samedi 12 juin 2021

Reportage

Reportage (202)

Les fidèles musulmans célèbrent ce jeudi la fête de l’Aid-El-fitr El-Moubarak marquant la fin du mois saint du Ramadan. A N’Djamena, l’ambiance est moins festive que les années précédentes.

C’est un moment de convivialité, de pardon et de réjouissance, la fête marquant la fin du mois saint du Ramadan est le plus souvent célébrée en grande pompe. Habituellement, la fête commence après la grande prière à la mosquée pour finir avec des visites familiales. A N’Djamena, la capitale tchadienne, la fête de l’Aid-El-Fitr-El-Moubarak n’est pas célébrée avec faste ce jeudi 13 mai.

Dans les quartiers Sud tels que Walia, N'gueli, Abena, Chagoua, Moursal, Dembé, pour ne citer que ceux-là, le constat est identique. Ces quartiers ne grouillent pas de fêtards. L’ambiance est morose. Pas de fanani (musique), poussé à fond. La circulation est presque fluide.  Après la prière à la mosquée, les musulmans ont regagné leurs domiciles. 

Dans les quartiers du Centre et du Nord où il y a une forte présence musulmane, la fête se sent. Des enfants, en petits groupes, sillonnent les avenues pour rendre visite. Et recevoir des gâteaux et quelques pièces de monnaie.  Les adultes, sur des motos, paradent de fois à vive allure sur les grandes artères. D’autres en familles s’entassent dans des véhicules particuliers pour des rondes de visites familiales. Les grandes artères de ces quartiers sont presque désertes. L’avenue El-Nimery ou la rue de 40m qui est toujours engorgée est en ce jour désengorgée.

Toutefois, dans les familles, la fête se passe joyeusement. « Cette année, ma famille et moi avions décidé de fêter l’Aid-El-fitr-El-Moubarak chez mes beaux-parents. Donc, je peux vous dire que la fête se passe à merveille », dit Mahamat Saleh, un père de famille rencontré sur l’avenue El Nimery. Selon lui, l’année dernière avec la pandémie du Covid-19, les fidèles musulmans n’ont pas fêté comme il se le doit. « Il n’y avait pas le côté festif. Nous avons fêté à la maison et en famille. Dieu merci, cette année, il y a un peu le côté festif », dit-il. Abdramane renchérit pour sa part que malgré qu’il y ait le côté festif de la fête du Ramadan, elle est toutefois timide. « Comme vous pouvez le constater avec moi, on ne ressent pas vraiment la fête sur les avenues, artères de la capitale. La ville est calme », déclare-t-il. La situation politico-militaire qui règne actuellement en dit long.

La fête est un moment de joie. Cependant, avec la fête de Ramadan, certains ménages sont privés de certains produits de première nécessité. Et l’économie aussi prend un coup. Dans les quartiers, les boutiques sont fermées. Les marchés sont presque vides. Le cas du marché à mil et du grand marché qui généralement sont bondés de monde sont aujourd’hui déserts. Car c’est la fête. Étant donné que les boutiques et magasins sont détenus en grande partie par des commerçants musulmans.

Allarassem Djimrangar
Christian Allahadjim

Le jeûne marquant le Ramadan entamé depuis le 13 avril  s’est achevé hier 12 mai tard dans la nuit. Ce jeudi 13 mai, une prière commune a été dirigée par Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, imam de la grande mosquée de N’Djamena. C’était en présence du président du Conseil Militaire de la Transition (CMT), Mahamat Idriss Deby. Reportage.

Dès 6h du matin, l’ambiance autour de la grande mosquée de la capitale tchadienne grouillait de monde. Les fidèles musulmans s’empressaient pour ne pas rater la grande prière de reconnaissance et de bénédiction après un mois d’humilité devant Allah le Tout puissant. Les dispositifs sécuritaires sont aussi déployés pour assurer la sécurité du président du CMT invité à participer à cette prière. La grande mosquée de N’Djamena se trouve coincé entre le grand marché, le commissariat de police du 3e arrondissement, l’Avenue Maldom Bada et le vieux quartier Mardjandaffack. Avant la cérémonie, dans la salle sacrée certains fidèles, très concentrés, font déjà leur dévotion. Le sultan de la ville de N’Djamena est venu plus tôt que prévu. Sont aussi présents, les dignitaires musulmans , quelques ministres et autres personnalité comme le maire de la ville Ali Haroun.

Autres choses : on voit des jeunes formant une haie qui accueillent et orientent les fidèles, mais aussi les dignitaires qui ont accueilli de façon conviviale le président du CMT habillé en civile. Coronavirus oblige, on ne se serre plus les mains, pas d’accolades non plus, mais la salutation par coude ou « salutation corona » comme disent les N’Djamenois. Lorsque le président du CMT entre dans la salle de prière, tout le monde se lève pour l’honorer.

