dimanche 2 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Jusqu’à la date d’aujourd’hui, le communiqué officiel sur les décisions du Conseil de paix et sécurité de l’Union Africaine  (UA) n’est pas dévoilé. Selon nos informations, pas de sanctions contre la junte militaire tchadienne, mais des solides garde-fous pour encadrer les autorités militaires et civiles de la transition. Dans les rues de la capitale tchadiennes, les avis sont divergents sur cette décision de l’UA. Reportage.

De quelle manière l’UA entend accompagner le Tchad dans la transition? C’est une question fondamentale selon les Tchadiens. En petit groupe, ou même seul, certains citoyens estiment que la décision de l’UA dans le contexte actuel des choses n’est pas un mal en soi.

Adoumadji Ronelyabé est habitant de Moursal, « je pense l’UA bien décidé de laisser les militaires gérer la transition. Ce qu’il faut faire c’est de les surveiller de près afin qu’ils ne jouent pas au petit malin à la fin de la transition. Vous savez, nous avons besoin de la paix, la violence nous suffit dans ce pays-là. Pendant que les autres avancent, nous tournons en rond », dit-il. 

D’autres Tchadiens pensent que l’UA a pris une décision irresponsable. Ne pas sanctionner le Tchad, c’est une perche qui est tendue aux militaires. Abdramane Izadine Souleymane est commerçant dans un des grands marchés de la place. Selon lui, l’UA sait ce qu’elle fait, c’est une grande organisation. « Attendons voir comment les choses vont évoluer après cette décision. J’appelle à la patience de mes compatriotes. Seul Allah connaît où est la destinée de ce pays», confie-t-il. 

Pour Séraphin Goliath, l’UA a fait du gâchis. Elle aurait dû sanctionner le Tchad. « Je vous assure je suis déçu. C’est une décision qui ne mérite pas d’être prise par une importante organisation africaine comme l’UA. Elle n’a plus de crédibilité et nous tchadiens ne lui accordons aucune importance. Un jour, sans l’UA, la vérité triomphera je vous promets», mentionne-t-il, d’un vif élan. Il renchérit, un homme ne peut défaire ce que Dieu fait, et Dieu rendra justice au peuple tchadien.

Selon nos sources, après quatre semaines d’hésitation, le Conseil de paix et sécurité de l’UA a fini par adopter une position conciliante face à la junte militaire. Pourtant, la mission d’enquête de l’UA envoyée à N’Djamena envisageait d'exercer « des pressions » pour aboutir à une solution à la malienne avec une présidence bicéphale avec un président civil, un vice-président militaire et une machine gouvernementale dominée par les civils.

Conditions

Selon Radio France Internationale (RFI), les conditions telles que, le partage équilibré du pouvoir entre les militaires et le gouvernement civil, les membres du Conseil militaire de transition ne pourraient pas se présenter aux prochaines élections. Le CPS a endossé cette promesse et a décidé de l'étendre à l'ensemble de tous les membres du gouvernement de transition, toujours selon nos sources, alors que la charte de transition est muette sur cette question. L’Union africaine va nommer rapidement un envoyé spécial qui sera chargé notamment d’« aider le Tchad à rétablir l’ordre constitutionnel ». Cela passe par l’organisation d’un dialogue national qui regroupe tous les tchadiens. Et qui doit aboutir à une charte de transition «amendée», la réconciliation nationale et une nouvelle Constitution pour le pays. Mais aussi et surtout l’organisation « d’élections libres, justes et crédibles» au bout d’une seule période de 18 mois, selon nos sources.

Enfin, pour Vincent Mbailassem, habitant d’Ardep-djoumal, les dirigeants africains ne valent absolument rien. « Avec tout ce qui se passe, l’UA crucifie le peuple tchadien. Pourquoi même nos patriarches ont créé cette organisation? Une organisation qui se fiche de ses règles, et les foules au pied n’est qu’un club d’amis», dit-il. À noter que le communiqué officiel du Conseil Sécurité et Paix de l’UA détaillant ses décisions est toujours attendu.

Moyalbaye Nadjasna

La saison des pluies semble avancée à grands pas. La capitale tchadienne, N’Djamena a reçu quelques gouttes de pluie. Dans des quartiers tel que Amtoukoui, la peur de revivre les inondations de l’an passé est présente. Reportage. 

Amtoukoui, carré 41 dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Tout semble calme ce mardi 18 mai. Dans les ruelles qui parcourent ce carré, peu de monde est visible.

Ce carré a été, en août dernier, envahi par les eaux de pluie obligeant ainsi ses habitants à trouver refuge dans d’autres quartiers. Avec la saison des pluies qui approche, ce mauvais souvenir hante encore les esprits. Mais pratiquement sur le terrain, pas grand-chose n’est fait. À part la reconstruction des habitations écroulées, rien de plus particulier n’est engagé. Sauf un comité de crise.

Guindja Nabia, est l’un des membres du comité de crise des carrés 27 et 41. Il a perdu avec l’inondation de l’année dernière six de ses chambres. Il a encore en mémoire les images de cette catastrophe. « C’était lamentable. Avec ma famille, on avait trouvé refuge ailleurs. J’ai pu reconstruire trois des chambres écroulées », dit-il.

