mercredi 20 octobre 2021

Reportage

Reportage (377)

Le gouverneur de la province du Mandoul, Mme Diamra Betolngar a réuni le 15 octobre dernier à Koumra, la capitale provinciale, les chefs traditionnels et coutumiers pour réfléchir sur les problèmes qui minent la province.  Ils ont trouvé un consensus sur les modalités de réparations civiles en cas d’infractions graves. Mais ce consensus ne plaît pas à certains ressortissants et à la société civile qui qualifient la résolution de dia, contraire aux us et coutumes de la province. Reportage.

La province du Mandoul est l’une des provinces du sud où sévit depuis plusieurs années de conflits intercommunautaires qui empêchent le vivre ensemble et la cohabitation pacifique. Pour tenter de résoudre ce mal qui gangrène le Mandoul, la gouverneure, Mme Diamra Betolngar, en poste depuis juillet 2020, a réuni le 15 octobre dernier tous les chefs coutumiers et traditionnels pour trouver des solutions. La gouverneure et les chefs coutumiers et traditionnels ont trouvé un consensus sur les modalités de réparation civile en cas d’infractions graves, surtout sur le conflit agriculteur et éleveur qui fait couler du sang chaque année.  Selon ce consensus, en cas d’homicide volontaire, les parents du mis en cause devront payer 1,5 million de F CFA avec avance de 200.000 F CFA pour organiser les obsèques, accident de circulation et autres infractions, 1 million avec avance. Le comité de recours est composé d’un imam, d’un prêtre, d’un pasteur et d’un représentant associatif.

Pour la gouverneure, c’est après une longue concertation avec les autorités traditionnelles et religieuses qu’ils ont trouvé ensemble bon de mettre en pratique ces mesures envoyées depuis N’Djamena. Selon elle, la raison principale qui a motivé leur décision commune est la réalité tchadienne. « Nous savons tous que dans notre pays, on condamne une personne au sud, mais elle se retrouve libre au nord ou à l’Est et vice versa. C’est pourquoi nous sommes convenus d’adopter des réparations à l’argent pour permettre aux familles de la victime d’organiser le deuil de leur parent tué. Ce n’est pas une affaire de dia ou quoi que ce soit », précise Mme Diamra Betolngar.

Prenant le contre-pied, un jeune de cette province qui s’exprime sous couvert de l’anonymat, rétorque que le complot a atteint un niveau alarmant, celui de sa formalisation officielle, après qu’il fut progressivement mis en place depuis des décennies. Selon lui, le Mandoul est officiellement soumis à des lois iniques qui font des habitants autochtones des sous-hommes et les chefs de cantons et villages contraints de signer ce pacte inique et inconstitutionnel.

La polémique autour de ce consensus considéré par certains intellectuels du pays, les ressortissants de la province et certains membres de la société civile a fait réagir un magistrat. À propos de la dia au Mandoul, un magistrat qui préfère garder l’anonymat, écrit en réponse à ceux qui tentent de justifier le consensus que l’allocation des réparations civiles relève de l’appréciation souveraine du juge. Selon lui, ce sont les personnes qui ont directement souffert du fait dommageable qui ont le droit de solliciter l’allocation des réparations civiles. Il précise par ailleurs qu’il n’appartient pas à un groupe d’individus de se substituer à elles, au nom de la réalité tchadienne pour fixer le montant de la « dia ».

Jules Doukoundjé

Le creusage de l’ancienne tranchée réalisée en 2008 par l’ancien président Idriss Deby Itno pour empêcher les rebelles d’entrer à N’Djamena inquiète la population riveraine. Depuis quelques semaines, les autorités de la transition ont repris les travaux de creusage de cette tranchée d’environ 8 kilomètres de longueur et 3 mètres de profondeur. Elle fait peur aux populations riveraines, surtout celles du quartier Boutalbagara, dans le 7e arrondissement au sud de la capitale. Reportage.  

De Mara, aux environs de la raffinerie de Djarmaya, au contournement du palais de la démocratie, à Gassi dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, le creusage de la tranchée crée la psychose aux populations environnantes. En 2008, le président Idriss Deby Itno réalisait ce gigantesque trou pour stopper l’avancée des rebelles qui avaient failli renverser son régime. Mais, cette fois, la transition militaire conduite depuis 6 mois par son fils, le général Mahamat Deby Itno, le creusage de cette tranchée crée de moult réflexions.

