mercredi 16 juin 2021

Reportage

Reportage (203)

Le 10e congrès extraordinaire du Mouvement patriotique du Salut s’est ouvert ce 12 juin à N’Djamena. Un congrès placé sous le thème « redynamisation ». C’est aussi le premier congrès sans le président fondateur, le Maréchal Idriss Deby Itno,  décédé en avril 2021. Reportage.

L’auditorium de l’hôtel Radisson Blu est plein à craquer. Membres du bureau politique national, secrétaires généraux provinciaux, délégués départementaux et autres invités d’honneur sont présents. Sur le podium, une grande affiche du congrès trône encadrée par deux autres portraits du défunt président Idriss Deby Itno avec la mention « hommage au président fondateur ». Sur l’écran géant, le magazine de la Présidence intitulé « l’autre Idriss Deby Itno » est diffusé en boucle.

Dehors la sécurité est impressionnante. La Police, les unités spéciales anti émeutes et même des militaires sont déployées. Les alentours de l’hôtel sont gardés par des militaires. La fouille est minutieuse. Cela rappelle exactement l'époque du président fondateur Idriss Deby Itno. Autrement,  le MPS veut réaffirmer son statut de grand parti,  parti État malgré la mort de son président fondateur. De quoi a peur le comité d’organisation ?  « De rien », répond Me Jean-Bernard Padaré, président du comité d’organisation. D’après lui,  il y a ce dispositif pour dissuader ceux qui ne sont pas du parti et seront tentés de s’infiltrer dans la salle. « Notre congrès a toujours été sécurisé », rappelle-t-il.

10heures. Conformément au programme, la cérémonie d’ouverture commence. Me Jean-Bernard Padaré, président du comité d’organisation prend la parole. Il salue la mémoire du président fondateur du MPS,  Idriss Deby Itno, tué le 20 avril 2021. « Ce congrès se tient dans un contexte douloureux. Car c’est sans la silhouette de notre héros, notre guide que nous nous sommes réuni », a-t-il déclaré. Ensuite, un récit des versets du Coran a été fait suivi d’un poème en hommage au défunt maréchal et un documentaire sur la vie de Deby.  Un moment d’émotions. Vient enfin le mot d’ouverture de la secrétaire générale 1ere adjointe, Madjidian Padja Ruth. Elle a indiqué que ce congrès vise à toiletter les textes du parti pour l’adapter au contexte. D’où le thème « redynamisation ». « Le MPS doit être un parti fort dans un État fort », a-t-elle martelé.

Grand absent de ce congrès, le secrétaire général titulaire Mahamat Zen Bada. Il se trouvait en France pour des raisons de santé. Mais selon des indiscrétions, le SG serait de retour à N’Djamena. « S’il se trouve à N’Djamena, il doit être là. C’est un grand militant », a répondu Me Jean-Bernard Padaré qui rejette en bloc des rumeurs sur de sérieux problèmes entre les SG du MPS.

Pour rappel,  ce 10e congrès extraordinaire a été annulé pat Mahamat Zène Bada qui conteste la qualité de son adjointe à convoquer de telles assises. Mais l’évènement s’est tenu à son grand dam. Prévue pour deux jours,  la rencontre est réduite en un jour. À l’issue de ces assises,  le statut et le règlement intérieur du parti seront revus.

Christian Allahdjim

Il y a tempête au Mouvement patriotique du salut (MPS), ex-parti au pouvoir. Un congrès extraordinaire est attendu du 12 au 13 juin prochain à N’Djamena, capitale tchadienne. Une annonce faite à l’insu du Secrétaire général (SG) du MPS M. Mahamat Zène Bada partit pour des soins à Paris, en France. Il prend une décision et annule le futur congrès. Ses amis politiques maintiennent de facto le congrès. Ialtchad Presse dans un échange avec le Politologue Dr Évariste Ngarlem Toldé vous propose son analyse de situation.

Selon le politologue Dr Évariste Ngarlem Toldé, il est toujours inscrit dans les statuts des partis politiques qu’il peut y avoir de congrès extraordinaire lorsque la situation l’impose. Seulement dit-il, on est en droit de s’interroger pourquoi, cette précipitation au sein du MPS ?  D’après le politologue, entre l’annonce du congrès et la date de sa tenue il y a juste une semaine.  Il se demande ensuite, pourquoi avoir attendu le départ pour la France du SG titulaire pour lancer des invitations aux membres du parti ? Et en fin, Dr Évariste Ngarlem Toldé s’interroge sur les mobiles réels de ce congrès ?  « C’est vrai le Maréchal est décédé, mais on aurait pris tout le temps. C’est la précipitation d’organiser un congrès dans ce contexte. Ce qui amène à s’interroger sur les intentions des organisateurs. Mais aussi sur ce qui se cache derrière des ambitions inavouées des uns et des autres en ce moment », dit-il.

