lundi 8 août 2022
Le Point

Le Point (75)

L’université de N’Djamena célèbre depuis 3 jours ses 50 ans au service de la société tchadienne. Pour donner un cachet particulier à cette grande fête, le comité scientifique organise des ateliers scientifiques pour commémorer ce cinquantenaire. La rédaction Ialtchad Presse a échangé avec le président du comité scientifique. Entrevue

L’université du Tchad devenue université de N’Djamena célèbre depuis 3 jours ses 50 ans au service. Pour donner un cachet particulier à ce jubilé, les manifestations culturelles, sportives et surtout scientifiques sont organisées pour commémorer ces 50 ans.

Pour le Pr Mbailao Mbaiguinam, enseignant chercheur à l’université de N’Djamena et président du comité scientifique du cinquantenaire de l’université de N’Djamena, au bout de 50 ans, il fallait montrer ce que l’université est capable de faire, surtout en termes de productions scientifiques. Selon lui, qui dit université, dit non seulement formation, il y a également la recherche scientifique et l’innovation et le service à la société. « De tout cela nous avons envoyé des appels à communication à tous les collègues de l’université de N’Djamena et des autres universités afin de collecter de communication scientifique que nous avons classé en 4 catégories », dit-il. Le Pr souligne que ces communications permettent de montrer au public universitaire, mais aussi en dehors du public universitaire ce que l’université est capable de produire pour aider au développement du pays.

Au sujet du niveau de la recherche scientifique par rapport aux autres universités de la sous-région, le Pr Mbailao Mbaiguinam ajoute que le Tchad a fait quand même un grand bond parce qu’à la création de l’université du Tchad à l’époque, le niveau des enseignants n’était que le niveau de doctorat, mais au fur et à mesure que l’université a grandi et surtout ces 6 dernières années, il y’a eu un grand bond.  L’universitaire affirme que le temple du savoir compte maintenant 12 professeurs titulaires, 54 maîtres de conférences et 200 maîtres assistants. « Les enseignants ont compris, ils se donnent aux activités de la recherche et publient et augmentent en grade. Le président du comité scientifique dit que le pays est encore à la traîne par rapport aux autres pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal où chaque année, 30 40 professeurs qui sont promus.

Concernant l’insuffisance de la production scientifique, le chercheur est clair, la recherche scientifique a deux aspects. L’aspect recherche et développement et l’aspect purement scientifique qui est publié dans de revues scientifiques dont il faut avoir accès à ces revues pour voir ce que les chercheurs tchadiens produisent. Le Pr estime que la recherche fait son bonhomme de chemin, même s’il y a quelques années, les chercheurs ne sont pas compris, mais de plus en plus les chercheurs s’ouvrent. À propos de classement des universités africaines dont le Tchad ne fait pas partie, il explique que les critères ramènent le pays au bas de l’échelle et ajoute il y’ a encore du chemin à faire pour se retrouver dans ce classement. Pour atteindre le top, l’enseignant-chercheur suggère que les autorités donnent de moyens, il faut recruter suffisamment d’enseignants et équiper les laboratoires, parce que la recherche coûte cher et les chercheurs éprouvent d’énormes difficultés. Le président du comité scientifique soutient que si les autorités veulent le développement du pays, ils doivent investir dans l’éducation et précisément dans les universités et les recherches.

Jules Doukoundjé

Après un mois de jeûne pour le ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, les musulmans tchadiens à l’instar d’autres à travers le monde vont fêter. En prélude à cette célébration, Ialtchad Presse s’est entretenu ce 28 avril avec Cheikh Abdadayim Abdoulaye, SG du Conseil supérieur des Affaires islamiques du Tchad (CSAI), sur plusieurs sujets. Entrevue.

Au sujet du social, Cheik Abdadayim Abdoulaye, SG du CSAI estime que le contexte social actuel est marqué par la cherté de vie que l’année dernière. Il confirme la vie est cher, mais le contextualise par rapport à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Selon le leader religieux, ce conflit entre ces deux nations impacte le monde entier. Ces pays, dit-il, exportent plus de 60% de produits alimentaires à travers le monde. « Je loue le courage et la patience des fidèles musulmans tchadiens qui ont observé ce moment de ramadan dans ces difficultés. Vous voyez aux alentours de la grande mosquée les personnes vulnérables la plupart, des femmes demandent des aides. Dieu le créateur est capable de nourrir sa créature », dit le SG du CSAI. À son avis, le jeûne tend vers la fin, les fidèles ont beaucoup prié afin qu’Allah nous facilite la vie. Il considère l’arrivée précoce de la pluie comme une réponse à des pétitions adressées à Dieu par les fidèles. D’après Cheik Abdadayim Abdoulaye, la chaleur accablante a diminué ces dernières heures, c’est la clémence d’Allah. Au Tchad poursuit-il, la température vacillait entre 45 et 46 degrés et dans certains pays, les gens sont obligés de rompre le jeûne.

Sur la transition au Tchad, le SG du CSAI appelle les Tchadiens à l’unité. Il souligne que c’est un temps particulier qui demande la contribution de tous. Il constate que beaucoup de pays dans le monde ont échoué dans la période de transition. 99% des Tchadiens sont des croyants donc je leur demande de prier. « Musulmans et chrétiens doivent plaider le sort de notre nation devant Dieu Le Tout puissant. L’unité des Tchadiens, la réussite de la transition et du dialogue national inclusif ne dépendront que de Dieu. C’est à travers le dialogue que la paix vient et on met fin à la guerre », dit Cheikh Abdadayim Abdoulaye. Le leader religieux rappelle les 60 ans de guerre qui ont détruit le Tchad. Selon lui, les armes n’ont jamais développé un pays et les Tchadiens doivent y prendre conscience. « Nous remercions Allah, car les gens ne croyaient pas à un Tchad calme, mais la miséricorde de Dieu nous a comblés. Je crois que c’est grâce aux prières des musulmans et chrétiens que Dieu confond chaque jour les mauvaises prétentions », confie-t-il.

Pour donner de conseils relatifs à la fête qui s’annonce, Cheik Abdadayim Abdoulaye affirme le caractère sacré du ramadan. Il invite les musulmans à demeurer toujours dans la dynamique de pureté et non retourner vers le mal. Le SG du CSAI souligne que la période de ramadan est un moment où le croyant se sent plus près d’Allah. Il cite les Oulémas qui disent que le ramadan c’est un entraînement dans les prières, l’adoration et la lecture du Saint Coran. C’est un exercice spirituel qui doit se perpétuer même après le ramadan, déclare le SG. « Si on plie le saint Coran et le petit tapis pour dire c’est fini. On va se voir avec vous : le saint Coran, le petit tapis, la mosquée, la prière en commun l’année prochaine, êtes-vous sur d’atteindre l’année prochaine », s’interroge-t-il ?

