vendredi 3 décembre 2021

Reportage

Reportage (442)

Les candidats au baccalauréat tchadien composent ce lundi 17 août 2020 les premières épreuves écrites. Ialtchad Presse est allé recueillir les commentaires relatifs à cette première journée.

Lundi 17 août. Il est 15heures 45 minutes et 33°. La devanture des lycées Felix Éboué et Technique Commercial de N’Djamena grouille d’élèves candidats au baccalauréat session 2020. Sévérine et ses amis viennent de finir avec la deuxième matière de la première journée des épreuves écrites. Ils se partagent des sandwiches chez une restauratrice installée pour la circonstance sous la passerelle qui surplombe les deux lycées. Nous nous sommes rapprochés d’elle. Sans hésitation, elle a accepté de nous livrer ses impressions. Pour elle, le premier jour des épreuves est encourageant. « Je dirai que nous avons bien débuté.  Nous étions un peu stressés, mais quand nous sommes entrés en possession des sujets, nous nous sommes ressaisis », dit Sévérine.

Pour cette première journée, les candidats des séries scientifiques et techniques ont eu à composer les épreuves de Français et Philosophie (au choix) et la langue vivante. « Les sujets sont abordables se sont des thèmes étudiés en classe », affirme Sévérine. Si pour elle, les sujets sont à la portée des candidats, son condisciple, Djimtinbeye se plaint : « La pandémie du coronavirus ne nous a permis de finir avec le programme bien qu’on ait repris avec les cours pour 45 jours. Cela continue de jouer contre nous. »

Crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus oblige. Les candidats sont contraints de composer dans des conditions assez particulières. Port de cache-nez, respect de la distanciation sociale, bref le respect des mesures barrières. À ces conditions s’ajoutent d’autres règles comme l’interdiction d’utiliser un moyen de communication électronique, l’usage des mouchoirs jetables, etc. « Les surveillants ont respecté toutes les consignes qui leur ont été données donc ils sont trop stricts », affirme Demba candidate de la série G2. Contrairement à elle, Sévérine trouve que dans sa salle certains surveillants sont tolérants et ont eu à aider certains candidats pour la matière composée en soirée (Anglais). « Il y a eu assez d’aide-mémoire que des candidats ont apportés », dit-elle. Mais « Dieu merci aucun candidat n’est disqualifié pour cette journée », se réjouit son compagnon Djimtinbeye.

À la question de savoir si l’absence des candidats de la série littéraire à leurs côtés pendant la composition des matières littéraires n’a pas eu d’impact, Sévérine estime que c’est l’examen, il ne faut pas compter sur un autre que soi-même. « C’est vrai j’ai eu quelques difficultés dans la traduction en Anglais, mais je me suis grouillée. Je crois que nous sommes en examen donc avec ou sans les amis de la série littéraire à côté, nous devons nous débrouiller. Le travail est individuel ».

La première journée des épreuves écrites des séries scientifiques et techniques est finie. Les candidats seront à nouveau en salles de composition que le mercredi pour composer les « vraies matières » comme disent les candidats. Les épreuves du baccalauréat ont été lancées par le ministre de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur le matin du 17 août dans la sous-préfecture de Koundoul, localité située à 20Km de N’Djamena. Ce sont au total 87 500 candidats qui sont appelés à composer cet examen qui donne accès à l’Université. Les épreuves se déroulent sur une durée d’une semaine.

Christian Allahdjim

Cours en ligne, à la télévision, à la radio, reprise express, le gouvernement a tenté de sauver l’année scolaire en cours. Il y a trois jours, les cours en présentiel sont terminés. Ialtchad Presse est allé à la rencontre des élèves qui apprécient diversement les différentes méthodes utilisées. Reportage.

« La pandémie du coronavirus nous a empêché de bien fréquenter. » C’est par ces mots de mécontentement de Mahamat Abakar, élève en Terminale G1 au Lycée Technique Commercial Boudjouri que nous abordons notre sujet. En effet, l’apparition du tout premier cas du coronavirus au Tchad le 19 mars passé a amené les autorités à interdire tout rassemblement de plus de 50 personnes. Ce qui a conduit à la fermeture des établissements scolaires. Mais pour sauver l’année scolaire en cours, le gouvernement a pris l’initiative, début avril, de donner les cours via les nouvelles technologies de l’information et de la communication (télévision, radiodiffusion, plateforme) pour les élèves en classe d’examen, notamment la 3e et la Terminale.