D’après lui, ce comité est mis sur pied depuis 2017 lorsque les eaux des pluies ont inondé les carrés 27 et 41. Les eaux n’étaient restées que quatre jours, se souvient-il. Pour éviter pareille situation, le comité a saisi les autorités municipales des 7e et 8e arrondissements. Celles du 7e arrondissement ont décliné leur responsabilité en invoquant le principe de territorialité, celles du 8e se sont engagées. « On a adressé une correspondance à la mairesse de cette commune. En réponse à notre lettre, une mission a été dépêchée sur le terrain pour s’enquérir de la situation », rappelle Guindja Nabia. La suite, c’est un dossier classé. « Rien n’a été fait après cette descente des techniciens », fait-il savoir.

En août 2020, la catastrophe se produit de nouveau. Cette fois, sur une longue durée. « Le 19 août 2020, nous nous sommes réveillés envahis par les eaux des pluies. Ces eaux sont restées au moins 45 jours », indique Guindja Nabia. Conséquence, tout le secteur a été vidé de ses habitants ; des maisons écroulées. Les autorités municipales du 8e sont toujours aux abonnés absents.

Les eaux qui inondent ces secteurs, selon les explications de Guindja Nabia, proviennent la plupart des quartiers du 7e arrondissement. « Avec la construction de l’avenue Taiwan, nous éprouvons d’énormes difficultés. Car, les dalots construits orientent les eaux vers notre zone. La construction de deux canaux artificiels de drainage des eaux à N’Djari, dans le 8e arrondissement, fait que l’eau est encore orientée vers notre secteur », analyse-t-il.

Cette année, le comité est réactivé. Des rencontres de concertation ont déjà commencé. Et le comité a décidé, cette fois, de saisir directement la Mairie principale. « Le maire 2e adjoint nous a reçus. Après avoir enregistré nos doléances, il a dépêché une mission sur le terrain », informe Guindja. Reste à savoir si une solution sera trouvée.

En attendant, le comité de crise des carrés 27 et 41 ne baisse pas les bras. « On est en train de nous organiser. Et d’ailleurs, nous avons mobilisé des jeunes qui sont en train de sillonner les concessions pour collecter l’argent », souligne-t-il. Cependant, menace le comité de crise, si les autorités municipales ne réagissent pas à leur demande, il procédera à la fermeture des dalots et canaux artificiels qui orientent les eaux vers leurs carrés. Tout de même, tente de rassurer un sexagénaire, ce phénomène se produit presque tous les quatre ou cinq ans.

Oumar Mahamat Makaye est le chef du carré 41. Il affirme malgré les multiples demandes déposées à la commune de leur arrondissement, les autorités sont restées de marbre. Toutefois il reconnaît que cette année, il n’est pas encore passé les voir. Il promet que dans les jours à venir, lui et ses collègues des carrés inondés tiendront une rencontre de concertation avant d’envisager des actions à mener.

L’avis de la commune du 8e arrondissement

D’après le technicien du service hygiène, assainissement et santé de la commune du 8e arrondissement, Yaya Adam Yaya, sa circonscription ne baisse pas les bras à propos des inondations des quartiers. « Depuis la fin du mois saint de ramadan, notre équipe a commencé par le curage des canaux de drainage des eaux. J’attends actuellement le rapport de cette équipe », fait-il savoir. Après cette opération, informe-t-il, la commune procédera aux travaux d’élargissement des bassins de rétention des eaux de pluie.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Difficile pour l’école tchadienne ces dernières années. Les examens sont organisés en dépit de tout de programme inachevé, des 900 heures non atteintes, etc. Ialtchad Presse a fait un tour pour échanger avec quelques enseignants, élèves des établissements scolaires, mais aussi avec le syndicat national des Enseignants du Tchad (SET). Reportage.

L’école tchadienne est en perte de vitesse depuis quelques années. La principale cause est la baisse de niveau. Mais il n’y a pas que cela. Plusieurs facteurs négatifs affectent terriblement le fonctionnement normal des établissements scolaires. Des grèves à répétition, le coronavirus et actuellement la situation sociopolitique et sécuritaire précaire au pays. Depuis la mort du président tchadien Idriss Deby Itno, rien ne va pour l’école tchadienne cette année. Or, pour organiser les examens et concours, le programme d’enseignement doit être validé dans sa totalité proportionnellement au volume horaire fixé. Partout les cours ont repris. Certains établissements sont plus avancés dans leur programme que d’autres, à l’exemple du lycée Technique commerciale(LTC).

Abdeslam Idriss Mahamat est le proviseur du LTC. Selon lui, le programme scolaire est prolongé jusqu’au 17 juillet 2021. Il affirme que les relevés du 3e trimestre sont disponibles et les cours se déroulent normalement. D’après lui, le LTC n’a pas de problèmes, « certains professeurs ont fini leur programme, donc nous leur avons recommandé de faire les travaux dirigés(TD) et des travaux pratiques(TP). Nous entendons organiser le bac blanc pour rehausser le niveau de nos élèves », dit-il.  M. le proviseur soutient que 2 heures ont été ajoutées sur les emplois du temps des chargés de cours afin qu’ils se rattrapent. « On est dans le temps, malgré les inquiétudes. Par rapport au volume horaire qui est de 900 heures pour l’enseignement général, dans l’enseignement technique nous avons plus de 1040heures», dit-il avec assurance.