Pour le politologue, il ne pouvait en être autrement, le SG n’étant pas mis au parfum de la tenue de ce congrès, est dans son droit de réagir en signant une note pour annuler l’évènement. « En tenant mordicus à aller au congrès, les militants risquent de déterrer la hache de guerre. Parce qu’il y a des ambitions qui ont été longtemps étouffées. Vous savez, le MPS est un parti qui a un seul leader qui a dirigé de sa forte main de Maréchal, président de la République et président fondateur de ce mouvement politique. Et sa disparition laisse ce mouvement orphelin », affirme le politologue.  Il soutient que cette disparition subite fait éclater au grand les camps qui apparaissent sur des bases tribales, régionales, ethniques et voire même des courants idéologiques qui traverse le MPS. Toujours selon Dr Évariste Ngarlem Toldé certains caciques ont peur de voir les enfants de Deby récupérer le parti. « Puisque cela ne serait pas nouveau dans ce pays lorsqu’un président fondateur d’un parti décède, les enfants ont tendance a récupérer le parti qui pour eux est le bien de leur père ».

« Un parti politique n’est pas un héritage… »

 Le MPS d’après lui, n’est pas un parti comme les autres. C’est un mouvement politico-militaire qui a été une entente entre le colonel Idriss Deby, le colonel Maldome Bada Abbas et le général Nadjita Beassoumal et beaucoup d’autres en 1989. Aujourd’hui Zène Bada de sa position revendique l’héritage de son frère. « Maldom Bada Abbas était le président d’honneur du MPS jusqu’à sa mort. Donc Zène Bada qui est l’un des membres fondateurs de MOSANAT, revendique la paternité du MPS comme les enfants de Deby veulent en faire. Celui qui n’en tient pas trop c’est le GAL Nadjita Beassoumal, un vieux très sage et très silencieux en tant que religieux », rappelle le politologue.

Aujourd’hui, note-t-il, le MPS se trouve sans leader après le décès du Marechal. Dr Évariste indique cependant que, l’impression ou la perception qu’on a, « c’est qu’on veut écarter le SG qui ne semble pas être manipulable et mettre à sa place quelqu’un de plus maniable d’une part, et d’autre part, de trouver aussi un futur candidat aux élections présidentielles. Mais on peut penser également à un renouvellement et à un rajeunissement des cadres du parti, tout est possible avec ce congrès », mentionne-t-il. Il craint que le MPS sorte de ce congrès très affaibli et surtout très divisé.

Pour lui, chaque parti doit se référer à ses textes pour éviter des discordances. Le politologue relève que le MPS attendait un des siens même si ceux qui sont du Conseil militaire de la transition (CMT) sont plus ou moins MPS, il attendait à être associé à la gestion du pouvoir. « Or ce qui se passe aujourd’hui montre qu’on a tenu à l’écart le SG du MPS. En principe en cas de vacance de poste, de décès ou de disparition, les statuts prévoient tout, le vice-président ou le SG du parti ». Un parti politique n’est pas un héritage, surtout que le MPS est un mouvement politico-militaire, affirme Dr Évariste Ngarlem Toldé. À ce congrès il faut s’attendre à tout et à rien, conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

Le parti les Transformateurs vient d’obtenir officiellement le 8 juin dernier, son autorisation de fonctionner. A ce sujet,  Ialtchad Presse a recueilli les réactions de quelques citoyens. Vox pop.

Togra Ngarmongta, diplômé sans emploi

« D’après moi, le gouvernement a compris qu’il faut accepter le parti Les Transformateurs comme tout autre parti politique. La décision qui a été prise par l’Etat est un réajustement pour nous la population. Je suis très content du fait que Les Transformateurs soit officiellement reconnu. C’est une occasion pour le peuple tchadien de voir ce que le président du parti Les Transformateurs peut faire pour le pays. C’est aussi une opportunité pour la jeunesse tchadienne de se réveiller, de prendre conscience et d’adhérer à ce parti pour qu’il puisse progresser sur l’ensemble du territoire national ».

Djakanbaye Naingar, clandoman  

« Le parti Les Transformateurs est reconnu, c’est une bonne chose. L’acte posé par les autorités est salutaire, nous ne pouvons tarder de le soutenir en cas de campagne pour les élections à venir. Nous serons toujours à côté de ce jeune parti dans sa vision de transformation du Tchad. Donc, bon vent au parti et à son président Dr Masra Succès ».