Aux jeunes musulmans, le SG conseille la prudence, car la vie humaine est sacrée. Ce contact avec Allah doit continuer, alerte-t-il. À l’attention des musulmans qui se préparent à la fin de ramadan pour la vie de débauche dans les bars, les auberges et autres lieux inconnus, il leur dit attention. Il estime que ce n’est pas digne qu’on dise que c’est les croyants musulmans qui boivent beaucoup. À son avis, certaines sources rapportent que maintenant les bars se préparent pour la fête, c’est dangereux. « Lorsqu’on a laissé toutes ses bêtises pendant le mois saint, on y revient plus. Surtout coucher à la veille de la fête avec une femme dans une auberge annule tout. Vous avez lavé votre boubou propre pour le replonger dans la boue. Votre gain c’est la faim et la soif au lieu d’être béni », insiste-t-il dans sa conclusion.

Moyalbaye Nadjasna

La Chambre de Commerce, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat (CCIAMA) du Tchad organise depuis hier une foire dénommée Foire Ramadan au palais du 15-janvier de la capitale tchadienne, N’Djamena. Pour avoir plus d’information sur les enjeux socioéconomiques de cette activité du patronat, Ialtchad s’est entretenue avec Ali Adji Mahamat Seïd, Président de la Chambre de commerce du Tchad ce 25 avril 2022. Entrevue.

M. Ali Adji Mahamat Seïd, Président de la Chambre de commerce du Tchad affirme que son institution organise cette foire afin d’alléger un peu la souffrance des consommateurs tchadiens.  Selon lui, c’est aussi une manière d’encourager l’importation massive des produits. Ce qui pourrait, dit-il, influencer ceux qui font souffrir la loi de l’offre et la demande. M. Ali Adji constate que la guerre en Ukraine, accentué par le déficit céréalier de notre agriculture l’année dernière a fait que certains produits commencent à être rares sur les marchés. D’après lui, même les produits disponibles ont flambé. « On s’est dit que pendant cette période, nous allons proposer au gouvernement d’organiser une foire alimentaire. Ce qui a été accepté et on a adressé une correspondance au ministère de commerce, avisé les plus hautes autorités de l’État sur notre action. C’est un projet qui est encouragé et soutenu par le président de la transition. Il a donné toutes les instructions pour nous accompagner dans cette phase », a confié le président de la Chambre de Commerce, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat (CCIAMA).

A son avis, c’est une foire spécialement du mois de ramadan afin d’aider la population à trouver surplace certains produits inhérents à la fête (gâteaux, habits et autres). Pour motiver l’ouverture de la foire que dans la soirée, M. Ali Adji évoque la forte chaleur dans la journée. Le soir selon lui est mieux indiqué et le climat est favorable. « Nous ne pouvons pas demander aux commerçants de vendre moins cher ou à perte. Nous sommes les représentants des opérateurs économiques qui ont de grandes entreprises. Nous ce qu’on leur demande c’est d’être correctes et de ne pas profiter de cette situation de pénurie pour augmenter le prix », souligne le chef du patronat. Il insiste pour dire que l’enjeu de cette foire est d’encourager les importateurs à faire une importation de masse. Le président de la Chambre de commerce souhaite que l’équilibre s’établisse entre l’offre et la demande. Il précise que l’intervention de la CCIAMA est beaucoup plus technique afin que les commerçants et les consommateurs trouvent chacun leur compte.

Pour répondre à notre question pourquoi organiser la foire à la fin du ramadan, M. Ali affirme que le retard vient de la mise en place de la logistique. L’idéal selon lui, c’était de la faire bien avant le ramadan, mais les procédures administratives ont traîné. « Étant donné que nous avons demandé l’exonération pour plus d’importation. L’attestation d’exonération a pris aussi du retard. Voilà les raisons fondamentales du retard. Mais la cherté de vie continue et ce n’est pas seulement le ramadan, il faut agir sur l’offre d’une manière globale. La dynamique, c’est de continuer la foire pour que cette période difficile d’offre puisse avoir sa raison sur le marché », dit-il. La CCIAMA assure M. Ali Adji, voudrait accompagner les actions du gouvernement. Il demande à la population de visiter la foire afin de constater d’elle-même, les différentes offres. À titre informatif, il signale que certaines entreprises ont tout de même accepté de diminuer si peu soit-il, le prix de certains produits. C’est encourageant et cela va permettre à la population de faire une petite économie, soutient-il.

Le président de la chambre de commerce déclare que ce n’est ni une première ni une dernière foire. Mais après cette année plusieurs autres vont en suivre. L’organisation de la foire fait partie de la mission assignée à la CCIAMA, affirme-t-il. La foire en cours va durer 20 jours, conclut M. Ali Adji Mahamat Seïd.

Moyalbaye Nadjasna

Le Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif  a organisé un atelier de renforcement des capacités sur les enjeux méthodologiques du dialogue national inclusif. Les travaux ont pris fin ce 14 avril à l’hôtel Radisson Blu. Le président du comité technique Armand Djégoltar Gambaye Ndjérakor rassure les Tchadiens quant au respect de la date du 10 mai pour le dialogue. Entretien

Le CODNI vient de renforcer les capacités de ses membres, est-ce pour dire que le dialogue aura bel et bien lieu le 10 mai prochain ?

Oui je dirais que nous sommes plus que prêt parce que cet atelier nous a permis une fois de plus de pouvoir renforcer les capacités des responsables du comité d’organisation. Et en même temps, leur donner les dernières informations pour leur permettre de faire une mise à jour. Nous travaillons résolument avec cette date du 10 mai donc nous devons être prêts dans tous les cas. Nous, en tant que comité d’organisation ne regardons pas de gauche à droite pour poser des questions le dialogue sera reporté ou pas. Nous travaillons dans la perspective de pouvoir terminer le 10 mai et nous allons donc tenir ce pari. Voilà pourquoi nous avons estimé qu’il était important d’avoir cet atelier pour nos membres.

Sur le plan logistique, comment le CODNI entend organiser les choses? 

Nous tenons à vous informer que sur le plan logistique, c’est le palais du 15 janvier qui est le site retenu pour la tenue des assises du dialogue national inclusif. Pour le moment nous n’avons pas encore un travail finalisé et approuvé sur les quotas. Mais nous savons que l’infrastructure qui est le palais du 15 janvier peut prendre un nombre important des participants. Donc sur le site, on peut avoir participants et organisateurs qui seront autour de 1500 personnes. Alors nous travaillons un peu dans cette perspective et nous allons nous déployer progressivement par rapport à cela.

Comment vous allez vous prendre par rapport aux participants des provinces ?

Les participants des provinces seront aussi informés après, quand le quota sera complètement finalisé au niveau du comité d’organisation du dialogue national inclusif avec la validation du gouvernement. Mais déjà, nous voulons profiter de votre micro pour informer toutes les catégories des forces vives des provinces pour que chaque catégorie puisse déjà être prête. Chacune des catégories devrait se préparer en disant au cas où on nous donne un quota, qui nous allons envoyer ? Qu’on n’attende pas le quota pour désigner. Mais qu’on soit déjà prêt et quand le moment viendra elles pourront dépêcher les personnes désignées.

Propos recueillis par Kouladoum Mireille Modestine

C’est un jeune influenceur. C’est un activiste qui refuse qu’on le définit comme activiste. Il ne laisse personne indifférent à tel point que ses amis le jalouse et ses adversaires le craigne. Il en mène large, il est l’un des Tchadiens les plus suivis sur les réseaux sociaux, 50 à 60 000 followers. Dénonçant par ici, accusant par là. Il a été accusé de diffamation par le Maire de N’Djamena Ali Haroun, il est déclaré non coupable. Dès le lendemain, il a repris ses interventions, le super actif Ahmat Larry est notre invité.  

