jeudi 6 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Les assises se déroulent du 21 au 22 à l’hôtel Radisson Blu. L’objectif est de donner un souffle nouveau à l’organisation du Comité interparlementaire du G5 Sahel afin de jouer un rôle de plus en plus efficace et plus efficient. Ialtchad Presse décrypte le discours du Président du Conseil National de Transition du Tchad, Président en Exercice du CIP-G5 Sahel, Dr Haroun Kabadi.

Placé sous le Thème : « le rôle des parlementaires dans la lutte contre le terrorisme violent au Sahel » l’assise a vu la présence des grandes personnalités du pays et d’autres acteurs internationaux. Dans son allocution, le président en Exercice du CIP-G5 Sahel, Dr Haroun Kabadi a abordé plusieurs aspects.

Santé : pour lui l’année 2021 qui vient de s’achever y compris l’année en cours, le pays a été marqué par la pandémie du Covid-19. Toutes les activités économique, sociale et culturelle dans le monde et, particulièrement dans l’espace Sahel en général. Il poursuit plus loin que l’impact du Covid a enfoncé les pays de G5 Sahel dans le manque des ressources financières, empêché la réalisation des investissements intégrateurs dans notre espace commun. Toujours selon lui, la pandémie a profondément sapé l’effort de développement de tissu productif du G5 Sahel.

Climat : Fasse aux changements climatiques M. Kabadi affirme que la région est confrontée aux défis liés aux changements climatiques qui joue un rôle néfaste pour de production agrosylvopastorale.

Sécurité : Face au Terrorisme dans la zone du G5 Sahel, Dr Haroun Kabadi, explique que des attaques terroristes et djihadistes ont fait de nombreuses victimes au sein des forces de défense et de sécurité des pays du G5 Sahel. Mais aussi au sein de populations civiles innocentes de nos différents pays respectifs souligne-t-il. « Le terrorisme, cette hydre du mal, que les pays du G5 Sahel combattent depuis plusieurs années, continue à nous défier. Nous le vivons presque tous les jours, les populations du G5 Sahel subissent sans cesse les actions criminelles des forces du mal, la désolation, l’angoisse permanente, crée un climat de désespoir pour les concitoyens sahéliens, oblige souvent les jeunes désemparés, à choisir au péril de leur vie, le chemin des migrations sans lendemain», dit-il.

Plus loin il soutient que c’est sous cette résurgence d’actions terroristes et des attaques meurtrières a répétitions, que les pays du G5 Sahel enregistrent un signal fort qui rappelle ces derniers à l’urgence et prend en compte l’ampleur des défis auquel ces pays font face, précise-t-il.  Pour lui, en d’épis d’immenses sacrifices consentis par les chefs d’État du G5 Sahel, la menace est toujours là, implacable. Selon lui si ces pays ne prennent pas garde la lutte contre le terrorisme va s’enliser, car la stratégie de ces nébuleuses est de s’adapter, afin d’entraîner les pays dans une longue et éprouvante guerre d’usure, de plus en plus meurtrière. Pour M. Kabadi, la mobilisation des dirigeants du G5 Sahel doit être appuyée et renforcée par l’ensemble des populations, dit-il. « Il faut encourager les forces de défenses et de sécurité à poursuivre sans relâche leur mission sacrée ».

Extrémisme : Pour Dr Haroun Kabadi l’extrémisme violent de nos jours est la cause de diverses faiblesses des institutions étatiques qui sont autant de sève qui nourrit le terreau du terrorisme et de l’extrémisme violent. Pour lui il est urgent que les institutions engagent une réflexion pointue et pertinente sur cette lancinante question. La question des canaux de communication notamment, les réseaux sociaux permettent aux esprits malveillants de proroger leur idéologie donc cet aspect doit retenir l’attention des dirigeants du G5 Sahel.