« L’école tchadienne est reléguée au dernier rang »

Pour Blaise Ngartoidé, secrétaire général du Syndicat des Enseignants du Tchad, affirme que le Tchad est un pays où on donne peu d’importance au volume horaire réalisé pour prétendre passer les examens et concours de fin d’année. « Il faut vous rendre compte qu’en 2016-2017, nous avons eu moins de cours, mais cela n’a pas empêché aux gens d’organiser les examens. Cela veut dire quoi ?  C’est tout simplement parce que le tchadien est relégué au second rang et on s’amuse avec l’école qui est le socle d’un pays», indique-t-il. Pour lui, plusieurs choses ont perturbé l’école, en plus des grèves et la covid-19. Il se inquiet que le gouvernement fasse la même chose que les années précédentes. «Vous savez ont fait des bacheliers qui ne sont pas dignes parce que le bac c’est d’abord la tête et non le papier. Au niveau supérieur même on a des licenciés et des niveaux maîtrise qui ne valent rien du tout», affirme le SG du SET . Dans un pays normal dit-il, lorsque les pédagogues, les enseignants du terrain s’accordent pour dire il faut d’abord réaliser tel nombre de volumes horaires avant d’organiser les examens, les gouvernants respectent. En 2017-2018, poursuit-il,  le Tchad n’a connu que trois mois et demi de cours, mais en dépit de cela, les examens ont été organisés. «Franchement les gouvernants n’ont pas fait de l’école la priorité des priorités. Cette année, les grèves multiples et la mort du président de la République Idriss Deby Itno a mis les établissements scolaires à N’Djamena pendant un mois et demi à terre», exprime-t-il.

Pour le SG du SET, il faut se soucier de ces insuffisances. En tant qu’organisation syndicale, l’année dernière nous nous sommes interrogés si avec de telles insuffisances, on peut organiser des examens et concours, dit-il. L’actuel ministre de tutelle est en consultation avec les différentes directions à ce sujet. Une rencontre est prévue vendredi avec le syndicat des enseignants . « Nous irons leur demander qu’avec tous les retards que nous connaissons est-il possible d’organiser des examens et concours ? », dit le syndicaliste.  « S’ils veulent donner des diplômes mérités aux enfants, il faut revoir les calendriers et les reconsidérer. Car N’Djamena et les autres provinces ne sont pas au même niveau des volumes horaires dispensés», conclut le pédagogue.

Moyalbaye Nadjasna

La devanture du Lycée Felix Éboué de N’Djamena est réputée être le quartier général des fabricants des lits à fil localement appelé « lit picot ». Hassan Abakar fait partie de ceux-là. Il se réclame même « précurseur » de ce secteur d’activité. Ialtchad Presse est allé à la rencontre de cet artisan et du « lit picot ». Reportage.

Jeudi 11 mai. Il est 10 heures passées de 22 minutes. Sur l’avenue Mobutu, la circulation est moins dense. Les fonctionnaires ont déjà regagné leurs différents bureaux au centre-ville. Devant le lycée Felix Éboué, Haroun Abakar, artisan s’est installé, avec son apprenti-artisan. Il est fabricant des lits à fil appelés généralement « lit picot ». La devanture de ce grand Lycée historique est connue pour être le quartier général des fabricants de lits picots.

Haroun Abakar, la quarantaine entamée, est un vétéran en la matière. Il exerce ce métier depuis plus de 20 ans. Et c’est depuis 10 ans qu’il a pris place devant le lycée Felix Éboué. Sous sa supervision, son aide dresse un lit picot commandé.

La fabrication des lits picots, Haroun Abakar l’a apprise au Soudan dans les années 2000. Installé au Tchad, il a d’abord ouvert son atelier Petro Tchad à côté du canal de drainage des eaux du quartier Paris-Congo. Il y demeure à cet endroit pendant au moins 10 ans avant de se fixer définitivement devant le lycée Félix Eboué en 2010. Haroun Abakar a formé près d’une centaine d’apprentis qui évoluent à leurs propres comptes. « Tous ceux que vous voyez dresser ces lits devant ce lycée ont été mes apprentis. D’autres sont dans des provinces », dit Haroun Abakar.

Pour fabriquer un lit picot, Haroun Abakar utilise principalement deux matériaux : les tuyaux en fer et du fil plastique. Et éventuellement de la peinture. « Il faut d’abord couper ces tuyaux et les souder au format à l’atelier de soudure avant de commencer à tresser les fils », indique-t-il. Pour cela, Haroun Abakar a au moins 17 personnes qui travaillent avec lui. « C’est un travail à la chaîne », commente-t-il.

Des lits picots, il en existe des cadres originaux français et chinois, dit Haroun Abakar. Mais dans son atelier, il procède à la modification de ces cadres, pour les rendre plus confortables. Ainsi, Haroun fabrique des picots avec un modèle réglable à trois niveaux avec la pose tête. Et la clientèle ne manque pas, « les gens aiment vraiment nos fabrications artisanales. Surtout les militaires, ils adorent les lits picots. Ils achètent beaucoup », dit l’artisan. Ces lits fabriqués de manière artisanale, dit Haroun, peuvent durer aussi longtemps que possible si la conservation est bien faite. « Ce lit ne veut pas être exposé au soleil », affirme-t-il.