Une première question toute bête, connaissez-vous Saleh Gaba ?

J’ai appris que c’est un journaliste parmi les rares Tchadiens à un moment donné ou la liberté d’expression n’était comme  aujourd’hui à avoir donné sa vie pour la liberté d’expression. Je suis fière de son histoire. Nous sommes sur ses pas.

M. Larry,  vous êtes jeune, très connu publiquement surtout sur les réseaux sociaux, mais peu connaissent votre enfance ? Qu’a-t-elle été ?

Mon enfance a été comme la plupart des jeunes tchadiens. J’ai vécu des choses que beaucoup n’ont pas vécues. Par exemple, à l’âge de 3 ans, j’ai perdu ma grand-mère avec qui j’étais. On a vécu avec elle le changement du régime Habré et l’arrivée du Mouvement Patriotique du Salut (MPS).  J’ai perdu la plupart de mes parents dans le confit  entre la Libye et le Tchad.  Du coup, en  1990 je me retrouve séparé de mes parents. Ils étaient en exil. J’étais avec ma grand-mère. Deux ans après, ma grand-mère décède. À l’âge de 5 ans, j’étais un orphelin.

Qu’est  ce qui vous motive d’être activiste? 

Je ne me définis pas comme activiste,  être activiste c’est parfois transgresser la  loi  de la république pour d’intérêt politique et autres  ou restaurer, mais moi je me définis comme  un auditeur de conscience  quelqu’un vient le respect de la loi le texte de la république  je me définis comme un acteur de changement  positif dans ma communauté .

C’est quoi un acteur de changement positif pour vous ?

Un acteur de changement c’est quelqu’un  qui  conscientise qui  appelle  la communauté à être  dans  le changement il ne faut pas toujours être négatif  ya des choses qui ne marchent pas, mais il faut dire  oui que ça ne marche pas,  mais il faut qu’on change  les choses soient bien .    il faut soit d’accord sur les choses publiques  il faut qu’on soit d’accord  pour la gestion  de la citée  pour moi  on peut critiqué  moi j’ai toujours critiqué les hommes politiques  on a toujours critiqué les ministres  les directeurs généraux  pour moi eux qui sont là  on doit les critiquer pour qu’ils  fassent les choses bien ; on ne critique pas parce qu’ils  sont tels on critique  les choses négatives   pour qu’il change donc être acteur de changement positif c’est chercher les biens de la communauté c’est cherché à impacter la société pour le changement  des mentalités  le changement pour le bien-être de tous. C’est ça un acteur de changement positif .

M. Larry  vous venez être reconnu non coupable de diffamation contre M. le Maire Ali HAROUN. Vous disiez tantôt ne pas vous définir comme activiste. Alors que tout ce que vous faites  c’est de l’activisme  politique. Vous allez souvent dans les réseaux sociaux brandir des documents  et déclariez que tel est coupable, etc.  Est-ce que c’est votre rôle ?

Je n’ai jamais déclaré quelqu’un coupable. Je n’ai jamais dit cela, mais s’il s’agit  de la plainte du Maire de la ville, vous avez vu la plainte, elle est non constituée. Il n’a jamais mis pied ni au commissariat ni au palais de justice. Ils ont tout fait pour m’intimider pendant un mois. J’ai survécu à toutes sortes de pression. Il m’ont demandé d’écrire une lettre d’excuse en oubliant que je maîtrise le droit lorsqu’on me dit écrire une lettre d’excuse sur un fait que je n’ai pas connu. Si j’écrivais cette lettre, cela veut dire que je reconnais les faits, que je suis coupable.

Tout le monde vous a vu brandir des documents

Mais ce n’est pas faut. Ils n’ont pas démenti. Et c’est la vérité. Ces documents sont authentiques. Je l’ai brandi devant la juge. La procureure a demandé à l’accusation est-ce que les documents sont faux ? Ils ont refusé de répondre. Et c’est eux qui sont condamnés. Ils m’ont arrêté sans une preuve. Moi je suis un acteur de la société civile, j’ai suivi de formation. J’investigue, etc.

Ce travail d’investigation comme vous dite, est-ce n’est pas aux journalistes de le faire ?

On parle de nouveau système de communication. Ce n’est pas l’apanage des seuls journalistes.

C’est quoi le nouveau système ?

Le nouveau système, c’est des acteurs comme moi qui communiquent. Les journalistes à un moment donné ont perdu leur crédibilité. Les journalistes comme vous le dîtes suivent leur confrérie.

…non je n’ai pas dit cela

…si vous êtes journaliste proche du gouvernement vous teinté vos papiers aux couleurs du gouvernement. Si vous êtes proche de l’opposition, vous faites pareil. Au Tchad toute la presse n’est pas libre. Les journalistes ont un penchant.

..Ialtchad est une presse libre

…non lorsque vous me dites pourquoi je ne donne pas mes documents aux journalistes. En ma qualité d’acteur de la société civile, c’est aux médias de venir vers ces acteurs, ce n’est pas à nous de venir vers les médias. Au Tchad même si je dénonce quelque chose, il faut payer un journaliste. Même lorsqu’on fait un point de presse, il faut payer le journaliste.

Vous n’êtes pas un professionnel de l’information. Vous n’êtes pas formé pour traiter l’information et le rendre public.

C’est ça le problème. Nous sommes les acteurs de la mise en marche de l’agenda politique. La presse ne fait qu’accaparer ce que nous dénonçons. Vous avez tantôt dit que j’ai brandi un document, mais c’est à la presse de vérifier la véracité de ce document. Et susciter le débat. Si la presse est incapable de chercher la vérité, c’est très grave. Lorsque je brandis ce document j’interpelle la presse d’aller demander au Maire Ali Haroun et au Trésor public est-ce que c’est vrai ? La presse ne le fait pas. Je sais ce que je fais. Qui est un journaliste d’investigation au Tchad ? Qui ? Il n’y a pas. Les gens ne font pas leur travail.

Au début de la transition Ahmat Larry était très pro-Conseil militaire de transition (CMT). Aujourd’hui il est très critique. Lequel Ahmat Larry est vrai.

Je me suis toujours défini comme pro-Tchad.

C’est quoi pro-Tchad ?

Pro-Tchad parce que je pense au peuple. Je m’en fiche des autres.

…mais vous n’êtes pas un élu

Non je ne suis pas un élu, c’est ça la différence.

D’où vous tenez votre légitimité ?

Je tiens ma légitimité du simple fait que l’État m’a autorisé à exercer comme un acteur de la société civile. Du simple que je suis un acteur de la société civile sous régionale. La différence avec les élus ce que j’ai vu des élus qui ne font même pas leur travail. La question c’est qui est élu au Tchad ? Personne n’est élu au Tchad. Il faut que les gens restent tranquilles. Je ne veux pas entrer dans ce débat. Ceux qui sont au Conseil national de transition, on sait comment ? A l’Assemblée nationale (AN), on sait comment ? Moi je sais.

