mercredi 26 janvier 2022

Reportage

Reportage (526)

Au lendemain de la signature du pacte social, le syndicat des enseignants du Tchad (SET), province de N’Djamena, capitale tchadienne, menace de déclencher la grève. Le SET, section de N’Djamena, revendique le versement des reliquats des titres de transport des années 2016 et 2017. Selon le Secrétaire Général Adjoint (SGA) du SET avec qui la rédaction s’est entretenue, le gouvernement ne respecte pas son engagement paraphé dans le pacte social. Or, le président du Conseil national de dialogue social(CNDS) évoque des démarches qui sont entreprises par le gouvernement pour répondre à ses engagements. Reportage.

Le syndicat des enseignants du Tchad (SET), province de N’Djamena a lancé un préavis de grève qui court du 15 au 30 novembre 2021. Pour son SGA, M. Dion-Nadji Moise, il n’est pas tôt de faire la grève. « Je voudrais dire que dans le pacte social, il y a des engagements qui ont été pris et doivent être respectés à des moments précis », déclare-t-il. Selon le SGA, les primes de transport de 2016 et 2017 doivent être versées aux ayants droit en septembre 2021. Celui de l’année 2018 doit être touché en octobre passé, ajoute-t-il. Mais il regrette que jusqu’aujourd’hui les reliquats de 2016-2017 ne soient pas payés. « Nombre de nos camarades défilent ici dans nos locaux pour nous informer qu’ils n’ont pas reçu leur titre de transport. Nous avons fait toute une liste que nous avons envoyée à la plateforme qui est actuellement à la solde. Malgré cela, les plaintes continuent à nous parvenir », dit M. Dion-Nadji Moise.

Le syndicaliste affirme que c’est le titre de transport de 2018 qui est viré dans les banques. Il émet de réserve et affirme qu’il faudra vérifier l’effectivité parce que plusieurs personnes disent qu’elles n’ont pas perçu leur dû. Le SGA du SET de N’Djamena évoque le 3e point de leurs revendications : la prime des craies et de la documentation. « Beaucoup d’enseignants ont vu leurs primes de craies et de la documentation suspendues lors de la mission du contrôle d’Inspection générale d’État de 2018. Après examen de leur situation régulière par l’IGE, ils ont été rétablis. Normalement si l’IGE les rétablit, la solde devrait le faire autant. Malheureusement, la solde n’a pas rétabli tout le monde. Ceux qui sont suspendus doivent en principe bénéficier de rappels de plusieurs années (2018-2021) », clarifie-t-il. Ce que déplore M. Dion-Nadji Moise dans le pacte social, ce point est passé sous silence. Le SET de N’Djamena demande les explications au gouvernement sur cela. Le SGA note que le syndicat n’a pas perdu de vue les nouveaux intégrés, 4e point de leurs exigences. « Le pacte social stipule clairement que les nouveaux intégrés doivent bénéficier de leurs rappels de salaire. S’ils ont par exemple, six mois d’arriérés, la moitié sera versé en octobre et le restant en décembre. Mais jusque-là, rien ne leur a été versé ».

Pour le président du Conseil national du dialogue social (CNDS), Ali Abbas Seitchi, contacté au téléphone, les démarches sont entreprises auprès des banques pour le versement des primes de transport de 2018. Selon lui, le gouvernement fait de son mieux pour satisfaire à son engagement.

Moyalbaye Nadjasna

L’abattoir frigorifique de Farcha (AFF), créé depuis 1958, croule sous une dette colossale de plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions constituée des impayées de la Société Nationale d’Électricité (SNE). L’entreprise est dans l’incapacité d’éponger ses dettes, elle a mis la clé à la porte et a contraint plus 200 employés au chômage. Reportage.

L’abattoir frigorifique de Farcha traverse une crise financière sans précédent. L’entreprise est incapable d’éponger ses dettes évaluées à plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions pour des factures impayées de la SNE. Dos au mur, la société est contrainte depuis le 14 juillet dernier à fermer boutique. Cette fermeture a mis les 200 et quelques employés, qui n’ont pas été payés depuis 6 mois. Ils se sont organisés pour réclamer leur dû.

Les responsables de l’entreprise appellent au calme et promettent de solutions dans les jours à venir. Issaka Abbo Idriss, administrateur gestionnaire provisoire affirme que l’abattoir est une structure étatique à caractère industriel et commercial.  Il soutient que depuis sa création en 1958 jusqu’en 1998, l’abattoir fonctionnait correctement. Mais à partir de 1999, l’État avait opté pour une location de gérance avec une société dénommée société moderne des abattoirs qui a géré l’abattoir pendant 15 ans. Toutefois, il précise qu’avec le temps les installations sont devenues vétustes, les dettes se sont accumulées jusqu’en fin 2014. Et l’État était obligé de reprendre la gestion. « Nous sommes arrivés à un moment où on n’arrive pas bien à entretenir les installations et on a de difficultés à payer les salaires », explique Issaka Abbo Idriss.