Nguinambaye Rose, élève en Terminal A4 (TA4) au lycée Felix Éboué, dit n’avoir pas pu bien profiter de ces cours. « Moi je n’ai pas pu suivre le cours une seule fois. Dans notre quartier, l'électricité est rare. En un mois, on n’est alimenté que 4 ou 5 fois », dit-elle. À cela, il faut ajouter aussi le coût de la connexion Internet. « Pour avoir accès aux cours en ligne, il faut se connecter. Et le coût est cher et la connexion ne dure pas. Toutes ces difficultés ont fait que je n'ai pas pu profiter de ces cours », explique-t-elle.

Course contre la montre

Après trois mois de cours dispensés en ligne, le gouvernement vient d’autoriser à nouveau les cours en présentiel pour 45 jours. Ils ont commencé le 25 juillet en mode express. Pour les élèves le délai est jugé trop court. Conséquence, c’est la course contre la montre. « Le retour n'était vraiment pas facile, mais avec le temps on s'est adapté. Les enseignants ne donnent plus le cours comme d'habitude. Pour avancer vite et faire le nécessaire, ils étaient obligés de résumer les cours. On n’utilisait que les polycopies. Les enseignants se présentent juste pour expliquer », dit Mounira Ousman, élèves en TA4 au Lycée Ibrahim Mahamat Itno de Farcha. Malgré ce rythme, les enseignants n’ont pas pu finir les programmes. Pour se rattraper, Mounira est active dans d’autres groupes. « On n’a pas pu finir avec les programmes. Je me suis donc inscrite au cours préparatoire du bac et je m'entraîne aussi avec les amis d'un lycée privé pour combler le vide », ajoute-t-elle.

Si dans certains établissements, la suspension des cours a joué sur leurs programmes, d’autres étaient nettement en avance. « Avant d'aller en congé forcé, nous avons fait la moitié des programmes parce que nous avons déjà composé le deuxième trimestre », déclare une élève du Lycée Acdiffus. Même son de cloche du côté du Lycée Académie Royale où les élèves se réjouissent de la création d’une plateforme. « Grâce à notre plateforme, certains enseignants ont pu finir leurs programmes », dit Amma Koissé Limane, élève en TC. Selon Mlle Amma, le retour à l'école est une occasion pour certains enseignants de pouvoir finir leurs programmes et pour d’autres de commencer avec les exercices. 

Au Lycée Hérédité par exemple, un groupe Whatsapp est créé pour chaque filière pour assurer la continuité des programmes. Ce que déplorent les élèves de cet établissement, ce que les choses sont allées trop vite avec la reprise en présentiel. « Au retour, l'ambiance n'est plus la même, les enseignants ont leur objectif à atteindre, celui de finir les programmes. Cela fait qu'ils ne prennent plus le temps de bien expliquer les cours », se plaint Bodré Jean, élève en TD au lycée Hérédité. Néanmoins celui-ci se dit rassuré pour les examens. « C'est pour la deuxième fois que je vais composer. Et comme j’ai mes cours de l'année passée, je suis prêt pour l'examen, mais je crains le sort des nouveaux », affirme-t-il.

Au moment de publier cet article, les cours ont déjà pris fin. Et les candidats au baccalauréat sont appelés à composer le 17 août. Selon l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS), ils sont 87 500 cette année.

Orthom L’Or

Avec son slogan « radio de référence qui fait la différence », FM Liberté est située au quartier Chagoua dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Dans le cadre de notre série de reportages consacrés aux médias tchadiens, aux conditions de travail des journalistes et à l’occasion du 20e anniversaire de cette radio, Ialtchad Presse a rencontré son directeur Djekourninga Kaoutar Lazare pour en parler. Reportage.

Créée en 2000, la radio FM Liberté est une radio associative située au quartier Chagoua dans le 7e arrondissement de N’Djamena émettant sur la fréquence modulée 105.3. Logée dans un complexe bien clôturé, FM Liberté c’est trois compartiments avec cinq bureaux, deux studios, une salle de rédaction et une salle de réunion avec une guérite. Deux groupes électrogènes de grande capacité sont disponibles pour assurer le relais en cas de délestage du côté de la Société Nationale d’Électricité (SNE). Elle émet du lundi au vendredi de 6h à 10h 30min puis de 12h à 22h. Le samedi et le dimanche, la mise en onde est en continu de 6H-22H.

Avec comme slogan « la radio de référence qui fait la différence », FM Liberté a comme pères fondateurs les associations de la société civile, de défense des Droits de l’Homme et l’Union des syndicats du Tchad (UST). Ses premières émissions ont été mises en onde le 5 août 2000. « L’objectif de la radio est de conscientiser, éduquer la population en matière des droits de l’homme et des libertés fondamentales, bref en citoyenneté », explique Djekourninga Kaoutar Lazare, le directeur de radio. Selon lui, cette mission résulte de la violation massive des droits de l’Homme sous le règne de l’ancien président Hissein Habré. Un des exemples qui vient confirmer ce rôle de défenseur des droits de l’Homme que joue FM Liberté est la rubrique la minute du Droit qui passe au début du journal parlé.