Ces lits mesurent généralement deux mètres de longueur et 80 cm de largeur. Il y a aussi ceux de 50 à 60 cm de largeur. « C’est selon la commande », fait savoir l’artisan. Et par jour, il peut fabriquer 10 à 20 lits. Le prix varie de 20 000 à 27 500F. « Sur un lit, je fais des bénéfices de 2 000 à 3 000F », dit Haroun Abakar. Pour se conformer à la législation, l’artisan dit qu’il paie des taxes à la Mairie chaque mois à hauteur de 3 000F, aux impôts 32 500F l’année.

Depuis quelques années, Haroun dit rencontrer d’énormes difficultés. Financières surtout. Après le démantèlement de son atelier PetroTchad, le maître des lits picots n’a plus les mains sur le picot. « Avant j’étais bien organisé. Mais maintenant c’est difficile », avoue l’artisan. Difficile parce que la concurrence est là. Mais là n’est pas le problème, d’après lui. « Les aides du côté de l’État manquent vraiment dans ce secteur », dit-il déçu. Il affirme avoir déposé plusieurs fois son projet de création d’un atelier dans des institutions comme FONAP, FONAJ, ministère en charge des Petits métiers mais sans succès, « mon objectif est de créer un atelier digne de ce nom, former des jeunes pour pérenniser ce savoir-faire ».

En attendant, des jours meilleurs, Hassan Abakar et ses 17 apprentis travaillent pour le plaisir de leurs compatriotes. Car, le lit est un endroit par excellence où l’homme passe le plus de son temps. Et le lit picot est plus sollicité pour des temps de repos courts.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Depuis la prise de pouvoir par le Conseil Militaire de Transition (CMT), le 20 avril, N’Djamena vit au rythme des tensions. Différentes manifestations ont été organisées. Et une répression aveugle s’en est suivi. Les victimes témoignent.

Quartier Chagoua dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Il est 10h47mn ce 13 mai. Raïs Kim, artiste rappeur, nous reçoit chez lui. Sa maison n’a pas d’électricité depuis 2 jours. C’est dans un salon bien chaud qu’il nous accorde l’entretien.

Depuis l’officialisation de la candidature de feu Idriss Déby Itno à la présidentielle d’avril 2021 pour un sixième mandat, Raïs Kim, artiste-rappeur, s’est mobilisé contre ce mandat qu’il qualifie de trop. Il a participé à plusieurs marches pacifiques. Des marches qui ont toujours dégénéré.

Le 27 avril dernier, il est sorti encore manifesté. Cette fois, pour dire non à la prise de pouvoir par le CMT après l’annonce de la mort du président Deby Itno le 20 avril passé. Mais ce jour, les choses ont mal tourné pour celui qui est considéré comme un artiste engagé et grand mobilisateur.

Ce 27 avril, Raïs Kim, aux côtés des autres manifestants, entame la marche devant le Lycée Jimmy Carter sur l’avenue Pascal Yoadimnadji. Direction, l’espace Fest’Africa. « Sur le chemin, on a été intercepté premièrement par les forces de l’ordre. Ils ont essayé de nous disperser à coups de gaz lacrymogènes. Nous avons résisté pour continuer notre marche », raconte-t-il. Arrivée sur le croisement de l’axe CA7, poursuit-il, son équipe est prise en tenailles par trois (3) groupes de forces de l’ordre. « Mais on a toujours résisté. Et là, il y a eu des tirs de sommation », dit l’artiste. Coincés, Raïs Kim et son équipe prennent le large du côté du fleuve Chari. C’est là où il a été la cible d’un tir à bout portant.  « L’agent a pris l’arme de son ami qui avait tiré deux balles de sommation. Il s’est mis à genou et il a dirigé son arme vers moi », dit la victime. Il enchaîne : « je pensais que c’était les gaz lacrymogènes qu’il allait tirer donc  j’étais serein. Du coup, je me rends compte que je saigne au niveau de ma cuisse. Les amis ont constaté automatiquement que c’était une balle réelle qui a transpercé ma cuisse. » Grâce à ses compagnons, il a été transporté au centre de santé d’Habbena où il a reçu les premiers soins. Son malheur ne s’est pas arrêté là.

L’artiste affirme qu’il a été contraint de vivre caché pendant 2 jours avant de regagner son domicile. Car, dit-il, des agents (il ignore leur corps d’appartenance) le traquaient. Aujourd’hui, Raïs Kim se porte bien, sa plaie est cicatrisée. « J’ai le moral haut et je suis encore doublement engagé et prêt parce que même le 8 mai dernier, j’étais sorti pour la marche de Wakit Tama ». Il annonce en même temps que le 19 mai, il sera encore dans les rues. Ce,  « jusqu’à ce que nos revendications puissent avoir un écho favorable ».

Au quartier N’guéli dans le 9e arrondissement, c’est Madjirébaye Hervé, enseignant de philosophie et écrivain qui nous accueille. Lui aussi a été victime de violences policières et militaires. Sous un arbre et dans un calme pesant, il nous raconte son calvaire.