Aussitôt, la grande prière commence sous la direction de l’imam Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou. À la fin de la prière, l’imam passe un message de paix et de bénédiction dans la vie de tous les fidèles musulmans qui ont observé avec beaucoup de piété le jeûne de 30 jours du mois saint de Ramadan. Il appelle les musulmans, mais tous les Tchadiens à l’unité, à la solidarité et au pardon pour un Tchad prospère. Car selon lui, celui qui garde la haine n’a pas la paix avec lui-même. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, rajouter qu’il n’y a pas de solutions à nos problèmes si nous ne sommes pas unis. « Il faut éviter à tout prix la division », dit-il. Selon lui, Dieu nous demande de nous pardonner, et il faut que les Tchadiens s’acceptent. Nous devons être fidèles pour réparer notre pays, le construire dans le dialogue et la non-violence. Notre différence doit être plutôt notre force et non la faiblesse. Soyons soudés comme les cinq doigts de la main, conseille-t-il à tous.

L’imam de la grande mosquée de N’Djamena exhorte les Tchadiens a une cohabitation pacifique, au vivre ensemble, car ce pays nous appartient tous. D’après lui, le développement du Tchad doit se faire par tous ses filles et fils. Il demande à l’ensemble de la communauté internationale de nous guider vers une bonne voie. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, note qu’il prie afin que Dieu guide les nouvelles autorités a mené a bien la destinée du Tchad dans la paix et la justice.

Ali Haroun, maire de la ville de N’Djamena, interrogé appelle, les Tchadiens au retenu. Selon lui, les musulmans ont profité de ce moment de jeûne de 30 jours pour implorer la grâce de Dieu pour la paix et la stabilité de notre pays.

Moyalbaye Nadjasna

Les retraités de la Fonction publique s’indignent de l’arrêt non justifié du paiement de leurs pensions déclenché le 18 avril 2021. Réuni ce 11 mai à la bourse de travail, ils décident d’exprimer leur mécontentement devant la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) ce 12 mai. Ialtchad s’est intéressé à la question de ces retraités. La CNRT promet poursuivre le paiement enclenché. Reportage.

Un set in prévu pour 6h du matin, c’est plutôt aux environs de 7h, une heure plus tard que les retraités ont pu se retrouver. Selon Alladoum Tedengarti, Président du Comité Adohc, des retraités, de sitôt réunis, la direction générale de la Caisse nationale des retraités du Tchad a dépêché un de ses représentants pour échanger avec eux. Au cours des échanges d’après lui, la CNRT a affirmé que l’arrêt du paiement est dû à une erreur technique que la Banque Commerciale du Chari (BCC). Elle devait alimenter les autres banques a débité le paiement avec les retraités de son institution. La CNRT promet que ce même jour, elle va se battre pour que toutes les banques soient servies. Pour le président des retraités, ils vont vérifier et s’il se trouve qu’il n’y a rien ils repartiront pour des explications. 

 « Le mobile de notre mécontentement est les paiements des pensions, les arriérés, les primes de départ, les primes de transport des années 2016-2019. On a beau revendiquer, ils sont là à tergiverser », dit M. Alladoum Tedengarti. Pour clarifier leur intention, il rappelle qu’ils s’étaient retrouvés le 15 avril passé avec le directeur général de la CNRT. Il les avait rassurés  que leurs pensions soient payées le 18 avril, le billetage simultanément avec le virement. « Le billetage a commencé très timidement vers le 19 avril. Pas pour le virement sans une justification. Or, le ministre de Finances et du Budget est resté il connaît le dossier, et l’Administration est une continuité. Si c’était un autre ministre on aurait compris que les passations de service aurait fait de retard», dit-il. Président du Comité Adohc, des retraités affirment que les pensions des retraités proviennent de leurs  cotisations versées dans une caisse appelée CNPS ou CNRT lorsqu’ils étaient actifs. La CNPS, dit-il, agit bien avec les retraités du privé, mais au niveau de l’État, la caisse est toujours vide. « Qu’est-ce qu’on fait avec les cotisations des fonctionnaires qu’on retire chaque fin du mois. Ou est-ce qu’on les verse ? Et qu’est-ce qu’on en fait? » , s’est-il interrogé. Pour lui, en principe les retraités ne devaient pas avoir de problèmes de pensions.

Ce sont des gens qui survivent toujours malades coucher, d’autres morts, des veuves abandonnées à leur triste sort, fait-il savoir. «Tout simplement parce que les retraités n’arrivent pas à se nourrir ou se soigner. Nous avons nos enfants sur les bras lorsqu’on a investi pour leur formation, ils deviennent des diplômés sans emploi qu’on doit encore s’occuper d’eux de leurs enfants et leur femme», a soutenu M. Alladoum Tedengarti. Selon lui, les fonctionnaires qui sont des potentiels retraités se fichent d’eux. D’après lui, ils ont patienté du 18 avril jusqu’au 12 mai. Cela fait pratiquement un mois déjà. «Un paiement qui traine un mois c’est quelle sorte de paiement? Ça ne se passe nulle part dans le monde. Un paiement c’est un paiement, à l’instant T, tout le monde doit avoir son argent. Il faut trouver un mode de paiement qui puisse satisfaire tout le monde», déplore-t-il tout en demandant que cette façon change.

