dimanche 26 juin 2022
Reportage

Reportage (884)

Pendant les grandes vacances, certains élèves se lancent dans l’exercice des petites activités génératrices de revenus. Beaucoup d’entre eux deviennent des marchands ambulants des produits alimentaires, des jouets pour enfants des habits, etc. Cette activité les conduit à parcourir la ville pour proposer leurs produits aux éventuels preneurs. Reportage.

Ils sont visibles partout en ville avec sur la tête, au dos, dans les bras ou sur les épaules leurs marchandises. Ces élèves en vacances parcourent des kilomètres par jour à la recherche de la clientèle dans les bars, les alimentations pour proposer leurs produits. Parmi eux, Payang Wilson, Lacdjoulki Habib et Mendakom Léontine sont des élèves en classe de 4e et CM2. Ils vendent des œufs, des bonbons, etc. Les garçons âgés de 14 à 15 ans quittent Walia et parcourent les rues de la capitale, N’Djamena avec à leur tête leurs produits. Ces élèves débrouillards espèrent pouvoir épauler leurs parents pour l’achat des fournitures scolaires de la rentrée.

Pour Payang Wilson et Lacdjoulki Habib, ce n’est pas mauvais de donner un coup de pouce aux parents à la rentrée prochaine. « Comme tous les jeunes de notre âge, nous avons besoin de certains habits et sous-vêtements. À un niveau de la vie, les parents ne peuvent pas tout assurer. Alors avec leur consentement, nous menons ces activités pour répondre d’abord à certains de nos besoins personnels avant d’acheter certaines fournitures scolaires pour épauler les parents », disent-ils. Ces deux garçons traversent la frontière pour aller à Kousseri, ville camerounaise, afin d’acheter les œufs et les bonbons. Ils déclarent qu’ils font 500 à 750 FCFA de bénéfice par plateau d’œufs et paquet de bonbons. Ces adolescents mènent leurs activités du lundi à samedi et rentrent à la maison dans l’après-midi après avoir tout vendu leurs produits.

Comme Payang Wilson et Lacdjoulki Habib, Mendakom Léontine 15 ans et élève en classe de CM2. Elle se lance dans la vente des pic-terre (Ndjabara en arabe locale). Léontine est une habituée à cette activité de marchand ambulant puisqu’elle le fait toutes les vacances. De la vente des pic-terre, elle passera à la vente des arachides à la période suivante. « À mon âge, je ne peux pas demander à mes parents de m’acheter certaines choses alors le mieux est de me débrouiller pour me les acheter. Ensuite, je vais préparer ma rentrée scolaire en achetant des fournitures scolaires et la tenue scolaire. Je sillonne la ville jusqu’au quartier Kabalaye avant de rentrer à Chagoua », dit-elle. Certaines tâches ménagères attendent encore Léontine à la maison. Mais cela ne l’empêche pas de faire les provisions de pic-terre pour le jour suivant.

Kouladoum Mireille Modestine

Le Fonds des Nations Unies pour la pour Population UNFPA en collaboration avec le ministre de la femme, de la famille et de la protection de la petite enfance organise  un atelier de renforcement des capacités des intervenants dans la prise en charge intégrée et holistique des survivants des violences basés sur le genre. L’atelier est ouvert ce mercredi 22 juin 2022 à l’hôtel amitié de Ndjamena.

Plus de 70 participants composés des avocats, les sages-femmes, les policiers, et les assistantes sociales sont à la recherche du savoir. Ces acteurs sont directement impliqués dans le fonctionnement des centres intégrés de service multisectoriels pour la prise en charge des survivants des violences basées sur le genre. Ces centres de prises en charge des survivantes des VBG sont basés aux centres hospitaliers universitaires de la mère et de l’enfant et celui du bon samaritain de Walia et à l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine. Dans son discours de circonstance, Le représentant de l’UNFPA au Tchad Sennen  Hountour indique  que son institution œuvre en collaboration avec le gouvernement de la République du Tchad et les partenaires de la société civile pour l’élimination de toutes les formes des violences à l’égard des femmes. « La violence basée sur le genre est l’un des plus grands défis de protection auxquels les individus, les familles et les communautés sont souvent confrontés. Les femmes et les filles ont beaucoup plus de risque que les hommes à subir les violences sexuelles et domestiques. Nous avons opté en accord avec les partenaires techniques et financiers du système des Nations Unies, pour une mise en place des centres intégrés des services multisectoriels pour la prise en charge des survivants de VGB », a-t-il souligné.  Le représentant de l’UNFPA ajoute que le présent atelier donne la carte blanche aux acteurs impliqués à s’occuper des cas des survivants  de VGB en vue d’améliorer la qualité de la prise en charge multisectorielle et intégrée.