Conditions de travail

Pour M. le Directeur Fm Liberté les conditions de travail sont compliquées voire elles sont hostiles. « Nous sommes filés tous les jours par les éléments de l’Agence nationale de Sécurité (ANS). Nos confrères se font battre par endroit par les forces de l’ordre », confie-t-il. À cela, il faut rajouter les difficultés liées aux finances. D’après lui, la suspension de l’aide publique à la presse depuis 6 ans est un coup dur pour les médias privés. Comme conséquences, dit-il, il est difficile d’organiser des formations continues, de recyclage pour ceux qui s’intéressent à la profession, d’assurer le bon fonctionnement des organes (matériels techniques et didactiques), d’assurer la mobilité des journalistes parce que le Tchad ne se résume pas à N’Djamena. 

Au-delà de ces difficultés, le plus gros problème déplore, le directeur reste l’accès aux sources d’informations : « cela fait plus d’un mois que la radio court après le Ministère de l’Administration pour avoir des informations par rapport aux enlèvements contre rançon dans le Mayo-Kebbi et une partie du Logone Occidental mais il n’y a pas de retour. » Pour lui, il faut aider la presse à travailler. Elle est la conseillère attitrée. « Ceux qui entourent le président de la République ne lui disent pas la vérité. Et c’est la presse qui révèle certains manquements. Donc il faut l’aider à aider nos gouvernants. Surtout en matière de formation », recommande Djekourninga.

Rapports avec les autorités

Connue pour être la radio des droits de l’Homme, la voix des sans voix, Fm Liberté est souvent accusée à tort ou à raison d’être une station à la solde de l’opposition. Interrogé à ce sujet, Djekourninga Kaoutar Lazare répond : « Ceux qui nous taxent d’être à la solde de l’opposition sont ceux-là qui fuient le micro. Ils veulent manger le gâteau aisément sans être dérangés ». Il prend son souffle et rajoute, « ce qui nous fait plaisir c’est lorsqu’il y a une communication à faire, le gouvernement court d’abord vers Fm Liberté avant de se tourner vers les stations autres médias publics. Cela prouve que nous ne sommes pas une radio de l’opposition. »

Ironie du sort. À l’instant où le directeur de la radio répondait à nos questions sur ce sujet, le Secrétaire Général du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), Mahamat Zen Bada était en train d’accuser Fm Liberté de jouer le jeu de l’opposition. C’était à la conférence de presse qu’il avait tenue à l’occasion de l’an 4 du quinquennat du Président Deby Itno le 8 août 2020 passé. Il avait très dur en comparant la radio Fm Liberté à la radio Milles collines du Rwanda connue pour sa propagande lors du génocide.

Interrogé sur les rapports avec la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), Djekourninga K. Lazare pense que l’organe régulateur fait encore son travail dans la légalité. « La HAMA n’est pas agressive comme l’ex HCC. Quand nous commettons une faute dans le traitement de l’information, elle nous appelle gentiment de relever cela et d’améliorer ».

Après 20 ans d’existence, la radio FM Liberté émet toujours en FM. Le souhait de son directeur est de pouvoir couvrir tout le Tchad. « Avant, nous couvrons un rayon de 150 km, mais actuellement nous ne couvrons que moins de 100 km. Cela est dû aux matériels vieillissants. Et comme presse privée, nous n’avons pas les moyens nécessaires pour les renouveler », dit M. Djekourninga.

Christian Allahdjim

Le Tchad a commémoré ce 11 août 2020 ses 60 ans d’indépendance. Une cérémonie de prise d’armes a eu lieu à la Place de la nation en présence du Maréchal Idriss Deby Itno. Reportage.

Pas de défilé contrairement aux célébrations antérieures. C’est à 13h20 que la cérémonie de prise d’armes à l’honneur de la commémoration des 60 ans d’indépendance du Tchad a commencé. Ce retard est dû à la cérémonie d’élévation à la Dignité de Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, organisée par l’Assemblée nationale dans la matinée du 11 août. Pas de défilé grandiose à cause de la situation sanitaire marquée par la pandémie du coronavirus. C’est une cérémonie modeste qui a vu la présence du président de la République, le président de la Commission de l’Union africaine et bien d’autres personnalités à la Place de la Nation à N’Djamena avec quelques corps de l’armée entre autres le GNNT, le GEMIA, le GMIP…

13h10min. Arrive alors le chef d’État-major général des armées (CEMGA), le général Abakar Abdelkerim Daoud qui passe en revue la troupe présente.