Nadjilem Stéphane, électromécanicien

« C’est comme si les plus hautes autorités du pays sont en train de prendre conscience. Le Tchad est un pays démocratique et tout tchadien a le droit et la liberté d’expression, d’opinion, de créer son parti, d’adhérer à un parti politique de son choix. Les plus hautes autorités doivent revoir la constitution afin de permettre aux uns et autres de s’impliquer dans la chose publique. Je demande au président du Conseil militaire de transition (CMT) de venir en aide à la population et à la jeunesse tchadienne qui broie du noir depuis 30 ans ».

Nékia Rimbarné

« C’est une bonne nouvelle. Le feu Maréchal Idriss Deby Itno n’a jamais voulu l’accepter comme parti politique de l’opposition. Aujourd’hui, c’est une grande joie de voir le parti les Transformateurs légalement reconnu. Il ne reste qu’à faire amplifier ses démarches pour les élections présidentielles et législatives à venir ».

Propos recueillis par Allarassem Djimrangar

Prévu pour le 12 et 13 juin, le 10e congrès du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), s’annonce sous haute tension. Ialtchad Presse est allé rencontrer dans leur bureau de soutien de ceux qui se réclament « baministes » originel, c’est-à-dire ceux qui sont les membres fondateurs pour recueillir leurs réactions sur les tensions que vit le parti moins de 2 mois après le décès du président Deby Itno. Reportage

« Le congrès doit se tenir comme prévu », avait déclaré le Président du comité d’organisation Me Jean-Bernard Padaré. « Je suis le Secrétaire Générale du MPS, je suis le premier responsable du parti. Je prends acte d’abroger tout projet du congrès » avait affirmé Mahamat Zene Bada le Secrétaire Général (SG) du MPS.

12h. Quartier général (QG) de Bamina Assass au quartier Klémat. À l’entré, ils sont au moins 60 membres réunis dans leur QG. Ordre du jour : comment faire pour réussir ce premier congrès après la mort du président fondateur du MPS le Maréchal président Idriss Deby Itno. « C’est de notre responsabilité, nous qui sommes encore vivants de porter cette formation politique » mentionne le Coordonnateur Général du bureau de soutien « Bamina Assass » Brahim Khalifa. « Le MPS était à ses débuts un petit mouvement. Nous les « Baministes » lavons fait grandir. Et en sont les pères fondateurs », précise-t-il.

Selon le Coordonnateur, ils ne sont pas les militants ordinaires, mais les racines du MPS. Pour lui, toutes décisions qui vont dans le sens de la survie du MPS, Bamina assass est d’accord. À l’entendre, les polémiques, entre le SG du MPS et le Président du comité d’organisation sont dans les normes de la vie d’un parti, mais il faut qu’ils sachent que le moment n’est pas opportun pour se livrer à pareilles querelles.

« J’ai été choqué au début parce qu’on ne nous a pas demandé  conseil avant d’arrêter la date du congrès, » s’indigne Brahim Kalifa. Il estime normale la réaction de leur frère d’arme le Général Moussa Haroun Tirgo. Pour lui, 30 ans et les sacrifices consentis ne sont pas une mince à faire. Dans une vidéo postée, sur sa page, Moussa Haroun Tirgo a rappelé à l’ordre les organisateurs du congrès. Il exige une concertation avec les baministes avant toute décision au sujet du MPS. Le coordonnateur général du Bureau Bamina assass appuie à 100% la sortie du Général Turbo.  Pour  Brahim Kalifa,  ils ont porté le MPS de 1990 à nos jours dans l’union, ce n’est pas après la mort du Maréchal qu’ils vont se diviser. « C’est le moment de monter que le MPS, est un parti soudé et qui ne veut que la paix au Tchad », affirme M. Brahim.

« Les Baministes vont participer au congrès », dit le coordonnateur. Il appelle les Tchadiens à l’unité pour bâtir le pays. 

Djilel-tong Djimrangué   

Le bureau exécutif du MPS, ex parti au pouvoir, s’embrouille autour du congrès extraordinaire convoqué par la secrétaire générale 1re adjointe, Madjidian Padja Ruth. Dès lors, la confusion s’installe. Reportage.

Aura-t-il lieu ou pas ? La question est sur toutes les lèvres. Mais personne ne veut se prononcer. Même au sein du parti. « C’est un sujet sensible. Je ne veux pas être considéré comme un ennemi par tel ou tel camp » ont gentiment refusé plusieurs caciques du parti de répondre à notre micro. En tout cas, nous disent certains, tout est flou concernant la tenue ou non de ce congrès extraordinaire. Alors que d’autres affirment encore sous le sceau de l’anonymat qu’il aura bel et bien lieu.