La ministre de la femme de la famille et de la petite enfance Anima Priscille Longoh dans sont mot d’ouverture, se réjouit de l’initiative de l’UNFPA et des autres partenaires quant à la mise en place des Centre Intégrés de Services Multisectoriels.  Elle relève aussi que son ministère continu à ménager aucun effort pour la lutte contre le VGB et la prise en charge des victimes. « Je  formule mes vœux de connaissances complémentaires acquises, à l’ occasion de cet atelier de formation qui permettra d’améliorer les prestations futures en faveur des survivantes des VGB. Vous serez outiller à mieux panser les plaies de ce fléau contraire aux droits humains et à la dignité que sont les VGB » je compte alors sur l’assiduité de chaque participant, gage du succès de cette formation. A-t-elle conclut.

Haoua Adoum

Après une semaine d’enrôlement biométrique devant permettre aux retraités, veuves et ayants droit de percevoir les arriérés de leurs pensions et de leurs coupons. Les retraités dénoncent déjà la lenteur du processus et boudent la procédure de paie. Ils réclament le paiement sans condition de leurs arriérés. Mais l’administration calme le jeu et promet de payer les arriérés après la fin de l’enrôlement biométrique. Reportage.

Les retraités, veuves et ayants droit ne sont pas contents du processus d’enrôlement entamé il y’a une semaine. Ils contestent la lenteur et le changement dans le paiement des arriérés. Ils réclament le paiement sans condition de leurs arriérés.

Pour le secrétaire général (SG) à la revendication et suivi des dossiers du syndicat national des retraités du Tchad, Kaywé Saigalé, les retraités ne sont pas contre l’enrôlement biométrique, mais seulement les responsables de la Caisse nationale de retraités du Tchad (CNRT) leur ont dit qu’ils vont leur payer les arriérés plus les coupons. Selon lui, quand ils ont commencé à payer, ils n’ont pas respecté leur engagement. Déçus du non-respect des engagements, les retraités, veuves et ayants droit ont manifesté devant la CNRT pour exiger le paiement de leurs arriérés. « Sans paiement des arriérés, nous refusons l’enregistrement biométrique. S’ils décident de payer les arriérés, nous irons nous faire enregistrer », dit-il.

Mme Monique Deounodji, veuve d’un colonel, ajoute que les retraités sont là parce qu’on a promis de leur payer les arriérés plus un coupon. Mais quand ils sont arrivés, ils leur ont dit qu’il faut un recensement biométrique. Elle précise que les veuves ne sont pas contre le recensement biométrique parce qu’il y a beaucoup de faux à la CNRT. Mme Monique qui s’exprimait avec colère dénonce le fait qu’après le recensement, au lieu de leur payer, on leur remet des bouts de papiers numérotés pour dire qu’il n’y a pas d’argent pour les arriérés et qu’ils doivent revenir prochainement. Elle s’inquiète qu’après la signature, si un autre jour, ils disent qu’ils leur ont payé, et ils auraient tort. Elle dit être choquée par ce comportement des autorités de la CNRT. « La retraite est pour tout le monde, quand tu es fonctionnaire de l’État, tu iras tôt ou tard à la retraite. Qu’ils sachent que demain, ils seront à leur place », dit-elle.