À noter que dans les provinces, la situation des retraités de la CNRT est pire. Plusieurs coupons ne sont pas payés jusqu’à l’heure actuelle à l’exemple, des retraités de la ville de Sarh, province du Moyen-Chari d’après une source de la localité.

Alladoum Tedengarti, informe que le comité Adohc des retraités a été créé le 02 octobre 2020. Il  regroupe en son sein, les retraités de 2016, 2017, 2019 et 2020, note-t-il. «L’Assemblée générale du 11 mai à la bourse de travail, beaucoup de retraités nous ont plébiscités de defender leurs causes», conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

La marche pacifique de la plateforme dénommée « Vision nouvelle » autorisée par le ministère de la Sécurité publique a lieu ce 12 mai. Pour la première fois, une marche est encadrée par les forces de l’ordre. Ialtchad Presse a fait réagir quelques participants.

Youssouf Nassour Kossi est étudiant. Il a pris part à la marche organisée par la plateforme Vision nouvelle. Pour lui, les choses commencent par changer positivement. « Parce que c’est pour la première fois dans notre histoire qu’une manifestation est autorisée et encadrée par les forces de l’ordre », déclare-t-il. Son souhait est que les autorités continuent dans ce sens en accordant des autorisations pour la tenue des manifestations contre-pouvoir. Il dit soutenir le Conseil militaire de Transition (CMT) pour éviter que le pays ne tombe dans le chaos. « Soutenir le CMT est un choix personnel. De prime à bord, parce qu’il a mis en place un gouvernement de transition composé de la société civile, de l’opposition et de la majorité. Ensuite, parce que le CMT promet de mettre en place très bientôt le Conseil National de Transition (CNT) qui sera le 3e organe de transition. Enfin, parce que les élections prochaines seront libres, transparentes et crédibles ».

Mahamat Thibaut, agent d’encadrement de la marche partage le même sentiment que Youssouf Nassour Kossi. Il explique qu’il ne s’attendait pas à ce que les autorités autorisent cette marche vu le contexte. « Avec le désordre qui est installé dans la capitale tchadienne, il est vraiment difficile d’organiser une marche moins encore qu’on vous l’autorise. Mais Dieu merci, le CMT a compris l’essence du dialogue social et de la paix en nous autorisant de marcher. Nous sommes vraiment très ravis et très émus par rapport à ce geste », avoue-t-il. Pour le soutien qu’il apporte au CMT en participant à cette marche, Mahamat Thibaut donne ses raisons : « Je soutiens le CMT parce qu’il prône le dialogue social et sans le dialogue social, on ne peut pas construire un Tchad nouveau ».

C’est pourquoi nous apportons notre soutien au CMT pour la préservation de la paix et pour la stabilisation du pays. Nous soutenons le Conseil Militaire de Transition pour la paix, rien que pour la paix. Étant un citoyen lambda qui n’a pas une réserve d’alimentation, si nous cautionnant le désordre et si la guerre s’installe, ça serait de la catastrophe. Le dialogue est plus important que la violence, car il permet de construire un pays »

Mahamat Nasser Adoum, agent de sécurité. Il soutient le CMT pour la stabilité, la sécurité et la paix qui règnent à N’Djamena après les attaques rebelles qui ont coûté la vie au président Deby Itno. « Je dis non à la guerre et à la division que prônent certains. Le Tchad a connu des évènements les plus tragiques de son histoire, notamment les évènements de 2 février, 13 avril, pour ne citer que ceux-là », retrace-t-il. D’après lui, il faut éviter de replonger les Tchadiens dans ces années âpres. Et la solution est le CMT. « Je ne pensais pas qu’après la mort du Maréchal Idriss Deby Itno, le Tchad resterait debout. Dès que les militaires ont pris les commandements de choses, N’Djamena, la capitale tchadienne, est stable. L’armée a aussi ratissé les colonnes des terroristes du Tibesti et du Kanem. ».

Propos recueillis par Allarassem Djimrangar

Pendant que la coordination des actions citoyennes « Wakit Tama » cherche une marche contre la junte militaire, un mouvement dénommé « Plateforme nouvelle vision » organise une marche en soutien au Conseil Militaire de transition (CMT). Reportage.  

Créée il y a 20 jours, la plateforme nouvelle vision est composée, selon ses fondateurs, de 42 partis politiques de l’opposition et plus de 150 sociétés civiles et de droits de l’homme, avec à sa tête Mahamat Adoum, président de l’organisation. La plateforme n’a drainé que 150 à 200 personnes ce matin pour une marche de soutien au CMT. Autorisée par un arrêté officiel du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration le 10 mai, la marche en soutient à la junte militaire, dit la marche pour la paix, était encadrée par les forces de l’ordre. Les manifestants exprimaient leurs sentiments. L’on peut lire sur les pancartes et scander par les marcheurs ceci : « on veut la paix, la stabilité. Non à la guerre. Oui à la paix. » Pour eux, le CMT incarne la cohabitation pacifique.

