et tout le reste. Mais maintenant je connais ma culture et ma tradition. Je prends le traditionnelle et le moderne. Je les mélange un peu avec la mélodie étrangère.

Au-delà de ce mélange, quelles sont réellement vos sources d’inspirations ?

Mes inspirations viennent des réalités, je raconte des histoires vraies, ce que les jeunes vivent, de leur quotidien. Par exemple, l’histoire d’une fille qui a été violée par son père. Pourquoi ne juge-t-on pas cet acte? J’ai aussi raconté l’histoire d’un enfant qui a perdu ses parents, après la perte de ses parents, il a été rejeté. Aujourd’hui, il est devenu un homme battant. Je donne de l’espoir aux gens. C’est le vécu de tout un chacun. Je chante aussi l’amour.

On reconnaît votre voix au-delà de nos frontières. Vous puissiez dans nos croyances traditionnelles, est-ce le principal atout ?

Ma voix est un don. Je ne l’ai pas emprunté, je ne l’ai pas travaillé avec des coaches. Je me suis entraînée seule, en écoutant beaucoup d’artistes influentes.

Que pensez-vous de la musique tchadienne ?

La musique tchadienne est en phase de croissance. Il y a beaucoup de talents tels que les Saga, Asalfo, Youssouf Dior et plein d’autres. Notre différence, c’est notre originalité. Je ne peux pas me comparer à Menodji ou à Geneviève, mais chacune a quelque chose de différent.

Pourquoi donc elle n’existe presque pas dans nos médias locaux, C’est la musique étrangère qui est prisée ?

Les Tchadiens n’aiment pas leur musique. Ils ne l’encouragent pas. J’accuse les Tchadiens. Ils n’aiment pas ce qui vient de chez eux. Les Sénégalais écoutent du M’balakh, les Ivoiriens écoutent du coupé décalé, les Congolais du lingala, les Sud-africains écoutent plus musique de zoulou, etc. Nous Tchadiens n’écoutent pas leur musique. Ils préfèrent la musique d’ailleurs.

Est-ce n’est pas par la faute des artistes qui ne produise pas une musique de qualité ?

Alors je vais vous dire quelque chose de très simple, quand un enfant est encore dans le ventre de sa maman, il appartient encore à la maman. Quand l’enfant né, il appartient à tout le monde. Il faudrait que ce tout ce monde, les tantes et les oncles, y participe à son éducation. Tout ça pour dire qu’il faut apprendre à accepter ce qui vient de chez nous. Et accompagner les artistes avec des critiques positives. Aujourd’hui n’importe qui peut se lever, il critique tel, clash tel autre. Les Tchadiens n’écoutent pas leur musique. Par exemple je publie une vidéo, elle fera 20 vues en 3 semaines. Ils préfèrent cliquer pour écouter du AKON, du Lil Wyne, du Byoncé, ils ne comprennent rien dans les chansons de ses artistes, mais ils écoutent. Du coup, ça leur donne de la visibilité avec des milliers voire des millions de vues. Le tchadien est très complexé. Il n’aime pas ce qui vient de chez lui, mais ce qui vient de chez les autres. C’est dommage.

Quelle est la solution, une stratégie pour que la musique locale reconquière le cœur des Tchadiens ?

Arrêtez de mettre dans tous les bars les chansons de Ynos B, de Fally Ipupa, de passer de la musique congolaise dans nos bars. Il faut d’abord payer les droits d’auteur des artistes tchadiens. Je sais que ce n’est pas facile, mais il faut commencer quelque part, tout revoir de la diffusion à la consommation. Regardez, des blancs viennent au Sénégal pour apprendre du M’balakh. Pourquoi les gens ne viennent pas au Tchad pour apprendre la culture tchadienne? Parce que je suis désolé, le tchadien ne veut pas faire savoir à son prochain que ça vient de chez lui. Il est trop timide. Il a trop honte.

En termes de stratégie, ce n’est pas compliqué par exemple, de prendre certaines décisions au niveau de l’État, en matière de quota de diffusion. Ce n’est pas interdire, mais mettre des stratégies pour amener les gens à aimer la musique tchadienne. Le ministère ne doit pas seulement les accompagner, il faut aussi prendre des initiatives concrètes en finançant par exemple des festivals, etc.

Quels sont vos projets à court terme ?