Pour le président du conseil d’administration (PCA) de la CNRT, Mahamat Saleh Yaya, en ce qui concerne le processus de paiement des pensions couplé avec les arriérés, il ne pense pas qu’on les enrôle et ensuite qu’on ne leur paye pas leurs arriérés. Selon lui, ce n’est pas vrai, il peut y avoir peut-être de problèmes techniques une personne ou une autre qu’on n’a pu dans le processus faire valider ses arriérés et on lui demande de revenir le lendemain pour voir c’est quoi le problème technique qui empêche que son payement soit traité dans le système. Il souligne qu’en général, le problème de vol organisé est des opinions et les gens sont libres de s’exprimer et de dire ce qu’ils ressentent. Le PCA précise qu’une institution de l’État ne peut pas officiellement lancer une opération qui est un engagement qui a été pris par le gouvernement par le pacte social, de payer une partie des arriérés et que ce processus démarre et qu’on ne donne pas cet argent. Mahamat Saleh Yaya soutient que tout le monde sait que le gouvernement a donné 13 milliards de F CFA pour payer une partie des arriérés. Il explique que le processus est lancé et il peut y avoir de manquement, de problèmes techniques qu’il faut ajuster au fur et à mesure. Selon lui, c’est un processus nouveau, on ne peut pas être à la perfection en commençant. Il remarque que le problème technique est réglé et qu’à partir de demain, plusieurs guichets seront ouverts pour que tout le monde soit servi rapidement. Le PCA est clair, la CNRT n’a aucun intérêt à faire traîner les gens, ce sont des Tchadiens ces retraités. Il affirme que ceux qui travaillent aujourd’hui seront les retraités de demain et les conditions qu’ils mettent en place aujourd’hui, c’est pour en profiter demain quand ils seront à la retraite. Mahamat Saleh Yaya rassure qu’après enrôlement, les arriérés seront payés ou sont en train d’être payés et seront payés.

Le PCA affirme qu’il y a la bonne volonté des plus hautes autorités jusqu’à la caisse de pouvoir payer les retraités, leurs pensions et une partie de leurs arriérés. Il précise que c’est ce qui a été convenu dans le pacte social et ce qui sera fait effectivement sur le terrain.

Lors de la manifestation de ce mercredi matin devant la CNRT, la police a arrêté deux veuves et un retraité. Au moment où nous rédigeons cet article, ils sont toujours gardés au commissariat du 7e arrondissement.

Jules Doukoundjé
Mariam Mahamat

L’organisation de l’examen unique de certification et l’intégration des lauréats des écoles privés au Tchad à la Fonction publique préoccupent la Coordination nationale des écoles privées (CNEP). Ce mercredi 22 juin, son coordonnateur Souleymane Babikir Barka avec son staff a échangé avec le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale Dr Abdel-Madjid Abderahim. Reportage.

Selon le ministre, les ressources humaines font partie des six piliers du système de santé. Elles constituent la colonne vertébrale du secteur de santé et la qualité de la formation est une obligation. A son avis, la mauvaise qualité de formation des cadres peut être plus dangereuse que les maladies. Concernant la certification, le ministre a précisé qu’elle doit se tenir à la date fixée pour faciliter l’insertion des lauréats du privé.

Le secrétaire général du ministère de la Santé publique Dr Ismael Barh Bachar complète son ministre en justifiant que la perturbation de la certification est causée par la Covid-19 et l’insuffisance des ressources qui doivent accompagner l’exécution du chronogramme. Il demande une synergie d'action pour l'atteinte des objectifs. Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale a proposé la redynamisation du comité, mais aussi des conditions meilleures pour l'organisation régulière de l’examen unique de certification. Dr Abdel-Madrid Abderahim exige la transparence et l'inclusivité. S’agissant de l’intégration des lauréats, il précise que son département va faire de son mieux pour que les jeunes formés puissent servir les populations.

Le ministre suggère la mise en place d’un cadre d’échange et de concertation. Cela, dit-il, va améliorer le rendement des écoles de santé privées et d’asseoir des bases solides pour plus de complémentarité. Il estime qu'un suivi régulier va est gage de crédibilité et d'efficacité. La coordination nationale des écoles privées a été créée en 2011. Elle œuvre pour une formation de qualité des agents de santé dans le privé conclut le coordonnateur.