« Je n’empêche personne d’interpréter cette marche comme bon lui semble », déclare le président de la plateforme nouvelle à l’arrivée du cortège au palais de 15 janvier. Pour lui le comité militaire dans sa charte, a reconnu la marche donc il faut suivre les conditions posées par la loi. « Il ne sert à rien de faire de la casse, de se battre l’ère est à l’unification et au dialogue national inclusif », laisse-t-il entendre. Selon M. Mahamat Adoum, la plateforme, est dans sa logique et respecte les lois de la République. « Briguée les élections prochaines sont notre objectif », dit-il. Selon eux, le Tchad vient de perdre son président. L’ère n’est pas à la guerre, mais à la paix. « Nous, sommes une organisation pacifique et nous revendiquons la paix et le CMT a tout notre soutien, car, chaque organisation a le droit de revendiquer ce qui est de mieux, mais nous veut la paix et rien que la paix », nous confie un manifestant.

Il faut signaler que le coordonnateur de la coalition du mouvement citoyen Wakit Tama Me Max Loalngar qualifie cette marche de plaisanterie. Et lâche, « la vraie marche c’est pour le mercredi prochain », dit-il.

Djilel-tong Djimrangué

La marche pacifique initiée par la plateforme Vision nouvelle a eu lieu ce mercredi, encadrée par les forces de l’ordre. Reportage.

C’est la première manifestation pacifique autorisée et encadrée par les forces de l’ordre sous le régime militaire dirigé par le Conseil Militaire de Transition (CMT). Et la vedette de la marche est la plateforme Nouvelle vision, un regroupement de 42 partis politiques et 158 associations et organisations de défense des droits de l’Homme.

Tout a commencé au rond-point Hamama dans le 8e arrondissement de la ville de N’Djamena, point de rassemblement des manifestants. Il était 6h du matin. Des membres du comité d’organisation s’activent à régler des derniers détails. Déjà, les éléments de la Police ont pris position aux différentes intersections du trajet. Pas de présence de la police antiémeute, le GMIP. Non plus des militaires. Rien que la Police nationale et la Police municipale.

Vers 7heures, des manifestants, transportés en bus, arrivent peu à peu. Pas de tee-shirts, pas d’insigne quelconque, sauf une banderole portant le nom de la plateforme et des pancartes avec des inscriptions. Les manifestants reçoivent des dernières consignes de l’équipe de l’encadrement et de la sécurité.  A 7h35mn, le top départ est donné. Le cortège s’ébranle. En tête de la marche, le président de la plateforme, Mahamat Adoum, les membres du comité d’organisation ainsi que les présidents et secrétaires généraux des partis et associations membres de la plateforme. La circulation est automatiquement bloquée. Un véhicule de la Police avec gyrophare ouvre le passage. Tandis que d’autres véhicules de la Police bourrés d’hommes bouclent la queue du cortège. Au milieu, les manifestants sont en grande partie des femmes.

Sur un tronçon d’à peu près cinq kilomètres, plus d’une centaine de personnes ont marché pacifiquement pour la cause de la paix. Des mots tels que « oui à la stabilité », « oui à la paix », « non à la guerre » sont scandés par ces manifestants. 

8h27. Le cortège atteint le point d’arrivée : le palais du 15 janvier. Une cérémonie se tient encore là. Des discours ont été faits. Des motions de recommandation ont été lues. D’après le président de la plateforme Mahamat Adoum, cette marche vise à rechercher la paix. « Nous marchons pour la paix », répète-t-il. Pour lui, le contexte actuel est inquiétant, d’où la nécessité de soutenir le CMT pour conserver la paix.  « Le soutien de la communauté internationale est indispensable pour le CMT le peuple tchadien en ce temps difficile », plaide-t-il.

Tirant le bilan de la marche, le président du comité d’organisation de cette marche, Abdelsalam Hachimboh estime que c’est une réussite. « Le bilan que nous dressons est positif parce que c’est une première dans l’histoire du Tchad avec l’arrivée de la démocratie, organiser une manifestation pacifique sans aucun incident est un pari gagné », se réjouit-il.

Toujours d’après lui, ce succès est la résultante d’une bonne organisation en interne. « La plateforme a tout mis en œuvre pour que cette marche soit un modèle. Et pour cela, nous avons mis un sous-comité qui est chargé de l’encadrement et de la sécurité », dit Abdelsalam Hachimboh. Même si le nombre des manifestants est faible, le président du comité d’organisation trouve que la marche a été organisée sur un temps record.   « Nous sommes un peu talonnés par le temps. Et c’est aussi le mois de Ramadan. Donc tous ces paramètres n’ont pas incité les gens à venir nombreux », a-t-il justifié.

9h10mn, la cérémonie prend fin. Les manifestants reprennent le chemin du retour dans des bus déjà apprêtés. Le président du comité d’organisation promet des prochaines activités qui seront d’une grande envergure.