Dites-nous comment ?

Moi je sais. Comme je vous ai dit, moi j’investigue. Personne n’est élu dans ce pays.

Vous faites allusion à qui ? Dites-nous. Un exemple ?

Je dis tous les membres de l’AN. Qui va dire qu’il est élu. Franchement, qui va sortir dire cela ? Les conseillers municipaux, qui va sortir dire qu’il est élu ?

Pourtant on vous a vu presque en larme lorsque le Conseil national de transition a été formé. Parce que vous n’avez pas été choisi. Vous avez dit que le Tchad est un gâteau à partager…

Effectivement, un gâteau. Tout le monde doit avoir sa part. Non, en fait je n’ai même pas déposé mon dossier parce qu’on sait comment la cooptation se passe .

Comment ?

On appelle les organisations, parfois on n’appelle même pas les membres…

On ne vous a pas appelé ?

Non on ne m’a pas appelé.

Vous avez eu beaucoup de chagrin ce jour en disant  beaucoup ont pleuré

Oui. Et j’ai dit même nous sommes plusieurs à avoir pleuré. Qui ne veut pas être au CNT pour prendre les 3 millions de salaires ? C’est ça le problème. Tout le monde veut entrer.

Donc tout ce monde est là pour l’argent, pas pour servir le pays ?

Non personne n’est là pour servir. On dit toujours en arabe « celui qui travaille mange ».

Ahmat Larry est ce que vous pouvez regarder les Tchadiens dans les yeux et répéter ce que vous avez dit ?

Oui, « celui qui travaille mange ». Tout ce qu’il font là, c’est pour manger. Dès qu’ils n’ont leur salaire, ils crient. Ils ne font pas pour le bien du peuple.

Le CNT n’est pas là pour assurer que la transition se passe selon les législations?

Non. Les gens qui se sont bagarrés là, jusqu’à là, il y a des procès. Même nos imams si on ne les paie pas, vous pensez qu’ ils vont diriger la prière ?

Vous n’avez toujours pas répondu à ma question. Vous étiez très pro-CMT au début, aujourd’hui vous êtes très critique

Je ne suis « anti-personne ». Ni anti-CMT, ni Pro-Mahamat Kaka, ni anti-transition, ni anti-groupe de personne. Non. Moi je vois, j’analyse, je dénonce ce qui ne marche pas pour que ces acteurs changent. Ce n’est pas parce que je vous soutiens que s’il y a dérive je ne change pas. C’est ça l’erreur qu’ils ont faite en m’envoyant en prison parce qu’avant j’avais soutenu le maire. Lorsqu’il a dévié, j’ai critiqué. Et c’était grave pour eux.

Est-ce que vous n’êtes pas en train de rouler pour les adversaires de M. le Maire ?

C’est cela le problème. Lorsque j’ai soutenu le CMT, on m’a dit tu es trop pro-CMT. Quand je les ai critiqués certains on-dit, non il est devenu anti-CMT. J’ai toujours critiqué, mais quand les personnes que je critique font bien, je dis qu’ils ont bien fait. Moi je fais tout pour être neutre. Dans mes vidéos, je demande toujours de me dire si j’ai fait des erreurs, je suis un être humain. Mais lorsque j’ai raison, on ne peut pas m’intimider pour que je change d’avis. Je ne le ferai jamais. J’assume, ma parole n’engage que moi. Un homme doit mourir pour son idéologie.

Ainsi donc, avant vous avez travaillé avec le maire ?

Non, mais j’ai soutenu ses actions qui sont bonnes. Je ne suis ni son ennemi ni son adversaire. Pour ceux qui disent que je roule pour tel ou tel. Je ne roule pour personne. A ma sortie de prison j’ai entendu des gens dirent, non lui là , on le paie pour ceci…pour cela. Ça m’a fait rire.

M. Ali a tenté de vous dissuader selon nos sources en vous donnant des cadeaux ?

Ce n’est pas Ali Haroun en personne, mais d’autres personnes qui sont venues parler au nom de Ali Haroun. Ils m’ont proposé beaucoup de choses, même des postes, argent et véhicule, mais j’ai refusé.

Pourquoi refusé ? Vous venez de dire que le Tchad est un morceau de gâteau..

Non je n’accepte pas la corruption.

Que pense Ahmat Larry du pré-dialogue de Doha ?

Vraiment moi, je suis pour la paix et pour le dialogue. Il y a des choses qui se sont passées. On a ramassé des soi-disant politico-militaires, on ne sait pas si ce sont des humoristes, des comiques. En tout cas, ils sont tous Tchadiens et ont le droit de participer à la vie socio-politique du pays. Les politico-militaires sont des vrais acteurs, il faut qu’on négocie avec eux. Mais ce qui m’a déçu c’est l’attitude du comité, surtout du ministre des Affaires étrangères qui est parti ailleurs. Il laisse, M. Kebzabo, l’ex-chef de file de l’opposition pour diriger les choses. Il est parti pour un autre sommet. Pour lui le sommet est plus important que le dialogue entre Tchadiens. C’est grave. Si lui il est réellement engagé pour le dialogue, pour la paix, il reste. Son Secrétaire d’État ira pour l’autre sommet.

Est-ce qu’on peut immobiliser un ministre des Affaires étrangères pendant 2 semaines à un endroit ?

Pourquoi il a un Secrétaire d’État ? Pourquoi il a accepté d’être à la tête du comité ?

Il y a Saleh Kebzabo…

Kebzabo ne peut engager l’État. Seul le ministre Chérif peut le faire. Il y a un peu d’amusement. Moi je pense que les conditions d’un dialogue réussi ne sont pas réunies.

Pourquoi ?

Ce qui manque c’est le sérieux. Un dialogue réussi quand les acteurs s’entendent sur le médiateur, avant ce n’était pas le Qatar. Les acteurs discutent après 2 semaines, le Qatar accepte d’être médiateur, etc. Il faut aussi la confiance pour qu’un dialogue réussisse. Vous mettez Kebzabo devant les politico-militaires ce que vous ne voulez pas que le dialogue réussisse.

Vous ne croyez pas à Doha ?

Je crois à la paix malgré les petits qu’on évoque, je crois que ces hommes politiques ont la volonté.

Les Transformateurs de Succès Masra demandent la modification de la charte. Est-ce que ce n’est pas une bonne idée ?

Ce n’est une bonne idée du simple fait qu’il nous reste 7 mois sur les 18. Durant les 7 mois restants, il faut aller au dialogue national.

M. Larry regardez la caméra une seconde fois et dites si vous pensez sincèrement qu’en 7 mois il y aura un dialogue et une transition pacifique ?

Oui si on veut, on peut.

Vous semblez avoir une dent contre vos amis activistes parce qu’ils ne sont pas venus vous rendre visite en prison ?

Non je ne suis contre personne parce qu’en prison j’ai tout vécu des machinations. Les gens m’ont arraché le téléphone, ils m’ont empêché les visites, je n’ai pas voulu évoquer tout cela. Mes amis activistes ne m’ont pas lâché.

Ahmat Larry vous aimez la politique. Pourquoi vous ne vous engagez pas en politique ?