Moyalbaye Nadjasna

À l’occasion de la fête de la musique un concert géant a été organisé ce jour 21 juin 2022 à Institut français du Tchad (IFT) par l’artiste Ray’s Kim et ses invités dans le quartier Ardedjounal dans le 3e arrondissement de la ville de N’Djamena.      

Dès son entrée, le hangar de podiums placé à droit, la cour est embellie par des géants photos collantes de l’artiste Ray’s Kim et des embellissements artistiques sur lesquelles vous pouvez voir des images de quelques artistes locaux et internationaux à l’exemple Talino manu, Bob Marley.

16h. La mise en place est terminée. Les fans viennent peu à peu et de tous les arrondissements de la capitale. La cour est à peine à claquer. L’animation libre est assurée jusqu’à 20h par deux animateurs. Ils font leur boucan et commentaires sous les applaudissements des mélomanes.

Il est  20h 30 min la toute première artiste entre dans la piste en arrachant les applaudissements du public pour mettre le show devant le public et exprimer mon talent et le partager avec mes frères. « C’est une grande joie pour moi. Je donnerai de meilleur de moi pour que la musique tchadienne ait le plus de visibilité ».

Pour Lingui la musique est plus spirituelle et ça permet d’adoucir les mœurs et de dégager les soucis. Il ajoute qu’il faut que les mélomanes supportent  les musiciens tchadiens, car il y a des talents et des légendes dans ce pays pour donner de l’énergie positive. Après cet artiste les animateurs reprennent la parole en demandant au public d’allumer la torche de leur téléphone pour rendre hommage aux artistes tchadiens qui ne sont plus de ce monde.

Ensuite vient Geneviève, très émue et contente pour ce public magnifique et adorable qui a répondu présent, elle a aimé ce public et dit même vouloir chanter jusqu’à demain, « je suis prête à le faire. Ma chanson parle de de la violence faite aux femmes et les critiques sur les hommes, c’est un problème de communication dès le départ il faut de la compréhension pour faire un bon choix dès le début.

Le quatrième artiste est M2A Téguil, il affirme « c’est la fête, tout le monde est présent c’est vraiment impeccable je suis très touché je pense que ces très important, nous allons faire de mon mieux pour satisfaire c’est une fierté ».  Juste après lui les animateurs annoncent l’arrivée de l’artiste du jour à la Ray’s Kim. Il fait son apparition accompagnée des artistes qui montent sur la piste en chantant de l’histoire du Tchad et des évènements qu’a connu le Tchad de 1960 jusqu’à 2022.

Ousmane Bello Daoudou                

Lancé officiellement depuis le 20 juin sur l’ensemble du territoire national, 97915 candidats tchadiens et étrangers repartis dans différents centres des examens du pays composent le baccalauréat du second degré.  Ces dernières années, des Camerounais viennent composer cet examen. Beaucoup d’entre eux éprouvent souvent des difficultés. L’équipe de Ialtchad Presse est allée dans quelques centres d’ examens de la capitale pour recueillir leur avis. Reportage.

Chaque année une centaine des candidats camerounais viennent composer le baccalauréat du second degré au Tchad.  Leur nombre ne cesse de croître. Plusieurs raisons expliquent ce nombre élevé des candidats et les difficultés sont aussi nombreuses.

Pour Achta Oummou Lakoum, candidate camerounaise (série G2) au centre du Lycée Félix Éboué I, le baccalauréat du Tchad est abordable, « c’est ce qui m’a beaucoup plus motivé à venir composer ». Elle affirme que la première épreuve s’est déroulée dans des conditions acceptables. Par rapport aux difficultés, Achta souligne le transport, « à N’Djamena le prix de transport est trop élevé et le minibus met du temps pour nous faire venir au centre d’examen », dit-elle. Yasmine Awalou est aussi candidate, mais en série G3, le baccalauréat tchadien est mondialement reconnu et donne accès aux universités, instituts et écoles professionnelles partout dans le monde. Toutefois, elle relève des difficultés, «Contrairement au Cameroun, ici le transport, le manger, la connexion internet sont chers ».