Économie : selon Dr Haroun Kabadi, la guerre en Ukraine a pris dans un étau les pays du G5 Sahel et affecte directement l’indépendance économique, financière et commerciale dans le monde. Pour lui, les conséquences sont entre autres l’inflation provoquée par ce conflit sur les prix du pain, des intrants agricoles, du pétrole, des cours de céréales et des semences frappent à plein fouet la population. « Les vulnérabilités sont inquiétantes et ont été davantage portées à un niveau fort critique ».

Djénom Josiane

Les parlementaires du G5 Sahel sont à N’Djamena pour réfléchir ensemble sur les stratégies communes pour permettre de lutter contre le terrorisme violent dans la zone. Les présidents des parlements burkinabé, nigérien et des délégations des pays membres et pays voisins ont pris part à cette importante rencontre. Reportage.

La situation sécuritaire dans le sahel est préoccupante à cause des attaques terroristes. Et pour mettre fin à cette situation, les parlementaires des pays membres du G5 sahel, mais aussi leurs voisins ont décidé de réfléchir sur les stratégies communes pour lutter contre cette insécurité grandissante.

Pour le député Hikter Mahamat de la République du Niger, l’entente du comité interparlementaire du G5 Sahel, c’est de voir cet espace uni et de créer les conditions d’une sécurité retrouvée à l’intérieur de l’espace. « C’est vraiment ça l’attente de tout un chacun, des populations et de tout le monde », dit-il.

Le burkinabé Ibrahim Ouédraogo affirme que le G5 Sahel vit une situation compliquée et cette rencontre est la bienvenue. Selon lui, elle permet de s’asseoir et voir comment s’en sortir par rapport au terrorisme violent qui sévit dans la zone. L’honorable député burkinabé évoque aussi le départ du Mali de l’organisation de lutte contre le terrorisme dans le sahel, et pense que le Mali n’a pas quitté l’organisation, il a juste suspendu sa participation et comme la CEDEAO a levé les sanctions, il espère les maliens vont revenir pour qu’ensemble le G5 puisse lutter contre ce mal. Selon ce dernier, un seul pays ne pourra pas lutter contre le terrorisme violent, ni deux pays, mais il faut plus de G5, car les terroristes attaquent partout. Ibrahim Ouédraogo ajoute aussi la rencontre de N’Djamena va certainement permettre de voir comment gérer cette situation qui pourrit la vie des populations.

 Dans le même registre, le conseiller national Mahamat Saleh Ahmat Khayar souligne que c’est une opportunité pour le parlement du G5 Sahel de se retrouver pour étudier et voir tous les paramètres de façon technique, politique et matérielle pour prendre les grandes décisions qui vont aider à sécuriser l’espace du sahel qui souffre de plusieurs maux. Le conseiller explique que le sahel est tout le temps menacé par le terrorisme violent, la crise alimentaire et le chômage des jeunes. Selon lui, c’est l’occasion pour les parlementaires de cerner tous ces problèmes et de proposer des pistes de solutions aux décideurs afin de pallier à cette situation. En tant que parlementaire tchadien, dit-il, il est fier que son pays accueille cette grande rencontre.

Le conseiller national Digadjimbaye Youssouf premier rapporteur premier adjoint à la commission défense et sécurité au Conseil national de la transition (CNT), soutient que la zone du sahel traverse un moment très difficile. Il estime que tout ce qui se passe aux confins de trois frontières Mali, Niger et Burkina Faso et autour du Lac Tchad est inquiétant. À son avis, cette conférence est située dans la mesure où les parlementaires de cette zone vont réfléchir sur l’impact de l’insécurité que traverse les populations des pays concernés.

Jules Doukoundjé

Au quartier Diguel Koudou communément « Chadar Talata » (les 3 arbres en arabe locale) situé dans la commune du 8e arrondissement de la capitale tchadienne, une centaine de personnes sont sortis dans la rue ce matin 20 juillet pour protester contre ce qu’ils qualifient de spoliation de 2.000 lots par des particuliers. Reportage.