Le nouvel administrateur gestionnaire révèle que les dettes se sont accumulées avec un passif de 2 milliards de nos francs à payer aux différents partenaires. Les factures d’électricité et les arriérés de salaires remontent à 5 mois. « Ce sont ces énormes dettes qui ont contraint l’abattoir à mettre les clés à la porte depuis le 14 juillet dernier », précise-t-il. Il reconnaît la souffrance des salariés qui traversent actuellement un moment difficile. Il leur demande de patienter et tout va entrer dans l’ordre. M. Issakha fait savoir qu’il faut travailler 3 mois pour payer un mois, à cause des recettes.  L’abattoir est malheureusement en arrêt depuis juillet et la situation est devenue intenable pour les employés. La nouvelle équipe se bat pour redémarrer l’abattoir, mais ce qui bloque, c’est le manque d’énergie électrique. Le gestionnaire affirme que la facture d’électricité a atteint les 843 millions de francs CFA. Toutefois, il affirme que le ministre de l’élevage et de la production animalière a écrit à son collègue des Finances. Il estime que la semaine prochaine étape est la réouverture de l’abattoir. Il a critiqué la création en désordre des aires d’abattage qui créent un manque à gagner à l’abattoir. Selon lui, les 6 aires d’abattage que compte la ville de N’Djamena sont un sérieux problème de santé publique, car il n’y a pas de contrôle de qualité et constitue un goulot d’étranglement pour l’abattoir.

Au sujet des arriérés de salaires, il dit que l’administration est consciente de la situation, et qu’ils ont le droit de manifester, mais dans bientôt ce serait un vieux souvenir. En abondant dans le même sens, l’administrateur gestionnaire adjoint, Baïdi Yanyabé estime que les négociations sont en cours avec la SNE pour ramener l’électricité. Il ajoute que la réouverture de l’abattoir dépend du retour de l’électricité. Et les négociations en cours permettront de décanter la situation. Le chef du personnel, Hissene Ladoual affirme que la production ne peut pas couvrir les salaires. Selon lui, il faut 25 millions par mois pour payer les salaires, alors que l’abattoir ne fait qu’entre 12 et 15 millions par mois. Les recettes ne peuvent couvrir la masse salariale.

Pour Azalo Hamid, président du syndicat national des agents du ministère de l’élevage et de la production animalière (SYNAME), les employés d’abattoir de Farcha devraient d’abord saisir le SYNAME avant d’engager une action revendicative. Selon lui, ses camarades ont organisé un setting devant le ministère de tutelle sans en informer la base.  Cette situation embarrassante l’avait obligé à demander une audience pour rencontrer le ministre de l’élevage et de la production animalière. Il souligne que le ministre les a reçus et leur a montré les preuves des correspondants envoyés au ministre des Finances pour qu’il rétablisse les salaires des employés. A son avis, le ministre de l’élevage et de la production animalière a aussi adressé une correspondance au Premier ministre de la transition, Pahima Padacké Albert pour lui expliquer la situation de ces agents. « Nous sommes en train de mener des démarches, mais les gens ne savent pas et sont pressés de faire de setting et c’est embarrassant. En tant que syndicat, on est garant de la médiation. On a discuté avec le ministre qui nous a promis de faire de son mieux pour rouvrir l’abattoir », explique le syndicaliste. Au sujet de leurs arriérés de salaire, Azalo Hamid précise que le ministre de l’élevage et de la production animalière leur a donné des garanties qu’ils seront payés dans les jours à venir. Pour le moment, ils doivent prendre leur mal en patience, car le ministre des Finances est en voyage avec le Premier ministre de la transition.  « C’est sur ce point que nous nous sommes entendu et j’ai rendu compte aux employés, il faut juste la patience », conclut le président du SYNAME. Pour l’employé blessé par la police devant le ministère de l’élevage, il affirme que le SYNAME a décidé de prendre l’affaire à main.

Jules Doukoundjé

L’Union National des Étudiants du Tchad (UNET), section de N’Djamena, a lancé depuis le 17 novembre dernier une caravane de sensibilisation dans toutes les universités de N’Djamena. Après les facultés d’Ardepdjoumal et Farcha, la caravane est ce 19 novembre au campus de Toukra. Cette activité vise à amener les étudiants à adopter un comportement responsable vis-à-vis de la population lors de leur passage dans la ville. Le vice-doyen Dr Mackaye Moursal, les coordonnateurs et les délégués des étudiants sont de la partie. Reportage.