Au sujet de la première épreuve, elle déclare « ça été abordable malgré que nous avons des programmes qui ne sont pas identiques ». À quelques mètres d’elles, c’est Boné Isabelle, candidate en série C. Pour elle, le bac du Tchad est abordable plus que celui du Cameroun. Elle souligne des difficultés au niveau de transport et du programme « j’ai constaté que le moyen de transport ici est extrêmement cher, surtout les mototaxis ». Elle ajoute également que « pour trouver à manger même c’est un problème, j’ai fini tout l’argent que mes parents m’ont donné ». Pour la première épreuve, elle affirme que « ça été abordable, mais il y a une différence au niveau de programme et formulation des sujets» dit-elle. Une autre candidate Benyamine Bouba affirme que le Bac au Tchad est facile à obtenir. Pour lui, la première épreuve est aussi abordable. Comme ses compatriotes, il confie que les difficultés sont le transport et la connexion internet qui leur pose problème. « Les moyens de déplacement sont chers ici, on préfère prendre le minibus que la mototaxi qu’on a l’habitude de prendre là-bas » affirme-t-il. Toutefois, le candidat Bouba estime également que « la durée de composition entre les épreuves est très longue, alors que nous composons seulement deux épreuves par jour, mais nous passons pratiquement toute la journée de 7h à 16h à composer, c’est vraiment énorme » lance-t-il.

Soulignons que le Baccalauréat session de juin 2022  lancé ce 20 juin prendra fin samedi 25 juin prochain. Selon le communiqué officiel de l’Office National des Examens et Concours du Supérieur (ONECS) les résultats de la première session écrite seront proclamés le mois de juillet prochain.

Abderamane Moussa Amadaye

Depuis l’ouverture du pré dialogue à Doha au Qatar entre le gouvernement tchadien et les politico-militaires en mars dernier, les deux parties ne cessent de s’accuser mutuellement. Les politico-militaires dénoncent les manigances du gouvernement de la transition qui cherche coute que coute à faire capoter le pré dialogue. Mais le gouvernement nie et rejette la responsabilité sur les politico-militaires en qualifiant de mauvaise foi. Ce climat délétère inquiète les tchadiens. Un analyste décortique ici le jeu entre le gouvernement de la transition et les politico-militaires. Reportage  

Les accusations entre le gouvernement de la transition et les politico-militaires sur un éventuel échec du pré-dialogue qui a député depuis le 13 mars dernier à Doha au Qatar, inquiète les tchadiens. Dans un communiqué rendu public, les politico-militaires accusent les autorités de la transition de vouloir planifier l’échec de cette rencontre si importante pour le dialogue national inclusif (DNI). Mais les autorités de la transition balaient à revers de main ces allégations en qualifiant de mauvaise foi les propos des politico-militaires. Ce jeu de passe inquiète bon nombre de nos concitoyens.