Le président de la République, chef suprême des armées, Idriss Deby Itno est arrivé à 13h 20. Il est accueilli par le chef d’état-major général des armées. Après des civilités militaires, Idriss Deby Itno est invité par le commandant des troupes à passer en revue les troupes. Exercice qu’il fait en tant que Maréchal du Tchad, fraîchement consacré. L’hymne national (la Tchadienne) a marqué le début de la cérémonie.

C’est un Idriss Deby Itno, fraîchement consacré Maréchal du Tchad, qui passe en revue la troupe. Tenue d’apparat coiffée d’un képi, manteau et bâton de commandement à la main gauche, le Maréchal du Tchad, hissé sur la jeep militaire, salue respectueusement la troupe. « Maréchal, Maréchal », a scandé le public qui, il faut le préciser, n’est venu que pour voir le Maréchal dans sa nouvelle tenue. Après cette phase, le chef suprême des armées a regagné la tribune officielle avant d’être invité a nouveau pour déposer la gerbe de fleurs sur le monument aux martyrs.

Malheureusement, aucun défilé pédestre n’a eu lieu, au grand dam du public. Cela a rendu la cérémonie fade. L’ambiance n’y était pas à part quelques groupes choc du MPS qui chantaient l’éloge du président. Toutefois, l’aviation de l’armée a fait de démonstration en parcourant le ciel. Ce sont quatre avions de chasse et quatre hélicoptères qui se sont prêtés au jeu.

Pour clore la cérémonie, le Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno a décoré six personnalités pour service rendu à la nation tchadienne. C’est sur cette marque de distinction que le commandant des troupes a mis terme à la cérémonie de prise d’armes à 14h25.

Le Maréchal Président est reparti. Les officiels font pareil. La foule se disperse.  Le Tchad vient de clore la fête de ses 60 ans d’indépendance. Le premier Président qui a assisté au jour 1 et à l’an 1 de l’accession à la souveraineté nationale le 11 août 1960-61 fut François Ngarta Tombalbaye. Idriss Deby Itno est le sixième Président, mais premier Maréchal.

Christian Allahdjim

L'Assemblée nationale a tenu ce 11 août 2020, une session extraordinaire. Cette rencontre était l'occasion d'élever officiellement le Président, Idriss Déby Itno, à la dignité de Maréchal du Tchad. Ialtchad Presse vous faire revivre l’évènement. Reportage.

6h 00. 11 août. Déjà plusieurs militants du parti au pouvoir, simples curieux et badauds ont commencé à s’amasser le long de l’avenue qui mène à l’Assemblée Nationale (AN). Sur les pancartes des militants et sympathisants, on peut lire des phrases comme « IDI, notre héros », « Bravo Maréchal du Tchad », etc.  Sur les banderoles accrochées sur les murs, les ronds-points, ou suspendues en hauteur en travers des rues et des avenues les mêmes slogans. Sur l’esplanade de l’AN la fête est à son zénith par toute sorte d’animation, des militants bigarrés se déhanchaient au rythme d’une musique cacophonique. Le 60e anniversaire de l’accession du Tchad à l’indépendance est visiblement et bruyamment éclipsé.

7h 00min. Les invités commencent à venir. Le service du protocole du comité d’organisation s’agite pour conduire les invités de marque. Ça va vite. Ça s’enchaîne.

9h 50 min. Le cortège du Président arrive à grande vitesse. En roulant, les conducteurs des voitures qui l’accompagnent se livrent à un manège chorégraphique comme une danse. C’est beau à voir. Le Président descend. Il est accueil par le Président de l’Assemblée Nationale, Haroun Kabadi. Les deux hommes s’engouffrent dans l’immense bâtiment.

Le Président était habillé de sa nouvelle tenue d’apparat de Maréchal portée lors des grands évènements. C’est une vareuse en poly laine de couleur bleu nuit avec 2 fentes arrière. Elle n’a pas de poche poitrine, mais a un col Mao brodé à la main or motif feuille de chêne, etc. La description de la seule tenue d’apparat peut faire quelques pages. Autres précisions : il a 2 autres tenues de plus, la tenue de cérémonie et la tenue de combat.

Dans la salle, presque tout le gratin politique et diplomatique était présent. Les membres du gouvernement, les députés, les présidents des grandes institutions, les officiers, les compagnons « Baministes » ou ceux qui en reste, l’ex-président Goukouni Weddeye, le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki, etc. C’est sous une ovation et des youyous que le Marechal Président entre dans la grande salle de cérémonie.

10h 10 min. La ministre Secrétaire Générale du Gouvernement, Mariam Mahamat Nour, avance au micro. Elle entame la lecture de l’acte officiel, notamment le décret 1417 portant élévation du Président. Ensuite, le Grand chevalier a procédé à l’habillement du Maréchal du Tchad. Le tout dans une atmosphère empreinte de solennité.