Tout est parti du constat fait dans la ville lors du passage des étudiants pour leurs universités respectives. Ils insultent, provoquent, voir crachent sur les paisibles citoyens. Certains fument dans les bus. D’autres encore ne s’entendent pas  avec les billettistes et les chauffeurs. C’est pour mettre fin à ce comportement que cette campagne est organisée.  Tous comportements malsains au sein des universités nécessitent une sensibilisation pour un changement de comportement. C’est aussi pour leur donner une petite notion sur la protection des biens publics.

 L’amphithéâtre de la faculté de langues, lettres, arts et communication est bondé d’étudiants venus pour la circonstance. Le secrétaire général de L’UNET, section de N’Djamena, Yaya Barkaï Mahamat a tout d’abord expliqué à ses condisciples certains articles qui réglementent l’université de N’Djamena. Pour lui, les étudiants sont très mal vus par leurs concitoyens. Donc il faut les sensibiliser. « Il est inconcevable que les étudiants, futurs cadres de demain, adoptent des comportements insolents vis-à-vis de leurs concitoyens.  Ils sont censés être responsables et respectables parce que le bon exemple doit venir d’eux », affirme-t-il. Il ajoute que les mauvais comportements les amènent à briser les vitres de leurs bus et de leurs amphithéâtres. Certains étudiants reconnaissent que  parmi eux plusieurs se cachent derrière l’ambiance universitaire pour s’adonner à des exagérations. Toutefois, il précise que ces camarades sont conscients du fait que la population se plaint de leur comportement, surtout quand ils sont dans leurs bus. Il les exhorte désormais à faire preuve de maturité.

C’est aussi l’occasion pour les étudiants de poser quelques questions de compréhension à leurs leaders. Le débat tourne autour de la répartition des bus dans les différents axes. La fermeture du restaurant très tôt pendant les mois de ramadan. En rappel, les bus qui quittent les lieux à 11h les vendredis au lieu de 13 comme prévu. Le secrétaire général de l’UNET qui écoute avec beaucoup d’attention ses camarades répond que tous les chauffeurs des bus universitaires sont de confession musulmane. Il estime tout de même que cela n’est pas une excuse pour quitter tôt et abandonner les étudiants. Le responsable des étudiants de l’université de N’Djamena souligne que toutes les doléances seront portées à la hiérarchie afin qu’une solution soit trouvée. Le secrétaire général de l’UNET annonce que le centre national des œuvres universitaires a déjà réceptionné 37 bus. Les universités vont bientôt les recevoir. Il compte demander les autorités du centre national des œuvres universitaires (CNOU) pour que l’université de N’Djamena reçoive au moins 20 bus.

Kouladoum Mireille Modestine

Jusque-là rien n’a bougé dans le dossier du collectif des lauréats professionnels de l’éducation (ENIB, CAP\CEG et DIPES) en instance d’intégration à la fonction publique. Au cours d’un entretien avec leur porte-parole, M. Neuzilka Emmanuel demande que la loi des Finances 2022 les prenne en compte. Le secrétaire exécutif du SET national Ngartoïdé Blaise précise que la question des lauréats en éducation est bien prise en compte lors de la signature du pacte social. Reportage.

M. Neuzilka Emmanuel demande au Président du conseil militaire de transition (PCMT) Mahamat Idriss Deby Itno qu’on prenne leur intégration en compte dans la loi des finances 2022. En 2020 rappelle-t-il, le défunt président Idriss Deby Itno a promis intégrer 20 000 jeunes diplômés à la fonction publique. Jusqu’à sa mort, même pas la moitié n’a pu être intégrée. Après son décès, les diplômés sans-emploi particulièrement les lauréats professionnels de l’éducation (ENIB, CAP\CEG et DIPES) en instance d’intégration méditent toujours sur leur sort. Leur porte-parole Neuzilka Emmanuel affirme qu’ils ont adressé des correspondances aux autorités qui sont restées sans une suite. Selon lui, aujourd’hui leurs arrêtés ne sont, toujours, pas signés. « La junte qui assure la transition semble faire la sourde oreille sur la question de recrutement à la fonction publique. Ce silence du Conseil militaire de transition (CMT) compromet l’espoir des nombreux jeunes qui attendent leur intégration », dit-il.

M. Neuzilka Emmanuel déclare qu’à travers toutes leurs démarches, seul le ministre de la Sécurité qui leur avait proposé de places dans l’armée lors d'une rencontre avec lui dans son bureau, le 03 septembre 2021. « L'année tant vers la fin et nous le savons tous que des milliers des fonctionnaires ont été admis à la retraite et certains sont décédés. Alors on se demande par quelle méthode ces derniers sont remplacés?», souligne le porte-parole des lauréats de l’éducation. Il plaide auprès du Président du conseil militaire de transition (PCMT) et son gouvernement de proposer des solutions adaptées à la souffrance des jeunes Tchadiens. « Les jeunes diplômés ne demandent pas trop. Ils veulent de l'emploi qui va leur permettre de se prendre en charge. Mais les autorités ferment les yeux et les oreilles. Une telle attitude risquerait de nous pousser encore dans les rues », dit le leader des lauréats.