J’ai un projet professionnel dans un domaine connexe. La musique pure ne paie pas au Tchad. Je vais créer un label qui aura pour mission d’accompagner de jeunes artistes à signer des contrats. Une espèce d’agence entre les maisons de production et l’artiste. Voilà mon projet maintenant on ne sait pas ce Dieu dispose.

Vous ne faites plus de la musique à plein temps ?

Oui et non. Oui parce que je suis toujours dans l’industrie de la musique. Non parce que je tente de faire aussi autre chose en rapport indirect avec la musique. Je vais vous donner quelques exemples. Prenez le cas d’Angélique KIDJO elle a un diplôme, les Magic system ils ont leur Fondation, Youssouf Dour il est un magnat des médias sénégalais. Je ne peux pas me limiter seulement à la musique. On ne vit pas de la musique dans un pays où il n’y a pas de droit d’auteur.

2020 est là, que souhaitez-vous aux Tchadiens ?

Bonne et heureuse année. Santé, succès et bonheur à tous et toutes. Bon retour et vent à IALTCHAD.

Danapih de son vrai nom Danapinah Frédéric est un jeune artiste slameur plein d’ambition et de projets. Entrevue découverte.

 Qui est Danapih et que signifie ce prénom spécial ?

Pour faire une histoire courte, Danapina Frederic c’est mon nom dans le registre d’état civil. Mon nom d’artiste est Danapih qui lui vient de mon nom Danapinah. Ne voilà pas de secret. Rien de spécial.

Comment avez-vous abouti à la musique ?

C’est par l’influence de mes aînées. Ils étaient des rappeurs. J’ai commencé avec le rap. Puis, j’ai migré vers le slam. Tout de suite, j’ai compris que c’est ce qu’il me fallait. Le rap est plus écouté par les jeunes. J’ai alors décidé de faire une musique qui sera écoutée par tous, jeunes comme vieux. C’est le cas du slam. Tout le monde peut écouter et le message est clair.

Pourquoi avoir choisi le slam ?

Pour sa clarté. Dans les autres genres musicaux, il y a trop de son. Le slam se focalise sur les paroles. Et la musique est en fond sonore.

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Les vécus quotidiens de tous les Tchadiens et Africains. J’ai d’ailleurs dédié mon premier album au Tchad pour éveiller les consciences. Mon album intitulé arche de conscience vise à provoquer des réflexions et des prises de conscience et inciter aux changements des comportements pour que nous vivions en paix.

Votre appréciation de la musique tchadienne et surtout du slam?

La musique a du potentiel, mais elle n’est pas encore à la hauteur souhaitée. Le slam, lui, est un genre nouveau. Le Tchad est encore en train de le découvrir. Le public est en majorité composé des personnes âgées ou ayant un certain niveau intellectuel. J’essaye de me mettre au niveau de tout le monde en chantant en Arabe, en Sara afin de me rapprocher à la majorité.

Que pensez-vous de la question des droits d’auteur?

Dans cette histoire, il faut être objectif. Les artistes se battent pour travailler pendant une année, mais la somme qu’ils gagnent en une année est dérisoire. Je propose un logiciel qui calcule les chansons les plus diffusées. Et calculer les montants à percevoir. Les diffuseurs donnent des listes fictives écrites sur le coin de la table. Et le tour est joué, ils perçoivent des droits d’auteur et ils les redistribuent de façon non équitable.

Avez-vous une vie en dehors de la musique ?

Vivre de la musique au Tchad c’est choisir la misère. J’ai d’autres flèches à mon arc. J’ai fait des études en communication. Je travaille dans une entreprise commerciale de la place. La musique occupe 25% de mon temps.

Avez-vous des projets ?

Je prépare un album. Mon spectacle mensuel continue. J’organise ce mois un spectacle pour mes fans. Je viens de lancer un clip « sauvons les enfants » et bientôt un autre titre « la culture va mal ».

Jusqu’ici combien d’albums au total ?

Un album de 16 titres nommés arches de de conscience et trois sigles, « sauvons les enfants », « elle n’a que 13 ans », un single qui marche bien, les faux prophètes. Je les ai réalisés avec d’autres artistes tels que AKon, Daison.

Propos recueillis par Habiba Abdelhakim

 

Son nom d’artiste est Anonyme ! Pourtant il a choisi une vie aux antipodes de l’anonymat. Contradiction ou provocation ? Tout ce qu’on peut dire c’est : quelle originalité. De son vrai nom Magloire Moïalbaye Tampelé, la nouvelle star du rap est Tchadien et a baigné depuis l’enfance dans la musique avec un Papa grand mélomane devant l’Éternel, passionné de la rumba congolaise et de la musique française. Anonyme est né à N’Djamena et a grandi entre deux quartiers de la capitale, Ridina et Chagoua. Malgré l’adversité il a réussi à s’imposer sur la scène musicale. Entrevue.