Il faut signaler la présence de quelques mineurs lors de cette marche. Ce que déplore Abdelsalam Hachimboh qui interpelle les autorités à redoubler de vigilance pour corriger les incohérences constatées pour les prochaines manifestations. 

Christian Allahadjim

Le ramadan est un mois sacré pour les fidèles musulmans. C’est aussi l'un des cinq piliers de l'Islam. Les musulmans tchadiens ont commencé le jeûne empruntant le neuvième mois du calendrier lunaire musulman, le 13 avril. Ce jeûne doit bientôt prendre fin avec  la célébration de l'Aïd el fitr. Pour comprendre le sens de cette fête, Ialtchad Presse a rencontré le Secrétaire général du Conseil supérieur des Affaires Islamiques au Tchad (CSAI), Cheikh Abdadayim Abdoulaye Ousman. Reportage.

Il est pratiquement 10 heures lorsque nous entrons dans la grande cour de la grande Mosquée de N’Djamena, capitale tchadienne. Plusieurs personnes démunies, des femmes veuves, des enfants, des personnes handicapées et des vieillards remplissent la cour. Ils sont venus pour les prières, mais aussi pour bénéficier des actes de bienfaisance en ce mois saint de l’islam.

Reçu par le Cabinet du SG Cheikh Abdadayim Abdoulaye Ousman, très rapidement sommes introduits à son bureau. D’un air affirmé, le SG du Conseil supérieur des Affaires Islamiques au Tchad (CSAI), nous reçoit à son tour avec amabilité. Sans tarder nous échangeons sur le sens de la fête de l'Aïd el fitr. Selon lui, la communauté musulmane a deux fêtes. Le premier est l'Aïd el fitr qui marque la fin du jeûne de ramadan et la seconde c’est la fête de Tabaski appelée l'Aïd el Ad Ha. Ce sont des célébrations musulmanes qui datent du temps du prophète Mohammed, informe-t-il. Cheikh Abdadayim que les fidèles musulmans suivent le chemin de leur prophète. Pour lui, qui dit une fête dit la joie même s’il y a d’évènements qui peuvent signifier aussi douleur. Pour lui, la fin de Ramadan se fait en tenant compte de l’apparition de la lune, elle a lieu 29 ou 30 jours après le début du ramadan. Tout est compris dans le Saint Coran que ce soit lunaire ou solaire. « Pour comprendre, il faut savoir que le calendrier musulman est, contraire  au calendrier grégorien occidental. Comme les cycles de la lune sont plus courts, le Ramadan commence à chaque fois dix à douze jours plus tôt que celui de l'année précédente. Le début, mais également la fin du Ramadan sont déterminés par l'apparution de la lune dans le ciel», explique-t-il.

Pour le SG du CSAI, lorsque le jeûne s'achève, les musulmans croyants célèbrent la fin du ramadan : l'Aïd el-Fitr qui signifie fête de la rupture. Selon lui, l'Aïd el-Fitr n'est pas que l'occasion de faire la fête. C’est l’occasion de rassemblements familiaux et amicaux durant lesquels on se présente des vœux de bonheur et de santé en ce jour de fraternité. Dans le monde entier dit-il, les musulmans fêtent l'Aïd el-Fitr, en préparant un repas riche avant de se livrer à des prières. D’après Cheikh Abdadayim, Il est également du devoir des fidèles de garder une partie de leur nourriture pour les plus pauvres. Les bons actes doivent se poursuivre, a-t-il indiqué pendant ce temps de bénédiction.

« Cheikh Abdadayim, il faut du bon sens des fidèles pendant la fête »

Le SG du CSAI soutient qu’il n’est pas bon pour un musulman de se mettre rapidement en colère pendant le ramadan. « Je vous conseille plutôt d’être ouvert, faire preuve de maîtrise de soi. Soyez tolérants et pardonnez toujours au-delà de tout. C’est vertueux. Quand on est dans un esprit d’adoration, il faut suivre les conditions et les conseils», recommande-t-il. Cheikh Abdadayim  exhorte les fidèles à persévérer dans les prières en commun dans les mosquées mêmes après le Ramadan.  Pour lui, Il faut continuer même dans les Nafales (jeûnes et prières volontaires) pendant et après le ramadan.

«Ce que nous déplorons dès que le ramadan finit, quelques fidèles se jettent dans le péché à travers les actes interdits. Aller dans les bars, livrer des bagarres, repartir vers la vie de débauche, constituerait des obstacles selon, les Oulémas pour les imposteurs de rater la miséricorde d’Allah », dit le SG du SCAI.  C’est la même chose lorsqu’il s’agit aussi du pèlerinage signifie-t-il. D’après Cheikh Abdadayim,   le ramadan est un entraînement qui permet de bien se comporter et continuer sur le bon chemin.

Durant ce mois bénit, les musulmans promeuvent les interdits et doivent traiter durement leur corps. Une manière de purifier leur esprit. Ni boisson ni nourriture, les restrictions s'appliquent également au tabac et aux relations sexuelles. Une fois la nuit tombée, les fidèles ont le droit de se réunir pour « rompre le jeûne ». À noter que le Ramadan est synonyme de recueillement et de méditation.