D’après M. Blaise Ngartoïdé, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du Tchad (SET), ils ont toujours inscrit à travers leur lutte, la question d’intégration des enseignants formés. Pour lui, il faut des éducateurs qualifiés pour une éducation de qualité.  « Tout est pris en compte dans le pacte social. Nous faisons beaucoup de choses, mais on ne peut pas à tout moment crier à tue-tête. On s’en tient aux maîtres communautaires parce que c’est une chasse gardée de ceux qui l’entretiennent. Même, le ministère de tutelle se sucre les doigts surtout que le projet est financé par la Banque mondiale », déplore M. Blaise Ngartoïdé. Sinon quelle est la qualité de l’enseignement que donnent les maîtres communautaires ? S’est-il interrogé. 

Moyalbaye Nadjasna

Au cours d’une Assemblée Générale (AG) tenue le 17 novembre dernier, la cellule des Syndicats des Enseignants du Tchad (SET) des lycées et collèges de la Liberté exige la remise officielle et en état initial de la salle de cantine. L’ONG Technidev avait entrepris des travaux de construction d’un centre numérique à l’intérieur de la grande salle de cantine scolaire de l’établissement. Les travaux sont considérés comme une accaparation depuis le mois de septembre par la cellule SET de cet établissement. La cellule a protesté auprès de l’Inspection générale de service de l’Éducation. Les travaux ont été suspendus, mais Technidev refuse. Les protagonistes en sont venus aux mains. Reportage.

12h 00, Lycée de la liberté au quartier repos dans le 4e arrondissement de la capitale tchadienne. C’est la fin de la classe pour les élèves du matin. Ceux de l’après-midi s’empressent pour regagner les salles de classe. Nous tombons à pic, les membres de la cellule SET des lycées et collèges de la Liberté sortent d’une AG. Nous demandons à M. Ousmane Moussa Issa SG de la cellule SET, qu’est-ce qui a été décidé. « Nous avons décidé de la restitution officielle de la salle de cantine en son état initial. Cela doit s’effectuer avec une décharge en présence de l’administration des Lycées et collèges, de l’inspecteur général de service et du DG de Technidev dans un bref délai. »  Il complète ses affirmations en disant que les enseignants veulent ce local pour continuer leurs activités pédagogiques. Selon lui, le SET provincial a envoyé une mission sur le terrain le 27 octobre passé pour constater de visu les travaux effectués par l’ONG Technidev. « Notre AG fait suite à notre rencontre avec l’inspection générale de service puisqu’on a donné le compte rendu de nos rencontres avec la base », explique Ousmane Moussa.  

Nous allons voir le proviseur du Lycée littéraire. Selon M. Idriss Hassan Kabba, l’institut des technologies innovantes pour le développement (Technidev) dispose d’une autorisation provisoire qui date de 2015.  Pour le proviseur du Lycée littéraire, d’après le DG de la Technidev Khalid Doutoum, c’est le ministère de l’Éducation nationale et son partenaire l’Unicef qui ont demandé de faire des aménagements dans la grande salle de la cantine scolaire pour en faire un centre numérique. « Or cette salle sert beaucoup le lycée. C’est un lieu de formation des enseignants, des élèves, sa capacité permet de contenir 2000 enseignements pour les enrôlements biométriques le même jour. Au moment de baccalauréat, la salle de la cantine fait a elle seule 3 salles d’examens », dit le proviseur. Chose curieuse relate-t-il, la grande salle est divisée en des petits bureaux. Et l’espace qui reste actuellement ne peut pas contenir 30 élèves.

M. Idriss Hassan Kabba se plaint, car l’inspection de pool leur a demandé de préparer la salle pour une formation de 3 jours à l’intention des enseignants. « À l’heure où je vous parle, on ne sait pas où tenir cette formation », poursuit-il. Le proviseur souligne que Technidev a profité de la période des vacances pour travailler nuit et jour. « Quand on a repris les cours, les travaux étaient avancés à 80%. Ils sont dans les finissons, le crépissage et la peinture. Et c’est l’inspection générale de service de l’Éducation qui a arrêté les travaux, il a fait sortir les manœuvres et m’a instruit de fermer la salle. C’est ce qui fut fait », dit-il.