Certains intellectuels, membres de la société civile et opposition qualifient ce vaste creusage de va-t’en guerre, alors que le pays est dans une période de transition qui appelle à un dialogue national de toutes les forces vives de la nation. À Boutalbagara, quartier situé dans le 7e arrondissement, au sud de la capitale, les habitants se souviennent encore de périodes difficiles de 2008 quand le gouvernement de l’époque estimait que le creusage de cette tranchée était salutaire pour empêcher une éventuelle avancée rebelle. Pour Noubadoum, Djimtibaye, habitant et riverain de cette tranchée, affirme que les  populations démunies ne pourraient pas, en cas d’évacuation sanitaire d’urgence d’enjamber la tranchée qui divise le quartier en 2. Pour lui, les personnes âgées et malades qui ne peuvent pas se tenir debout et qui résident de l’autre côté de la tranchée, pourraient mourir à cause de ce trou qui rend difficile la circulation des voisins. « Ce qu’ils font n’est pas bénéfique pour les habitants qui peinent à se déplacer et à joindre les deux bouts », regrette ce père de famille. Pour cet homme, les populations ne sont même pas informées du creusage de la tranchée. De l’avis de Noubadoum Djimtibaye, même si les autorités ont instruit l’entreprise qui réalise cette œuvre de ne pas casser les maisons, le creusage de la tranchée divise les familles.

Abondant dans la même veine, une jeune femme, mère de 3 enfants expriment son indignation vis-à-vis du Conseil militaire de la transition (CMT). Mme Lartab Marie-Claire, assise sous un arbre devant son petit commerce confie que depuis que la tranchée est passée devant sa maison, elle peine à fermer les yeux la nuit.  Elle s’inquiète pour ses enfants qui vont dans une école élémentaire située de l’autre côté de la tranchée. « Nous avons inscrit nos enfants dans une école qui est désormais située de l’autre côté de la tranchée. Il faut que les autorités nous disent comment faire pour amener nos enfants à l’école », s’interroge la jeune dame. Pour elle, l’État ne se préoccupe pas de l’éducation de leurs enfants. Mme Lartab Marie-Claire souhaite que les autorités mesurent leurs actes avant de les matérialiser.

Des nombreux de résidents voisins de la tranchée estiment que les milliards que l’État dépense inutilement pour creuser cette tranchée auraient suffi de faire des adductions d’eau potable et d’aménager les rues pour permettre aux citoyens de vaquer plus aisément à leurs occupations.

Jules Doukoundjé

Les fidèles musulmans de la confrérie Tidjaniya du Tchad commémorent depuis 17 octobre la Aïd al Maouloud. Une fête qui célèbre l’anniversaire de la naissance du Mohammed de l’islam. La plupart des musulmans de la Tidjaniya vont à la mosquée, prient, apprennent la vie et les enseignements du Prophète et récitent les poèmes et les chants religieux. Reportage.

Selon Cheik Abdadayim, SG du Conseil Supérieur des Affaires islamiques du Tchad, le Maouloud c’est la commémoration de la naissance du prophète Mohammed. Il affirme que c’est une célébration qui a lieu le 12 du mois « Rabi Al Awal », vu comme le mois de la naissance du prophète. « C’est une occasion de joie de reconnaissance et de remerciement pour les musulmans de se rappeler l’histoire du prophète et d’enseigner sa tradition, réciter le Saint Coran », explique le SG du CSAI.

Cheik Abdadayim, précise que Maouloud est un souvenir, et le prophète est un modèle pour tout musulman. « Le musulman doit, dans son comportement de tous les jours, respecter ce que le prophète a dit, ce qu’il a fait. C’est une façon de louer Allah, du fait qu’il nous a donné un prophète et aussi du fait qu’il a envoyé l’islam comme dernière version de sa volonté sur la terre », dit-il.

Pour le Chef de garage Gambo, Maouloud est un moment de reconnaissance, et de souvenir. « Ce n’est pas une fête à proprement parler, parce que les fêtes en islam sont au nombre de deux : la fête de Ramadan et celle de Tabaski. Il n’y a pas un contenu défini où les gens doivent respecter des prescriptions. C’est à chaque communauté de s’organiser par des conférences, des prières, des séances de lecture du coran », dit le fidèle.

Mouloud est célébrée la nuit par tout acte de bien que ça soit dans le sens spirituel ou social. Il y a des gens qui vont préparer à manger, comme d’autres vont rendre visite à leurs parents, où se retrouver à la mosquée pour la veillée. Au cours de cette veillée, il y a des prêches qui sont faits sur la vie du prophète, des rappels sur les hadiths (tout ce qui est attribué au prophète comme parole, acte ou approbation).