Je suis né et j’ai grandi dans la politique. Je suis aussi politologue, j’ai une maîtrise en science politique. On nous a toujours dit qu’il y a la science et il y a la politique. On nous a aussi dit à la Fac si vous ne voulez pas être prince, il faut être le conseiller du prince. Je donne des conseils, je critique, j’oriente. Je suis très content de ce que je fais. Le jour où ils vont nous demander de servir, de m’engager, c’est autre chose. Moi je ne parle pas du futur. Je vis le présent.

Conseiller, je tiens le mot. Est-ce que demain le président de la transition fait appelle à Ahmat Larry comme conseiller, il va y aller ?

Moi j’ai toujours accepté de travailler. Moi je ne ferme pas la porte. Il faut accepté de contribuer même si je ne suis dedans je vais contribuer.

Réalisation Bello Bakary Mana

VOIR LA VIDÉO https://www.facebook.com/ialtchadMedia/videos/3685974018193849/

Il y a déjà, 72 heures que les portes de la Justice tchadiennes ont été fermées par les magistrats. Ceux-ci réclamaient leur sécurité et celle du milieu judiciaire en général. Les enjeux d’une grève illimités à la Justice sont importants. Votre journal Ialtchad s’est entretenu ce 23 mars avec Me Hisseine Ngaro, huissier de Justice Commissaire-Priseur. Interview.

Que devient la Justice au Tchad ?

D’abord il faut dire c’est une situation à déplorer. J’avoue que depuis 1989, date à laquelle j’ai pris fonction à la justice en tant que greffier en chef avant de quitter cette fonction pour devenir aujourd’hui huissier de Justice, les choses ne font qu’aller de mal en pis à partir de 1990. Malheureusement, depuis cette date jusqu’à l’heure actuelle on se demande si le pouvoir judiciaire est considéré comme un troisième pouvoir au même titre que le législatif et l’exécutif. En toute sincérité je ne pense pas. Le pouvoir judiciaire est devenu complètement amorphe par la faute du politique et législatif. Aussi simple que paraitre comme cela aujourd’hui, je vous donne un exemple. En 1993, 95 les gens tiraient sur le personnel judiciaire. Dans l’ancien palais de justice de N’Djamena devenu actuellement trésor public, nous avons connu beaucoup d’humiliations de la part de l’exécutif et du législatif.

Les choses semblent s’enfoncer pourtant ?

Pie aujourd’hui si les magistrats sont dénigrés cela vient des deux autres pouvoirs (exécutif et législatif). Vous savez en son temps il n’y avait qu’un seul syndicat des magistrats. Le politique a réussi à diviser les magistrats et prendre ceux qui sont à sa dévotion pour en faire des ministres, des chefs de juridiction etc. l’aspect le plus marquant est qu’aucun respect n’est dû à un magistrat dans ce pays. Or, on ne peut parler de véritable démocratie dans un État que lorsqu’il existe une véritable Justice indépendante. Autrement, c’est l’indépendance des magistrats qui fait l’indépendance de la Justice. Les choses sont claires, l’exécutif dispose d’un palais rose, identique au législatif mais il n’existe même pas un palais digne de ce nom pour le judiciaire. Avec cela on vous dit que le Tchad est un État démocratique où les droits et devoirs sont respectés. C’est le fait que les magistrats soient divisés qui fait que les décisions sont rendues non sur le droit mais en considération des volontés politiques ou législatives.

Selon vous, qu’est-ce qui peut être à l’origine des menaces répétitives des magistrats ?

Aujourd’hui l’insécurité se généralise non seulement concernant les magistrats mais le maillon judiciaire dans son ensemble. On tue des magistrats, des greffiers, des huissiers, des avocats dans ce pays depuis 1990 à nos jours.

A chaque fois, on se retrouve entre personnel du corps judiciaire parce qu’on forme un seul noyau. Mais choses à déplorer il y a des magistrats ou des greffiers du pouvoir qui viennent casser l’ordre préétabli. Ce que ceux-ci oublient les gens ne font pas part des magistrats, ils tirent sur tout le monde. Malheureusement on ramène les mêmes délinquants devant un juge au lieu de dire la vraie sentence, il se montre clément. Quelque fois, nous sommes aussi responsables de ce qui nous arrive.

Vous dites à quelque chose le malheur est bon, que cela veut dire ?

Je dis à quelque chose le malheur est bon parce que les magistrats doivent cette fois, prendre leur destin en main.  Ils doivent dire qu’ils sont des magistrats, hommes indépendants, garants de la justice pour tous. Ils ont pour devoir d’assoir la démocratie dans ce pays. Aujourd’hui ce sont les deux syndicats qui se retrouvent ensemble. L’heure est à la prise de conscience de cette situation. Je pense que nous formons un seul corps et le corps c’est la magistrature. Désormais plus de deux syndicats, un seul pour défendre les intérêts de tous. Je crois que quand on prête serment pour légiférer en toute conscience et âme, on doit prouver qu’on est indépendant. Il faut que les magistrats prennent garde, ils doivent s’assumer c’est-à-dire être solidaires. Ils doivent rendre leur verdict conformément à la loi. Je sais que certains magistrats ont fait ça et qui ont la conscience tranquille. Tant qu’ils se fragilisent en termes de syndicats, ils ne s’en sortiront jamais.

La justice se ferme au pays, quelles peuvent être les conséquences à votre avis en tant qu’auxiliaire de Justice ?

Les conséquences sont simples, ceux qui viennent demander justice parce qu’ils ont foi en elle, sont sur les carreaux. Ils sont obligés d’attendre, les urgences qu’on ne peut même pas regarder étant donné que c’est un arrêt illimité. Or il y a des faits qui nécessitent des urgences. Par exemple un accidenté de circulation qui croupit à l’hôpital et on attend la décision du juge pour qu’il soit évacué. Cette grève va faire part belle à certains officiers de police judiciaire(OPJ).

Vous dites la grève des magistrats va faire part belle aux OPJ. Expliquez-vous davantage ?

La grève des magistrats va faire part belle aux OPJ évidemment. Ils diront que la justice ne travaille pas ‘’on règle ça entre nous’’. A mon avis c’est ouvrir une boite à Pandore en ce qui concerne l’injustice. Les gens vont croire qu’en payant les amendes on règle le problème or rien n’est réglé. En matière criminelle par exemple, rien ne se règle au niveau des OPJ ou commissariats. Autres conséquences, le nombre des personnes gardée à vue va remplir les prisons et les commissariats. Et qu’est-ce qui va se passer ? Demain il n’y aura pas à manger pour les détenus et cela risque de susciter une grève des prisonniers. On ne peut pas parler d’un pays démocratique sans justice s’il vous plait !  Dès que la justice cesse de travailler, les abus viennent de toute part.

Que faut-il faire pour arrêter les abus ?