Toujours selon M. Hassan Kabba, à peine l’IGES parti, que l’entrepreneur arrive et le verbalise. Il lui demande en qualité de qui a-t-il fermé la salle. « Je suis un chef de service. C’est mon supérieur hiérarchique qui m’a autorisé de le faire. Il me demande de lui fournir les papiers autorisant la suspension des travaux « sinon je prends ma responsabilité ». Sur-le-champ, j’ai appelé l’inspecteur pour lui dire que l’entrepreneur est arrivé et soutient qu’on n’a pas le droit de fermer la salle sans un papier motivant », témoigne-t-il. Pour M. Idriss Hassan Kabba, comme il s’entêtait pour poursuivre le chantier, le proviseur du lycée scientifique accompagné de quelques enseignants ont demandé le respecter de la décision de suspension des travaux.

Suite à cela, les tiraillements ont éclaté et les élèves sont venus l’alerter. Il s’est dépêché sur le lieu. J’ai pris le cadenas pour sceller. « Lorsque l’entrepreneur a appris que j’ai fermé la salle. Il est venu avec son téléphone pour me filmer. Quand je voulais arracher le téléphone, il m’a porté un coup et les enseignants nous ont séparés. Il me dit demain à 14h je ne serai plus proviseur. J’ai ri en lui répondant que j’ai 30 ans de service et non 3 jours. Et si en sa qualité d’entrepreneur, il peut me renvoyer en quelques heures, ce n’est pas grave, car j’ai servi déjà le pays. Je lui ai demandé de sortir de mon bureau », dit le proviseur.

Convocation au SNRJ

M. Idriss Hassan Kabba affirme que l’entrepreneur est sorti de son bureau pour revenir avec une convocation du Service national de renseignements judiciaire (SNRJ). Il informe ses collaborateurs. À la SNRJ le vendredi dernier, un agent me dit proviseur c’est la journée courte jusqu’à 12h, on va t’enfermer. « J’ai souri sans lui dire un mot. Dieu merci le responsable de la SNRJ après nous avoir écouté, a débouté le plaignant. Après conciliation, il a demandé qu’un huissier vienne évaluer les dépenses, il les déposer auprès de l’Unicef qui va payer le ministère. Le proviseur n’est qu’un exécutant », explique-t-il.

D’après le rapport du SET provincial, le DG de Technidev a opposé un refus systématique aux membres de la cellule SET du lycée de la liberté. Il leur a demandé de s’adresser à leur ministère de tutelle qui lui a donné l’autorisation. Les élevés dans un communiqué de presse signé le 25 octobre disent que, « si les enseignants n’arrivent pas à résoudre le problème, ils prendront leur responsabilité. » Le proviseur dit être prudent avec les élevés, car s’ils entrent dans le conflit cela risque de dégénérer.

« Maintenant on attend la réaction de la cellule SET du lycée la Liberté et le SET provincial. Tout ce que nous souhaitons c’est la paix », conclut M. Idriss Hassan Kabba.

Moyalbaye Nadjasna

La ville de Faya, chef-lieu de la province du Borkou est en ébullition. La population est les rues depuis le 16 novembre. Ils protestent contre les autorités provinciales pour la confusion et le non-respect des termes du communiqué officiel. La manifestation a fait un mort et des blessés.

Les manifestations à Faya, chef-lieu de la province du Borkou, nord du Tchad se poursuivent ce 18 novembre selon nos sources. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de disperser les manifestants qui sont majoritairement jeunes. En même temps, les tirs à balles réelles ont été entendus. Ces tirs ont coûté la vie à un jeune garçon et a fait des blessés dès le premier jour des manifestations.

Tout est parti d’une confusion des contenus et des délais des communiqués signés, l’un par le maire de la ville Herendji Abakar et l’autre par le Secrétaire Général Provincial, Pargue Dieudonné Jacques. Selon toujours nos sources, ces deux communiqués ont mis la population dans une confusion totale. Il se trouve que le communiqué du maire de la ville informe la population détentrice de véhicules de marque Toyota de couleur Kaki ou gris de les changer en couleur blanche pour différencier les véhicules civils des véhicules militaires.

Le communiqué précise également la sanction qui sera infligée aux contrevenants. Les mêmes sources indiquent qu’un délai de 1 mois a été accordé aux personnes concernées pour se conformer à la décision. Un autre communiqué tombe sur la tête de la population, cette fois-ci signé par le secrétaire général de la province. La note informe aux usagers de véhicules que « pour des raisons de sécurité, un contrôle se fait actuellement. Et concerne uniquement les propriétaires des engins qui n’ont aucune pièce et ne respectent pas la décision relative à l’interdiction des véhicules à vitres teintées et de couleurs similaires aux véhicules militaires qui sèment la confusion ».

Deux communiqués avec des contenus et délais butoirs différents. Ce qui a mis l’huile sur le feu est le délai butoir du 12 novembre 2021 donné par les autorités aux usagers. Confus d’abord et en même temps surpris de voir leurs voitures raflées par les autorités, les citoyens ont exprimé leur ras-le-bol. À travers leurs revendications, les manifestants réclament d’abord la restitution de leurs véhicules raflés par les forces de l’ordre. Ils exigent en même temps, le départ du gouverneur de la province de Borkou, Ismat Issack.  Dans la foulée ils ont envahi les édifices publics et brûlé des pneus à travers la ville.