Ce 18 octobre, les musulmans vaquent normalement à leurs activités. Sauf les travailleurs qui sont à la maison suite à la journée déclarée fériée et chômée payée par le ministre tchadien de la Fonction publique.

Moyalbaye Nadjasna

La présidente du Conseil Administratif (CA) du Réseau national des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Tchad (RNPVVIH), Mme Naikode Eveline plaide pour la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/Sida, sans cela, il serait difficile de mener à bien la lutte contre le Sida. Elle a fait cette déclaration au cours d’une dédicace du livre intitulé « Contre vents et marées » de Dinguest Zenaba qui parle d’une prostituée du marché Mokolo de N’Djamena infectée par le VIH. Témoignage.

L’intervention de la présidente du conseil d’administration (PCA) du réseau national des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Tchad (RNPVVIH) Mme Naikode Eveline à la cérémonie de la dédicace du livre de la romancière tchadienne, Dinguest Zenaba, a ému toute la salle. Cette dame a témoigné sur la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec les VIH/SIDA. Elle a pris son propre exemple pour expliquer comment il est possible de vivre avec cette maladie qui a endeuillé et continue d’endeuiller le Tchad et toute l’Afrique au sud du Sahara. « J’ai découvert ma sérologie en 2002. J’ai décidé moi-même de faire dépiste sous le conseil de mon employeur, l’ONG médecin sans frontière qui a demandé entre temps à tous ses employés qui veulent bien se faire dépister. Et au cas où le résultat s’avérait positif, elle prendrait en charge à 75 pour les frais médicaux », explique dans une voix douce la PCA du RNPVVIH. Mme Naikode Eveline qui était écoutée avec beaucoup d’émotion indique qu’elle avait en 2002 obligé son mari pour qu’ils aillent faire le test ensemble. Elle confie que son mari ne pouvait attendre les résultats pendant une semaine et était retourné à son poste à Pala dans le sud. Elle était chargée de récupérer les résultats qui étaient malheureusement positifs. Selon elle, son mari n’a pu résister à la mauvaise nouvelle. « J’ai prié pour que le seigneur me donne la force d’accepter le résultat au cas où c’est positif. Je soupçonnais mon mari depuis 2 ans », souligne-t-elle.  La PCA des personnes vivant avec le VIH a par ailleurs noté que quand le médecin lui avait remis le résultat, c’était elle-même qui l’avait consolé. 

Après avoir pris les résultats, elle s’était rendue à Pala pour remettre à son mari qui s’était écroulé en demandant pardon à son épouse. « J’ai accepté son statut de séropositif, en suite 2 ans plus tard j’ai perdu mes deux enfants et cela m’a tellement touché. J’ai décidé de créer une association pour lutter contre le VIH. J’ai dit aussi que le SIDA ne passera plus jamais par moi », se confie-t-elle. Son association a adhéré au RNPVVIH en 2004 et depuis ce temps, elle n’a pas cessé de mener le combat contre le VIH/SIDA.

Les PVVIH ont besoin de soutien

Pour lutter efficacement, il faut une acceptation de soi et de la famille. Mais au Tchad comme partout en Afrique au sud du Sahara, les PVVIH souffrent de la stigmatisation et de la discrimination. La PCA affirme que la discrimination est le fait de fixer ou de catégoriser quelqu’un à cause de son statut de sérologie. Selon elle, cette discrimination constitue un frein majeur dans la réduction du taux de prévalence du VIH au Tchad. A son avis, c’est une atteinte aux droits des PVVIH. Pour Mme Naikode Eveline, les PVVIH subissent tous les jours la discrimination et la stigmatisation et s’auto stigmatisent eux-mêmes. Pour elle, ce phénomène social commence en milieu familial, mais aussi dans le milieu de la santé. La responsable des PVVIH révèle que les résultats d’étude de l’indice sur la stigmatisation effectuée en 2013 montrent un taux plus élevé de stigmatisation en milieu social et familial. 56% des PVVIH consultées ont déclaré avoir fait l’objet de stigmatisation de la part de leur entourage, dont 59% des femmes et 48% des hommes. En ce qui concerne l’accès au travail, au service de santé et à l’éducation, elle souligne que 22,8% déclarent avoir au moins une fois perdu un emploi et leur source de revenus à cause de leur statut de sérologie.