Tirons les choses au clair. Qui est Anonyme et pourquoi ?

Excellente question. Bon, mon vrai nom c’est Magloire TAMPELE. Mon nom d’artiste c’est ANONYME, je me fais aussi appeler NDJAMBOYE. Je fais de la musique urbaine. Je chante. Je suis rappeur, auteur et compositeur. Anonyme parce pour mieux me démarquer. MOYALBAYE c’est mon nom à l’État Civil. Après, j’ai pris ce nom, je l’ai tordu, contorsionné et ça donné ANONYME. Simple, frappant et facile à retenir. Dans ce domaine on utilise des noms compliqués, je voulais un nom qui montre ma personnalité. Et voilà la trouvaille.

Quel est votre genre musical ?

Le rap. J’ai grandi dans un quartier populaire, notre univers musical a été influencé par des rappeurs. Il y avait de la musique partout autour de moi. Ma grand-mère était une cantatrice en pays Sara. Bref, je suis la somme de toutes ces influences. J’écoutais aussi beaucoup les émissions musicales à la radio comme le reggae, le zouk. Je faisais également partie d’un mouvement à l’église où nous avons la possibilité d’exprimer nos talents. J’ai fait du théâtre, et j’ai basculé plus tard dans le rap avec un groupe de quartier « Istifak » en 2004. Et, c’est de là qu’anonyme est née. J’ai 4 albums solos, le premier c’était « Chroniques des terres arides », il y a eu ensuite « Mukchahat », « Farafina » puis « Comme un seul homme ». Entre-temps, j’ai lancé un autre album avec des jeunes de mon label Marge d’action, intitule projectile.

Des prestations à l’étranger ?

J’ai commencé en Guinée ou j’ai fait plusieurs spectacles avec un label. Je suis aussi médecin je travaille dans l’humanitaire, cela fait que je n’ai pas vraiment le temps de faire des tournées internationales. En dehors de la musique, je suis aussi responsable du label Marge d’action. J’entends aussi être bientôt producteur. Le label Marge d’action est une écurie. Elle sert de lien entre plusieurs jeunes qui font de la musique. On fait beaucoup dans le coaching des artistes. C’est un label modeste avec un petit studio d’enregistrement, un petit carnet d’adresses. L’album Projectile, lancée en mars 2019 et qui a eu beaucoup succès, nous a fait gagner en notoriété.

Quelles sont les difficultés de métier ?

Les difficultés sont connues de tous. C’est le manque de soutien à tous les niveaux aux artistes. Pourtant ce pays regorge de talents et des volontaires. Les problèmes cruciaux ce sont le manque de structures de production, les questions de propriétés intellectuelles, etc. Les choses bougent un peu, mais ce n’est pas la cocagne.

Votre avis sur la musique tchadienne ?

Peu de pays peuvent se vanter d’avoir un cosmopolitisme culturel comme le Tchad. Nous avons la culture saharienne, Sahélienne et Bantous qui se croisent et s’entrelacent. C’est magnifique. C’est un trésor. C’est une richesse inexploitée. C’est comme j’ai mentionné la musique tchadienne survie, vivote. Prenons la question des droits d’auteur (rire). J’ai été victime d’un scandale. En 2019, j’étais parmi les artistes le plus diffusé au pays et même à l’étranger. Je devais tirer un bénéfice pécuniaire. C’était l’inverse. Je me suis retrouvé avec le plafond le plus bas. Cela démontre les lacunes au niveau du bureau des droits d’auteur. Un minutieux travail doit être fait. Je profite pour interpeller les responsables. S’il n’y a pas un mécanisme de redistribution bien défini et fiable on aura toujours de problèmes.

Vos projets à court terme ?

La sortie de quelques vidéos, et singles pour permettre aux jeunes de notre label d’avoir une identité. On a réalisé un clip vidéo intitulé « ça se passe comment ». Il est sorti tout récemment.

Votre mot de la fin ?

Simplement un clin d’œil à Ialtchad, c’était la référence. C’est la référence. Merci pour le retour. Beaucoup de souvenirs me remontent à la tête. Le Tchad sans Ialtchad, il y avait un manque. Bon vent !

Propos recueillis par Habiba Abdelhakim

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