10h 25 min. Le PAN, Haroun Kabadi, prononce son discours. Il souligne le fait que cette distinction est accordée au président pour son parcours de militaire et pour les services rendus à la Nation. Mais aussi, pour les sacrifices qu’Idriss Déby Itno a consenti durant toute sa vie pour assurer l’intégrité du territoire, consolider la paix, la sécurité, la stabilité et l’unité nationale.

Il insiste sur ce titre.

« Je voudrais insister sur le fait que le titre de Maréchal n’est pas un grade, mais la plus haute distinction   militaire conférée à un officier général, pour avoir commandé en chef une armée, et avoir obtenu une victoire éclatante en temps de guerre », a précisé Haroun Kabadi. Il a rappelé le parcours remarquable du récipiendaire, Idriss Déby Itno. Au-delà de son parcours militaire, le Maréchal Idriss Déby Itno a aussi eu un brillant parcours politique, dit-il.

10h 49min. C’est au tour du Maréchal Président de prendre. Dans un discours de plus de 30 minutes, le récipiendaire est revenu sur son parcours et les circonstances qui l’ont amené à accepter cette distinction. 

« Je considère que cette consécration n’est pas exclusivement celle du Général d’Armée Idriss Déby Itno que je suis, sinon je n’aurais pas été autant touché par cet honneur que me font les représentants du peuple », déclare d’emblée le Maréchal du Tchad. Selon lui, à travers cette distinction, ce sont d’autres dignes filles et fils du Tchad qui sont honorés. « C’est le sacrifice, le courage, le patriotisme des milliers de soldats, de sous-officiers et d’officiers qui sont ainsi distingués. Ce sont les valeurs de fraternité, de résistance, de justice qui sont ainsi consacrées », dit le Président Idriss Déby Itno ».

11h 30min. La cérémonie prend fin. Le cortège présidentiel s’est ébranlé comme il est arrivé, à vive allure. La salle de la cérémonie se vide. L’esplanade de l’AN aussi.

La capitale tchadienne abritera une double cérémonie le 11 août. A la veille, N’Djamena, la capitale tchadienne brille aux couleurs du tricolore national. Reportage.

Lundi 10 août 2020. Il est 10h 25 min. sur l’avenue Jacques Nadingar. La circulation est moins dense en cette matinée. Le ciel, nuageux et menaçant semble ne pas inquiéter la population qui vaque normalement à ses occupations. L’abattoir d’Atrone, situé sur cet axe, est bondé de monde, les boutiques, installées sur les trottoirs, ont ouvert. Juste devant un hôtel, une motopompe draine l’eau de la pluie dans un caniveau conventionnel pour rendre accessible la grande voie du quartier. La veille, une grosse pluie s’est abattue sur la capitale tchadienne provoquant des inondations dans certains quartiers.

Tout au long de cette avenue, l’embellissement qui mène au siège de l’Assemblée nationale, tout semble nouveau en ce jour du 10 août. Drapeau tricolore, traverses peintes en blanc et rouge, chaussées balayées, caniveaux curés. « C’est à cause de Deby qui doit venir à l’Assemblée demain », avance Jo, un jeune réparateur installé sur le trottoir. « Non c’est à cause de la fête de l’indépendance », lui rappelle Raoul, un client.

Justement le 11 août, le Tchad va célébrer le 60e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. En plus de cette célébration, N’Djamena va vivre une autre cérémonie, celle d’élévation à la Dignité de Maréchal du Tchad du président Idriss Deby Itno. Voilà les deux raisons qui expliquent l’embellissement sur l’avenue Jacques Nadingar. Et de la quasi-totalité des grandes artères de la capitale.

À l’image de cette avenue, celle de Pascal Yoadimnadji jusqu’à celle de Charles de Gaulle brille aussi aux couleurs du tricolore tchadien. Des banderoles à l’effigie du récipiendaire sont visibles sur les principales avenues. À la Place de la nation qui accueillera les festivités du 11 août, tout est fin prêt. La tente et les accessoires sont installés. Même décoration comme sur les voies, les couleurs nationales sont en vedette. Au siège du MPS, parti au pouvoir, il n’y a pas d’agitations. Quelques militants traînent dans la cour.

À l’Assemblée Nationale (AN), les préparatifs pour la cérémonie d’élévation vont bon train. L’entrée principale de l’édifice laisse deviner ce qui se prépare. Tricolore, effigie du tout premier Maréchal dans l’histoire du Tchad, le président Deby est partout. Selon le député Saleh Maki, président du comité d’organisation de cet évènement, la cérémonie aura bel et bien lieu le 11 août 2020 au siège de l’AN. « Il est prévu une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le 11 août 2020 pour cet évènement historique », a précisé le député Maki lors du point de presse qu’il a animé le 9 août dans l’enceinte du bâtiment.