D’après nos sources, ce soulèvement de la population a causé la fermeture des marchés. Aux dernières nouvelles, les manifestants exigent non seulement le départ du gouverneur, mais aussi sa traduction devant les juridictions pour avoir attenté à la vie du petit garçon.

Kouladoum Mireille Modestine

L’abattoir frigorifique de Farcha est partiellement fermé depuis plus de 7 mois. Les employés de ce grand abattoir qui ravitaille toute la région d’Afrique centrale réclament 5 mois d’arriéré de salaire et leurs droits sociaux. Depuis plusieurs mois, les employés se battent pour la réouverture de leur entreprise, mais sans une réponse favorable du ministère tutelle. Reportage.

L’abattoir moderne, appelé communément abattoir frigorifique de Farcha, situé dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena, ne fonctionne plus depuis plus de 7 mois. Cette fermeture inquiète les employés qui réclament plusieurs mois de salaire et leurs droits sociaux. Créé en 1958, cet abattoir moderne avait la capacité d’abattage de plus 5 000 têtes de bovins par jour. Aujourd’hui c’est à peine à 400 têtes. Il est partiellement fermé. Le personnel crie à la mauvaise gestion par les responsables. Certains soupçonnent cette fermeture parce qu’une société arabe chercherait à reprendre les activités avec un autre personnel. Plus de 200 employés et leurs familles sont ainsi contraints à vivre sans salaire depuis plusieurs mois.

Pour Tahir Ali Brahim, membre du collectif des employés de l’abattoir de Farcha, la société les a laissé tomber, mais les responsables ne savent pas quoi faire pour faire fonctionner l’abattoir. Il rappelle que l’abattoir frigorifique de n’a jamais rencontré une si grande difficulté depuis sa création. Selon lui, le ministre de l’élevage a fermé l’abattoir pour rien. Le porte-parole du collectif des employés estime que parmi ce personnel, plusieurs sont des chefs des familles et sont abandonnés dans la nature. « On leur demande de faire quelque chose pour nous, mais rien. Ils ne font que nous donner les rendez-vous fallacieux qui n’apporte rien de concret », dit un employé la rage dans la voix. Selon lui, l’abattoir marche bien, toutes les machines fonctionnent normalement, il est fermé pour des raisons que les employés ignorent.

Selon les employés, c’est le ministre de l’Élevage qui est la cause de leurs souffrances. C’est lui, selon eux, qui a donné l’ordre de fermer l’abattoir. Le personnel est inquiet par la fermeture d’un grand abattoir qui alimentait toute l’Afrique centrale en viande. Pour trouver une solution idoine à ce problème, les employés ont rencontré le ministre de tutelle en juillet dernier, puis celui des Finances, mais sans une suite favorable. Pour les employés, cette fermeture partielle est à l’origine de la création de 6 aires d’abattages dans la ville de N’Djamena. Ces aires illégales et non contrôlées par les services vétérinaires ravitaillent les marchés de la capitale en viandes, mais ces viandes. Tahir Ali Brahim ajoute par ailleurs que l’abattoir de Farcha fournit de meilleures viandes sous le contrôle qualité des médecins vétérinaires. Cette viande est distribuée partout dans les provinces du pays et même exportée.

Ali Issa Abba un autre employé est aussi inquiet. Il accuse le ministère d’avoir délibérément mis au chômage des pères des familles . « C’est le ministère qui veut fermer la maison sur nous. On travaille, et on fait des recettes et ils refusent de nous payer », dit-il. Il va plus loin dans les accusations en indexant le ministre de l’élevage d’être à l’origine de la création des aires d’abattage qui font une concurrence déloyale à l’abattoir de Farcha. M. Ali Issa Abba confie que sur les 22 chambres froides de l’abattoir, 12 seulement fonctionnent. 

Un autre syndicaliste qui s’exprime sous couvert d’anonymat affirme que l’État accorde une ligne budgétaire de plus 300 millions des F CFA pour le fonctionnement de l’abattoir de Farcha. Selon lui, l’abattoir même génère de recettes de plusieurs millions par mois. « Au début, c’était 8 mois de salaire, l’État a payé 3 mois et il reste encore 5 mois », explique l’ex-employé et membre d’une plateforme syndicale des employés de l’abattoir.

L’abattoir frigorifique de Farcha compte 121 personnels directs et 168 personnels indirects. Si rien n’est fait dans les jours à venir pour sauver l’emploi de ces 289 employés et leurs familles, ils menacent de continuer d’organiser les marches devant le ministère tutelle. Pour réclamer 6 mois d’arriéré de salaire et leurs droits sociaux, les employés de l’abattoir de Farcha ont organisé un setting devant le ministère de l’élevage hier, 16 novembre. Mais ils ont été violemment dispersés par la police, 4 manifestants sont grièvement blessés.