Selon Mme Naikode, les services de planification familiale ont été refusés à 4% de femmes séropositives à cause de leur statut et 19% des PVVIH déclarent obligé de changer de résidence ou être incapable de payer leur loyer. Elle précise que cette situation frappe plus de femmes avec 20 % contre seulement 17 % d’hommes.

Toutefois, elle reconnaît que les actions menées par le gouvernement et ses partenaires ont donné de l’espoir. Elle souhaite que les nouvelles actions doivent viser à sensibiliser les familles et la société afin d’aider les personnes vivant avec la maladie plutôt que de les stigmatiser.

Jules Doukoundjé

Suite à la désignation des membres du Conseil national de Transition (CNT), les professions judiciaires libérales dénoncent la marginalisation de leurs corporations dans la désignation des membres du CNT. Ils craignent que le processus de transition en cours soit dépouillé de son caractère démocratique. Reportage.

Les professions judiciaires libérales à savoir l’Ordre national des avocats, la chambre nationale des notaires et la chambre nationale des huissiers de justice du Tchad ne sont pas contentes du comité ad hoc en charge de la désignation des membres du CNT. Raison de leur mécontentement : leurs corporations ne sont pas représentées. Et pourtant, d’après la correspondance adressée aux différents ordres professionnels, il était mentionné que « les ordres professionnels sont des corporations d’élite dont le point de vue est important. Ils contribuent à façonner le tissu professionnel du pays et sont à la pointe de la modernité. Leurs idées avant-gardistes méritent d’être recueillies et partagées par le CNT ».

Pour le président de la chambre nationale des notaires du Tchad (CNNT), Me Djomia Germain, cela signifie que les professions judiciaires libérales sont non seulement les acteurs incontournables, mais aussi des personnalités non négligeables dans le fonctionnement d’un organe législatif. Selon lui, les avocats, les notaires et les huissiers pourraient jouer un rôle essentiel dans le processus d’examen des projets de loi, voire dans celui des propositions de lois d’envergure relatives au foncier, à la famille, au domaine commercial et dans bien d’autres lois liées à la vie publique et privée de la nation. Selon le porte-parole de ces professionnels, les professions judiciaires libérales se sont attelées à sélectionner les meilleures candidatures, les dossiers ont été constitués, puis déposés dans le délai requis.

Les avocats, les notaires et les huissiers estiment qu’ils sont mieux placés pour connaître toutes les lacunes de la législation tchadienne et qu’à ce titre, leur présence était vitale dans les décisions importantes qui conditionnent la vie de la nation. Ils ne comprennent pas pourquoi leur corporation n’est pas représentée au sein du CNT.  Ils expriment par ailleurs leur indignation face à la mauvaise foi qui gouverne cette décision. De leur avis, cette marginalisation des corporations judiciaires libérales dans la désignation des membres du CNT, installés dans leur fonction le 5 octobre dernier, constitue une insulte suprême à l’endroit de leurs corporations professionnelles respectives.

Jules Doukoundjé

Dans peu de temps le championnat national de la lutte va démarrer. Les différentes délégations conviées à cette compétition logée au centre culturel Talino Manu s’activent. Reportage.

Les habitués s’endorment tranquillement après un long voyage effectué. Certains novices méditent leur sort. D’autres lavent leurs linges et leurs ceintures de peau s’apprêtant aux combats de lutte. Un lutteur de la Tandjilé affirme, « nous sommes des lutteurs de la province de la Tandjilé. Nous avons toujours remporté des médailles, on n’a pas de souci. Nous espérons que tout ira pour le mieux. Le moral est haut. La Tandjilé est le bastion de la lutte traditionnelle, on n’a rien à craindre. » Un lutteur de la capitale, N’Djamena, sous couvert de l’anonymat dit, « je m’abstiens de tout commentaire. La compétition c’est sur le terrain et la fin justifie les moyens. Vous nous verrez sur le terrain donc ne soyez pas pressé. »

Amadou Moustapha, est l’encadreur des lutteurs de la province du Lac. Selon lui, ils sont une délégation de 8 personnes. Il remercie Dieu de les avoir conduits à N’Djamena en paix. D’après lui, ses poulains sont prêts pour la compétition. « Il ne faut jamais mettre la peur devant soi dans une compétition. Il faut avoir confiance en soi, voilà tout ce qu’il faut. Vouloir c’est pouvoir », dit-il.