Ce 10e congrès extraordinaire du Mouvement patriotique du Salut (MPS), convoqué par la secrétaire générale adjointe, Madjidian Padja Ruth, fait donc polémique. Le Bureau Exécutif (BE) dudit parti s’enflamme à propos. Le camp du secrétaire général titulaire, Mahamat Zen Bada boude la tenue de ces assises. Lui, qui se trouve actuellement en France, conteste la qualité de son adjointe à convoquer une telle session. Évoquant la violation des textes du parti, le SG a, dans une décision prise le 7 juin, annulé dans toutes ses dispositions la décision de son adjointe. Donc pas de congrès. Le camp de Madjidian Padja Ruth soutenu par Me Jean-Bernard Padaré, argue qu’aucune violation des textes du parti n’est constatée. Donc le congrès est maintenu. « Le 10e congrès extraordinaire du MPS aura bel et bien lieu comme prévu dans la décision 16 du 4 juin à N’Djamena », a assuré le président du comité d’organisation Me Jean-Bernard Padaré lors d’une communication faite ce mardi 8 juin.

Que disent les textes ?

D’après l’article 33 du statut du parti, le congrès est l’instance suprême du parti. Il se réunit en session ordinaire tous les trois ans sur convocation du secrétaire général. Cependant, l’exception est faite à l’alinéa 1er de ce même article : « il peut se réunir en session extraordinaire à l’initiative du secrétaire général du MPS ou à la majorité des deux tiers des membres du Conseil national du salut sur un ordre du jour bien précis. »

D’après Me Jean-Bernard Padaré, juste après les obsèques du président fondateur du MPS, Idriss Deby Itno, le bureau politique national s’est réuni pour mettre en place des comités de réflexion pour le bon fonctionnement du parti pendant et après la transition. « C’est sur la base d’un point phare du comité de réflexion que ce congrès a été convoqué par la secrétaire générale adjointe », fait savoir le porte-parole du parti, par ailleurs président d’organisation dudit congrès. Mais pour Mahamat Zen Bada, cette rencontre a des agendas cachés. Me Jean-Bernard Padaré réfute en bloc : « je peux vous rassurer que tout ce qui est fait est dans la totale transparence et la légalité ».

La pomme de discorde ?

Le 10e congrès extraordinaire du MPS est-il la pomme de discorde ? Non, répond Me Jean-Bernard Padaré, secrétaire général, chargé de la communication du MPS. D’après lui, le MPS est un parti de masse. « Donc c’est normal qu’il y ait des débats, où les tons peuvent parfois monter ». Même si des langues prédisent que le MPS est déjà engagé sur la voie de la dislocation, Me Jean-Bernard Padaré rassure « qu’il n’y aura aucune crise au sein de leur parti ».

Toutes les attentions sont orientées vers le 12 et le 13, dates du déroulement de ce congrès extraordinaire. Aurait-il lieu ? Oui ou non ? C’est une question à plusieurs réponses. Chaque militant coche la réponse qui arrange son camp. Tout porte à croire qu’il aura lieu mais en tordant des bras et dans une tension à fleur de peau.

Christian Allahadjim

Bientôt les radios à travers le monde vont commémorer les 100 ans de la Radio. Un évènement qui a inspiré la Haute Autorité des Media Audiovisuel du Tchad HAMA, à suspendre les redevances des radios associatives, communautaires et confessionnelles. Ialtchad Presse est allé échanger avec certains dirigeants de ces radios sur leur situation. Reportage.

Il était 11 heures, lorsque nous avons poussé les portes quelques radios privées associatives, communautaires et confessionnelles à N’Djamena, capitale tchadienne.

Début. Quartier chagoua, 7e arrondissement, avenue Mobutu non loin de l’hôpital Notre Dame des Apôtres, c’est le siège de la radio Arc-en-ciel. Une radio communautaire qui regorge en son sein du personnel de tous les horizons. Le directeur à peine sorti,  mais le rédacteur en chef M. Vangtou Abdoulaye nous reçoit. Très vite la question sur les redevances des radios privées que la HAMA a suspendues est abordée.  Selon le rédacteur en chef, cette décision de la HAMA est une bonne nouvelle. Un soulagement, « les radios privées traversent une crise ce dernier temps. L’exemple de Dja-FM, qui a suspendu ses programmes depuis le 27 mai est un exemple. La radio Karouba de Moundou, Vision FM, voire Électron Télévision à qui la Société Nationale d’Électricité a coupé le courant pour factures impayées, etc. Cela montre que les médias privés ont des difficultés financières», dit-il. Pour lui, la suspension des redevances des radios est une initiative salutaire. Il rajoute toutefois que, la HAMA devrait plus revoir son aide aux médias afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle. Ces radios dit-il, contribuent beaucoup à la sensibilisation, l’éducation et le divertissement de la population. Les radios communautaires participent beaucoup au développement du Tchad, lance-t-il. « Cette suspension des redevances est bien, mais il y a beaucoup d’années déjà que les médias sont restés sans soutien. Si on prend le cas de la radio Arc-en-ciel, en un mois la dépense due seulement au carburant s’élève à 300 000FCFA. En plus de cela, il y a le personnel, les matériels de travail et autres dépenses », affirme M. Vangtou Abdoulaye.