Il est 10h passé, hommes, femmes et petits se sont déchaînés sur la route principale reliant le quartier dit « Chadar Talata » au rond-point Hamama. À côté, l'on peut constater, des murs, des arbres ou encore des clôtures en tôle badigeonner en peinture de couleur rouge. Un groupe des femmes et jeunes brandissent une plaque sur laquelle est mentionnée « La population de Diguel Koudou dit: Non à la spoliation de leurs 2.000 lots par Sogour et ses complices Hassan Hamit et Moussa Chaïbo ». Il se murmure par-ci, par-là, « on ne va pas se laisser faire » ou encore « qu'ils nous exterminent avant de spolier nos terrains ».

Hassan Adoum Hassan, chef de carrée 19, présent dans la foule affirme qu'hier 19 juillet 2022 aux alentours de 4h du matin, des gendarmes ont débarqué dans le quartier. Il révèle que c’est avec l'accord du 3e substitut de la République, Wambel Assoucia Ngueli, que ces derniers ont badigeonné les murs des maisons avec de la peinture de couleur rouge. Le Chef de carré affirme, « sur une superficie de 1K200 de longueur et 800m de largeur que les gendarmes ont badigeonné, soit 2.000 lots » qui doit être démoli, spolier et donner à Sogour Bakhit et ses complices. Pour lui, cette affaire a été tranchée en justice depuis bientôt 7 ans, « en 2015, nous avons gagné la grosse en justice contre le prétendu propriétaire de ces 2.000 lots en la personne de Sogour Bakhit et ses complices », a-t-il déclaré. Il ajoute face à la réapparition de ce monsieur sur ce dossier, leurs avocats et les autorités compétentes ont été saisis pour qu'afin justice soit rendue.

Pour Achta Togolo, femme d'une soixantaine révolue affirme, « j'ai acheté un lot avec mon mari ancien militaire (décédé), il y a 30 ans alors que ce lieu était encore la brousse », dit-elle. Elle rajoute, « curieusement, il y a quelques années, un intrus s'est levé un petit matin pour réclamer ce terrain. Cette affaire est aussitôt étouffée après l'intervention du Maréchal », a-t-elle indiqué. Achta souligne qu'hier ce même individu avec ses complices a recommencé, « je suis prête à mourir pour ce lot que j'ai acheté avec la sueur de mon front. J'interpelle le Président de la transition à prendre ses responsabilités afin d'éviter le pire. Aujourd'hui, la population est consciente et ne va pas se laisser faire », lance-t-elle.

Abderamane Moussa Amadaye

L’Union des syndicats du Tchad (UST) lance un deuxième préavis de grève de 10 jours qui commencera ce 20 juillet et s’achèvera le 02 août 2022. Les syndicalistes demandent au Conseil Militaire de Transition (CMT) de prendre en compte de leurs revendications. Reportage.

L’UST énumère plusieurs points de revendications et demande la démission du gouvernement de transition que dirige le Premier ministre, M. Pahimi Padacke Albert. L’UST réclame entre autres choses, la poursuite de toutes personnes impliquées dans le détournement, la saisie de tous les biens des personnes impliquées dans ces détournements, la restitution et le rapatriement des fonds publics détournés du Trésor public, l’apurement des arriérés des retraités estimés à 26 milliards et ceux des contractuels de l’État à 25 milliards, l’application stricte du degré 862 portant réglementation de la retraite au Tchad, le remboursement des augmentations générales spécifiques coupées en 2016 (en espèces ou en nature), l’annulation et le remboursement de 30% de l’IRPP prélevé sur le salaire des agents et des retraités du secteur privé depuis 2016, l’alignement sur le même taux que les travailleurs du secteur public et l’augmentation de 50% de salaire aux travailleurs du secteur public et privé.