Kolo Joël, lutteur du Mayo-Kebby Est, souligne qu’ils sont venus pour ramener le trophée au Mayo-Kebby Est. « Nous étions champions en 2016 et nous croyons être encore champions cette année. Nous sommes plus que déterminés et rien ne nous arrêtera en chemin. C’est une question de confiance en soi », dit-il d’un air rassurant. Frida Ahidjo est dans la catégorie féminine de 72 kilos. « Nous nous sommes battues corps et âme pour arriver à cette compétition. J’espère bien que nous repartirons avec des médailles. Je pratiquais avant la lutte olympique et cette fois-ci c’est la lutte traditionnelle, mais il n’y a rien à craindre, je suis confiante » affirme-t-elle.

Mahamat Abderrahmane Idriss, entraîneur du Salamat. « Nous sommes prêts. Nous allons tenter notre chance ». Il précise qu’ils sont une délégation de 8 personnes avec 5 lutteurs, dont une femme. Issa Hassan Zakaria, lutteur du Salamat, département de Harase Mangagne, c’est sa première fois de participer à un championnat national.  « C’est une opportunité pour moi de faire ma première expérience et c’est ce qui compte. Je remercie la Fédération tchadienne de lutte associée pour l’organisation de cette compétition ». Le moyen Chari est présent avec 12 lutteurs, dont 5 filles.

Cette compétition nationale de lutte s’ouvre ce soir 15 octobre 2021. Elle va s’achever le 17 octobre prochain. Sur les 7 provinces attendues pour ce championnat seulement, 5 sont présentes à N’Djamena.

Moyalbaye Nadjasna

Dans le cadre de « la semaine du savoir » initiée par la Banque Mondiale (BM) qui consiste à échanger avec les autorités et les acteurs de la société, une visioconférence a été organisée le 14 octobre dernier à la maison de la femme. C’était pour présenter le rapport intitulé « Tchad, note sur la situation économique et les avantages économiques d’une société post COVID 19 attentive à l’égalité hommes-femmes au public ». Le rapport examine l’ampleur des inégalités des genres et leur impact économique sur le pays. Reportage. 

L’objectif de la BM à travers « la semaine du savoir » est de recueillir les écoutes de l’audience pour faire des argumentations et des analyses qui sont nécessaires à l’amélioration de l’économie tchadienne. Depuis Washington, les conférenciers ont tour à tour exposé par vidéoconférence des thèmes liés à l’inégalité de Genre dans la production agricole. Ils ont aussi évoqué les effets de la COVID 19 qui aggravent les vulnérabilités déjà persistantes sur les femmes tchadiennes et ont proposé quelques pistes de solutions. La conférence s’articule sur l’agenda 2030 de la BM. Elle démontre comment l’inégalité Genre affecte les ménages, les entreprises, les marchés et les sociétés tchadiennes. Fulbert Tchana Tchana économiste principale de la Banque Mondiale a axé sa présentation sur l’inégalité de genre dans la production agricole et l’entrepreneuriat qui entraînent des pertes économiques substantielles. Il affirme que les parcelles gérées par des femmes sont 62% moins productives que celles gérées par les hommes. « La ségrégation entre les sexes peut également être liée au choix des cultures. Ainsi, plus les femmes cultivent le mil, le sorgho et le riz, plus leur écart de productivité agricole est faible ». Ajoute-t-il. Pour l’économiste, en plus de l’inégalité des genres dans la production agricole, la  ségrégation professionnelle aussi est plus apparente au Tchad. « Les hommes ont plus tendance à travailler dans les secteurs de la construction, des transports, de la communication, de l’agriculture et de l’élevage. Les femmes travaillent plus dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’hôtellerie et des services aux personnes », dit-il.

Un autre exposé présenté par madame Clara Delavalade, économiste principale du laboratoire de lutte contre les inégalités en Afrique Subsaharienne. Elle démontre un tableau sombre sur l’inégalité dans le domaine de l’éducation des filles et garçons. Pour l’économiste, les filles ont en moyenne une durée de scolarité de 1,3 année soit un peu plus d’un tiers de la durée pour les garçons qui est de 3,6 ans. Selon toujours elle, les garçons ont plus de chance d’être scolarisés et y rester plus longtemps que les filles. Pour Mme Clara Delavalade, le Tchad enregistre un taux de 67% de mariages des enfants. Elle souligne aussi que ce mariage est associé à un taux élevé de grossesse précoce. L’experte sur la question des inégalités note que le fait de donner en mariage trop tôt les adolescentes contraint celles-ci à abandonner les bancs de l’école. Selon elle, il existe un lien étroit entre le mariage des enfants, la grossesse précoce et les mutilations génitales féminines. « Les mutilations génitales féminines sont culturellement liées à une plus grande chance de mariage. Car elles servent de rite de passage de l’enfance à l’âge adulte alors il est difficile de les séparer de la pratique du mariage des enfants », affirme l ’économiste.