D’après lui, bientôt la Radio va fêter ses 100 ans. Il note ne pas être à même de parler d’apport de la radio en général pendant les 100 ans. Mais il faut reconnaître relève-t-il, que la Radios est à la base de la démocratie. Prenant comme exemple la Covid-19, le rédacteur souligne le rôle important joué par les radios. « Tout le monde était en confinement, mais les journalistes prenaient des risques, ils informaient le public confiné. Les radios avec l’immédiateté relayaient les infos de la coordination de riposte sanitaire en temps réel au public.», dit-il. Le cap doit être maintenu même après 100 ans, conseille-t-il. M. Vangtou Abdoulaye affirme qu’au Tchad nous sommes dans un contexte particulier de transition et il faut que les radios contribuent plus à la consolidation de la paix et de la stabilité. « Les radios doivent amener et les gouvernants de la transition et le peuple tchadien d’être plus responsable dans ce processus pour aboutir à des élections démocratiques, libres et transparentes au Tchad. Les radios doivent jouer un rôle très réconciliant afin de freiner les dérapages sur les réseaux sociaux tendant aux replis identitaires », conclut-il.

Nous sommes à la grande Mosquée, à la radio Al-Coran, une radio confessionnelle. Le sous-directeur des Programmes et Nouvelles, M. Mahamat Abdoulaye se prête à nos questions. « C’est une très bonne initiative de la part de la HAMA. Vous savez, notre système de communication ou de l’information au Tchad est faible et fragile en même temps. Les organes de presse surtout privés dans notre pays sont très limités. La HAMA a pris une décision très responsable », dit-il. Radio Al coran poursuit-il, est une radio confessionnelle qui ne cache pas la vérité, elle contribue beaucoup à l’information, à l’éducation et à la formation des Tchadiens. « Nous remercions la tête de cette institution M. Dieudonné Djonabaye et toute son équipe qui sont préoccupés par la situation socioéconomique difficile que traversent les radios associatives, communautaires et confessionnelles », insiste-t-il. Pour les 100 ans de la radio, M. Mahamat Abdoulaye affirme que la radio est un média facile d’accès par rapport à la télévision et à l’Internet. « La prolifération médiatique au Tchad est un bon signe, car les médias constituent le socle du développement. Notre souhait est que notre pays évolue davantage dans ce domaine », évoque le responsable de programme de la radio Al coran. 

« Rien ne peut remplacer la radio ni aujourd’hui ni demain… »

À la radio FM Liberté, nous rencontrons le rédacteur en Chef Mekondo Sony. Il est aussi président de l’Union des radios privées du Tchad (URPT). D’après lui, la décision de la HAMA est une initiative louable. « C’est un geste qui soulage, mais il reste beaucoup à faire encore. Merci à la HAMA, mais nous souhaitons qu’elle aille au-delà et plaider le sort des radios privées auprès du gouvernement. Il y a de cela cinq ans que les radios privées n’ont pas reçu l’aide à la presse. Mieux vaut tard que jamais », lance-t-il. Pour le président de l’URPT, ces médias font un travail méticuleux. Elles sensibilisent la population à la cohabitation pacifique pour que le Tchad soit un pays de paix. Il affirme qu’au moins 6 radios à Ndjamena comme en province sont en panne et n’émettent plus.

S’agissant des 100 ans de la radio qui vont être bientôt fêtés, le président l’URPT note une fierté même si la radio au Tchad n’a pas totalisé ce nombre d’années. « Je me rappelle encore la radio Tchad c’est dans les années 50. Vers 1990 avec l’arrivée de la démocratie au Tchad que les radios privées sont autorisés à fonctionner. Il y a une avancée significative, car à travers ces radios les gens sont mieux informés », dit-il. Il demande au gouvernement de soutenir les radios privées à migrer vers le tout numérique. Pour lui, rien ne peut remplacer la radio ni aujourd’hui ni demain. « La radio est là au début elle est toujours là et elle sera là. Au Tchad, l’oralité reste importante. Beaucoup ne sont pas instruits pour être sur les réseaux sociaux, mais trouvent leur compte à la radio à travers les différentes langues » affirme-t-il. Il demande aux auditeurs d’encourager le travail des journalistes qui n’est pas du tout facile. Quant aux journalistes, il les conseille de vérifier et revérifier les nouvelles à la source pour éviter toute diffamation ou information erronées. « C’est vrai nous sommes dans un monde de scoop, mais à vrai dire le scoop n’existe pas. Quelque part les gens ont dit avant que cela ne soit redit. Il ne faut jamais diffuser l’information à la va-vite pour ne pas entacher sa crédibilité »