Moyalbaye Nadjasna

Tantôt maintenue tantôt interdite, la marche pacifique de ce samedi semble avoir été un échec. Sur l’itinéraire prévu et dans les quartiers, les manifestants ont fait place aux forces de l’ordre. Reportage.

N’Djamena, capitale du Tchad. Samedi 8 mai, jour de la deuxième marche pacifique initiée par la Coordination des actions citoyennes (CAC) dénommée Wakit Tama pour protester contre la mise en place du Conseil Militaire de Transition (CMT). 

Walia, dans le 9e arrondissement. Le soleil s’est levé, il y a deux heures déjà. Mais le quartier est bien calme. Pourtant le 27 avril dernier, ce secteur a été le théâtre de violentes manifestations. Ce samedi, il est sous une haute surveillance sécuritaire. Des véhicules bourrés des éléments du Groupement mobile d’intervention de la Police (GMIP) et des militaires sont garés à des endroits stratégiques : établissements scolaires, ronds-points, devanture de l’hôtel 3AS.

Devant le lycée de Walia, plus de 4 véhicules du GMIP font instantanément la ronde afin de disperser toute tentative de rassemblement de personnes sur ce lieu. Il faut rappeler qu’à la marche précédente, ce lycée a été investi par les manifestants, brûlant des pneus bloquant ainsi la circulation sur l’unique route nationale.  Un peu devant, au niveau du Lycée privé AGORA, un homme a  mis le feu sur un tas de saletés. Instant d’après, un véhicule de marque Toyota L200 bourré d’éléments s’arrête : « qui a mis le feu ? » lui demande avec insistance le chauffeur. Le monsieur, l’air perdu répond vaguement que ce n’est pas lui. Les policiers le laissent et continuent leur chemin.

Au niveau de l’hôtel 3AS, au moins 5 véhicules militaires sont garés. Comme il n’y a aucun mouvement dans le secteur, certains éléments prennent une pause dans les véhicules, d’autres sont couchés à même le sol.

Sous le viaduc du pont de Chagoua, la présence de ces hommes en treillis donne l’impression qu’une guerre se prépare. Véhicules militaires, policiers, des armes de gros calibre sont visibles. Malgré ce déploiement impressionnant, les activités tout autour du pont semblent fonctionner normalement.

À l’espace FEST’AFRICA où devait commencer la manifestation, ce sont toujours les forces de sécurité qui ont pris d’assaut les lieux alors qu’il était déjà 9 heures passées. Elles sont sur place au petit matin. «  Les leaders ne sont pas encore arrivés, mais déjà les  policiers sont venus chasser les gens qui étaient là ce matin », dit un vendeur.

À quelques mètres, nous apercevons un véhicule de police s’arrêter devant un jeune tenant dans sa main une chemise cartonnée, téléphone à l’oreille. Un policier s’approche de lui et demande à fouiller la chemise. Une fois le spectacle fini, nous nous sommes approchés du jeune homme : « ils m’ont demandé qui j’appelle. Je lui ai répondu que c’est mon petit pour qu’il vienne me déposer quelque part en ville ».  Heureusement, il n’a pas été arrêté.    

 Même constat à Atrone, Habbena et Gassi dans le 7e arrondissement, réputés bastion de la contestation. Ces quartiers sont pris d’assaut par les forces de l’ordre composées de militaires, des éléments du  GMIP, de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) et des gendarmes. L’avenue Mathias Ngarteri communément appelée l’axe CA7, connu pour être un terrain d’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre, est calme ce samedi. La circulation est fluide. L’axe menant du rond-point 10 octobre jusqu’au quartier Ambatta est l’endroit ciblé par les forces de l’ordre qui font de navettes pour traquer tout récalcitrant. Devant le sous-poste de police situé derrière le centre de santé d’Atrone, plus de 5 véhicules bourrés d’hommes en treillis sont stationnés dans le but de veiller sur le sous-poste, qui le 27 avril dernier est  pris en otage par les manifestants. Des camions-citernes chauffe-eau du GMIP sillonnent également la zone.

Malgré tout ce dispositif mis en place, cela n’a pas empêché de groupes de manifestants de sortir.  Toutefois, leur action a été vite étouffée par les forces de l’ordre qui patrouillent sans cesse ces zones. Aucun cas de brûlure des pneus n’est signalé dans ces quartiers.

Selon le coordinateur de Wakit Tama, Me Max Loalngar, les autorités les ont piégés. « Elles ont dit que la marche allait être autorisée. Donc nous avons indiqué un lieu de rassemblement et un itinéraire. Mais avant que le rassemblement ne soit effectif, les forces de l’ordre ont commencé par tirer sur les gens », s’insurge-t-il. Du coup, la marche pacifique qui devrait être encadrée s’est transformée en  des manifestations sporadiques.

Si la marche de ce jour, comparée à celle du 27 avril, semble ne pas avoir drainé assez de monde, Me Max Loalngar estime que c’est une réussite sur le plan idéologie. « Parce que cela a permis de constater que les autorités de transition sont de mauvaise foi. Elles ont adopté une attitude guerrière en dévoilant leur caractère sectaire  », dit-il.