Ce soir (10 août), un imposant dispositif militaire est déployé tout le long de la voie qui mène à l’AN. N’Djaména est visiblement prête à célébrer la double cérémonie du 60e anniversaire de l’indépendance du Tchad et de la cérémonie d’élévation officielle du président, Idriss Déby Itno, à la dignité de Maréchal du Tchad.

Maurice Ngonn Lokar

Des pluies diluviennes ont frappé dimanche 9 août 2020 N’Djamena, la capitale tchadienne. Elles ont causé d’importants dégâts comme le déversement des eaux des bassins sur les ménages proches, le déracinement des arbres, des cas de noyade et autres. Reportage.

Comme le dit un adage populaire « après la pluie, vient le beau temps ». Mais, le contraire a été constaté dans la soirée du dimanche 9 août dans plusieurs quartiers de N’Djamena. Après plus de quatre heures de pluie torrentielle, les N’Djaménois se sont retrouvés sous un véritable déluge. « C’était plus qu’une pluie torrentielle » s’exclame un chef de famille, l’air furieux. La cour de sa maison s’est retrouvée dans l’eau après seulement 1 heure de pluie. Les grands axes de certains quartiers, surtout périphériques, sont comparables aux étangs ou des bassins de rétentions.

Embouteillages et inondations

Les principales avenues de N’Djamena ont été pour la plupart bloquées par les eaux de pluie mêlées aux déchets ménagers. Des embouteillages immenses sur de longues distances durant de plusieurs heures se sont formés sur les deux ponts de la capitale tchadienne. Sur certains axes, des passagers étaient bloqués dans leurs voitures avec des eaux à hauteur du genou. Un témoin que nous avons interrogé a vu depuis sa fenêtre des motocyclistes emportés par les flots. Les plus chanceux ont abandonné leurs engins sur l’avenue Mathias Ngarteri, dans le 7ème arrondissement. À certains endroits, les eaux ont monté à plus d’un mètre obligeant les habitants à se réfugier dans les concessions voisines plus en hauteur.

À Moursal, sur le boulevard Sao l’un des vieux quartiers de la capitale, un grand arbre a été déraciné, empêchant des usagers de circuler sur la grande voie menant vers l’avenue Goukouni Weddeye. Les conducteurs des grosses cylindrées V8 ont été obligés d’effectuer des contournements vers des avenues bitumées, eux qui ont l’habitude selon les N’Djamenois se prennent pour les maîtres des routes en terre battue impraticables pour les petites voitures. Des cas similaires sont observés dans plusieurs quartiers.

Déversement eaux des bassins

Plusieurs maisons situées à proximité des bassins de rétention construits par la Mairie ont été inondées. Ces espaces aménagés par les autorités municipales pour assouplir les effets en cas de fortes précipitations n’ont pas pu contenir ces eaux. Des ménages ont subi d’énormes dégâts de déversement de ces eaux.

À Amtoukouin, un quartier à la périphérie est de N’Djamena, un canal d’évacuation d’eau a débordé. Selon les témoignages des habitants proches du bassin situé à une centaine de mètres, vers 20 heures, l’eau a commencé à inonder les cours des habitations. La grande voie qui quitte la commune du 7ème arrondissement municipal jusqu’au grand lycée du quartier est impraticable.

Pour rappel, il y a quelques semaines, de fortes pluies accompagnées de grêle ont fait de nombreuses victimes à N’Djamena. Au moins trois morts ont été enregistrés aux quartiers Chagoua et Abena.  Cette saison pluvieuse est particulièrement forte depuis début juillet. Plusieurs initiatives citoyennes ont été créées dans des carrés pour protéger les habitants. Des travaux de curage des caniveaux, d’évacuation des eaux et de colmatage des nids de poules ont été effectués bénévolement.

Maurice Ngonn Lokar

En 24h les habitants du marché champ de fil sont passés du statut des déguerpis illégaux à celui des réinstallés. Ialtchad Presse est allé à leur rencontre pour évoquer avec eux leur infortune. Ce sont des hommes et des femmes qui en ont gros sur le cœur. Reportage.

Jeudi 23 juillet, 9 h 25 mn. Les nuages gorgés de pluie de saison couvrent une partie du ciel de la capitale tchadienne, N’Djamena. Sur le site déguerpi du quartier Amriguébé du côté Marché dit Champ de fil, Abdoulaye Djibrine, un père de famille habitant la zone depuis 1985, inspecte sa maison reconstruite avec des morceaux de tôles. Un jour avant, il était contraint de défaire cette même maison de fortune sur ordre de la Mairie centrale de N’Djamena. Juste à côté, un groupe de jeunes s’efforcent, tant bien que mal, à reconstruire un hangar qu’ils ont détruit la veille, 1 h du matin, à la hâte pour pouvoir emporter le matériel de peur qu’il ne soit rasé par les autorités. Et qu’ils ne les perdent.