Jules Doukoundjé

N’Djamena vit depuis quelques semaines au rythme des coupures intempestives d’électricité. La Société Nationale d’Électricité (SNE) ne fournit pas en journée le courant. Cela cause un préjudice aux activités de petites et moyennes entreprises (PME). Reportage.

N’Djamena, la capitale tchadienne est privée d’électricité depuis quelques semaines. La SNE peine à alimenter les N’Djamenois durant la journée. Et ce, malgré le fait que la ville est alimentée par 3 centrales électriques 2 à Farcha dans le 1er arrondissement et la 3e sur le site de la mini raffinerie de Djarmaya à environ 30 km. Malgré ces sources d’énergie, l’électricité reste une denrée rare.

L’électricité est fournie tard dans la nuit et reprise très tôt le matin tous les jours.  Cette façon de faire de la SNE affecte négativement les activités génératrices de revenus de petits entrepreneurs. Pour Saleh Mahamat coiffeur, la société ne fournit pas l’électricité pendant les heures de travail alors il est difficile pour lui de faire de recettes. « Imaginez qu’on paye la maison, et on doit aussi payer les factures de l’eau et d’électricité qu’on n’utilise même pas. Cela fait mal », affirme-t-il. À son avis, certains clients ne supportent pas la chaleur et repartent faute d’ électricité. Il faut débourser au moins, 10 000 mille francs par jour pour assurer le carburant du groupe électrogène, explique le coiffeur. Malheureusement pour lui, les recettes journalières tournent autour de 2500 et 5000FCFA par jour. « On sait qu’avoir de l’électricité en continu dans ce pays est impossible. Mais au moins, qu’on nous donne pendant les heures de travail pour exercer nos activités génératrices de revenus », dit-il.

Un peu devant, nous rencontrons Djoudallah Abakar Bachar dans son cybercafé. Avec un groupe électrogène alimenté à travers une bonbonne de gaz, M. Bachar nous raconte comment ses activités tournent au ralenti par manque d’électricité.  « On dirait que la SNE n’existe plus. Un cybercafé ne peut pas fonctionner sans électricité. Cette coupure intempestive fait que le rendement journalier est faible ». Il explique que l’alimentation du groupe électrogène par le gaz butane est un risque. Selon le gérant du cyber café, ils sont obligés d’intégrer ce risque pour satisfaire les clients. D’après Bachar, certains usagers de leurs services viennent de loin alors ils sont contraints de démarrer le groupe électrogène. Peu importe, même si c’est pour faire une photocopie de 25f, ajoute-t-il. Pour lui, le besoin vital pour qu’un entrepreneur excelle dans ses activités c’est l’électricité. Il déplore que l’électricité devienne un luxe au point de saper leurs activités. « Les autorités ont dit aux jeunes d’être audacieux et entreprenants. Mais lorsqu’on entreprend, le problème d’électricité se pose. Franchement on dirait que ce pays  n’est pas fait pour nous autres. Nous accompagnons seulement ceux qui vivent bien », se plaint-il l’air désespéré.

À 100 m du cyber café d’Abakar, se trouve un restaurant. Ousmane Ali est le propriétaire. Il fait tourner son entreprise avec un groupe électrogène toute la journée. Selon lui, tout doit marcher dans un restaurant avec de l’électricité. Le manque de lumière ralentit énormément leurs activités et les recettes journalières sont en baisse. « On ne peut pas conserver les fruits, moins encore, les préparer à nos clients sans électricité. Parfois, certains de nos fruits pourrissent parce qu’ils ne sont pas mis au frais », dit le restaurateur. Lorsqu’on n’a pas d’électricité il fait chaud à l’intérieur et certains clients refusent d’y rester, c’est une perte, déplore Ousmane, la voix triste.

Kouladoum Mireille Modestine

88 nouveaux cas de Covid-19 sont détectés, ce 8 novembre. Le Président du Conseil Militaire de Transition (CMT), le général Mahamat Idriss Deby après son retour de Paris, capitale française, a décidé de se mettre en quarantaine alors qu’il a été testé négatif. Selon plusieurs sources, les tests de ses proches collaborateurs se sont révélés positifs. Les autorités sanitaires appellent la population au respect de mesures barrières. Reportage.

Ce matin dans la capitale tchadienne, la plupart des usagers de la route à pied ou sur leurs engins portent des masques. Certains regrettent le retour de la Covid-19 et surtout au port de masques. D’autres estiment que la vie humaine est sacrée et cela vaut le prix de la préserver. Le plus grand souci de la population, c’est la peur du réconfinement. Ils ne souhaitent pas arriver à cette décision. Car, disent-ils, le confinement passé est un mauvais souvenir. Surtout pour les plus démunis.