Les questions de l’assistance ont tourné autour de la responsabilité des parents dans l’éducation de leurs enfants, le rôle que joue la BM dans l’entrepreneuriat des femmes tchadiennes et en quoi la COVID 19 affecte plus les femmes que les hommes. Toutes ces préoccupations ont été prises en compte par les conférenciers. Ils soutiennent que la pandémie a fait une pression sur le système sanitaire mondial. Il faut signaler aussi que le système sanitaire du Tchad connaît déjà des problèmes et la pandémie n’a pas aidé surtout sur la santé de reproduction des femmes en ce qui concerne l’accès aux services de base. Les solutions proposées consistent entre autres à limiter la discrimination dans l’emploi et tous les niveaux de la société. Les conférenciers suggèrent qu’il faut maintenir le plus longtemps possible la fille à l’école. Ils souhaitent qu’on améliore la productivité dans le domaine agricole et entrepreneurial des femmes. Outre les pistes de solutions proposées, les économistes de la BM rassurent le public qu’un exemplaire du rapport est envoyé aux autorités. La BM fera le suivi des programmes et la sensibilisation afin de faire bouger les lignes dans le domaine économique au Tchad.

Kouladoum Mireille Modestine

Le Tchad est l’un des pays de la sous-région d’Afrique centrale où son système de santé peine à bien fonctionner. Certains services comme la radiologie manquent d’un plateau technique et de ressources humaines pour prendre en charge les patients. Le président de l’Ordre national des Médecins du Tchad (ONMT), Dr Mbaïnguinam Dionadji, égrène le chapelet de difficultés que rencontre le personnel soignant et appelle les autorités à ne pas politiser le système de santé. Reportage.

Des hôpitaux du Tchad souffrent d’un manque criant de plateau technique, surtout au service de la radiologie et de l’imagerie médicale. Depuis des années, ce service rencontre d’énormes difficultés. Presque pas de ressources humaines et un plateau technique adéquat permettant de poser certains diagnostics. Depuis le 5 septembre dernier, l’unique scanner du service de la radiologie de l’Hôpital général de référence nationale (HGRN) les 3 scanners que possèdent les hôpitaux publics sont en panne.  Avec une population d’environ 13 millions d’habitants, le Tchad ne possède que 3 scanners. Un scanner à l’hôpital moderne la renaissance, un scanner à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant et un autre à l’HGRN, actuel centre national hospitalier universitaire de N’Djamena.

Depuis plus de 2 ans le scanner du service de la radiologie des hôpitaux Mère et enfant et la renaissance ne fonctionnent plus.  Le service de la radiologie de l’ HGRN qui dessert tous les hôpitaux du pays de Toumaï. Depuis le 5 septembre dernier, l’unique scanner en opération 24 heures sur 24 ne fonctionne plus. Pour certains techniciens qui travaillent au service de la radiologie, ce scanner installé depuis 2013 devrait durer juste 5 ans. Pour ces techniciens en imagerie médicale qui souhaitent s’exprimer sous couvert d’anonymat, rien ne marche au service de radiologie, tout est arrêté. Ils affirment ne pas savoir quoi faire avec plusieurs patients sur les bras. Selon eux, même la radio ne fonctionne plus et le service utilise un numériseur de petite capacité installé au pavillon des urgences pour faire certains diagnostics. Ils ont toutefois précisé que depuis une semaine, l’on a pu réparer le scanner, mais il ne fonctionne pas à plein temps comme auparavant. Dans les couloirs de l’ HGRN, plusieurs gardes malades munis de documents les orientent les patients au service de la radiologie. Mais, peine perdue, le service ne peut fait pour le moment moins de 10 scanners par jour. Quand ce service fonctionnait à plein temps, c’est plus de 30 scanners par jours.

Pour avoir plus d’information, la rédaction s’est rapprochée de l’Ordre national des médecins du Tchad (ONMT). Dr Mbaïnguinam Dionadji reconnaît que le service de radiologie souffre du manque d’un plateau technique. Il explique la situation actuelle de pannes qui peuvent arriver et que ce n’est pas le nombre de scanner qui est important. Il insiste qu’il faut aussi de ressources humaines. Pour le médecin et enseignant à la faculté de science de la santé, le Tchad possède moins de 10 radiologues. « Ce n’est pas par gaieté de cœur que le médecin peut observer son malade sans réagir » regrette-t-il. Au sujet du manque de médecin, il ajoute que le pays a connu des années de guerre et que ce retard serait dû à notre système de gouvernance. Pour lui, les choses sont en train d’être rattrapées, même si la progression est lente. Le président de l’ONMT révèle que la médecine n’a pas été épargnée à cause de tout ce qui s’est passé et se passe au Tchad.