Moyalbaye Nadjasna

Le collectif des 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena, a animé ce samedi 5 juin, à la Bourse du travail, une conférence de presse. Occasion tout indiquée aux panellistes d’informer l’opinion sur le retard de leur réhabilitation. Retour sur cette conférence avec Ialtchad Presse.

Pour les panélistes, malgré la bonne volonté des autorités comme l’inspection de travail, la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), la direction de la Raffinerie, la recommandation de l’Assemblée nationale en date du 2 décembre 2020 et la recommandation du feu Maréchal Idriss Deby Itno, en mars 2021, leur réhabilitation retarde toujours. « Le blocus se situe au ministère du Pétrole et de l’Énergie en l’occurrence le ministre qui ne veut pas de cette réhabilitation. Les rumeurs circulent comme quoi, le ministre veut placer les siens à la place des 64 licenciés. C’est pourquoi, il est en train de chercher des alibis », a déclaré l’une des panélistes, Achta Hamid Saleh, secrétaire général  du collectif.

D’après elle, le ministre du Pétrole et de l’Énergie s’est créé un alibi pour dire qu’il va d’abord les réévaluer avant de les réintégrer. « Pourquoi nous réévaluer avant de nous réintégrer ? D’autant plus que notre incompétence n’a pas été confirmée par la Raffinerie de N’Djamena », s’irrite la secrétaire générale.

Répondant à la question, est-ce que le collectif des 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena a pu rencontrer le ministre pour échanger avec lui, le président du collectif, Ahmat Idriss affirme qu’ils ont été reçus une seule fois par l’ex-ministre du Pétrole et de l’Énergie, Ahmed Koua. Lors de cette rencontre, dit-il, ils n’étaient pas contents des propos tenus par le ministre. «  Il nous a demandé s’il y a des morts, des gens qui ont d’autres travail. Ensuite, il a dit que parmi les 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena, il y a des gens qui ne sont pas du domaine », rapporte-t-il. Pour lui, à la Raffinerie de N’Djamena, ce n’est pas seulement des chimistes qui travaillent. Il y a plus de 14 départements, précise Ahmat Idriss. « Il y a des électriciens, des mécaniciens, etc. Chacun travaille dans son domaine et département. Quand le ministre a vu la liste comportant des mécaniciens, des environnementalistes, il croyait qu’à la Raffinerie, c’est seulement des chimistes qui travaillent, mais il se trompe », lâche-t-il.

Les plaidoiries

Les panelistes plaident premièrement auprès de l’Assemblée nationale afin de rappeler le ministre du Pétrole et de l’Énergie à tenir à son engagement du 2 décembre 2020, de les réhabiliter dans un délai n’excédant pas deux mois. Ensuite, ils demandent au Premier ministre de transition de s’investir personnellement parce que c’est une injustice sociale et le social urge. Pour les licenciés le ministre doit respecter les textes et lois de la République. Puis, ils font appel au président du Conseil militaire de transition (CMT) de prendre  le dossier en main puisqu’il s’agit des jeunes gens opprimés et méprisés dans leur propre pays.

Autres précisions : le panel est composé de 5 personnes, dont 4 hommes et une femme.

Allarassem Djimrangar

Ce vendredi 04 juin, une grosse pluie s’est abattue sur N’Djamena, capitale tchadienne. Acte 1 de dame pluie fâche déjà les N’Djamenoise. Au quartier Ridina II, 5e arrondissement plusieurs concessions sont inondées. Reportage

Ce matin, plusieurs concessions des N’Djamenois sont inondées. Les habitants de plusieurs quartiers se sont retrouvés pied dans l’eau. C’est une première grosse pluie orageuse qui a duré quasiment 4 heures. Nous nous sommes rendus au quartier Ridina II, le spectacle aiguise la curiosité. Les ménages ont renoué avec l’ancienne habitude, évacuer l’eau de la cour. Certains utilisent les motopompes, d’autres se servent des sceaux et autres récipients pour se débarrasser d’eau. Les rues secondaires sont déjà pleines d’eau. C’est un parcours de combattant pour les usagers surtout les motocyclistes. Pataugeant dans l’eau, on arrive chez madame Miguemadji Djibrine. Ici la cour est complètement dans l’eau, une chambre et salon aussi. « Vraiment c’est une surprise. L’eau n’est jamais entrée dans ma chambre, mais c’est étonnant cette année. Comme vous le voyez, mon lit et mon matelas flottent sur l’eau ainsi que mes réserves. Nous sommes en train de faire tout pour sortir l’eau et aérer les chambres. Sinon j’irai où avec mes enfants », dit-elle.