Pour arrêter les abus, il faut mettre les magistrats dans toutes les conditions requises. Assurer la sécurité au travail comme à la maison. Les contrôles dans la ville même si tu présentes ta carte professionnelle, on te néglige. On compare même un magistrat à un ministre. Or il y a une grande différence entre un magistrat et un ministre. Le ministre est nommé par un décret et peut partir à tout moment mais un magistrat reste un magistrat. Il n’y a pas une école de ministre mais une école des magistrats. On doit concéder au juge ou magistrat, la valeur et l’honneur qui sont les siennes. Les magistrats doivent avoir eux aussi l’escorte comme le Président du CMT et le Président du CNT. Le judiciaire est le 3eme pouvoir, pilier de la démocratie.

Les magistrats ont raison de jeter leurs cartes professionnelles, quel commentaire faites-vous ?

Les magistrats ont raison de jeter leurs cartes professionnelles, moi je ne la porte pas sur moi. Je me promène qu’avec ma carte nationale identité. Il faut que le Chef de l’État dise au service de sécurité que les magistrats et l’ensemble du service judiciaire est assermenté.  Je pense qu’il faut que cela cesse sinon il ne sert à rien de parler Justice dans ce pays-là. C’est quand les gens vont commencer à se pourchasser comme dans une jungle qu’on comprendra l’importance de la Justice. Aujourd’hui 4à 5 jours la justice ne travaille pas, je pense que dans un État normal on doit déjà interpeller beaucoup de gens. Ce qui les intéresse actuellement c’est Doha, or 80 pourcent de ceux qui ont mis ce pays à genoux sont là-bas. Je suis désolé qu’on veuille restaurer la démocratie sans la Justice.

Interview réalisée par
Moyalbaye Nadjasna

Le glaucome est une maladie de l'œil qui provoque une diminution irréversible du champ de vision. La personne qui en souffre peut devenir aveugle si elle ne reçoit aucun traitement. Selon Dr Mahamat Ahmat Dicko, médecin ophtalmologiste au CHU la Reference Nationale et au Cabinet d’ophtalmologique « Espoir de vue », le glaucome endommage le nerf optique. IalTchad Presse s’est entretenu avec lui. Le médecin insiste sur le dépistage et la sensibilisation du glaucome. A un stade avancé de la maladie, il n’y aura plus de solution. Interview.

Qu’est-ce que le glaucome ?

Le glaucome par définition est une maladie du nerf optique. Ce nerf relie l’œil au cerveau, transmet les informations de la vue au cerveau. Le glaucome détruit les fibres optiques au niveau de la papille, qui est l’émergence du nerf optique au niveau de la rétine. Au fur et à mesure, ces cellules nerveuses au niveau de la papille sont détruites sous l’influence d’une hyperpression (augmentation de la pression au niveau de l’œil) qui est le facteur principal de survenu de cette maladie.

Qu’est-ce qui est à l’origine du glaucome ?

Dans l’étiologie ou la cause, en médecine on parle en termes de facteurs de risques. Il y a d’abord ce qu’on appelle l’augmentation de la pression oculaire. Cette pression fait souffrir le nerf optique en permanence et affaiblit les cellules au niveau du nerf optique qui à la longue peut entrainer la cécité. Ce sont des facteurs de risques héréditaires. Alors si on présente le glaucome cela veut dire qu’on a hérité d’un de nos parents. Soit du côté paternel ou du côté maternel.

Quels sont les traits caractéristiques du glaucome ?

Alors, le principal signe du glaucome c’est seulement la perte de la vue. Ce qui est dommage, les gens nous arrivent à des stades tardifs. C’est une maladie qui n’entraine pas de douleurs et il n’y a pas de symptôme qui peuvent alerter d’autant plus que la perte visuelle est progressive. Et donc si la personne qui souffre de cette maladie n’est pas très attentionnée, elle se fera découvrir tardivement. En général, la plupart des personnes qui viennent des zones reculées arrivent à un niveau très avancé avec une visibilité presque nulle. Il faut souligner que la perte de vue est irréversible. Si on reçoit un patient à un niveau avancé de glaucome, l’objectif du traitement consiste à bloquer la maladie. La vision qui est perdue est irrécupérable. Jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas des thérapeutiques qui pourront récupérer la vue perdue.

Alors que conseillez-vous à la population ?

Nous appelons la population, surtout tous ceux qui ont des antécédents familiaux de glaucome, cela veut dire les gens qui ont des parents glaucomateux, doivent faire le dépistage chaque année. Cela afin de pouvoir le dépister rapidement et instaurer très rapidement un traitement qui permettra de bloquer la maladie dès son début.

Existe-t-il des statistiques au niveau national ?

Le glaucome n’est pas récent mais une vieille maladie qui existe depuis longtemps. Malheureusement au niveau du cabinet, on n’a pas de statistiques encore. Nous envisageons des études au niveau du cabinet et à l’hôpital pour avoir de statistiques exactes. Mais il faut savoir que dans le monde il y a autour de 80 millions de personnes qui souffrent de glaucome. Et 7 millions sont déjà aveugles. Une cécité qui est irréversible. Lorsqu’on est atteint par le glaucome et qu’on développe une cécité, aucun plateau technique dans le monde ne dispose une solution thérapeutique assez important. Malheureusement ces patients vont faire de navette entre les grandes nations qui ont la médecine évoluée mais cela ne servira à rien. On donne de calmants pour atténuer la douleur si nécessaire mais la vision n’est récupérable. Le dépistage précoce est le maitre mot qu’on soit issu de la famille glaucomateuse ou pas.  Prendre sa tension intraoculaire pour se prévenir.

Quelle est la situation dans votre cabinet ?

Ici je reçois tout le temps les patients. Rien que ce matin, J’ai reçu au moins 3 patients qui présentent le glaucome. Mais je voudrais dire qu’au Tchad, il n’y a pas de données récentes de la prévalence de glaucome. Toutefois, des études sont en vues pour donner de statistiques propres au pays. Cependant c’est un problème de santé mondiale. J’ai été au Sénégal et au Mali où on avait fait des études qui sont superposables à presque tous les pays de l’Afrique subsaharienne. Selon les données récentes de la France, 800 000 personnes sont suivies, 400 000 présentent le glaucome sans le savoir. Seule solution, c’est la sensibilisation et le dépistage.

Est-ce qu’il y a une stratégie nationale de sensibilisation ?

Vous savez, au niveau national, il y a un programme National de lutte contre la Cécité au sein du ministère de la Santé Publique. Ce programme normalement est sensé initié des études et des stratégies nationales de lutte contre le glaucome mais ce qui ne se fait pas actuellement. Nous avons fait de suggestions à ce Programme pour assoir de stratégies de lutte contre le glaucome qui sont en cours.

Quelles sont vos recommandations en faveur de la population tchadienne ?

Ce qu’il faut retenir le glaucome est une maladie de nerf optique. C’est un nerf qui relie le globe oculaire au cerveau. C’est pareil comme un fil électrique avec de bornes différentes, si une borne est coupée, il n’y aura plus de lumière. Le stade ultime du glaucome c’est la cécité. Si on n’a pas la vue, on n’a pas la vie. J’insiste pour dire aux membres de familles glaucomateuses de faire de consultation chaque année pour le dépistage. Il n’y a pas d’âge, les parents et les enfants tous sont appelés à faire le dépistage. Lorsqu’on découvre tôt le glaucome, on peut administrer le traitement pour éviter la cécité. Il est bien dommage que la plupart des patients qui nous viennent des villages ont une perte de vue très avancée. Ils ont constaté la baisse de vision tôt mais par négligence ou manque de d’informations, ils perdent leur temps auprès des charlatans. Au moment où ils viennent chez un ophtalmo, c’est déjà trop tard.