« C’était le samedi 8 mai, le jour de la manifestation. Mais je n’étais pas parmi les manifestants », dit-il. Vers 17heures, Hervé, après une visite à la maison familiale au quartier Chagoua, rentrait tranquillement chez lui à N’guéli. Arrivé à la hauteur de l’ambassade des États-Unis, il est interpellé par un de ses cousins. « Donc j’ai dû ralentir. Je roulais à 15-20Km heure. Le policier qui était en faction à cet endroit pensait que je voulais m’arrêter. Il m’a demandé de faire demi-tour pour aller voir mon cousin avec qui je causais tout en avançant. Je lui ai répondu que la voie est à sens unique donc je ne peux pas faire demi-tour. Il me dit dans ce cas il ne faut pas non plus que je m’arrête. Je lui ai répondu que  je ne suis pas en train de m’arrêter », relate-t-il.

Chemin faisant, il tombe sur un deuxième policier qui, cette fois, l’arrête et  coupe le moteur de sa moto avant de le lui retirer la clé de contact. Celui-ci l’accuse d’avoir injurié son collègue. « Je lui ai dit non je n’ai pas insulté votre collègue », lui rétorque Hervé. La victime croyait qu’il y a eu malentendu, « parce que je parlais au même moment avec mon cousin et avec le policier. Donc mes paroles et mes gestes à l’endroit de mon cousin, il les prenait pour son collègue », analyse-t-il.

Le ton monte. Selon la victime, le policier a commencé par la bousculer sur la moto. Et lorsqu’il est descendu, celui-ci lui braque son arme. Réflexe, Hervé lui saute dessus pour éviter qu’il ne lui tire dessus. Car, justifie-t-il, dans la plupart des cas où des agents de force de l’ordre déployés devant des institutions braquent leurs fusils sur des civils se sont soldés par mort d’hommes. « J’ai appelé au secours et leur chef est arrivé », indique-t-il. Et c’est là que son calvaire a commencé. « Ils m’ont pris pour m’amener au kiosque leur servant de poste. Ils ont commencé par me bastonner. Ils voulaient absolument m’atteindre à la tête. Heureusement j’avais mon casque bien attaché à la tête », affirme-t-il. Mais d’après lui, ses bourreaux ont voulu lui retirer son casque pour continuer leur sale besogne.  « De là j’ai profité pour leur dire qu’il y a des caméras installées qui filment tout ce qu’ils font. Ils ont pris peur et m’ont laissé dans le kiosque. Ils ont fait appel à la base du GMIP et un véhicule est venu me chercher quelques minutes plus tard »,

À la base du GMIP, il sera gardé dans une cellule de deux mètres et demi sur deux, pendant quatre jours.  Durant ces jours de détention, la victime avoue qu’elle a été bien traitée. « J’ai trouvé des agents qui m’ont traité de façon correcte. Tous ceux qui se sont relayés ont pris le temps de m’écouter. C’est ce que j’ai vraiment apprécié »,  dit Hervé. Entre temps les commandants refusent de l’écouter détailler sa version. « Pour eux je suis un terroriste, un point un trait. Un des policiers m’a clairement dit que mon dossier est déjà préparé pour qu’on me transfère au bagne de Koro-Toro ».

Au quatrième jour, Hervé a été transféré au commissariat central. Présenté à un directeur de service, il a été relâché après que son passeport n’ait été réclamé. Mais pour Hervé, l’inquiétude demeure. « J’ai été accusé de terrorisme, de rébellion. Je ne sais pas si je serai fiché ou encore suivi par des services spéciaux »,  lâche-t-il.

Il n’y a pas que ces deux. Des centaines de personnes ont été victimes de la bavure policière durant cette série de manifestations. Les marches pacifiques donnent lieu souvent à des répressions disproportionnées. Celle du 27 avril par exemple s’est soldée par la mort de 15 personnes selon les organisateurs et 6 selon les autorités de la transition.

Depuis le mois de mars, les amphis théâtre de l’université Polytechnique de Mongo sont fermés. L’Union Nationale des étudiants du Tchad (UNET) section de Mongo a suspendu les cours et réclame la prolongation de la date d’inscription et de réinscription et surtout la réintégration de 4 étudiants exclus par le Conseil de discipline de l’UPM.

Joint au téléphone Mahamat Abdramane Abdel-Djabar, le secrétaire général de l’Union des étudiants du Tchad section de Mongo explique que tout a commencé le 16 mars 2021. Le Bureau Exécutif de l’UNET-Mongo dit-il, a été surpris de voir les étudiants du département de Génie Géologie en pleine révolte. « Nous avons automatiquement pris l’affaire en main. Nous avons urgemment réuni les délégués et nous avons contacté le Président de l’Université au même moment», explique-t-il. D’après lui, les délégués des étudiants ont indiqué que le plus important des points leurs revendications sont : la prolongation de la date des inscriptions afin d’éviter être évincés. Pour les étudiants, explique le SG de l’UNET, « un compromis de deux semaines a été trouvé et l’administration a demandé que cela soit effectué tranche par tranche».