Bilan : Wakit Tama évoque une quinzaine d’arrestations à N’Djamena dont 9 devant la base de l’opération Barkhane. Une vingtaine d’autres à Moundou et une dizaine à Sarh. 10 blessés dont 3 graves sont également enregistrés à N’Djamena. Un journaliste de la télévision nationale habitant le quartier Atrone, Djimitibeye Yemingaye a été tabassé par les militaires alors qu’il était devant son domicile. Une équipe des journalistes de la Rfi aussi ont été brièvement interpellées à l’espace Fest’Africa. Leur enregistrement a été effacé. Officiellement, les autorités n’ont pas encore fait une communication.

Christian Allahadjim
Togyanouba Santanan
Allarassem Djimrangar

Trois pasteurs de l’Alliance des églises pentecôtistes au Tchad ont été suspendus de toutes activités religieuses sur l’ensemble du territoire national tchadien, par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. La décision de suspension du 5 mai, leur reproche d’avoir pris part  aux manifestations du 27 avril, contraire à leur vocation apolitique. Ialtchad Presse est allé à la rencontre de ces hommes de Dieu. Reportage.

15 heures passées, nous sommes au quartier moursal, 6e arrondissement de N’Djamena. Sous l’ombre d’un Nimier, sont assis en convivialité les trois hommes de Dieu suspendus. Pasteurs, Keleypetté Dono et Bekoutou Marabey Pierre sont de l’Église du Christ Universel, puis Pasteur Targoto Josias, de l’EMENVI. Pasteur Bekoutou  Marabeye, est le plus âgé des trois. Il parle aux noms des deux autres, « cette suspension ne nous fait ni chaud ni froid… ».

Selon pasteur Bekoutou, le ministère de l’Intérieur les a interpellés hier 06 mai pour leur notifier la décision les suspendant à ne pas exercer leurs activités religieuses sur toute l’étendue du territoire national.  « Ils sont dans leur droit, c’est tout à fait normal. Ils font leur travail et ils sont payés pour ça. Mais pour nous, cela n’a aucun impact. Nous ne sommes pas nommés par décret ni arrêté de leur ministère. Nous sommes des serviteurs de Dieu. Nous avons choisi notre voie celle d’écouter et de recevoir de Dieu. Et non à recevoir des ordres des humains mortels comme nous », a-t-il indiqué. Pour lui, c’est une décision qui peut arrêter leur corps charnel et non l’esprit que Dieu a mis en eux. D’après lui, nous sommes des créatures de Dieu et nous convergeons vers lui. Il rajoute qu’eux les serviteurs de Dieu ont une mission, celle de rendre compte à Dieu.

Pasteur Bekoutou  Marabeye confirme qu’ils ont pris part à la manifestation. «Nous sommes les bergers et les bergers doivent se mettre à l’avant-garde des brebis et non à la queue afin de ne pas les laisser divaguer seules dans la nature. La plupart des manifestants qui sont blessés ou morts sont des fidèles des églises. Nous avons fait cette marche d’une manière symbolique et prophétique pour que le monde sache que rien ne va plus dans cette nation», déclare-t-il.  Selon le religieux, ils n’ont pas marché au nom de l’Église, mais plutôt au nom de leur groupement dénommé, «plateforme des serviteurs de Dieu pour la justice et le droit au Tchad». Il affirme qu’ils ont marché en conscience en tant qu’hommes de Dieu pour désapprouver le coup d’État perpétré par le Conseil militaire de la transition (CMT) après le décès du président Idriss Deby. Il dit que leur plateforme trouve anormal ce qui s’est passé et il faut le dénoncer. « Cette décision de suspension de nos activités ne nous fait ni chauds ni froids», dit-il.  Pour le pasteur, les premiers missionnaires qui sont venus en Afrique et au Tchad ont su que les noirs sont des gens avancés quand bien même qu’ils seraient acculturés.  Il renchérit en signifiant que ceux-ci ont empêché que de faire extérioriser les pensées des noirs. «C’est ainsi qu’ils ont étouffé les premiers chrétiens pour dire que si vous faites la politique vous n’irez pas au ciel», indique le pasteur.