Interview réalisée par

Moyalbaye Nadjasna

Il y a quelques jours, les Experts d’APEXAGRI, un cabinet d’Études français a fait la restitution des résultats de son étude sur le Développement de la Filière Bétail-viande au Tchad.  Ce  projet qui va aboutir sur le Label « Lam-Tchad » porte des enjeux et des retombées socioéconomiques importants. Ialtchad a rencontré Dr Djabire Adoum, directeur du développement, des productions des filières et de la promotion de l’industrie animale. Entrevue.

Selon Dr Djabire Adoum, directeur du développement, des productions des filières et de la promotion de l’industrie animale, dans le cadre de l’élaboration du plan national de développement de l’élevage, il y a un ensemble de projets. Ce plan, souligne le technicien, met l’accent sur le développement de la production et de la promotion des industries animales. Ce plan, dit-il, est intégré au Plan national de développement (PND) qui découle de la vision 2030 de l’État tchadien. Il rappelle que le plan d’action 2010-2020 est basé sur le contrôle et l’éradication de certaines maladies de bétail.  Le technicien évoque que sans combattre certaines maladies animales, on ne peut pas accroître le potentiel de l’élevage. « Le PND 2017-2021 présenté aux partenaires à Paris en France ont été faits pour avoir de financements. Le même exercice a été fait aussi à Doubaï et aux Émirats arabes unis(EAU). L’enjeu c’est toujours la recherche de financement. Ces plaidoyers ont porté de fruits », dit le Directeur. À son avis, c’est la pertinence du projet « Filière Bétail-viande » qui a fait que la société ARISE et un partenaire financier s’est intéressé pour accompagner le Tchad.

D’après Dr Djabire Adoum, une deuxième signature en 2021 d’un autre mémorandum entre le gouvernement tchadien et ARISE, toujours dans le même projet, a visé le développement de zones industrielles spéciales. Il précise que le contenu de ce mémorandum prévoyait un certain nombre d’activités importantes. « ARISE a sollicité l’expertise d’un Cabinet d’Études français « APEXAGRI ». C’est cette dernière étude qui a produit le plan de développement bétail-viande. Ils ont commencé cette étude en octobre et selon le calendrier, ce Cabinet devrait nous présenter en janvier les livrables. Qu’à cela ne tienne, le livrable a été présenté en ce début du février au comité interministériel », dit le Directeur de production animale. Il affirme que ce comité est constitué des ministres, des conseillers à la présidence et de la primature ainsi que certaines institutions clés. M. Djabire révèle que le plan de développement a été approuvé par le comité interministériel. M. Djabire soutient aussi que les livrables ont été aussi présentés le 8 février 2022 au CEFOD, aux cadres du ministère de l’élevage et autres parties prenantes. Ces parties prenantes sont les organisations de professionnels (représentants les éleveurs, les commerçants de bétail, de bouchers et des transformateurs des produits animaliers), dit-il. Il soutient que tous ceux qui ont contribué à l’étude suite aux informations collectées par le Cabinet d’Études Français sont informés des résultats. « L’objectif c’est de créer un Label appelé « LAM-TCHAD » pour valoriser notre viande à travers le monde ».

Retombées du projet

Au sujet des retombés économiques, M. le Directeur répond sans détour qu’elles seront très importantes. Ce projet dit-il, prévoit l’accompagnement des éleveurs pour qu’ils aient des animaux bien portants. « Lorsqu’on vise le marché extérieur, il faudrait que notre viande soit de qualité. Et Label c’est d’abord la qualité. C’est un travail en amont qui sera fait avec les éleveurs. Ils seront appuyés pour améliorer leur élevage », lance le technicien. Le spécialiste de Productions animales annonce que les activités prévues sont relatives à l’accès à l’alimentation (par la construction des usines des aliments au bétail), la multiplication des points d’eau (assurer un maillage assez important pour un accès plus facile à l’eau). La qualité doit être basée sur notre système d’élevage, dit le technicien. Aujourd’hui déclare-t-il, à travers le monde on cherche de la viande bio. « Alors si on améliore notre système d’élevage, on pourra produire en quantité et en qualité de la viande bio. Il faudrait éviter surtout le grand déplacement des animaux. Lorsqu’un animal effectue de longs déplacements, il perd de son poids. Ce qui peut jouer sur la qualité de la viande ».

Autre chose, le Directeur signale également la mise en place de sept (07) zones industrielles spéciales à travers le pays à l’horizon 2035. Il y aura des activités appropriées à chaque zone, « c’est un projet qui va également procurer beaucoup d’emplois aux Tchadiens. 5000 emplois directs et 25000 emplois indirects on suppose. Cela prouve l’importance du projet ». Autre enjeu spécial dit-il, ce projet va changer et moderniser l’élevage tchadien. Le technicien se félicite du fait qu’à travers ce projet, notre viande va accéder à tous au marché international. Cette présence à l’internationale va  rehausser notre Produit Intérieur Brut (PIB), assure le Directeur.

Moyalbaye Nadjasna

« Le Tchad compte 777 chefs de canton, de sultans et de chefs de tribus », dit fermement le président de l’association des autorités coutumières et traditionnelles du Tchad (ACTT), Sa Majesté le chef de canton de Donomanga, dans la province de la Tandjilé, Tamita Djidingar. Il contredit le chiffre de 1400 avancé par le conseiller à la présidence Ali Abdramane Haggar. La rédaction Ialtchad Presse a rencontré le chef Djidingar. Entrevue.

Avec une superficie de 1284. 000km2, le Tchad a une population estimée à plus de 15 millions d’habitants, dont 777 chefs de canton, de sultans et des chefs des tribus. Ces chefs traditionnels jouent un rôle non négligeable pour la cohésion sociale dans les communautés rurales. Plusieurs chefs traditionnels font l’objet de critiques et de vives contestations par leurs administrés. Au cours d’une rentre avec les chefs traditionnels la semaine dernière, dans le cadre du Dialogue national inclusif (DNI), un rapport du pré-dialogue, organisé en décembre dernier a épinglé certains chefs de canton, expliquant leur dérive autoritaire.

Pour Sa Majesté le chef de canton de Donomanga, le devoir d’un chef traditionnel, c’est de préserver la vie de sa population. Selon lui, les chefs traditionnels sont les gardiens des us et coutumes et jouent un rôle des acteurs de développement. Tamita Djidingar affirme que les chefs coutumiers et traditionnels travaillent à la base et connaissent mieux les quotidiens et les problèmes de leurs populations. Il estime que les chefs traditionnels sont aussi capables de jouer pleinement le rôle d’acteurs de développement. A son avis, les chefs de canton, sultans et les chefs de tribus peuvent être consultés pour évaluer les programmes politiques de développement local. Ils sont les intermédiaires incontournables pour toutes actions gouvernementales en provinces.