Selon le membre du Bureau exécutif de l’union des syndicats du Tchad , Djimbaye Toguiyamta, « un délai de grève a été prononcé au gouvernement, mais ce délai n’est pas pris en compte , alors le Conseil national des syndicats a pris des mesures pour un préavis de grève, le gouvernement a cassé les tympans de tous sur leur délai, pourtant des détournements font ragent et le gouvernement est impuissant sur ces détourneurs. La justice est là pour arrêter ces détourneurs,  mais ce n’est pas le cas, il souligne aussi que les retraités ont du mal à avoir leurs pensions et pourtant ils ont travaillé longtemps pour arriver à la retraite »

Sangnoudji Francine
Maryam Mahamat Abakar

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de N’Djamena ont fait des dégâts dans certains quartiers. Les habitants du quartier Walia Ngonmba sont inondés et appellent les bonnes volontés et les autorités du 9e arrondissement à leur venir en aide. Reportage.

Le quartier Ngonmba situé dans le 9e arrondissement, à la sortie sud de la ville de N’Djamena est sous les eaux. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville mardi soir ont mis les habitants de ce quartier dans une situation difficile. Ils ne savent pas à quel saint se vouer. Coupés de la grande voie principale et des rues secondaires, les habitants s’organisent pour évacuer les eaux de pluie. Pour accéder à la voie du dégagement sud, ils ont cotisé de l’argent pour acheter du remblaie, mais avec la pluie d’hier, ils se retrouvent tous dans l’eau.

Pour Sékema Jérémie, agent communautaire à Walia Ngonmba, le quartier est inondé, l’accès est difficile et pour sortir il faut porter les bottes. Il juge difficile la situation dans laquelle les habitants de ce quartier vivent. Il interpelle les autorités et les ONG de leur venir en aide, car les habitants seuls ne peuvent pas trouver de solutions. Selon lui, ce sont les populations elles-mêmes qui s’organisent pour acheter la terre pour aménager les routes. L’agent communautaire souligne que chaque année les gens de Ngonmba vivent la même situation, mais les autorités de l’arrondissement ne cherchent pas à leur trouver de solutions pérennes. Dans la même veine, Mme Rolande ajoute que le quartier a un manque cruel de canaux d’évacuation d’eau pluviale. Et c’est ce qui est à l’origine des inondations persistantes. Elle évoque aussi l’effort fourni par les habitants du quartier, mais trouve que ces efforts ne suffisent pas, il faut un appui du gouvernement. Elle explique que la principale voie qui permet d’accéder dans le quartier est impraticable et les habitants sont coupés du reste de la ville. Rolande ajoute aussi qu’elle élève seule ses 3 enfants et avec les inondations, elle peine à trouver de médicaments pour les soigner s’ils tombent malades.

Une autre personne âgée en botte, confie qu’au moment où il pleuvait, sa fille était en travail et le conducteur de moto taxi a refusé de les conduire à l’hôpital à cause de l’état de la route. Ce vieux gardien affirme que l’année dernière, pendant la même période, sa maison s’est écroulée et a blessé sa fille qui porte encore les séquelles. Une autre victime, un jeune technicien supérieur en pharmacie, Pafing Ignané Tchindebé soutient que chaque année, ce sont les mêmes doléances, mais les autorités font la sourde d’oreille. Le jeune pharmacien note qu’à Ngonmba, la population est abandonnée à son triste sort et les autorités de la commune du 9e arrondissement ne jouent pas leur rôle. Il soutient que ces inondations sont à l’origine du taux élevé du paludisme chez les enfants dans le quartier. Père de deux enfants, Tchindebé dit que c’est depuis deux ans qu’il habite dans le quartier, mais rien n’a changé. Selon lui, les habitants font de leur mieux, mais la situation les dépasse. Il affirme que cette nuit, il n’a pas pu dormir à cause de l’eau qui est entrée dans les chambres.

En attendant l’intervention des autorités, les habitants de Walia ngonmba s’échinent à se frayer de chemins, mais les eaux de pluie résistent en envahissant les habitations.