Le système de santé à reconstruire

Au sujet de manque de scanners dans le pays, il précise que c’est un outil d’exploration, il y a plein de choses qui manquent dans le domaine de la santé que les populations ignorent. Pour lui, ce n’est pas le scanner qui traite, c’est juste un outil d’exploration. « On manque de beaucoup d’autres moyens d’explorations que les gens ne savent pas », dit Dr Mbaïnguinam Dionadji. À son avis, le pays est en insécurité sanitaire. Selon lui, les autorités sanitaires disent que la santé est prioritaire, mais dans les faits, pas grand-chose n’est fait. Le médecin affirme qu’il y’a trop de discours politiques, mais en réalité, c’est autre chose. « Nous les professionnels de la santé, nous utilisons les moyens de bord pour faire face aux problèmes dans le système de santé », dit-il. Pour lui, le système de santé a besoin d’être reconstruit pour être à la hauteur de l’attente de la population. Il estime que la santé est quelque chose de précieux qu’on doit prendre au sérieux. « On met tout sur le dos du médecin. Le système est malade, ce n’est pas le médecin qui va changer quoi que ce soit à seul. Il faut que le système soit dynamique, qu’on mette les gens qui peuvent faire le travail », explique le président de l’ONMT. À son avis, si on joue sur les fibres politiques, ça ne peut pas marcher. S’exprimant sur le manque de scanner au Tchad, il souligne que ce sont les choses qui peuvent être momentanément résolues. Pour lui, le vrai souci ce qu’on fait croire que ce sont les agents qui ne font pas bien leur travail. Il a cité plusieurs hôpitaux publics du pays qui n’ont pas de services de réanimation et qu’il faut s’attaquer à ce problème.

Jules Doukoundjé

L’arrestation des leaders de la coalition d’opposition et de la société civile Wakit Tama, fait réagir plusieurs membres de la société civile et certains partis d’opposition. Ils dénoncent cette arrestation et estiment que c’est un mauvais signal pour la démocratie. Reportage.

L’arrestation des 3 leaders de la plateforme des actions citoyennes Wakit Tama a fait réagir plusieurs. Ils ont été poursuivis pour avoir organisé une marche pacifique le 2 octobre passé. Pour Younous Mahadjir, vice-président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), l’arrestation et la garde à vue des leaders de Wakit Tama, dont Barka Michel, président de l’UST est inopportune. Selon lui, on arrête des citoyens connus pour les interroger, parce qu’on les accuse des choses qui n’existent pas. Le syndicaliste estime que cette arrestation est une intimidation et que ce pouvoir ne connaît rien d’autre  que la force. « C’est un pouvoir barbare, il a toujours été barbare depuis 30 ans et on l’a combattu et nous allons continuer à le combattre », affirme, Younous Mahadjir. Le vice-président de l’UST indique que ses actes ne vont pas émoucher leur volonté de lutte contre ce système de mauvaise gouvernance qui a existé depuis 30 ans et qui est en train de perpétrer en pis par le fils de Deby qui a pris le pouvoir illégalement et illégitimement. Il promet que l’UST qui est membre de Wakit Tama ne va pas courber l’échine. Pour eux, leur lutte est légitime, légale et que la plateforme des actions citoyennes Wakit Tama est une organisation de la société civile, des forces vives et par conséquent, ils ne lâcheront pas. « L’arrestation de nos camarades nous donne plus de forces, que de faiblesses. Nous pensons que le pouvoir va comprendre un jour que c’est notre pays et nous avons le droit d’exiger la justice dans ce pays », affirme-t-il.

Le bureau exécutif de l’UST s’est réuni hier en urgence pour se pencher sur l’arrestation de leurs camarades et de leur président Barka Michel. Au cours de cette rencontre, le bureau exige la relaxe pure et simple des leaders de la plateforme des actions citoyennes qui n’ont fait qu’exprimer la liberté de manifester inscrite dans la constitution du Tchad.