«Lorsqu’un chrétien ne fait pas la politique, c’est un corrompu»

Le pasteur poursuit que dans la Bible, il est noté que les militaires, les douaniers, les administrateurs étaient venus voir le prophète Jean-Baptiste, pour recueillir de lui des conseils et il a mis chacun à sa place. « Ce n’est pas aujourd’hui qu’on ne doit pas faire la politique. Lorsqu’un chrétien ne fait pas la politique, c’est un corrompu. Il s’aligne avec ceux qui détruisent le pays. Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui ont détruit le pays par leur mensonge, leur vol», affirme le pasteur de l’Église du Christ Universel. Bekoutou Marabey Pierre signifie qu’il y a des chrétiens constitutionnalistes dans ce pays qui ne peuvent même pas lever un petit doigt pour dénoncer ces choses. «L’heure est venue pour démanteler ces choses. Les chrétiens doivent dire la vérité à la lumière de la Parole de Dieu. Il faut remettre la pendule à l’heure», martèle le serviteur de Dieu. Il rappelle que le président défunt a dit que le fondement de la nation tchadienne est à terre. Pour cela, Pasteur Bekoutou Marabey Pierre déclare qu’il faudra dès à présent chercher à relever ce fondement afin que le pays se tienne debout. «Nous voulons un pays de justice et d’équité ou n’importe quel tchadien puisse trouver son compte. Nous ne cherchons pas notre intérêt, nous ne cherchons pas non plus à nous positionner quelque part, mais nous voulons faire jaillir la vérité qui est la colonne vertébrale de la justice», conclut-il.

Le révérend pasteur Batein Kaligué Batein est le Secrétaire général de l’Entente des Églises évangéliques et missionnaires au Tchad (EEMET). Selon lui, les pasteurs suspendus ne relèvent pas de sa responsabilité. «Toutefois, c’est une situation qui est arrivée et cela nous prend à la gorge en tant que serviteur de Dieu. L’Administration a joué son rôle», signifie-t-il.

Nous avons joint au téléphone le ministre de la Justice Garde des Sceaux, M. Mahamat Ahamat Alabo. Mais d’après lui, «si quelqu’un est lésé, il porte plainte à la justice.»

Moyalbaye Nadjasna

A quelques jours de la fête du ramadan, les ateliers de couture ne se désemplissent pas. Malgré les difficultés, les couturiers communément appelés « tailleurs » travaillent fort pour satisfaire leurs clients. Reportage.

N’Djamena, capitale tchadienne. Il est 10h ce vendredi 7 mai. La température est de 36° Celsius. La fête de Ramadan est dans quelques jours. Et dans la ville, les préparatifs vont bon train.

Sur l’avenue El Niméry et Charles de Gaulle, dans les 2e et le 3e arrondissement de la ville, des commerces de circonstance sont ouverts tout le long des trottoirs menant au grand marché. On y trouve des vendeurs de chaussures, des jouets, des jus, des prêts-à-porter, etc. Et la fête ne se prépare pas seulement sur les marchés, mais également chez les couturiers.   

Dans des ateliers de couture sur les avenues El Niméry et Charles de Gaulle, il y a du monde. Tailleurs et clients se mêlent. Certains tailleurs, assis sur des nattes, s’activent à fixer des boutons. D’autres, par contre, les yeux rivés sur leurs machines travaillent à tue à-tête. Les clients, quant à eux, se disputent de la place.  La fête du Ramadan approche et la pression monte, de tout côté. Le constat est le même dans les différents ateliers de couture visités. Les modèles les plus sollicités sont les djellabas simples et les grands boubous. Le prix de couture n’est pas fixe. Le prix varie d’un modèle et d’une qualité par rapport à autre. Toutefois, le prix pour les djellabas oscille entre 5 000 à 30.000 francs CFA.

Haroun, un client rencontré dans un atelier de couture non loin de la grande mosquée Roi Fayçal. Il ne cache pas sa satisfaction. « Comme vous pouvez le constater, je suis venu retirer mon habit que j’ai confié  le samedi dernier au couturier. Ce qui me plaît chez lui, est qu’il respecte toujours ses rendez-vous. Il n’est pas comme les autres qui vont te rouler dans la farine », se réjouit-il. Par contre, Idriss, un autre client, rencontré dans un autre atelier, est très en colère. « Mon tailleur n’est pas sérieux. Je lui ai remis le tissu avec l’argent depuis la fin du mois d’avril. Mais jusqu’à présent, il n’a rien fait. Trop c’est trop ! Je vais bouger d’ici avec mon habit. Sinon, il me restitue mon argent ainsi que mon tissu », menace-t-il.

Les couturiers rencontrés déplorent le délestage intempestif d’électricité  depuis le début du mois du ramadan. Selon eux, ce délestage leur crée un manque à gagner. Ils  sont obligés de refuser de prendre en grande quantité les tissus des clients de peur de ne pas tous les coudre à temps. Et cela joue sur les affaires. « Depuis le 13 avril dernier, on a jamais passé une journée avec le courant. Les coupures intempestives d’électricité sont monnaie courante. Cela fait que nous n’avons pas de clients comme dans les années précédentes. Parce qu’on se réserve de prendre les tissus de gens en grande quantité », se plaint Abakar, couturier au grand marché. Alhadji Ousman, renchéris en affirmant que le problème de l’électricité est un véritable problème. Mais depuis quelques jours, dit-il, tout semble s’améliorer. « Quand il y a délestage, nous utilisons les groupes électrogènes, cependant cela ne nous arrange pas tellement. Mais Dieu merci, depuis trois jours, il n’y a pas de coupure d’électricité dans mon secteur ».

Allarassem Djimrangar

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

Vos Annonces sur votre site Ialtchad Presse