Pour l’UNET de Mongo cela signifie que tout est fini. Un de ces quatre matins, une autre révolte s’est signalée. Cette fois, ce sont les étudiants en Génie mécanique, dit Mahamat Abramane Abdel-Djabar. « Nous leur avons dit que s’il surgit un problème, les étudiants ne doivent d’abord contacté l’Unet. Elle seule, est habilitée à défendre leurs intérêts. Malheureusement, à travers cette révolte, l’administration a ciblé quelques-uns. Ils étaient convoqués au conseil de discipline et quatre d’entre eux, des étudiants en licence3, étaient exclus et d’autres avertis », indique le SG. Selon lui, l’UNET UPM n’a pas apprécié cette exclusion et a demandé que leurs amis exclus soient réhabilités. C’est ainsi, rajoute-t-il, que le 31 mars 2021, l’ l’UNET UPM a décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre. «L’Affaire est en cours et l’administration va se pencher sur la question demain à Ndjamena. Nous avons confié la suite de l’affaire à l’Unet nationale maintenant», dit Mahamat Abdramane Abdel-Djabar.

Pour Pr. Abakar Mahamat Tahir, président de l’UPM avec qui nous avons échangé au Téléphone, le service de la scolarité et des examens a fixé une date pour les inscriptions et le délai a couru. Selon lui,  le contenu de la décision de la scolarité relève que les étudiants non inscrits n’ont pas le droit de passer les examens. « Certains étudiants ont fait de troubles et le conseil de discipline a interpellé certains qui sont exclus », affirme-t-il. Pour lui, tout problème à une solution, l’affaire est sur la table de réflexion. Cela aboutira bientôt à une reprise des cours à l’UPM.

A suivre…

Moyalbaye Nadjasna

Les fidèles musulmans célèbrent ce jeudi la fête de l’Aid-El-fitr El-Moubarak marquant la fin du mois saint du Ramadan. A N’Djamena, l’ambiance est moins festive que les années précédentes.

C’est un moment de convivialité, de pardon et de réjouissance, la fête marquant la fin du mois saint du Ramadan est le plus souvent célébrée en grande pompe. Habituellement, la fête commence après la grande prière à la mosquée pour finir avec des visites familiales. A N’Djamena, la capitale tchadienne, la fête de l’Aid-El-Fitr-El-Moubarak n’est pas célébrée avec faste ce jeudi 13 mai.

Dans les quartiers Sud tels que Walia, N'gueli, Abena, Chagoua, Moursal, Dembé, pour ne citer que ceux-là, le constat est identique. Ces quartiers ne grouillent pas de fêtards. L’ambiance est morose. Pas de fanani (musique), poussé à fond. La circulation est presque fluide.  Après la prière à la mosquée, les musulmans ont regagné leurs domiciles. 

Dans les quartiers du Centre et du Nord où il y a une forte présence musulmane, la fête se sent. Des enfants, en petits groupes, sillonnent les avenues pour rendre visite. Et recevoir des gâteaux et quelques pièces de monnaie.  Les adultes, sur des motos, paradent de fois à vive allure sur les grandes artères. D’autres en familles s’entassent dans des véhicules particuliers pour des rondes de visites familiales. Les grandes artères de ces quartiers sont presque désertes. L’avenue El-Nimery ou la rue de 40m qui est toujours engorgée est en ce jour désengorgée.

Toutefois, dans les familles, la fête se passe joyeusement. « Cette année, ma famille et moi avions décidé de fêter l’Aid-El-fitr-El-Moubarak chez mes beaux-parents. Donc, je peux vous dire que la fête se passe à merveille », dit Mahamat Saleh, un père de famille rencontré sur l’avenue El Nimery. Selon lui, l’année dernière avec la pandémie du Covid-19, les fidèles musulmans n’ont pas fêté comme il se le doit. « Il n’y avait pas le côté festif. Nous avons fêté à la maison et en famille. Dieu merci, cette année, il y a un peu le côté festif », dit-il. Abdramane renchérit pour sa part que malgré qu’il y ait le côté festif de la fête du Ramadan, elle est toutefois timide. « Comme vous pouvez le constater avec moi, on ne ressent pas vraiment la fête sur les avenues, artères de la capitale. La ville est calme », déclare-t-il. La situation politico-militaire qui règne actuellement en dit long.

La fête est un moment de joie. Cependant, avec la fête de Ramadan, certains ménages sont privés de certains produits de première nécessité. Et l’économie aussi prend un coup. Dans les quartiers, les boutiques sont fermées. Les marchés sont presque vides. Le cas du marché à mil et du grand marché qui généralement sont bondés de monde sont aujourd’hui déserts. Car c’est la fête. Étant donné que les boutiques et magasins sont détenus en grande partie par des commerçants musulmans.

Allarassem Djimrangar
Christian Allahadjim

Le jeûne marquant le Ramadan entamé depuis le 13 avril  s’est achevé hier 12 mai tard dans la nuit. Ce jeudi 13 mai, une prière commune a été dirigée par Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, imam de la grande mosquée de N’Djamena. C’était en présence du président du Conseil Militaire de la Transition (CMT), Mahamat Idriss Deby. Reportage.