Pour l’enseignant chercheur et analyste politique, l’ancien ministre de la justice, garde des sceau, Pr Ahmat Mahamat Hassan, c’est malheureux ce qui se passe à Doha. Selon lui, dès le début le gouvernement de transition était convenu d’organiser un dialogue inclusif et souverain pour que tous les tchadiens, que ce soit ceux qui ont opté pour la voie des armes pour la recherche et l’exercice du pouvoir et autres entités du pays se retrouvent dans une sorte de conférence nationale pour redéfinir les conditions de vivre ensemble. Il souligne qu’il est prévu que la rencontre avec ceux qui ont pris les armes soit prioritaire et primordiale à la tenue du dialogue national inclusif. Le Pr Ahmat Mahamat Hassan ajoute que c’est dans cette optique qu’on a confié l’organisation à un médiateur qui est le Qatar. L’ancien ministre de justice sous le défunt président Idriss Deby Itno précise que cette rencontre de Doha a un seul objectif qui est celui de discuter et de s’accorder sur les conditions sécuritaires et de garantir la participation des politico-militaires au DNI et non de débattre de questions de fond. « Les débats de fond doivent être menés au DNI », insiste-t-il. Le chercheur soutient que les politico-militaires ont fait de propositions au gouvernement et celui-ci a fait de contrepropositions et a remis les deux au médiateur qui devrait être la garantie des éventuels accords qui seront conclus. Mais, dit-il, les politico-militaires ont posé de questions de fond telles que la charte de la transition, la liberté et autres questions qui devraient être en principe de la compétence du DNI. Ahmat Mahamat Hassan argue que le débat actuel est entre un gouvernement de transition qui a une sorte de volonté de conservation du pouvoir par la violence et de l’autre côté, les politico-militaires qui sont des candidats par la violence à la conquête du pouvoir pendant ce moment de flottement. Et cette neutralisation aboutit à ce communiqué et contre communiqué dans les médias. « Ils s’accusent mutuellement et tout cela n’augure pas de bonne choses pour un bon avenir du DNI », ajoute l’ancien ministre de justice. Le Pr Hassan rejoint la conférence épiscopale des évêques du Tchad du mois dernier qui dit que les conditions sincères ne sont pas réunies. Selon lui, on se retrouve malheureusement dans cette situation de blocage et ça n’augure pas un bon climat pour le pays. L’analyste politique affirme que le peuple tchadien est voué au sacrifice comme cela l’a été toujours et c’est dangereux, parce que le dialogue n’aura pas de sens.   Cela risquerait d’être une sorte de négociation partisane, au ralliement et de partage de gâteaux. Il craint qu’on occulte les vraies questions de vivre ensemble, de liberté, de démocratie, de l’égalité citoyenne et de la justice sociale. Le Pr soutient que ce tâtonnement donne raison à ceux qui optent pour la partition du pays, parce que personne ne veut être esclave des autres.

Ahmat Mahamat Hassan affirme que c’est la France qui tire les ficelles pour la recherche de ses intérêts et que le maintien du Tchad dans son giron par rapport à son manque de crédibilité et sa perte d’influence en Afrique de l’Ouest. Pour le politologue, cela pose un sérieux problème et le pays vit par le devenir de la géopolitique internationale entre la Russie et la France, quand à la conquête de l’Afrique et ses ressources.

Jules Doukoundjé

Les ex-travailleurs de Tchad Cameroun Contractor TCC ont décidé de camper ce 21 juin à la direction générale d’Esso. C’est pour faire suite à la déclaration de l’inspecteur général de la justice qui demande aux ex-travailleurs d’exiger le paiement de leurs droits sociaux à Esso et non au ministère. Ils ont passé des heures et il a fallu l’intervention du directeur général de la police pour que ces derniers acceptent de quitter les lieux. Reportage

Ils  sont nombreux à  camper devant la Direction générale d’Esso et exigent qu’un programme de  paie ou un chèque sorte de cette institution avant qu’ils ne quittent les lieux. Parmi eux, des personnes de troisième âge et des malades couchés à même le sol. La tension est très vive. Quatre heures plus tard, les leaders Ali Hassan Zakaria et Djédouboum Apollinaire ont quitté pour une audience qui leur sera accordée à la présidence. À la sortie de cette audience, l’ordre est donné par les plus hautes autorités au pouvoir judiciaire d’exécuter l’ordre. Séance tenante, le greffier en chef du tribunal de Moundou qui est chargé du dossier a reçu l’ordonnance lui permettant de prendre connaissance de la grosse. Reste à se mettre en collaboration avec Esso afin de procéder au paiement des ex-travailleurs. Une nouvelle accueillie par de larges sourires aux visages par les ex-travailleurs qui ont bravé les intempéries.

Bien avant, le commissaire central arrive à la direction générale d’ESSO et tente de calmer la tension. Il a pris avec lui les représentants des ex-travailleurs de TCC pour aller voir la directrice générale d’Esso. Après presque 45 min de discussion, les représentants font leur sortie et tout le monde accoure pour écouter la nouvelle. À la surprise de tous, le commissaire central a plutôt proposé aux ex-travailleurs de retourner à la Bourse de Travail. Les voix se sont levées  pour dire non à cette proposition.