Dimanche 19 juillet. Ce jour, le Gouverneur de la ville de N’Djamena, Mahamat Zene El Hadj Yaya, après une descente au marché Champ de fil, a instruit la Mairie centrale de procéder au déguerpissement des habitations du coté Est des lieux pour « occupation anarchique ». « Nous avons été informés au soir du dimanche et ils ont ordonné de quitter les lieux le lundi, sans aucun préalable », dit la victime.

Lundi 20 juillet. Au petit matin, les habitants concernés par la mesure ont plié bagage sans aucune orientation des autorités. « Ils nous ont déguerpi sans nous montrer où nous devons nous réinstaller », se désole Abdoulaye, dépité et un peu amer. Ce sont plus 700 hangars-maisons qui ont été défaits laissant plus de 1 500 personnes sans abri, d’après le délégué des déguerpis, M. Hassaballah Mahamat Elhadj.

Mardi 21 juillet, revirement spectaculaire des autorités. La Mairie de la ville de N’Djamena revient sur sa décision. Le Maire Oumar Boukar Gana « est venu sous la pluie nous informer de nous réinstaller sur le site sans aucun détail », dit Abdoulaye, les yeux écarquillés, gesticulant de deux mains. Bien que la nouvelle soit bonne pour lui et les autres, beaucoup de déguerpis éprouvent des difficultés à se réinstaller, affirme Abdoulaye.  « Nous avons tout arraché (tôles, lambourdes, fer) pour laisser le terrain vide. Aujourd’hui nous peinons à reconstruire nos maisons, car les tôles, usées, sont déchirées en lambeau, les fers, cassés, demandent à être soudés, mais nous n’avons pas d’argent pour tout ça. »

Les difficultés sont encore grandes pour ceux qui ont déjà quitté le site. « Nos amis qui sont déjà partis veulent revenir, mais ils n’ont plus d’argent pour le transport. Le peu qu’ils disposaient ils l’ont dépensé pour faire évacuer leurs effets. » Malgré tout, Abdoulaye et certains de ses compagnons ont pu ou pourront reconstruire leurs maisons de fortune avec des matériels défectueux.

Peur bleue

Bien que les habitants de la zone Est du marché de champ de fil se réjouissent de ce rétropédalage des autorités, ils ont peur. Une peur présente dans les mots prononcés par les victimes. « Ça fait des années que nous habitons ce site sans avoir créé aucun problème que ce soit. Mais aujourd’hui, les autorités nous taxent de fauteurs de l’ordre et ordonnent notre déguerpissement avant de revenir à de meilleurs sentiments. Nous avons bien peur qu’un autre matin, elles reviennent encore nous demander de quitter les lieux », s’inquiète Issa sous le regard approbateur de son ami Abdoulaye qui « exige des garanties pour se réinstaller en paix. »

Abdoulaye Djibrine et ses compagnons appellent les autorités à l’aide pour leur réinstallation. Pour les victimes, la saison des pluies complique les choses et les expose à la merci des intempéries à la veille du redouté mois d’août communément appelé « chari tamané » en arabe local ou le 8e mois. Il est connu pour être le mois le plus pluvieux charriant avec lui les intempéries de tout genre.

Jeudi 23 juillet, le Maire Oumar Boukar Gana convoque dans la matinée le délégué des déguerpis et réinstallés du Marché Champ de fil, M. Hassaballah Mahamat Elhadji. Selon ce délégué, l’ordre du jour de la rencontre était : recensement et aide aux habitants.  

« Une promesse reste une promesse. On verra la suite. », lâche M. Hassaballah suivi de la formule usuelle InchAlla (s’il plaît à Dieu). Enfin, il précise que toute aide de la Mairie ou d’ailleurs est la bienvenue. Une aide pas forcément financière, elle peut être en matériaux de reconstruction ou en nourriture.

Christian Allahadjim

Trois grosses averses depuis le début de la saison des pluies. Et déjà, certains quartiers et rues de la capitale tchadienne, N’Djamena, sont isolés. Cause : les inondations. Ces quartiers sont transformés en lacs, îles et îlots. C’est le cas des quartiers Habbena et Amtoukoui où on y accède rapidement qu’à la pirogue. Reportage.

Dimanche 26 juillet. Il est 17h lorsqu’une grosse pluie s’est abattue sur N’Djamena. Dans certaines rues de la ville, des torrents d’eau déferlaient à grande vitesse. Et s’échouaient au loin dans un bruit impressionnant tel un fleuve démonté.

Le lendemain lundi 27 juillet. Il est 11 heures au quartier Habbena dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Le ciel est dégagé. La météo affiche 30 degrés.