Dès 6h du matin, l’ambiance autour de la grande mosquée de la capitale tchadienne grouillait de monde. Les fidèles musulmans s’empressaient pour ne pas rater la grande prière de reconnaissance et de bénédiction après un mois d’humilité devant Allah le Tout puissant. Les dispositifs sécuritaires sont aussi déployés pour assurer la sécurité du président du CMT invité à participer à cette prière. La grande mosquée de N’Djamena se trouve coincé entre le grand marché, le commissariat de police du 3e arrondissement, l’Avenue Maldom Bada et le vieux quartier Mardjandaffack. Avant la cérémonie, dans la salle sacrée certains fidèles, très concentrés, font déjà leur dévotion. Le sultan de la ville de N’Djamena est venu plus tôt que prévu. Sont aussi présents, les dignitaires musulmans , quelques ministres et autres personnalité comme le maire de la ville Ali Haroun.

Autres choses : on voit des jeunes formant une haie qui accueillent et orientent les fidèles, mais aussi les dignitaires qui ont accueilli de façon conviviale le président du CMT habillé en civile. Coronavirus oblige, on ne se serre plus les mains, pas d’accolades non plus, mais la salutation par coude ou « salutation corona » comme disent les N’Djamenois. Lorsque le président du CMT entre dans la salle de prière, tout le monde se lève pour l’honorer.

Aussitôt, la grande prière commence sous la direction de l’imam Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou. À la fin de la prière, l’imam passe un message de paix et de bénédiction dans la vie de tous les fidèles musulmans qui ont observé avec beaucoup de piété le jeûne de 30 jours du mois saint de Ramadan. Il appelle les musulmans, mais tous les Tchadiens à l’unité, à la solidarité et au pardon pour un Tchad prospère. Car selon lui, celui qui garde la haine n’a pas la paix avec lui-même. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, rajouter qu’il n’y a pas de solutions à nos problèmes si nous ne sommes pas unis. « Il faut éviter à tout prix la division », dit-il. Selon lui, Dieu nous demande de nous pardonner, et il faut que les Tchadiens s’acceptent. Nous devons être fidèles pour réparer notre pays, le construire dans le dialogue et la non-violence. Notre différence doit être plutôt notre force et non la faiblesse. Soyons soudés comme les cinq doigts de la main, conseille-t-il à tous.

L’imam de la grande mosquée de N’Djamena exhorte les Tchadiens a une cohabitation pacifique, au vivre ensemble, car ce pays nous appartient tous. D’après lui, le développement du Tchad doit se faire par tous ses filles et fils. Il demande à l’ensemble de la communauté internationale de nous guider vers une bonne voie. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, note qu’il prie afin que Dieu guide les nouvelles autorités a mené a bien la destinée du Tchad dans la paix et la justice.

Ali Haroun, maire de la ville de N’Djamena, interrogé appelle, les Tchadiens au retenu. Selon lui, les musulmans ont profité de ce moment de jeûne de 30 jours pour implorer la grâce de Dieu pour la paix et la stabilité de notre pays.

Moyalbaye Nadjasna

Les retraités de la Fonction publique s’indignent de l’arrêt non justifié du paiement de leurs pensions déclenché le 18 avril 2021. Réuni ce 11 mai à la bourse de travail, ils décident d’exprimer leur mécontentement devant la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) ce 12 mai. Ialtchad s’est intéressé à la question de ces retraités. La CNRT promet poursuivre le paiement enclenché. Reportage.

Un set in prévu pour 6h du matin, c’est plutôt aux environs de 7h, une heure plus tard que les retraités ont pu se retrouver. Selon Alladoum Tedengarti, Président du Comité Adohc, des retraités, de sitôt réunis, la direction générale de la Caisse nationale des retraités du Tchad a dépêché un de ses représentants pour échanger avec eux. Au cours des échanges d’après lui, la CNRT a affirmé que l’arrêt du paiement est dû à une erreur technique que la Banque Commerciale du Chari (BCC). Elle devait alimenter les autres banques a débité le paiement avec les retraités de son institution. La CNRT promet que ce même jour, elle va se battre pour que toutes les banques soient servies. Pour le président des retraités, ils vont vérifier et s’il se trouve qu’il n’y a rien ils repartiront pour des explications. 

 « Le mobile de notre mécontentement est les paiements des pensions, les arriérés, les primes de départ, les primes de transport des années 2016-2019. On a beau revendiquer, ils sont là à tergiverser », dit M. Alladoum Tedengarti. Pour clarifier leur intention, il rappelle qu’ils s’étaient retrouvés le 15 avril passé avec le directeur général de la CNRT. Il les avait rassurés  que leurs pensions soient payées le 18 avril, le billetage simultanément avec le virement. « Le billetage a commencé très timidement vers le 19 avril. Pas pour le virement sans une justification. Or, le ministre de Finances et du Budget est resté il connaît le dossier, et l’Administration est une continuité. Si c’était un autre ministre on aurait compris que les passations de service aurait fait de retard», dit-il. Président du Comité Adohc, des retraités affirment que les pensions des retraités proviennent de leurs  cotisations versées dans une caisse appelée CNPS ou CNRT lorsqu’ils étaient actifs. La CNPS, dit-il, agit bien avec les retraités du privé, mais au niveau de l’État, la caisse est toujours vide. « Qu’est-ce qu’on fait avec les cotisations des fonctionnaires qu’on retire chaque fin du mois. Ou est-ce qu’on les verse ? Et qu’est-ce qu’on en fait? » , s’est-il interrogé. Pour lui, en principe les retraités ne devaient pas avoir de problèmes de pensions.