Ali Brahim rejette en bloc cette proposition et affirme que c’est son cadavre qui va bouger de la direction générale d’Esso. Pour lui, le verdict est tombé depuis plus de dix ans mais Esso refuse d’exécuter l’ordre de justice. Les autres ex-travailleurs ont quitté Doba, Moundou, Miandoum, Bébedjia pour venir à N’Djamena et c’est très difficile pour ces personnes, a-t-il souligné. « Nous ne voulons rien que notre argent », a-t-il dit. Une autre Zenaba Abakar très remontée ajoute que s’il s’agit de mourir, ils vont mourir. « Je refuse de subir l’injustice pendant tout ce temps. Cela fait 18 ans que nous sommes au chômage. Si je meurs aujourd’hui, mes enfants vont prendre l’argent. Je demande aux ex-travailleurs de ne pas avoir peur, on va dormir ici aujourd’hui s’il le faut ».

Au final, c’est le directeur général de la police nationale qui est venu sur les lieux pour calmer la colère des ex-travailleurs. Il leur a fait entendre raison en donnant un délai de 3 jours pour lui permettre d’utiliser ses relations afin de trouver d’une solution définitive à ce problème. Il a promis prendre la lutte en main et promet de venir voir le ministre de la justice pour discuter avec lui sur l’annulation des ordonnances et remettre les copies à Esso. C’est alors que les ex-travailleurs ont pris la route pour Bourse du Travail.

Kouladoum Mireille Modestine

Le Tchad célèbre ce lundi 20 juin, la journée mondiale des réfugiés sous le thème « le droit de demander l’asile ». Célébrée chaque année, cette journée permet de mettre en lumière la persévérance et le courage des personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays d’origine pour échapper au conflit. Depuis quelques années, le Tchad accueille plus 500 000 réfugiés, devenant ainsi le premier pays d’Afrique centrale à ouvrir ses portes à ceux-ci. Reportage.

La journée mondiale du réfugié a été célébrée pour la première fois le 20 juin 2001 pour commémorer le 50e anniversaire de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Elle est initialement connue sous le nom journée africaine des réfugiés, avant que l’assemblée générale de nations unies ne la déclare officiellement journée internationale qu’en 2000. Le thème de cette année est « le droit de demander l’asile ». Cette journée permet de mettre en lumière la persévérance et le courage des personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays d’origine pour échapper au conflit ou à la persécution. Elle est l’occasion de favoriser une meilleure compréhension et une empathie sur le sort des réfugiés et de faire connaître leur résilience.

Pour le président du comité central des réfugiés au Tchad, Monguila José, chaque jour, plusieurs personnes fuient leur pays ou leur lieu d’habitation d’origine à cause de violence. Selon lui, pour le cas du Tchad, plusieurs demandeurs d’asile viennent frapper les portes de la commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNARR) pour déposer leurs dossiers. Au sujet de la demande d’asile, il souligne que c’est seulement à N’Djamena que les dossiers tardent d’être traités. Le président du comité des réfugiés se plaint en disant que les demandeurs d’asile ayant déposé leur dossier subissent la lenteur de traitement de leurs dossiers qui va de 2 à 3 ans, alors que le délai normal est 90 jours. Le comité central des réfugiés demande au gouvernement tchadien représenté par le CNARR, au Haut-Commissariat des Réfugiés (HCR) et aux partenaires de les aider à faire aboutir les dossiers. Monguila José demande aussi aux bailleurs d’augmenter le budget de l’opération humanitaire en faveur des réfugiés au Tchad.

Mahamat Abdramane, administrateur principal du CNARR, rappelle que le Tchad accueille depuis 2003 sur son sol, des milliers de réfugiés et des déplacés, avec l’appui du HCR. Il exhorte les partenaires à poursuivre les efforts consentis pour venir en aide à ces personnes en déplacement forcé, en leur apportant assistance et protection afin d’améliorer leur condition de vie. L’administrateur principal du CNARR évoque aussi le rôle joué par le gouvernement tchadien dans la protection et la sécurisation des camps des réfugiés et des humanitaires.