Au sujet du nombre pléthorique des chefs traditionnels dénoncé le 15 janvier dernier par Dr Ali Abdel-Rhamane Haggar au cours d’un débat affirmant que le nombre des chefs traditionnels dépasse le nombre d’ethnies, Sa Majesté rejette l’affirmation de l’ancien recteur de l’université de N’Djamena. Dr Haggar avait révélé que de 400 chefs traditionnels que compte le pays dans les années passées, le Tchad se retrouve de nos jours avec 1400 chefs traditionnels.

Le président de l’ACTT estime que le chiffre donné par l’enseignant chercheur n’est pas la vérité. Selon lui, il faudrait se rapprocher des autorités administratives pour avoir de bonnes informations sur les chefferies traditionnelles. Pour contredire les propos du Dr Ali Abdel-Rhamane Haggar, Sa Majesté présente le chiffre des chefs traditionnels du Tchad. Selon Sa Majesté le chef de canton de Donomanga, Tamita Djidingar, les autorités traditionnelles reconnues sont les Sultans, les chefs de canton, les Chefs de Tribus et les Chefs Groupements. Il précise qu’ils sont au total 777.

Les chefferies traditionnelles par province

Pour des raisons de précision, le président de l’association des autorités coutumières et traditionnelles du Tchad a remis à la rédaction la liste des chefs traditionnels de toutes les provinces. Elle s’établit comme suit : Batha 43, Bahr El Gazal 17 cantons, Chari Baguirmi 24, Hadjer- Lamis 45, Moyen Chari 33, Mayo-Kebi Est 28, Mayo keby Ouest 20, Logone Oriental 51, Logone Occidental 53, Guerre 26, Ouaddaï 63, Tandjillé 42, Lac 27, Salamat 18, Ennedi Est 47, Ennedi Ouest 22, Wadi Fira 81 sultans, Borkou 11 chefs de canton, Mandoul 33 chefs de canton, Silla 28 sultans, Tibesti 19 chefs avec le derdeï, Kanem 45 sultans et N’Djamena 1 Sultan.

Jules Doukoundjé

Le nouveau sultan de N’Djamena, sa majesté Mohamad Kachallah Kasser en fonction depuis le 15 décembre, focalise ses efforts sur la cohabitation pacifique. Selon lui, la guerre ne résout aucun problème, les Tchadiens doivent se supporter. Ils doivent aller au-delà des considérations pour rebâtir un Tchad meilleur. Entrevue.

« En ce qui concerne les activités du sultanat, je suis encore novice. Tout de même je suis à l’école du savoir de percepts de la tradition. Mon encadrement se fait grâce à mon oncle Béchir. C’est lui qui me guide en ce moment. Ensemble nous nous harmonisons sur les principes du travail. Ce n’est pas du tout aisé comme vous pouvez le penser de gérer N’Djamena », confie Sa Majesté Mohamad Kachallah Kasser. Deux notables, Béchir Bichara et Dr Abderaman Cherif ne quittent d’un pouce le jeune sultan Mohamad Kachallah Kasser. Ils affirment que ces sages font chaque jour un travail remarquable à ses côtés. « Grâce aux notables, je focalise plus mes efforts sur la cohabitation pacifique. Pour le contexte actuel de notre pays avec le dialogue qui s’annonce, je crois, il faut que les Tchadiens s’acceptent au-delà de toutes considérations. Ce n’est pas facile certes, mais nous devons tous savoir que nous cherchons la paix pour développer notre pays », dit le sultan.

Sa Majesté Mohamad Kachallah Kasser demande aux Tchadiens de s’asseoir ensemble pour chercher la solution à leurs problèmes. Il estime ensuite que personne d’autre ne viendra le faire à leur place. « C’est notre pays et nous le connaissons mieux que quiconque. La guerre n’est pas une solution, nous devons asseoir des stratégies pour dynamiser notre paix. Les Tchadiens doivent se supporter quoi qu’il en soit, car l’avenir de notre nation en dépend » évoque-t-il.

Le nouveau sultan de N’Djamena Mohamad Kachallah Kasser est entré en fonction le 15 décembre 2021, déjà un mois. Il succède à son feu père Kachallah Mahamat Kasser décédé le 13 décembre 2021, après 36 ans de règne. Né le 8 février 1977 à N’Djamena, il a passé une majeure partie de son adolescence à Maiduguri au Nigeria où il a fait ses études primaires, secondaires et supérieures à Maiduguri. Sultan Mohamad est titulaire d’un master en sciences politiques. Il est intégré dans le cadre régulier de la fonction publique. Il était affecté au ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Tchadiens à l’étranger comme conseiller aux Affaires étrangères. Ensuite, il a été nommé 1er secrétaire de l’ambassade du Tchad à New York. Il est passé par la Direction des affaires juridiques de la documentation et des archives, la Direction générale du protocole d’État. Le nouveau sultan de N’Djamena fut aussi, Chef de division des visas et des cartes diplomatiques. Il devient ensuite, 2e secrétaire à la mission permanente du Tchad auprès des Nations Unies. Sultan Mohamad brigue en plus, le poste de Chef de protocole à l’aéroport international Hassane Djamous. Après un an et demi de fonction, il fut détaché comme chef de protocole à la commission du bassin du lac Tchad CBLT. Le sultan Mohamad parle trois langues l’anglais, le français et l’arabe.

Sultanat de N’Djamena, sultanat du Tchad

Selon l’oncle du sultan Mohamad, M. Béchir Bichara, le sultanat de N’Djamena est le plus grand peut-être au Tchad. Il gère la capitale tchadienne et toutes les provinces du Tchad sont représentées à N’Djamena, dit-il. Le notable Béchir affirme qu’il a travaillé plus de 30 ans avec le sultan défunt Kachallah Kasser. « J’occupe toujours la cour en termes de représentant et on gère toujours les problèmes de la population. Nous jouons un rôle de conciliation dans le règlement des conflits. Nous constatons toutes les conciliations par de procès-verbaux signés de deux parties », clarifie le notable. M. Bichara poursuit en précisant quand ils sont en difficulté, toujours par procès-verbal, ils renvoient l’affaire au procureur de la République. Il soutient que le sultanat de N’Djamena est vaste. La ville de N’Djamena comprend 10 arrondissements et près de 2 millions d’Habitants sans oublier les étrangers qui vivent sur le territoire de ce sultanat, dit le notable. Il rappelle que le sultanat de N’Djamena est né depuis longtemps sous le règne de feu grand père Mahamat Idylle, mort depuis 1921. Le sultan Kasser a succédé depuis 1934. A cette époque, le Tchad n’existait pas. « Nous étions sous le parapluie des colons (blancs) », Kachallah Kasser a mis 36 ans au trône. Il était au sultanat depuis 1985 », dit-il.

Dr Abderaman Cherif, un autre notable au service du nouveau sultan raconte que plusieurs cantons ont été rattachés au sultanat Kasser. C’est le 2 avril 1934 que le sultanat Kasser est devenu sultanat de Fort Lamy puis de N’Djamena jusqu’aujourd’hui. « En réalité c’est le sultanat du Tchad, car N’Djamena est représentatif de toutes les autres provinces », se résume-t-il..

Moyalbaye Nadjasna

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