Jules Doukoundjé

Dans le cadre du projet 3M Mes droits, Ma santé, et Mon avenir, l’association tchadienne pour le bien-être familial, organise une formation à l’endroit des jeunes du mouvement d’action des jeunes de l’ASTBEF. La formation porte sur la pair-éducation et la planification familiale en milieu jeune. Les travaux se déroulent au sein de l’ASTBEF sis au quartier Abena. Reportage.

Tout à commencer avec un jeu appeler brise-glace qui consiste à faire la connaissance des autres à travers la première lettre de son prénom et sa passion. Ces 15 jeunes vont s’approprier de ces outils qui sont nécessaires à utiliser dans les séances de pair-éducation avec la base. Aussi, les amener à créer leurs propres outils en tant qu’animateur pendant les séances. Pour Christine Manget, formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive et du planning familial a abordé avec les jeunes dans un premier temps la question de la planification familiale. Pour elle, les jeunes qui sont confrontés à l’expérience de la sexualité sont confrontés à des problèmes d’accès au planning familial pour mieux gérer cette étape de la vie. « Les jeunes tchadiens font face à des barrières socioculturelles qui les empêchent d’avoir accès au planning familial. Il y a nécessité d’informer les jeunes sur le planning familial pour qu’ils en bénéficient parce qu’ils en ont le droit », dit-elle. Pour elle, la loi 006 portant promotion de la santé de la reproduction n’est pas claire et certains l’interprète comme ils veulent et mettent de côté les droits des jeunes à avoir accès au planning familial.

Christine Manget a également abordé avec les jeunes la question sur les rapports sociaux inégalitaires, les violences basées sur le genre (VBG). Il estime qu’il fallait faire un test sur le tabou et la sexualité en milieu jeune pour briser le tabou et les barrières. « Les adultes ne donnent pas beaucoup la parole aux jeunes sur la sexualité. Très souvent, ils ont souvent des messages formatés aux jeunes. Ces messages sont éloignés de la réalité des jeunes, mais représentent ce que les adultes pensent. Cette forme de communication révolue à l’heure actuelle », a-t-elle affirmé. La formatrice s’est également appuyée sur les statistiques de l’utilisation des méthodes contraceptives modernes par les femmes tchadiennes, le taux de fécondité et le taux de mortalité au Tchad pour étayer sa thèse. L’occasion pour la formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive et du planning familial Christine Manget de rappeler les jeunes l’importance de célébrer certaines journées internationales comme la journée internationale de la contraception célébrée tous les 26 septembre et la journée internationale sur la dépénalisation de l’avortement célébré tous les 28 septembre.

Kouladoum Mireille Modestine
Djénom Josiane

L'Office national pour la sécurité alimentaire (ONASA) vient de déballer son stock mardi, 19 juillet à N'Djamena capitale tchadienne. Pour soulager un tant soit peu les ménages démunis, des ventes subventionnées des céréales sont organisées dans les dix (10) arrondissements. Reportage.

11heure vient de sonner ici à l'école officielle au quartier Repos dans le 4ème arrondissement de N'Djamena, capitale tchadienne. C'est aussi là que la cérémonie du lancement s'est tenue. Une foule majoritairement féminine a pris d'assaut la cour de l'école. Chaque père de famille attend impatiemment d'acheter un sac pour sa maisonnée.

Haroun Adef Djibrine est le tout premier bénéficiaire à acheter un sac de mais à 10 000 f. « C'est un soulagement pour moi et ma maisonnée. Je suis fier des autorités qui ont enfin pris une bonne décision pour aider les tchadiens les plus démunis », dit-il d'un air jovial. Fatimé Bitchéré assise dans la foule est venue dès le matin. L'attente va être longue mais je dois rentrer absolument avec un sac pour mes enfants, affirme-t-elle. Au marché, soutient Fatimé,  le sac de mais se vend à 30 000f. « Je suis veuve avec beaucoup d'enfants. Je crois que si j'arrive à avoir 2 sacs de céréales, nous allons  traverser cette période difficile du mois d'aout. S'ils nous font cette faveur chaque trois mois, on aura moins de problème de ration. Pour un ménage, s'il y a le céréale à la maison même avec un 1000 F CFA on peut préparer du gombo aux enfants ».