Juste à côté, un autre ménage. Aux grands maux, des gros moyens, la famille se sert de la motopompe pour évacuer l’eau stagnante. Le chef de famille à pied-œuvre note que la saison s’annonce difficile, « c’est difficile comme vous voyez. Cela a toujours été ainsi année après année. Avec cet engin, une heure est suffisante pour vider l’eau de ma cour. Sinon auparavant, avec les jeunes de la cour, nous curons l’eau comme dans les autres propriétés », confie-t-il. Il rajoute que normalement Ridina ne devait pas vivre un tel problème. Il suffit, dit-il, de faire de canalisations sérieuses jusqu’au grand canal du quartier Ardep-djoumal et l’eau va se déverser au fleuve. Les cours des certains établissements scolaires ne sont pas épargnés. Au lycée officiel d’Abena par exemple, c’est une marre d’eau. Les élèves s’éclaboussent  d’eau pour atteindre leurs salles de classes. Même chose au lycée privé Hérédité.

Toujours au quartier Ridina, on signale déjà l’écroulement de quelques maisons. Pour un autre habitant, la pluie c’est une bénédiction et non un mal. Seulement nous n’avons pas de moyens pour améliorer notre milieu. C’est pourquoi nous sommes confrontés chaque année à de telles situations. Même si nous sommes dans l’eau c’est un mal nécessaire, car nous sommes soulagés un peu de la chaleur accablante. Dieu est souverain, il prendra soin de nous disent les victimes.  Certaines communes à N’Djamena ont fini avec les curages des caniveaux d’autres traînent alors que dame pluie est déjà présente. Les habitants de différents quartiers de N’Djamena s’organisent pour frayer le chemin aux eaux de pluie, « le pire reste à venir », lance un passant.

Pour les résidents, les autorités communales doivent accélérer le rythme de curage des caniveaux pour éviter des catastrophes.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, a lancé officiellement ce 4 juin, à l’hôpital la Renaissance de N’Djamena, la campagne nationale de vaccination contre la pandémie de la Covid-19. Reportage.

Hôpital de la Renaissance au quartier N’Djari, dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Il est 9 heures ce vendredi 4 juin 2021. Le ciel nuageux continue par gronder. La veille, N’Djamena a enregistré sa première grosse pluie de la saison.

Le hall de la structure est paré à abriter la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19. Autorités sanitaires, personnel soignant de l’hôpital, représentants des partenaires techniques et financiers sont présents. La cérémonie peut commencer. Place aux allocutions.

Selon le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, le choix de l’hôpital, la Renaissance pour le lancement de cette campagne n’est pas fortuit. « C’est pour rendre hommage au travail colossal que vous avez abattu durant toutes les périodes de cette crise sanitaire. Symboliquement, lancer cette campagne ici à l’hôpital la Renaissance, c’est reconnaître vos investissements, vos sacrifices dans le combat qui continue encore », déclare M. Sabre Fadoul. Sur le vaccin, le ministre affirme qu’il est efficace et qu’il n’y a rien à craindre. Pour lui, aucun gouvernement au monde ne se permettrait d’importer un médicament ou un vaccin qui pourrait avoir des répercussions négatives sur ses citoyens. « Nous avons reçu nos vaccins avant-hier. On aurait pu le recevoir au mois de février ou mars dernier. Mais nous avons préféré d’abord de nous rassurer de son efficacité », indique le chef de département de la santé.

Comme pour rassurer davantage la population, le représentant de l’OMS au Tchad, Dr Jean-Bosco Ndihokubwayo, l’OMS confirme que le vaccin Sinopharm a été bel et bien homologué par son institution. « L’OMS a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au vaccin Pfizer/BioNTech, à deux versions des vaccins AstraZeneca/Oxford - SKBio et Serum Institute of India, au vaccin Janssen ou Johnson, au vaccin Moderna et récemment à deux vaccins chinois à savoir le vaccin Sinopharm et le vaccin Sinovac », dit-il. Selon lui, d’autres vaccins continuent d’être évalués par l’OMS afin de garantir leur innocuité et leur capacité à protéger contre la maladie.