Dans la même veine, le représentant résident du HCR au Tchad, Papa Kysma Sylla, rendant hommage aux réfugiés, magnifie l’excellence relation entre le HCR et le gouvernement tchadien. Il plaide pour qu’on accueille les réfugiés dans la dignité et sans discrimination. « Le Tchad est un exemple à suivre en Afrique et au-delà pour la protection internationale des réfugiés et de demandeurs d’asile », dit-il. Selon lui, cette hospitalité légendaire du Tchad qui demeure une terre de refuge pour les personnes qui fuient les persécutions est cristallisée par les nombreuses initiatives qui sont prises pour permettre une parfaite cohabitation pacifique entre les réfugiés et les communautés hôte. Papa Kysma Sylla promet aux réfugiés que l’institution qu’il représente se tiendra toujours à leur côté pour la quête d’un environnement de protection, favorable et de solutions durables. Il demande aux réfugiés d’être vigilants à propos des vendeurs d’illusions pour lutter contre le trafic humain qui est une réalité dans l’Est du pays. Selon lui, c’est une manière de diluer la dignité d’accueil des réfugiés et cela n’a rien à voir avec les administrateurs, ni le HCR et ses partenaires. Il dénonce ce phénomène et demande la mobilisation de tout le monde. Il les met en garde contre les passeurs et les trafiquants qui viendraient les voir pour leur proposer de sommes d’argent pour les amener en Occident. Il conseille aux réfugiés d’être les acteurs de la paix et de la cohabitation pacifique.

Lors de la cérémonie, les réfugiés ont organisé les sketches sur le circuit à suivre pour avoir ses papiers au Tchad. Un film sur les activités réalisées par les réfugiés au Tchad, a été projeté.

Jules Doukoundjé

Baccalauréat session de juin 2022, la première série des épreuves écrites est lancée ce lundi 20 juin sur le territoire national. Ialtchad Presse est allé au Lycée évangélique au quartier Moursal dans la commune du 6e arrondissement pour constater le déroulement des épreuves. Reportage.

C’est la série G1 francophone, centre de N’Djamena qui compose au lycée évangélique de Moursal. Au total ce sont 617 candidats qui passent les épreuves. 1h après le lancement des épreuves écrites, quelques candidats sortent souriants des salles d’examen. Ils affirment avoir bien travaillé pour la première épreuve. « Je trouve que les sujets sont abordables. Pour le reste des jours, aucune idée.   J’ai trouvé le sujet de dissertation très abordable. Je ne sais pas si c’est  le cas pour les autres candidats », dit Fatimé Abdoulaye candidate, série G1. Un autre candidat Mahamat Haroun Idriss est soulagé. Il est entré dans la salle de composition avec l’idée de réussir son baccalauréat. Il soutient que son optimisme a fait qu’il a bien traité la première épreuve. Il compte tenir le cap pour les jours suivants.

Orbira Yaignar est la présidente du centre du lycée évangélique affirme que le baccalauréat session de juin 2022 est effectif parce que les acteurs impliqués ont mis très tôt en salle les candidats après les fouilles. Sinon, c’est le cas des candidats qui viennent seulement le jour J et perdent du temps à retrouver leur centre et leur salle. « Il y a certains candidats qui viennent d’autres centres et sont un peu perturbés. Mais nous  avons pris les dispositions pour faire les orientations  par salle et  nous avons lancé la première épreuve. Tout se passe bien en ce moment. Nous avons débarrassé les candidats de leurs téléphones et des bouts des papiers sur eux. Cela a fait que nous n’avons pas encore rencontré les cas des fraudes », précise-t-elle. Aucun autre souci majeur n’est à signaler dans ce centre. Sur le plan sanitaire, les  dispositifs sont pris par l’ONECS qui a envoyé une infirmière avec quelques comprimés. Mais aucun candidat n’est venu se plaindre et aucun cas de maladie n’est enregistré, a-t-elle affirmé.

Haoua Adoum

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