Ce sont des gens qui survivent toujours malades coucher, d’autres morts, des veuves abandonnées à leur triste sort, fait-il savoir. «Tout simplement parce que les retraités n’arrivent pas à se nourrir ou se soigner. Nous avons nos enfants sur les bras lorsqu’on a investi pour leur formation, ils deviennent des diplômés sans emploi qu’on doit encore s’occuper d’eux de leurs enfants et leur femme», a soutenu M. Alladoum Tedengarti. Selon lui, les fonctionnaires qui sont des potentiels retraités se fichent d’eux. D’après lui, ils ont patienté du 18 avril jusqu’au 12 mai. Cela fait pratiquement un mois déjà. «Un paiement qui traine un mois c’est quelle sorte de paiement? Ça ne se passe nulle part dans le monde. Un paiement c’est un paiement, à l’instant T, tout le monde doit avoir son argent. Il faut trouver un mode de paiement qui puisse satisfaire tout le monde», déplore-t-il tout en demandant que cette façon change.

À noter que dans les provinces, la situation des retraités de la CNRT est pire. Plusieurs coupons ne sont pas payés jusqu’à l’heure actuelle à l’exemple, des retraités de la ville de Sarh, province du Moyen-Chari d’après une source de la localité.

Alladoum Tedengarti, informe que le comité Adohc des retraités a été créé le 02 octobre 2020. Il  regroupe en son sein, les retraités de 2016, 2017, 2019 et 2020, note-t-il. «L’Assemblée générale du 11 mai à la bourse de travail, beaucoup de retraités nous ont plébiscités de defender leurs causes», conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

La marche pacifique de la plateforme dénommée « Vision nouvelle » autorisée par le ministère de la Sécurité publique a lieu ce 12 mai. Pour la première fois, une marche est encadrée par les forces de l’ordre. Ialtchad Presse a fait réagir quelques participants.

Youssouf Nassour Kossi est étudiant. Il a pris part à la marche organisée par la plateforme Vision nouvelle. Pour lui, les choses commencent par changer positivement. « Parce que c’est pour la première fois dans notre histoire qu’une manifestation est autorisée et encadrée par les forces de l’ordre », déclare-t-il. Son souhait est que les autorités continuent dans ce sens en accordant des autorisations pour la tenue des manifestations contre-pouvoir. Il dit soutenir le Conseil militaire de Transition (CMT) pour éviter que le pays ne tombe dans le chaos. « Soutenir le CMT est un choix personnel. De prime à bord, parce qu’il a mis en place un gouvernement de transition composé de la société civile, de l’opposition et de la majorité. Ensuite, parce que le CMT promet de mettre en place très bientôt le Conseil National de Transition (CNT) qui sera le 3e organe de transition. Enfin, parce que les élections prochaines seront libres, transparentes et crédibles ».

Mahamat Thibaut, agent d’encadrement de la marche partage le même sentiment que Youssouf Nassour Kossi. Il explique qu’il ne s’attendait pas à ce que les autorités autorisent cette marche vu le contexte. « Avec le désordre qui est installé dans la capitale tchadienne, il est vraiment difficile d’organiser une marche moins encore qu’on vous l’autorise. Mais Dieu merci, le CMT a compris l’essence du dialogue social et de la paix en nous autorisant de marcher. Nous sommes vraiment très ravis et très émus par rapport à ce geste », avoue-t-il. Pour le soutien qu’il apporte au CMT en participant à cette marche, Mahamat Thibaut donne ses raisons : « Je soutiens le CMT parce qu’il prône le dialogue social et sans le dialogue social, on ne peut pas construire un Tchad nouveau ».

C’est pourquoi nous apportons notre soutien au CMT pour la préservation de la paix et pour la stabilisation du pays. Nous soutenons le Conseil Militaire de Transition pour la paix, rien que pour la paix. Étant un citoyen lambda qui n’a pas une réserve d’alimentation, si nous cautionnant le désordre et si la guerre s’installe, ça serait de la catastrophe. Le dialogue est plus important que la violence, car il permet de construire un pays »

Mahamat Nasser Adoum, agent de sécurité. Il soutient le CMT pour la stabilité, la sécurité et la paix qui règnent à N’Djamena après les attaques rebelles qui ont coûté la vie au président Deby Itno. « Je dis non à la guerre et à la division que prônent certains. Le Tchad a connu des évènements les plus tragiques de son histoire, notamment les évènements de 2 février, 13 avril, pour ne citer que ceux-là », retrace-t-il. D’après lui, il faut éviter de replonger les Tchadiens dans ces années âpres. Et la solution est le CMT. « Je ne pensais pas qu’après la mort du Maréchal Idriss Deby Itno, le Tchad resterait debout. Dès que les militaires ont pris les commandements de choses, N’Djamena, la capitale tchadienne, est stable. L’armée a aussi ratissé les colonnes des terroristes du Tibesti et du Kanem. ».

Propos recueillis par Allarassem Djimrangar

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