Le maire de la commune du 4ème arrondissement Haroun Ramad Mahamat, est ravis par le choix porté par l'ONASA sur sa circonscription pour le lancement officiel de la vente subventionnée des céréales. C'est un acte salutaire, dit-il. A son avis dans les marché de N'Djamena, les commerçants augmentent chaque jour le prix des denrées alimentaires. « On a toujours demandé qu'ils soient justes mais en vain. Aujourd’hui, cette vente est la vraie solution. Ce contre-poids de l'État tombe bien. Le sac de 50 kilo du riz se vend à 12500 Fcfa et les sacs de céréales à 10 000 Fcfa », dit le maire. Il précise que les bénéficiaires sont d'abord des démunis, ensuite les pères de famille qui ne peuvent pas acheter un sac de mil aujourd'hui sur nos marchés.

Selon M. Haroun Ramad Mahamat, les stocks peuvent suffirent, rien n'est à craindre. D'après le gestionnaire du 4ème arrondissement, une personne démunie ne se cache pas, on peut facilement l'identifier. « Nous avons fait un travail en amont avec nos agents pour les identifier avec des listes. Nous redoublons la vigilance afin que les commerçants véreux ne viennent pas s'infiltrer », prévient le maire. Il fait observer que s'ils trouvent un sac d'ONASA sur le marché, ce serait zéro tolérance. Haroun Ramad confirme que les sacs ne sont pas estampés mais des services de renseignements vont mener des investigations pour desceller les travers.

Moyalbaye Nadjasna

L’association tchadienne pour le bien-être familial (ASTBEF) forme depuis le 18 juillet des agents pour le plaidoyer en matière de santé sexuelle et reproductive. Cette formation est rendue possible par expertise France à travers le programme TISSER. Les participants à cette formation vont désormais travailler pour sensibiliser sur la santé de la reproduction (SR) et ses composantes à travers la ville de N’Djamena. Reportage

10 agents issus des cellules de plaidoyer de l’ASTBEF suivent une formation sur l’élaboration d’une stratégie de plaidoyer, les modes d’action et d’outils de plaidoyer et comment mesurer l’efficacité et la visibilité de son plaidoyer. C’est pour répondre au besoin en matière de sensibilisation pour l’appropriation des questions relatives à la santé sexuelle et reproductive de toutes les couches sociales. La responsable plaidoyer international Sharlen Sezester affirme que la présente formation vise à renforcer les capacités de l’association, de l’aider à structurer davantage ses stratégies de plaidoyer. Pour elle, il faut que la population soit bien informée sur les droits en matière de la santé de la reproduction. « Tout commence par la loi, si la loi en matière de SR est garantie, il y a des directives pour le mettre en œuvre. Et c’est en ce moment que les associations comme l’ASTBEF sont en droit d’aller demander et réclamer la mise en place des dispositifs, le financement des structures, et l’accès à des méthodes diversifiées de planification familiale auprès de l’État et les partenaires », dit-elle. Elle ajoute que son institution travaille sur comment obtenir un changement de cadre et de norme afin que ce changement soit favorable aux droits des femmes pour les permettre d’avoir véritablement accès à la planification familiale.

De son côté, Christine Manget, formatrice en droits de santé sexuelle et reproductive souligne pour sa part que leur but est de faire le partage d’expérience et de compétence avec les acteurs qui œuvrent dans le domaine du planning familial et d’impulser la dynamique de collaboration. Pour elle, l’importance est de pouvoir renforcer et accompagner leurs partenaires sur les aspects de plaidoyer dans la mesure où il faut avoir un certain nombre d’expériences dans le domaine.