Cependant il est pour lui de regretter sur de 2 milliards de vaccins administrés dans le monde, seules 28 millions de doses des différents vaccins anti-COVID-19 ont été administrées en Afrique à peine 0,56% de la population africaine vaccinée. Après la parole l’acte.

Le moment tant attendu est arrivé. Le ministre Abdoulaye Sabre Fadoul, accompagné du représentant de l’OMS, Jean-Bosco Ndihokubwayo sont orientés vers la salle d’enregistrement des candidats au vaccin. Sur place, une soixantaine de candidats attendent déjà. La procédure est la suivante : prise de température à l’entrée, présentation devant les agents enregistreurs, enrôlement puis direction, la salle de vaccination. Ayant suivi tous ces protocoles, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul s’est fait vacciner sous les ovations de sa délégation. Suivi par le représentant de l’OMS. Après cette étape, les deux vaccinés sont allés observer une pause de 30 min dans la salle d’observation. Question de vérifier si des effets secondaires vont se manifester. A sa sortie, le ministre la Santé déclare « nous venons de donner l’exemple. C’est un vaccin comme tout autre. Que les fausses informations ne vous font pas peur. »

Rappelons que le Tchad a reçu 200 000 doses de vaccins Sinopharm comme don de la Chine. Ce lot permet d’entamer avec cette première phase de vaccination qui concerne trois provinces, Moundou, Abéché et N’Djamena. Les cibles prioritaires de cette campagne de vaccination sont le personnel soignant, les personnes âgées de plus de 65 ans et les candidats au Hadj. Bon à savoir, le vaccin n’est pas obligatoire, mais il l’est pour les pèlerins.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Les examens de fin d’année scolaire 2020-2021, se préparent d’arrache-pied. Les corps enseignants et les élèves sont à pied d’œuvre. Mais l’on ne connaît pas avec exactitude la date de composition. Reportage

Un ciel orageux, sol mouillé, température favorable. Nous sommes à 09h d’horloge. Devant la porte principale du Lycée Felix Éboué de N’Djamena, quelques groupes d’élèves discutent de la date des examens. Quelques-uns parmi eux acceptent de nous parler, mais sous couvert de l’ anonymat. C’est un élève en terminale littéraire A4 au Lycée Felix Éboué, « nous ne savons pas exactement quand on va composer. Nous sommes très en retard sur le programme », déplore-t-il. Selon lui, il y’a trop de perturbations et les programmes ne sont pas exécutés comme il se doit. « Je souhaite que les examens se passent en août », s’exclame une autre élève de TD, série scientifique du même Lycée. L’année passée Covid-19 avait perturbé par les cours. Cette année les cours sont perturbés par les campagnes et bien d’autres problèmes, nous raconte-t-elle.

Dans une salle, un enseignant dispense ses cours, « je peux vous parler, mais je ne veux pas être cité », averti-t-il. « L’écoule tchadienne est à terre », dit-il. Selon lui, avant de prendre une décision concernant les examens, les autorités doivent consulter les enseignants  qui sont sur le terrain. « C’est nous (les enseignants) qui connaissons mieux l’évolution des cours. Pas les proviseurs et les censeurs » souligne l’enseignant. Pour lui, l’éducation est apolitique, car la vie des jeunes en dépend. Les programmes ne sont encore évacués à 60%, il va être difficile d’organiser les examens dans ces conditions, « c’est massacré les élèves » déclare-t-il. En français, c’est difficile de finir le programme, c’est une matière très complexe, explique l’enseignant. Pour lui, le gouvernement est dans sa logique de faire savoir à l’opinion internationale que l’éducation au Tchad, va bien, mais c’est tout le contraire. Il le dit la mine tendue. « Les manifestations et grèves sont très récurrentes ces 5 dernières années, ce n’est pas sourcier pour nous les enseignants d’évoluer à 90% », a-t-il conclu.    

Il est 10h passées, nous sommes au Lycée Hérédité d’Abena. Le proviseur Kimtolngar Ngartossoum nous reçoit. La date des examens est encore incertaine, dit le proviseur. Selon lui, les programmes sont exécutés à 70%. « Je crois que les élèves seront près pour les examens d’ici mi-juin », affirme le proviseur. Pour lui, la crainte c’est que jusqu’aujourd’hui les dates exactes des deux examens ne sont pas connues. Sinon généralement, le Baccalauréat et le Brevet d’études fondamental se déroulent au début du mois de juin, mais compte tenu des situations que traverse le Tchad l’on est obligé de faire avec.

Le cas des provinces et certains établissements de la capitale sont inquiétants avec la saison des pluies qui arrive avec son cortège des inondations. Un communiqué du ministère de l’Éducation soutient que les examens auront lieu à la mi-juillet.

Djilel-tong Djimrangué   

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