Le vice-président de l’UST, a par ailleurs indiqué que le gouvernement doit continuer les négociations avec les leaders de Wakit Tama au lieu de montrer ses muscles par cet acte d’intimidation. Il met en garde les autorités de la transition sur cette dérive qui risque en cause tout accord de paix postérieur et éventuellement celui qui pourrait advenir. Younous Mahadjir appelle les travailleurs à suivre avec minutie la procédure judiciaire contre leur camarade Barka Michel et les autres leaders de Wakit Tama. Pour lui, il est inadmissible d’arrêter des leaders de travailleurs et des leaders de la société civile en général. Par conséquent selon toujours le syndicaliste, au cas où cette arrestation se confirme, ils vont revoir leur position, surtout en ce qui concerne la signature du pacte social qui a eu lieu le 04 octobre dernier.

Abondant dans le même sens, le président de l’UNDR, Saleh Kebzabo dénonce l’arrestation des leaders du mouvement des actions citoyennes Wakit Tama. Pour lui, on ne peut pas être traîné en justice et gardé à vue parce qu’on a organisé ou soutenu une manifestation. « Autant j’ai toujours dénoncé les brutalités policières, autant je désavoue la justice dans ce cas », dit l’homme politique. Saleh Kebzabo qui soutient le gouvernement du CMT estime que l’arrestation de ces leaders est un mauvais signal pour notre démocratie.

Gardés à vue lundi soir dans les locaux de la police après leur audition par la police judiciaire, les 3 leaders de Wakit Tama, Barka Miche, Sitack Yombatinan Béni et Félix Marting ont été présentés mardi au procureur de la République. Ils ont été libérés, mais la justice pourrait demander à leurs avocats de les ramener chez le juge à tout moment.

Jules Doukoundjé 

Les leaders de la plateforme des diplômés en instance d’intégration dénoncent l’immixtion de certains camarades au sein de leur organisation. Ils estiment que ces derniers veulent devenir leaders de leur organisation au même titre que ceux désignés par leurs entités. Cette manière de faire met mal à l’aise les leaders. Ils dénoncent cette ingérence. Reportage. 

Tout est parti du recensement de tous les diplômés sans emploi qui a eu lieu en août dernier à la bourse du travail de N’Djamena. La plateforme a fait appel à d’autres camarades pour les aider à faire le recensement.  Pour le coordonnateur de la plateforme Aimé Aïssadi Bona, ils ont profité de ce moment pour faire des coups bas. Il estime que les camarades à qui ils ont tendu la main veulent prendre leur place. Le Coordonnateur affirme qu’ils sont des imposteurs qui s’autoproclament « collectif de généraux ». Aimé Aïssadi Bona dénonce l’écart de comportement de ses camarades qui vont jusqu’à tenir des réunions parallèles. Ce groupe qui n’est pas membre de la plateforme envoie des messages téléphoniques aux leaders pour leur dire qu’ils sont destitués de leur poste. Pour le coordonnateur de la plateforme Aimé Aïssadi Bona, la plateforme est constituée de plusieurs organisations et chaque leader représente une organisation et c’est à l’organisation de destituer son leader respectif. A son avis,  ce ne sont pas les individus qui viendront le destituer. Il  ajoute en outre qu’ils veulent carrément piloter la plateforme alors qu’elle est née sur la base d’un procès-verbal et que les signataires sont encore en vie. « La plateforme est une organisation informelle créée pour la cause de l’intégration des jeunes diplômés. Après leur objectif de l’intégration atteint, la plateforme sera dissoute. Alors il n’est pas question que quelqu’un usurpe le nom de la plateforme pour ses fins personnelles et égoïstes » 

Le coordonnateur de la plateforme Aimé Aïssadi Bona accuse le gouvernement et les hommes politiques de pratiquer la politique de « diviser pour mieux régner ». Ce dernier dit qu’il ne comprend pas ce qui se cache derrière ces jeunes diplômés en instance d’intégration. Il soutient que son organisation se porte bien et va continuer avec la lutte qu’elle mène pour la jeunesse tchadienne. Aimé Aïssadi Bona appelle ses camarades à une prise de conscience collective et à la retenue.

A son avis, c’est ensemble qu’ils parviendront à lutter pour atteindre leurs objectifs. Pour rappel, la plateforme est créée en 2019. Elle est constituée entre autres par : le collectif du département de philosophie, le collectif des techniciens de biologie médicale et de la pharmacie, le collectif des sciences de l’éducation et le cercle des diplômés du troisième cycle du Tchad. Elle a pour but d’œuvrer pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes diplômés sans emploi à la fonction publique.

Kouladoum Mireille Modestine

 

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