Les participants après la formation vont faire le travail de plaidoyer à travers la ville en mettant en place des stratégies pour informer toutes les couches sociales, a fait remarquer le président de l’antenne ASTBEF de N’Djamena Nadjingar Gollaou. « Ces 10 participants seront désormais comme des ambassadeurs de l’ASTBEF. Ils vont communiquer avec la population sur les objectifs, la mission et la vision de l’ASTBEF, les droits en matière de SR, la planification familiale et surtout la loi 006 portant promotion de la santé sexuelle et reproductive au Tchad », a-t-il expliqué.

Le programme Tous Impliquer pour la Santé Sexuelle et Reproductive TISSER, couvre deux zones du Tchad : le Ouaddaï et Moyen-Chari.

Kouladoum Mireille Modestine

Suite à l’arrestation d’un des leurs du Centre de santé de Hillé Houd hadj dans la commune du 10e arrondissement, le Syndicat National des Travailleurs des Affaires Sociales et de la Santé au Tchad (SYNTASST) dénonce cette arrestation et exige la libération de l’agente technique de santé. Ils ont tenu une Assemblée Générale (AG) à l’issue de laquelle le SYNTASSAT décide d’observer une grève d’avertissement de 3 jours à partir du 20 juillet. Reportage.

Les membres du SYNTASST se sont réunis le 18 juillet dernier en AG à la bourse du travail afin d’analyser l’évolution de l’incident survenu au centre de santé Hillé Houdjadj le 23 juin passé. Après analyse du préavis de grève lancé le 11 juillet, suivi d’une entrevue avec le ministre de la Santé publique, l’Assemblé constate qu’aucune solution n’a été trouvée suite à leurs revendications. Ils revendiquent la libération de leur camarade Falmata Oumar Moumine et la présence des agents de sécurité dans les structures sanitaires concernées. N’ayant pas obtenu gain de cause, l’AG décide d’observer une grève d’avertissement et de solidarité pour 3 jours du mercredi 20 au vendredi 22 juillet avec un service minimum sur toute l’étendue du territoire. Le SYNTASSA demande à toutes les cellules, les sections, sous sections de respecter ce mot d’ordre de grève et de se préparer pour d’autres actions.

L’affaire remonte au 23 juin dernier lors de la prise en charge médicale d’une patiente qui s’est présenté au centre de santé Hillé Houdjadj pour prendre des soins ventre creux. L’infirmière lui aurait demandé d’aller manger quelque chose avant de prendre ses médications. La patiente est allée prendre une bouteille de jus et une bouteille d’eau qu’elle a prise à moitié. Arrivé dans la salle de soins, elle commençait à vomir et n’a même pas eu le temps de prendre ses soins et a fini est décédé. Les parents de la victime ont accusé l’infirmière d’être à l’origine de la mort de la patiente. L’infirmière et le boutiquier qui a vendu à la patiente le jus et la bouteille d’eau sont mis aux arrêts explique Younouss Mahadir Président Syntasst. Au sujet de l’autopsie qui serait établie pour lequel Mme Falmata Oumar Moumine serait mise aux est rejeté par Younouss Mahadir. Pour lui le problème de l’autopsie est douteux, même l’ordre des médecins a indiqué que l’autopsie, on ne le fait pas de cette manière. « Il y a des procédures qu’il faut respecter. C’est un staff qui doit le faire et non un individu. L’ordre des médecins a donné son rapport donc j’irais vers le ministre pour en parler. Si le rapport indique que l’agent n’est pas coupable, alors il n’est pas question de la garder. Pour l’instant nous observons une grève d’avertissement, mais au cas où le gouvernement refuse de nous entendre, nous allons passer à une vitesse supérieure », souligne Younouss Mahadir.

Djénom Josiane

Les retraités et les ayants droit continuent toujours de contester l’enrôlement biométrique lancé par les autorités de la caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT). Après avoir contesté la biométrie, ils continuent de contester cette fois l’imposition de la nouvelle carte nationale d’identité, seule garante de la fiabilité pour s’enrôler avant de percevoir les arriérés de pensions et de coupons. Reportage. 