88 nouveaux cas de Covid-19 détectés, ce 8 novembre a indiqué Abderrahmane Koulamallah, ministre tchadien de la Communication, dans un communiqué. Il affirme que cette hausse est enregistrée dans les 6 provinces du pays. M. Koulamallah ajoute, « en fonction de l’évolution du contexte pandémique, d’autres mesures pourraient être prises. Elles sont, entre autres, l’obligation du port du masque dans tous les lieux de rassemblement fermés, les marchés, lieux de culte, places mortuaires, etc. »

Le chef de l’État en quarantaine après un séjour à Paris, capitale française.  « À notre arrivée ce soir en provenance de Paris, quelques membres de l’équipe de mes proches collaborateurs ont été testés positifs au covid-19. Bien que je suis testé négatif, je me mettrai en quarantaine par précaution », a-t-il déclaré dimanche soir. Pour plus de prudence, il demande aux Tchadiens d’être vigilants. « La covid-19 continue à se propager et à faire de victimes, j’exhorte vivement mes compatriotes à se faire vacciner et à respecter les mesures barrières », a dit le président de la transition Mahamat Idriss Deby.

Depuis le 4 juin passé, date de l’opérationnalisation de la vaccination contre la Covid-19, moins de 200 000 personnes ont été vaccinées. Autrement dit pour les autorités sanitaires, plus de la moitié n’a reçu que la première dose.  Selon les informations sur la toile livrée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 14 novembre, le Tchad totalise 5 107 cas de coronavirus, dont 175 décès dénombrés depuis le début de l'épidémie en mars 2019.

Moyalbaye Nadjasna

L’association des personnes handicapées de N’Djamena s’est réunie dimanche dans l’après-midi pour peaufiner leur stratégie pour revendiquer la réouverture du pont de N’gueli. Elle donne une semaine aux autorités pour répondre à leur exigence, sinon ils vont ramper jusqu’à la primature. Reportage.

Les personnes handicapées de la ville de N’Djamena ne supportent plus la fermeture du pont de N’gueli. L’association qui réunit toutes ces personnes handicapées qui vont à Kousseri, au Cameroun voisin, en tricycles pour transporter des marchandises dit que ces personnes à mobilité réduite ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Et si les autorités publiques ne sursoient pas leur décision et de ne pas rouvrir le pont, elles vont ramper jusqu’à la primature.

Pour leur porte-parole, réfugié à Kousseri, Ali Ossignbédé Justin, c’est depuis 4 mois qu’ils sont en train de lutter pour la réouverture du passage de Kousseri pour leur permettre de reprendre le trafic des marchandises. Selon lui, les personnes handicapées étaient à Kousseri mais la police camerounaise les a expulsés. Le 4 novembre dernier, ils ont rampé devant l’ambassade des États-Unis pour exiger la levée de cette mesure. Pour le porte-parole, les personnes à mobilité réduite ne demandent pas le départ du président du Conseil Militaire de Transition, le Général Mahamat Idriss Deby, ni le départ du Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert. Elles demandent simplement la réouverture de la route vers Kousseri pour reprendre leurs affaires. Les personnes handicapées de la ville de N’Djamena demandent la clémence du président du CMT pour subvenir aux besoins de leurs familles. « Nous voulons aller à Kousseri, nous ne faisons pas la politique, nous n’avons que nos tricycles et nos tricycles ne sont pas les chars de combat », disent les personnes handicapées. Le porte-parole promet si rien n’est fait qu’ils vont s’organiser avec les badges, les numéros de leurs tricycles pour assurer la sécurité. « Notre lutte est noble et juste. Nous voulons juste nous battre pour prendre en charge nos familles. Nous ne sommes pas contre les autorités de la transition », crient les personnes handicapées. De l’avis de leur porte-parole, Ali Ossignbédé Justin, les personnes à mobilité réduite ne vont pas à Kousseri pour s’adonner aux trafics de drogues.

Toutefois, elles ont été reçues par le ministre de la Sécurité publique la semaine dernière pour discuter des modalités de réouverture du pont de N’gueli. En attentant la décision gouvernementale, l’association des personnes handicapées de la ville de N’Djamena a suspendu la manifestation pour dialoguer avec les autorités. Ils menacent, si rien n’est fait, d’ici une semaine de ramper jusqu’à la primature.

Pour rappel, des personnes handicapées ont manifesté le 4 novembre dernier. Ils réclament la libre circulation des tricycles sur le pont N’gueli afin de leur permettre de faire le commerce entre N’Djamena et Kousseri, la ville camerounaise située de l’autre rive du fleuve. Mais ils ont été dispersés à coups des tirs de gaz lacrymogène.

Jules Doukoundjé

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