A Habbena, sur la route principale qui borne le marché du côté sud, des tas d’ordures et des flaques d’eau rendent la circulation difficile. Juste devant, à la sortie est, c’est toute la grande voie qui est inondée. Pas de surprise selon les riverains, c’est leur vécu chaque saison pluvieuse. D’après eux, cela fait plus d’une décennie que cette grande voie qui mène aux quartiers Habbena et Atrone. Il est impraticable durant la période des pluies faute de canalisation. « Au lieu d’une route, c’est un bassin de rétention », dit Tom M’batna, un riverain. 

Pour avoir accès au marché ou à la voie bitumée, les habitants enclavés ont deux choix : faire des contournements qui rallongent le parcours ou emprunter une pirogue pour le raccourci. La pirogue s’impose naturellement. Elle est plus sollicitée par les piétons. Trois pirogues sont en service sur ce tronçon de près deux kilomètres.

Haroun Brahim est un des piroguiers. Il est âgé de 14 ans. Avec ses amis, ils naviguent toute la journée sur ces eaux pour desservir les deux quartiers. La traversée se fait moyennant une pièce de 100F CFA. Selon lui, le niveau de l’eau en cette fin du mois de juillet est encore moyen. Mais, il prévient, « le débordement est pour le mois d’août (considéré comme le plus pluvieux au Tchad) ». Durant le huitième mois, il y a même risque d’inondation, renchérit un sexagénaire rencontré sur les lieux. « Pour le moment, certaines devantures sont accessibles, mais en août, ce ne sera plus le cas », dit-il.

Même son de cloche du côté d’Amtoukoui, toujours dans le 7e arrondissement. La grande voie qui serpente le Lycée public du quartier est inaccessible. Le comble, selon les habitants, est que cette route passe devant le siège de la Mairie du 7e arrondissement. Le débordement est parti du bassin de rétention derrière la station Tchad hydrocarbure, peut-on constater. Conséquence, certains ménages et ruelles sont inondés. Comme à Habbena, la population bloquée utilise le même moyen, comme à Abena, la pirogue. Le coût du transport est 50F sur une courte distance et 100 francs pour une longue. « C’est tout un budget », s’est plainte une habitante.

Les habitants de ces quartiers appellent les autorités responsables des infrastructures routières de se saisir de cette question pour désenclaver certains quartiers de la capitale.

Christian Allahdjim

114 milliards FCFA pour les TIC

Le Projet de Modernisation des Infrastructures et des Communications électroniques est lancé officiellement le mardi, 07 juillet dernier. Reportage.

La grande place qui abritera le futur Centre National de données a été prise d'assaut ce mardi 7 juillet par plusieurs membres du gouvernement, par les responsables administratifs et par les partenaires techniques financiers du Tchad. Tous ont été témoins de la pose de la première pierre pour la construction du futur centre, qui sera une référence en matière des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) selon les autorités. Cette pose de première pierre marque également le lancement officiel du Projet de modernisation des infrastructures et des communications électroniques. Cette initiative vise la participation massive de la population au secteur des TIC, pour le développement socio-économique du Tchad.

Selon le ministre des Postes, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, Idriss Saleh Bachar, le Tchad est engagé dans la voie du développement économique et social. Cet engagement nécessite une forte contribution de tous les secteurs de l'économie nationale. En premier, ceux qui œuvrent dans le secteur des TIC). Le coût global de ce projet est estimé à 114 milliards de francs CFA, financé par fonds extérieurs. « C’est, de loin, le plus grand projet entrepris par notre pays dans le domaine des infrastructures des Technologies de l’Information et de la Communication », dit le ministre Idriss Saleh Bachar. Cette initiative s’inscrit dans la logique de diversification des leviers de croissance dont l’ultime but est de bâtir une économie nationale forte et résiliente.

 « Il n’est plus illusoire de dire aujourd’hui que notre pays entre de plain-pied dans l’ère de l’économie numérique avec toutes les performances et raccourcis bénéfiques qu’elle offre pour le développement », dit le ministre de l’Économie et de la Planification du développement, Issa Doubragne.

Ce projet vise à fournir les meilleures infrastructures techniques de base pour la mise en place d’une administration efficace et efficiente en vue de combler le déficit de connectivité selon le ministre d’État, ministre secrétaire général de la présidence, Kalzeubé Payimi Deubet, en lançant officiellement les travaux.

Enfin, le Projet de modernisation des infrastructures de communications électroniques au Tchad comporte 3 composantes. Il vise entre autres à : implémenter 200 antennes-relais GSM sur l’ensemble du territoire national ; déployer un réseau à fibre optique sur près de 2000 km ; construire un grand centre pour la sécurisation des données.  L’aboutissement de ce projet est de mettre les TIC au service du développement du pays.

Maurice Ngonn Lokar

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