Le bras de fer entre les retraités, les ayants droit composés de veuves et les orphelins et les autorités de la CNRT continuent de faire couler l’ancre. Ils se sont opposés à l’enrôlement biométrique imposé par les autorités de la CNRT avant de percevoir les arriérés de pension et de coupons. Après plus de 2 semaines d’enrôlement, la CNRT a découvert beaucoup de faux documents avec certains retraités et les ayants et a exigé que désormais ces derniers doivent être munis de la nouvelle carte nationale d’identité contenant le numéro national d’identification (NNI) avant de se faire enrôler. Mais cette suggestion est aussi dénoncée par les retraités.

Pour Tamtangar Abdoulaye, retraité, l’ancienne carte d’identité nationale, même si elle est valable, les autorités de la CNRT rejettent. Le retraité explique qu’entre temps il gagnait avec l’ancienne carte, même si elle est expirée, mais avec l’enrôlement biométrique, tout a changé et il faut la nouvelle carte d’identité nationale avec le numéro NNI pour être recensé. M. Tamtangar Abdoulaye dénonce la lenteur pour l’enrôlement biométrique et la paie des arriérés de pension et de coupons. Le retraité souhaite qu’on revienne à l’ancienne méthode pour payer les retraités, car la nouvelle méthode fatigue les retraités et montre déjà ses limites.

Dans le même élan, Nadjimbang Michel, ajoute que l’ancienne carte est rejetée par la CNRT et il faut une carte contenant le NNI, sans cela il est inutile de se présenter à la CNRT pour se faire enrôler. Il souligne que la CNRT demande pour ceux qui n’ont pas la nouvelle carte d’identité d’apporter la copie de leur extrait de naissance et deux photos d’identité pour leur établir un numéro national d’identification (NNI). Le retraité explique la procédure est longue et fatigante. Il suggère que la CNRT trouve un compromis pour soulager les retraités et les ayants droit.  

Du côté des autorités de la CNRT, il y’a juste un problème de mauvaise foi de la part de certains retraités. L’administration de la CNRT justifie que l’imposition de la nouvelle carte d’identité nationale contenant le NNI qui est unique chaque personne avec ses empreintes et sa photo et permet de sécuriser les bases de données.

Pour le président du conseil d’administration (PCA) de la CNRT et vice-président de la commission de paie des arriérés, Mahamat Saleh Yaya, les gens se plaignent et ce n’est pas nouveau, au début, la plainte c’était qu’on ne voulait pas la biométrie, et qu’on ne peut pas justifier cela. Selon lui, quelqu’un qui est dans les règles à qui on lui demande de faire un contrôle ne devrait pas poser problème. Le PCA souligne que le NNI permet de détecter le double emploi, des gens qui émargent à la solde et qui sont aussi déclarés de retraités. Il confie que la CNRT a un nombre important des personnes qui à travers le NNI, ont été identifiées pour doubles emplois et sont des retraités. Mahamat Saleh Yaya ajoute qu’il y’a de faux retraités qui ne peuvent pas passer à travers la biométrie et cela ne peut être arrêté que par le NNI.

Au sujet de payement des arriérés des passions, le PCA soutient que depuis le début du recensement biométrique, jusqu’aujourd’hui, 1464 retraités ont été payés pour un montant total d’un milliard 116 millions 378.538 de F CFA. Pour ceux qui n’ont pas des arriérés et qui ont perçu seulement leur pension, 3107 retraités sont servis pour un montant de 500 millions475.084 F CFA. Il précise que la CNRT ne fait pas du surplace.

Pour permettre aux retraités et surtout, ceux qui sont malades d’entrer rapidement dans leur droit, la CNRT a mis en place une stratégie permettant de les recenser tout le long de week-end tel que le samedi et le dimanche.

Jules Doukoundjé   

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